Guide de Bulgarie : Mode de vie

Religion
Icônes.
Icônes.
La religion orthodoxe

La religion majoritaire en Bulgarie est l'orthodoxie depuis 865. Le schisme entre catholiques et orthodoxes date de 1054.

Les différences fondamentales se situent dans le fait que l'Eglise orthodoxe ne reconnaît pas l'Immaculée Conception, refuse le dogme selon lequel le Saint-Esprit procède du Père et du Fils, rejette l'existence du purgatoire et ne se plie pas à la suprématie du pape (qui reste pour eux l'évêque de Rome). Aussi, l'Eglise est soumise à la vie laïque.

L'Eglise bulgare est autocéphale, dirigée par un patriarche. Celui-ci exerce l'autorité suprême avec le Saint-Synode qui réunit les métropolites. Ces derniers sont nommés à vie dans un diocèse qu'ils ne peuvent quitter que pour être promus patriarche. Les diocèses sont divisés en doyennés comportant plusieurs paroisses. Chaque paroisse est dirigée selon le droit coutumier orthodoxe par un prêtre marié, assisté dans les tâches administratives par un conseil de laïcs.

La religion orthodoxe a joué un rôle majeur dans la formation de la nation bulgare dès la christianisation au IXe siècle. Pendant les années de dominations étrangères, l'Eglise bulgare est restée la gardienne de la langue et de la littérature nationale. La religion orthodoxe est donc, d'une certaine manière, un moyen d'identification de la culture bulgare, au même titre que l'alphabet cyrillique.

L'art religieux bulgare

La Bulgarie possède un riche patrimoine d'art religieux. Il est évidemment, comme d'autres pays orthodoxes, marqué par l'art de l'icône.

L'icône bulgare a une longue histoire. Arrivée au IXe siècle, en même temps que le christianisme de Byzance, elle a réussi, en se popularisant, à devenir un art à part entière. Les premières icônes trouvées lors des fouilles archéologiques à Preslav sont en céramique, ce qui est un fait original. L'abondance de fragments et de fourneaux témoigne du fait que cette technique fut largement répandue. La plus ancienne icône est celle de saint Théodore (fin du IXe, début du Xe siècle) qui provient du monastère de Patleïna, empreinte d'austérité et de simplicité. L'iconographie et les fresques atteignent leur âge d'or pendant le deuxième royaume bulgare (XIe-XIVe siècles), à l'école de Tarnovo. Les monuments les plus marquants de cette période sont : les fresques de l'église des Quarante-Martyres (1230) et de l'église Saint-Pierre et Saint-Paul (XIVe siècle) à Veliko Tarnovo, celles de l'église de Boyana (1259), de l'église rupestre d'Ivanovo (XIVe siècle). L'école de Tarnovo évolue par rapport aux canons de Byzance en simplifiant la composition et en rendant les couleurs plus sobres. Les personnages deviennent plus proches, moins stylisés. Des éléments réalistes commencent à être introduits : ainsi, on peut remarquer la présence d'ail et d'oignons sur la table de la Cène à Boyana. Cette école développe et perfectionne à l'extrême l'art de la miniature : le Tetraévangile d'Ivan Alexandre (1356), actuellement au British Museum, la Chronique de Manassé (1331-1340) au Vatican.

L'art de l'icône continua à se développer sous l'influence de l'art monumental des fresques. Les musées gardent précieusement des spécimens de cette époque, dont quelques-unes à double face comme celle du Christ Pantocrator et de la Vierge de Nessebar ou l'icône de Poganovo.

L'invasion ottomane stoppa brutalement le développement de cet art qui allait déboucher quelques siècles plus tard sur la Renaissance nationale. Les monastères jouèrent un grand rôle dans la pérennisation de cet héritage. Plusieurs petits monastères (Dragalevtsi, Krémikovtsi, Poganovo) abritent pendant la période ottomane des fresques de grande valeur, où les portraits des donateurs commencent à sortir des schémas établis. Les icônes, à cette époque, bénéficient d'une forte influence de l'Italie mais surtout du mont Athos, qui abrite des monastères slaves. Zaharii Zograf, qui travaille au monastère bulgare Zografski du mont Athos, restaura plusieurs églises et monastères en Bulgarie de l'Ouest.

A partir du XVIIe siècle, alors que le pays connaît une relative prospérité, quelques monastères se spécialisèrent dans l'iconographie : Rila, Melnik, Bachkovo, Lovetch, Nessebar. Certains s'appliquaient à consolider le style traditionnel, solennel, d'autres, comme Tarnovo, tendaient vers la simplification.

Avec l'époque de la Renaissance bulgare (fin XVIIIe-début XIXe siècle), l'amélioration des conditions économiques aidant, la peinture murale et l'iconographie prirent un nouvel essor. Sous l'influence du baroque occidental et l'évolution des moeurs, l'ascétisme traditionnel fut abandonné au profit d'une peinture plus flamboyante et moins schématique. Le volume s'amplifia, la couleur s'intensifia. Deux écoles principales émergèrent. L'école de Tryavna accordait une grande liberté de création et introduisit les éléments de l'architecture et du paysage ainsi que les coloris naturels de la région. L'école de Samokov (Zaharii Zograf et Stanislav Dospevski), influencée par le mont Athos, après des fresques un peu stylisées, devint le précurseur de la peinture laïque avec les premiers portraits.

L'islam
Mosquée Banya Bachi.
Mosquée Banya Bachi.

