Guide de l'Hérault : Patrimoine et traditions

Drapeau Catalan
Drapeau Catalan

Le Languedoc-Roussillon n'est pas qu'une terre de soleil où chantent les cigales. Il est un pays qui vit naître des joyaux de la culture française dont on a de quoi être fiers. Hommes de passage, natifs et adoptifs, sculpteurs et peintres, poètes et écrivains, musiciens et chanteurs, acteurs et cinéastes... une gamme augmentée d'artistes qui ont forgé l'identité culturelle de la région. En parcourant l'univers culturel de Georges Brassens à Paul Valéry et Charles Trenet, en passant par Aristide Maillol, Francis Ponge, Charles Cros ou encore Pierre Soulages, et plus récemment Olivia Ruiz... on sillonne aussi le monde créatif du Languedoc-Roussillon, un pays multiculturel d'art et d'histoire.

Patrimoine culturel
René Iché

Sculpteur moderne du XXe siècle, René Iché est né en 1897 à Sallèles-d'Aude, dans un joli petit village sur les rives du canal du Midi. En 1915, il s'engage dans l'infanterie et sera décoré de la médaille de guerre et de la croix de guerre, puis, en 1918, il reçoit la Légion d'Honneur. Il étudie le droit et la science politique à Paris tout en côtoyant Apollinaire et les artistes connus de l'époque (Maillol, Bourdelle). Mais il quitte très rapidement l'administration pour se consacrer à la sculpture, qui deviendra rapidement une véritable passion. Cet autodidacte, adepte intransigeant de la taille directe, se plaça au rang des meilleurs sculpteurs de sa génération et fut le fondateur du syndicat national des Statuaires professionnels créateurs. Pendant la seconde guerre mondiale il s'engage dans la résistance et au cours de cette période, il réalise une oeuvre devenue célèbre - " La Déchirée " - symbole de la Résistance, offert au Général de Gaulle lors de son exil à Londres. D'ailleurs après la libération, ses sculptures sont marqués par l'engagement politique en faveur des artistes, de leur condition sociale, et de son opposition au régime de Staline. Le grand prix de sculpture de la ville de Paris lui est décerné en 1953. Il meurt l'année suivante.

Littérature

Malgré le rattachement à la France, une littérature de langue occitane et catalane va perdurer jusqu'à nos jours et imprégner au fer rouge la culture. Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, des auteurs comme Jean Roig ou Josep Jaume en Roussillon, et Jean-Baptiste Favre ou Antoine Fabre d'Olivet en Languedoc maintiennent une tradition poétique et théâtrale en langue régionale. Un nouveau souffle apparaît à la fin du XIXe siècle, sur les traces de Mistral et du "  félibrige  " provençal. Ainsi de nombreux écrivains ont depuis cette époque utilisé l'occitan  : Roumieux à Nîmes, Estieu à Carcassonne  ; puis plus près de nous, on ne peut que citer des noms comme Henri Chabrol, André Chamson, René Méjean, René Nelli, Léon Cordes, Robert Laffont, Max Rouquette... Pour le catalan, la même renaissance se produit avec des gens comme Pere Talrich, Justi Pepratx dans un premier temps, puis des auteurs comme Joan Amade, un des fondateurs de la Société d'Etudes Catalanes, Josep Sebastia Pons et enfin ceux d'une troisième génération qui ont pour noms Enric Guiter, Jordi Mas ou Jordi Pere Cerda.

Le Languedoc-Roussillon, sans donner naissance à de grands courants littéraires, a vu naître des écrivains qui ont contribué au rayonnement de la littérature française. Le premier à citer est sans conteste Paul Valéry qui a su sublimer l'environnement méditerranéen et aimait à rappeler, à propos de Sète  : "  Je suis né dans un de ces lieux où j'aurais aimé naître.  " Il repose dans le lieu qu'il a immortalisé  : le cimetière marin. Jean Paulhan, lui, né à Nîmes, a influencé en tant que directeur de la Nouvelle Revue Française la vie littéraire du pays. Toujours dans le Gard, André Chamson et Jean-Pierre Chabrol furent les chantres des Cévennes, décrivant surtout la grandeur de ses habitants qu'ils fussent humbles paysans, rebelles ou insoumis. Et il ne faut pas bien sûr oublier Claude Simon (prix Nobel de littérature), aujourd'hui décédé, un des plus grands écrivains français du XXe siècle qui fut la figure emblématique du nouveau roman.

La poésie a eu aussi ses dignes représentants. L'on ne peut en parler sans s'arrêter sur le roi du mot et du verbe Georges Brassens, poète, compositeur, chanteur et musicien né à Sète en 1921 et décédé en 1981. Ses textes poétiques d'avant garde, parfois aussi contestataires, chansons au sens politique caché, lui valurent quelques censures à son époque d'après-guerre. Plus de trente ans après avoir " cassé sa pipe ", alors que la " camarde " ne le poursuit plus d'un zèle imbécile " d'avoir semé des fleurs dans les trous de son nez ", la bouffarde et la guitare de ce grand auteur rayonnent encore à Sète, qui vit tout au long de l'année dans son univers : Georges Brassens dans l'Hérault et à Sète n'est pas qu'un artiste, il est un hymne national flottant dans l'atmosphère.

Citons aussi Francis Ponge, poète de l'existentialisme et précurseur du nouveau roman, et enfin Joe Bousquet, animateur avec la revue " Chantiers  " d'un " surréalisme méditerranéen ".

