Guide d'Iran : Arts et culture

Architecture
Tour des vents, Yadz.
Tour des vents, Yadz.

Ici, les mosquées respectent un plan spécifique, dit iranien. Celui-ci apparaît au Xe siècle avec la dynastie seldjoukide et se caractérise par l'emploi d'iwans, d'un pishtak et une salle de prière sous coupole. Les iwans - halls voûtés avec une façade rectangulaire ouverte par un grand arc - naissent dans le monde iranien, sous la dynastie sassanide (224-642), bien avant l'arrivée de l'islam. Généralement, les cours des mosquées en comportent quatre, disposés en croix. Le pishtak, également d'origine iranienne, est quant à lui un portail formant une avancée, souvent surmonté de deux minarets et ouvert par un grand arc. La mosquée royale à Ispahan reste l'un des plus beaux témoignages de plan iranien connus. Les architectes islamiques utilisent par ailleurs deux types de supports : les piliers et les colonnes. Côté décoration, la céramique, la sculpture, la peinture et la mosaïque sont quelques-unes des techniques les plus couramment utilisées. Certains éléments architecturaux ont également une vocation ornementale. Un élément assez caractéristique du monde islamique, encore une fois né en Iran au Xe siècle, illustre l'importance des éléments architecturaux à vocation décorative : le muqarna, également appelé " stalactite ". Il s'agit en fait de petites niches associées géométriquement et formant une composition en trois dimensions. On les trouve fréquemment dans les coupoles et les zones de transition, mais aussi sur certains chapiteaux et dans des voûtes. Sur le plan des matériaux utilisés, la terre cuite prédomine avec des briques décorées et des éléments purement décoratifs, comme les carreaux de revêtement en céramique. Le hazerbaf, littéralement " mille tissages " en farsi, permet un travail sur le contraste entre brique glaçurées (enduit ou préparation donnant à certaines matières un aspect vitrifié ou glacé) et non glaçurées. On retrouve essentiellement cette technique dans l'architecture ilkhanide et timouride. Les briques peuvent également dessiner des mots en calligraphie coufique. La mosaïque de céramique est, quant à elle, assez représentative de l'art timouride. Cette technique extrêmement délicate sera remplacée sous les Safavides par celle de la cuerda seca.

Architecture funéraire

Dans le monde islamique, les Musulmans sont normalement enterrés à même le sol, dans un linceul, sans cercueil ni tombe. Mais, rapidement, plusieurs types d'architecture funéraires se sont développées pour les hauts personnages et les saints. Cette architecture est née en Iran. De par sa dimension martyriale, le chiisme a favorisé l'apparition de mausolées, qui servent de lieu de prière et d'invocations de saints, comme c'est par exemple le cas à Machhad avec le tombeau de l'imam Reza. Les tombeaux de saints sont appelés imamzadeh. Un mausolée sous coupole est un bâtiment de base polygonale surmonté d'un dôme. Emergeant au Xe siècle, les formes les plus diverses existent : carré, octogonale, circulaire, sur arcades, etc., et les tailles varient. Autre possibilité, les tours funéraires certainement dérivées de rites zoroastriens. Ainsi, le Mil-e Gonbad, à Gonbad-e Kavus dans l'est du pays, constitue l'une des premières tours funéraires (1007) dressée sur un monticule artificiel haut de 20 m et mesurant à elle seule 55 m. Plus tard, les chambres funéraires seront placées sous la tour, au coeur d'une crypte, puis à sa base. Comme les mausolées sous coupoles, les tours peuvent prendre différentes formes : polygonales, étoilées et circulaires.

Glossaire

Apadana. Salle d'audience, ou salle du trône, dans les palais des rois achéménides.

Ark. Citadelle.

Dakhme. Tours du silence où les Zoroastriens exposaient, jusqu'à une époque récente, leurs défunts aux oiseaux de proie pour qu'ils ne souillent pas le sol.

Gonbad. Dôme ou coupole.

Haft rang. Les Sept Couleurs. Le haft rang est une technique de céramique employée en Perse à la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe siècle, adoptant une large gamme de coloris. Les pigments les moins fragiles, posés sur la glaçure, sont cuits lors de la première cuisson. Les couleurs les plus fragiles, comme le rouge, et éventuellement les rehauts d'or, sont cuits lors d'une seconde cuisson à plus basse température. Cette technique fit la gloire des ateliers seldjoukides.

