Guide d'Iran : Politique et économie

Politique

La constitution de la République islamique, de nature théocratique, affirme la primauté du religieux sur le politique et repose sur la charia (loi islamique). Le Guide de la Révolution, désigné à la tête du pays par une assemblée d'experts, demeure le premier personnage du régime, conformément au principe de Velayat-e faqih, littéralement le " magistère du maître religieux ". Sous sa responsabilité, une partie du pouvoir exécutif est également détenu par le président de la République, chef du gouvernement élu au suffrage universel.

Structure étatique

Le régime théocratique iranien repose sur plusieurs pôles institutionnels : le Guide religieux (droit de véto), la Présidence de la République, le Madjlis (ou Parlement iranien), le Conseil de discernement, l'Assemblée des experts et le Conseil des gardiens de la Constitution. Le pays est en outre subdivisé en 30 provinces dirigées par des gouverneurs généraux nommés par le ministre de l'Intérieur.

Le Guide de la Révolution. Actuellement l'ayatollah Ali Khamenei, il demeure le premier personnage du régime. Désigné par l'Assemblée des experts, composée exclusivement de religieux, il détermine, après consultation du Conseil de discernement, les principes généraux et les lignes directrices de la politique de l'Etat islamique et supervise l'exécution de cette politique. Il peut décider d'organiser un référendum et arbitre les conflits entre pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Le guide est également le chef des armées et il nomme ou révoque les commandants des forces armées. Le guide a en outre la haute main sur le pouvoir judiciaire et décide enfin des orientations importantes dans le domaine de la politique extérieure. Ses fatwas sont incontestables.

Le président de la République. Actuellement Hassan Rohani, il est élu au suffrage universel direct pour quatre ans. Son mandat n'est renouvelable qu'une fois. Il préside le Conseil des ministres, nommés par lui sur approbation du Parlement. Ce dernier peut d'ailleurs démettre le président individuellement ou le gouvernement collectivement. A noter que toute candidature à la présidence de la République doit recevoir l'approbation du Conseil des gardiens de la Constitution, institution religieuse conservatrice sous l'autorité du guide suprême. L'invalidation quasi systématique de la plupart des candidats réformateurs fausse de facto le caractère démocratique des élections.

L'Assemblée islamique ou Madjlis. Parlement monocaméral, il est composé de 290 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de quatre ans. Cinq d'entre eux ont vocation à représenter les minorités confessionnelles reconnues par le régime (Chrétiens, Zoroastriens et Juifs). Le Parlement vote la loi, approuve et peut renverser le gouvernement et le président de la République. Les pouvoirs du Parlement sont néanmoins limités par le contrôle du Conseil des gardiens de la Constitution et du Conseil de discernement.

Le Conseil de discernement. Dirigé aujourd'hui par Hachémi Rafsandjani, a pour mission d'arbitrer les litiges apparus entre le Parlement et le Conseil des gardiens de la Constitution. Il est composé de membres de droit et de membres nommés par le Guide. Il comprend notamment les six membres religieux du Conseil des gardiens, le président du Parlement, le chef du pouvoir judiciaire, le président de la République, le ministre concerné par le litige ainsi qu'une dizaine d'autres personnalités.

Le Conseil des gardiens de la Constitution. Il est composé de douze membres désignés pour six ans : six religieux nommés par le guide et six juristes élus par le Majlis sur proposition du pouvoir judiciaire. Sa principale fonction est de veiller à la compatibilité des lois à la Constitution et aux principes de l'islam, la charia. Toutes les lois votées par le Parlement doivent obtenir l'approbation du Conseil des gardiens. Néanmoins, l'un de ses pouvoirs-clés réside dans sa capacité à retenir ou invalider les candidatures aux élections présidentielle et législative, ou à l'Assemblée des experts. Extrêmement conservateur, le Conseil empêche et rejette le plus souvent les candidatures des réformateurs.