Peinture

La peinture classique

La période classique va donner seulement quelques peintres de notoriété comme Hyacinthe Rigaud qui deviendra le peintre officiel de tout ce que la France compte de notabilités et de puissants. Quelques peintres natifs de la région, comme par exemple le Montpelliérain Bourdon, acquerront une certaine notoriété et feront carrière à Paris ou à l'étranger comme Jean Ranc qui devint peintre officiel de la cour du roi Philippe V d'Espagne. Il faudra attendre la fin du XIXe siècle et le début du XXe pour que le Languedoc-Roussillon fasse parler de lui en termes de peinture.

Le Montpellier des peintres

La présence à Montpellier de deux collectionneurs mécènes, Xavier Fabre et Alfred Bruays. Le premier, élève de David, peintre et professeur, offrit à la ville en 1828 sa collection personnelle, legs qui donnera naissance à un des plus riches musées régionaux du pays. Plus tard, en 1854 et 1857, à l'invitation d'Alfred Bruyas, Courbet séjourna à Montpellier.

Le représentant local du courant impressionniste est sans conteste Frédéric Bazille. Passionné par la nature, retrouvant ses racines dans le domaine familial de Méric, sur les hauteurs de Montpellier, il partit pour Paris où il devint l'ami de Renoir, Manet, Monet, Sisley. Il réalisera essentiellement des paysages baignés de lumière et d'espace.

La naissance du fauvisme et du cubisme

Mais la véritable explosion va se produire en Roussillon au début du XXe siècle. En 1905, un jeune peintre, Matisse, parcourant le Midi, se rend à Collioure sur les conseils de son ami Signac. L'année suivante, d'autres noms prestigieux le rejoignent au bord de la Méditerranée, parmi lesquels Derain, Dufy, Juan Gris ou Marquet, qui seront avec lui à l'origine d'un des plus importants mouvements picturaux du siècle passé  : le fauvisme. Presque à la même époque, Céret devient "  La Mecque du cubisme  ".

L'école de Sète

Sans créer de véritable courant ni d'école réputée, le cas de la ville de Sète est tout à fait intéressant, et le qualificatif de Paul Valéry "  l'île singulière  " prend aussi toute sa raison dans le domaine artistique. Rien de commun à Albert Marquet, François Desnoyer, Soulages, ou les tenants actuels de la "  figuration libre  ", Combas ou les frères Di Rosa... que l'amour de cette ville et l'ambiance créatrice qui en émane. Il conviendra toutefois de faire un saut à l'atelier de François Liguori, le magicien du fer, qui a créé une ligne de mobilier et d'objets décoratifs en fer forgé, soudé et travaillé qui commence à se répandre dans les lieux de prestige, des restaurants et des maisons privées.

Sculpture

On ne saurait quitter le Roussillon sans évoquer le nom d'Aristide Maillol. Né à Banyuls le 8 avril 1861, il s'orienta vers la peinture après avoir découvert l'oeuvre de Gauguin. Ses voyages en Grèce et en Italie et son admiration pour la statuaire antique développèrent son goût pour la sculpture. Diplômé de l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris où il étudia de 1885 à 1893, il eut pour maîtres le sculpteur Antoine Bourdelle, et l'illustre peintre Alexandre Cabanel. Il fut le rénovateur de la sculpture classique, osant tout, en s'éloignant de Rodin l'expressionniste, magnifiant avec pudeur dans son oeuvre, son thème de prédilection  : le corps féminin. Ses oeuvres, épurées, représentent des femmes, le plus souvent nues, au corps sensuel et aux rondeurs pulpeuses, figurant des émotions, des saisons, ou encore des éléments. Il réalisa sa première exposition en solo dès 1902 et commença à exposer régulièrement en 1904. En 1913, il est à New-York où il participe à l'Armory Show, une grande exposition qui rassembla 1250 oeuvres de plus de 300 artistes européens et américains, sculpteurs et peintres. Son style, d'abord onirique, se rapproche ensuite du classicisme, et son oeuvre fut un modèle jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il possédait à Banyuls deux ateliers, l'un dans sa demeure familiale, l'autre en pleine campagne, à quelques kilomètres du village, dans sa "  métairie  " au milieu des vignes. Il y meurt en 1944. Une vingtaine de ses sculptures représentant des femmes aux formes généreuses, sont exposées au Jardin des Tuileries à Paris. Sa métairie est aujourd'hui un musée qui lui rend hommage.

Pour en savoir plus : musée Maillol, Vallée de la Roume, 66650 Banyuls-sur-Mer. ✆ 04 68 88 57 11

Cinéma

Avec des décors naturels grandioses, un riche patrimoine historique et une lumière exceptionnelle, la région sert depuis longtemps de lieu de tournage, la liste des films est longue et ne cesse de s'allonger.

Parmi les films tournés intégralement ou partiellement dans la région, certains ont marqué fortement les esprits et l'histoire du cinéma, on ne peut oublier Le salaire de la peur (1952 à Anduze, Arles,...), ou encore Le Corniaud (1965 à Carcassonne). Dans le film culte de François Truffaut, L'homme qui aimait les femmes (1976), un vibrant hommage est rendu à Montpellier et " aux plus belles femmes de France ". Pour le moins que l'on puisse dire, c'est que 37°2 le matin (1986, Gruissan et Marvéjols) ou Robin des Bois, Prince des voleurs (1989 à Carcassonne) et Les Visiteurs (1993 à Carcassonne également) furent de vrais blockbusters. En 1999, Roman Polanski se laissa séduire par le profil mystérieux du château de Puivert et les impressionnantes gorges de Galamus pour le tournage de La Neuvième Porte. Dans le Gard, certaines scènes du film Indigène (2006) ont été tournées à Beaucaire et Claude Chabrol choisit de tourner son dernier long métrage Bellamy (2008) en grande partie à Nîmes, ville qu'il affectionnait tout particulièrement. Béziers et l'étang de Thau ont servi en 2013 de cadre au film de Mélanie Laurent Respire. Quant à Nicole Garcia, elle a jeté son dévolu sur la région entre Montpellier, Palavas-les-Flots et Nîmes pour son film Un long dimanche (2014). Par ailleurs, la région est en passe de devenir une terre d'élection pour les séries et films TV à l'instar des séries policières Candice Renoir (Sète, Montpellier, Bouzigues, Nîmes) ou Crimes et Botanique (alentours de Montpellier).