Homa. Arbre de vie.

Hypostyle. Se dit d'une salle dont le plafond est soutenu par des colonnes. Désigne également une mosquée dont la cour est entourée de portiques soutenus par des colonnes.

Iwan (eivan). Salle voûtée quadrangulaire d'origine iranienne. Cette pièce voûtée est grande ouverte d'un côté par un arc brisé, donnant sur la cour de certaines mosquées.

Minaret. Tour d'une mosquée, du haut de laquelle le muezzin lance les appels à la prière quotidienne.

Minbar. La chaire de prédication à degrés d'une mosquée, placée à droite du mihrab, du haut de laquelle l'imam prononce le prône lors de la prière solennelle du vendredi.

Mihrab (mehrab). Niche creusée dans un mur à l'intérieur des mosquées indiquant la direction de La Mecque (qibla), vers laquelle se tournent les fidèles lors de la prière.

Mosaïques. Magnifiques habillages de mosquées sous forme de briques émaillées aux étonnants décors géométriques formant de véritables " tapis ornementaux " aux semis de fleurs ou feuilles stylisées, aux plumages de paon, aux longues frises où courent les inscriptions dessinées par les plus célèbres calligraphes du pays.

Muqarna. Trompes d'angle qui permettent de passer du carré au cercle dans l'architecture islamique.

Nakhl. Catafalque cérémonial ou plate-forme de procession portable pour le Ta'kieh (théâtre en plein air).

Pishtaq. Désigne le grand portail d'entrée, souvent monumental, des mosquées.

Qanat. Galerie souterraine de drainage aboutissant à un canal d'irrigation. Les qanats sont aérés par des puits où l'eau se condense avant de tomber dans le canal.

Tépé (ou tappeh). Colline artificielle formée par la continuelle alternance de destructions et de reconstructions d'édifices superposés d'une cité ancienne (Tépé Sialk, Tépé Hissar).

Ziggourat. Temple pyramidal, comportant une série d'étages sur un plan au sol carré ou rectangulaire. Apparue chez les Sumériens, la ziggourat faisait partie du complexe sacré en Mésopotamie. La Tour de Babel était probablement une ziggourat.

Les tours du vent : la clim’ au naturel

Les badgir - éléments architecturaux caractéristiques des villes construites aux lisières des grands déserts iraniens - sont parties prenantes d'un ingénieux système d'aération, destiné à refroidir les intérieurs des habitations. Ces " cheminées " à fonctionnement inversé captent la moindre brise pour l'orienter vers un bassin d'eau, où la température se rafraîchit alors considérablement. Plus ou moins hautes, elles ont généralement l'aspect d'une petite tourelle couverte à son sommet et pourvue sur les parois de fentes verticales. En été, les familles se regroupent dans les zir zamen, ou chambres d'été, le plus souvent situées en sous-sol de manière à échapper un tant soit peu à l'éprouvante chaleur extérieure.

Artisanat
Brodeuse à Kerman.
Brodeuse à Kerman.

C'est dans le domaine de la fabrication des tapis que les artisans iraniens se sont taillés la meilleure des réputations. Une tradition ancestrale. Entre le XVIe et le XVIIe siècle, plusieurs centres émergent dans l'ensemble du pays comme Tabriz, Kashan, Ispahan, Kerman et Herat aujourd'hui situé au Pakistan. Finesse du dessin, richesse des coloris et dextérité manuelle suscitent l'admiration. Tabriz développe ainsi son propre style avec le célèbre médaillon reconnaissable entre tous. Sa gamme des couleurs englobe douze à quinze tons différents, avec une préférence pour les bleus et rouges soutenus. Parallèlement, Kashan apportera sa touche avec de superbes tapis en soie à dominante orange, verte et jaune. Ispahan, capitale de l'Empire perse sous shah Abbas Ier (1588-1629), bénéficiera de l'impulsion acquise par son nouveau statut et produira à son tour de somptueux tapis en soie. Deux techniques essentielles à retenir. La première, dite du point noué, privilégie une production en velours. Il s'agit en fait de la grande majorité des tapis. La seconde, dite du point tissé (plus rare), conduit à un résultat plus sec mais non moins esthétique ou résistant : les kilims. Autre élément à prendre en considération, le nombre de noeuds au centimètre carré. A partir de 50, la qualité est normalement au rendez-vous. Pour les non-initiés, un simple coup d'oeil aux motifs figurant au dos du tapis suffira à évaluer s'il s'agit d'un travail mécanique ou artisanal.