L'Assemblée des experts. Composée d'environ 80 religieux, élus pour huit ans au suffrage universel direct (taux de participation très faible), elle a pour rôle de désigner le Guide de la Révolution et, le cas échéant, de le démettre de ses fonctions.

Économie

L'économie iranienne demeure très largement aux mains de l'Etat, qui monopolise 80 % des richesses depuis la Révolution islamique de 1979. Un système de planification centrale perdure avec de fortes participations étatiques dans le secteur des hydrocarbures et les grandes entreprises (industrie lourde, banques, biens de consommation, agroalimentaire). Parallèlement, les commerçants puissants (bazaris) et de petits agriculteurs constituent l'essentiel du secteur privé. Quelques grandes firmes étrangères, notamment européennes et françaises, se sont également implantées sur place. L'Iran tire 80 % de ses recettes d'exportations du secteur des hydrocarbures. Second producteur de pétrole au sein de l'Opep (4 millions barils/jour), le pays dispose des deuxièmes ressources gazières au monde et des troisièmes réserves de pétrole. La hausse considérable des cours de l'or noir depuis le début de la guerre en Irak a permis aux autorités de poursuivre une politique de reconstitution des réserves en devises (24,4 milliards de dollars, soit près de 6 mois d'importation). Ces éléments combinés à une position stratégique au coeur du Moyen-Orient et en bordure de la mer Caspienne font de ce pays l'un des grands acteurs de la scène régionale et internationale. Néanmoins, le régime peine sur le plan intérieur à générer les activités suffisantes pour les millions de jeunes Iraniens qui entrent, une fois leurs études achevées, sur le marché du travail. Dans un pays où 60 % de la population a moins de 30 ans, le gouvernement doit créer 800 000 emplois chaque année pour maintenir le chômage à son taux officiel de 11,2 %. Avec un taux de croissance à 6,3 %, l'Iran fait pourtant largement mieux que la plupart des Etats de l'Union européenne. De plus, compte tenu de la structure particulière de l'économie iranienne, reposant sur un système fermé, en retrait de l'économie mondiale, le pays a été épargné par la crise financière qui a touché l'économie mondiale en 2008. Mais au final, seule une petite partie de la population profite de la croissance.

Et dans le même temps, les prix des produits de grande consommation ont doublé voire triplé depuis cinq ans. Et un nouveau choc a secoué l'économie du pays avec le rétablissement des sanctions par Donald Trump en mai 2018. Le cours du rial s'effondre et sur le marché noir il se solde pour des euros ! Pour boucler les fins de mois, de nombreux salariés sont contraints de recourir à un deuxième emploi : postes mal rétribués, petits boulots annexes, subventions religieuses ou gouvernementales, hasards de la conjoncture... Cette économie grise, pour pallier la chute des revenus, a entraîné le développement d'une économie informelle florissante qui contribue pour près d'un tiers au PIB du pays.

Principales ressources
Les hydrocarbures, une longue histoire

En 1954, après la nationalisation du secteur pétrolier, la Compagnie française des pétroles devient membre de l'Iranian Oil Participants Consortium, alors en charge de l'exploitation et de la production des hydrocarbures pour le compte de la National Iranian Oil Company. De son côté, Elf intervient entre 1965 et 1979 sur des exploitations terrestres et offshore dans le golfe Persique. Après une interruption des relations à partir de 1980, conséquence de la Révolution islamique, les contacts reprennent fin 1988, dès la levée de l'embargo français sur le pétrole iranien.

