Guide du Cap-Vert : Arts et culture

Artisanat

Le pays est envahi par l'artisanat des pays voisins comme le Sénégal, la Guinée, la Guinée-Bissau, car les Cap-Verdiens produisent beaucoup moins qu'auparavant, quand il y avait une vraie richesse artisanale. Néanmoins, on constate un sensible réveil des artisans. Vous trouverez de la vannerie, des poteries, des chapeaux, des objets en coquillages, en céramique, en bois, et des noix de coco sculptées. Plus récemment, l'artisanat à base de pierres provenant du volcan de l'île Fogo s'est développé. Les femmes produisent beaucoup de napperons et de dessus-de-lit brodés mais aussi des sacs et des nappes. Du côté de Tarrafal de Santiago, vous pourrez découvrir un luthier très connu, spécialisé dans la fabrication d'instruments de musique et notamment de percussions. L'île de São Nicolau est spécialisée dans la confection de chapeaux. Sur l'île de São Vicente, vous pourrez faire vos achats au centre artisanal de Mindelo situé à Praça (la place principale de la ville) ou vous rendre au showroom Capvertdesign+Artesanato (une immense galerie exclusivement dédiée à la production, la valorisation et la diffusion de l'artisanat de toutes les îles du Cap-Vert), voire à São Domingos, sur la route d'Assomada (île de Santiago), dans les magasins artisanaux de chaque île et sur les marchés (ne ratez pas ceux d'Assomada et de Sucupira à Santiago). Les peintres ne sont pas en reste, bien au contraire, et nous vous conseillons d'aller voir leurs oeuvres à Mindelo, ville qui abrite de grands artistes comme les frères Figueira (Tchalé et Manuel), Bela Duarte, etc.

Le marchandage au Cap-Vert

Négocier les prix est d'usage sur les marchés, mais surtout n'exagérez pas, de toute façon les marchands préféreront ne rien vous vendre plutôt que de brader leurs marchandises. En ce qui concerne les taxis par exemple, certains vous proposent des prix sensiblement plus élevés (surtout à l'aéroport), pensez donc à vérifier les tarifs et à demander le prix d'une course en taxi avant d'y monter.

Cinéma

Les quelques salles que comptait l'archipel ont fermé les unes après les autres. Elles n'ont pas survécu à la prolifération des vidéoclubs ni à la multiplication des chaînes de télévision, qui diffusent les telenovelas, ces fameux feuilletons à l'eau de rose dont les Cap-Verdiens raffolent et qu'ils ne délaissent que pour les retransmissions des matchs de football portugais. Certaines initiatives tentent de faire naître un cinéma capverdien, comme celle de Leão Lopes par exemple. Né au Cap-Vert en 1948 à Santo Antão, celui-ci se lance dans le tournage du tout premier long-métrage capverdien O ilhéu da contenda (L'îlot du conflit). Il fonde l'Atelier Mar à Mindelo et obtient l'ouverture d'une école (privée) d'arts graphiques. Il a été ministre de la Culture du Cap-Vert dans les années 1990.

Danse

Elle fait partie intégrante de la vie quotidienne. Tout le monde danse tout le temps, même seul à la maison. Il existe plusieurs types de danses suivant les îles. La morna, l'équivalent du slow en plus noble, et les rythmes très entraînants et saccadés, comme la coladeira, la mazurka et la cola San Jon, très répandue au Nord, mais aussi le funana, le batuku dans les îles Sotavento. Mais les fêtes et bals traditionnels attirent moins les jeunes générations, qui leur préfèrent les discothèques et leurs musiques reines : le zouk et plus récemment le kuduro angolais.