Tissus, marqueterie et art de vivre

Imprimés. La technique d'impression des textiles au moyen de blocs gravés (qalam kar) était déjà bien implantée en Perse sassanide. Aujourd'hui encore, Ispahan est réputée pour sa production de tissus imprimés. L'étoffe utilisée est en général un calicot écru décoré de quatre couleurs : noir, rouge, bleu et jaune, appliquées dans cet ordre, le noir servant à fixer les contours des motifs.

Khatam. Incrustations, marqueterie. Technique décorative minutieuse qui utilise diverses essences de bois de couleurs différentes (jujubier, oranger, ébène, teck, bois de rose), de l'ivoire, de la corne, de l'os et des métaux (laiton ou même or et argent). Sert le plus souvent à la décoration de cadres de miniatures, de petits objets comme des boîtes, des instruments de musique, mais aussi pour des meubles, portes et panneaux dans les palais et maisons princières. Les plus anciens exemples remontent à l'époque safavide (1480-1722). Le khatam était tellement estimé à la cour que certains princes royaux en apprenaient les secrets au même titre que la musique ou la peinture.

Kursi (ou korssi). Table basse recouverte de tapis qui pendent jusqu'au sol, retenant ainsi la chaleur d'un brasero placé sous ce dispositif. On s'assied autour, en glissant les jambes par-dessus, pour se réchauffer.

Qalyan (ou kaylan). Narguilé, ou grande pipe à eau en usage au Moyen-Orient, comportant un long tuyau flexible, dans laquelle la fumée passe par un réservoir à eau, un flacon rempli d'eau parfumée, avant d'arriver à la bouche.

" C'est dans une bouteille de verre avec un col gros de trois doigts, dans laquelle entre un canal de bois ou d'argent. Ils remplissent le col de la bouteille où il y a une platine dehors, sur laquelle ils mettent leur tabac un peu mouillé avec un charbon dessus. Sous cette platine, il y a un trou où est accommodée une longue canne ; puis, en tirant son haleine, la fumée du tabac vient par la force en bas le long du canal et entre dans l'eau qu'ils font de toutes sortes de couleurs, cette bouteille étant à moitié pleine. Cette fumée étant dans l'eau pour venir à la surface ; lors, en tirant, elle vient à la bouche de celui qui fume, et ainsi la force du tabac est tempérée par l'eau, vu qu'autrement ils ne pourraient pas subsister à en prendre incessamment comme ils font. " — Jean-Baptiste Tavernier, Les Six Voyages en Turquie et en Perse, vers 1660.

Bien choisir son tapis

Dans les ateliers et boutiques haut de gamme, le tarif est à la hauteur du travail exigé par la fabrication des tapis. Mais dans les bazars, il vous faudra certainement être plus prudent dans vos achats, même si les arnaques sont rares. Le principal problème est que le prix se fait toujours un peu " à la louche ", loin des standards que nous connaissons. Derrière un tapis, impossible de savoir combien d'ouvrières ont travaillé, ni pendant combien de temps, dans quelle conditions et avec quels produits. Il n'y a évidemment aucune traçabilité ni filière qualité, et vous ne pourrez compter que sur votre seule perspicacité pour obtenir le meilleur prix. Tout est négociable, surtout les tapis !

Règle numéro 1 : ne pas se précipiter. N'achetez jamais le premier tapis que l'on vous présente même s'il vous plaît au premier abord. Les marchands possèdent en général des centaines de tapis, ce serait un coup de chance inouï que le premier que l'on vous présente soit celui de vos rêves. D'autant que les Iraniens ne vous montreront jamais la meilleure qualité du premier coup. Donnez-vous le temps, faites plusieurs boutiques et regardez un maximum de tapis avant de passer à la phase d'achat.

Règle numéro 2 : ne rien montrer. Sélectionnez quelques tapis qui vous plaisent et d'autres, dans le même style, qui ne vous plaisent pas, et portez autant d'attention aux uns qu'aux autres afin de ne pas montrer votre préférence.

