Guide d'Iran : L’Iran en 50 mots-clés

Âbgoosht

L'âbgoosht (littéralement " eau-viande "), également nommé dizi (du nom des jolis pots de terre dans lequel ce plat arrive sur la table, généralement bouillant), compte parmi les plats les plus savoureux du pays. Entre pot-au-feu et ragoût d'agneau, il s'apparente à un couscous dans lequel le pain plat remplacerait la semoule. On commence par servir, dans un bol, une généreuse portion de bouillon avec du pain. Onctueux et savoureux ! Puis, la viande et les légumes - haricots blancs, pommes de terre, oignons, tomates (beaucoup de tomates), pois chiches et citron séché viennent s'y ajouter. Le reste du pot-a-feu (légumes et agneau) est écrasé au mortier avec du pain pour former une pâte délicieuse dont on sert une portion dans chaque bol. Dans le nord-ouest de l'Iran, on remplace parfois l'agneau par du boeuf. On retrouve ce plat en Arménie ; aussi goûteux que calorique, il faut prendre son temps pour le déguster, souvent en deux étapes : la soupe d'abord, un thé ou du yaourt fermenté pour faire une petite pause durant l'opération mortier, et enfin la seconde partie du plat...

Alcool

Loi islamique oblige, l'alcool est prohibé en Iran. Seuls les Arméniens chrétiens bénéficient d'un régime particulier en la matière. S'aventurer à en faire le commerce sur place ou en transporter dans ses bagages vous expose donc à de sérieux ennuis. Néanmoins, très officieusement, les Iraniens obtiennent ce qu'ils veulent sur le marché noir. En outre, en saison, on concocte de l'alcool dans les familles, à partir du raisin vendu sur les marchés. Comme quoi, la Révolution n'est pas venue à bout de tout...

Arméniens

Les Arméniens d'Iran (en arménien : Իրանահայ ou Պարսկահայ) forment l'une des branches les plus anciennes et influentes de la diaspora arménienne moyen-orientale. On recense aujourd'hui environ 500 000 Arméniens en Iran. La communauté est concentrée principalement à Téhéran, à Shahinshahr et dans le nord-ouest du pays, zone historiquement arménienne. Une importante communauté d'Arméniens demeurent également à Ispahan, dans le quartier de Jolfa, où ils constituent la communauté chrétienne locale. Très actifs durant la révolution économique du pays aux XIXe et XXe siècles, les Arméniens émigrèrent en nombre en Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada) et en Europe (France, Grande-Bretagne et Pays-Bas) après la Révolution iranienne. Ils demeurent tout de même la plus importante communauté chrétienne d'Iran, qu'ils composent majoritairement. Ils disposent de deux sièges réservés au Parlement de la République islamique.

Aumône

La pratique de l'aumône religieuse volontaire, très importante en Iran, sous-entend l'idée d'un pacte passé avec Dieu, dans lequel le croyant prend une part active au processus conjuratoire.

Ayatollah

Le terme d'ayatollah est l'un des titres les plus élevés du clergé chiite, très hierarchisé, contrairement à ce qui se pratique dans le sunnisme. Les ayatollahs sont des chefs et des docteurs experts de l'islam dans les domaines de la jurisprudence, de l'éthique, de la philosophie ou du mysticisme. Généralement, ils enseignent au sein des écoles islamiques. Les plus influents portent un turban noir qui indique leur position de descendant de Mahomet via sa fille Fatima, épouse d'Ali, premier imam dans le chiisme duodécimain. Les autres ayatollahs portent un turban blanc. Sur les murs de Téhéran, vous verrez souvent de grandes fresques de portraits d'hommes à barbe et à turban : ceux-ci sont soit des ayatollahs, soit des dignitaires religieux. Les plus fréquemment représentés sont l'ayatollah Khomeiny, père de la Révolution islamique, et son successeur l'ayatollah Khamenei. Les autres sont souvent des martyrs de la Révolution.

Barbe

Signe des temps, ce symbole de l'appartenance religieuse tend à disparaître chez la plupart des jeunes, qui évitent désormais de se laisser pousser la barbe. Exception notable pour les fidèles les plus convaincus et les jeunes appelés au service militaire national.

Badgir

Littéralement " attrape-vent ". Sorte de cheminée carrée et couverte, pourvue sur les côtés de fentes verticales captant le moindre souffle de vent, et permettant ainsi de ventiler et rafraîchir les sous-sols des maisons où l'on cherche, l'été, un refuge contre la chaleur. On les nomme aussi " tours du vent ".

Bassidji

Littéralement " volontaire ". Police des moeurs du Bureau de lutte pour le port de la stricte tenue islamique et contre les immoralités sociales. Ses membres, qui peuvent être comparés à des policiers en civil, sont souvent d'anciens combattants de la Révolution islamique. Ils sont toujours présents à l'entrée des lieux saints, muni d'un plumeau avec lequel ils pointent toute erreur vestimentaire ainsi que les éventuels blasphèmes.

Bazar

Acteur traditionnellement central de la vie économique et sociale en Iran (où il représente environ 8 % de l'économie), le bazar est plus qu'un simple marché. Sorte de vaste bourse informelle, les prix des principales marchandises y sont déterminés sur place. La très conservatrice et puissante Association islamique du bazar rassemble ainsi l'ensemble des professions du commerce traditionnel du pays. Pour la plupart conservateurs et favorables au maintien de la tradition, les commerçants ou bazaris restent proches du pouvoir religieux. A Téhéran, 300 000 personnes y travaillent et 600 000 s'y rendent quotidiennement. Son influence politique décline cependant au profit de nouvelles structures commerciales émergentes.