Littérature

Développée au XIXe siècle, la littérature capverdienne s'est avant tout exprimée en langue portugaise. Elle reste en grande partie orale, comme chez ses ancêtres du continent africain, dont elle hérite les grandes traditions de contes, récits, légendes, chants et proverbes qui se transmettent de famille en famille et dans toutes les couches de la société capverdienne. La littérature capverdienne a surtout été marquée par le mouvement littéraire Claridade, né en 1936 à Mindelo, à la suite d'une prise de conscience culturelle. Ses précurseurs, Pedro Monteiro Cardoso et Eugenio Tavares fondent ce mouvement sur la recherche et l'affirmation d'une identité nationale. Ces intellectuels, appartenant à une élite, défendent les valeurs culturelles capverdiennes en référence à la civilisation occidentale, et non au continent africain, d'où elles puisent pourtant une grande partie de leurs racines. Des poètes et écrivains naissent peu à peu : Jorge Barbosa, Baltasar Lopes da Silva et son célèbre roman Chiquinho, et Manuel Lopes. Dans les années 1960, les géographes Orlando Ribeiro et Ilidio do Amaral, ainsi que l'auteur portugais Manuel Ferreira, mettent en évidence le cordon ombilical reliant l'archipel au continent africain, grâce à leurs études sur le comportement social des Cap-Verdiens. Mais c'est finalement l'historien capverdien Antonio Carreira qui replace l'africanité de la société capverdienne dans son contexte, à travers ses nombreux travaux et écrits sur le fondement et la fin de la société esclavagiste dans l'archipel. D'autres auteurs encore soulignent ce lien indubitable avec l'Afrique, comme le leader de la libération Amilcar Cabral, qui analyse l'identité capverdienne comme faisant partie intégrante de l'identité africaine, l'ancien maire de Mindelo, Onesimo Silveira, et Dulce Almada Duarte.

José Rodrigues Aleixo (XIXe et XXe siècles). Originaire de Brava, qu'il ne quittera jamais, il vit en ermite retiré du monde dans une grotte. Il est l'auteur de poésies, publiées à titre posthume, dans lesquelles il exprime son mal de vivre. Ayant reçu le don de soigner certaines maladies, il devient un personnage légendaire, également connu sous le nom de Djedi Portrero.

José Evaristo de Almeida. (XIXe et XXe siècles, né en Guinée portugaise). Fonctionnaire portugais et député du Cap-Vert, il est reconnu comme le premier romancier de l'archipel et publie O Escravo en 1856, roman majeur de la littérature nationale.

Baltasar Lopes Da Silva. Poète très célèbre, auteur du fameux roman Chiquinho. Il est l'un des inspirateurs du mouvement littéraire Claridade.

Eugénio Tavares. Un des premiers poètes à se lever pour défendre vigoureusement les valeurs culturelles du Cap-Vert. Modèle de nombreux poètes, il inspire la naissance du mouvement Claridade. C'est une grande figure du pays qui a écrit de très belles mornas. Il est mort en 1930.

Manuel Lopes. Poète et écrivain très connu, cofondateur du mouvement littéraire Claridade qui a tant marqué les intellectuels capverdiens. Il est mort au Portugal en 2005. L'écrivain a toujours rédigé ses textes en portugais, en utilisant des expressions créoles. Parmi ses oeuvres : Horas Vagas (1934), Chuva Braba (1956), O Galo que cantou na bai (1959), Falucho Ancorado (1997), etc.

Femmes écrivaines

Trop peu mises en avant, les femmes aussi tiennent une grande part dans l'écriture au Cap-Vert. Leurs textes, qu'elles soient romancières, poètes ou historiennes relatent très souvent le vécu quotidien (régional, national, diasporique), décrit au travers de la mémoire et de l'histoire. Les thèmes que l'on retrouve sont ceux des femmes exploitées, des grossesses précoces, des enfants sans père, du poids des préjugés, de l'expérience du métissage, de l'immigration. La préservation de la culture traditionnelle est visible tout comme un examen minutieux des blessures sociales vécues par leurs personnages par exemple. On y retrouve la morna, le chant de la femme, ou la toia, le cri. Malheureusement, peu de leurs oeuvres sont traduites, la plupart étant rédigées en portugais. Voici quelques noms :

Sal : Dina Salústio (née en 1941) / Lara Araújo.

Santiago : Ana Julia Monteiro / Orlanda Amarílis (1924-2014) / Maria Helena Spencer (1911-2006) / Ivone Aida Ramos (1926-2018).

Santo Antão : Fátima Bettencourt (née en 1938) / Nely / Gertrudes Ferreira Lima.

Brava : Maria Luisa de Sena Barcelos dite l'Africana (fin XIXe siècle).

