Guide de Bulgarie : Arts et culture

Architecture
Les monastères
Monastère de Troyan.
Monastère de Troyan.

Une carte publiée par Kartographia répertorie plus de 160 monastères en Bulgarie... Quasiment tous les monastères peuvent être visités dès lors qu'ils sont actifs, qu'ils soient tenus par des religieux ou des laïcs. Les plus visités sont ceux de Rila, de Troyan, de Batchkovo, de Dryanovo, de Preobrajenski, de Rojen et d'Ivanovo.

Les premiers monastères bulgares ont été construits à proximité des grandes villes au cours des IXe et Xe siècles. C'est ainsi que certains furent édifiés près de Pliska, de Preslav, d'Ohrid, et le mont Athos. C'est au Xe siècle que les premiers monastères dits d'ermites, ou ermitages, firent leur apparition. Puis vinrent ceux de Rila (sur la liste des héritages culturels de l'Unesco), de Batchkovo et de Lesnovski, aux XIe et XIIe siècles. Pendant la période de domination byzantine (1018-1186), les monastères permirent de conserver l'identité nationale bulgare, la langue et la littérature, qui reprirent le dessus avec le deuxième royaume bulgare. Parallèlement, les premières églises construites dans le roc et les monastères sur ce modèle firent leur apparition au Xe siècle. Les plus célèbres d'entre eux sont ceux d'Ivanovo dans le parc de Roussenski Lom (au patrimoine mondial de l'Unesco), Kreptcha, Karloukovo, et dans la vallée de Suha Reka. Enfin, ceux de Sveta Bogoroditsa, de Sveta Troitza à Veliko Tarnovo, de Kilifarevo, de Batochevo, de Zemen, et de Dragalevtsi datent également de cette période. Les premières communautés monastiques ont fait leur apparition pendant ces siècles. Les plus célèbres sont celles de Tirnovo à Sveti Chetirides et Muchenitsi et, à côté de Sliven, Vidin et Assenovgrad. Le fameux ensemble Mala Sveta Gora (petit mont Athos) était composé de 14 monastères. Il faut noter que, malgré les faibles risques à l'époque de leur construction, alors que la Bulgarie était entièrement christianisée, la plupart d'entre eux étaient fortifiés, pour lutter essentiellement contre les agressions de voleurs et autres pillards.

Pendant la période de domination ottomane, du XIVe au XIXe siècle, la plupart furent détruits ou désertés, surtout pendant les premières années qui ont suivi l'invasion. A partir du XVe siècle, les Bulgares commencèrent à restaurer certains monastères, et à en construire de nouveaux. Ainsi furent bâtis ceux d'Eleshnitchi et de Bilinski, tandis que ceux de Rila, de Batchkovo, de Preobrajenie et de Troyan étaient restaurés et agrandis. Les monastères d'Hilendar et de Zograf, sur le mont Athos, ont joué un rôle important dans le maintien de la vie religieuse sous la pression des occupants. Petit à petit, ils devinrent des centres de culture bulgare et, au début du XIXe siècle, le foyer des premiers mouvements révolutionnaires nationalistes. On y trouvait en effet des bibliothèques, des écoles de formation à l'écriture bulgare, et ils étaient en étroite relation avec les monastères de Russie, de Serbie, de Moldavie, de Valachie, et le mont Athos, en Grèce. Durant de longs siècles, ils demeurèrent les " gardiens " de la spiritualité bulgare, le seul endroit où il fut possible de trouver des ouvrages de la littérature bulgare, ainsi que des documents sur l'histoire nationale, même si beaucoup ont malheureusement été volés depuis, éparpillés dans des collections privées et dans de nombreux musées.

Leur rôle dans la lutte pour l'indépendance a été capital, par la conservation et la transmission de la culture bulgare qu'ils ont opérées.

La Renaissance bulgare

Au début du XIXe siècle, les idées nationalistes se développent dans toute l'Europe. Les élites bulgares adhèrent aux idées d'une Nation, cherchent à promouvoir les valeurs et formes d'art qu'ils considèrent bulgares, par antagonisme envers la domination ottomane. Ils décident de normes de ce qui sont les traditions bulgares, et les mettent au goût du jour dans toutes les productions artistiques. Il s'agit d'éléments folkloriques liés à la culture rurale et populaire. Ce phénomène touche tous les domaines de la création : littérature, peinture, architecture, artisanat. L'architecture de cette époque est le plus grand témoignage de la volonté de ces élites intellectuelles d'imposer un style national qui puise ses racines dans le folklore et normalise la " bulgarité ". Il est frappant que ces villages de la Renaissance bulgare soient d'une telle homogénéité à travers tout le pays, avec ses maisons blanches ou peintes de bleu, de vert et de rouge, à deux étages en général, avec boiseries apparentes, et décorées de motifs folkloriques : plafonds sculptés, grilles ouvragées, ferronneries ciselées... Peintes dans des couleurs vives ou toutes blanches, ces maisons sont toujours visibles dans de nombreux villages comme Koprivchtitsa, Kotel, Jeravna, Melnik, Tryavna, Plovdiv, etc.