Calendrier

Le calendrier iranien officiel est solaire. L'année, divisée en douze mois, débute le jour de l'équinoxe du printemps : le 21 mars (Norouz). Les six premiers mois - Farvardin, Ordibehesht, Khordad, Tir, Mordad, Shahrivar - s'étalent sur 31 jours, les cinq suivants - Mehr, Aban, Azar, Dey, Bahman - sur 30 jours, et le dernier, Esfand, sur 29 jours. Le début de l'ère iranienne correspond au départ du Prophète de La Mecque (Hégire) en 622 après J.-C. Pour passer de l'année grégorienne à l'année iranienne, il suffit de retrancher 621. Ainsi, 2010 - 621 = 1389. Concernant la religion, les Iraniens obéissent en revanche au calendrier lunaire.

Calligraphie

La calligraphie est un art majeur de la région musulmane. Au cours des siècles, les oeuvres des calligraphes ont exprimé un talent et un savoir-faire exceptionnels que l'on peut toujours admirer sur les parois des mosquées historiques. De magnifiques pages calligraphiées (exemplaires du Coran, recueils de poésie, récits épiques, etc.) sont également visibles dans les musées, rivalisant de beauté et d'art avec les miniatures persanes. Les artistes continuent à s'exprimer à travers cette discipline, toujours dans le registre sacré mais désormais dans des expressions plus profanes également.

Caviar

L'origine étymologique du terme est le persan khāgāvar. Le caviar iranien était considéré comme le meilleur caviar du monde ; la République islamique, paradis des amateurs de caviar, produisait trois variétés de caviar haut de gamme, les plus connus au monde. Le Beluga était le caviar iranien le plus luxueux. L'Asetra (ou Osciètre) était un caviar délicat, caractérisé par un arôme de noisette. Le Sevruga était enfin un caviar très subtil apprécié des vrais amateurs. Les fonds de la mer Caspienne, qui concentraient autrefois près de 90% de la production mondiale de caviar, sont aujourd'hui quasiment dépouillés. Au cours des vingt-cinq dernières années, le nombre d'esturgeons est ainsi passé de 142 millions à moins de 10 millions. Bandar-e Torkman, sur le littoral, demeure le plus grand centre de production en Iran. N'espérez cependant pas en trouver aisément sur place, l'essentiel étant réservé à l'exportation. Aujourd'hui, l'esturgeon est menacé par la pollution de la mer Caspienne. L'augmentation des rejets industriels, la construction de barrages sur la Volga et l'intensification affolante des pêches et du braconnage menacent à terme les ressources halieutiques.

Censure sur internet

La censure sur Internet reste une réalité en Iran. Sur les moteurs de recherche, toute requête concernant les événements relatifs à la Révolution de 1979 ou aux Etats-Unis, ainsi que les sites coquins et les réseaux sociaux, entraîne une redirection vers des liens morts. Cependant, aujourd'hui, la plupart des jeunes contournent ces interdits en installant des programmes pirates sur leurs ordinateurs. De même, les chaînes télévisées étrangères sont communément piratées par satellite.

Chaikaneh (maison de thé)

L'une des clés de l'art de vivre à l'iranienne. Les grandes maisons de thé proposaient traditionnellement des spectacles avec des conteurs s'inspirant souvent du grand livre Shâh Nâmeh, des animaux dressés à faire des tours et autres amuseurs de rue. Actuellement, les plus belles se trouvent à Ispahan, dans les piliers des antiques ponts qui enjambent la Zayandeh Rud. Cette boisson demeure l'un des éléments clés de l'hospitalité iranienne, si vous avez la chance d'être invité chez un Iranien, ne refusez pas l'invitation !

Chiites

Les musulmans chiites reconnaissent douze imams, successeurs par hérédité du Prophète, au contraire des sunnites qui élisaient leurs dignitaires. La doctrine du chiisme est dominée par l'idée de la spoliation des droits d'Ali, cousin du Prophète, et de ses descendants par les califes omeyyades, et par le souvenir toujours vivant des injustices commises envers les imams martyrs, surtout le troisième imam, Hossein, fils d'Ali, massacré avec sa famille à Kerbala en 680. Le chiisme duodécimain (qui reconnaît douze imams) est la religion nationale de l'Iran depuis le XVIIe siècle.

Chirurgie esthétique

En se promenant dans les quartiers commerçants des grandes villes du pays, impossible de passer à côté du phénomène " nez blanc ". Les hommes comme les femmes sont de plus en plus nombreux à avoir recours à la chirurgie esthétique pour modifier la forme de leur nez. Autorisée par le père de la Révolution islamique, l'ayatollah Khomeiny, la chirurgie esthétique est aujourd'hui très populaire. Il est difficile d'obtenir des chiffres précis, mais le pays aurait le plus fort taux de rhinoplastie au monde ! Le prix d'une telle opération est variable, le nez à 900 € est l'un des plus en vogue, mais certaines interventions peuvent atteindre 3 000 €. Garder le plâtre sur le nez (voire juste un pansement), plusieurs jours après l'opération, est devenue une façon d'afficher son statut social. Les injections de silicone dans les lèvres ou ailleurs sont également monnaie courante. On s'attriste de voir ces jeunes au faciès naturellement de toute beauté se transformer en poupées plastiques...

Le nez naturel sur Facebook

Pour dénoncer la mode des nez refaits, les Iraniennes qui résistent à ce phénomène ont lancé une campagne sur Facebook intilulée " le nez naturel ". Le principe : les Iraniennes qui n'ont pas eu recours à une rhinoplastie envoient une photo de leur visage (voilé tout de même) qui met leur nez en valeur. Une jolie initiative, qui a déjà rassemblé des centaines de " vrais nez ". A suivre et à liker !