A partir de 1995, l'Iran s'ouvre aux investissements pétroliers étrangers sous la forme de contrats de contre-achat. Passant outre les menaces de représailles américaines (loi D'Amato), les groupes pétroliers français Total et Elf sont les premiers à pénétrer le marché iranien. Dans ce cadre, Total s'engage à développer le champ gazier et pétrolier de Sirri (1995) pour un contrat de 800 millions de dollars et le gisement gazier de South Pars (1997) pour 2 milliards de dollars. Le développement de Doroud (1997) sera confié à une association Total-Agip pour 1 million de dollars. Elf signe également un contrat de 3 millions de dollars pour le champ de Balal (1999), en partenariat avec la société canadienne Bow Valley. La même année, le président Khatami se rend en Italie et en France, première visite d'un chef d'Etat iranien en Europe depuis la Révolution islamique. Le Royaume-Uni est à son tour sur les rangs. En novembre 1999, la compagnie pétrolière anglo-néerlandaise Royal Dutch Shell signe un contrat de 800 millions de dollars pour le développement des champs Norouz et Soroush, dans le golfe Persique. Total, désormais premier partenaire de l'Iran dans le secteur des hydrocarbures, a investi au total près de 4,3 milliards de dollars entre 1995 et 2004. Ces accords, conclus en dépit de la loi D'Amato américaine, menaçant de représailles toute société étrangère investissant plus de 20 millions de dollars, font grincer quelques dents à Washington... Dans le domaine gazier, l'Iran cherche également à mobiliser ses réserves, les deuxièmes au monde, pour exporter ses ressources notamment vers le Pakistan et l'Inde. Le gisement le plus prometteur d'Iran, South Pars (1 300 km2), constitue l'un des plus importants gisements de gaz naturel au monde. Total South Pars, filiale du groupe français, associée à Gasprom (Russie) et Petronas (Malaisie), a ainsi investi 2 milliards de dollars dans le plus important projet gazier du Moyen-Orient. Bien situé au plan géostratégique, l'Iran table également sur une série de projets de gazoducs transnationaux (Turkménistan-Iran-Turquie, Iran-Azerbaïdjan, Iran-Arménie, Iran-Pakistan, Iran-Inde). Mais là aussi, le rétablissement des sanctions risque de faire basculer ces projets. Total a été parmi les premières sociétés à revenir en Iran en 2016, et à en repartir en 2018...

Autres industries

Hors secteur pétrolier, l'industrie automobile iranienne constitue l'un des poids lourds de l'économie nationale. On dénombre 15 constructeurs et 1 200 équipementiers, qui emploient directement ou indirectement près de 500 000 personnes. En 2008, la production automobile atteignait 1 200 000 véhicules par an. Le groupe Iran Khodro, filiale de l'IDRO, première entreprise du pays et plus grand constructeur du Moyen-Orient, a d'ailleurs entrepris depuis 1992 une coopération industrielle avec le groupe PSA. Les sanctions économiques imposées au pays par l'Occident, ajoutées à la crise économique mondiale, firent sensiblement reculer la production, et Peugeot, qui construisait près de 500 000 voitures par an en Iran, a délaissé ses usines d'assemblage toutes neuves sous le poids des menaces de sanctions américaines.

Dans le secteur agricole, qui emploie 30 % de la population active répartie dans des exploitations essentiellement familiales et très morcelées, les principales cultures concernent la production de pistaches, de dattes, de raisins, de safran et de tomates, mais aussi de riz et même de thé. Conscient du fort potentiel que représentent à la fois l'agriculture et l'industrie de transformation, le gouvernement iranien porte une grande attention au développement de ce secteur, dont les exportations permettrait de réduire la dépendance du pays par rapport aux revenus pétroliers. Les principaux objectifs visent à atteindre l'autosuffisance alimentaire, augmenter les exportations et freiner l'exode rural. Les produits agricoles, fruits et légumes en tête (75 % du total), représentent désormais plus d'un tiers des exportations non pétrolières.

Place du tourisme

Depuis l'accord sur le nucléaire en 2015, le tourisme explose de nouveau en Iran. Européens en tête, mais aussi américains et japonais sont partis comme un seul homme à la découverte de ce pays si longtemps demeuré aux marges de la planète touristique. Et pour l'heure, l'Iran fait face à une pénurie d'hôtels, sa capacité d'accueil, en particulier selon les standards internationaux, étant encore très limitée. Les agences de voyages, les établissements hôteliers : tout le monde affiche complet ! Une chance pour les destinations historiques du pays comme Yazd, Ispahan, Chiraz ou Kashan qui voient leurs vieilles pierres revivre et s'embellir, les anciens caravansérails se transformer en hôtels ou restaurants de charme, les monuments délabrés sont rénovés, les rues nettoyées, pavées de neuf et embellies.

