Guide du Mexique : Le Mexique en 40 mots-clés

Aztèque
Calendrier Aztèque.
Calendrier Aztèque.

Aussi connus sous le nom de " Mexicas ", les Aztèques sont le peuple à l'origine d'une des plus grandes civilisations du continent américain. Ils sont les fondateurs de la cité de Tenochtitlán, sur les ruines de laquelle s'est construite l'actuelle ville de Mexico après la Conquête espagnole. Le mot " aztèque " provient du lieu mythique d'origine de ce peuple, Aztlán, situé dans le territoire de l'actuel Etat de Nayarit. Forts d'une société militaire fortement hiérarchisée et tout autant spirituelle, les Aztèques conquirent tous les autres peuples alentour, assimilant leurs apports culturels. Ils formèrent un empire puissant jusqu'à la conquête espagnole, dirigée par Hernán Cortés, en 1521.

Baleines

Chaque année, le Mexique voit sa côte longée par les baleines grises et les baleines à bosse qui, venant de l'Arctique, y migrent chaque année en hiver pour s'accoupler ou mettre bas avant de repartir au printemps vers les mers froides. La Basse-Californie possède le sanctuaire de baleines grises le plus grand au monde grâce à un vaste complexe de lagunes d'eaux salées ; on y observe au plus près les baleines de décembre à avril.

Cactus
Paysage aride et cactus.
Paysage aride et cactus.

Pour nombre d'entre nous, le cactus fait partie du cliché mexicain. Peu présent dans le sud (à l'exception de la Reserva de la Biosfera Tehuacan-Cuicatlan, à cheval sur les états de Puebla et Oaxaca), il abonde dans le centre et le nord du pays et principalement en Basse-Californie. En parcourant le pays, il est possible d'observer la diversité des espèces de cactacées qui existent au Mexique : des petits cactus cachés sous terre aux énormes cactus dotés d'un squelette en bois dur, en passant par les énormes boules piquantes parfois joliment dénommées asiento de suegra (coussin de belle-mère). Beaucoup d'espèces sont protégées, et il est interdit de les sortir de leur élément naturel, car il leur faut parfois des dizaines d'années pour atteindre leur taille adulte (certains vivent même durant plusieurs siècles). Parmi elles, le fameux peyotl, un cactus connu pour ses effets hallucinogènes et utilisé notamment par les Indiens huicholes pour leurs rituels ; mais sa consommation à désormais grande échelle lors de pseudo-cérémonies new-age menace l'existence même de peyotl, du fait du trafic dont il est victime.

Caribe

La mer des Caraïbes (Caribe), magnifique mer turquoise aux fonds coralliens, fut aussi la porte d'entrée de la conquête de l'Amérique latine par les Espagnols. Avant d'arriver au Mexique, ils passèrent par les Antilles et Cuba, puis longèrent les côtes de la péninsule du Yucatán. Le Mexique y possède la 2e plus grande barrière de corail du monde (après la Grande Barrière en Australie), désormais gravement endommagée à cause du réchauffement climatique et du tourisme de masse sur la Riviera maya, cheval de Troie de la promotion touristique du pays.

Catrina

Les Catherine ! Cette imagerie populaire, désormais symbole de la richesse formelle et spirituelle du pays, a été particulièrement associée à l'artiste José Guadalupe Posada (1852-1913), caricaturiste et grand portraitiste sarcastique de la société mexicaine. Il disait de la mort qu'elle est démocratique, "puisqu'au bout du compte, blancs ou bruns, riches ou pauvres, tous finissent en squelettes". Dans ces caricatures, il utilisait La Calavera Garbancera pour représenter les classes populaires, leur caractère insouciant et festif. Le garbancero était alors celui qui, malgré son sang indigène, prétendait adopter les coutumes européennes et renier ses origines. Le squelette avec son chapeau représente celui qui prétend être ce qu'il n'est pas. Ce n'est que plus tard que Diego Rivera allait reprendre le concept en le baptisant Catrina en lui ajoutant de nouveaux attributs : robe, port altier et élégance, tels qu'on peut les observer sur sa fresque Sueño de una tarde dominicla en la Alameda central.

Cenote

Un cenote est un puits naturel créé grâce à l'effondrement d'une plaque calcaire. Il y en a énormément dans la péninsule du Yucatán, plaque calcaire et plate. Ces puits étaient des centres de cérémonies pour les cultures préhispaniques qui les considéraient comme un lien avec l'inframonde - le monde des ténèbres - et y faisaient diverses offrandes, y compris humaines. Les cenotes, loin d'être des puits d'eau isolés, sont en fait la partie visible d'un immense réseau de rivières souterraines ; ces réseaux ne sont que partiellement explorés et les découvertes archéologiques (certaines datant de l'ère glaciaire) rythment les expéditions.