Conduite automobile

Les Iraniens s'en moquent éperdument... Dépassements surréalistes, sens uniques transgressés sans vergogne, mépris total du piéton, autant de traits caractéristiques de la conduite sur place. Bref, vigilance de tous les instants impérative, au volant comme à pied !

Couples

La ségrégation entre sexes reste la règle à l'école et dans les bus, où les hommes s'installent devant et les femmes derrière. En revanche, aucune distinction pour les taxis collectifs, pénurie de transports oblige. Néanmoins, la tendance lourde semble aller à une très progressive émancipation. La réapparition de tenues beaucoup plus féminines et les aspirations d'une grande partie de la jeunesse au renouveau sont les garants d'une évolution positive. A noter enfin que les relations sexuelles entre une musulmane et un non-musulman sont condamnées par la loi islamique. Souplesse toutefois pour les touristes : pas de problème pour dormir dans la même chambre, même pour les couples non-mariés. Du moins, personne ne vous demandera votre certificat de mariage... Pour les Iraniens, en revanche, la rigueur est encore totale. Pas de chambre d'hôtel avant le mariage, ni de cohabitation possible. Attention à ne pas vous tromper dans les mosquées, et même à l'aéroport pour le passage des sas de sécurité.

Coran

Livre sacré des musulmans, parole d'Allah transmise à Mahomet par l'archange Gabriel. Il est écrit en arabe et se compose de 114 chapitres, ou sourates. C'est un recueil de dogmes et de préceptes rituels moraux, fondement de la civilisation musulmane et de la loi de l'islam.

Derviche tourneur

Du persan darwich qui signifie " mendiant ". Membre d'une confrérie musulmane pratiquant une danse extatique, sorte de prière collective accompagnée de musique et de chants. De nombreux Iraniens font le pélerinage à Konya, en Turquie, ville sainte de Rumi, fondateur de l'ordre originaire de Perse.

Désert

L'Iran est un pays en partie désertique, et où le désert menace de s'étendre toujours plus. Actuellement, les régions désertiques et semi-désertiques occupent près d'un tiers de la superficie de l'Iran. Elles sont de plus en plus visitées par les touristes locaux ou étrangers qui souhaitent échapper à la vie citadine et se confronter à l'authenticité et au silence des étendues arides. Deux déserts sont particulièrement importants :

Le Dacht-e Kavir, désert salé, qui s'étend du sud-est des montagnes de l'Alborz jusqu'au centre du pays et abrite deux parcs nationaux importants, le parc national du Kavir et le parc national de Tourân (ou Khâr-Tourân), tous deux classés réserves de biosphère par l'Unesco. Ce dernier constitue la deuxième réserve de biosphère du monde du point de vue de la superficie, après la réserve du Serengeti en Tanzanie. Parmi les espèces endémiques : l'engoulevent du désert, un lézard herbivore et quelques scorpions spécifiques. Certaines espèces rares, dont le guépard asiatique ou le zèbre iranien, sont en voie d'extinction et font l'objet de mesures de protection internationales.

Le désert de Lout se déploie sur des centaines de kilomètres dans la partie nord-est de la province de Kermân. Il est classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Le centre de ce désert serait le lieu le plus chaud du globe terrestre. Lout signifie " nu " en persan et effectivement, pas la moindre plante à l'horizon ! Il existe dans ce désert un phénomène naturel exceptionnel et unique, nommé kalout, " ville du désert ", c'est-à-dire la formation au fil du temps de couloirs profonds, du fait de l'action érosive du vent et de la pluie. Il faut savoir que le vent souffle environ 120 jours par an dans cette région en déplaçant la terre sablonneuse. Et si la pluie est rare, lorsqu'elle survient, elle est abondante et transforme le sable en une boue épaisse dans laquelle le vent creuse des gorges qui évoquent les ruelles d'une ville inhabitée aux maisons en pisé. Une ville fantomatique de 160 km de long et de 200 à 500 m de large ! On observe cette structure à une quarantaine de kilomètres de Shâhdâd, à l'ouest du Lout.

Attention, une excursion dans le désert ne s'improvise pas. Faites-vous accompagner ou au minimum conseiller par des experts.

Diaspora

Deux millions d'Iraniens hors d'Iran (Los Angeles, Japon, Turquie, Dubaï, Europe), autant de futurs investisseurs potentiels quand l'Iran aura achevé le processus d'ouverture.

Femmes

Malgré la répression des mollahs, le statut de la femme évolue. En 2009, une femme a fait son entrée dans le gouvernement, une première depuis la proclamation de la République islamique d'Iran en 1979. Quelques années auparavant, Shirin Ebadi, avocate et lauréate du prix Nobel de la Paix, en 2003, témoignait déjà de cette visibilité nouvelle du deuxième sexe au sein de l'espace public. Contrairement à d'autres pays musulmans, les Iraniennes sont autorisées à conduire et disposent des mêmes droits de succession que les hommes. Lors de leur mariage, une somme est décidée qui devra leur être versée en cas de divorce. Toutefois, sur le plan juridique, leurs droits sont toujours malmenés.

