Guide du Cap-Vert : Politique et économie

Politique
Palais du Gouverneur
Palais du Gouverneur

Un état jeune. Le Cap-Vert, jeune Etat qui accède à l'indépendance le 5 juillet 1975, va subir un profond changement en 1990, avec l'introduction du multipartisme qui met ainsi un terme à 15 ans de pouvoir d'un parti unique d'inspiration marxiste : écarté de tous les organes du pouvoir, le PAICV (Parti africain pour l'indépendance du Cap-Vert, ex-PAIGC) vivra une longue traversée du désert de près de 10 ans avant de reconquérir la confiance de la population. Il lui aura fallu se rénover et attendre que le MPD (Mouvement pour la démocratie), pourtant confortablement élu en 1991 et en 1996, subisse lui aussi l'usure du pouvoir. En 2001, le pays finit par rejeter la politique trop libérale mise en oeuvre par Carlos Veiga. Le retour aux commandes du PAICV peut surprendre, mais finalement le Cap-Vert a été une fois de plus un précurseur, rejoint quelques années plus tard par toutes les anciennes colonies portugaises en Afrique. En 2008, les électeurs ont choisi de confier à nouveau leur destin aux anciens partis de l'indépendance, que ce soit au MPLA en Angola (Mouvement populaire de libération en Angola), au PAIGC en Guinée-Bissau, au FRELIMO au Mozambique (Front de libération du Mozambique) ou au MLSTP à São Tomé (Mouvement de libération de São Tomé et Principe). De nouveau au pouvoir en 2001, réélu en 2006, le PAICV conduit depuis lors une politique pragmatique, loin des idéologies du temps où il régnait en parti unique. Menant lui-même plusieurs privatisations ou liquidations d'entreprises d'Etat, l'ancien parti d'Amilcar Cabral est aujourd'hui très à l'aise pour négocier un partenariat spécial avec l'Union européenne, pour accepter la tenue de manoeuvres de l'OTAN sur son territoire, pour vanter la candidature du pays dans le cadre du Millenium Challenge Account américain, ou encore pour obtenir auprès de la Chine de devenir l'une des cinq zones de coopération économique et commerciale que le géant asiatique compte créer en Afrique, le tout sans remettre en cause son adhésion à la CEDEAO (Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest). Malgré les bons résultats obtenus et la confiance exprimée par les bailleurs de fonds, le PAICV connaît en 2008 une petite défaite aux élections municipales, le MPD réussissant à lui ravir Praia, la capitale politique et économique de l'archipel, pourtant longtemps présentée comme la vitrine de la réussite du parti. L'un des principaux défis du PAICV sera d'ailleurs, tout comme le MPD, de parvenir à trouver une nouvelle génération de leaders. Mais au-delà des échecs ou réussites personnelles, ces alternances successives montrent surtout la volonté du pays de renforcer sa démocratie, en refusant de donner systématiquement la prime aux sortants. Le bipartisme MPD-PAICV laisse peu de place aux petits partis ou aux indépendants. Manifestement attaché à ce modèle, le Cap-Vert confirme qu'il est aujourd'hui un exemple de stabilité politique : la nouvelle cohabitation voulue par les électeurs en 2011 en est une preuve supplémentaire. De fait, le pays collectionne les compliments émanant d'organisations comme l'ONU, le FMI ou la Banque mondiale, d'instituts ou de fondations internationales, d'associations de défense des droits humains. Ainsi, sont loués les efforts menés pour lutter contre le trafic de drogue sévissant dans la sous-région. Puis viennent la bonne gouvernance, le contrôle de la dette, la liberté de la presse, les chiffres exemplaires en matière de développement, les indicateurs économiques dans le vert... La liste est quasiment sans fin. En 2015, l'ONG allemande Transparency International a attribué la 42e place (sur 174 pays) à Praia dans son classement annuel évaluant la lutte contre la corruption ; ce qui est plus qu'honorable, la France occupant la 25e position. De son côté, la fondation Mo Ibrahim attribue au Cap-Vert la 2e place dans son classement de la qualité de gouvernance des pays d'Afrique en 2014 dans la catégorie " Paix et sécurité " ; le pays occupe même la première place du continent africain. En 2015, le Cap-Vert apparaît à la 36e place (devant la France 38e, les Etats-Unis ou l'Italie) du classement annuel de Reporters Sans Frontières relatif à la liberté de la presse. Néanmoins, cette excellente position est à nuancer car le pays impose l'autorisation préalable à toute nouvelle publication.

Années charnières. Mais au-delà des classements et des superlatifs, les meilleurs indicateurs des progrès réalisés par le pays sont d'un tout autre ordre. Si leurs effets concrets ne se ressentent pas nécessairement dans la vie quotidienne des Cap-Verdiens, il s'agit toutefois d'étapes extrêmement significatives dans l'histoire du pays et dans son développement. Fin 2007, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) accepte l'adhésion du Cap-Vert, et après ratification du Parlement et du président de la République, le pays devient en juillet 2008 le 153e membre de l'organisation. C'est aussi à la fin 2007 que le Cap-Vert obtient le statut de partenaire spécial auprès de l'Union européenne, après plusieurs années de négociations. L'intérêt pour le pays est d'être, à terme, quasiment considéré comme une région périphérique de l'Europe des 27, bénéficiant ainsi de programmes et de fonds européens. De son côté, l'Union européenne obtient que ses préoccupations relatives au contrôle des frontières soient mieux prises en compte par Praia. Officiellement, le 1er janvier 2008, le Cap-Vert a quitté la catégorie des pays moins avancés pour entrer dans celle des pays de développement moyen (seul le Botswana a réussi cette performance, en 1994) : le " Petit pays " chanté par Cesária Évora peut légitimement avoir la tête qui tourne, lui qui s'est si longtemps senti oublié au milieu de l'océan. En 2006, parcouru en long et en large par les armées les plus puissantes de la planète venues s'entraîner dans ses ribeiras ou sur ses plages, c'est finalement le Cap-Vert qui réussit à conquérir le monde, en initiant plusieurs rapprochements stratégiques, sans ignorer qu'ils ne sont pas dénués d'arrière-pensées. C'est dans le domaine de l'émigration que la première concrétisation du partenariat avec l'Europe est intervenue le 5 juin 2008, avec la signature d'une déclaration commune d'un accord de mobilité, le Cap-Vert acceptant (avec la Moldavie) d'être le premier pays à expérimenter la toute nouvelle politique européenne de gestion des flux migratoires. En contrepartie, la Commission européenne préconise aux 27 pays membres l'assouplissement des conditions d'entrée des Cap-Verdiens dans l'espace Schengen. Dès 2007, Praia autorise des bateaux militaires espagnols et américains à surveiller une partie de ses eaux, pour lutter contre l'immigration clandestine et le trafic de drogue.