Consultez librement le PDF " Faire la différence : écritures littéraires des femmes au Cap-Vert " (13 pages), publié en 2014 par l'universitaire Simone Caputo Gomes.

Médias locaux
Musique
Groupe de musique dans les rues de Santa Maria.
Groupe de musique dans les rues de Santa Maria.

Elle est partout et reste avec la danse le meilleur moyen de s'amuser et de s'évader. Depuis l'origine de l'histoire du Cap-Vert, aucun Cap-Verdien, du plus jeune au plus vieux, ne vit sans la musique locale, autrefois moyen de communication et soutien moral pour les esclaves. La musique et la danse ont subi plusieurs influences qui se perçoivent nettement : de l'Afrique avant tout, dans le rythme, les percussions utilisées et le battement des mains du batuku ; mais aussi de l'Amérique latine pour le funana, qui viendrait du Brésil avec les rythmes chantés et dansés proches de la samba ; de l'Europe et plus précisément du Portugal, où la morna s'apparente au fado et d'où semblent aussi venir les danses de couple. La morna présente également beaucoup de similitudes avec certains chants arabes. Plus récemment, le zouk martiniquais (devenu cabo-love) et le kuduro ont fait une entrée en force dans les discothèques et sur les ondes. La plus grande représentante de la musique du Cap-Vert, Cesária Évora, a énormément contribué à faire connaître cette musique, riche et variée, dans le monde entier. Chanter et danser est essentiel pour les Cap-Verdiens. Tout est prétexte à faire la fête et n'importe quel objet peut servir d'instrument de musique, une assiette, un verre ou une tasse que l'on frappera avec une fourchette, un couteau ou une cuillère, une boîte ou une cannette métallique remplie de sable ou de cailloux, le couvercle d'une casserole ou d'une poubelle, un bidon vide, etc. Tout ce qui peut résonner suffit pour créer des rythmes endiablés, et vous entraîner dans la musique et la danse. Il est de coutume au Cap-Vert de se retrouver le soir ou le week-end sur les places principales des villes, dans les cafés, les restaurants, au coin d'une rue ou chez des amis. Avec quelques guitares, violons, accordéons, trompettes, congas ou autres instruments, un orchestre improvisé animera toute une partie de la nuit, au son de rythmes variés et frénétiques. Un groupe de fêtards se formera au fur et à mesure, et achèvera sa soirée tard dans la nuit. C'est une façon d'oublier les peines et les difficultés de la vie quotidienne. La musique se chante en créole et reste toujours associée à une danse.

La morna. Originaire de l'île de Boa Vista, elle est apparue en 1800. Musique mélancolique, elle évoque l'amour, mais aussi et surtout la nostalgie et l'histoire de tout un peuple meurtri par l'esclavage, la sécheresse, la faim et l'émigration contrainte. Cette musique a subi diverses influences : angolaise avec le lundum, portugaise avec le fado et argentine avec le tango. C'est Cesária Évora qui a le plus contribué à faire connaître cette musique dans le monde entier, mais il est important de souligner que des artistes comme Bana, véritable monstre sacré dans l'archipel et dans la diaspora, et des compositeurs comme Eugenio Tavares, B. Leza, Luis Rendall ou Jorge " Jotamonte " Monteiro ont énormément contribué à populariser cette musique, chacun à leur manière. Les jeunes prennent la relève et des groupes comme Cordas do Sol continuent d'interpréter la morna. À l'écoute la morna apparaît musicalement simple, en réalité elle est assez compliquée. En sus des voix des interprètes, les instruments qui la composent sont : des violons et des guitares.

La coladeira. Très rythmée, à mi-chemin entre les rythmes africains et brésiliens, elle est apparue en 1940 dans les milieux populaires, tenus à l'écart des cercles et des cafés où l'on chantait la noble morna. Plus canaille, plus frivole, la coladeira a eu ses grands compositeurs, parmi lesquels Ti Goy, Ano Novo, Tony Marques, Frank Cavaquim ou Manuel d'Novas (140 oeuvres interprétées et enregistrées).