Chela

La chela, c'est la bière, que l'on trouve souvent à l'épicerie sous la forme de bouteilles de 1,2 litres à partager (ou pas...) ; ce sont les fameuses caguamas que l'on boit dans les villages ou dans les bars populaires. La chela ou la chelita, c'est cette petite dose d'imprévu qui peut pointer le bout de son nez à n'importe quel moment de la journée et à laquelle on vous convie avec un sourire complice. De ce mot ont dérivé les verbes chelear (activité de boire de la bière) et le substantif chelero, qui désigne la personne qui s'y adonne avec entrain et un certain professionnalisme. A noter que le mot proviendrait du maya chel, qui signifie " bleu ". Ce terme désignait les Européens en raison de la couleur de leurs yeux puis, par association d'idées, il aurait désigné les gens à la peau claire. Clarté associée à son tour à la couleur de la bière blonde... Une vraie théorie de comptoir.

Chiles

Le Mexique est le pays au monde où il existe la plus grande variété de piments (une soixantaine). Du plus doux au plus fort, ils accompagnent la plupart des plats et sont l'ingrédient de base de toutes les sauces qui pimenteront vos repas : chile de arbol, chile habanero, chile poblano, chile pasilla, chile guajillo, chipotle ne sont que quelques-uns des plus courants. Les Mexicains mangent constamment pimenté ! Historiquement, le piment a sa raison d'être dans la gastronomie mexicaine : en plus de relever les plats, il a des vertus antiseptiques. On pourrait presque jouer à la roulette mexicaine avec certains piments : tout en ayant la même apparence, certains sont piquants et d'autres non et ce n'est pas leur couleur qui permet de les départager (verts, jaunes ou rouges).

Churrigueresque

Le style churrigueresque doit son nom à une famille d'architectes et de sculpteurs espagnols originaires de Catalogne, dont José de Churriguerra (1665-1723) est le plus représentatif. Le style churrigueresque a recours aux décors plaqués, aux lourdes façades opulentes, aux structures architectoniques croulant sous l'ornemental. Parti de Salamanque, le churriguerisme s'installa en Andalousie avant de s'exiler en Amérique latine. Il a trouvé au Mexique, où de nombreuses églises témoignent de sa splendeur, l'une de ses plus belles expressions.

Clandestins

Énormément de Mexicains (et de Centro-Américains) passent et repassent inlassablement la frontière nord-américaine longue de 3 000 km. Cette migration historiquement traditionnelle, malgré les mesures toujours plus strictes de l'administration américaine (construction d'un mur le long de la frontière) alimente une population laborieuse très nombreuse aux Etats-Unis, surtout dans les États frontaliers.

Coccinelle

Qui ne connaît pas le vocho ? C'est la voiture mythique dont la commande a été passée à Volkswagen par Adolf Hitler lui-même en 1939. Au Mexique, et plus encore dans la capitale, on se souvient de la Coccinelle comme ce petit taxi virevoltant dans les rues de Mexico jusqu'au début des années 2000, sans siège passager afin d'entrer et de sortir plus facilement. Malheureusement, sa production a été arrêtée en 2003 et les taxis sont désormais de marque Nissan (Tsurus essentiellement) ; on les croise pourtant encore un peu, increvables et robustes, en ville et dans les villages alentour. Il reste pourtant un petit village qui résiste encore et toujours à l'envahisseur : Cuautepec, zone marginale de la ville de Mexico, s'est autoproclamé vocholandia. Au début des années 2000, cette colonia construite à flanc de colline accueille en effet nombre de vochos épuisés. Ces petits bolides, dont les pièces de rechange sont bon marché, sont en effet considérés comme la seule voiture capable de descendre et monter les pentes vertigineuses de ce quartier (inclinées parfois à 45 degrés). De nos jours, le quartier dispose d'un réseau de 500 taxis vochos, dont beaucoup sont conduits par des migrants expulsés des Etats-Unis et qui peuvent investir leurs maigres économies (un vocho coûte environ 1 000 euros) dans une voiture qui leur permet de travailler relativement rapidement.

Corruption

La corruption des agents chargés de la circulation est très connue et en est la forme la plus visible au quotidien. Mais quand l'un deux a mené une grève solitaire de la faim, d'ailleurs largement médiatisée, pour protester contre les pressions de son chef qui réclamait de ses subordonnés 50 $ à chaque début de patrouille s'ils voulaient conserver leur emploi (par conséquent cette même somme devait être réclamée aux motocyclistes sous forme de pot-de-vin), le public a réagi avec passivité, préférant payer une amende immédiate, plutôt que de renoncer à conduire de la façon extravagante qui lui est habituelle...