Construire l'avenir. Le Cap-Vert a donc acquis au fil des années l'image d'un pays politiquement stable et structurellement responsable. Les aides internationales ne se perdent pas, la dette est contrôlée, les emprunts sont remboursés. Il n'est pas étonnant alors qu'il soit le pays d'Afrique recevant le plus d'aide par habitant : à chacune de leurs visites dans l'archipel, les représentants du FMI répètent, avec un plaisir non dissimulé, que le pays continue de respecter et d'atteindre les objectifs fixés par l'organisation financière internationale. Bon élève, le Cap-Vert l'est assurément, mais certainement pas par simple envie de briller. Car malgré la multiplication des partenariats, preuves de la confiance de ses interlocuteurs, le Cap-Vert sait qu'il lui faut trouver des solutions à l'intérieur même de l'archipel. La population augmente et le recours à l'émigration est rendu difficile par les frontières de plus en plus hermétiques. Pour continuer à lutter contre la pauvreté, le gouvernement mise sur la formation, un des principaux leviers contre les problèmes sociaux liés à ce fléau. Quand bien même le Cap-Vert est désigné comme l'un des rares pays qui pourraient réussir à atteindre les Objectifs du Millénaire du Développement, ce sont près de 130 000 personnes qui continuent à vivre avec moins de 1,20 € par jour. Avec l'ouverture récente de la première université publique, le Cap-Vert a voulu se doter d'un véritable outil de transformation sociale. Jusque-là, les jeunes désireux de suivre des études universitaires devaient partir à l'étranger ou assumer de très coûteux frais d'inscription aux universités et instituts privés, qui pullulent depuis les années 2000. Quoique l'Uni-CV soit loin d'être gratuite, les jeunes cap-verdiens peuvent aujourd'hui obtenir licences ou masters sans avoir à quitter l'archipel, deux pôles universitaires ayant été créés, l'un à Praia et l'autre à Mindelo. Aux prises avec un chômage dépassant les 15 % (2016), le pays doit développer ou attirer des activités génératrices d'emplois, elles-mêmes demandeuses d'infrastructures. En moins de cinq ans, le Cap-Vert s'est doté de trois aéroports internationaux sur les îles où d'importants projets touristiques verront le jour (Santiago, Boa Vista, São Vicente). Plus de 100 millions de dollars débloqués par le Millennium Challenge Account américain ont servi ces dernières années à étendre les capacités des ports de Praia et de Mindelo, l'archipel ayant pour ambition d'absorber une grande partie du trafic marchand et de son va-et-vient de containers. Le financement américain a été tellement bien utilisé que le MCC a attribué en 2012 une nouvelle aide de 66 millions de dollars sur cinq ans. L'archipel a été le seul pays à recevoir deux financements successifs. La lourde bureaucratie héritée de l'administration coloniale disparaît progressivement au profit de sites Internet facilitant la création de sociétés, aujourd'hui possible en 24h contre 1 à 2 mois auparavant, la délivrance de certificats ou le paiement des impôts, etc. Plus généralement, l'économie capverdienne, encore au stade où il faut investir massivement pour créer une activité solide, finance les deux tiers des investissements publics (190 millions d'euros en 2009) par des ressources externes.

Les écueils. Ces bonnes nouvelles ne doivent pas faire oublier que le pays reste pauvre, avec une économie fragile qui continue de reposer en bonne partie sur l'extérieur, que ce soit par l'aide internationale, les transferts d'argent des émigrants, ou encore par l'investissement direct étranger. Par ailleurs, l'impact des politiques n'est pas toujours visible pour l'ensemble de la population. Si la classe moyenne profite du dernier modèle 4x4, de l'ADSL ou des cartes Visa (impensables il y a encore 10 ans), il serait dangereux de passer sous silence le contraste, toujours plus important, entre les plus riches et les plus pauvres. Le boom économique de ces dernières années est loin d'être homogène, et des pans entiers de la population - pour ne pas dire des îles entières (São Nicolau, Maio ou Santo Antão) - se sentent les oubliés du développement. La capitale Praia s'est agrandie à un rythme soutenu depuis les années 1990, parfois sans véritable plan d'urbanisation et sans grand contrôle des autorités. Des quartiers entiers se sont bâtis sans autorisation et sans assainissement, l'électricité y parvient grâce à des liaisons clandestines. En quelques années, Praia a découvert une criminalité d'un nouveau genre, probablement inspirée par les programmes brésiliens ; mais aussi par les nombreux jeunes Cap-Verdiens que les Etats-Unis, plus sensibles depuis les attentats du 11-Septembre, ont expulsé sans s'inquiéter des conséquences sociales pour les pays d'origine. Plus jeunes et plus violents, organisés en gangs, ces délinquants ont créé un climat tendu dans certains quartiers de la capitale, où chacun s'attend à être victime d'un cassu-bodi (de l'anglais cash or body, littéralement " la bourse ou la vie ") et où les rumeurs amplifient et déforment les faits réels. La société s'est retournée vers le gouvernement et la justice, qu'elle tient pour responsables des agissements de ces quelques poignées de racketteurs.