Artisanat

Les qualités des artisans bulgares étaient largement utilisées par les Ottomans et leur réputation dépassait les frontières de la Bulgarie. Si une cinquantaine de métiers étaient déjà connus dès le XIVe siècle, les XVIIIe et XIXe siècles voient la formation de grands centres artisanaux.

Poterie
Poteries typiques.
Poteries typiques.

Sans doute le métier le plus ancien qui date de l'époque des Traces anciens, la plus vieille population à avoir habité sur les territoires bulgares. Une grande partie de la poterie artisanale bulgare vient de la ville de Troyan, qui possède des gisements d'argile riches. C'est le lieu le plus réputé, notamment grâce au village de Terziysko où l'artisanat potier était particulièrement développé, comme en atteste le nom d'un des quartiers appelé " Greuntchar " (" potier "). La céramique du Moyen Age présente toutes les caractéristiques de la poterie méditerranéenne. A l'époque de la Renaissance, comme de nos jours, la poterie possédait avant tout un caractère utilitaire : pots, plats, vases, vaisselle. Elle porte des motifs floraux dans des teintes assez gaies. Des éléments en terre cuite décorent les églises de Nessébar et de Tarnovo.

Sculpture sur bois

Traditionnellement pratiquée par les hommes, elle présente deux variantes : plate ou creuse. Plate, elle décore les objets de la vie courante : cuillères, cannes, petits meubles. Creuse, elle excelle dans l'ornementation des iconostases dès le XVIIe siècle et dans la décoration des plafonds des grandes demeures de la Renaissance. Trois écoles sont réputées pour leurs qualités : Tryavna avec ses éléments géométriques et floraux ; Samokov produit des iconostases atypiques avec de nombreux motifs fantastiques : dragons, serpents, animaux mythiques, figures humaines qui viennent agrémenter les éléments traditionnels de l'Eglise orthodoxe (église du monastère de Rila, de la cathédrale de Samokov) ; enfin l'Ecole de Débar utilise les figures humaines et les éléments floraux, surtout la rose et le narcisse blanc.

Les oeuvres miniatures en bois sont relativement répandues au XIXe siècle. Ainsi, le moine Rafaïl perdit la vue après avoir sculpté pendant douze ans une croix en bois pour le monastère de Rila. Dans un format de 80 cm sur 40, il réussit à ciseler trente-six scènes du Nouveau Testament avec 600 figures !

Textile

Les Bulgares tissent des tapis depuis plusieurs siècles ainsi que différents tissus, nappes, couvertures. A partir du XIXe siècle apparurent des centres artisanaux bien définis. A Kotel, les tapis utilisent des formes géométriques - triangles, losanges, étoiles -, dans des coloris à dominante rouge ou bleu pâle. A Tchiprovtzi et à Samokov, les motifs sont floraux - branchages, feuilles, fleurs et, souvent, l'arbre de la vie. Les couleurs favorites sont le rouge foncé et le bleu foncé. En 1895, on ouvre à Panaguyrichte la première fabrique de tapis de type persan. Les tapis bouclés (goubéri) proviennent des Rhodopes et les yambolii à points noués sur fond blanc sont typiques de Yambol.

La broderie est très largement répandue. Autrefois, chaque région, chaque village disposait de ses propres dessins qui déterminaient la grande variété des costumes nationaux. La couleur dominante reste le rouge, considéré comme porte-bonheur.

Broderie
Broderies typiques.
Broderies typiques.

Elle a pour fonction d'embellir le costume traditionnel. Celle-ci varie selon les régions par le savoir-faire, les motifs décoratifs et les couleurs. Elle tenait une place très importante dans les usages du peuple. Au XIXe siècle, celle-ci ornait la plupart des vêtements ou autre objet de tissu. La variété des broderies tient à l'abondance de matériaux pour le travail à l'aiguille (lin, chanvre, coton, laine, soie) et aux nombreuses techniques. Les formes et le contenu sont exprimés tant par des dessins et des couleurs d'une variété surprenante que par des compositions savantes. Chaque région a ses motifs caractéristiques. Par exemple, l'ornementation au fil blanc du soukman (robe) est typique de la région du Sud et des régions des Balkans.

Travail des métaux

Le travail du cuivre atteignit son apogée aux XVIIIe et XIXe siècles quand les artisans rivalisaient dans la finesse de leur travail. Les ustensiles rétamés étaient utilisés pour la décoration, mais aussi pour la vie de tous les jours. Avec l'industrialisation, le métier commença à péricliter. L'orfèvrerie, inspirée des traditions thraces, atteignit une perfection dans deux techniques souvent complémentaires - le bosselage et la filigrane. Même de nos jours, on peut acheter de jolis bijoux en argent.

Cinéma

Le cinéma bulgare a fêté ses 100 ans en 2015 : le 13 janvier 1915 a été projetée pour la première fois la comédie Balgaran est un dandy avant l'écran noir durant toute la période du communisme. Il connaît un réveil remarquable depuis la chute du régime. La nouvelle génération de cinéastes a remporté en quelques années des prix de tous les festivals internationaux auxquels leurs films étaient présentés. Bien que le manque de moyens soit évident, l'inspiration est bien là. Le plus grand problème est l'absence de marché pour les films bulgares, mais les nouveaux films, comme Georgui et les Papillons, trouvent leur public dans le monde, ce qui annonce sans doute le début de la Renaissance du cinéma bulgare. Est-elle survenue, avec le film d'Alexo Petrov Baklava, sur un orphelinat de Bulgarie, auteur d'une violente polémique, ou avec Le monde est grand, oeuvre poétique tant acclamée ?