Le hijab ou voile islamique

Hijab : littéralement, " celui qui empêche ". Le Coran opère sur plusieurs registres où se mêlent sacré, masculin et féminin, voile et corps. Le hijab est un écran de protection. La faute est donc hijab entre le croyant et Allah, tout comme la dévotion est hidjab entre le croyant et l'Enfer. Lorsque le Prophète se réfugia à Médine, où les moeurs étaient plus libres qu'à La Mecque, il institua le hidjab pour ses femmes, pressé par les membres de son entourage : " O, Prophète, dis à tes femmes, à tes filles, aux femmes des croyants d'abaisser sur leur front leur hijab, on les distinguera par là, et elles ne seront pas exposées à des insultes ". Trois siècles après Mahomet, un imam imposa le port à l'ensemble des musulmanes. Antérieur à l'islam, il était initialement l'apanage des femmes de haut rang. D'ailleurs, dans la plupart des civilisations du pourtour méditerranéen, les femmes d'un certain rang se démarquaient des esclaves en se couvrant la tête. L'Ancien et le Nouveau Testament évoquent les femmes voilées. L'injonction chrétienne faite aux femmes d'avoir la tête couverte lorsqu'elles sont à l'église s'est imposée en Italie, en Espagne, mais aussi en Corse ou en Bretagne où les coiffes remplacèrent le foulard. Les religieuses prennent définitivement le voile en prononçant leurs voeux. La mariée porte un voile le jour du sacrement du mariage. Et jusqu'au début de la seconde moitié du XXe siècle, le voile du deuil demeurait très courant. Dans le monde islamique, à l'époque des califes abbassides, très rigoristes, le patriarcat et la stricte séparation des hommes et des femmes excluent de facto les femmes de l'espace public. Il faut attendre 1923 pour que la présidente du mouvement féministe égyptien rejette officiellement le voile au profit du foulard. Deux ans plus tard, Mustafa Kemal, en Turquie, partait en guerre contre le hijab. En 1928, le shah d'Afghanistan suivit son exemple, tout comme son homologue d'Iran. L'Histoire a montré depuis la nature des oppositions suscitées par de telles réformes. A noter cependant, la place très particulière des Iraniennes au sein du monde musulman. Paradoxalement, le port du voile a en effet permis aux femmes de pénétrer l'espace public. Un certain nombre d'entre elles ont été élues au Parlement durant la législature 2000-2004 et, en 2009, l'une d'elles a fait son entrée au gouvernement au poste de ministre de la Santé ; une première depuis la proclamation de la République islamique. Aujourd'hui, en Iran, les femmes rivalisent d'élégance dans le port de foulard : à l'arrière de la tête, mariant plusieurs voiles, couleurs, textures, façons de le draper, etc. Si aucune femme ne quitte son foulard en public, celui-ci fait partie intégrante de la séduction féminine à l'iranienne. Il y a bien longtemps que son rôle a été détourné ! Une manière locale de contourner le problème, finalement...

Fondation des deshérités

Créée au début de la Révolution islamique pour venir en aide aux déshérités, cette fondation caritative est devenue un véritable empire financier. Elle est très influente.

Hospitalité

Dans l'ensemble du pays, vous serez accueilli le plus souvent avec une grande courtoisie et un savoir-vivre rare. Ici, l'hospitalité n'est en effet pas un vain mot. Les Iraniens, à l'instar des Musulmans en général, mettent un point d'honneur à bien vous recevoir.

Jardins

Aussi spécifiques et remarquables que les jardins japonais, les jardins persans sont orchestrés selon des règles très spécifiques dont l'origine remonte à 4 000 ans avant J.-C. Ils participent pleinement à l'art de vivre à l'iranienne. Havres de paix et de verdure dans le désert, avec leurs fleurs et leurs bassins, l'eau qui circule, les haies et les arbres géants, les odeurs et les chants d'oiseau, les jeux d'ombre et de lumière, les murs et les pavillons, ils sont autant de petits paradis qui invitent à la paix, inspirent les poètes et ravissent les amoureux. Prenez le temps d'y méditer. Le must : s'allonger sur le divan d'un salon de thé en profitant de l'environnement... Le jardin persan se décline en cinq styles primaires (classique, public, privé, formel et informel) et une multitude de variantes. Parmi les composantes de ces jardins : les effets structurants d'ombre et de lumière du soleil, qui assurent des jeux visuels et surtout des espaces de fraîcheur. Les jardins persans représentent donc un espace de verdure et de fraîcheur dans un pays caractérisé par ses épisodes de canicule et sa sécheresse. La circulation d'eau fait appel à un tunnel souterrain sous la nappe phréatique, appelé qanat, qui est utilisé pour l'irrigation. Des puits sont reliés au qanat pour ramener l'eau à la surface. Les arbres sont souvent plantés dans un fossé appelé jub, pour réduire l'évaporation et permettre à l'eau d'atteindre plus rapidement les racines.

Une dizaine de jardins iraniens sont classés au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.

Le Taj Mahal, en Inde, est inspiré des jardins persans.

Jeunesse

Acteur central de la société actuelle, les jeunes forment aujourd'hui la grande majorité de la population. Avec 60 % de moins de 30 ans, l'Iran connaît en effet un véritable saut démographique. Une simple balade dans les rues suffit à mesurer l'ampleur du phénomène. Aspirant à un réel changement, ils se révolteront en 2009 contre la réelection de Mahmoud Ahmadinejad. Aujourd'hui encore, ils revendiquent plus de liberté et d'ouverture et certains osent des manifestations de révolte (parfois, de simples danses en public) pour lesquelles ils encourent de lourdes peines.

Les trois K à ne pas confondre

Khomeiny

Couramment désigné sous le titre d'ayatollah Khomeiny, Sayed Ruhollah Musavi Khomeiny est l'un des hommes-clés de la Révolution de 1979. Apparu sur la scène politique dans les années 1960 pour s'opposer aux réformes libérales proposées par le shah, il est contraint de s'exiler en Turquie, en Irak puis en France pour faire vivre ses idées. C'est d'ailleurs de Neauphle-le-Château, en banlieue parisienne, qu'il fomenta la Révolution islamique. Son retour en Iran est salué par le peuple et suivi de l'instauration d'une République islamique.

Khamenei

Président de la République sous l'imam Khomeiny. A sa mort, le 4 juin 1989, il prend à son tour le titre de chef suprême de la Révolution.

