Guide du Cap-Vert : Population et langues

Visage d'une femme Capverdienne.
Visage d'une femme Capverdienne.
Population

C'est vers la fin du XVe siècle, que le peuplement de l'archipel commence avec l'arrivée des premiers colons portugais, suivis des esclaves amenés de force des côtes ouest-africaines, du Sénégal à la Sierra Leone. Nombre d'entre eux sont originaires de Guinée-Bissau. Mais il est vrai que les Portugais n'ont jamais réellement cherché à peupler le Cap-Vert : la rudesse du climat ne permet pas de planter de céréales, nourriture principale des colons, contrairement à ce qui se passe aux Açores et à Madère où la population est essentiellement blanche. Très peu de familles portugaises s'installent au Cap-Vert à cause du climat tropical rude et meurtrier, et de fortes fièvres tuant bon nombre d'entre eux. On y fait venir donc des célibataires, quelques prostituées, et des condamnés politiques ou de droit commun. Selon Antonio Carreira, entre 1802 et 1882, 2 433 condamnés (dont 81 femmes) sont déportés au Cap-Vert. Madère fournit une grande partie de la population blanche. Parmi les Noirs, on retrouve aussi des hommes libres, dont les Banhun, Cassanga et Brame parlant assez bien le portugais, et côtoyant ainsi les capitaines de navires et les mercenaires. La population noire est essentiellement originaire de Guinée : Mandingue, Pepel, Banhun, Bolola, Balante, Mandjaque, Bambara, Peul, Wolof... Au fil des siècles, la nouvelle population de métis, descendant des femmes esclaves et des colons portugais, devient plus importante quantitativement que les Blancs et les Noirs. Par la suite, avec l'arrivée des Anglais, de quelques Indiens de la colonie portugaise de Goa, des Français et même des Chinois le métissage se diversifie : n'oublions pas que le port de Mindelo accueille des marins du monde entier qui laissèrent (et laissent encore ?) beaucoup d'enfants derrière eux. Il y a aujourd'hui au sein de la population cap-verdienne un mélange morphologique très étonnant, donnant parfois un cocktail extraordinaire de beautés. Chaque île a ses particularités suivant les types de populations qui ont foulé leur sol et les métissages qui s'y sont produits. Sur les îles de Brava et Fogo, par exemple, les gens sont beaucoup plus clairs de peau qu'ailleurs, car il y a eu moins d'esclaves d'origine africaine.

De plus, au XIXe siècle, un Français, le comte de Montrond, arrive à Fogo, fuyant les autorités françaises qui le recherchent pour avoir, semble-t-il, tué un adversaire en duel. On raconte que c'est un véritable Don Juan et qu'il a engendré pas moins de 200 enfants. Ses descendants, extrêmement nombreux, portent son nom et, toujours d'après l'histoire, peuplent à eux seuls le village de Chã das Caldeiras. A Santiago, la population noire domine car bon nombre d'esclaves ayant fui dans la montagne et ceux travaillant dans les plantations se marient entre eux, conservant ainsi le type africain. A Santo Antão, la population est encore plus métissée, du fait de flux migratoires nombreux en provenance d'Europe et d'Inde. Au fil des siècles, et avec l'arrivée des Anglais (et des Français dans une moindre mesure) à São Vicente et des Américains à Brava, les Cap-Verdiens émigrent pour fuir les famines et trouver du travail afin d'aider leur famille restée au pays. Le peuple cap-verdien, en majorité, émigre en vers les grands ports Amérique (Boston, Providence), aux Pays-Bas (Amsterdam), en France (Marseille, Le Havre), au Luxembourg, au Sénégal, au Portugal et en Italie. Aujourd'hui, la diaspora cap-verdienne avoisine le million de personnes. Plus, si l'on comptabilise parmi les générations précédentes, ceux ayant opté pour la nationalité du pays où ils sont nés, plus de 600 000 personnes uniquement aux Etats-Unis.