Difficile de connaître les véritables chiffres et impacts du regain de fréquentation touristique sur l'économie nationale. Mais à l'échelle des petites entreprises privées du secteur, c'est un véritable boom ! Un boom éphémère, puisque anglais et américains, suite au rétablissement des sanctions, ont déjà disparu du marché touristique. Les iraniens comptent désormais sur les européens, et en particulier les français, pour prolonger leur rêve d'ouverture !

Structure des échanges commerciaux

L'adoption dans les années 2006-2008, par le Conseil de sécurité de l'ONU, de cinq résolutions au sujet de l'Iran, dont trois comprennent de fortes sanctions, ont grandement ralenti le développement des échanges commerciaux entre l'Iran et le monde occidental. Le pays a du faire face à un surcoût de 20 % pour ses importations (commissions des intermédiaires, prise de risque et autres facteurs), soit 12 milliards de dollars par an d'après le site Web du ministère des Affaires étrangères. La signature en juillet 2015 de l'accord sur le nucléaire a fait miroiter des promesses de jours meilleurs, mais l'embellie s'est éteinte en mai 2018 avec les nouvelles sanctions économiques américaines et les menaces à l'encontre des sociétés étrangères qui commerceraient avec l'Iran.

Importations

Machines et équipements industriels. La plupart des produits regroupés dans cette catégorie sont en provenance de l'Union européenne (France et Allemagne) et des Emirats arabes unis. Sur le segment des pièces et accessoires de véhicules automobiles, la France a été le premier exportateur (plus d'un milliard d'euros), suivie de la Chine.

Produits agroalimentaires. Les importations de produits agroalimentaires se concentrent sur les céréales, essentiellement le blé. Dans ce domaine, le Canada, la Russie et l'Australie constituent les principaux fournisseurs. Mais la politique d'autosuffisance alimentaire menée par le régime islamique commence à porter ses fruits. Sa dépendance extérieure en la matière diminue sensiblement depuis plusieurs années.

Métaux et minerais. Les importations de métaux consistent essentiellement en des produits à base de fer et d'acier laminé en provenance notamment de Russie, des pays d'Asie centrale, de Corée du Sud et d'Allemagne.

Produits chimiques de base et caoutchouc. Essentiellement des produits chimiques organiques importés des Emirats arabes unis, de Chine, de Russie et de Malaisie pour un montant de 2,55 milliards d'euros. A noter également, l'importation de produits pharmaceutiques originaires pour la plupart des pays européens.

Exportations

80 % des recettes à l'exportation iranienne sont tirées des hydrocarbures, soit plus de 22 milliards d'euros. Néanmoins, les exportations non pétrolières sont en nette augmentation comme celles des produits agricoles, des produits pétrochimiques, des pistaches et des tapis.

Présence française

Les implantations de sociétés françaises sont peu nombreuses. L'émergence de nouveaux projets industriels dans les secteurs pétroliers et automobiles tend cependant à changer la donne. Renault a ainsi créé en 2004 la joint-venture Renault Pars, en collaboration avec les deux plus importants constructeurs automobiles iraniens, Iran Khodro et Saipa. Total a fait de même avec la constitution de Pars LNG, destiné à l'exploitation d'une usine de liquéfaction de gaz. Les entreprises françaises installées en Iran appartiennent essentiellement au secteur des hydrocarbures, à celui des biens d'équipement (notamment automobile avec Renault et PSA) et au secteur pharmaceutique.

