Guide de Bulgarie : Histoire

Chronologie
Chronologie

2000 av. J.-C. > les Thraces s'établissent sur le littoral de la mer Noire (Pont Euxin).

700 av. J.-C. > les Grecs établissent des comptoirs à Dyonysopol (Balchik), Odessos (Varna), Messembria (Nessebar), Apollonia (Sozopol).

359-336 av. J.-C. > Philippe II de Macédoine annexe la Thrace. Fondation de Philippopolis (Plovdiv).

110 av. J.-C. > la Thrace subit la double influence romaine et hellénistique.

98-117 > l'empereur Trajan combat les Goths et les Daces, fonde la ville de Veliko Tarnovo et installe des garnisons le long du Danube - Durostorum (Silistra), Novae (Svichtov). Le fleuve devient une importante voie commerciale et une route importante reliant la mer Noire au Rhin passe par Servica (Sofia).

681 > premier royaume bulgare, avec Pliska comme capitale.

855 > les frères Cyrille et Méthode créent l'alphabet cyrillique.

865 > le prince Boris Ier (852-907) introduit la chrétienté en Bulgarie, fait de Veliki Preslav la capitale de la Bulgarie, et est reconnu par les Byzantins comme le tsar des Bulgares.

893-927 > âge d'or de la culture bulgare, sous le règne du tsar Siméon le Grand, fils de Boris Ier. La Bulgarie est alors le plus grand royaume d'Europe.

1018 > l'empereur Basil II conquiert la Bulgarie, qui devient une province de l'Empire byzantin.

1185-1396 > deuxième royaume de Bulgarie, sous la domination de la dynastie des Assen, qui établissent la capitale à Veliko Tarnovo.

1396 > la Bulgarie tombe sous domination ottomane, et devient pour cinq siècles une région de l'Empire.

1652 > début du mouvement de Renaissance nationale bulgare, sous la conduite du moine Paissii du monastère d'Hilendar (au mont Athos) qui écrit la fameuse Histoire slavo-bulgare.

1870 > début du mouvement organisé de libération nationale. L'église orthodoxe bulgare devient autocéphale.

1876 > la révolte d'avril pour la libération des Bulgares est sévèrement réprimée par les autorités turques, mais pour la première fois l'opinion internationale s'indigne des pratiques de l'envahisseur ottoman.

1877-1878 > guerre russo-turque pour la libération de la Bulgarie, à laquelle participent et meurent un nombre important de Bulgares.

3 mars 1878 > accords de paix de San Stefano. La Bulgarie renaît sur la base des régions de Mésie, Thrace et Macédoine, devenant le plus grand Etat balkanique.

13 juillet 1878 > la signature du traité de Berlin entraîne la division du nouvel Etat bulgare en deux parties, la principauté de Bulgarie et la Roumélie orientale. Parallèlement, une importante partie des terres du Sud du pays sont placées sous domination ottomane.

16 avril 1879 > la constitution de Tarnovo est adoptée par l'Assemblée générale nationale.

26 juin 1879 > Alexandre Battenberg devient prince de Bulgarie, et fait de Sofia la capitale du nouvel Etat bulgare.

6 septembre 1885 > unification de la principauté de Bulgarie et de la Roumélie orientale, qui accélère le processus de libération de la Bulgarie.

22 septembre 1908 > le roi Ferdinand Ier proclame l'indépendance totale de la Bulgarie et la fin de la tutelle ottomane.

Octobre 1912 > première guerre balkanique. La Bulgarie, la Serbie et la Grèce se dressent contre la Turquie.

1913 > deuxième guerre balkanique contre la Serbie, le Monténégro, la Grèce, la Turquie et la Roumanie (soit tous les Etats voisins de la Bulgarie) en même temps. Les hostilités se poursuivront avec la Première Guerre mondiale.

1918 > les traités de paix de la fin de la Première Guerre mondiale, qui a vu la Bulgarie s'allier à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie, sanctionnent ces alliances.

1923-1924 > à plusieurs reprises, des gouvernements démocratiquement élus sont renversés par des coups d'Etat qui placent au pouvoir des régimes autoritaires.

1941 > la Bulgarie entre dans la Seconde Guerre mondiale aux côtés des forces de l'Axe, l'Allemagne, l'Italie et le Japon. Cependant, Sofia fut le seul allié d'Hitler à refuser de livrer des citoyens juifs pour les conduire en camps de concentration, et aucun affrontement n'eut lieu sur le territoire bulgare, alors gouverné par Boris III.

1944 > après les conférences de Yalta et de Postdam qui marquent la fin de la guerre, la Bulgarie est placée dans la sphère d'influence soviétique.

1946 > après un référendum, la République populaire est proclamée. Le Front de la Patrie qui dirige le pays est purgé deux ans plus tard par le parti communiste de ses éléments " bourgeois " et s'aligne totalement sur l'URSS : dictature du parti communiste, plans quinquennaux, collectivisation, adhésion au " camp socialiste ".

1953-1989 > années placées sous la domination du parti communiste, et d'un homme, Todor Jivkov, à la fois chef de l'Etat et du parti communiste pendant 36 ans.

10 novembre 1989 > sous la pression des événements locaux et internationaux, Todor Jivkov est poussé à la démission. La Bulgarie s'engage alors dans la voie de la démocratie.

7 décembre 1989 > l'Union des Forces Démocratiques est constituée sur la base des treize partis de l'opposition.

10 au 10 juin 1990 > premières élections libres du Parlement.

12 juillet 1991 > adoption de la nouvelle constitution démocratique.