Tous les échelons de l'administration sont touchés par le phénomène : l'ensemble du système socio-économique est gangréné par ces pratiques consistant à engranger le maximum de bénéfices particuliers au mépris du bien ou des règles communes. À une autre extrémité de la chaîne alimentaire, le président mexicain Enrique Peña Nieto a ainsi été pris la main dans le sac au cours de l'année 2015 : c'est la fameuse affaire dite de la Casa Blanca. Cette maison d'une valeur de 7 millions de dollars lui a été donnée par un groupe de construction qu'il a lui-même favorisé par l'obtention de contrats non seulement fédéraux, mais aussi locaux du temps où il était gouverneur de l'État de Mexico. Bref, incapable de s'expliquer et s'empêtrant dans ses contradictions, il n'y aura bien entendu aucune conséquence fâcheuse pour lui puisque l'impunité est la règle. En revanche, la journaliste qui a mené l'enquête et dénoncé les faits, Carmen Aristegui, a été immédiatement virée...

Día de los muertos

Le jour des morts comprend en fait deux jours : le 1er et le 2 novembre. Le 1er correspond au jour des enfants défunts et le 2e à celui des adultes. Syncrétisme de rituels catholiques et amérindiens, c'est une expérience bouleversante dans le Mexique central et méridional : décorations dans la rue, autels chez les habitants avec les photos des défunts, leurs objets préférés, des offrandes... Le soir, dans les cimetières illuminés de cierges, les gens se recueillent sur les tombes mais viennent surtout fêter leurs morts : musique, danses, repas partagés rythment le retour des morts parmi les vivants.

Diego Rivera

Natif de Guanajuato, Diego Rivera (1896-1957) fut le plus grand peintre muraliste du Mexique. Socialiste puis communiste, ses oeuvres expriment sa philosophie politique et accompagnent le processus de construction de l'Etat-nation mexicain après la Révolution de 1910. Quand Trotsky fut contraint à l'exil par Staline, Rivera le reçut dans la maison qu'il partageait avec sa femme Frida Kahlo, dans le quartier de Coyoacán à Mexico.

EZLN

Fondée en 1992, l'Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) s'insurgea le 1er janvier 1994 dans l'Etat du Chiapas, en assiégeant plusieurs villes dont San Cristóbal de Las Casas. Ces nouveaux insurgés issus des communautés indigènes les plus pauvres, vêtus de passe-montagnes, revendiquent l'application des lois agraires, les droits sur leurs terres et la fin des persécutions dont ils font l'objet de la part des autorités gouvernementales. Le personnage emblématique et médiatique de ce mouvement n'est pas indien et s'est fait connaître comme le sous-commandant Marcos (aujourd'hui Galeano). Son identité véritable ne fut découverte qu'un an plus tard, il s'agit de Rafael Sebastian Guillén, ancien professeur d'université. Cet homme a réussi, avec son charisme et son talent d'orateur, à s'attirer la sympathie nationale et internationale. De nos jours, les communautés zapatistes (les fameux caracoles) subsistent et continuent à résister à la constante répression dont elles font l'objet.

Frida Kahlo

La vie n'épargna pas Frida Kahlo (1907-1954). Elle eut la poliomyélite à 6 ans et, à 18 ans, un accident lui brisa la colonne vertébrale ! Toute sa vie, elle dut porter un corset et endura de vives souffrances qu'elle sublima dans son art. C'est certainement le peintre le plus original du Mexique, quoique ses autoportraits nous mettent souvent mal à l'aise. André Breton dira : " L'art de Frida Kahlo est un ruban autour d'une bombe. " Celle qui écrivait " J'espère que la sortie sera joyeuse, et ne jamais revenir " mourut à 47 ans. Elle nous laisse une oeuvre à l'audace surréaliste empreinte de tradition indienne. Son oeuvre est aussi un cri terrifiant contre la douleur et un cri de haine contre la mort. Elle fut la femme du muraliste Diego Rivera. Julie Taymor a réalisé un très beau film biographique sur Frida Kahlo, qui est sorti en avril 2003. Le personnage de Frida est joué par Salma Hayek.