Cette nouvelle génération a semble-t-il appris bien vite la leçon. Même si le bulgare n'est pas la langue la plus répandue au monde et si les films bulgares ont du mal à trouver des distributeurs, il n'en reste pas moins que le cinéma bulgare est d'une grande qualité.

Au Festival de Locarno 2016, deux films étaient en compétition, Glory, de Kristina Grozeva et Petar Valchanov, et Godless, de Ralitza Petrova, qui a remporté le Léopard d'or. Stephan Komandarev a quant à lui été sélectionné au festival de Cannes 2017, dans la section " Un certain regard ", pour son film Directions.

Littérature

La littérature bulgare a connu une histoire intermittente avec une période creuse de presque quatre siècles. Berceau des littératures slaves, la Bulgarie vit d'abord s'épanouir des oeuvres de caractère religieux dès le IXe siècle. Ancien moine, extrêmement cultivé, le tsar Siméon favorisa la création littéraire, à tel point qu'on a qualifié la période de son règne de " siècle d'or de la littérature ". En effet, le bulgare peut être considéré comme la première langue nationale (vulgaire) écrite en Europe. Grâce à l'alphabet cyrillique, le lecteur bulgare de l'époque n'était plus obligé de connaître les trois langues " élues " : l'hébreu, le grec ou le latin, pour accéder directement aux textes. Avec l'apparition des Bogomiles, une riche littérature apocryphe côtoie l'officielle, et contribue à l'utilisation de la langue courante. Au cours du deuxième royaume bulgare, le rayonnement des lettres s'étendait jusqu'aux pays limitrophes et atteignit la Russie.

Pendant l'occupation ottomane, toute vie culturelle s'éteignit, sauf dans les monastères. Il fallut attendre L'Histoire slavo-bulgare du moine Païssi (1762) pour réaffirmer la pérennité de la nation bulgare contre l'oppression ottomane mais aussi les influences helléniques. Sophroni de Vratza publia Nédelnik, le premier ouvrage imprimé de la littérature moderne en 1806. Les ouvrages d'avant la libération, si modestes soient-ils, contribuèrent à former une langue littéraire moderne débarrassée du slavon d'église et à favoriser l'enseignement. Dans les années 1860-1870, les grands écrivains et journalistes étaient également engagés dans la lutte pour la libération nationale.

Après la libération, tous les genres et toutes les écoles furent représentés. Les premières oeuvres étaient inspirées du passé, mais rapidement l'actualité prit le dessus. Après Vazov, Zahari Stoyanov, Petko Slaveikov, viennent Aleko Konstantinov, Stoyan Mikhaïlovski. La Bulgarie connut sa querelle des Anciens et des Modernes. La revue Missal (La Pensée) devint la tribune des nouvelles tendances avec Krastev, Pentcho Slaveïkov, et Todorov. Entre les deux guerres, certains revinrent aux sources (Eline Péline, Yovkov) en décrivant la vie des villageois (même s'ils sont influencés par le modernisme) tandis que d'autres se tournèrent vers le symbolisme (Liliev) ou l'expressionnisme (Ghéo Milev). La poésie prolétarienne se manifesta avec Smirnenski (qui fut aussi un grand poète symboliste) et Vaptzarov.

Avec l'instauration du communisme, le choc dans le monde littéraire fut dur. Le réalisme socialiste devint le dogme. Il fallut attendre une certaine libéralisation pour que les écrivains classiques soient réhabilités. Plusieurs auteurs publièrent des oeuvres très éloignées de la réalité, d'où le succès du roman historique (Talev, Dimov, Emilian Stanev, Anton Dontchev, Véra Moutaftchiéva). D'autres continuaient tout de même à suivre les tendances modernes et à publier des textes " interdits ". Peu à peu le carcan se relâcha et le roman, non seulement historique mais aussi philosophique et allégorique, connut un grand succès (Pavel Véjinov, Ivaïlo Petrov, Blaga Dimitrova).

Un vent de liberté souffla sur la poésie (Valéri Petrov, Levtchev, Bojidar Bojilov, Blaga Dimitrova, Nikolaï Kantchev). On peut ajouter les noms de Boris Hristov (poète), Radoj Ralin (satires), Stanislav Stratiev (dramaturge), Stefan Tzanev (dramaturge et poète) et Yordan Radichkov (nouvelliste), qui sont significatifs pour la littérature des années 1970-1980.

(en collaboration avec Vera Todorova)

Les origines de la littérature bulgare

Celles-ci sont étroitement liées aux deux événements majeurs du IXe siècle, le premier étant l'adoption du christianisme orthodoxe par la Bulgarie en 864. En effet, la Bulgarie est le premier des pays slaves à se convertir au christianisme. Le second événement est l'invention de l'alphabet cyrillique. Et ce fait détermine le grand rôle qu'a joué la Bulgarie à l'époque (et son impact par la suite) dans le monde slave - le bulgare était la première langue slave écrite et la littérature bulgare est la plus ancienne littérature slave. Inventeurs de l'alphabet bulgare, Cyrille et Méthode l'introduisent comme langue de l'église, ce qui marque le début de l'ancienne littérature bulgare avec les écrits ecclésiastiques du IXe siècle.