La levée des accords a donné un signal important aux grandes entreprises française, qui pourraient être amenées à revenir rapidement en Iran. Après des années de sanctions et d'embargo, le pays a besoin d'avions, de voitures, de technologies, de bâtiments... Ainsi, lors de la visite du président Hassan Rohani en France en janvier 2016, plus de 15 milliards d'euros de contrats ont été signés avec des entreprises comme Airbus, Vinci, Total ou encore la SNCF. La France pourrait rapidement devenir l'un des principaux partenaires économiques de l'Iran.

Relance des relations économiques entre la France et l'Iran

Le 29 juillet 2015, le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, atterrissait à Téhéran pour un voyage d'affaires. C'était le premier ministre français à se rendre en Iran depuis 2005. Objectif : relancer les relations bilatérales après l'accord nucléaire conclu entre l'Iran et les grandes puissances, quelques jours auparavant, le 14 juillet. Le chef de la diplomatie française avait également pour rôle de remettre à son homologue iranien l'invitation de François Hollande à se rendre en France en novembre. Aucun ministre français n'avait posé le pied sur le sol iranien depuis plus de dix ans. Ce voyage était placé sous le signe de la relance des relations bilatérales et du respect mutuel. Dans ce pays de près de 80 millions de consommateurs potentiels, la France entend avancer ses pions et réintégrer ses entreprises : Total, Peugeot, Airbus... Une grosse partie du CAC 40 est dans les starting blocks ! Gouvernement et entreprises feront marche arrière dès 2018 pour satisfaire aux américains après que Donald Trump a dénoncé l'accord conclu par son prédécesseur.

Politique économique

Après l'instauration de la Révolution islamique, l'Etat monopolise rapidement 80 % de l'économie du pays. La longue guerre Iran-Irak (1,2 million de morts, exode massif de populations, destructions estimées à 100 milliards de dollars), couplée à l'embargo des Etats-Unis, aggrave encore la situation. Dès le cessez-le-feu, un programme de réhabilitation est mis en oeuvre. Rafsandjani, alors président de la République, lance le Premier plan quinquennal (1989-1994) destiné à libéraliser l'économie au profit du secteur privé. Le plan met l'accent sur les transports, la production d'énergie (centrales thermiques, équipements hydroélectriques, réactivation de la filière nucléaire), la pétrochimie et l'exploitation de gisements de gaz naturel. Face à l'opposition politique, les réformes structurelles ne seront cependant jamais réellement mises en oeuvre. Le Deuxième plan quinquennal (1995-2000), beaucoup moins ambitieux, bénéficie de la bonne tenue des cours du pétrole et permet à l'Iran de reconstituer ses réserves en devises. L'élection à la présidence du réformateur Khatami, en 1997, encourage une timide libéralisation, très vite enrayée cependant par la chute des prix du baril. La crise financière est évitée de justesse en 1998-1999, grâce aux rééchelonnements accordés par ses principaux créanciers (l'Allemagne, le Japon et l'Italie) et la remontée spectaculaire des cours de l'or noir en 2000 arrive à point nommé pour l'Iran. Dans le cadre du Troisième plan quinquennal (2000-2005), le président Khatami table sur un développement de l'infrastructure industrielle nationale et une privatisation des chemins de fer et des télécommunications. Il envisage même la fin du monopole de certaines entreprises liées la Fondation des Déshérités. Mais les conservateurs s'opposent bec et ongles à une remise en cause de leurs prérogatives.

Les faiblesses structurelles de l'économie iranienne demeurent : très grande dépendance vis-à-vis des hydrocarbures, faiblesse des investissements privés et des investissements étrangers. D'autre part, aujourd'hui, l'Iran doit composer sur le plan économique avec les sanctions prises à son encontre par la communauté internationale. Entre 2006 et 2008, les Nations unies ont adopté cinq résolutions, dont trois sanctions contre le pays. Celles-ci touchent les domaines du nucléaire et du militaire, ainsi que les transactions de certaines banques iraniennes ; cette situation est à l'origine d'un surcoût des importations estimé à 20 %.