L'une des autres patates chaudes du gouvernement est la privatisation de la compagnie aérienne capverdienne, la TACV, lourdement déficitaire et difficilement contrôlable. Les tentatives d'amaigrissement se sont soldées par des échecs retentissants et la dette de la TACV pèse toujours plus lourdement sur les finances publiques. En 2017, l'État finit par démanteler la compagnie : les vols inter-îles sont confiés à une compagnie privée canarienne en contrepartie d'une participation au capital, et la gestion de la TACV est assurée par un transporteur islandais, avec la promesse de nouveaux Boeing pour les prochaines années. Dans le cas d'Electra, la situation s'est quelque peu améliorée ces dernières années même si les comptes de la compagnie nationale de production et de distribution d'eau et d'électricité restent dans le rouge. Privatisée puis re-nationalisée, Electra a su investir pour répondre tant bien que mal aux besoins toujours croissants de la capitale et de Mindelo où les blackouts sont désormais plus rares, mais l'eau continue à manquer sur certaines îles.
Plus généralement, si les résultats économiques sont moyennement satisfaisants, ce sont surtout les questions d'ordre social qui peuvent préoccuper le MPD récemment revenu au pouvoir et justement élu après avoir promis de lutter massivement contre le chômage. Dans une société qui se dote progressivement et ostensiblement de toutes les caractéristiques d'une société de consommation (réseau bancaire, Bourse, télévision, aéroports), la population n'a qu'un souhait : en faire partie. Le MPD sera jugé sur la concrétisation de ses promesses électorales, en particulier le relèvement progressif du salaire minimum (fixé à 100 € environ en janvier 2014) et la création des allocations-chômage.
L'Union européenne (Commission européenne et Etats-membres) est au Cap-Vert l'un des principaux acteurs parmi les pays bailleurs de fonds. En étroite coordination avec les autres partenaires de la coopération, elle veille à ce que l'aide contribue au développement durable et produise des avantages à long terme. Dans le cadre du onzième Fonds Européen de Développement, la Commission européenne attribue une enveloppe de 50 millions d'euros (cadre stratégique 2016-2020) destinée au soutien macroéconomique, aux politiques sectorielles, aux programmes et projets en faveur des domaines concernés et non concernés par l'aide communautaire. 14 millions supplémentaires sont venus soutenir la reconstruction après l'éruption du volcan de Fogo (2014) et après les pluies diluviennes sur Santo Antão (2016).

Structure étatique

Organisation politique. La Constitution prévoit un système politique de type parlementaire. Le pouvoir législatif est du domaine de l'Assemblée nationale, composée de 72 députés, élus pour 5 ans au suffrage universel direct, parmi lesquels six sont choisis par la diaspora capverdienne. Avec 40 députés, le MPD détient la majorité parlementaire, contre 29 pour le PAICV et 3 pour l'UCID. Il faut un minimum de cinq députés pour former un groupe parlementaire. Le président de la République et le gouvernement forment l'exécutif. Le président est élu au suffrage universel pour 5 ans et ne peut briguer plus de 2 mandats. Ses pouvoirs sont clairement définis : il peut dissoudre l'Assemblée nationale conformément aux textes de la Constitution et nommer un Premier ministre. Ce dernier n'est en revanche pas responsable devant le président de la République, qui ne peut le démettre que dans des cas bien précis.

Le Tribunal suprême de justice (STJ) est souverain en matière constitutionnelle. Il peut prononcer l'inconstitutionnalité d'une loi, qui alors ne sera pas promulguée. Il est compétent pour régir l'ensemble du contentieux électoral, et peut aussi agréer ou démettre les associations et organisations politiques.

Le système judiciaire est, lui aussi bien huilé. Il est basé sur l'unité juridictionnelle. Au sommet du système se trouve le STJ, puis les tribunaux de première instance, la Cour des comptes, les tribunaux fiscaux, douaniers et militaires. Les procureurs sont nommés par le ministre de la Justice, les juges par le STJ, dont le président est également président du Conseil supérieur de la magistrature.

Organisation administrative. La république du Cap-Vert regroupe 22 municipalités autonomes, représentées par des membres élus au suffrage universel tous les 4 ans ; ceux-ci composent les chambres municipales d'une part (exécutif, à la tête desquelles les présidents correspondent aux maires ou plus exactement aux préfets en France) et les assemblées municipales d'autre part (législatif). Chaque municipalité (ou concelho) est autonome et applique la politique qu'elle entend mener, avec un double financement ; local à partir des taxes foncières et professionnelles, national assuré par le versement d'une partie de l'impôt prélevé par l'Etat. La capitale, Praia, comptait plus de 130 000 habitants selon le recensement de 2010. Sur le plan religieux, le pays se compose de 34 paroisses, les freguesias, et de deux diocèses, celui de Santiago de Cabo Verde (créé en 1533) et celui plus récent de Mindelo (2003).

Partis

Chaque parti, pour être légalisé et reconnu, doit obtenir 500 signatures de soutien et doit être basé dans le pays. Leur financement est réglementé et surveillé. Les principaux partis connus sont le PAICV, le MPD, l'UCID, le PTS (Parti du travail et de la solidarité) et le très marginal PP (Parti Populaire).

Le principal syndicat est l'UNTC-CS, Union nationale des travailleurs capverdiens, centrale syndicale créée par le PAICV au début des années 1990, juste avant les différentes mesures libérales. Aujourd'hui, plusieurs syndicats se sont formés. Le droit de grève et la liberté d'association syndicale sont reconnus.

Enjeux actuels

Le gouvernement continue à diversifier les soutiens internationaux, en signant ou en négociant des accords avec les Etats-Unis et l'Europe, en tant que partenaire spécial. L'archipel milite par exemple pour la facilitation des séjours des Cap-Verdiens dans l'Union européenne, à terme sans visa, mais traite aussi avec la Chine, le Brésil et l'Angola. Le Cap-Vert a été le seul pays à bénéficier d'un deuxième accord dans le cadre du Millennium Challenge Account, en sus des éloges d'un FMI ravi de ses performances. Régulièrement présenté comme modèle de stabilité politique et de bonne gouvernance, Praia continue d'intervenir dans la résolution de conflits en Afrique de l'Ouest (Côte-d'Ivoire, Guinée-Bissau). Le Cap-Vert a accueilli sur l'île de Sal, en juillet 2018, le sommet des chefs d'Etat de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP).