Photogénique à souhait, le territoire a été, est, et sera dans le viseur des caméras de cinéma. Les festivals de cinéma sont d'ailleurs bien représentés de janvier à novembre. Baillargues accueille le festival du film d'animation (fin novembre), Carcassonne organise le festival du Film documentaire Contrechamps, tandis que le Festival International du Film Méditerranéen se déroule en octobre à Montpellier. Pézenas organise les Rencontres cinématographiques à la fin février. Perpignan accueille le festival Confrontation en avril et Argelès organise les Rencontres cinémaginaires en mai.

Patrimoine architectural

L'héritage du passé, et des différentes influences au carrefour des civilisations et au croisement des choix de société, nous laissent une fabuleuse trace indélébile (si l'on en perdure la conservation) aussi bien dans les villes de grande taille que dans les tout petits villages pittoresques du Midi. Eglises, cathédrales, basiliques, vestiges romains, hôtels particuliers de la Renaissance, châteaux, ponts, canaux et écluses, bastides et bâtiments, forment un mélange anachronique, chaque génération apportant sa nouvelle touche de modernité par dessus la vétusté et l'ancienne époque lui précédant. Car de Collioure et Perpignan à Villeneuve-lès-Avignon ou l'ouest d'Arles, ce sont différents styles d'architecture qui se fondent, se côtoient et cohabitent pour le simple plaisir des yeux.

Villes et villages
Saint-Guilhem-le-Désert
Saint-Guilhem-le-Désert
Architecture à influence espagnole et catalane

Les villes du Roussillon (Pyrénées-Orientales) bénéficient des influences de l'architecture espagnole et catalane. Nombre de monuments à Perpignan, tels le Palais des rois de Majorque, bâti au XIIIe siècle, le Castillet, ancienne porte principale de la ville, la Loge de Mer datant du XIVe siècle, l'hôtel de ville également de la période médiévale ou encore la Casa Xanxo du début du XVIe siècle, ont été érigés magnifiquement selon le style catalan. On note également l'emploi régulier de la brique très présente dans l'architecture de certains monuments. L'enceinte médiévale de Perpignan, fortification construite au Moyen Age, fut le spectacle des conflits franco-espagnols tout au long de l'Ancien Régime. Ces remparts ont été démolis presque intégralement au début du XXe siècle, mais quelques vestiges ont été préservés.

On retrouve également l'influence catalane dans l'architecture religieuse, comme à l'abbaye Saint-Michel de Cuxa ou au Prieuré de Serrabona, dont la tribune est un exemple remarquable de l'art roman catalan.

Les influences romaines

A l'est de la région, le savoir-faire des Romains est, deux mille ans après leur apogée, encore très visible, surtout dans le Gard et l'Hérault. La maison Carrée, les arènes de Nîmes ou le Pont du Gard rappellent bien au passant qu'il fut un temps où l'on ne plaisantait pas avec l'architecture, qui se devait d'être majestueuse. La Tour Magne ou bien la Porte d'Auguste en disent long sur la manière dont les Romains sécurisaient les secteurs conquis ou annexés. A noter également, dans l'Aude, l'enceinte intérieure de la Cité de Carcassonne, du Bas-Empire, dont la mention écrite la plus ancienne remonte à l'an 333, ou encore Narbonne, et son riche patrimoine antique qui permet d'admirer la Via Domitia, les galeries souterraines de l'horreum et une collection archéologique unique en France. La ville prévoit d'ailleurs de se doter d'un grand musée de la Romanité en 2019, où sera exposée une partie des 2000 éléments du mobilier lapidaire préservé qui fait de cette collection la plus riche après celle de Rome.

Châteaux

Procéder à l'énumération complète des châteaux médiévaux qui jalonnent le territoire de la région, mènerait à une lecture longue et fastidieuse. Sur les cinq départements en effet, il en est qui sont majestueux, imposants, larges, longs, petits, ruinés, ou bien conservés. Bien souvent, bastides et châteaux sont d'anciens lieux de résistance, des forteresses prêtes à répondre à n'importe quel assaillant venu d'ailleurs pour l'assiéger. Ainsi, ceux-ci furent érigés bien souvent en ligne de crête des montagnes et des collines, surplombant la nature pour mieux dominer l'ennemi. Sur le territoire de l'Aude, ce sont les châteaux du Pays Cathare qui ont marqué le paysage aux reliefs tourmenté : les châteaux de Saissac, de Lastours, d'Aguilar, de Puilaurens, de Peyrepertuse, de Quéribus, ou de Puivert, sans oublier bien sûr l'impressionnante cité de Carcassonne, quiconque aime la période médiévale sera conquis par ces fortifications à flanc de coteaux. On ne peut parler des châteaux de la région sans évoquer le splendide château royal de Collioure. A noter également, la forteresse de Salses, également située dans les Pyrénées-Orientales qui fut construite sur l'ordre du roi Ferdinand II d'Aragon, à la fin du XVe siècle, afin de contrôler le passage reliant alors la France à l'Espagne. Dans le Gard, les tours et les remparts d'Aigues-Mortes érigés sous Louis IX, vous transportent à l'époque féodale, en pleine Camargue. Et, au coeur des Cévennes, l'imposant château de Portes qui contrôlait la route des pèlerins de Saint-Gilles, et des croisés partant pour la Terre sainte, offre aux visiteurs une vue imprenable sur la nature environnante.