Avec des morceaux comme Sangue de Beirona, Nutridinha ou Terezinha, la diva Cesária Évora a contribué à faire connaître la coladeira aux quatre coins du monde. D'autres formations parviennent à s'exiler pour animer les bals de la diaspora capverdienne : la coladeira fait ses premiers pas sur les continents africain (à Dakar en particulier), européen (Rotterdam, Lisbonne, Paris) et américain (New Bedford, Massachussets). Le groupe phare de l'émigration est sans conteste Voz de Cabo Verde, créé par Bana et Luis Morais.

Le funana. Typiquement africain, le funana se retrouve aussi au Brésil sous l'appellation funganga et fungaga au Portugal. Après avoir été interdit par les autorités coloniales portugaises, le funana est devenu après l'indépendance l'un des symboles de l'affirmation de l'identité capverdienne. Il est typique de l'île de Santiago, mais, avec l'aide de groupes comme Ferro Gaita (sur les traces des aînés Kodé di Dona, Finaçon et Bulimundo, célèbres dans tout le pays), il commence à s'exporter en Europe et en Amérique. Vous trouverez leurs albums dans les grands magasins de disques. Aujourd'hui, cette musique mêle des instruments modernes et traditionnels comme la guitare, l'accordéon ou gaïta, le ferrinho, simple morceau de ferraille que l'on gratte, la batterie et les congas ou toumbas. Le rythme est très rapide et la musique se danse collé-serré, comme c'est la tradition au Cap-Vert.

Le batuque (batuku). Lui aussi originaire de Santiago, il était et est encore pratiqué aujourd'hui lors des fêtes populaires ou de cérémonies comme les mariages et les baptêmes. C'est purement un rythme importé d'Afrique par les esclaves et que l'on retrouve sur le continent, notamment en Angola. Outre la voix des chanteuses, les seuls instruments utilisés sont des morceaux de chiffons et de sacs plastiques tassés, formant ce que l'on appelle la tchabeta (faisant office de tambours quand les colons et l'Église refusaient toute référence à l'Afrique). Les femmes, accroupies ou assises, les placent entre leurs jambes et s'en servent de tambours, en tapant dessus d'une manière saccadée et très rapide. Une chanteuse entame alors un chant qui ressemble à une complainte (le finaçon), repris en choeur par le reste du groupe. Les femmes dansent à tour de rôle, le bassin orné d'un pagne, en balançant les hanches de chaque côté sur un rythme extrêmement rapide et saccadé. La chanteuse et compositrice de batuku la plus populaire de Santiago s'appelle Naciâ Gómi. Celle-ci est au batuque ce que Cesária Évora est à la morna : elle aussi a obtenu une reconnaissance du pays sous la forme d'un passeport diplomatique délivré par le gouvernement capverdien (à l'issue de la cérémonie, elle déclara qu'elle était contente de l'honneur qu'on lui faisait, en ajoutant qu'elle avait faim, après quoi le gouvernement lui alloua une pension). Après l'indépendance, dans les années 1980, un homme s'est tout particulièrement intéressé au batuque, en le jouant à la guitare et en créant des thèmes inédits. Orlando Pantera reste un mythe dans la jeunesse de Santiago, mythe renforcé en 2001 avec sa mort soudaine à quelques jours de l'enregistrement de son premier album.
 Depuis, on peut assister à l'apparition d'une génération de jeunes musiciens de Santiago (Mayra Andrade, Tcheka, Princezito et surtout Vadu) qui suivent le sillon tracé par Pantera en chantant, en jouant un batuque qu'ils font eux aussi évoluer chacun à leur manière. En 2019, l'Américaine Madonna elle-même enregistra le morceau " Batuka " sur son album Madame X. Le clip la montre au Portugal accompagnée d'un groupe de femmes batucadeiras.

Le zouk. Directement importé des Antilles françaises et plus particulièrement de Martinique, le style a conquis les jeunes Cap-Verdiens dans les années 1990. À force de l'entendre sur les ondes des radios locales ou sur les pistes des discothèques, le pays a recyclé les sonorités et a créé sa propre version, le langoureux cabo-love. Par un curieux retour à l'envoyeur, le style connaît un beau succès au sein de la communauté antillaise. Outre le zouk, les jeunes sont très amateurs de cabopop (sorte de variété sucrée), de R'n'b américain et de kuduro angolais, sans oublier la production très honorable de hip-hop local.