Khatami

Mohammed Khatami a été élu président de la République islamique d'Iran le 23 mai 1997. Son arrivée sur la scène politique du pays a été porteuse d'un espoir national d'évolution pour la société iranienne.

Langue

Les Iraniens parlent le farsi, encore appelé persan. Cette langue s'écrit de droite à gauche et utilise les caractères arabes. L'alphabet persan comporte néanmoins quatre sonorités de plus que son homologue arabe : p, tch, j et g. Ne vous inquiétez pas trop pour la communication, il est facile de trouver un interlocuteur parlant anglais et vous pourrez même utiliser quelques mots français dont merci, très répandu en Iran. Conseil pratique : rouler les r pour sonner local !

Matyrs (chaadi)

Il n'y a pas une ville, pas un village qui n'ait son monument aux morts de la guerre Iran-Irak, aussi meurtrière que la Première Guerre mondiale en Europe. Omniprésentes partout dans le pays, de grandes peintures naïves, de style révolutionnaire, figurant des martyrs tombés pour la patrie au cours de ce conflit meurtrier, s'alignent le long des routes, aux ronds-points ou encore sur les murs des villes.

Masdjed (mosquée)

En arabe " lieu de prosternation ". La première mosquée, qui a servi de prototype pour les suivantes, était la maison même du Prophète, à Médine. Elle comportait une cour centrale où se rassemblaient les fidèles. Devant l'un des murs, se trouvait un portique. Le mur de la qibla indiquait la direction de La Mecque. Le Prophète s'asseyait en haut d'une chaire à trois marches, ou minbar, pour s'adresser aux fidèles. Ces éléments de base : le lieu de rassemblement, le portique, le mur de qibla et le minbar, vont être repris dans les mosquées, avec un nouvel élément, le mihrab, une niche située au centre du mur de qibla et qui apparaît au cours du 1er siècle après l'Hégire.

Sous la dynastie des Seldjoukides (1038-1157), furent construites de nombreuses et remarquables mosquées monumentales, notamment à Ispahan, à Ardestan et à Qazvin, toutes bâties selon le même plan. La principale innovation est le plan à quatre iwans et l'intégration du pavillon à coupole entouré de salles hypostyles. Au milieu de chaque mur encadrant la cour intérieure de la mosquée, se trouve un iwan, salle voûtée en ogive ouverte d'un seul côté. Une fois adopté, ce plan de la cour avec les quatre iwans, caractéristique du pays, changea peu au cours des siècles.

Miniatures

Inspirés par les peintures chinoises, les Iraniens ont intégré l'art de la miniature sous la période mongole au XIIIe siècle. Ces tableaux très colorés illustrent la plupart du temps des scènes de la vie quotidienne telle que des parties de polo, de chasse ou des couples d'amoureux. Les miniatures sont aisément reconnaissables à la forme des personnages représentés. Traits fins, visage peu expressif, anatomie disproportionnée, leur physique ne correspond pas aux canons de l'art occidental. Utilisé pour illustrer les livres saints ou les recueils de poésie, cet art se retrouve aussi sur les murs de certains monuments religieux ou dans les monuments bâtis sous l'ère des Séfévides. Les représentations les plus belles et les mieux préservées se trouvent aujourd'hui à Ispahan. A ne pas manquer, la salle principale du palais Chehel Sotun, les églises du quartier arménien et les stands de miniaturistes dans le bazar autour de la place de l'imam. Téhéran abrite également un musée d'une grande richesse en la matière.

Montagne

Aussi représentative de l'Iran que le désert, la montagne marque le paysage et attire les randonneurs. Encadrant le plateau central, dominant Téhéran, offrant des alpages et des stations de ski, des neiges et de l'eau en abondance, c'est une manne pour ce pays soumis à la sécheresse et à la canicule. Au plus chaud de l'été, les Iraniens aiment grimper sur les hauteurs pour chercher de la fraîcheur. Les nomades y mènent leurs troupeaux. Des alpinistes occidentaux s'associent avec des sportifs iraniens pour des courses et des balisages. Les montagnes iraniennes sont structurées en deux chaînes : l'Albroz et le Zagros. Deux montagnes très chères au coeur des Iraniens.

La chaîne de l'Alborz, qui s'étire d'ouest en est au nord du plateau iranien, est constituée de montagnes dépassant les 5 000 m d'altitude. Le plus haut sommet de cette chaîne est le mont Damâvand (5 671 m). Le nom Alborz dérive de Hara Barazaiti, une montagne légendaire de l'Avesta, le texte sacré des Zoroastriens.

La chaîne du Zagros sépare le plateau iranien de la plaine mésopotamienne et s'étend sur près de 1 800 km, du nord-ouest au sud-est de l'Iran, depuis la frontière turque jusqu'au détroit d'Ormouz. Elle est large de 250 km en moyenne, et atteint 4 500 m d'altitude dans sa partie centrale. Ce sont les Grecs de l'Antiquité qui baptisèrent ainsi les montagnes de l'Ouest iranien.

La plupart des villes iraniennes sont situées au pied des montagnes et profitent du système d'irrigation des qanats, acheminant l'eau des torrents.

Norouz

Le Nouvel an persan, célébré le 21 mars. Malgré la conquête arabe et l'islamisation qui s'ensuivit, les Iraniens n'ont jamais accepté de renoncer aux fêtes qui puisent leurs origines dans la religion zoroastrienne. Cette fête, qui marque l'équinoxe de printemps, est l'occasion de grandes réjouissances.