Gringo

Terme péjoratif pour désigner un Nord-Américain. Par extension, il s'applique aussi à tous les étrangers blancs de peau. Aussi, quand on est européen, ou canadien, il est bon de le mentionner. Cela ouvre des portes, simplifie les contacts et permet de ne pas subir l'augmentation de prix destinée aux Américains. Car, comme chacun sait, le Mexique est ce pays qui se trouve " si loin de Dieu et si près des Etats-Unis ". L'origine du mot est sujette à controverse : elle pourrait dériver du terme griego, qui désignait chez les peuples latins les personnes qui ne parlaient pas leur langue (auquel cas le terme désignerait toute personne ne parlant pas espagnol). Au Mexique, on raconte qu'il tire son origine de la guerre entre les Etats-Unis et le Mexique, les premiers habillés d'un uniforme vert criant au moment de leur assaut " Green, go ! ", les Mexicains leur répondant " Green, go home ! ". À noter que le terme local pour désigner les personnes blanches de peau (aussi bien mexicaines qu'étrangères) est guëro, dont la connotation est juste descriptive ou affectueuse.

Grito

En 1810, les Mexicains, tout comme d'autres colonies d'Amérique Latine, se soulevèrent contre une Espagne affaiblie par la perte de certaines colonies (Floride, Mississipi) et par l'invasion napoléonienne. Le 15 septembre 1810, le père Hidalgo fit sonner les cloches de l'église de Dolores (une ville située dans l'Etat de Guanajuato, à 200 km au nord-est de Mexico). Il proclama le Grito (" le cri ") de la révolution en ces termes : " Vive le Mexique ! Vive la Vierge de Guadalupe ! Mort aux gachupines ! " Hidalgo fut arrêté et exécuté l'année suivante. Le Mexique n'obtint son indépendance que 11 ans plus tard après bien des luttes acharnées. Chaque année, le Grito de Dolores est commémoré le soir du 15 septembre par le Président en exercice depuis le balcon du Palais national, sur la place du Zócalo à Mexico, ainsi que par tous les gouverneurs et maires dans le reste du pays.

Güero

Le terme güero s'utilise fréquemment au Mexique pour désigner les personnes blondes ou claires de peau. Les güeros se distinguent ainsi des morenos, les personnes à la peau brune ou au teint mat. Par le passé, le terme güero avait une connotation négative, puisqu'il s'utilisait pour désigner des " oeufs pourris " et par extension " une personne décolorée, au teint malade ", mais ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Guey

Guey est l'interjection populaire la plus utilisée au Mexique. Elle veut dire " mec " et c'est amusant de compter le nombre de fois où le mot guey est lâché dans une conversation entre jeunes. Le mot est très employé à Mexico et à Monterrey.

Hospitalité

Les Mexicains sont réputés pour leur hospitalité et leur amabilité envers les visiteurs étrangers. Ils aiment parler aux étrangers, savoir d'où ils viennent, et veulent généralement leur faire connaître le meilleur de leur pays. Un fait divers illustre bien l'attitude des Mexicains envers les étrangers. En septembre 2008 est arrivé à Mexico un Japonais du nom de Hiroshi Nohara qui, pour des raisons inconnues et inexpliquées, a vécu pendant quatre mois à l'aéroport. Au lieu de le voir avec méfiance, des dizaines de Mexicains ont voulu rencontrer Nohara, certains lui ont même proposé de venir habiter chez eux, argumentant que Nohara avait sûrement de gros problèmes au Japon et qu'il fallait l'aider. Au niveau gouvernemental, le Mexique a toujours accueilli les réfugiés politiques avec classe, notamment les Républicains espagnols sous le régime de Franco. Cela ne doit pas faire oublier non plus qu'une grande partie de la population est hostile aux caravanes de migrants centro-américains qui traversent le pays de nos jours, succombant aux discours xénophobes universels.

Lucha libre

La lucha libre (lutte libre) est un spectacle de catch haut en couleur. Le spectacle a lieu aussi bien sur le ring que dans la salle où le public est un des acteurs principaux. Les lutteurs aux masques colorés, pour la plupart originaires de quartiers ou régions pauvres, représentent un exemple pour les jeunes et sont souvent élevés au rang de héros, voire de demi-dieux (Blue demon, el Santo, Hijo del Santo, etc.).

Maïs

Aliment ancestral de base de l'alimentation mexicaine, son histoire commence il y a 9 000 ans, par la domestication d'une plante sauvage appelée Teosinte ; le lieu d'origine exact de sa domestication ne fait pas l'objet d'un consensus et l'on ne sait même pas si son expansion se fait à partir d'un seul centre ou s'il s'agit d'une domestication simultanée dans plusieurs régions ; de manière générale, les États de Puebla, Oaxaca et Chiapas tiennent la corde. C'est sa culture progressive qui donne une assise sédentaire aux peuples du centre et du sud du pays, favorisant le début d'une nouvelle ère culturelle et donnant son assise aux grandes civilisations amérindiennes de la Mésoamérique : Zoques, Olmèques, Mayas, etc. À l'arrivée des Espagnols, sa culture s'était étendue vers le sud du continent et avait été adoptée par des peuples aussi méridionaux que les Chimus, Nazcas et Incas.