Économie
Les salines de Sal
Les salines de Sal

Isolé, bénéficiant de peu de ressources naturelles et de très peu d'eau douce, le Cap-Vert importe 85 % de ses besoins alimentaires. Il est cependant l'un des rares pays d'Afrique subsaharienne avec un taux de croissance positif. Une bonne gouvernance, un faible taux de corruption et de nombreux investissements étrangers ont permis au pays de connaître une croissance de 7 % dans les années 2000, ramenéeà 4 % en 2017. En effet, la crise économique a frappé et entraîné la diminution des fonds envoyés par les partenaires et la baisse des aides publiques. La récession a été évitée grâce au tourisme et la croissance est revenue en 2018 (+5,5 % au deuxième semestre) grâce à ce secteur. Attirés par son économie ouverte aux marchés européen et international, les investisseurs affluent : les Italiens dans le secteur de l'immobilier, les Français dans la restauration et l'hôtellerie, les Africains et les Chinois dans le secteur du commerce... D'autre part, des entreprises se sont créées dans la confection de chaussures et l'électronique. Le secteur primaire représente 8,9 % du PIB, l'industrie 17,5 % et les services 73,7 % (dont 20 % liés au tourisme). Le Cap-Vert est le pays le plus dynamique de sa région et fait figure de modèle, avec un PIB par habitant relativement élevé (3 fois plus que la moyenne des pays d'Afrique subsaharienne) et avec un IDH parmi les 10 plus élevés en Afrique. Le défi économique se situe aujourd'hui au niveau du secteur privé qui doit prendre le relais des investissements publics. Les entreprises locales et les investissements privés sont freinés par les infrastructures lacunaires (eau, électricité, transports) et la difficulté d'accès aux financements bancaires. En 2008, le Cap-Vert passe du statut de PMA (Pays les Moins Avancés) à celui de PDM (Pays à Développement Moyen), et par conséquent les AIP (Aides Publiques au Développement) se raréfient. Cela reflète les progrès réalisés par le pays, mais l'aide extérieure, de l'ordre de 20 % du PIB en 2014, a sensiblement diminué en 5 ans, se trouvant aux alentours de 13 % en 2017 (dernières estimations). La dette publique, en légère baisse par rapport à 2017, s'établit à 123 % du PIB en 2018. A cause du programme d'investissement massif, le déficit budgétaire augmente lui aussi et a atteint 8 % du PIB en 2014. L'objectif 2017 de le réduire à 3 % a été atteint. Etroitesse du marché, faiblesse des activités et dépendance extérieure pour les ressources financières entraînent un taux chômage élevé (15 % en 2016, 32 % des 15-24 ans) et est l'une des principales préoccupations du gouvernement. Il a baissé en 2017 à 12,2 % et s'est stabilisé en 2018. Les inégalités sont criantes que ce soit entre îles ou dans la population. Les opportunités économiques sont plus favorables à Santiago, São Vicente et Sal. Les populations y ont immigré des îles moins développées comme Brava ou São Nicolau. Se posent aujourd'hui des problèmes démographiques, environnementaux et socio-économiques, qui entraînent une hausse de la criminalité, notamment à Praia. La stratégie de développement est cependant celle d'un développement équitable sur toutes les îles de l'archipel. Même s'il est une référence dans cette région du monde, le Cap-Vert reste un pays économiquement vulnérable, ambitieux, mais très assisté par les institutions internationales et les transferts des émigrés cap-verdiens.

L'aide internationale dont bénéficie le Cap-Vert est un élément essentiel dans sa croissance et permet de promouvoir le développement économique. Ces aides datent de la période coloniale et sont apparues avec la grande famine de 1947-1948. Depuis l'Indépendance, l'aide alimentaire s'est transformée en aide financière. 400 millions de dollars ont permis de construire les infrastructures indispensables au pays. De nouveaux soutiens sont arrivés avec l'entrée dans la Convention de Lomé en 1977. Avec l'adhésion du Portugal à la CEE, les aides de celle-ci augmentent. Les plans nationaux sont financés par les aides internationales entre 1981 et 1990. De nombreuses institutions participent au développement : PNUD, UNICEF, OMS, ONUDI, BAD, UE (55 millions d'euros entre 2014 et 2020). Les Etats-Unis et les Pays-Bas interviennent dans le secteur hydraulique, le Portugal investit dans les transports et les hôpitaux, la France est présente au niveau de l'aménagement rural et des télécommunications... L'Italie, le Luxembourg, la Chine ou encore le Brésil sont autant de pays qui participent eux aussi au développement du Cap-Vert. Enfin, les ONG, au nombre de 300 aujourd'hui, jouent également un rôle important.

Principales ressources
Femme Capverdienne portant sur sa tête la pêche du jour.
Femme Capverdienne portant sur sa tête la pêche du jour.

Le taux de chômage s'explique par le manque d'emplois pour les jeunes et les femmes. Mais aussi par les effets pervers du soutien financier et matériel que les Cap-Verdiens reçoivent de leur famille vivant à l'étranger. L'économie connaît une croissance régulière depuis plus de 15 ans, malheureusement dans des secteurs peu créateurs d'emplois pour la majorité de la population. C'est le secteur tertiaire qui explose (tourisme, service, communication...) alors que le secteur primaire décroît fortement. Aujourd'hui, certaines sociétés vont jusqu'à faire appel à la main-d'oeuvre étrangère, sénégalaise, libanaise et européenne par exemple. C'est le cas de l'hôtellerie et des commerces, surtout pour l'encadrement et les postes clés des entreprises.

Agriculture. Parmi les pays sahéliens, le Cap-Vert est le plus grièvement touché par les effets de la sécheresse, qui le frappent, en particulier, depuis les années 1970. Le pays a subi de grandes périodes de sécheresse, avec des effets plus ou moins dévastateurs sur la population. Celle de 1972, fatale pour les récoltes, est la principale responsable de la dernière émigration massive vers l'Europe et les Etats-Unis.

