Climat au Chili

Le désert d_Atacama, le plus aride au monde © Doedel- iStockphoto.com.jpg
iStock-1196901902.jpg

La configuration géographique très sophistiquée du Chili justifie des disparités au niveau du climat : la cordillère jouit d’un climat humide, l’intérieur des terres d’un climat sec, puis en descendant vers la Terre de Feu, on trouve un climat devenant subantarctique, caractérisé par les bien nommés quarantièmes rugissants et cinquantième hurlants. Au nord, le désert de l’Atacama est le lieu le plus aride sur Terre, on enregistre moins de 1 millimètre de pluie par an ! Royaume du vent, la Patagonie doit ses reliefs à son meilleur allié qui saura être votre pire ennemi par moments : ici, le froid humide se conjugue à des pluies diluviennes tandis que la forte houle s'accompagne des pires tempêtes océaniques ! Enfin, le Chili subit de plein fouet l’un des enjeux les plus alarmants de notre époque. Entre fonte des glaciers et sécheresses accablantes, les drames écologiques du pays sont des signes alarmants du réchauffement climatique.

Les disparités du climat

Situé sous l’équateur, le Chili connaît des saisons inversées aux nôtres : le printemps bourgeonne entre septembre et décembre, l’été bronze entre décembre et mars, l’automne rougit entre avril et juin, l’hiver s’installe de juin à septembre. Les nombreuses influences climatiques que subit le pays expliquent la grande diversité de ses climats répartis sous différentes latitudes. L’océan joue également un rôle majeur et tempère les diverses influences climatiques sur tout le pays. Le courant froid de Humboldt tempère l’influence tropicale tandis que la pénétration des nuages sur le territoire est limitée par la barrière naturelle constituée par la cordillère de la Côte ou par l’île de Chiloé. Au Chili, plus on descend vers le sud et plus les températures moyennes baissent. Le climat désertique des régions tropicales, entre Arica et Antofagasta, est caractérisé par une relative douceur qui s’explique par l’influence maritime et une aridité remarquable. Lorsqu’on atteint la latitude de La Serena et les vallées transversales de la cordillère, l’ensoleillement persiste, mais les températures deviennent plus douces. Le climat de la région centrale rappelle le climat méditerranéen, à cela près qu’il subit les influences du relief andin et la froideur des eaux du Pacifique. Ici, les hivers sont relativement pluvieux et les étés complètement secs. Plus on descend en latitude, plus le niveau moyen de précipitations augmente et plus les températures moyennes baissent. Dans la région la plus australe de Magellan, la température moyenne annuelle de Punta Arenas est de 5,3 °C. Cet environnement hostile se caractérise par des précipitations importantes et des vents très violents tout au long de l’année.

Atacama, beauté aride

Dans le nord du Chili, le désert d’Atacama est le désert le plus aride du monde. Mais qu’est-ce qui caractérise un désert ? Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas la chaleur, mais bien le manque d’eau : ici, certains hommes n’ont jamais vu la pluie. Son absence d'humidité dans l'air est due à la présence d'un anticyclone côté Pacifique et, côté Est, les sommets des Andes entravent tous les nuages formés sur l’Amazonie. Ici, pas d’animaux ni de végétaux, le paysage est uniquement minéral. Même les robots de la NASA destinés à explorer la planète Mars n’ont trouvé aucune forme de vie ! Le sable et le vent sculptent les pics, les falaises et les canyons, des décors extraordinaires aux aspects lunaires… Mais méfiez-vous ! Ce sanctuaire de beauté cache un climat redoutable ; si la température peut monter à 35 °C le jour, elle peut tomber en dessous de 0 °C la nuit, le choc thermique est si important qu'il fait éclater les pierres !