Principaux secteurs d'activité

Le secteur de la Fondation dédié à l'agriculture et à l'agroalimentaire regroupe 85 entreprises, réparties en quatre groupes spécialisés :

Le groupe agricole possède des dizaines de milliers d'hectares de terres agricoles dans tout le pays et cultive divers produits comme le blé, le maïs, les fruits, les pistaches et le safran. Il possède également des installations de pisciculture.

Le groupe d'élevage détient des élevages de bovins (c'est, avec plus de 220 000 têtes, le plus grand éleveur du pays) destinés à la production laitière et à la boucherie, ainsi que des élevages de volailles et des fermes piscicoles.

Le groupe des industries de boisson rassemble des entreprises de production de boissons gazeuses, d'eau minérale et de bière sans alcool. Ce groupe possède la grande société de boissons Zam-Zam.

Le groupe des industries de transformation assure la production de jus de fruits et de concentré de tomate, d'huile et de sucre.

Les activités de la Fondation dans le domaine des hydrocarbures incluent la production de lubrifiants et d'antigel, de revêtements d'anodes, ainsi que d'huiles lourdes et légères. La division consacrée au développement et à la construction a préparé les appels d'offre pour plusieurs projets de contrats de contre-achat dans le domaine pétrolier. Cette division participe également à plusieurs projets de développement gazier en Iran. La Fondation chapeaute en outre une institution financière, l'Association de Finance et de Crédit, créée en 1985 et aujourd'hui à la tête de 220 agences dans le pays. Cette institution draine l'épargne populaire avec un taux de rémunération des dépôts supérieur de 2% à celui des banques, et finance des projets d'investissement de petite ou moyenne taille (essentiellement dans les secteurs textile, médical et agricole). Elle est en conflit ouvert avec la Banque centrale, qui lui refuse un statut bancaire, rendant pour l'instant impossible la domiciliation des paiements et les relations avec l'étranger.

Les empires financiers des fondations charitables

Les conservateurs contrôlent l'essentiel des leviers économiques. En dépit de l'annonce de la mise en oeuvre de réformes structurelles, ces dernières prendront du temps, compte tenu des rigidités institutionnelles et de la capacité de résistance de l'aile dure du régime. Le puissant mouvement caritatif des religieux donne lieu à une véritable économie du don, informelle et souvent populaire. Ces puissantes fondations économico-religieuses, les bonyads, créées au lendemain de la Révolution islamique gèrent aussi bien les prestations sociales que les hôtels de luxe ou les compagnies aériennes. A retenir les deux plus importantes : la Bonyad Mostazaafan va Djanbazan et l'Astan-e Qods de Machhad. Six centres religieux ont, en outre, une importance stratégique sur la carte géopolitique de l'Iran : Machhad, Qom, Ispahan, Chiraz, Tabriz et Hamadan.

La Fondation des Déshérités

La Bonyad Mostazaafan va Djanbazan, ou Fondation pour les Déshérités et les Handicapés de guerre, a été créée après la Révolution de 1979 par l'ayatollah Khomeiny, sur les bases de la Fondation Pahlavi qui administrait les biens de la famille impériale - auxquels avaient été ajoutés des biens confisqués à d'autres riches familles. Cette fondation, placée sous la tutelle directe du Guide, représenterait 7 à 10 % du PIB du pays. Elle est divisée en deux sections. La première dite économique est chargée d'assurer les ressources de la seconde, dite sociale, qui doit en principe utiliser l'ensemble des bénéfices générés pour l'assistance aux victimes de guerre. La section économique fonctionne comme une holding, propriétaire de nombreuses entreprises dans des secteurs aussi différents que l'industrie minière, le logement, les transports, l'agriculture et l'industrie alimentaire. La Fondation d'Astan-e Qods fonctionne de manière discrète : pas d'organigramme, pas de bilan, aucune donnée chiffrée sur son patrimoine. Elle posséderait cependant des participations financières dans 1 630 entreprises réparties en 6 divisions et 123 groupes. Son chiffre d'affaires annuel est évalué à près de 3,5 milliards de dollars et le nombre de ses employés est estimé à près de 150 000. Elle réaliserait 40 à 45 % du PIB non pétrolier du pays ! De larges privilèges lui ont été conférés par le Conseil de la Révolution et par le gouvernement depuis sa création : elle est notamment exemptée d'impôts et d'audit. Aucun contrôle n'est donc effectué par qui que ce soit sur sa gestion. De nombreuses voix s'élèvent cependant contre cet Etat dans l'Etat, critiquent ses mauvais résultats et son inefficacité et pointent les distorsions qu'entraînent sur le marché les exemptions d'impôts. A titre d'exemple, la construction de la deuxième tour de l'hôtel Esteghal - ex-Hilton - de Téhéran, qui appartient à la Fondation, débutée avant la Révolution, n'a été achevée que vingt ans plus tard.