13 octobre 1991 > premières élections locales libres.

Janvier 1992 > premières élections présidentielles libres. Election de Jéliou Jelev.

3 novembre 1996 > Petar Stoyanov, représentant de l'Union des Forces Démocratiques, est élu président de la République de Bulgarie.

19 avril 1997 > l'Union des Forces Démocratiques remporte les élections législatives. Un nouveau gouvernement est constitué sous la direction d'Ivan Kostov, Premier ministre. Début de profondes réformes démocratiques.

1999 > la Bulgarie est candidate à l'adhésion à l'Union européenne et à l'OTAN.

Décembre 1999 > le Conseil européen d'Helsinki décide d'engager les négociations d'adhésion, qui s'ouvrent en mars 2000.

Juin 2000 > le Mouvement national Siméon II arrive en tête des élections législatives (120 sièges sur 240 sièges au Parlement). Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha (64 ans), ancien tsar de Bulgarie, devient Premier ministre.

18 novembre 2000 > victoire de l'ancien président communiste, Georgui Parvanov, face au président sortant, Petar Stoyanov.

26 avril 2004 > la Bulgarie fait officiellement partie de l'Otan.

25 juin 2005 > le Parti socialiste (PSB, ex-parti communiste) du jeune Sergueï Dmitrievitch Stanishev remporte les élections législatives, mais doit trouver une coalition pour former le nouveau gouvernement.

8 août 2005 > après d'interminables tractations, une coalition gouvernementale tripartite est trouvée entre le PSB, le Mouvement national Siméon II (centre, parti du Premier ministre sortant Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha) et le Mouvement pour les droits et les libertés (MRF, parti de la minorité turque). Sergueï Dmitrievitch Stanishev est Premier ministre.

1er janvier 2007 > adhésion de la Bulgarie à l'Union européenne.

2009> La coalition tripartite perd massivement les élections européennes et parlementaires, contre le parti centre-droit GERB de l'ancien maire de Sofia, Boïko Borissov. Ce dernier devient Premier ministre.

2010> L'économie bulgare souffre des secousses de la crise de 2008. Le chômage augmente, le coût de la vie aussi. La fragilisation de l'euro incite les élites à reporter le passage du pays à la monnaie unique.

2011> Le parti de centre-droit GERB gagne l'élection présidentielle ; son candidat Rosen Plevneliev est élu président de la République.

Février 2013 > L'hiver et le printemps sont marqués par des manifestations importantes dans tout le pays, la rue s'insurgeant contre le coût de la vie trop élevé, les failles du système démocratique et les partis politiques. Certains épisodes sont violents et marqués notamment par des immolations par le feu : 10 personnes en tout tentent de se suicider, 7 périssent brûlés vifs. Le 20 février, le président est contraint de révoquer son gouvernement et de dissoudre le Parlement.

Mai 2013 > Les élections anticipées de mai 2013 redistribuent les sièges au Parlement en faveur du parti socialiste et la tête de liste de ce dernier, Plamen Oresharski, est nommé Premier ministre. Les protestations et les immolations se poursuivent pendant l'été, révélant un climat social délétère. Au point que le nouveau gouvernement ne tienne pas le choc et se retire un an plus tard, après la lourde défaite du PSB aux élections européennes de mai 2014. Un gouvernement provisoire, conduit par Gueorgui Bliznachki, se met en place en août 2014 jusqu'à la tenue d'élections législatives anticipées.

Octobre 2014 > Boïko Borissov, ancien Premier ministre, revient au pouvoir après la victoire de son parti aux élections législatives anticipées. Mais le GERB n'atteint pas la majorité absolue avec seulement 32,6% des suffrages. Le parlement a donc du former une coalition qui réunit le Bloc réformateur (centre droit) et l'Alternative pour la renaissance bulgare (ABV, centre gauche).

2015 > Cette année ne fut pas de tout repos pour le gouvernement qui a tenté de nouvelles stratégies anti-corruption déboutées, en septembre, faute d'obtenir la majorité à l'adoption d'un projet de loi relatif à la lutte contre la corruption à haut niveau. Malgré des dissensions internes, le Bloc réformateur a maintenu sa coalition avec le GERB.

Mai 2016 > Nouveau rebondissement, le parti ABC rejoint l'opposition faisant perdre la majorité au parlement du gouvernement Borissov.

Novembre 2016 > Démission de Borissov à la suite de la victoire du général Roumen Radov (PSB : 59,4 %) à l'élection présidentielle des 6 et 13 novembre 2016.

22 janvier 2017 > Investiture de Radov.

26 mars 2017 > Élections législatives anticipées par le président Radov. Le GERB reprend l'avantage sur le PSB avec 32,7 % des voix (le parti de Brassov ne dispose toutefois pas de la majorité). Au terme d'un mois de négociation, formation d'un gouvernement de coalition (ouverture aux nationalistes).

4 mai 2017 > Boiko Barissov revient à la tête du gouvernement bulgare, c'est sa troisième nomination entant que Premier ministre.

Premier semestre 2018 > La Bulgarie est à la présidence de l'Union européenne pour la première fois.

Les origines de la nation bulgare

Les Thraces furent les premiers à civiliser les plaines et les vallées de l'actuelle Bulgarie, en y pratiquant l'agriculture et l'élevage. Hérodote, au Ve siècle av. J.-C., vantait leur art, qui s'exprimait principalement dans les sépultures et à travers d'autres objets à découvrir dans les musées de Sofia, surtout. Il reste également les tumuli, ces grosses buttes de terre dans le centre du pays, qui servaient de tombeaux pour les personnalités les plus importantes.