La Patagonie, royaume des vents

« La steppe patagonne invite les humains au silence car la voix puissante du vent raconte toujours d’où il vient et, chargé d’odeurs, dit tout ce qu’il a vu », confie Luis Sepuleva dans son ouvrage Nouvelles du Sud. Rien ne s'arrête longtemps sur l'immense terre patagonne, le vent repousse le décor, toujours plus loin, vers l’horizon ! Car ici sur la Terre comme dans le ciel, le vent est maître de toutes choses et responsable des moindres reliefs d'un paysage qu'il a forgé au fil du temps. Plus on s'aventure au sud, plus les vents deviennent violents, et à raison ils ont été baptisés les 40e rugissants et 50e hurlants. Ces vents que l'on rencontre dans l'océan Austral portent le nom des parallèles sud qui les délimitent. Un célèbre dicton marin énonce plutôt bien la situation « Sous 40 degrés, il n’y a plus de loi, mais sous 50 degrés il n’y a plus de Dieu ». Derrière le dicton, il y a une réalité scientifique : le conflit de température entre les eaux glaciales de l'Antarctique et les courants chauds qui entourent le continent de glace. Ce choc météorologique provoque une multitude de dépressions, drainant une houle à chaque fois plus importante : les vagues peuvent alors atteindre jusqu'à 30 mètres de haut…

Le changement climatique

Bien évidemment, le Chili n'échappe pas au grand sujet d'actualité qu'est le changement climatique : puisqu'elles se réchauffent plus vite, les régions des pôles sont les plus affectées. Alors que les calottes glaciaires fondent, le Chili subit les effets les plus graves et les plus ravageurs du réchauffement climatique, déstabilisant ses écosystèmes et réduisant sa biodiversité. En 2019, c'est la première fois que des records de chaleur ont été enregistrés à des latitudes aussi élevées dans l'hémisphère Sud, notamment dans les régions du Bío-Bío et d'Araucanie, avec des températures montant jusqu'à 41,6 °C. Egalement frappé par la sécheresse, le pays a récemment rayé un lac de sa carte : le lac Aculeo, près de Santiago, est désormais une terre craquelée. Plus au sud, les géants de glace n'en finissent plus de faire craquer leurs vieux os : en février 2019, un iceberg de 8,8 hectares se détache du glacier Grey, peu de temps après, en mars, une autre fracture de 6 hectares se produit. Ces événements ne sont qu'un échantillon de ce qui se passe dans le reste du pays qui possède 4 % des glaciers du monde et 80 % de ceux d’Amérique du Sud. Les glaciers reculent et déversent, tels des robinets ouverts, de grandes quantités d'eau douce dans l'océan. La composition de l'eau change et impacte alors tout l'écosystème marin. C'est le cas par exemple des baleines à bosse qui commencent à déserter les fjords chiliens : l'augmentation de l'eau douce a modifié les organismes microscopiques nécessaires à leur alimentation. Dans la cordillère des Andes, la neige est de moins en moins importante (en un siècle, certains sommets ont perdu 60 % de leur enneigement) et l'hiver de plus en plus doux. De plus, le climat froid et pluvieux laisse place à des microclimats plus propices à l'agriculture : le vin de Patagonie, né dans les années 2010, est le plus austral du monde. En 2019, la 25e conférence climat de l'ONU devait officiellement se tenir au Chili, qui s’était engagé à accueillir 25 000 personnes et à faire évoluer les thématiques écologiques. Toutefois, en proie à une crise sociale, le pays a finalement renoncé à organiser cet événement un mois avant son lancement officiel. Dans un contexte de crise, par question d'image ou de sécurité, les autorités chiliennes tournaient ainsi le dos à un enjeu de taille. La COP25 s'est finalement tenue à Madrid. La capitale espagnole a préparé en 4 semaines un événement qui demande d'habitude 2 ans de préparation.

Notons au passage que le Chili a raflé en 2022, pour la troisième fois en quatre ans, le prix de la « destination la plus verte » (comme en 2019 et 2020) décerné lors des World Travel Award. La promotion et la généralisation d'activités écoresponsables n'y sont pas pour rien.