Architecture religieuse

L'art roman

Le Languedoc-Roussillon, depuis toujours terre de contacts et d'échanges, pacifistes ou non, a été baigné de courants artistiques variés venus se mêler aux traditions autochtones. Après le premier art chrétien, la renaissance carolingienne que connaît le nord de l'Empire n'atteint pas vraiment la région. Le premier art roman méridional, venu de Lombardie, est un art sobre, tourné vers les problèmes d'architecture  : la sculpture y est rare et la fantaisie réside dans un décor mural de bandes, arcades et frises en dents d'engrenage. Le deuxième art roman, lui, va s'exprimer principalement sur les grands édifices. C'est alors la floraison d'une sculpture parfaitement aboutie où s'ébattent les humains, la flore et un bestiaire fantastique, aux origines orientales. En Roussillon se crée ainsi un style très homogène et original qui trouvera son expression la plus achevée dans les chapiteaux des cloîtres des abbayes catalanes.

L'arrivée du gothique

L'intégration du Languedoc au royaume de France après l'épisode cathare va soumettre la région à l'influence artistique du nord du pays, particulièrement avec l'apparition du style gothique dans l'architecture aussi bien civile que religieuse. C'est l'époque de la construction des grandes cathédrales qui vont marquer l'empreinte du pouvoir religieux sur les villes de la région  : Carcassonne, Narbonne, Béziers, Mende, et aussi Lodève, Clermont-l'Hérault, Nîmes...

Le particularisme catalan

Seul le Roussillon, royaume indépendant, conservera quelques originalités, notamment dans le domaine religieux, en particulier avec le mobilier et les retables. L'apogée de cet art est atteint en 1489 avec le "  retable de la Trinité  ", oeuvre majeure conservée au musée Rigaud à Perpignan. Il montre combien le Roussillon de l'époque était au confluent de toutes les influences européennes  : Avignon, Bourgogne, Flandre, Allemagne, Nord de la France, Italie. Ainsi du XIVe au XVe siècle, la production picturale va se concentrer sur cette forme de peinture religieuse, commandée en général par des laïcs, et que l'on retrouve de nos jours à Palau-del-Vidre, à Perpignan, Argelès, Rigarda, Iravals, Vinça...

L'époque classique

La Renaissance marqua peu la région et il fallut attendre l'époque classique pour que l'architecture bouleverse les paysages urbains. Cette révolution on la doit à Auguste-Charles d'Aviler (1653-1701) qui, occupant la charge d'architecte de la province, mena à terme des projets prestigieux mais aussi participa à des ouvrages plus modestes. Tout autour des villes, bourgeois et notables se font construire des demeures d'été (comme les folies montpelliéraines), petits châteaux entourés de vignes qui préfigurent les châteaux "  pinardiers  " qui apparaîtront dans la plaine au XIXe siècle lors de "  l'Eldorado du Vin  ".

Le Maître de Cabestany

Le Maître de Cabestany est le nom donné à un sculpteur anonyme du XIIe siècle. C'est suite à la découverte, en 1930, d'un fragment de tympan sculpté, en remploi dans un mur de l'église de Cabestany que l'on a attribué à son auteur, le nom de Maître de Cabestany. Les caractéristiques stylistiques de son oeuvre, très identifiables, ont permis d'attribuer à ce sculpteur d'autres oeuvres situées dans l'Aude (Rieux-Minervois, Lagrasse, Saint-Hilaire, Saint-Papoul...), dans les Pyrénées-Orientales (Cabestany, Boulou...), ainsi qu'en Catalogne, dans le diocèse de Gérone.

Les personnages représentés par l'artiste ont des visages triangulaires, très fins, aux grands yeux en amande, et leurs mains et leurs doigts sont longs, démesurés, dans un geste de bénédiction ou de montée vers le ciel. Le Maître de Cabestany a également sculpté des anges qui par leur nombre, représentent l'un des thèmes les plus abordés par l'artiste. Les animaux et les monstres sont aussi très présents dans l'oeuvre du Maître. On retrouve dans le style du Maître de Cabestany, l'influence de l'Antiquité romaine, notamment dans les tenues vestimentaires des personnages et le drapé de leurs vêtements. Cependant, une étude approfondie des oeuvres laisse penser que le Maître travaillait avec d'autres sculpteurs qu'il aurait dirigés, et dont la technique se différencie des oeuvres attribuées entièrement au Maître de Cabestany.

Les oeuvres du Maître de Cabestany sont aujourd'hui considérées comme des joyaux de l'art roman du XIIe siècle.

Pour en savoir plus... Centre de sculpture romane Maître de Cabestany, parc Guillem, 66330 Cabestany. Site : www.maitre-de-cabestany.com ✆ 04 68 08 15 31

Traditions et modes de vie

L'activité touristique du Languedoc-Roussillon a permis le maintien, parfois la renaissance, de traditions festives qui, au milieu du XXe siècle, avaient tendance à tomber en désuétude. Certaines cependant avaient traversé les siècles sans peine. Mais tourisme de masse oblige, il arrive que les évolutions se fassent plus vite ressentir qu'auparavant, et conserver le patrimoine culturel devient un enjeu de taille majeur pour une organisation qui se refuserait de céder sous l'uniformisation croissante des cultures, des traditions, des modes de vie et des moeurs.