Dominés par une aristocratie de guerriers riches et puissants, les Thraces occupèrent un territoire qui représente à peu près la Bulgarie actuelle, plus le nord de la Grèce et la partie européenne de la Turquie. Rapidement, ils se sont illustrés par les bonnes relations qu'ils entretenaient avec leurs voisins, vivant dans le bassin du Danube au nord, et en Asie Mineure à l'est, et devinrent le centre d'une véritable culture des Balkans et de l'Asie. Malgré les différentes invasions successives, les Bulgares considèrent encore aujourd'hui les Thraces comme leurs véritables ancêtres, et s'émerveillent des trésors que cette civilisation leur a donnés en héritage. Bien que très avancés dans l'art de la guerre, avec une excellente connaissance des arcs et des cavaliers réputés, les Thraces ont longtemps conservé une image de " barbares " aux yeux des populations vivant plus au sud, qui critiquaient surtout leurs moeurs.

Orphée et Spartacus : des personnages légendaires originaires de Thrace

Orphée

Figure de la mythologie grecque, Orphée serait né dans les Rhodopes. Fils du fleuve Eagre et de la muse Calliope, musicien extraordinaire, il perd sa compagne, la belle Eurydice, mordue par un serpent. N'ayant plus le coeur à jouer de sa lyre d'or dont le pouvoir magique le faisait suivre des bêtes et des hommes ensorcelés, il s'enfonce dans le royaume des morts à la recherche de sa bien-aimée. Ayant séduit Cerbère, le chien d'Hadès, grâce à son chant mélodieux, il est conduit devant Hadès et Perséphone qui l'autorisent à emmener sa femme à condition qu'il ne regarde pas son visage avant d'avoir atteint la terre des vivants. Hélas, oubliant sa promesse, Orphée se retourne pour regarder Eurydice, et la voit redevenir ombre à tout jamais. Le mythe a inspiré le premier opéra de l'histoire de la musique, Orfeo, de Monteverdi.

Spartacus

Le célèbre esclave qui, à la tête d'une armée de semblables, a fait trembler Rome, était aussi un valeureux gladiateur. La révolte des esclaves qu'il dirigea entre -73 et -71 fit honneur dans l'histoire à ses origines thraces.

Les Thraces : une civilisation encore mystérieuse

Depuis l'été 2000, les découvertes archéologiques se succèdent, parmi lesquelles les vestiges d'un palais ainsi que le plus grand sanctuaire découvert à ce jour.

Les deux sites, Perpérikon et Starossel, qui datent des Ve et IVe siècles av. J.-C., se trouvent à 100 et 200 km au sud de Sofia. Si des dizaines de milliers de tells et de tombes étaient connus depuis longtemps, on n'avait jamais encore découvert de lieux d'habitation.

Les Thraces considéraient la Terre " déesse mère " à l'origine de l'univers. Elle a fait naître le Soleil et les roches qu'il éclaire. Les rochers étaient des lieux de culte sacré. Les spécialistes affirment que c'est pour cette raison que le palais de Perpérikon (trois étages, entrée de 100 m, escalier monumental) fut construit six à huit mètres sous la roche de la chaîne des Rhodopes, exactement où se trouvait le soleil à l'époque.

Le roi thrace était le fils de la Terre et du Soleil. Il se devait d'habiter plusieurs palais afin de répandre sa sainteté sur tout le territoire, comme le soleil illumine la terre.

Petit à petit, à partir de comptoirs installés sur les rives de la mer Noire, les Grecs renforcèrent leur influence en Bulgarie, et contrôlèrent les vallées, s'intéressant beaucoup moins aux régions montagneuses moins fertiles. On leur doit principalement la construction de villes comme Varna, Nessebar et Sozopol. Au VIe siècle av. J.-C., les Perses, alors en guerre contre les Grecs, firent une incursion en Bulgarie, et leur disputèrent des territoires sur la côte, aux Thraces également qui vivaient davantage dans les plaines. Après leur départ, les relations entre Grecs et Thraces s'intensifièrent, essentiellement dans le domaine commercial, et ne prirent fin qu'avec la conquête de l'ensemble du territoire par les Macédoniens de Philippe II qui, au passage, fondèrent Philippopolis (Plovdiv) au IVe siècle av. J.-C.

Les Romains prirent le relais des Macédoniens et des Grecs au début de l'ère chrétienne, modernisant les villes thraces et grecques, et apportant une touche personnelle, comme les thermes de Varna et le théâtre de Plovdiv. Les premiers Slaves firent leur apparition dans la région au Ve siècle.

Les découvertes

Les dernières fouilles archéologiques ont révélé des faces cachées de la vie thrace, notamment dans la région de Stara Zagora, près de Kazanlak. Plusieurs expéditions relativement récentes menées entre autres par l'archéologue G. Kitov ont mis au jour des objets impressionnants tels que la couronne en or du roi thrace Seutès III et un masque en or de près de 700 g dont on suppose qu'il appartenait au roi thrace Thérès (tumulus de " Svetitza "), le créateur du royaume des Odryses, au Ve siècle av. J-C. Celui-ci s'étendait du Danube inférieur jusqu'à la mer Egée et de la mer Noire à la Macédoine. La puissance économique et militaire des Odryses tenait en respect ses voisins, Athènes comprise.