Pain

Rond, ovale, épais, fin, croustillant, souple, en Iran, vous trouverez le pain sous de multiples formes. Et pour cause, celui-ci accompagne chaque repas : au petit déjeuner, trempé dans du yaourt et agrémenté de confiture, au déjeuner pour déguster votre kebab, et au dîner plongé dans le khoresh, sorte de ragoût local. Désigné sous le nom de nan ou nun, on peut distinguer quatre variétés différentes : le lavash, une feuille fine à base de farine blanche, le sangak long et épais cuit sur un lit de pierre, le barbari épais et de forme ovale et, enfin, le taftun, galette ovale très croustillante. Prenez le temps de vous arrêter dans une fabrique à pain où celui-ci est encore cuit dans des fours traditionnels. N'hésitez pas à demander à passer derrière le comptoir pour suivre de près toutes les étapes de fabrications du précieux mets. Un peu surpris au début, les artisans boulangers se feront un plaisir de vous faire découvrir une technique vieille de plusieurs centaines d'années, et de vous faire goûter à leur production.

Pasdaran

" Gardiens de la révolution ", ce corps d'unité paramilitaire de la Révolution islamique constitue la garde prétorienne du régime. Cette structure est restée, jusqu'à la fin de la guerre Iran-Irak, une force militaire considérée comme une armée de libération, à l'instar des autres mouvements de libération dans le monde. Aujourd'hui, ce que beaucoup qualifient de milice et qui jouit d'une grande indépendance par rapport à l'armée régulière peut intervenir sur les plans politique, militaire et même social. Véritable gardienne du pouvoir en place, on a beaucoup entendu parler d'elle durant les élections présidentielles de 2009 et pendant les émeutes, rudement réprimées.

Persépolis

L'Inde a le Taj Mahal, la Jordanie a Pétra, l'Egypte a ses pyramides et l'Iran a Persépolis. Récemment associée à la bande dessinée, puis au film de Marjane Sartrapi décrivant le quotidien d'une jeune fille pendant la Révolution islamique de 1979, Persépolis était l'une des cités les plus importantes de l'Empire perse. Construite au VIe siècle avant J.-C., elle s'étendait sur près de 25 000 m2. Aujourd'hui, les vestiges de cette ancienne capitale d'apparat sont encore bien préservés. Portez tout particulièrement votre attention sur les bas-reliefs, somptueux.

Pique-nique

Les Iraniens adorent pique-niquer. Qu'il s'agisse de familles, de groupes de jeunes, de copines avec leurs jeunes enfants à l'orée des aires de jeux... Dans les parcs et les jardins, le long des berges, le long des sentiers de randonnée en montagne, on déploie à la bonne franquette un grand tissu ou un tapis pour déposer les ingrédients et préparer des tonnes de sandwichs. Tous les ans, le 1er ou 2 avril selon le calendrier, les Iraniens se rassemblent pour pique-niquer. C'est le jour du Sizdah Bedar, le treizième jour après le jour du Nouvel an, treize jours qui font référence aux constellations du Zodiaque. Une journée à l'extérieur, joyeuse et légère, où l'on raconte des blagues, perpétuant ainsi une tradition printanière née à l'époque achéménide (Ve siècle av. J.-C.). Les blagues du 1er avril, marquant le début du printemps, sont une tradition partagée avec les Juifs (Purim), les Romains (festival d'Hilaria) ou encore les Hindous (Holi)... et même avec notre poisson d'avril !

Pistaches (pisteh)

Autrefois leader incontestable de la culture des pistaches, l'Iran dispute aujourd'hui la place de premier producteur mondial aux Etats-Unis. Autrefois réservée aux élites, la consommation de pistaches s'est grandement démocratisée et fait aujourd'hui partie du régime alimentaire de base iranien. Principales zones de culture : les provinces de Kerman, du Khorassan, de Yazd, de Qazvin, de Fars et d'Ispahan. Les pistaches iraniennes sont réputées délicieuses... ce qui est vrai ! Vous pouvez en grignoter toute la journée, mais n'oubliez pas que c'est très calorique !

Poètes

Parmi les grands poètes perses, Omar el-Khayyâm, Hafez, Saadi... Les Iraniens adorent leurs poètes, qui évoquent la vie quotidienne : la liberté se fait attendre, la jeune fille en aime un autre, faut-il ce mairage ou non, cette jeune fille va-t-elle rencontrer l'amour... En Iran, un poète est toujours une sorte de boule de cristal, et la vie, un rêve à déchiffrer en poésie. Depuis des siècles, les Iraniens récitent leurs vers jusqu'au vertige.

Réfugiés

Coincé entre des pays politiquement instables, à l'ouest comme à l'est, l'Iran constitue une terre d'accueil pour de nombreux réfugiés. En 2015, le pays comptait 950 000 réfugiés afghans et 32 000 réfugiés irakiens.

Religions

Zoroastrien durant plusieurs siècles, le pays se convertira à l'islam après la conquête arabe au VIIe siècle. Une conversion rapidement suivie d'une dissidence. L'Iran opte en effet pour le chiisme contre le califat omeyyade sunnite. Partisans d'Ali, gendre du Prophète et 4e calife, les chiites investissent ce dernier d'une fonction spirituelle divine et adhèrent à un ordre social religieux, où les douze imams jouent un rôle prépondérant. Aujourd'hui, 90 % de la population demeure chiite pour 9 % de sunnites. Le fait religieux domine naturellement la théocratie iranienne instaurée en 1979, après le triomphe de la révolution islamique et l'accession au pouvoir de l'ayatollah Khomeiny. Dans les chambres d'hôtel, un imprimé indique la direction de La Mecque pour la prière des fidèles.