Croyances, mythes et légendes

La légende des Trois Pics du Languedoc

Selon une très vieille croyance populaire datant du bas Moyen Age, le nom des trois monts, Saint-Clair à Sète, Saint-Loup au nord de Montpellier et l'Aigoual dans les Cévennes, aurait pour origine la belle et triste histoire des trois fils d'un grand seigneur de Saint-Martin de Londres. Beaux, riches, mais pas encore célèbres, ils n'avaient rien trouvé de mieux que de tomber amoureux de la même femme, dont le sobriquet était Bertrade.
On est à peu près certain que l'aîné s'appelait Guiral, le cadet Clair et le benjamin Loup.
L'aîné lui plaisait par sa gravité et sa force ; elle était attirée par la légèreté et l'insouciance du second et fondait devant la gentillesse et le dévouement du troisième.
Elle les aurait bien choisis tous les trois, mais ses parents avaient été formels : elle devait n'en élire qu'un, du moins en tant qu'époux...
Ne pouvant les départager, elle s'en remit à Dieu pour guider son choix. C'était une habitude chez les filles de cette époque. Il souffla une idée géniale à la belle indécise : et si elle envoyait ses amoureux transis délivrer Jérusalem ? Avec à la clé une promesse, celle d'accorder sa main à celui qui rentrerait de l'expédition en ayant à son actif le plus d'actions glorieuses. Voilà nos trois gaillards en route pour des contrées lointaines, tandis que la belle, filant sa quenouille, s'armait de patience en attendant leur retour.
Fous d'amour, les trois frères guerroyèrent comme des lions, rivalisant d'audace et de courage dans l'espoir de conquérir le coeur de la jeune damoiselle à leur retour. De son côté, Bertrade commençait à trouver le temps long. Les nouvelles n'arrivaient pas, elle craignait le pire et culpabilisait en s'accusant de la mort probable des trois chevaliers. A force de se faire du souci, elle fut prise de langueur et de mélancolie, refusant toute nourriture. Elle pleurait à longueur de journée et finit par sombrer dans une grave dépression qu'à notre époque des psychologues auraient certainement pu guérir.

Quand enfin les trois frères, lardés de balafres et trépidants d'impatience de connaître la décision de Bertrade donnèrent signe de vie, ce fut pour assister à l'inhumation de la belle, morte la veille de leur retour.
Abassourdis, les trois amoureux décidèrent de se retirer du monde et de vivre en autarcie, chacun de son côté. Ils allèrent élire résidence sur trois monts éloignés de Saint-Martin-de-Londres, disposés en triangle par rapport au lieu où reposait leur triste défunte. Avant de se séparer, ils se promirent d'allumer un grand feu à chaque anniversaire de la mort de Bertrade, afin de lui rendre hommage
Les années passèrent. tous les ans à la même date, les habitants de la plaine voyaient un immense brasier illuminer la nuit, de Sète au mont Aigoual jusqu'au pic Saint-Loup. Et puis un hiver, deux feux seulement illuminèrent la cîme des monts. Guiral avait rendu l'âme. L'année suivante, il n'y eut plus qu'un seul brasier : Clair s'en était allé. Loup leur survécut quelques années, puis lui aussi s'éteignit à son tour.
Bertrade et ses amoureux auraient sombré dans l'oubli sans la vigilance et la reconnaissance des villageois. Cette légende ne s'oublie pas en Languedoc. C'est pour perpétuer leur mémoire que les trois monts furent baptisés de leurs prénoms.

La bête du Gévaudan

Du 30 juin 1764 au 19 juin 1767, l'actuel département de la Lozère (ancien pays du Gévaudan) est témoin d'un maccabre spectacle : 88 à 124 attaques mortelles sont perpétrées contre les humains habitant dans les montagnes (Cévennes). Ces meurtres ont dès lors mobilisé, hanté, tétanisé les esprits, jusqu'au déploiement de troupes royales pour anéantir le criminel que l'on associait à une bête affreuse, un loup, ou bien selon les rumeurs, un loup-garrou... les analyses plus récentes évoquent un tueur en série qui se serait amusé à semer la terreur en se déguisant en loup. Les croyances du moment se disputaient l'identité du meurtrier entre une créature envoyée par Dieu pour punir et purifier les humains de leurs péchés, ou bien une meute de loups, un fou sadique, une bête exotique (ayant été importée d'un autre "climat"), ou même un complot monté de toutes parts par un autre humain ayant la volonté délibérée de nuire. Plusieurs loups furent néanmoins abattus de 1764 à 1767, avec des techniques de combat certes rudimentaires, mais dont les récits sont vigoureux et héroïques. Le pouvoir royal récompensa même les vainqueurs de combats contre les premiers loups, pensant éradiquer à jamais la tragédie du Gévaudan. Mais les attaques se multiplièrent encore. Jusqu'au dernier loups abattu, ramené au village comme un trophée méritant la croix de guerre, et à la suite de quoi il n'y eût plus jamais d'attaque.

La bête aurait sévi, considérant les frontières territoriales de 2000, en Lozère, mais aussi en Haute-Loire, dans le Cantal, et en Aveyron. Elle était présente en Margeride, ainsi que sur les monts de l'Aubrac. Aujourd'hui, ces territoires ont intériorisé la légende, et la célèbrent même dans des musées, sur les places des villages avec statues, sculptures et stèles représentant la bête et ses victimes dans leur combat acharné.