Règle numéro 3 : tester la qualité. Commencez par passer votre main sur le tapis pour jauger de la qualité de la laine. Les plus douces sont la laine d'agneau ou celle provenant du cou du chameau. Leur souplesse est garante de solidité, là où des laines plus dures risquent de se casser. Retournez toujours les tapis que vous avez sélectionnés afin d'avoir une idée de leur qualité. Des noeuds parfaitement réguliers, sans aucun fil qui dépasse, ont certainement été faits à la machine. Des petites irrégularités ou des défauts sont la marque d'un travail à la main. La densité de noeuds vous donnera également des indications sur la solidité du tapis. Si vous tenez vraiment à la calculer, ayez avec vous une petite règle de 10 cm. Comptez les noeuds dans un sens puis dans l'autre sur 1 cm et multipliez le résultat par cent pour connaître le nombre de noeuds au mètre carré. Ce n'est pas le facteur déterminant de la qualité d'un tapis, mais il vous donnera une idée du travail réalisé et donc du prix final. En outre, plus le fil utilisé est mince, plus la qualité est haute. Testez également la solidité de la trame en approchant un briquet des franges du tapis : si elles se consument rapidement, c'est qu'il s'agit de matière synthétique. Le coton ou la laine brûleront moins vite.

Règle numéro 4 : ne pas se tromper sur les couleurs. Enfin amenez votre tapis à la lumière du jour et changez d'angles pour le regarder : des couleurs naturelles changeront de teinte selon l'orientation de la lumière, contrairement aux couleurs chimiques.

Règle numéro 5 : réduisez votre sélection. C'est le moment de bien réfléchir à ce que vous souhaitez faire de votre tapis une fois rentré chez vous. Vous ne voudriez pas que la finesse de la soie ne voie passer que les chaussures de vos invités, ou qu'un tapis placé sous une table se déchire dès que celle-ci bouge. Réfléchissez à l'emploi que vous en aurez : décoration murale, lieu de passage, surface à couvrir, isolation, robustesse nécessaire... Une fois bien pensé l'endroit où vous le mettrez, raisonnez en fonction de l'orientation de la lumière et au potentiel de mise en valeur, ce qui vous aidera à sélectionner les teintes et couleurs.

Règle numéro 6 : brouiller les pistes. S'il est important de passer autant de temps à choisir son tapis, c'est bien parce que le prix n'est pas anodin. Une fois devant le tapis que vous aurez cherché des heures et que vous imaginez tout de suite dans votre salon, ne montrez pas trop votre engouement et continuez à en regarder d'autres, comme s'il ne vous intéressait pas plus que tous ceux que vous avez vus auparavant. Négociez en premier lieu les tapis que vous avez sélectionnés et qui ne vous plaisent pas. Ce sera l'occasion de tester l'argumentaire et la patience du vendeur, ainsi que vos propres arguments.

Règle numéro 7 : négocier. C'est la partie finale, celle pour laquelle nous avons le moins de conseils à donner car elle dépend des capacités de chacun à argumenter, bluffer ou s'imposer. Mais gardez néanmoins quelques grandes lignes en tête. Un tapis a nécessité beaucoup de travail et beaucoup de main-d'oeuvre. Plus encore pour des Nain ou des tapis de soie de Qom. Rien d'étonnant pour ceux-ci à ce que le prix affiche trois zéros au mètre carré. Les tapis nomades, turkmènes, baloutches ou azéris sont sans doute moins travaillés mais la qualité de tissage, la robustesse et les couleurs naturelles pèsent également dans le prix. Commencez votre négociation calmement en laissant le vendeur annoncer son premier prix. Ne dites rien tant qu'il n'a pas baissé une première fois, puis argumentez et faites des offres sans avoir peur d'aller très bas. Sa réaction vous guidera aussi pour la suite. C'est ici qu'il est important d'avoir fureté et regardé plusieurs tapis et demandé plusieurs échelles de prix, afin de pouvoir comparer à ce que l'on vous annonce lorsque le produit vous intéresse vraiment. Surtout prenez votre temps, n'hésitez pas à aller voir ailleurs si vous doutez et à revenir plus tard, ce sera aussi une occasion de tester le vendeur.

Règle numéro 8 : se souvenir de la douane. Attention aux antiquités qui nécessitent un permis spécial et surtout à la quantité que vous ramenez chez vous. La surface de l'ensemble des tapis que vous aurez achetés ne doit pas excéder les 12 m².