Mariachis

Un groupe de mariachis se compose de quelques violons, de deux ou trois trompettes, de guitares, d'une guitare dite vihuella et d'un guitarrón (sorte de contrebasse). On reconnaît facilement les mariachis à leurs habits : grand chapeau brodé, pantalon orné de deux rangées de boutons en argent, une veste courte et une grande malla en guise de cravate ; cette expression musicale est largement associée à la culture charra (dressage et concours d'habileté équestre) L'origine des mariachis se situe dans l'Etat de Jalisco, plus précisément dans le village coca de Cocula. Mais l'origine du mot en lui-même est sujette à caution ; certains y voient un dérivé d'un mot otomi désignant "jour de fête" alors que d'autres racontent que son origine serait française. Lors de l'intervention napoléonienne au Mexique, des soldats français auraient assisté à un récital dans une fête et, en demandant à leur hôte ce qu'était cette musique, celui-ci leur aurait répondu dans un français hésitant qu'il s'agissait d'un "mariage". On peut les voir sur la place centrale dans presque toutes les villes du pays. A Mexico, leur lieu de prédilection est la Plaza Garibaldi ; les groupes de mariachis sont engagés pour une chanson, une heure ou toute une nuit.

Mayas

Les Mayas sont un groupe ethnique et une culture originaire des Basses-Terres du Chiapas, du Guatemala et du Belize, avant d'occuper également la Péninsule du Yucatán. Du Ier au Xe siècle, la civilisation maya, héritière d'autres civilisations plus anciennes, se distingua pour ses connaissances mathématiques et calendaires, son raffinement artistique et la construction d'imposantes cités, dont la grandeur peut encore être appréciée à différents endroits du sous-continent. C'est aussi une culture encore vivace, puisque sa langue et ses croyances ont perduré dans de nombreuses régions. Elle a souvent fasciné pour ce qu'on croyait être le " mystère " de sa disparition, bien qu'aujourd'hui les chercheurs s'accordent autour d'une pression démographique extrême sur un environnement tropical fragile, peut-être aggravée par des périodes de sécheresse de longue durée.

Mole

Le mole (prononcé molé) est une sauce préparée avec différents piments secs et moulus auxquels on ajoute du cacao et diverses épices. Dans un bon mole traditionnel, il y a jusqu'à 60 ingrédients. Cette sauce accompagne généralement les volailles, principalement le poulet et la dinde (guajolote). Elle est volontiers associée aux gastronomies des Etats de Puebla et Oaxaca.

Monarques

" Des fleurs dans le ciel ". Peut-être avez-vous déjà vu ce documentaire de 16 minutes au Futuroscope de Poitiers ? Les papillons monarques sont réellement fascinants. Ils existent dans plusieurs endroits du monde, mais ceux qui migrent au Mexique sont uniques : ils parcourent plus de 3 000 km du Canada au Michoacán et leur cycle d'aller-retour se fait en l'espace de 4 générations. Parcourant jusqu'à 300 km par jour avec des pointes à 30 km/h, ils partent à l'automne, du nord des Grand Lacs, entre Winnipeg et Québec, et se rendent au Mexique en l'espace de deux mois, dans les forêts de sapins à 3 200 m d'altitude, aux confins est de l'Etat du Michoacán. Là, ils hibernent pendant cinq mois. En mars, ils remontent vers le sud des Etats-Unis : les femelles pondent et meurent. Les deuxième et troisième générations reproduisent ce schéma au nord, en direction des Grands Lacs. Ce n'est que la quatrième génération qui parviendra au Canada. Dans les sanctuaires, si le ciel est clair et ensoleillé, les millions de papillons offrent un spectacle surnaturel. Le bruissement des ailes au-dessus de vos têtes, les énormes grappes de papillons attachés aux sapins, cette couleur orange omniprésente, ces grands arbres qui pointent vers le ciel... C'est un spectacle inoubliable, inouï.

Piñata
Piñatas dans un marché à Mexico.
Piñatas dans un marché à Mexico.