En 2005, une flûte en or, objet spectaculaire, fut trouvée par G. Kitov. L'expédition qui se déroulait parallèlement mit au jour la sépulture du fils de Kotis Ier, Kerseblept. Celle-ci ressemble aux sépultures des Huns en Russie. Kerseblept a régné de 359 à 341 av. J.-C. C'était un grand guerrier légendaire qui s'est battu plusieurs fois contre Philippe II de Macédoine. C'était aussi un citoyen d'honneur d'Athènes. Dans sa sépulture, une couronne en or des Jeux olympiques a été découverte. Des inscriptions montrent que Kerseblept a participé aux Jeux et en a été un héros.

Le premier État Bulgare (681-1018)

Ce sont les Proto-bulgares, tribus nomades d'origine turque venues de la moyenne Volga, qui fondèrent en 681, sous la direction de leur chef, le khan Asparoukh, le premier royaume bulgare aux marches de l'Empire byzantin. Traversant le Danube, pour s'installer sur la rive sud, le khan fit une alliance avec les tribus slaves locales. Les Bulgares du khan Asparoukh étaient moins nombreux que ces derniers, mais mieux organisés et furent à l'origine du nouvel Etat. Grâce à l'alliance de 680, l'Etat fut reconnu par l'Empire byzantin en 681, le khan Asparoukh en tête. Ce dernier fonda ainsi la première Bulgarie, avec pour capitale Pliska.

Le nouvel Etat s'affirma davantage et paracheva l'union des deux peuples avec l'adoption de l'alphabet créé par les moines Cyrille et Méthode vers 863 pour transcrire la langue slave adoptée par les conquérants protobulgares. En 865, le christianisme de rite grec est proclamé religion d'Etat par Boris Ier. Cependant, l'Eglise bulgare prend son autonomie vis-à-vis du patriarcat de Constantinople et entame la traduction des Ecritures en langue nationale, le slavon, alors que les offices et les prédications se font dans ce même idiome. La Bulgarie devient alors un centre important de culture slave. L'âge d'or des arts et de la littérature est atteint sous le règne de Siméon (893-927). C'est lui également qui agrandit considérablement le territoire en annexant la Thrace et la Macédoine et qui, après avoir vaincu les Byzantins, se proclame tsar des Bulgares et des Byzantins. Veliki Preslav " le Grand Preslav " devient la capitale.

Le temps des hérésies

C'est au Xe siècle que les premiers courants de la contestation religieuse font leur apparition en Bulgarie, sous le nom d'hérésie bogomile. Ses origines remontent à l'introduction de l'hérésie manichéiste venue d'Iran à partir du IVe siècle par les disciples de Manès. En même temps, les migrations venues de Syrie avaient apporté les idées des pauliciens - une croyance qui opposait d'un côté le Dieu mauvais et maître du monde terrestre, et de l'autre un bon Dieu dont l'avènement était annoncé. Ces croyances dualistes influencèrent fortement les Bogomiles à leurs origines.

Pendant ce temps, la guerre que menait la Bulgarie était une guerre de survie contre Byzance. Et l'hérésie trouva là un sol fertile pour se propager.

Ce mouvement, tirant son nom de son créateur sans doute légendaire, le pope Bogomil (dont le nom signifie " celui qui est chéri par Dieu "), a été défini comme un " manichéisme mâtiné de paulicianisme " par le patriarche de Constantinople, Théophylacte (933-956). Revendiquant un statut de véritables disciples du Christ, les bogomiles croyaient au dualisme, selon lequel Lucifer et Jésus s'opposent radicalement et rejetaient le culte des saints et de la Vierge.

Ils se déclaraient également contre la hiérarchie ecclésiastique, les églises et les icônes et ne reconnaissaient que l'Evangile en l'interprétant toutefois à leur façon. Ils incitaient à l'insoumission aux seigneurs et aux lois, dénonçaient l'inégalité sociale et les guerres, critiquaient le luxe et les moeurs des boyards et des hauts dignitaires de l'église. Ils invitaient le peuple à la modestie, à la pureté des moeurs et à l'abstinence. Les bogomiles formaient une stricte organisation dotée d'une hiérarchie sévère dirigée par les " parfaits " qui ne possédaient rien et vivaient d'aumône. Ils formaient des communautés sur le modèle des anciennes communautés chrétiennes. C'est dans leurs rangs que se recrutaient les combattants qui ébranlèrent les fondements de l'Eglise et de l'Etat bulgares. Ils furent naturellement pourchassés : à la suite d'un concile de l'Eglise bulgare à Veliko Tarnovo en 1211, le roi Boril (1207-1218) appela à la croisade contre les musulmans, mais également contre les hérétiques bogomiles.

La doctrine des bogomiles se répandit dans l'Empire byzantin, la Russie, l'Italie du Nord ainsi que dans le Midi de la France avec les Albigeois et les Cathares. Ceux-ci furent appelés " bougres " en référence à leurs coreligionnaires bulgares. Persécutés dans toute l'Europe, poursuivis par l'Inquisition, l'hérésie bogomile et ses condisciples cathares et albigeois préparaient le terrain de la Réforme.

Les bogomiles créèrent une riche littérature apocryphe qui puisait ses sujets dans les légendes hébraïques et chrétiennes en une langue imagée et accessible. Le plus remarquable de ces écrits conservés jusqu'à nos jours est Le Livre secret. Il fut traduit plus tard en latin par les Albigeois. Le mouvement des bogomiles réussit à survivre jusqu'au XVe siècle.

Déclin et chute du premier Empire

Les guerres sans fin contre Byzance et tout ce qu'elles entraînaient (impôts, famines) avaient exténué le pays. Profitant de son affaiblissement, l'empereur byzantin priva la Bulgarie de tous ses territoires entre le Danube, la chaîne des Balkans et la mer Noire. Le Royaume occidental bulgare (969-1018) de Samouil, avec Okhrid pour capitale, ne survécut pas plus d'un demi-siècle. L'empereur Basile II, le Bulgaroctone (tueur de Bulgares) infligea une défaite sanglante à une armée de 15 000 hommes et mit fin au Premier Royaume bulgare.