Cinéma

Le cinéma est apparu en Iran au début du XXe siècle. Dès l'ouverture des premières salles à Téhéran, en 1904, les religieux s'y sont opposés, conscients de la rivalité exercée par les salles de cinéma sur les mosquées et jugeant l'invention directement liée à l'Occident athée. Pourtant, on a assisté depuis la Révolution islamique à la naissance d'un formidable cinéma d'auteur, témoignant d'une vitalité et d'une créativité incontestables. Kiarostami décroche même la Palme d'or du festival de Cannes en 1997 pour Le goût de la cerise ; et Samira Makhmalbaf, 20 ans, s'impose en 2000 comme la plus jeune lauréate sur la Croisette, avec Le Tableau Noir. D'autres réalisateurs comme Mohsen Makhmalbaf, Jafar Panahi et Bahman Ghobadi illustrent aussi à leur façon ce talent à l'oeuvre. Malgré l'impitoyable censure qui prévaut dans la République islamique d'Iran, les réalisateurs puisent dans l'inépuisable répertoire poétique de leur pays pour contourner les contraintes et décrire à leur manière l'Iran contemporain. En 2007, Marjane Sartrapi propose ainsi de plonger dans l'Iran au moment de la Révolution de 1979 à travers un dessin animé. Persépolis, inspiré des quatre albums de la bande dessinée homonyme (également écrits par la jeune femme), suit la vie de Marjane, âgée d'une dizaine d'années au moment des évènements. A sa manière, le cinéma iranien évoque les bouleversements et les mutations d'une société en mouvement, travaillée par les contradictions et traversée par une énergie liée au poids d'une jeunesse qui aspire à un autre Iran. Outre les réalisateurs déjà évoqués, citons également : Mohammed Ali Talbi (Les Bottes rouges), Nasser Taghvaï (Le Bateau grec), Dariush Mehrjoui (Leila), Ebrahim Mohktari (Zinat), Ebrahim Forouzesh (La Clé), Majid Majidi (Le Père) et Rakhshan Banietemad (réalisatrice du Foulard bleu). On peut citer aussi Les Chats Persans du réalisateur kurde iranien Bahman Ghobadi, interdit dans le pays mais qui circule sous le manteau ; mi-fiction, mi-documentaire sur le milieu musical underground, ce film a connu un grand succès en Occident. Sans oublier l'excellent Taxi Téhéran, Ours d'or à Berlin en 2015 !

Littérature

La littérature iranienne a partie liée avec sa très riche histoire. Et c'est la poésie dans ce domaine qui tient le haut du pavé. Des poètes comme Ferdowsi, Khayyam, Saadi et Hafez sont entrés dans le panthéon des grandes figures de la littérature. Après la conquête de la Perse par les Arabes dans la seconde moitié du VIIe siècle, la plupart des intellectuels persans se convertissent à l'islam. La forme arabe persiste dans les premiers diwans (répertoires poétiques) en persan, mais elle est rapidement adaptée à une forme de poésie plus légère et plus courte : le ghazal. La poésie persane acquiert cependant ses lettres de noblesse au Xe siècle sous l'impulsion de Ferdowsi, auteur du Shâh Nâmeh, épopée héroïque retraçant l'histoire des rois et des héros perses jusqu'à l'invasion arabe du VIIe siècle. Ces récits légendaires épiques auront une influence considérable dans l'ensemble de l'Orient.

Ferdowsi (Aboul Qasim) (940-1020), né à Tus à proximité de Machhad, s'attela durant une trentaine d'années à son immense oeuvre de 50 000 vers. Amoureux de la langue perse et de sa civilisation, il cherchait à redonner sens et prestige à un peuple dominé depuis trois siècles par les Arabes, ayant imposé leur foi et leur langue à l'ensemble du territoire. Le récit court de la création du monde à l'arrivée des conquérants musulmans. S'y mêlent des mythes empruntés à l'Inde, ou au zoroastrisme, et des faits déjà narrés dans un Livre des Rois d'origine sassanide. Les héros du Shâh Nâmeh, comme Rostam, sont encore parties prenantes de la culture iranienne contemporaine. L'ouvrage articulé selon trois cycles évoque au préalable l'origine du monde avec l'apparition des premiers hommes et de Jamshid, roi légendaire dont l'orgueil entraînera la chute de la Perse. Deuxième temps fort du récit, la renaissance du pays, incarnée par Rostam, héros mythologique central. Enfin, apparaissent dans la dernière partie des souverains historiques comme Alexandre le Grand, devenu Iskandar et intégré à la mythologie persane.