La Fondation Astan-e Qods de Machhad

La Fondation Astan-e Malayekeh-ye Paseban-e Qods-e Razavi, c'est-à-dire le " lieu pur protégé par des anges gardiens où se trouve l'imam Reza ", dite Astan-e Qods, gère le tombeau de l'imam Reza, le seul parmi les douze imams chiites à être enterré en terre iranienne. Ce tombeau demeure l'un des plus importants lieux de pèlerinage au monde, avec en moyenne 12 millions de visiteurs par an. La Fondation, qui avant la Révolution appartenait au shah, dépend aujourd'hui directement du guide suprême, Ali Khamenei. L'Astan-e Qods fonctionne de manière discrète : pas d'organigramme, pas de bilan, seulement un livre décrivant ses activités. Sa fortune résulte de l'accumulation des offrandes faites par les pèlerins et des legs. Traditionnellement, on laisse une part de son héritage (usines, terres, objets d'art, pierres précieuses, biens à l'étranger) à la Fondation. Si aucune donnée chiffrée n'est disponible, on estime que ses activités génèrent un revenu annuel équivalent au budget de l'Etat. La Fondation est en outre exemptée d'impôts. Contrôlant une centaine de sociétés, l'Astan-e Qods constitue un véritable empire économique, une puissance financière sans égale en Iran. La diversité de ses activités industrielles reflète la variété des legs reçus. Connue pour ses activités dans l'agroalimentaire, elle demeure le plus grand propriétaire terrien du pays (pâturages dans le Khorassan, pistachiers à Rafsandjan, etc.). Astan-e Qods dispose de cinq unités de production de sucre de betterave, de biscuiteries, de boulangeries industrielles et de conserveries. Les sociétés industrielles d'Astan-e Qods couvrent des secteurs variés : carrières (granite surtout), ingénierie, textile, céramique, tapis, pharmacie, transport, ameublement, matériaux BTP... La Fondation détient, en outre, deux universités, des hôpitaux, des logements sociaux. Astan-e Qods possède également des biens à l'étranger, notamment dans les pays occidentaux où réside la diaspora iranienne : hôtel à Londres, par exemple, mais aussi des bureaux à Beyrouth, ainsi qu'en Inde.

De manière à se diversifier, Astan-e Qods a pris position sur trois créneaux ciblés : les hydrocarbures ; les actions de coopération du gouvernement iranien avec certains pays en voie de développement ; et la zone franche de Sarakhs, plaque tournante vers l'Asie centrale. La Fondation est en charge de cette zone, située dans le nord-est du pays à la frontière turkmène. L'objectif des autorités iraniennes est d'aménager une zone économique spéciale destinée à servir d'entrepôt et de plaque tournante entre l'Asie centrale et le monde extérieur. La zone appartient à Astan-e Qods, qui a créé la Sarakhs Free Zone Organisation et constitué un consortium de sociétés d'ingénierie et de BTP (Sarakhs Sazeh).

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