Leurs disciples fondent les premières écoles slaves de lettres à Ohrid et à Preslav. L'âge d'or de la culture bulgare se représente dans les écrits, parmi lesquels le recueil du roi Siméon, le Chestodnev de Yoan Exarch et beaucoup d'autres. La tradition littéraire qui apparaît alors en Bulgarie s'avère très importante pour toute la région et s'étale également sur la Russie et sur d'autres pays slaves.

L'époque de la domination turque interrompt le développement culturel. La perte des traditions aristocratiques de la culture, le hiatus dans l'éducation et la vie intellectuelle illustrent les changements profonds dans la société bulgare. Les conséquences sont lourdes et hantent la culture bulgare même après la Libération au XIXe siècle.

La littérature moderne

Elle date de la première partie du XIXe siècle, mais l'éveil du sens de l'identité nationale est lié à l'apparition d'Istoria slavyanobolgarska, écrite par le moine Paisii en 1762. Le bulgare contemporain, basé sur le bulgare vulgaire, prend la place de la langue médiévale que l'on utilisait pour écrire. Le passé glorieux et le folklore sont les deux sources principales d'inspiration de la littérature à cette époque - on le voit dans les oeuvres de Petko Slaveykov et de ces contemporains. Karavelov introduit dans la prose la vie de la petite ville de province. Hristo Botev, avec ses poésies passionnées, exprime en rythmes et images folkloriques l'idéal de la liberté et la patrie. Ivan Vazov, peut-être le plus grand écrivain bulgare, détermine les directions de la littérature bulgare pour les décennies qui suivent. La nouvelle d'Aleko Konstantiov, Bay Ganyou (écrite en 1895), reste encore aujourd'hui la meilleure oeuvre satirique de la littérature bulgare.

Il y a, certes, des écrivains qui se tournent vers l'Ouest dans leurs tentatives de rattraper des courants étrangers dont la Bulgarie était isolée pendant des siècles.

La Bulgarie continue à chercher son identité, coincée entre l'authenticité et l'imitation des modèles étrangers. Cependant, certains auteurs arrivent à harmoniser les influences extérieures et les traditions bulgares pour aboutir à de véritables chefs-d'oeuvre - Peyo Yavorov, Dimtcho Debelyanov, Nikolay Liliev et d'autres...

Le courant réaliste atteint son sommet dans les oeuvres d'Eline Péline et de Yordan Yovkov.

L'entre-deux-guerres est marqué par plusieurs poètes. Certains meurent très jeunes - Ghéo Milev, Hristo Smirnenski, Nikola Vaptsarov. Une élégante fusion de tradition et d'expérimentation caractérise l'oeuvre des deux femmes-poètes les plus célèbres - Elissaveta Bagryana et Dora Gabe.

L'époque après la Seconde Guerre mondiale est marquée par le courant réaliste, encouragé par les autorités. Bien que ceci mène à une certaine uniformité, des écrivains de talent surpassent les doctrines - Dimitar Dimov et Dimitar Talev sont reconnus dans le monde entier. La génération d'Ivailo Petrov, Yordan Radichkov, Nikolai Haitov et les poètes Alexander Gerov, Valeri Petrov, Konstantin Pavlov, les dramaturgues Ivan Radoev, Stanislav Stratiev sont les plus grands noms de la seconde partie du XXe siècle.

Pendant les années 1990 apparaissent de nouveaux auteurs qui trouvent leur place dans la culture de transition et depuis les années 2000, avec l'entrée de la Bulgarie dans l'Union européenne, le pays retrouve de l'indépendance dans ses écrits.

Grands noms de la littérature bulgare

Elisaveta Bagriana (1893-1991). Poétesse de grand talent qui a traversé le siècle. A l'époque du symbolisme ou de la poésie prolétarienne, elle trouve une voie originale pour remettre à sa juste place la femme et ses aspirations. Son recueil le plus connu est L'Eternelle et la Sainte. Elle a également écrit beaucoup de poèmes pour les enfants.

Hristo Botev (1848-1876). Ce poète-révolutionnaire n'a écrit qu'une vingtaine de poésies, très modernes. La philosophie de l'identité bulgare se trouve concentrée dans son oeuvre.

Elias Canetti (1905-1994). Prix Nobel de littérature en 1981, né à Roussé dans une famille de juifs séfarades. Il effectue ses débuts d'auteur à Vienne sous l'influence du " satiriste " allemand Karl Kraus. Son unique roman Autodafé, traduit sous le titre La Tour de Babel, reçut en France le prix du meilleur livre étranger. Auteur de pièces de théâtre, d'essais, de réflexions libres, de récits de voyage. Le grand public l'adopte avec sa trilogie autobiographique (La Langue sauvée, Le Flambeau dans l'oreille et Jeux du regard).