Rudaki, au Xe siècle, témoigne également à merveille de la maîtrise acquise par les Iraniens en la matière. Au cours des siècles suivants, les poètes mêlent les influences persanes et arabes. Omar el- Khayyâm (1047-1122), demeure avec Ferdowsi et Saadi, l'un des trois plus grands poètes persans. Sensualiste et controversé, son amour de la vie et son absence d'espoir dans l'au-delà susciteront l'ire des plus conservateurs. Il célèbre dans ses poèmes épigrammatiques (Roubayat), proches des quatrains, la jouissance immédiate de la vie. La brièveté du quatrain oblige le poète à formuler sa pensée aussi précisément que possible. Avec une concision saisissante, il exprime l'angoisse causée par l'impuissance à déchiffrer l'énigme de l'univers. Son tombeau, situé à Nishapur au nord-est du pays, fait toujours l'objet d'une grande vénération.

Nezami (1141-1209), auteur d'épopées romanesques influencées par le soufisme (Les Amours de Layla et de Majnun), est, de son côté, à l'origine de cinq chefs-d'oeuvre, poèmes épiques retraçant les passions humaines, rassemblés sous le titre de Khamsa (" Quintet ").

Au XIIIe siècle, deux grands courants émergent : les poètes de cour, comme Saadi, et les poètes mystiques, comme Attar ou Rumi.

Saadi (Mucharrif al-Din) (1213-1292), né et enterré à Shiraz (tombeau très visité), est l'auteur du Golestan (Le Jardin des Roses) et du Bostan (Le Verger), recueils d'anecdotes morales en prose orné de vers. Un ensemble de douze recueils de poésies ou ghazals constitue le diwan du poète. Dans ses poésies lyriques, il allie fréquemment à l'expression de l'amour ou à la description de la nature les aspirations d'un mysticisme modéré. Les souvenirs et les impressions de voyages, plus ou moins authentiques, constituent la toile de fond de ses ouvrages. La précision de sa langue et l'harmonieuse élégance de son style font toujours l'admiration de ses compatriotes. Hafez, un demi-siècle plus tard, perfectionnera encore un peu plus le genre et Jean de La Fontaine, au XVIIe siècle, s'inspirera même directement de son oeuvre.

Rumi (Djalal al-Din) (1207-1273), le plus célèbre des soufis, connu également sous le nom de Mawlana, rédigera le Masnavi, immense poème en persan. Mystique, musique et danse sont liées, conformément au rituel des derviches tourneurs auquel il appartient. Shams al-Din, inspirateur et dédicataire de ses poèmes, demeurera son maître lui enseignant la puissance créatrice de l'amour.

Au XIVe siècle, l'oeuvre de Hafez (1320-1368) mêlera les deux courants. " Celui qui sait par coeur le Coran ", né également à Shiraz à l'instar de Saadi, demeure la référence du ghazal. Privilégiant les thèmes de la poésie classique persane (le vin, l'amour, les plaisirs de la nature et le mystère qui gouverne le destin de l'homme), Hafez établira un parfait équilibre entre hédonisme et soufisme, profane et sacré, éléments terrestres et célestes. Ses poèmes témoignent également d'une passion pour sa ville natale où il passa toute sa vie. Après de brillantes études en langue et littérature arabes et en théologie, il débutera sa carrière comme enseignant dans une madrasa. En 1368, il rassemble ses poésies en un diwan. Talentueux, il est invité à la cour des princes. Hafez a conservé, tout au long des siècles, une large audience et une autorité incontestée auprès de ses compatriotes et dans l'ensemble du monde oriental. Remarquable connaisseur et interprète de l'âme iranienne, il bénéficie toujours d'une incroyable aura. Son tombeau à Shiraz continue d'attirer les foules.

A partir du XVe siècle, le panégyrique à la gloire des shahs en place prédomine. La création poétique s'amenuise, mais renaît avec de nouveaux thèmes dès le début du XXe siècle.

Nima Yushidj (1897-1959) s'impose comme le " père " de la poésie iranienne contemporaine, rompant avec les images et la métrique traditionnelles et ouvrant la voie à l'expression d'un lyrisme très personnel, inspiré des Romantiques européens.