Le deuxième royaume Bulgare (1187-1396)

L'insurrection victorieuse déclenchée par deux frères de l'aristocratie boyard, Péter et Ivan Ier Assen, prépara l'avènement du Deuxième Royaume bulgare, reconnu en 1187 par le traité de paix avec l'empereur Issac II Ange. Veliko Tarnovo devint la nouvelle capitale. Mais la Bulgarie ne retrouva ses anciennes frontières que sous le règne du troisième frère, le benjamin Yoan, qui est resté dans l'histoire comme Kaloyan (1197-1207).

En grec, Kaloyan signifie le " Beau Yoan ", mais les Byzantins le haïssaient à tel point que, dans les chroniques, les historiens le surnommaient le " chien Yoan ". Afin de préserver la Bulgarie des croisades, Kaloyan proposa au pape Innocent III de reconnaître sa primauté, exigeant en échange " une couronne et des honneurs ". Le messager du pape posa la couronne sur la tête de Kaloyan en 1204, et l'archevêque de Veliko Tarnovo devint primat de l'Eglise. Cette union resta lettre morte, les Bulgares ayant gardé leur ancien rite.

Sous Ivan Assen II, le pays retrouve les frontières du temps de Siméon, développe les arts et le commerce avec les Vénitiens et frappe ses premières monnaies en cuivre, en or et en argent. Veliko Tarnovo devient un centre de rayonnement culturel.

Après une période de faiblesse, la dynastie des Sismans rend l'éclat de la culture bulgare qui s'affirme dans les domaines de l'architecture, de la littérature et de l'art pictural.

Les féodaux conquièrent progressivement une forte autonomie et l'Etat se retrouve divisé. Ce qui facilite la conquête du royaume par le nouvel Empire ottoman.

La domination ottomane

L'histoire des Balkans est traversée par une longue période de domination ottomane. Après une longue " paix ottomane ", s'appuyant sur un espace économique et politique commun, l'empire s'affaisse au XIXe siècle, se radicalise, se fissure, et devient de plus en plus répressif vis-à-vis des peuples qui le composent et cherchent à s'en émanciper.

La Bulgarie fut ottomane pendant près de cinq siècles, de 1396 à 1878. Un système féodal précis y fut établi, afin de contrôler de près cette région proche de Constantinople et donc stratégiquement essentielle. Alors que les Ottomans favorisaient et répandaient l'Islam dans les villes, dont la fonction commerciale fut alors décuplée aux vues de l'immense marché que représentait l'Empire et des nombreuses caravanes qui le traversaient, le christianisme (et par là-même, l'identité nationale bulgare) se réfugiait dans les monastères de montagne, tel Rila. Ces monastères vivaient repliés sur eux-mêmes pour éviter les représailles, et entretenaient le culte de la nation bulgare.

Alors qu'un mouvement de Renaissance nationale bulgare naissait à la fin du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe, le régime ottoman multiplia les répressions, de plus en plus sanglantes, tandis que les élites d'insurgés bulgares cherchaient protection chez le grand voisin orthodoxe, le tsar de Russie.

La libération nationale

Plusieurs révolutionnaires, basés souvent à l'étranger, tentèrent d'organiser la libération du pays. Georgui Rakovski fonda la Légion bulgare en 1861. Vassil Levski sillonna le pays pour créer un réseau de comités clandestins en vue d'un soulèvement général.

En avril 1876, une insurrection éclata, écrasée sans pitié et qui suscita de vives réactions en Occident. Victor Hugo interpella ainsi le Parlement français en août 1876 : " On massacre un peuple. Où ? En Europe. Ce fait a-t-il des témoins ? Rien qu'un témoin, le monde entier. Les gouvernements l'aperçoivent-ils ? Non ! Aura-t-il une fin, le martyre de ce petit peuple héroïque ? Il est grand temps que la civilisation l'interdise ! "

Les guerres russo-turques favorisèrent le mouvement de libération bulgare. 200 000 soldats russes mouraient dans la conquête de la Bulgarie en 1877-1878. La victoire russe sonnait le glas de la domination ottomane sur une grande partie des régions bulgares, et créait une Bulgarie autonome.

Par le traité de San Stéfano, signé le 3 mars 1878, la Bulgarie retrouvait ses frontières du XIVe siècle, mais les grandes puissances (Angleterre et Autriche-Hongrie principalement) craignaient l'apparition d'un pays aussi important au coeur des Balkans, de surcroît sous influence russe. Convoqué par Bismarck, qui se proposa comme " honnête courtier ", le Congrès de Berlin (13 juillet 1878) y mit bon ordre en partageant la Bulgarie en trois parties : une principauté au nord, la province de Roumélie occidentale au sud, inféodée à la Sublime Porte, les autres territoires (la Macédoine et la Thrace orientale) demeurant turcs.

En 1885, un puissant mouvement unioniste réunit la Principauté du Nord et la Province de Roumélie au sud en une Bulgarie unifiée et indépendante.