Langue

L'Occitan

Le Languedoc se trouve dans l'aire historique de la langue occitane, plus précisément dans la zone d'un de ses dialectes : la languedocien. Comme tous les parlers romans, les diverses formes de l'occitan (des Alpes aux Pyrénées et du Limousin aux Corbières), sont apparues pendant le haut Moyen Age, basées essentiellement sur le latin qui était parlé dans le sud de la Gaule. Dans le domaine littéraire, les pays d'Aude ont donné naissance à plusieurs troubadours, comme Raimon de Miraval, poètes des XIIe et XIIIe siècles qui ont illustré la langue d'Oc dans leurs célébrations de l'amour courtois. Après la croisade contre les Albigeois, la fin du XIIIe siècle voit le déclin et la disparition de ce genre littéraire : c'est le Narbonnais Guiraud Riquier qui est considéré comme l'un des " derniers troubadours ". Jusque vers la fin du XVe siècle, l'occitan est la langue courante utilisée dans les administrations locales. Puis, comme dans la majorité des pays d'Oc, le français, langue du roi, va concurrencer et finalement éclipser l'occitan dans la plupart des usages écrits. Mais la majorité de la population reste exclusivement " occitanophone " ; seules les élites aristocratiques, puis les grands bourgeois, adoptent l'usage parlé du français. Au moment de la révolution française, la langue d'Oc n'est désignée que par le terme dévalorisant de " patois ". Ainsi, la francisation par le biais de l'école va progresser pendant tout le XIXe siècle. On voit malgré tout émerger un mouvement de défense de la langue occitane appelé Félibrige, d'origine provençale, initié par Frédéric Mistral. L'occitanisme moderne naît en 1945, avec la fondation de l'Institut d'études occitanes à laquelle participe notamment l'écrivain carcassonnais René Nelli. Au cours du XXe siècle, la transmission naturelle et familiale de la langue s'est considérablement affaiblie, ce qui n'empêche pas l'occitanisme de trouver un public élargi dans les années 1970, notamment par le biais de la chanson avec des auteurs-compositeurs comme Claude Marti. L'occitan reste aujourd'hui un vecteur de l'identité régionale et un support de productions culturelles. L'enseignement de la langue s'est développé durant ces dernières années en Occitanie, il est dispensé dans des écoles associatives appelées calendretas, ainsi que dans des écoles bilingues de l'Education nationale.

Le Catalan

Le catalan est enseigné à l'école et ici les "  calendretas  " s'appellent les "  bressoles  ". Cependant, parlé sur un territoire homogène et plus indépendantiste d'esprit, il a beaucoup mieux résisté que l'occitan à la francisation et il est employé couramment encore dans le milieu rural. Cet usage est d'autant plus nécessaire que le catalan est langue officielle dans la generalitat de Catalogne, et dans la principauté d'Andorre.

Lexique

Français

Occitan

Catalan

Bienvenue

Benvenguda

Benvinguts

Bonjour

Bonjorn

Bon dia

A votre santé !

Santat !

A la vostra salut !

Comment allez-vous ?

Consi anatz ?

Com esteu  ?

S'il vous plaît

Per plase

Si us plau

Quelle heure est-il ?

Quala ora es ?

Quina hora es  ?

Il est deux heures

Es doas oras

Sòn les dues

Aujourd'hui

Uèi

Avui

Il est tard

Es tard

Es tard

Il fait beau

Fai bèl temps

Fa bon temps

Il pleut

Plòu

Plou

Je désire une chambre

Me caldria una cambra

Voldria una cambra

Je reste un jour

Demòri un jorn

Em quedo un dia

Je ne vous comprends pas

Vos compreni pas

No us entenc

Je vous invite à déjeuner

Vos convidi a dinnar

Us convido a dinar

Je désire changer de l'argent

Desiri canviar d'argent

Voldri canviar moneda

Je pars demain

Partissi deman

Me'en vaig demà

Appelez-moi un taxi

Sonatz-me un taxi

Crideu-me un taxi

Au revoir

Al reveire

Adéu-siau

Pardon madame, monsieur

Perdon dòna, sénher

Perdo senyora, senyor

Artisanat

Demande touristique, retour aux sources, beauté des lieux, toutes ces raisons, et bien d'autres assurément, ont favorisé depuis vingt ans l'installation de nombreux créateurs et artisans d'art. Il ne s'agit pas ici de faire l'inventaire complet de toutes les productions actuelles, mais d'en présenter certaines, issues de traditions anciennes, qui, après des périodes de sommeil, voire parfois de disparition, sont en train de renaître.

Les potiers de Saint-Jean-de-Fos et la faïence de Montpellier dans l'Hérault

Entre le XIVe et le XVIe siècle, Saint-Jean-de-Fos était très célèbre pour ses poteries brutes ou vernissées, comme ces tuiles vertes qui couvrent le clocher autour duquel se serrent les maisons. Après des années de sommeil, la tradition renaît et on y fabrique toujours des tuiles vernissées qui vont maintenant orner les constructions récentes de la banlieue montpelliéraine, tandis que de jeunes potiers s'y sont installés, pour former la "  route des potiers  " et faire vivre cet art. Dès la fin du Moyen Age, la cité de Montpellier a compté au rang de ses activités un important centre de potiers. Si l'époque glorieuse de la faïence à Montpellier relève de l'histoire, il reste que ce sont des céramistes montpelliérains qui ont fondé les centres de Ganges, Pézenas, Toulouse, Montauban, Bordeaux, La Rochelle...

Le grenat catalan

La taille et le montage des grenats connurent leur apogée au XIXe, époque où la demande était telle qu'on dut importer des pierres de l'étranger, la production des versants pyrénéens (des mines d'Estagel, du Costabonne et du col de la Bataille) ne suffisant plus. Taillés souvent dans d'autres régions françaises, les grenats étaient montés en bijoux par les bijoutiers perpignanais.

Les couleurs de l'or et du grenat, qui rappelaient celles du drapeau catalan ont fait beaucoup pour le succès de ces bijoux  : bagues, broches, pendentifs et surtout croix, étroitement liées aux coutumes religieuses locales. Aujourd'hui, cet artisanat est toujours vivant et une dizaine de bijoutiers du département se sont regroupés pour perpétuer cette tradition.