À la fois objet artisanal et jeu que l'on peut retrouver durant les fêtes mais surtout pour les anniversaires, la piñata est un mannequin fabriqué en papier mâché et rempli de bonbons et de jouets pour enfants. L'imagination mexicaine n'a pas de limite pour imaginer ce à quoi ressemblera votre prochaine piñata, mais elle est de plus en plus inspirée par les héros de dessins animés pour enfants. La piñata est suspendue à une corde et, le temps d'une chanson "... dale dale, no pierdas el tino... ", les enfants vont devoir la casser en lui tapant dessus à l'aide d'un bâton, tout ça les yeux bandés. Le moment le plus attendu est quand la piñata explose, les enfants se jetant sur les bonbons pour en récupérer le plus possible. L'origine de ce jeu est chinoise, puisque c'est Marco Polo lui-même qui le décrit et l'importe en Italie où on le pratique pour les fêtes du Carême, avant qu'il ne passe en Espagne, puis au Mexique...

Politique

Les Mexicains adorent parler politique, souvent sur un mode dérisoire où foisonne l'humour noir... Ils prennent un grand plaisir à commenter les mécanismes, les avatars et le théatre de l'absurde de cet Etat en construction permanente qui, durant 70 ans, a été gouverné par un seul et même parti : le PRI ou Parti révolutionnaire institutionnel. Souvenez-vous que l'histoire du Mexique est pleine de trahisons, de coups dans le dos et de mensonges gros comme des maisons ; plaquez-y les images actuelles et vous comprendrez pourquoi les Mexicains s'intéressent tant à la scène politique.

Pulque

Le pulque est un breuvage laiteux et visqueux fait à partir de la fermentation (et non de la distillation) de la sève fraîchement recueillie du maguey (ou agave). Le pulque était déjà utilisé pendant la période préhispanique. Il était consommé par toutes les couches sociales, mais principalement réservé aux prêtres afin que ceux-ci se sentent plus proches des dieux, et aux victimes qui allaient être sacrifiées pour les aider à mourir. Il était aussi considéré comme boisson médicinale. De nos jours, les planteurs et les producteurs de maguey pensent encore que cette plante reçoit l'énergie cosmique qu'elle redistribue chaque jour. Depuis une dizaine d'années, cette boisson est quelque peu redevenue à la mode, on en sert aussi bien dans des bars spécialisés du centre et du sud du pays que dans les échoppes des villages autour de Mexico ; on le prépare désormais mélangé à d'autres fruits (on dit dans ce cas qu'il est curado).

Pyramides

De nombreuses pyramides parsèment les terres mexicaines, principalement depuis le centre du pays jusqu'au Sud, de l'Etat de Zacatecas jusqu'au Chiapas, incluant les franges côtières du Pacifique jusqu'au golfe du Mexique et la mer des Caraïbes. Elles sont un lien avec les dieux, le ciel et le cosmos. Les pouvoirs religieux s'appuyaient sur elles pour impressionner la population (l'ensemble des centres cérémoniels était peint de couleur vive) ; on retrouve parfois dans leurs entrailles des tombeaux de rois, comme cela est le cas à Palenque (Chiapas).

Réserves

Il existe de nombreuses réserves de la biosphère au Mexique. La réserve de Sian Ka'an au bord de la mer des Caraïbes possède des mangroves et des lagunes habitées par sa faune typique : crocodiles, iguanes, lamantins, dauphins, etc., et celle de Calakmul, toujours dans le pays maya, est au coeur de la jungle et possède quant à elle des jaguars, aras, perroquets, toucans... La réserve du Pinacate, à l'extrême opposé, dans l'Etat du Sonora, dessine d'énormes cratères dont un d'un kilomètre de périmètre et une faune propre aux déserts. La réserve du Vizcaino en Basse-Californie renferme une quantité impressionnante de cactus. A certaines périodes, la rosée du matin fait apparaître un magnifique tapis de fleurs en plein désert...

Sombrero

De nombreux Mexicains d'un certain âge portent un chapeau. Il en existe de différents types et de différentes formes : chapeaux charro, chapeaux norteño (type cow-boy), les Jipis. Les Jipis sont des chapeaux panamas, qui proviennent de la ville de Becal, dans la péninsule du Yucatán. On les appelle jipis, d'après la palme de jipijapa originaire d'Equateur, qui sert à les fabriquer. Ils sont chers mais ce sont les meilleurs chapeaux de paille du monde. Les chapeaux les plus fins sont assez souples pour que, pliés, ils passent à travers une bague. De nos jours, les chapeaux sont de plus en plus remplacés par les casquettes à l'américaine.