Le difficile apprentissage de l'Indépendance

Trois princes se succèdent sur le trône entre 1878 et 1943 - Alexandre de Battenberg, Ferdinand de Saxe-Cobourg et Boris III. Aucun d'eux n'était d'origine bulgare. Les guerres des Balkans (1912-1913) virent les jeunes nations de la péninsule se liguer contre l'oppresseur séculaire turc, puis se retourner contre la Bulgarie. Vaincue, elle était privée de la plupart de ses conquêtes. La Première Guerre mondiale débuta. La Bulgarie prit parti pour les Empires centraux et entra en guerre contre les Turcs et les Grecs. Vaincue comme ses alliés, elle fut obligée de signer l'armistice en 1918. Le traité de Neuilly la prive de la Dobroudja méridionale au profit de la Roumanie et de son débouché vers la mer Egée (Kavalla) alors à l'avantage de la Grèce. L'après-guerre est marqué par la période de Stamboliiski qui tente d'instaurer un régime agrarien total : vaste redistribution des terres, limitation des superficies des exploitations à 30 ha, instauration d'un service du travail obligatoire, à l'idéologie et aux buts moraux pacifistes. Sur le plan extérieur, il rêvait d'instaurer une Internationale verte des paysans de l'Europe centrale, opposée à l'Internationale blanche, réactionnaire, et à l'Internationale rouge, communiste. Stamboliiski établit de bons rapports avec ses voisins et esquissa une fédération des Slaves du Sud avec la Yougoslavie. Son pays entra à la Société des Nations dès 1920.

Un coup d'Etat mit fin à cette expérience agrarienne en juin 1923, et Stamboliiski fut sauvagement assassiné. Après l'échec d'une insurrection communiste en septembre, la Bulgarie connut un régime militaire de type fascisant à partir de 1934 : le pays se rapprocha progressivement, sur les plans politique et économique, de l'Allemagne nazie.

En 1941, en prenant parti pour le Troisième Reich, la Bulgarie commet sa deuxième erreur. Sofia récupère la Dobroudja du Sud puis occupe la Macédoine, arrachée à la Yougoslavie, ainsi que la Thrace, prise à la Grèce, retrouvant ainsi son débouché sur la mer Egée.

Toutefois, sur le plan interne, si elle impose une législation antisémite, la Bulgarie ne livrera jamais les juifs aux Allemands. Ce non-alignement relatif se traduit en outre par le fait que Sofia ne rompt pas ses relations avec l'URSS lorsque l'Allemagne attaque celle-ci, le 22 juin 1941. Malgré les pressions d'Hitler, qui le convoque à plusieurs reprises à Berchtesgaden, le roi Boris III n'envoie aucune troupe sur le front de l'Est, contrairement à la Roumanie. Aussi, la mort subite du roi en août 1943, de retour d'une énième rencontre avec le Führer, paraît-elle suspecte, et les Bulgares soupçonnent que Boris III ait été empoisonné.

Alors que les troupes soviétiques pénètrent en Bulgarie en août 1944, le Front de la Patrie, formé par la Résistance, prenait le pouvoir le 9 septembre. Les communistes eurent rapidement l'ascendant : après l'abolition de la monarchie par référendum en septembre 1946 (le jeune roi Simeon II, âgé de 9 ans, fut exilé), leur leader, Georges Dimitrov, rentré entre-temps de Moscou, devient Premier ministre d'un gouvernement dont le Parti communiste rafle la moitié des portefeuilles.

Les deux guerres successives ont été absolument désastreuses pour la Bulgarie, qui, en se trompant d'alliés à deux reprises, se retrouva dans le camp des vaincus. D'un pays jeune, dynamique et tourné vers l'avenir au début du siècle, avec l'ambition de devenir la première puissance des Balkans, en 1945, il ne reste plus qu'un Etat exsangue qui a perdu de nombreux territoires.

Le partage de la Macédoine raconté par le journaliste Albert Londres

Les Turcs, en 1913, fumant leur narguilé sur une pente invisible, perdirent la Macédoine. Voilà une nouvelle que vous jugerez probablement d'un intérêt refroidi. Vous aurez tort. C'est la clef du récit.

L'aventure se passa de cette façon : la Bulgarie, la Serbie, la Grèce et feu le Monténégro déclarèrent en 1912 la guerre à l'Empire ottoman. Les Turcs furent battus. La Bulgarie ne se montra pas satisfaite de la part de Macédoine que ses alliés consentirent à lui abandonner. Elle se retourna contre eux et perdit la partie. La Macédoine fut coupée en trois morceaux : le grec, le serbe et le bulgare, ce dernier trop petit au gré des intéressés.

En 1914, la Bulgarie, à la lueur de la nouvelle guerre, entrevoit une chance de s'annexer le reste de la Macédoine. Quatorze mois de réflexion, puis elle rejoint le clan qui la lui promet. 1918, ce clan s'effondre. La Bulgarie roule sous les décombres.

Encore une fois, elle a manqué la Macédoine. Nos révoltés, les comitadjis, ne pouvant entrevoir, à l'époque où ils naquirent, la prise d'armes des Balkaniques, leur victoire, la disparition du Turc, luttaient pour l'indépendance de la Macédoine.

La partie principale de la Macédoine étant restée aux mains des Serbes, l'Orim considère aujourd'hui les Serbes du même oeil qu'autrefois elle considérait les Turcs, comme les Tyrans de la Macédoine.

L'ère communiste

Attribuée par Yalta dans la sphère d'influence soviétique, la Bulgarie entre de plain-pied dans l'ère communiste dès 1947. Si l'on exclut l'épisode où, en 1948, la Bulgarie sembla tentée par un rapprochement avec la Yougoslavie dissidente de Tito, rapidement stoppée par Staline (la mort suspecte de Dimitrov à Moscou en 1949 pourrait avoir été provoquée par Staline...), le nouveau régime devint rapidement le " bon élève du communisme ". Moscou a une telle confiance dans le régime de Sofia qu'il n'entretient aucune troupe sur le sol de la Bulgarie, tout en lui livrant son pétrole à des tarifs préférentiels en échange de produits agricoles et de l'industrie légère dont la société soviétique, connaissant des pénuries continuelles, a tant besoin.