Safran (safaron)

Originaire d'Iran, le safran pénètre en Europe au Moyen-Age par l'Espagne et après le retour des Croisés. Avec une production annuelle de 150 tonnes, le pays représente à lui seul 70 % de la production mondiale. Principales régions de culture : essentiellement dans la partie sud de la province du Khorassan et en petite quantité dans les provinces du Fars, de Kerman et de Yazd. Selon les Iraniens, la consommation du safran favoriserait le sourire. Ne pas s'en priver donc...

Shopping

La richesse de l'héritage artisanal iranien étale ses plus belles pièces dans les nombreux bazars du pays. Outre les magnifiques tapis persans, attardez-vous également sur les objets en marqueterie, émaux, les productions de cuivre ou de laiton, les calligraphies, les miniatures, les tissus imprimés, ainsi que les bijoux en argent, or, pierres semi-précieuses, turquoises (à Machhad). Notez l'existence de restrictions à l'exportation pour certains objets archéologiques ou artistiques. Concernant les tapis, les touristes sont autorisés à repartir avec une surface de 12 m² maximale. Au-delà, les douanes appliqueront les taxes en vigueur.

Tapis persan

Les tapis persans, d'origine très ancienne, connurent leur âge d'or sous la dynastie des Safavides, et c'est sous le règne des Qadjars qu'ils furent introduits sur le marché européen. Les tapis persans (noeud asymétrique) sont différents des tapis turcs (noeud symétrique). Les tapis fabriqués par la technique du noeud persan sont plus souples et présentent un dos plat et uni. Plus les noeuds sont serrés et nombreux, plus les motifs apparaissent nets et sans flou, et plus ils sont chers... Mais n'espérer pas trouver de tapis persans qui volent, ce n'est que pure légende !

Ta’arof

Ensemble de règles qui régissent le savoir-vivre en Iran. Le ta'arof se manifeste tout particulièrement lors d'une invitation. La coutume est de la refuser trois fois avant de finalement l'accepter. Cela laisse la possibilité à votre interlocuteur d'être poli en vous invitant et de se sauver la face s'il n'en n'avait pas la possibilité. Ce code de conduite implique aussi des attitudes physiques. Par exemple, évitez les effusions en public, attendez que votre interlocuteur tende sa main pour la serrer et, si vous êtes une femme, évitez tous contacts physiques avec les hommes. Ces règles sont si nombreuses et complexes qu'aucun Iranien ne s'attend à ce que vous les respectiez. Observez les gens autour de vous et contentez-vous de les imiter. Si vous êtes invité dans une famille, calquez votre attitude sur celle de vos hôtes.

Tremblements de terre

On le sait, l'Iran est situé en zone sismique. Pris en sandwich entre la plaque eurasiatique et la plaque arabique, ce territoire subit des tremblements de terre à répétition, et contrairement à des pays comme le Japon, l'Iran ne dispose pas des constructions anti-sismiques de pointe qui permettent aux villes nippones d'y résister. L'ancienne Perse, comme l'Iran moderne, a subi de nombreux séismes dévastateurs. Nishapur fut quasiment rayée de la carte en 1267 ; Tabriz, en 1727, fit également les frais des caprices du sous-sol avec la destruction d'une grande partie de ses édifices, dont la Grande mosquée bleue. La catastrophe de Bam, en décembre 2003, reste dans toutes les mémoires. Bilan : 35 000 morts et la destruction d'une grande partie de la citadelle historique, la plus grande du monde en pisé. Un terrible traumatisme, tant humain que patrimonial. Ce bilan s'ajoute à celui du tremblement de terre qui a dévasté l'Iran en 1990 (45 000 morts dans les régions de Zanjan et de Ghilan)... Le réalisateur iranien Abbas Kiarostami a réalisé une trilogie (Où est la maison de mon ami ?, Et la vie continue et Au travers des oliviers) qui s'articule autour de cette tragédie.

Zones franches

Depuis 1993, trois zones franches officielles ont été ouvertes sur le territoire iranien : sur les îles de Kich et Qeshm, dans le golfe Persique, et à Chabahar, port sur l'océan Indien à la frontière du Pakistan. La réglementation générale des importations est appliquée aux exportations de marchandises depuis les zones franches vers l'Iran. Les projets d'investissements étrangers sont autorisés sans limite et y bénéficient de 15 ans d'exemption d'impôts.

Zoroastrisme

Prônant le libre choix individuel entre bien et mal, le zoroastrisme repose sur un postulat de pureté des éléments naturels. Un syncrétisme s'opère sous les Achéménides. Le culte s'impose comme religion de l'Empire perse durant la période sassanide (224-642) sous l'influence du prêtre Kirdir, deuxième personnage sous le règne du roi Bahram II. Kirdir ne se bornera pas à promouvoir le zoroastrisme, il s'attaque également aux religions " hérétiques ", notamment le christianisme, le judaïsme et le manichéisme. Suite à la conquête arabe en 642, l'ensemble du pays se convertit à l'islam. Persécutés, les Zoroastriens fuient alors dans les montagnes ou émigrent au nord-ouest de l'Inde, où ils constituent toujours une communauté prospère de 100 000 membres : les Parsis, aussi nombreux que les Zoroastriens d'Iran. Essentiellement installés dans les provinces de Yazd (communauté la plus importante avec 10 000 individus), de Kerman et d'Ispahan, ceux-ci ont maintenu leurs traditions. Les femmes zoroastriennes portent généralement des foulards à fleurs rouges sur fond blanc et des robes aux couleurs vives. La minorité zoroastrienne, active et cultivée, a essaimé à Téhéran et entretient des relations suivies avec son homologue indienne.

Autel du feu. Dans l'ancienne religion mazdéenne, le feu (Atar, fils d'Ahura Mazda) tient une place prépondérante et est un symbole de pureté qu'il convient de ne pas souiller. Ahura Mazda ne devant bénéficier d'aucun sanctuaire ou statue, les mages entretenaient le feu sacré au coeur des autels.