Atanas Daltchev (1904-1978). Fait ses études en France entre 1926 et 1928, puis en 1936. Rejette le symbolisme dans la poésie. Traite avec beaucoup de talent les problèmes de l'homme contemporain. Il publie également des réflexions philosophiques.

Blaga Dimitrova (1922-2003). C'est une des femmes de lettres bulgares les plus aimées. Chacun de ses livres est épuisé quelques heures après sa parution. Dissidente de la première heure, elle fit un bref passage comme vice-présidente de la République en 1992-1993. Incontestablement l'un des plus grands poètes contemporains.

Dimitar Dimov (1909-1966). Ecrit des romans et des pièces de théâtre où il donne une interprétation de l'homme éthique et philosophique. Dans Tabac, roman complexe, l'auteur dresse un tableau de la vie nationale entre les deux guerres, décrit la confrontation entre ouvriers et propriétaires dans l'univers du tabac. La sortie de Tabac fit scandale et les dirigeants communistes exigèrent des coupes sévères au profit du développement du thème du héros communiste.

Anton Dontchev (1930). Avant d'écrire, il était avocat. Il est l'auteur de plusieurs nouvelles et romans historiques. Son roman Vreme razdelno est traduit dans beaucoup de langues, dont le français, sous le titre Les Cent Frères de Manol.

Stephane Guetchev (1911-2000). Ecrivain, poète, traducteur et dramaturge, il publia en 1944 le Dictionnaire de la nouvelle littérature bulgare. Jusqu'en 1956 il a été rédacteur de la revue Стършел et participé à la création du théâtre national de la satire. Le ministre français de la Culture et de la Communication l'avait nommé au grade de chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres.

Nikolay Haïtov (1919-2002). Parmi les écrivains modernes plus populaires. Ingénieur de profession et écrivain par hasard, ses premières oeuvres écrites décrivent en grande partie les gens et les événements qu'il a connus à cette époque. Plusieurs de ses nouvelles sont filmées, et il est aussi l'auteur de quelques scénarios.

Lyuben Karavelov (1835-1879). Né à Koprivshtitsa, ce fils de marchand éduqué à Moscou fut l'un des leaders des mouvements indépendantistes bulgares du XIXe siècle. Profondément démocrate, turcophobe et anticlérical, il publie avec beaucoup de talent de nombreux articles, poèmes et nouvelles. Son chef-d'oeuvre Bulgares du temps jadis (1872) met en scène des personnages inoubliables de sa ville natale. Son don d'observateur et son réel talent de conteur lui permettent de railler avec succès les défauts de ces Bulgares démodés, et décrivent formidablement la société de l'époque.

Aleko Konstantinov (1863-1897). Il brille par son originalité, critique mordant, maître du tragi-comique et surtout, " père " de Baï Ganiou. Ce personnage de goujat, resquilleur, parvenu, mal dégrossi est d'une plasticité rare. Marchand d'essence de roses, il part à l'assaut de l'Europe. Tous ses défauts sont le contraire des vertus nationales : l'économie devient une avarice sordide, le comportement modeste se transforme en attitude méprisante et sans gêne, la sage gestion en esprit pique-assiette. Il représente tout ce que l'auteur, homme intelligent, fin et cultivé abhorre : le type du petit bourgeois enrichi dont l'apparition est conditionnée par les nouvelles conditions économiques et sociales après la libération. C'est toujours le personnage fictif le plus populaire tant son nom évoque immédiatement un individu dépourvu de toute éducation et de toute finesse naturelle. Il faut croire que le personnage et son auteur dérangeaient beaucoup, puisque Aleko Konstantinov fut abattu le jour des Saints-Cyrille-et-Méthode par un inconnu que tout le monde a appelé un Baï Ganiou...

Julia Kristeva (1941). Née en Bulgarie, elle vit et travaille en France depuis 1966. Agrégée de lettres modernes, sémiologue, psychanalyste et professeur à l'université de Paris VII, elle est également un auteur prolifique. S'appuyant sur les grands courants de pensée philosophique et sur les oeuvres littéraires, ainsi que sur ses propres expériences, elle crée des essais qui tournent autour des questions existentielles fondamentales : le mal, l'amour et le spleen.

Vera Moutaftchiéva (1929-2009). Elle est née dans la famille d'un grand historien bulgare. Ceci détermine probablement sa prédilection pour les récits historiques où elle excelle, mais elle n'hésite pas à traiter également les problèmes de la société.

Dimitri (Dimi) Panitza (1930-2011). Né dans une famille d'hommes politiques, il se réfugia en France en 1948. Journaliste, ancien rédacteur en chef adjoint du Reader's Digest, il a toujours milité dans l'opposition démocratique. Il publie pendant trente ans la Bulgarian Review et fonde le Centre des Bulgares libres aux Etats-Unis. Dès 1990, il renoue avec son pays d'origine et crée la Fondation pour une Bulgarie libre et démocratique.

Eline Péline (1877-1949). Ecrivain champêtre, maître des petits récits. Il observe et décrit avec beaucoup d'affection la vie des paysans de sa région natale, les Chopes. Certains de ses contes sont des chefs-d'oeuvre.