Langues

L'arrivée des esclaves pose un problème majeur de communication : les Portugais ne parlent pas les dialectes africains ni les esclaves la langue portugaise. Mais, pire encore, les esclaves, qui viennent d'horizons différents en Afrique, n'arrivent pas à se comprendre entre eux. Dès lors, va naître lentement le criolo, un savant mélange de portugais et de dialectes africains, notamment le mandingue. Le portugais est largement dominant, mais les expressions et la phonétique vont se différencier suivant l'origine des esclaves. Sur l'île de Santiago, le créole se distingue nettement des autres îles, car, plus éloigné du portugais, c'est celui qui a le plus subi l'influence des dialectes africains. Mais cette langue va également subir des influences européennes, avec l'arrivée des Anglais et des Français dans l'archipel. Les variations dialectales selon les îles suivent l'importance du nombre d'esclaves présents. Le portugais n'est pas arrivé à s'imposer sur tout le territoire, et de nos jours, bien qu'étant la langue officielle, il n'est parlé que par la moitié de la population environ. Le criolo, qui est devenu ainsi l'expression de tout un peuple, véhicule toute la pensée et la culture orale puis écrite, des îles du Cap-Vert. A sa formation, il y a cinq siècles environ, cette langue très récente utilise un vocabulaire relativement pauvre comme les esclaves ne retiennent que ce que les colons portugais veulent bien leur apprendre. C'est donc une langue se servant de mots portugais maladroitement prononcés, et donc déformés, et d'une grammaire plutôt originaire d'Afrique. La langue créole, raconte par sa structure toute l'histoire d'un peuple, qui a longtemps souffert de l'esclavage et de ses conditions de vie. Un ouvrage très complet (mais ardu) pourra vous accompagner dans la découverte du créole : Le Créole capverdien, de Manuel Veiga. Un Français, Nicolas Quint, a parcouru les îles du Sud, et plus particulièrement Santiago, pour y collecter les informations nécessaires à la rédaction d'un dictionnaire bilingue, français-capverdien et capverdien-français, ainsi que d'un manuel de grammaire capverdienne, parus aux éditions L'Harmattan. La conception de ces ouvrages relève du défi, puisque le créole est une langue parlée, il n'existe donc pas d'orthographe officielle. Seul le développement des nouvelles technologies a permis au créole de s'écrire de plus en plus en mode phonétique (SMS, chat...) La troisième langue parlée au Cap-Vert est le français. Il y a quelques années encore, le français était la première langue étrangère obligatoire. Aujourd'hui, les lycéens ont le choix entre l'anglais et le français. Le Cap-Vert est même un adhérent de la communauté des pays francophones. La proximité des côtes ouest-africaines francophones et la présence de deux centres culturels français dans l'archipel participent à la politique de la francophonie.

D'ailleurs, de nombreux Cap-Verdiens sont allés travailler en France, en Suisse, en Belgique, ou au Luxembourg. C'est pourquoi, lors de vos déplacements au Cap-Vert, vous serez surpris de rencontrer autant de Cap-Verdiens maîtrisant le français. Notons qu'il existe une étroite collaboration entre le Cap-Vert et la France et que la coopération française est très active sur ces îles, même si les Portugais pèsent de tout leur poids pour faire barrage à la francophonie.

Lexique français-créole du Cap-Vert

Le créole du Cap-Vert est une langue créole à base lexicale portugaise. Il s'agit de la langue maternelle de presque la totalité des Cap-Verdiens, et elle est aussi utilisée comme deuxième langue parmi les descendants de Cap-Verdiens dans d'autres pays. Chaque île a développé sa façon propre de parler le créole. Mais on remarque deux grandes variantes : le créole des îles sotavento et celui des îles barlavento. Le vocabulaire du créole capverdien vient surtout du portugais, 90 à 95 % des mots sont d'origine portugaise. Le reste vient de plusieurs langues de l'Afrique occidentale.

Quelques expressions très utiles

Bonjour : bom dia

Bonsoir : bo noti

Au revoir : ti dispos

Merci : abrigadu

S'il vous plaît : favor

A droite : pé direill'té

A gauche : pé chkerde

Arrêter : pará

Téléphoner : t'léfoná

Je ne comprends pas : m-ka sta ntendi

Je suis français : a mi é fransés

Est-ce que vous pouvez m'aider ? : bú pôdi djudâ-m' ?

Il faut appeler un médecin s'il vous plaît ? : nhos manda tchoma dotor

Ouvert : abértu

Fermé : fitchadu

Les jours de la semaine

Lundi : sugunda fera

Mardi : térsa fera

Mercredi : kuarta fera

Jeudi : kinta fera

Vendredi : sésta fera

Samedi : sabru

Dimanche : dia dimingu

Week-end : fim d' s'mana

Les nombres

1 : um

2 : dos

3 : très

4 : kuatro

5 : sinku

6 : séx

7 : séti

8 : oitu

9 : novi

10 : dés

15 : kinzi

20 : vinti

30 : trinta

40 : korenta

50 : sunkuenta

60 : sasenta

70 : satenta

80 : oitenta

90 : noventa

100 : sem

1000 : mil

Au restaurant

Pendre le petit déjeuner : tmá kafé

Boire : bibé

Manger : kmé

Jus de fruit : soumo

Boeuf : boí Boy

Cochon : txuk

oeuf : ov'

Poisson : pex'

Thon : atum

Fruits de mer : marisk'

Poulpe : polv'

Oursin : ouris'

Haricot : f'jon

Mangue : manga

Orange : laranja

Papaye : papáya

Riz : arroz

Soupe : sopa

Eau : agu

Vin : vinhu

Café : kafé

Thé : xa

Lait : leti

Froid : frio

Rhum blanc (fabrication locale) : grog'

L'addition s'il vous plaît : trasi konta favor

Il n'y (en) a pas ou on n'a pas : Ká tem

Pas de de problème : Ka tem problema

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