Cette particularité climatique, conjuguée à l'érosion du sol, est à l'origine du faible développement du secteur agricole : la production de maïs et haricots, les deux produits de base de l'alimentation, ne couvre que 10 % des besoins alimentaires. Cette situation fait perdre des emplois et des revenus ruraux au Cap-Vert. Les terres cultivables représentent environ 10 % de la superficie totale du pays, soit environ 42 000 ha, avec seulement 3 000 ha irrigués. La faible pluviométrie freine la diversification de la production. La production agricole est insuffisante pour la consommation locale, d'autant que le nombre de touristes sur le territoire ne cesse d'augmenter ; la demande va croissante et les restaurants sont souvent en pénurie de légumes. On produit dans l'archipel du maïs, des haricots, des oignons, du manioc, des ignames, des bananes, de la canne à sucre, de la noix de coco, des mangues, des pommes de terre, de la patate douce et de la papaye. L'Etat prévoit d'arriver à l'autosuffisance, en créant de nouvelles surfaces cultivables, en augmentant de manière plus significative l'irrigation et en reconvertissant des parcelles de culture majoritairement plantées de cannes à sucre. Les projets de développement agricole tiennent compte du peu de ressources en eau exploitables et prévoient des systèmes d'irrigation appropriés. De nombreuses stations de pompage et des éoliennes ont été installées sur le territoire, alimentant ainsi en eau les cultures et les villages. Néanmoins, la distribution d'eau continue à se faire très souvent manuellement. Malgré ces carences et handicaps, l'agriculture reste le secteur le plus important, car elle emploie environ 48 % de la main-d'oeuvre de l'archipel. Mais les faibles rendements condamnent ce secteur primaire qui ne représente que 8,2 % du PIB.

La pêche en est encore au stade artisanal pour la majorité des pêcheurs, et les prises ne représentent que 13 % du potentiel. La zone exclusive de pêche du pays représente 734 km² et est l'une des moins exploitées du monde. Cela est la conséquence d'une plate-forme continentale maritime très réduite, due à l'origine volcanique des îles, qui limite les ressources du secteur des pêches. Les Japonais ont cependant financé un port à Mindelo. La flotte industrielle se compose de 80 navires, dont 20 seulement sont opérationnels. Ses prises, de l'ordre de 16 000 tonnes par an, sont presque entièrement exportées : 80 % des exportations nationales (tous secteurs confondus) sont assurées par l'entreprise d'origine espagnole Frescomar, qui envoie des conserves (thon, maquereau, etc.) vers le marché européen. Les pêcheurs artisanaux, au nombre d'environ 4 000, possèdent 1 400 petits bateaux, dont 69 % sont motorisés. On estime à 45 000 tonnes par an le potentiel total de la pêche au Cap-Vert, dont 1 800 tonnes de langoustes, et 22 000 tonnes de thons. La consommation locale est estimée à 20 kg par an et par personne. La langouste, surtout pêchée sur les îles de Sal et de Boa Vista, est très demandée, mais seule une très faible partie des prises est actuellement exportée. De nombreuses espèces peuplent les eaux territoriales du Cap-Vert. La pêche est surtout l'activité de petites structures et les besoins en financement sont énormes, car la technologie est obsolète et la formation aux nouvelles techniques de pêche et de transformation est inexistante. En attendant de pouvoir assurer directement une meilleure exploitation des réserves, le Cap-Vert a conclu des accords permettant à des flottes étrangères de pêcher dans ses eaux, des accords vus dans l'archipel comme défavorables et qui soulignent les déséquilibres internationaux : après paiement d'un droit annuel de 750 000 euros pendant cinq ans, les bateaux de l'Union européenne sont autorisés à prélever jusqu'à 8000 tonnes de thon par an.

Elevage. Il est insignifiant, bien que le cheptel soit en constante augmentation. Aujourd'hui, il représente environ 273 000 têtes. On retrouve dans l'ordre des caprins, des bovins et des ovins. Le problème de l'eau et de la rareté des pluies ne permet pas un développement important de cette activité. Il existe très peu d'élevages de poulets, bien que les Cap-Verdiens en soient très friands.

Ressources minérales et industrie. Elles sont assez limitées : pouzzolane servant à fabriquer le ciment, kaolin, argile verte, jaune et brune, gypse pour la fabrication du plâtre, basalte, nappes phréatiques et sel. Leur potentiel n'est pas encore défini, mais on trouve de l'argile dans presque toutes les îles, notamment à São Vicente, Boa Vista et Sal. Sur ces deux dernières, sont extraites des roches calcaires pour la fabrication des pavés, la production de carrelage et la décoration des maisons et bâtiments. Le secteur du BTP est en pleine expansion, notamment en raison de l'intérêt que portent les Cap-Verdiens à la construction de leurs maisons, ce qui porte sa contribution au PIB à 11 %.

L'absence de ressources naturelles handicape lourdement le développement de l'industrie. Toutefois, profitant des quotas d'exportation non remplis par le Cap-Vert dans le cadre des facilités accordées par l'Europe (Cotonou puis GSP+ depuis décembre 2011) et les Etats-Unis (AGOA), des unités de délocalisation industrielle des industries exportatrices (textile, chaussures, etc.) se sont récemment implantées à Mindelo. La construction d'autres parcs industriels à Praia et Sal indique l'existence d'une forte demande en matière d'installations industrielles. L'Etat fait appel aux investisseurs afin de développer le tissu industriel, tourné vers l'exportation. L'atout principal du pays dans ce domaine est une main-d'oeuvre bon marché, dotée d'un bon niveau scolaire et ouverte à la formation grâce à une bonne capacité de compréhension. Une situation géographique au croisement des trois continents voisins, un programme attractif d'avantages fiscaux sont des atouts supplémentaires qui pourraient favoriser l'essor industriel du pays. Les Portugais sont les investisseurs étrangers les plus actifs dans l'industrie, et l'on enregistre de plus en plus d'immatriculations de sociétés leur appartenant. La France est toujours absente dans ce domaine.

Secteur tertiaire. Il constitue une part vitale dans l'activité économique du pays avec plus de 76 % du PIB. Mais cela n'est pas forcément signe de développement. Le chiffre illustre plutôt la faiblesse des secteurs primaire et secondaire. Le commerce à lui seul pèse plus de 26 %, mais avec une balance commerciale fortement alourdie par des importations qui représentent environ 58 % du PIB. Les biens de consommation, les produits alimentaires principalement, représentent environ 40 % des importations. Le principal fournisseur du Cap-Vert est l'Europe, avec environ 80 % des importations (essentiellement alimentaires et industrielles). Puis viennent l'Asie, notamment le Japon pour les véhicules et la Chine, l'Afrique pour le bois de la Côte d'Ivoire. Enfin l'Amérique, le Brésil et les Etats-Unis qui fournissent des produits alimentaires, du fer à béton et des produits métalliques.