Ivaîlo Petrov (1923-2005). Ecrivain contemporain original et talentueux au langage riche et fleuri. Un de ses romans Avant ma naissance et après est traduit en français.

Valéry Petrov (1920-2014). Il est devenu d'abord médecin. En automne 1944, lorsque la Bulgarie entre dans la Seconde Guerre mondiale, il part comme correspondant militaire. Après la guerre, il travaille comme journaliste, rédacteur à la radio, diplomate en Italie. Poète, auteur de scénarios et de pièces de théâtre, c'est un traducteur inégalé. On lui doit la traduction intégrale de Shakespeare.

Yordan Raditchkov (1929-2004). Il montre un fort penchant pour le folklore. Il s'attache à l'homme primitif, et en usant du fantastique, crée des personnages souvent dérangeants. Traduit en français.

Stanislav Stratiev (1941-2000). Rédacteur, journaliste, il a écrit plusieurs pièces de théâtre et des scénarios de film. Dramaturge, c'est le grand nom de la nouvelle génération d'écrivains modernes.

Dimitar Talev (1898-1966). Il décrit avec beaucoup de talent la vie d'une famille dans une province macédonienne à la fin du XIXe siècle. Cette saga est relatée dans une tétralogie : Le Chandelier de fer, La St-Elie, Les Cloches de Prespa et J'entends vos voix. Le premier volume a donné le sujet d'un des plus beaux films bulgares L'Iconostase.

Tzvetan Todorov (1939-2017). Né à Sofia, il est le fils de Todor Borov, directeur de la Bibliothèque nationale, professeur à l'université. Arrivé en France en 1963, il s'intègre parfaitement à la vie intellectuelle parisienne. Directeur de recherche au CNRS, critique, historien, philosophe, son dernier livre Mémoire du mal, tentation du bien est un essai majeur sur un siècle tragique.

Ivan Vasov (1850-1921). Ecrivain extrêmement complet, on le compare volontiers à Victor Hugo. Poète, romancier, nouvelliste, auteur dramatique, il excelle dans tous les genres. Son oeuvre majeure est le premier roman bulgare Sous le joug (1889-1890) qui dessine une vaste fresque de la Bulgarie à la veille de la libération. Il fut presque immédiatement traduit en plusieurs langues et reste un des classiques de la littérature bulgare.

Peyu Yavorov (1878-1914). Ce poète fut un combattant passionné et romantique. Il rejoignit le maquis du Pirin avec les comitadjis macédoniens qui luttaient contre l'oppresseur turc. Cette expérience fut à l'origine du très beau cycle de poèmes Chants des Haïdouks. L'âme de Yavorov ne cesse de vibrer, il plaint le paysan condamné à son dur labeur, les exilés arméniens, les déportés macédoniens. Ses propres confidences du désespoir qui l'anime en permanence sont exprimées avec une étonnante richesse rythmique et une immense force. Profondément inspiré par le symbolisme français, il reste un auteur très original. Il innova également en matière théâtrale avec deux drames psychologiques d'une intensité surprenante. Il mit fin à ses jours à la suite d'un drame familial.

Yordan Yovkov (1880-1937). Ecrivain inspiré par la vie des paysans, probablement le maître dans le genre. Traditionaliste et moraliste, il décrit principalement les villages de la Dobroudja et leurs habitants. Le pittoresque extérieur existe, mais ce qui le préoccupe, c'est la psychologie et la profondeur des relations humaines. Ses portraits exaltent en particulier la beauté féminine qui est capable de tout transformer, idée qui lui vient de Dostoïevski. Soirées à l'auberge d'Anthimovo et Les légendes de la Stara Planina (traduit en français) recueillent les plus poétiques de ses contes.

Médias locaux
Musique
Le folklore en Bulgarie

Le folklore bulgare est marqué par des caractéristiques spécifiques, tout en gardant l'héritage des cultures slaves des Balkans qui se ressemblent considérablement. Refuge de l'identité bulgare pendant de longues périodes de troubles et des siècles de domination étrangère, il est toujours très prisé des Bulgares (maintenu et soutenu à l'époque communiste, comme partout dans le bloc de l'Est). Des chaînes de télévision retransmettent du folklore 24h/24. Danses, coutumes, chansons ou autres formes d'expressions, il s'agit d'une culture à la fois figée et bien vivante en Bulgarie.

Musiques, chants et danses traditionnels

La musique traditionnelle bulgare connaît une certaine popularité en Occident grâce au mystère des voix bulgares. Mais les spécialistes s'étonnent depuis longtemps des rythmes irréguliers et de la richesse musicale du folklore bulgare.

Dans les années 1930, Béla Bartok découvrait avec surprise les rythmes des chants et danses populaires bulgares, totalement inconnus, et fit part dans sa correspondance de l'admiration qu'il leur portait et de la facilité avec laquelle les Bulgares reproduisaient ces mesures. Ainsi, des rythmes à mesure prolongée comme " 22322 " pour la danse de Kopanitza, ou même plus compliqués, comme celui du " Horo de Plovdiv " " 32232222322 " semblent tout naturels pour l'oreille bulgare.