Les cravaches de Sorède en Pyrénées-Orientales et les fourches de Sauve dans le Gard

Arbre symbolique de la région où, autrefois, il ombrageait les places des villages et des villes, le micocoulier a donné naissance à deux productions originales, utilisant au mieux les qualités de souplesse et de malléabilité de son bois.

Dans le petit massif des Albères, le développement des sports équestres a maintenu en activité une fabrication très particulière, celle des fouets et cravaches en bois de micocoulier, activité qui connut son heure de gloire au XIXe siècle. A Sauve dans le Gard, le micocoulier est spécialement planté, taillé et il faut un oeil expert pour déterminer les pousses ramifiées qui serviront à la fabrication des fourches. Etuvées à 120°C pendant une quinzaine de jours, elles sont ensuite déformées en trident. Au séchage, le bois retrouve une résistance exceptionnelle.

Les vases d'Anduze dans le Gard

Quelle poterie  ! Appréciés des rois au XVIIIe siècle, ses plus beaux spécimens ornaient l'Orangerie et les jardins de Versailles. En effet, outre de nombreux objets utilitaires ou décoratifs (chenaux, tuiles...), la spécialité est ici le grand vase vernissé de jardin.

Sur une couleur de fond jaune, s'étalent largement des coulées de tons verts ou brun, les bords étant agrémentés de guirlandes florales et d'écussons en relief.

Après un déclin au XXe siècle, la production perdure grâce aux "  enfants de Boisset  " qui fabriquent toujours ces vases colorés, à partir d'une argile fine, façonnée au tour à pied. La demande est importante du fait de la mode de l'habitat périurbain où il est très chic d'en posséder des exemplaires dans son jardin. Des exemplaires volumineux viennent aussi décorer les avenues des villes de la région.

Les potiers de Saint-Quentin-laPoterie dans le Gard

L'activité de la poterie s'est développée à Saint-Quentin-la-Poterie dès le néolithique et s'étend du Moyen Age jusqu'au début du XXe siècle. L'apogée se produira au XIVe siècle lorsque la Papauté s'installe à Avignon  : palais, monastères, riches demeures se parent de carreaux décorés et vernis.

La proximité de la grande foire de Beaucaire va favoriser la production de poteries culinaires qui s'exportent dans toute l'Europe et au-delà. L'évolution des modes de vie entraîne une baisse de la demande et le dernier four s'éteint en 1926. Grâce à de jeunes potiers et céramistes, l'activité a repris en 1983 et ils sont aujourd'hui une dizaine à présenter une production de qualité, très diversifiée  : terre vernissée, grès, porcelaine, raku, faïence...

La chapellerie de la vallée de l'Aude

Couiza est située entre Quillan et Limoux, au coeur du vallon fertile du Razès au confluent de l'Aude et de la Salz. Couiza est au début du siècle une cité industrielle prospère. Les ateliers de fabrication de chapeaux employaient alors plus de 3 000 ouvriers. Aujourd'hui, seule la chapellerie de Montazels est encore en activité. Cardée, coupée, la laine de moutons mérinos venue d'Australie, comprimée dans des moules donnera des chapeaux et des casquettes qui coiffent encore les têtes de certains personnels de la Marine nationale ou des sapeurs-pompiers.

La soie en Cévennes

De la fin du XIIe siècle jusqu'à la fin du XIXe siècle, l'industrie principale des Cévennes fut celle de la soie. La maladie - malgré les travaux de Pasteur -, les textiles synthétiques, les importations ont porté un coup fatal à la soie française. Une renaissance locale a eu lieu depuis une dizaine d'années grâce à une poignée de passionnés qui a remis en service une filière complète, associée étroitement à la remise en valeur du patrimoine bâti, au développement touristique et à l'aménagement du territoire. Remise en état des vergers de mûriers et d'une magnanerie à Grefeuilhe pour l'élevage des vers et le traitement des cocons, création d'un atelier de moulinage (pour former le fil de soie) et d'une filature pour la production de tissus à destination de la haute couture, ont été les étapes de cette renaissance qui se poursuit non sans mal.

Les tissages catalans et les espadrilles

Issu d'une vieille tradition, le tissage catalan s'est surtout développé au XIXe siècle. Rayures, frises aux motifs géométriques, dominante du rouge sont les caractéristiques principales de cette production, encore réalisée par deux ateliers à Saint-Laurent-de-Cerdans et à Arles-sur-Tech. Le tissu, très résistant, est employé pour confectionner toile à transat et linge de table  ; on le retrouve aussi naturellement sur les célèbres espadrilles, sandales catalanes à la semelle de corde, indispensable à tout danseur de sardane digne de ce nom. Dans les boutiques des deux ateliers on peut acheter quelques jolis articles  : torchons, bavoirs, tabliers pour bouteille, nappes et serviettes.

Le "  chemin des Verriers " dans l'Hérault

La tradition verrière en Languedoc date de l'époque romaine où l'usage de ce matériau était déjà répandu. Cette industrie a connu un grand développement depuis le Moyen Age faisant disparaître la forêt sur les causses. La verrerie devient dès le XVe siècle en Languedoc une activité de prestige dont l'exercice est octroyé aux nobles désargentés. Ces "  gentils-hommes verriers  ", qui seuls avaient le privilège de souffler le verre, ont créé des verreries qui produisaient bouteilles pour la production viticole, flacons et fioles pour les pharmaciens, récipients utilitaires pour la vie de tous les jours.