Tour du silence. Les Zoroastriens refuseront longtemps d'enterrer leurs morts par souci de ne pas souiller la terre. Suivant cette même logique, l'incinération sera également prohibée. Durant des siècles, ils exposeront leurs dépouilles au sommet des tours du silence (dakhme), les vautours se chargeant d'éliminer les corps. Interdite par les autorités, cette pratique prendra fin au cours du XXe siècle.

Zurkhaneh

Ou " maison de la Force ", à savoir un gymnase traditionnel perse. Peu connus en dehors de l'Iran, ils consistent en une arène souterraine réservée aux hommes, aménagée pour la pratique de la lutte et de la musculation, où la pratique est rythmée par un tambour. L'ambiance est parfois proche de la transe collective et peut évoquer les derviches tourneurs. Dans les sites touristiques, certaines maisons de la Force sont ouvertes aux touristes, y compris aux femmes (payant).

Faire – Ne pas faire

Faire

Rester calme et si possible souriant en toutes circonstances. Manquer de sang-froid, pour les Iraniens, est un grand déshonneur.

Veiller à rester courtois et décent, en ville comme à la campagne. Les personnes âgées sont par exemple très respectées. Pour saluer, utilisez le terme salam, signifiant " que la paix soit avec vous ". Les titres traditionnels de Monsieur et de Madame sont respectivement agha et khanom, aujourd'hui complétés par les titres comme sayyed (descendant de Mahomet) ou ayatollah (membre élevé du clergé chiite, expert de l'islam). A mesure que s'élève le rang de la personne que l'on quitte, pour prendre congé, on dit : " Dieu garde ! ", " Dieu vous garde ! ", " Votre miséricorde est infinie ! " et enfin " Que votre ombre bénie ne s'éloigne pas de notre tête ! ". En Iran, les relations hommes-femmes, régies par la loi islamique, excluent tout contact en public. Si vous saluez une personne du sexe opposé, portez simplement votre main à la poitrine en inclinant légèrement la tête en avant. En revanche, pour saluer une personne du même sexe, il est d'usage de lui serrer la main. Toutefois, ces règles sont de moins en moins strictes, surtout en ville et dans les zones touristiques. Pour le contact avec les Occidentaux, une certaine souplesse est de mise.

Les femmes doivent garder la tête couverte, partout et en toute circonstance : y compris sous la pire des canicules, y compris dans un taxi privé, dans une administration, une banque, un musée, dans les hôtels ou les restaurants... Si vous êtes invitée dans une famille et que l'on vous convie à vous découvrir, cependant, vous pouvez le faire ! Et si personne ne vous empêche d'ôter votre foulard dans votre chambre d'hôtel, n'oubliez pas de le remettre lorsque l'on vient chercher vos valises ou vous apporter un repas.

Négocier le taxi sans compteur avant d'entamer votre course. Une fois à destination, il sera trop tard !

Offrez des fleurs ou des pâtisseries si vous êtes invité dans une famille, voire du maquillage de France pour les jeunes femmes et du chocolat pour les hommes.

Ne pas faire

Affirmer en public que l'on ne croit pas en Dieu, ce qui pourrait être mal perçu. Toutefois, vous serez surpris d'entendre les Iraniens afficher d'emblée une certaine décontraction par rapport à la religion, voire des critiques envers les diktats religieux et certaines attitudes exaltées des plus fervents croyants.

Pénétrer dans la salle de prière d'une mosquée sans retirer ses chaussures.

Chercher à séduire une Iranienne. Le Coran interdit aux Musulmanes les relations sexuelles avec un non-musulman.

Se moucher à table, signe d'impolitesse extrême.

Eviter les jugements hâtifs et les leçons de morale sur la situation du pays. Le sentiment d'appartenance nationale demeure très vif, même si les Iraniens critiquent facilement leurs dirigeants. Vous ne savez pas toujours à qui vous parlez et si vous êtes ou non observé... Mais ne tombez pas dans la parano pour autant !

A noter que les Iraniens, à l'instar des Chinois, ne disent jamais directement non. Evitez, donc, de les mettre dos au mur, au risque de leur faire perdre la face... " La politesse est une monnaie qui enrichit non point celui qui la reçoit, mais celui qui la donne " (sagesse persane).

Oublier le pourboire. Les salaires des professionnels du tourisme (porteurs, serveurs, guides, chauffeurs, etc.) leur suffisent rarement à vivre convenablement toute l'année.

Penser que le piéton est prioritaire en traversant la rue, même sur un passage piéton.

Courir pour traverser la rue encombrée. La circulation en ville est très dense et la conduite des Iraniens particulière. Vous ne gagnerez pas à tous les coups ! Vous n'imaginez pas l'audace de certains conducteurs. Il vous faudra vous adapter. Conseil de guide assermenté : allez-y les yeux fermés lentement plutôt que de courir. Tenté ?

Confondre les Iraniens avec les Arabes ou la langue perse avec la langue arabe.

Préparez votre voyage !

transports
  • Vol pas cher
  • Louer une voiture
  • Réservez un ferry
  • Location de moto
hebergement
  • Réservez un hôtel
  • Location de vacances
  • Votre logement Airbnb
  • Trouvez votre camping
Séjours
  • Voyagez sur mesure
Sur place
  • Activités Funbooker
  • Réservez une table
  • Trouvez une activité
  • Activités Airbnb

Adresses Futées d'Iran

Avis
Jeu concours

Les jeux concours du moment

Remportez un week-end bien être pour 2 personnes en Auvergne !

Profitez d'une parenthèse enchantée pour 2 personnes en Auvergne avec Aiga Resort.