Les exportations, bien qu'en augmentation avec la création de fabriques de chaussures et de textiles, sont faibles en raison de la faible production du pays. Il s'agit principalement des produits de la mer, de thon et de langoustes, frais et congelés. Le thon s'exporte aussi en conserve, car le pays est équipé de conserveries. La banane reste le principal produit végétal exporté. Les partenaires achetant ces productions sont l'Europe et l'Afrique, mais le Cap-Vert reste avant tout un exportateur de services. Ces services sont insuffisants, mais représentent un revenu non négligeable pour le pays. Les services navals, principalement la réparation, l'approvisionnement en carburant et les services aériens sont les principaux acteurs de ce secteur. Le Cap-Vert est stratégiquement bien placé sur un plan géographique, entre l'Europe, l'Afrique et l'Amérique et pourrait développer ses activités portuaires et maritimes notamment avec l'Afrique. Les transports aériens et maritimes représentent plus de 70 % des recettes, mais ce sont les services aériens qui sont les plus importants et les plus actifs. Avec le développement des aéroports internationaux (Sal, Santiago, Boa Vista et São Vicente), le Cap-Vert cherche avant tout à développer ses activités aériennes, devenant ainsi le principal concurrent de Dakar distant de 500 km. S'il existe encore quelques liaisons avec le continent africain, c'est principalement le trafic avec l'Europe qui domine l'activité, chaque nouvel aéroport international attirant successivement de nouveaux vols charters ou low cost, fournissant ainsi aux grands complexes touristiques leurs contingents de clients all-inclusive. Dans le domaine maritime et portuaire, le pays a encore de gros efforts à fournir pour pouvoir concurrencer les ports de Dakar et de Las Palmas, mais la volonté est là, renforcée par quelques bons résultats ; marginalisé jusqu'au début des années 2010, l'archipel a par exemple réussi à s'imposer comme lieu de passage des bateaux de croisière. L'appui financier du MCC américain a permis d'améliorer grandement les infrastructures à Praia. Des chantiers sont encore en cours : extension du quai (qui pourra accueillir jusqu'à trois bateaux de croisière simultanément), création d'un parc à containers, construction d'une digue, dragage d'un chenal plus profond. Mindelo n'est pas en reste, l'idée étant de transformer la baie de Porto Grande et ses 1 240 mètres de quais en véritable cluster maritime, réunissant l'ensemble des services portuaires (transbordement, maintenance, avitaillement). Sans oublier l'accueil des bateaux de croisière, la pêche, la recherche océanographique (avec l'Allemagne pour partenaire) et la surveillance des eaux territoriales.

Le commerce intérieur reste aux mains d'une élite bourgeoise qui voit arriver aujourd'hui des immigrants et des étrangers, notamment des Libanais et des Chinois. Ces derniers s'attaquent au commerce de détail et de gros en ouvrant des bazars qui proposent des produits de consommation courante à bas prix et quelques gadgets. L'import-export, longtemps aux mains des sociétés d'Etat, s'est démocratisé et l'on a vu émerger plusieurs entités détentrices de la licence. Un commerce informel est pratiqué par des commerçants ambulants nommés les rabidantes. Les prix de revente bon marché attirent une belle clientèle et l'activité est tolérée par l'Etat. Bien entendu, les commerçants locaux sont gênés par ce type de commerce qui freine la production intérieure, notamment de textile et de chaussures, peu innovante et chère. Dans les années 2000, les banques se sont fortement développées. Le secteur est supervisé par la banque centrale, la Banco de Cabo Verde. L'Etat s'est progressivement séparé de ses actifs dans les anciennes banques nationales, qui, comme les autres, sont pour la plupart passées sous le contrôle de groupes portugais. La Caixa Economica (caisse d'épargne et de crédit, conçue à l'origine pour les crédits à la consommation) et la Banco Commercial do Atlantico, créées en 1993, restent les plus performantes de l'archipel. Elles sont concurrencées par l'InterAtlantico (même groupe que la BCA) et par la BCN (Banco Caboverdiano de Negocios, créée par des Cap-Verdiens). Fin 2008, la banque angolaise BAI (Banco Africano de Investimentos) crée sa filiale au Cap-Vert avec fracas en proposant un alléchant compte à terme rémunéré à 18 % sur 18 mois ! Les taux des emprunts restent excessivement élevés, de l'ordre de 7 % en moyenne pour les prêts sur cinq ans, et le dynamisme commercial dans ce secteur piétine. L'Etat a par ailleurs créé une société de capital-risque, A Promotora, chargée de financer les investissements. Depuis 2005, un petit nombre de sociétés cap-verdiennes sont cotées à la Bourse cap-verdienne, où elles trouvent des financements en émettant des obligations. Le secteur des assurances est dominé par Garantia et Impar, deux compagnies respectivement publique et privée, qui proposent différents produits comme l'assurance automobile, individuelle, de voyage, de marchandises, etc.