Le "  bouffadou " en Lozère

Les Lozériens, pour attiser les braises, usent d'un objet bien local  : un bouffadou. C'est un long tube de bois, plus précisément une branche de pin dont on a enlevé l'écorce et que l'on a creusée en son centre. Il ne reste plus alors qu'à gonfler ses poumons et à souffler au travers en direction du feu  : le jet d'air compressé réveille la flamme des tisons somnolents. Un cadeau à ramener de Lozère et qui n'est plus fabriqué que chez un artisan, Jean-Louis Sirvins, à Mende.

Musique – Danses

La sardane et les "  coblas ".

L'été, les places des villages catalans s'animent et résonnent de la musique des "  coblas  ". Ces orchestres traditionnels, d'une douzaine de musiciens, maintiennent vivante la musique catalane et ses instruments typiques  : flaviol (flûte à bec), tambori (petit tambourin), tible (hautbois à son aigu), tenora (hautbois à treize clefs, fabriqué exclusivement à partir de bois de jujubier), fiscorn. La sardane est la danse catalane par excellence. Constituée par une ronde de danseurs qui se tiennent par la main, lançant ou abaissant les bras, animant le cercle, l'agrandissant ou le réduisant, au rythme de la musique de la "  cobla  ". La sardane a acquis sa forme définitive au XIXe siècle et elle est pratiquée durant l'été lors des "  aplecs  ", rassemblements traditionnels, où les passants peuvent rentrer dans la ronde et se mêler aux danseurs. La transmission de cette danse traditionnelle qui fut chantée par Charles Trénet et peinte par Picasso, est assurée par diverses associations.

Sports et jeux traditionnels

La bouvine dans l'Hérault et le Gard, les ferias

Derrière ce mot de bouvine, le "  biou  ", le "  toro  ", pointe le bout de ses cornes. Sans doute parce que l'Espagne n'est pas loin, plus sûrement parce que la Camargue est la terre des taureaux noirs, la bouvine rassemble ces sports et traditions qui enflamment les "  aficionados  ". Au premier rang, les courses camarguaises  : spécificité locale dont on aura un aperçu tout l'été, dans une vaste zone qui s'étend du Rhône à la banlieue est de Montpellier, où les arènes de tous les petits villages résonnent des cris des amateurs. Ces courses sont l'affrontement codifié de l'homme et du taureau, concours de rapidité et d'agilité. Organisées par les manadiers (éleveurs de taureaux camarguais), ces courses sont souvent accompagnées des "  abrivados  " (lâcher des bêtes dans les rues), des ferrades (marquage des jeunes taureaux), ainsi que de jeux de gardians dans des arènes sommaires érigées dans les prés. Plus théâtrales, plus tragiques, les corridas ont aussi droit de cité dans la région et quelques communes organisent ces spectacles, qui s'intègrent de plus en plus dans des "  ferias  ", fêtes populaires qui se poursuivent plusieurs jours avec leurs échoppes colorées, leurs musiques (le flamenco est très présent) et leurs "  bodegas  " où chacun vient étancher des soifs diverses en refaisant le monde en général et le spectacle tauromachique du jour en particulier. L'une des plus célèbres est celle de la Pentecôte à Nîmes (qui en organise deux autres dans l'année), mais celle de Béziers monte en puissance. Il en est aussi au sud-ouest, ne soyons pas chauvins : de Saint-Jean-de-Luz à Mont-de-Marsan, le Pays basque aime à célébrer cette fête populaire. Bref, en ce qui est du Languedoc-Roussillon, cette tauromachie espagnole, qui fait beaucoup parler d'elle, se trouve aussi à Céret, Palavas et depuis peu à Alès et Carcassonne. Il y en a même une à Arles ! Cette recrudescence de locaux férus de ferias ne manque pas d'exaspérer les défenseurs des animaux et les associations militantes pour l'interdiction des corridas.

Le jeu du tambourin (Hérault)

Troisième des sports languedociens, le tambourin est un jeu de balle ancestral. Aujourd'hui codifiée, pratiquée au niveau international et reconnue, cette discipline est spectaculaire et mérite bien une visite estivale. Il suffit pour cela de prendre place le long du terrain où s'affrontent deux équipes de cinq joueurs (deux au fond, deux à la corde et un au centre), chacun muni d'un tambourin, cercle de 28 cm de diamètre recouvert de peau synthétique et muni d'une poignée (comme l'instrument de musique mais beaucoup plus résistant)   ; à l'engagement, le batteur se sert d'un battoir, tambourin plus petit monté sur un long manche. Les renvois se font comme au tennis (à la volée ou après un rebond) et les points se comptent de même. A voir et à essayer dans les villages, notamment à Cournonterral, Saint-Martin-de-Londres, Saint-Georges-d'Orques, Gignac et Pézenas qui comptent de bonnes équipes.

Les joutes languedociennes

Depuis des siècles, les marins et les pêcheurs ont leurs règles de chevalerie et leur tournoi, les joutes. Sur tout le littoral gardois et héraultais, au Grau-du-Roi, Agde, Balaruc, Frontignan, Mèze, Marseillan, Palavas, Sète et même Béziers sur le canal du Midi, on voit s'affronter deux équipes, les bleus et les rouges. Les règles sont simples  : deux barques et leurs solides rameurs servent de coursier aux "  lanciers  ". Campés aussi solidement que possible sur la "  tintaine  ", plate-forme en hauteur à l'avant de la barque (longue de 8 m, de type "  mourre de porc  ", avec 10 rameurs), les jouteurs sont armés d'une lance de bois (2,70 m) et d'un pavois, bouclier sur lequel la lance de l'adversaire viendra frapper. Réglée par hautbois et tambours, la joute commence, les lances s'abaissent et heurtent l'adversaire qui, déséquilibré, finit dans l'eau. Le tournoi le plus réputé a lieu tous les ans à Sète, en août, pour la Saint-Louis.

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