Les cinq siècles d'occupation ottomane dans les Balkans ont permis l'expansion de la religion musulmane. Les autorités turques ont introduit l'islam, souvent par la force, en construisant des mosquées et en convertissant certaines églises en lieux de culte musulman. C'est ainsi que, comme à Constantinople, de nombreuses églises ont été transformées en mosquées, et les représentations artistiques chrétiennes détruites et remplacées par des iconographies musulmanes. Cependant l'islam, qui s'est développé dans la péninsule balkanique, était fortement inspiré par les cultures locales. En effet, si les autorités administratives étaient entre les mains des Turcs venus s'installer dans les régions conquises, le pouvoir ottoman avait privilégié intelligemment une intégration des populations locales, en imposant la religion musulmane, mais en ne refusant pas d'en modifier quelque peu les formes pour les adapter aux autochtones.

Après l'indépendance, bon nombre de mosquées furent transformées en églises, certaines retrouvant là leur destinée première. Dans les années 1980, le régime communiste lança une grande campagne anti-musulmans, qui poussa un grand nombre d'entre eux à l'émigration, en Turquie principalement.

Actuellement, on compte environ 900 000 musulmans d'origine turque. Ils sont concentrés essentiellement à la frontière avec la Turquie, dans les Rhodopes ainsi que sur la côte entre Varna et Bourgas. Il convient d'y ajouter les descendants de Tatars ainsi que de Circassiens, ces fameux Tcherkesses qui, fuyant au XIXe siècle l'avancée des troupes russes dans le Caucase, vinrent constituer sous commandement turc des bandes d'irréguliers (les tristement célèbres bachi-bouzouks, immortalisés par le capitaine Haddock) pour réprimer dans le sang les soulèvements bulgares. Enfin, il convient d'ajouter les Pomaques, au nombre de 300 000, bulgarophones musulmans, descendants de Bulgares ethniques convertis à l'islam au XVe siècle.

Le catholicisme

Pratiquement inexistant pendant plusieurs siècles, le catholicisme a été introduit en Bulgarie pendant la période de domination ottomane par des marchands saxons qui commerçaient avec l'Empire. Par le nord, les mouvements catholiques se sont ouverts à l'ensemble du territoire bulgare et, même si cette religion est toujours restée fortement minoritaire, on trouve un certain nombre d'églises catholiques dans les principales villes de Bulgarie.

Les frères assomptionnistes ont ouvert à Plovdiv le collège Saint-Augustin, un établissement secondaire, dès 1884.

Le judaïsme

La Bulgarie abrite depuis longtemps une communauté juive. Elle a même eu une reine juive, la reine Sara, épouse du roi Ivan Alexandre, qui régna à Veliko Tarnovo de 1331 à 1371. De cette union naquit le dernier roi de la Bulgarie médiévale, Ivan Chichman. Au Moyen Age, des juifs d'Europe centrale, des ashkénazes, viennent s'installer en Bulgarie. Du temps de l'Empire ottoman, le pays donna refuge à plusieurs communautés juives, notamment à ceux chassés d'Espagne par Isabelle la Catholique.

Au XVIIe siècle, 15 000 juifs vivaient à Sofia. Au XIXe siècle, on dénombrait environ trente édifices de culte judaïque, pour les différentes communautés, essentiellement ashkénazes, qui s'étaient installées principalement dans les grandes villes. Certaines synagogues furent donc construites à Sofia, à Samokov, à Plovdiv et à Vidin.

Après la libération du joug ottoman, les autorités bulgares ont toujours fait preuve de tolérance à l'égard de la communauté juive, qui vivait totalement intégrée, pratiquant les mêmes métiers. Comme on l'a vu plus haut, la Bulgarie, pourtant du côté de l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, n'a jamais accepté de déporter les juifs, et un grand nombre d'hommes politiques, d'intellectuels et d'hommes d'église bulgares ont protesté contre les discriminations antisémites.

Le douvonisme

Vers 1918, le théologien Pierre Deunov créa un mouvement qui prit plus tard son nom. Son groupe est en fait une secte qui croit en la réincarnation des âmes et en la spiritualité des objets. Cette " religion " attache une grande importance au Soleil, et organise des danses d'invocation qui surprendront et amuseront les touristes curieux. Il est à noter que la secte a trouvé des fidèles en Occident, à l'instar de Paco Rabanne par exemple.

Autres religions

D'autres minorités religieuses sont présentes en Bulgarie : protestants, méthodistes, baptistes, congrégationalistes, pentecôtistes, adventistes. Ces mouvements sont apparus dans les années 1980, mais leur nombre demeure peu important.

Préparez votre voyage !

transports
  • Louer une voiture
  • Réserver un ferry
hebergement
  • Réservez un hôtel
  • Location de vacances
  • Votre logement Airbnb
  • Trouvez votre camping
Séjours
  • Voyagez sur mesure
  • Week-ends en France
Sur place
  • Réservez une table
  • Trouvez une activité
  • Expériences & Boxs
À lire aussi :

Découverte du pays Les plus de la Bulgarie | La Bulgarie en 35 mots-clés | Survol de la Bulgarie | Cuisine bulgare | Les personnalités célèbres : Bulgarie |

Infos pratiques Argent | Bagages | Décalage horaire | Électricité, poids et mesures | Formalités, visa et douanes | Horaires d'ouverture | Internet | Jours fériés | Langues parlées | Poste | Quand partir ? | Santé | Sécurité et accessibilité | Téléphone |

Histoire & culture Politique et économie | Arts et culture | Festivités | Jeux, loisirs et sports |

Autre Добре дошли в България ! | Fiche technique | Idées de séjour | Comment partir ? | Histoire | Population | Mode de vie | Lexique | Assurances | S'informer | Rester |

Galerie Photos Photos

Adresses Futées de Bulgarie

À découvrir sur le petit Futé
Avis
Jeu concours

Les jeux concours du moment

Remportez un week-end de prestige pour 2 personnes au Château de la Dauphine !

Une escapade romantique en Gironde, au Château de la Dauphine .