Les danses les plus populaires sont le horo (tout le monde se tient par la main comme dans la bourrée auvergnate) qui peut avoir des rythmes différents, selon la région et l'occasion, et la rachenitza avec sa mesure caractéristique de 7/8.

Autrefois, on disait que le Bulgare chante de la naissance jusqu'à la mort, qu'il travaille, qu'il rie ou qu'il pleure. Il existe des chansons appropriées pour chaque occasion. Même si le pays ne possède qu'un territoire relativement restreint, on distingue plusieurs régions folkloriques : la Dobroudja, la région du Nord, la Thrace, la région de Sofia (Chopsko), les Rhodopes, le Pirin, Sredna Gora, qui présentent un caractère original. La chanson est généralement homophone, toutes les voix chantent à l'unisson, même en canon ou quand un choeur répond au soliste. Le chant polyphonique est limité à la région du Sud-Ouest, autour de Sofia, de Pazardjik, au Pirin et sur les versants ouest des Rhodopes. La première voix chante la mélodie, la deuxième est plus monocorde, la première voix monte, fait des volutes, la deuxième essaie de la couvrir. La deuxième voix est chantée par au moins deux personnes, parfois jusqu'à six ou sept. La polyphonie est en principe réservée aux femmes, mais dans le Pirin, les hommes chantent aussi dans un style beaucoup plus simple.

Le chant " à gorge ouverte " est répandu presque partout en Bulgarie.

Les instruments typiques

A vent : gaïda (cornemuse), kaval (flûte), doudouk (pipeau).

A cordes : tamboura (sorte de mandoline), gadoulka (sorte de viole).

A percussions : tapan (la grosse caisse).

A l'image de la plupart des autres pays d'Europe, la Bulgarie a connu au cours de ces dernières années un véritable regain de sa musique traditionnelle. Cependant, il ne faut pas confondre musique traditionnelle et folk bulgare. Si la première reprend des grands thèmes musicaux pratiqués depuis des siècles dans les campagnes, le second n'est qu'une nouvelle forme de musique, utilisant certes des instruments traditionnels, mais n'ayant rien à voir avec l'héritage culturel du pays. Les jeunes Bulgares sont particulièrement critiques vis-à-vis de cette forme d'expression musicale, qui n'est pour eux qu'un produit pour plaire aux touristes.

Musiciens et chanteurs célèbres

Boris Hristov (1914-1993). La plus fameuse basse bulgare, il est né à Plovdiv et élevé dans la tradition du chant choral orthodoxe. Il se consacre pourtant à une carrière juridique quand le roi Boris III remarque ses qualités vocales exceptionnelles à l'occasion de la fête nationale en 1942 et l'envoie faire des études en Italie. Il chanta dans les plus grandes salles mondiales. En dehors de Boris Godounov, son rôle fétiche, il interprète une quarantaine de personnages en six langues différentes (Méfisto dans Faust, Ivan Soussanine, le roi Mark dans Tristan et Ysolde, les grandes basses verdiennes). Il chante également le Requiem de Verdi et la musique liturgique slave dans le monde entier. Doté d'une longévité vocale exceptionnelle, il réussit à chanter jusqu'à la fin des années 1980.

Nikolay Gyaourov (1929 - 2004). L'un des plus grands chanteurs d'opéra de l'histoire. Son interprétation de Don Basilio de Rossini ou de Don Carlos était exceptionnelle.

Yoan Kukuzel (1280 env.-1360). Appelé Anguéloglassen (à la voix angélique), il établit la notation néo-byzantine. Il essaya de transcrire les chants religieux de façon à élever et à parfaire l'esprit humain. Il finit ses jours au monastère Saint-Anastase, sur le mont Athos.

Pantcho Vladiguérov (1889-1978). Probablement le plus grand compositeur bulgare, représentant de l'Ecole de Choumen. Son oeuvre est extrêmement complexe, variée et empreinte du caractère national. Il est proche des traditions réalistes de la musique classique européenne avec une grande originalité inspirée du folklore bulgare. Sa fameuse rhapsodie, Vardar, la plus connue à l'étranger, est familière à chaque Bulgare.

Stolyan Yankoulov (1966). Il est l'un des chanteurs bulgares contemporains les plus célèbres. Chanteur et percussionniste, il mêle habilement musique traditionnelle et rock ou même techno.

Ivo Papazov (1952). Grand spécialiste du folklore bulgare, Papazov un clarinettiste virtuose, l'un des plus rapides d'Europe.

Les grandes stars actuelles sont avant tout les chanteuses de tchalga, pop-folk Bulgare, vamps aux prénoms en " a " à répétition défilant sur les clips " dénudés " des chaînes de télé populaire (Desi Slava est la plus célèbre ; il y a encore Preslava, Maria, Galena, Anelia...). Elles partagent les têtes d'affiche avec les chanteurs de pop plus internationale, comme Marina Popova et Krassimir Avramov (Eurovision 2006 et 2009 respectivement). L'Eurovision a d'ailleurs produit un phénomène digne de Lady Gaga, devenu une super star ces dernières années, que l'on connaît sous le pseudo d'Azis. Vasil Troyanov Boyanov, ingénieux Rom provocateur, joue autant avec les tendances - homosexuel mi-bear mi Drag-queen - qu'avec les genres musicaux à travers sa Pop mi-orientale mi-bulgare. Pour la petite anecdote, son célèbre morceau Sen Trope (Saint-Tropez), a été repris en 2015 par le rappeur marseillais L'Algérino.