Autres rythmes. Interprétée au violon, la mazurka est très appréciée sur les îles de São Nicolau et de Santo Antão, sur laquelle la cola-sanjon se chante et se danse à l'extérieur des églises lors des messes de la Saint-Jean et de la Saint-Antoine. C'est aussi sur Santo Antão qu'on se rappelle encore de certains morceaux de contredanse. Des artistes comme Celina Pereira tentent difficilement de préserver des rythmes traditionnels comme le tchoro.

Quelques grands musiciens capverdiens

Katchas

Carlos Alberto Martins est le fondateur du groupe mythique Bulimundo, connu pour avoir électrifié (guitare, synthétiseur, basse) le funana, musique rurale jouée à l'origine à l'accordéon, et dont le rythme était marqué par le raclement d'un couteau sur une barre de fer. Quelques années après l'indépendance, le succès est total : le funana des paysans de Santiago fait son entrée dans les discothèques de tout l'archipel. Il est décédé en 1988, à 36 ans, dans un accident de voiture.

Luis Morais

Mort en novembre 2002, le jour de la musique au Cap-Vert. C'est l'un des meilleurs clarinettistes et saxophonistes que le Cap-Vert ait produit, et il a accompagné les plus grands artistes du pays comme Bana et Cesaria Evora. Il a appartenu au fameux groupe Voz de Cabo Verde (la voix du Cap-Vert), composé à l'époque essentiellement d'émigrants capverdiens et qui a fait danser toute la génération des années soixante. Luis Morais a composé l'hymne Boas Festas que l'on entend partout dans l'archipel pendant le mois de décembre.

Tcheka

Jeune artiste capverdien, Tcheka revisite avec talent les rythmes de la batuque au son de sa guitare. Cette musique traditionnelle à l'époque subversive était jouée par les femmes, elle se composait de danse, d'incantation et de percussion en tout genre. Tcheka se l'approprie et nous fait voyager à travers cette poésie dénonçant la réalité de son pays aux couleurs azur de l'océan. Il se révèle comme l'un des artistes les plus novateurs de sa génération. Un artiste à découvrir !

B. Leza

C'est le surnom (signifiant beauté) donné à Francisco Xavier da Cruz, né en 1905 à Mindelo.
Inspiré par quelques influences brésiliennes, il étudie la morna classique qu'il modifie en introduisant de nouveaux accords intermédiaires. De très nombreux artistes puisent encore aujourd'hui leur inspiration dans ses compositions et dans ses textes. Handicapé à la fin de sa vie, il s'éteint en 1958, en laissant un héritage musical considérable.

Ildo Lobo

Mort à 51 ans, le 20 octobre 2004, d'une crise cardiaque. Sa voix, l'une des plus chaudes du pays, a fait sa renommée hors des frontières, notamment en Europe, où il s'était fait connaître dès les années 1970, au sein du fameux groupe Os Tubarões. Sa disparition a marqué les Capverdiens, la sortie de l'album posthume Incondicional n'ayant pas réussi à les consoler.

Orlando Pantera

Encore un artiste capverdien parti trop tôt : avant de disparaître prématurément à l'âge de 33 ans, Orlando Monteiro Barreto dit Pantera, a eu le temps de créer son propre style musical, en partant du batuque, un chant rural chanté par les femmes de l'île de Santiago. Il l'a dompté et adapté à la guitare puis l'a enrichi : on parle encore du néo-batuque de Pantera, génie musical généreux, aimé et admiré dans tout l'archipel. Il compose pour des pointures comme Ildo Lobo ou pour la compagnie de danse Raiz di Polon. A quelques heures de l'enregistrement de son premier album, il est foudroyé par une pancréatite fulgurante le 1er mars 2001.