Syncrétisme

L'exemple le plus frappant de la combinaison novatrice du catholicisme et des rituels préhispaniques peut s'observer dans l'église de San Juan de Chamula, près de San Cristóbal de Las Casas, dans le Chiapas. Là, dans l'église catholique, les chamuliens, qui traditionnellement adorent le soleil, considèrent que le Christ mort est devenu une partie de l'astre solaire. Ils boivent alors un alcool très fort, le posh, ainsi que du Coca (pour éructer). La chaleur qu'ils ressentent en buvant ce breuvage les rapproche du soleil, mais il n'est pas rare d'en voir certains rouler par terre tellement ils ont voulu s'élever. Devant les saints qu'ils implorent, on peut observer aussi des chamanes, hommes ou femmes, sacrifier un poulet pour la guérison d'un des leurs ou pour qu'un membre de la communauté retrouve son âme dérobée par une personne peu délicate ou par la photo d'un touriste... Si le saint ne fait pas merveille, il peut être puni et on le couvre alors d'une couverture en guise de punition.

Tequila

La tequila est l'eau-de-vie par excellence du Mexique. Elle est élaborée principalement dans l'Etat de Jalisco (principalement dans la ville de Tequila) à partir de l'agave bleu, un cactus qui a de longs pics très durs et légèrement bleutés. D'autres régions voisines ont le droit d'utiliser le nom tequila qui est une appellation contrôlée. La vraie tequila doit porter l'inscription 100 % agave azul (agave bleu). Une bonne tequila est une boisson très fine, exactement comme un bon cognac, mais la plupart des tequilas importées ne sont pas les meilleures, loin de là... C'est le même problème avec les vins français que vous pourrez boire au Mexique, chers et généralement très moyens. La raison ? Les coûts d'exportation et le manque de connaissance de l'acheteur !

Tri

" El Tri ", comme les trois couleurs du drapeau mexicain, est le surnom affectueux donné à la sélection de football du pays, avec laquelle les Mexicains entretiennent une relation d'amour-haine quelque peu perverse. Un conseil : laissez le monopole des critiques aux autochtones. La sélection mexicaine, perpétuel outsider, n'arrive pas à franchir le palier qui les rapprocherait des meilleures nations. En 2018, les Mexicains débutent par une victoire face au tenant du titre allemand et la Corée, avant de sombrer lors du troisième match contre la Suède. Ils seront éliminés par le Brésil, sans contestation. Comme on vous fera remarquer si vous assistez à un match, jugaron como nunca y perdieron como siempre (" ils ont joué comme jamais et ont perdu comme toujours ")...

Virgen de Guadalupe

La Vierge de Guadalupe est la sainte patronne de l'Amérique latine depuis qu'au XVIe siècle un " Indien " l'a vue apparaître là où se trouve actuellement la basilique du même nom à Mexico (métro Basilica, la Villa). Cette vierge noire est fêtée le 12 décembre par des centaines de milliers de pèlerins et dans des chapelles dédiées aux quatre coins du pays. En juillet 2003, le pape Jean-Paul II est allé se recueillir dans la basilique de Guadalupe à Mexico. En raison de la couleur de sa peau (brune), la Vierge de Guadalupe a favorisé la conversion au catholicisme des peuples indiens. Son iconographie est désormais passée dans l'imaginaire collectif.

Vitamina T

Taco, tortilla, tostada, tamal, tlacoyo, torta sont la base de la comida rapida (cuisine rapide, ou garnacha) servie dans la rue au Mexique, aussi délicieuse que dangereuse suivant le lieu où vous l'achetez.

Voladores
Cérémonie des Voladores.
Cérémonie des Voladores.

La danse des voladores (ou la danse des hommes qui volent) est la plus spectaculaire et la plus dangereuse des danses indigènes. Elle est originaire du golfe du Mexique (Papantla, Veracruz) et associée à la culture totonaque, mais elle peut être vue tous les jours face au musée d'Anthropologie de Mexico. La danse des voladores s'exécute au son d'un petit tambour et d'une flûte. Les danseurs se ceinturent de cordes enroulées autour d'un très haut mât (30 mètres). Ces cordes, sous leur poids, se déroulent tandis que la plate-forme située en haut du mât se met à tourner. Par l'effet de la force centrifuge, les danseurs descendent en grands cercles vers la terre tels des oiseaux. Ils symbolisent l'âme des guerriers morts qui reviennent sur terre au soleil couchant sous la forme d'oiseaux.

Volcans

Le Mexique est un pays volcanique. Son volcan le plus haut, l'Orizaba, est le toit du pays avec ses 5 636 m d'altitude.