La stalinisation de la société est totale, avec la formation de combinats industriels géants et la collectivisation des terres. Les goulags se développent également, pour atteindre le nombre de quarante-cinq (camps de Belene, de Skravena, de Bogdanovdol, de Lovech...). Après dix ans de terreur, Todor Jivkov devient premier secrétaire du Parti communiste bulgare en 1954, puis président en 1962. S'ouvre alors une ère de plus de trente-cinq ans de domination d'un seul homme, qui ne sera chassé qu'en 1989, à l'âge de 78 ans.

Les tentatives de révoltes de la Pologne, de la Tchécoslovaquie et de la Hongrie n'eurent qu'un écho limité en Bulgarie tant l'encadrement de la société par le régime totalitaire, et sa police politique, la DS, y était stricte.

Afin de détourner le mécontentement né des premières difficultés économiques, le régime communiste en 1984-1985 tenta de jouer la carte du nationalisme en lançant une campagne de " bulgarisation " des noms des musulmans. Appliquée essentiellement par voie administrative, elle fut accompagnée de nombreuses exactions comme la destruction de mosquées, l'interdiction d'utiliser le turc en public, etc. Elle suscita des manifestations de protestation souvent violentes, attirant l'attention des pays occidentaux et des organisations de défense des droits de l'homme. Sentant les menaces se préciser, le régime de Jivkov reprit sa campagne au printemps 1989, avant d'autoriser le départ de 300 000 Turcs et Pomaks vers la Turquie. Mal accueillis dans ce pays, la plupart d'entre eux rentrèrent en Bulgarie alors qu'Ankara fermait ses frontières. Le problème trouva son règlement définitif avec la chute du régime communiste et la fondation, au début de 1990, d'un parti turc appelé Mouvement pour les droits et les libertés, dirigé par Ahmed Dogan. Les relations avec les Turcs se sont normalisées depuis, et les nouvelles autorités bulgares ont montré la voie en refusant catégoriquement toute tentative de ségrégation des populations musulmanes.

La chute

Les premières remises en question de l'économie socialiste en Bulgarie et de son alignement sur l'URSS apparurent bien avant la Perestroïka (signifiant " reconstruction " en russe). La décision des Russes en 1984 d'appliquer les tarifs internationaux à leur pétrole, conjuguée à une forte sécheresse qui eut pour résultat de faire baisser le niveau des cours d'eau alimentant les barrages hydroélectriques, suscitèrent un fort mécontentement. L'arrivée au pouvoir à Moscou de Gorbatchev et sa volonté de ne plus soutenir les dirigeants communistes des pays de l'Est obligèrent Jivkov à tenter, dans un premier temps, de s'adapter au nouveau cours des choses. Dès janvier 1988, l'économie privée est réhabilitée en Bulgarie, mais sans la libéralisation parallèle du régime souhaitée par l'opinion. La situation écologique désastreuse du pays déclencha les premières protestations ouvertes, et la formation de groupes dissidents comme le Club pour le soutien de la Perestroïka (réformes économiques et sociales de M. Gorbatchev) et de la Glasnost (politique de liberté d'expression et de publication d'informations) puis, en 1989, de la Podkrepa (confédération du travail) et du Ekoglsnost (club politique, un des fondateurs de l'Union des forces démocratiques). Les mouvements de protestation entraînèrent la chute de Jivkov le 10 novembre 1989 (le lendemain de la chute du mur de Berlin) ainsi que l'unification de tous les groupes et partis dissidents et libéraux au sein du SDS (Union des forces démocratiques). Un grand enthousiasme s'empara du pays.

La dissidence bulgare

Dès 1947, des mouvements armés contestataires s'organisèrent dans les montagnes. Bien que très isolés et malgré la répression sanglante, les Goriani (les maquisards) arrivèrent à survivre jusqu'en 1954.

Par la suite, la terreur et les camps n'empêchèrent pas les vagues de protestation succédant les révoltes de Pologne et de Hongrie en 1956 et, en 1968, le Printemps de Prague. En 1971, quatre écrivains, dont Valéri Petrov, refusèrent de signer une résolution condamnant Soljenitsyne. La contestation toucha principalement les milieux intellectuels. Jelio Jelev dans son essai Le Fascisme critiquait le système en le comparant aux thèses nazies. De nombreux écrivains dont Blaga Dimitrova, Radoï Raline et Sougarev ne cachèrent pas non plus leur mécontentement.

Les campagnes anti-Turcs de 1984-1985 suscitèrent de fortes protestations. Ilia Minev fonda le Comité de la défense des droits de l'homme. La pollution écologique causée par l'usine chimique de Giurgiu (Roumanie) aboutit à la fondation du Comité de Roussé en mars 1988 qui, plus tard avec Ecoglasnost et d'autres mouvements, constitueront l'Union de Forces Démocratiques (SDS).

La France accueillit alors une grande partie de la dissidence bulgare. Les émigrés appartenant à différents courants politiques (Agrariens, Parti démocrate, Parti social-démocrate, etc.) développèrent une intense activité politique contre le régime communiste en Bulgarie, surtout vers la fin des années 1950. Plusieurs organisations virent le jour : Comité national bulgare, La Bulgarie libre et indépendante, Société des militaires réfugiés, Société des étudiants émigrants, Société émigrante bulgare, Institut scientifique franco-bulgare, etc. Grâce à ces nombreux patriotes dont Sava Kirov, Evguéni Silianov, Christo Chichmanov, Dimitri Panitza, Tzenko Barev, la Bulgarie ne fut pas oubliée.