Cesária Évora, « la Diva aux pieds nus »

On ne présente plus celle qui fut la meilleure ambassadrice du Cap-Vert à l'étranger : le gouvernement lui avait d'ailleurs attribué un passeport diplomatique pour faciliter ses déplacements. Elle est devenue une star à 50 ans, et sa renommée est aujourd'hui internationale, après avoir multiplié les duos avec de grands artistes comme Salif Keita, Compay Segundo, Bonga, etc. Inégalable pour chanter mornas et coladeras, sa voix révéla au monde entier une partie de la culture cap-verdienne. Surnommée " la Diva aux pieds nus ", ses admirateurs la comparent à Amalia Rodriguez et à Billie Holiday. Elle faisait salle comble partout où elle passait et collectionnait les récompenses (Grammy Awards, disques d'or, Victoires de la musique, Légion d'Honneur, etc.). Après des problèmes de santé l'ayant obligé à plusieurs reprises à annuler des tournées mondiales, la diva annonce en septembre 2012 la fin de sa carrière et part se reposer dans sa ville natale de Mindelo. Sa disparition le 17 décembre 2012 à l'âge de 70 ans bouleverse le Cap-Vert : le pays qu'elle a contribué à faire connaître à travers le monde lui rend hommage dans de grandes et émouvantes funérailles nationales. Un an plus tard, un grand concert rassemble toute une nuit une trentaine d'artistes (dont Ismaël Lo, Bonga, Lura, Cordas do Sol, Bernard Lavilliers) sur l'île de Santo Antão. Un album de titres inédits est sorti mars 2013. Stromae lui rend hommage dans sa chanson Ave Cesária en août 2013. En France, le 18 juin 2014, le Conseil de Paris décide de rendre hommage à la chanteuse en donnant son nom à une place dans le XIXe arrondissement ; et à Montreuil, Cesária Évora a donné son nom à un collège.

Peinture et arts graphiques

La peinture, la photo et le tissage pour leur part apparaissent aujourd'hui dans des expositions en Europe. Des artistes comme Bela Duarte, les frères Figueira, Tchalé et Manuel, Luisa Queiros, Leao Lopes, Ron Barboza et bien d'autres, se distinguent à travers leurs oeuvres que vous pouvez admirer dans les centres artisanaux de Mindelo et Praia. Leurs créations ont commencé à voyager et contribuent énormément à dévoiler la richesse et la beauté de l'art capverdien. Si vous allez sur l'île de São Vicente, vous aurez l'occasion d'approcher la plupart de ces artistes. Les fameux frères Figueira peignent et exposent dans leur atelier à Mindelo, mais vous pourrez aussi facilement les rencontrer au café Lisboa, rue de Lisboa, qu'ils fréquentent régulièrement. C'est d'ailleurs l'endroit préféré des artistes de l'île. Des expositions sont fréquemment organisées au Centre culturel de Mindelo (et sur l'île de Santiago au Palacio da Cultura Ildo Lobo, à Praia).

Tchalé Figueira. De son vrai nom Carlos Alberto Silva Figueira. Né à São Vicente en 1953, il est l'un des peintres capverdiens les plus réputés. Cet ancien marin a commencé sa carrière artistique à l'école des Beaux-Arts en Suisse. Tchalé vit entre Mindelo et Santo Antão, sources d'inspiration de sa peinture. Son style impressionniste et ses oeuvres s'exportent de plus en plus vers l'Europe, les Etats-Unis et l'Afrique. Polyvalent, il développe en parallèle ses talents de poète. Il milite pour la création d'une galerie d'arts plastiques au Cap-Vert.

Manuel Figueira. Avec son frère Tchalé et sa femme Luisa Queirós (décédée en 2017), ils forment une famille de peintres très connus et très appréciés dans l'archipel. Il vit à Mindelo et ses oeuvres sont exposées au premier étage de la Casa Figueira (à proximité de la tour de Bélem), transformée en galerie. Après plus de trente ans d'activité picturale et culturelle, Manuel Figueira est devenu sans conteste une des figures de proue des arts plastiques cap-verdiens. Il a étudié à l'école des beaux-arts de Lisbonne, mais vit depuis 1975 au Cap-Vert.

Abraão Vicente. Sculpteur, peintre et photographe hyperactif, il incarne une nouvelle génération d'artistes capverdiens en intervenant sans complexe en tant que blogueur et animateur de télévision. Élu député MPD en 2011, il devient Ministre de la Culture et des Industries Créatives en 2016.

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