Musique classique

L'intérêt pour la musique autre que folklorique ou les chants religieux n'apparut que vers la moitié du XIXe siècle dans la ville de Choumen. Favorisé par les émigrés hongrois et polonais, ainsi que par les troupes françaises immobilisées pendant la guerre de Crimée, cet intérêt grandit constamment. Le solfège est introduit pour la première fois à l'école, les chorales et orchestres d'élèves prolifèrent. Dobri Voïnikov composa les premières pièces bulgares, suivi par de nombreux musiciens. Certains cherchèrent leur inspiration dans le folklore. L'école de Shoumen donna naissance à Pantcho Vladiguérov. Les plus grands compositeurs bulgares sont Lioubomir Pipkov, Parachkev Hadjiev, Marin Goléminov, Dimitar Christov, Vesselin Stoyanov.

L'art lyrique se développa rapidement dès 1890 lorsqu'on ouvrit une section Opéra auprès de l'Amicale dramatique de Sofia. Les voix bulgares sont alors mondialement connues. Nikolaï Guyaourov, Nikola Guysélev, Raïna Kabaivanska, Alexandrina Miltcheva, Guéna Dimitrova se produisent à Paris, à Milan ou à New York.

Musique populaire

La musique qui vous sautera le plus à l'oreille en Bulgarie sera le tchalga, musique trépidante et endiablée, mélange de dance, de rythmes balkaniques et turcs et de folklore. Hystérique, dansante, cette musique est l'image d'Epinal des Balkans, et ce n'est pas qu'un cliché ! On l'écoute à fond sur les autoradios et dans les bars, de préférence sur le grand écran de télé haute résolution où les clips vulgaires au possible défilent sous les coups des doubles-croches ! La formule est simple, on met un beat sur quelque mélodie traditionnelle, que l'on imprègne d'une imitation de culture hip-hop, et hop ! Un hit de plus. L'industrie de production de cette musique n'est pas au chômage. Le tchalga, c'est le coeur même de l'expérience bulgare, et vous aurez sans doute du mal à l'ignorer !

Peinture et arts graphiques
Quelques grands peintres bulgares

Zahari Zograf (1810-1853). Représentant de l'Ecole de Samokov, il réalise des fresques exceptionnelles aux monastères de Rila, de Troyan et de Batchkovo, dont un étonnant autoportrait. Il enrichit les possibilités picturales en rompant avec le carcan des canons et en introduisant beaucoup d'éléments réalistes. Pose les fondations de la peinture laïque.

Vladimir Dimitrov - Maïstora (1882-1960). Son surnom de " Maître " détermine sa place dans la hiérarchie des peintres bulgares. Originaire de la ville de Kiousténdil, il crée plusieurs séries de portraits et tableaux inspirés par les paysans de sa région. Ses cycles les plus connus sont Portraits de femmes, Noce. Ses femmes au visage de madone, sur fond d'arbres fruitiers rendent son style immédiatement reconnaissable.

Tzanko Lavrenov (1896-1978). Il perpétue les traditions de l'époque du Réveil national. La vieille ville de Plovdiv constitue un de ses sujets favoris. Ses tableaux colorés, scènes de genre, pleines de joie l'ont fait surnommer " le Breughel bulgare ".

Detchko Uzunov (1899-1996). Portraitiste d'une grande finesse, il a su faire évoluer son style sans succomber à la mode.

Ivan Milev (1897-1927). Peintre, graphiste, scénographe, illustrateur. Influencé par l'Art nouveau, il contribue à la création du style décoratif bulgare. Ses oeuvres se distinguent par une dynamique des mouvements dessinés, par une cadence particulière. Il incruste à l'Art nouveau le folklore bulgare, et toute la culture orale des mythes, légendes et contes de fée.

Vassil Stoïlov (1904-1990). D'un pinceau très fin et nuancé, on le considère comme un classique moderne et traditionnel à la fois. Il a fait ses études à Paris. Ses tableaux et dessins à l'huile, à l'aquarelle et au pastel se distinguent par leur douceur particulière.

Théâtre

On peut voir les origines du théâtre dans le pays dans le goût des Bulgares pour les déguisements et les jeux pendant les fêtes rituelles (Koukeri), où des troupes d'amateurs jouent... Mais la première véritable pièce de théâtre bulgare fut celle de Vassil Droumev, Ivanko (l'histoire d'un imposteur qui monte sur le trône au XIIe siècle), écrite après la Libération. Avec les pièces de Vasov, d'Yavorov, de Strachimirov ainsi qu'avec celles de Shakespeare, d'Ibsen, de Tolstoï, les troupes bulgares quittent l'amateurisme. Dès 1910, il existe à Sofia trois scènes permanentes et de nombreuses troupes itinérantes sillonnent le pays.

Ces dernières années, de nombreuses troupes privées sont apparues. Elles génèrent des idées nouvelles et des expressions originales. Le théâtre contemporain continue à remplir les salles et commence à se faire connaître à l'étranger.

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