Place du tourisme

Les gouvernements successifs ont tous misé sur le tourisme, avec plus ou moins de réussite. L'augmentation progressive des moyens financiers a créé les conditions favorables à l'arrivée des opérateurs du secteur et des vacanciers. Depuis quelques années, on peut dire que le Cap-Vert est durablement inscrit dans les nouvelles destinations du tourisme international, du moins sur les plans des cabinets d'architectes. Les projets monumentaux se sont multipliés. Les structures moyennes des années 1990-2000 ont laissé place à d'immenses complexes hôteliers de plusieurs centaines de chambres à louer et des condominiums de plusieurs milliers d'appartements ou de villas à acheter. Des circuits de golfs, des casinos et des marinas sont annoncés, les projets thématiques se succèdent : l'eau turquoise et le ciel azur trouvent facilement preneurs en Irlande, en Angleterre, dans les pays scandinaves, en Italie et au Portugal. La part du tourisme dans le PIB (en forte croissance) est passée de 20 % en 2005 à 25 % en 2017. Durant cette période, le secteur a connu un boom de 235 %. La crise mondiale de 2008/2011 a entraîné le désistement de nombreux clients ayant réservé leurs appartements quelques mois plus tôt et de nombreux grands programmes immobiliers ont souffert de l'arrêt brutal des financements. Cela étant, le report aux calendes grecques de nombreux projets pharaoniques offre quelques années de répit aux randonneurs et aux autres amateurs d'éco-tourisme et de paysages vierges. Il faut en profiter, car on prévoit que les investissements dans le secteur touristique représenteront près de 20 milliards d'euros sur les 20 prochaines années. Attaqué pour avoir vendu des régions entières à des investisseurs étrangers ou nationaux à travers le programme des ZDTI (zones de développement touristique intégral), le gouvernement oppose la création de plus de 50 000 emplois directs et indirects dans les prochaines années. Véritables globe-trotters, les représentants de Cabo Verde TradeInvest, l'organisme gouvernemental chargé de planifier et de contrôler les investissements dans l'archipel, cherchent à diversifier l'offre et les acteurs du secteur : les promoteurs européens côtoient ceux des Emirats arabes unis ou d'Afrique du Sud, et l'archipel aimerait convaincre les Chinois de passer leurs congés sur les plages interminables de Sal et de Boa Vista. Pour éviter le tourisme bas ou milieu de gamme, dont les formules " all inclusive " mécontentent les commerçants locaux, CVT a aussi privilégié les unités tirant sans complexe vers le luxe (14 villas vendues à un million d'euros à Mindelo). Fidèle à son image pragmatique et sachant qu'il n'attire qu'un petit pourcentage du marché touristique à destination de l'Afrique, le Cap-Vert ne cache pas son ambition de séduire les riches clients du Moyen-Orient. Sur l'îlot faisant face à la capitale Praia, la construction par un riche investisseur chinois d'un gigantesque complexe hôtelier comprenant un casino devrait séduire les touristes les plus aisés. Générant aujourd'hui plus de 200 millions d'euros de recettes annuelles, le secteur représente une part écrasante des investissements étrangers, soit dans le tourisme pur, soit dans l'immobilier touristique, avec de belles perspectives étant donné le potentiel naturel et la beauté des îles. Le Cap-Vert est une destination qui bénéficie d'atouts majeurs en faveur du tourisme, comme la proximité du continent européen (moins de 4 heures de Lisbonne, et de 6 heures de Paris), africain et américain, son climat tropical, ses plages magnifiques à perte de vue, ses montagnes ; mais surtout sa population hospitalière, l'absence d'un tourisme de masse et une stabilité politique et sociale. L'activité touristique principale est le tourisme balnéaire, notamment dans les îles orientales, favorisé par d'excellentes conditions pour la pratique des sports nautiques... et pour le farniente. Les secteurs à fort potentiel de développement sont :

Le tourisme balnéaire et les sports nautiques : baignade, plongée, windsurf, surf et différentes pêches : sous-marine, à la ligne et en haute mer.

Le tourisme de nature : randonnées, l'escalade, les balades à cheval et à vélo.

Le tourisme de découverte permet de visiter plusieurs lieux, sites et vestiges du Cap-Vert qui commencent à bénéficier d'une véritable politique de réhabilitation. On trouve des monuments vieux de cinq siècles, des églises, des forteresses et des cimetières juifs à Santo Antão et Boa Vista reflétant bien le croisement des cultures européenne et africaine.

Le tourisme culturel dont l'objectif est de découvrir le peuple cap-verdien, de connaître ses habitudes et coutumes, notamment les fêtes traditionnelles, le carnaval, les festivals, la gastronomie et la musique qui, grâce à l'action et la renommée de Cesária Evora, sa fameuse ambassadrice, constitue depuis 20 ans la principale activité artistique du Cap-Vert dans l'arène internationale. Le Cap-Vert a vu l'emblématique Cidade Velha (l'ancienne capitale) inscrite au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco.

Le tourisme médical, pour ceux qui cherchent à faire des cures. Le sable noir, riche en titane et en iode, des plages de Tarrafal (São Nicolau) est connu pour ses vertus curatives. Ces deux éléments sont utilisés pour le traitement de différentes maladies, surtout l'arthrite et d'autres problèmes articulaires et osseux. Des footballeurs professionnels portugais viennent régulièrement s'y faire soigner. Pour le développement du tourisme, le Cap-Vert dispose d'atouts naturels considérables : 55 plages, sur environ 150 km, dont plus de 60 % de sable blanc surtout sur les îles de Boa Vista, Maio et Sal ; 21 zones d'intérêt naturel, dont 9 zones de montagne, essentiellement sur les îles de Fogo, Santo Antão et de Santiago, et 12 zones non montagneuses, surtout sur les îles de Boa Vista et Sal ; 18 itinéraires pittoresques (426 km sur les îles de Fogo, Santo Antão, São Nicolau et Santiago).

On pourrait ainsi répartir les îles en trois groupes suivant leurs singularités :

Iles de plages : Boa Vista (avec environ 55 % de la surface totale de plages de sable blanc existant dans tout le pays), Sal (15 %), Maio (29 %), et São Vicente.

Iles de montagnes : Brava, Fogo, São Nicolau, Santiago et Santo Antão.

Iles de montagnes et de plages : São Nicolau, Santo Antão, São Vicente et Santiago. S'il était jusqu'à maintenant concentré sur l'île de Sal, le tourisme a aujourd'hui un impact sur les autres îles dotées récemment d'un aéroport international : l'ouverture en 2008 et 2011 des gigantesques hôtels RIU Karamboa et RIU Touareg à Boa Vista ont même contribué, un temps, à vider les établissements de Santa Maria sur l'île de Sal, y compris un hôtel de la même chaîne.