Même s'il est peu connu, le mouvement dissident bulgare a tenu sa place dans le mouvement général de libération et de démocratisation de l'Europe de l'Est.

Intégration européenne et crise politico-économique

Que reste-t-il de l'engouement de 1989 pour les mouvements de liberté ? Où sont les rêves des manifestants des soirées de novembre qui ont fait chanceler le vieux Jivkov ? Après une forte instabilité gouvernementale, due à l'instauration d'un régime parlementaire influent par la nouvelle Constitution (sept gouvernements se succèdent en sept ans de 1991 à 1997), une coalition de droite dominée par le SDS arrive au pouvoir en 1997.

Ces années ont été fort utiles pour l'expérience apportée en matière d'alternance politique et d'enracinement croissant de l'Etat de droit, malgré des lacunes importantes essentiellement dues à la corruption.

L'intégration de la Bulgarie au monde démocratique a été plus longue que pour d'autres anciens pays du pacte de Varsovie. La stabilisation politique et économique désormais incontestable a cependant modifié les cartes au cours de ces dernières années. La Bulgarie se tourne désormais vers l'avenir, son intégration devenant enfin réalité avec l'ouverture des négociations d'adhésion à l'Union européenne au début de 2000. La levée en décembre 2000 de l'obligation de visa pour les Bulgares souhaitant voyager dans les pays de l'Union a représenté un premier pas concret dans cette perspective.

La crise du Kosovo, au cours de laquelle la Bulgarie a joué un grand rôle dans l'accueil et le transit des troupes de l'OTAN, a marqué un tournant dans les relations politiques entre les alliés occidentaux et Sofia, même si l'attitude pro-occidentale des autorités de Sofia leur a posé quelques problèmes vis-à-vis de l'opinion, naturellement portée à une certaine solidarité avec les Serbes slaves et orthodoxes.

Depuis le 26 mars 2003, la Bulgarie fait officiellement partie de l'OTAN au même titre que l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovénie et la Slovaquie. Enfin, le 1er janvier 2007, la Bulgarie adhère à l'Union européenne et fait partie de l'Europe des 27.

D'une manière générale, Sofia s'efforce de contribuer à la stabilisation des Balkans, en participant notamment aux travaux d'élaboration du Pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-Est.

L'adoption de l'euro par les Bulgares était prévue pour 2012. Mais les difficultés rencontrées par le pays pour assainir son économie et celles inhérentes à la zone Euro, très fragilisée depuis la crise de 2008 et celle de la Grèce en 2011, ont repoussé cette entrée sans qu'on ne connaisse de nouvelle échéance précise. LA Bulgarie avait prévu de rejoindre la zone EUro en janvier 2015 mais à ce jour, le pays a conservé le lev.

L'année 2013 est l'aboutissement de cinq ans d'une chute libre de l'économie et des conditions de vie en Bulgarie. Le coût de la vie ne cesse d'augmenter, alors que le chômage est également en hausse et les salaires en stagnation. Suite à un mécontentement populaire grandissant, un mouvement citoyen se met en place, en majorité apolitique ; la population descend dans la rue dès janvier. Sa cible : les partis politiques, la corruption, les échecs du système démocratique, la vie chère. Ces événements donnent lieu à des scènes violentes, plusieurs personnes s'immolent par le feu. Sept en tout se tuent entre janvier et août, parmi dix tentatives de suicide. La gronde populaire ébranle le système politique. Le président révoque le gouvernement de centre-droit GERB et dissout le Parlement. Des élections anticipées sont organisées en mai ; le GERB gagne à une faible majorité après un scrutin à l'abstention record et le président Rosen Plevneliev, élu en 2011, décide de nommer un Premier ministre socialiste, Plamen Oresharski. La manoeuvre ne fait pas pour autant taire la rue et les manifestations ne s'estomptent qu'en septembre, dans une atmosphère morose.

2014-2016. Retour au pouvoir de Boïko Borissov, en qualité de Premier Ministre, et du GERB qui apporte une certaine stabilité néanmoins marquée par un lourd climat de tension sociale. La question de la corruption est au centre de tous les débats de la politique interne mais également de la politique européenne puisque, rappelons-le, l'entrée de la Bulgaire au sein de l'espace Schengen n'est pas au goût de tous les pays membres. D'ailleurs, comme la Roumanie, son adhésion a été accompagnée par la mise en place d'un mécanisme de coopération et de vérification (MCV) qui surveille de près la lutte de la corruption au sein du pays. Nonobstant, la Bulgarie compte parmi les bonnes élèves de l'Union : le taux d'absorption de sa dette (de 6,9 Mds €) a été de 65,5%, fin 2014. Des efforts qui n'ont pas totalement convaincu la Commission européenne qui pointe toujours les dysfonctionnements dans le système des marchés publics. Le rapport annuel du MCV de janvier 2016 relève les insuffisances en matière de réformes, notamment celles concernant la lutte contre la corruption et la criminalité organisée.

2017-2018. Le BREXIT a bouleversé l'agenda des 27, en commençant par la présidence tournante des États membres. Ainsi, la Bulgarie qui devait assurer la présidence du Conseil européen à compter du 1er juillet 2018, se voit avancé de 6 mois cette mission, ce qui met le pays à l'épreuve.

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