Il existe de nombreux volcans actifs dont le magnifique Popocatépetl (5 465 m), non loin de la capitale Mexico, et le Nevado de Colima, au bord du Pacifique. Le Paricutín, dans l'Etat du Michoacán, date des années 1950, mais il a la particularité d'être né au milieu du champ d'un paysan qui a pu observer son évolution. Le village voisin eut le temps de déménager avant d'être enseveli par la lave.

Faire – Ne pas faire

Un double paradoxe hante le peuple mexicain : il est attaché à ses racines culturelles, déchiré par la colonisation qu'il a subie, mais également attiré par la puissance économique et culturelle de son voisin du nord. La colonisation a créé un métissage de personnes et de cultures, mais de grandes différences existent entre métissés et indigènes tant au niveau culturel qu'économique et social. Si certains Mexicains valorisent énormément la culture préhispanique de leurs ancêtres, d'autres au contraire ne jurent que par la culture américaine de consommation. Alors que les Indiens du Chiapas survivent avec moins de 4 dollars par jour, un député mexicain gagne presque 15 000 dollars par mois ! La relation avec les Mexicains sera donc très différente selon si vous avez à faire à un habitant d'une grande ville, à un Indien du Chiapas, à une famille bourgeoise ou à une famille paysanne.

Il peut être difficile pour un touriste occidental d'aborder un indigène du fait de l'exploitation et du déclassement dont les indigènes ont été victimes au cours des cinq siècles passés, principalement au Chiapas où la méfiance est grande envers les blancs de peau, les güeros. Jusqu'à la Révolution, et sous une autre forme maintenant, les familles mexicaines les plus riches - descendantes directement des Espagnols et donc généralement güeras - ont maintenu les Indiens dans une situation proche de l'esclavage, les forçant à travailler gratuitement dans de grandes exploitations agricoles (sur ce sujet, lire le très bon roman de Bruno B. Traven La Rebelión de los Colgados). A ce propos, vous remarquerez que les Mexicains utilisent souvent les termes mande et a sus ordenes. Cela provient de l'ère coloniale. Mande vient de mandar, donner un ordre et s'utilise fréquemment à la place de " pardon ? " ou de " comment ? ". A sus ordenes, littéralement " à vos ordres " est une formule de politesse qui signifie " à votre service ".

Pour un Mexicain, un güero est souvent synonyme de gringo, de Nord-Américain, le grand frère à la fois aimé et détesté. Il est donc très important de glisser dans la conversation que l'on est français par exemple... Cela peut aider énormément et éviter de payer plus cher certains produits ou services.

Par ailleurs, la violence fondatrice du peuple mexicain a imprégné les différentes couches de la population. En règle générale, le Mexique est un pays assez violent, où l'on en vient vite aux poings, et même aux armes. Certaines personnes sont très susceptibles vis-à-vis des valeurs mexicaines telles que l'honneur, la fierté de la patrie, les femmes, etc. Soyez donc vigilant et évitez les embrouilles, surtout si votre interlocuteur a un peu bu ! La violence se retrouve aussi sous forme de machisme envers les femmes. Si tous les bars au Mexique sont aujourd'hui ouverts aux femmes, dans les faits, certains lieux de divertissement nocturnes, surtout dans les petits villages, restent reservés aux hommes. Ne cherchez pas à faire évoluer les moeurs...

Il faut aussi savoir que les Mexicains sont un peuple assez pudique. Dans les villages côtiers traditionnels, les Mexicaines se baignent en short et T-shirt, voire tout habillées... Ce n'est pas le cas sur les plages qui sont très fréquentées par les touristes étrangers, comme Tulum et Puerto Escondido... Ce qui est important, c'est de respecter les coutumes de l'endroit où vous vous trouvez, si vous voulez éviter de vous faire traiter de tous les noms juste parce que vous êtes en maillot de bain deux pièces...

Les Mexicains sont assez formels, mais lors de négociations ou de relations de travail, il se peut que l'ambiance soit décontractée et amicale. Aussi, le tutoiement apparaît assez rapidement. Un petit détail : les hommes se serrent la main et pratiquent l'abrazo, ils se serrent mutuellement dans les bras l'un de l'autre mais ne se font pas la bise, cela est mal pris... Et pour dire bonjour à quelqu'un de proche, entre un homme et une femme ou entre deux femmes, on ne fait qu'une bise et toujours du même côté.

Autre petit détail qui peut créer un quiproquo, c'est d'utiliser le terme cojer qui en espagnol signifie " prendre ". Au Mexique, ce n'est pas du tout la même chose... Que de rires lorsqu'un étranger demande à un vendeur s'il peut cojer un article qui se trouve sur l'étalage. La bonne réponse est "... fais ce que tu veux, mais fais ça au fond du magasin s'il te plaît ! ".

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