Fréquentation

Si le pays bénéficie du retour régulier de sa diaspora lors des vacances d'été ou les fêtes de fin d'année, le tourisme international assure naturellement la plus grosse partie des entrées dans l'archipel. Ces dernières années, avec l'engouement soudain et massif des Anglo-Saxons pour le " Petit pays ", la provenance des voyageurs a changé de manière significative. Les Portugais sont relégués en bas d'un classement qu'ils dominaient traditionnellement, les Anglais, les Allemands et les Italiens occupent désormais le haut du tableau - les Français ne représentent que 7 % des entrées (avec un pic au moment des événements en Tunisie et en Egypte). En 2018, le Cap-Vert a accueilli plus de 771 000 visiteurs. Avec près de 40 % d'entre eux, Boa Vista vole pour la première fois le leadership à l'île de Sal (35 %), suivies de Santiago (16 %) et São Vicente. Ces 4 îles concentrent plus de 90 % des visiteurs. Le manque d'infrastructures et de moyens continue de défavoriser de superbes îles comme São Nicolau, Santo Antão et Fogo, qui disposent d'une nature et d'un climat propices à la randonnée, ou Brava et Maio souffrant des mauvaises conditions de transport. La croissance du tourisme est essentiellement due à l'ouverture de vols vers de nouveaux pays européens, comme l'Italie, les Pays-Bas, l'Espagne, l'Allemagne ; l'augmentation de la fréquence des vols de la compagnie portugaise TAP, mais aussi des nouvelles liaisons assurées par d'autres compagnies avec les îles Canaries, l'Autriche, l'Angleterre, l'Irlande, et les pays scandinaves et l'arrivée des charters. La présence du Cap-Vert aux différents salons internationaux du tourisme contribue également au développement de l'activité touristique. Les plus grandes affluences de visiteurs sont enregistrées pendant les périodes de Noël, de février, mars, Pâques et les vacances d'été en juillet et août. Depuis 2009, le Cap-Vert dispose de 4 aéroports internationaux (Sal, Santiago, Boa Vista, São Vicente), ce qui permet aux touristes d'explorer un peu plus l'archipel. Des compagnies de charters ont obtenu les droits pour atterrir dans l'archipel, notamment à Boa Vista et à Sal.

Hébergement

L'Etat, qui possédait jadis quelques unités hôtelières, a appliqué sa politique de privatisation dans ce domaine. Les différents propriétaires hôteliers sont italiens, portugais, espagnols, belges et cap-verdiens (anciens émigrés pour la plupart). Les 150 unités d'hébergement touristique se trouvent ainsi réparties : 34 sur Sal, 33 sur Santiago, 24 sur São Vicente, 20 sur Santo Antão, 14 sur Boa Vista, 10 sur Fogo, 6 sur São Nicolau, 5 sur Brava et 3 sur Maio. En capacité d'hébergement, c'est Sal qui propose le plus grand nombre de lits. L'offre hôtelière de l'ensemble du Cap-Vert est d'environ 5 000 chambres, avec un peu moins de 10 000 lits.

Amélioration des infrastructures

Le Cap-Vert, qui cherche à développer un tourisme de qualité, devrait avant tout continuer à améliorer ses infrastructures de base sur des points essentiels. La Chine, le Luxembourg et les Etats-Unis participent à l'avancée du pays en subventionnant des routes, des barrages, etc.

Le ravitaillement des hôtels en eau et en énergie, le traitement des déchets.

L'aménagement des hôpitaux et centres de santé, un meilleur ravitaillement des pharmacies en médicaments et la formation d'une unité d'intervention rapide de type SAMU ou pompiers pour les premiers soins d'urgence.

Le nettoyage et l'entretien des plages et des villes par les communes.

La formation professionnelle du personnel opérant dans le tourisme.

L'amélioration des moyens de transport et des routes.

Stratégie de développement

Pour pouvoir conquérir un public plus large de visiteurs, il est important de doter le pays de transports (singulièrement maritimes) réguliers et fiables, d'améliorer les réseaux routiers, de poursuivre la politique de développement des unités de dessalement de l'eau de mer et l'aménagement de nouvelles sources ; de mettre l'accent sur la formation du personnel pour l'hôtellerie et les services et de développer l'éco-tourisme. La richesse naturelle du Cap-Vert est un atout précieux, le pays est riche de paysages splendides, inattendus, divers et variés. Le Cap-Vert doit pallier assez rapidement certaines carences commerciales qui pénalisent fortement son essor. En effet, le pays ne possède pratiquement aucun office de tourisme en Europe d'où proviennent la plupart de ses visiteurs. Sal et Boa Vista possèdent toutes deux un aéroport international, de très belles plages et d'excellentes conditions pour la pratique d'activités balnéaires et sportives. Santiago, avec ses plages, ses montagnes et ses riches fonds marins, propices à la plongée et aux différents types de pêche (tout comme Maio, toute proche), possède également des atouts importants, notamment au niveau des infrastructures. Elle aussi a son aéroport international. São Vicente bénéficie d'excellentes liaisons aériennes avec Sal et Santiago, de vents favorables à la pratique du windsurf et de kitesurf, surtout pour les épreuves de vitesse, d'une ville historique, Mindelo, d'attractions culturelles comme le festival musical de Baia das Gatas et le carnaval ainsi qu'une bonne animation, notamment nocturne : c'est un port. C'est un pôle d'attraction très important pour le développement du tourisme. Tout près les îles de Santo Antão au nord et São Nicolau, (et son aéroport) à l'est offrent des journées entières de randonnées à tous les amateurs du genre, les sentiers sur les crêtes voient passer de plus en plus de groupes de randonneurs. Fogo (avec un aéroport) et Brava (sans), valent à elles seules le voyage. Toutes les îles ont un potentiel de développement très vaste et peuvent constituer de belles opportunités pour les investisseurs dans le secteur touristique.

Enjeux actuels

Les années 2000 ont vu le développement d'une forte activité dans le secteur touristique et le gouvernement a surfé sur ce succès pour combattre le chômage. Mais la crise internationale a stoppé de nombreux grands projets et a douché de gros espoirs dans le secteur immobilier. Elle a convaincu les pouvoirs publics de multiplier les leviers de croissance en évitant de tout miser sur la seule activité touristique. Les futurs chantiers concernent la transformation du pays en plateforme incontournable au croisement du continent européen, africain et américain. Outre les activités maritimes (transbordement de containers, centre régional de pêche, chantiers navals, centre de recherche océanique et stations météorologiques, surveillance), le Cap-Vert cherche à dynamiser sa position dans les activités de services dans l'aéroportuaire, les finances ou les technologies de l'information.

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