Ahmad Chamlou (1925-2000), dans son sillage, est longtemps considéré comme le plus grand poète contemporain iranien. Parmi ses recueils les plus connus figurent Ibrahim dans le feu, Fleurir dans la brume et Le jardin des miroirs.

Citons également Sadegh Hedayat (1903-1950) pour La Chouette aveugle, Goli Taraghi Les Trois Bonnes et la poétesse, et Forough Farrokhzad (1935-1967).

Glossaire

Coufique (ou kufique). La plus ancienne forme d'écriture arabe, faussement attribuée à la ville de Kufa. Composé de lettres rigides et anguleuses, le coufique est tracé sur une même ligne de base, avec des verticales diminuées. Souvent utilisé en décoration épigraphique, il a évolué vers des formes de plus en plus ornementales, comme le coufique fleuri.

Diwan (ou divan). Ce terme persan, popularisé par l'administration turque, signifia tout d'abord " registre ". Ce sens s'est maintenu pour la littérature orientale : le diwan d'un poète est son registre, le recueil de ses oeuvres.

Ghazal. Terme d'origine arabe signifiant " chanson, élégie ". Poème oriental, chant masculin adressé à une belle, correspondant à l'ode occidentale qui chante, en vers, l'amour, le vin, la nature, la destinée...

Rubayat. Improprement assimilé au quatrain, le rubayat compte en réalité quatre hémistiches, donc deux vers. Comme notre sonnet, ce type de poème exige la perfection de la forme et la concision de la pensée. A titre d'exemple, citons les célèbres Rubayat de Khayyâm.

Vedas. Livres sacrés de l'Inde. Au nombre de quatre, ils sont écrits en sanskrit et attribués à la révélation de Brahma. Ce sont des recueils de prières, d'hymnes et autres formules se rapportant au sacrifice et à l'entretien du feu sacré.

Médias locaux
Musique
Le târ, instrument à cordes iranien.
Le târ, instrument à cordes iranien.

La musique classique iranienne est largement improvisée et organisée en une série de modes, appelés dastgah. Chaque dastgah constitue un système autonome, comprenant des séquences appelées gusheh, courtes mélodies ayant leur propre identité modale. Ce sont les gusheh qui sont mémorisés strictement par les musiciens, et qui forment le point de départ pour l'improvisation. Le répertoire se présente sous deux formes - musique vocale et instrumentale - alternant pendant les concerts. Poésie et musique sont liées : de nombreuses pièces utilisent les textes des poètes mystiques perses médiévaux (Khayyam, Saadi, Hafez).

Aux origines

Le timbre d'argile (choghamih) qui remonte à 4000 ans av. J.-C. est le premier document qui montre une forme d'orchestre réunissant différents types de percussions mais aussi d'instruments à vent, d'instruments à cordes et d'un chanteur. Un autre document provenant de découvertes archéologiques faites à Suse montre trois sculptures représentant des joueurs de tambours et remonte à 1500 av. J.-C. (une de ces sculptures est au musée du Louvre). Elle montre un homme qui tient un tambour de sa main gauche et joue avec sa main droite. La découverte d'une trompette en métal de 20 mètres de long avec un diamètre de 50-60 et 5 cm dans la tombe d'un souverain Achéménide atteste également de la précocité de la maîtrise des instruments à vent. Enfin quelques bas-reliefs à Tagh e Bostan ou Kermanshah montrent une scène de chasse avec trois femmes harpistes et des instruments à vent dans trois bateaux qui sont situés à côté.

Toutes ces trouvailles archéologiques montrent la valeur et l'importance de la musique dans l'Iran ancien. La variété n'est pas que dans les instruments, elle est également dans l'usage qui est fait de la musique. Telle qu'elle est représentée, il est probable que la musique rythmait beaucoup de cérémonies rituelles et religieuses mais également des gestes dramatiques et de simples danses. Ces sculptures ou bas-reliefs nous donnent beaucoup d'informations sur la musique traditionnelle dans cette région et sur les notes intervalles employées, différentes de l'échelle musicale occidentale ainsi que sur les modes musicaux grecs ou sur le mugham turc, qui apparaissent bien après la musique iranienne.

Expansion de la musique iranienne

Des recherches sur des manuscrits anciens, entreprises conjointement par des scientifiques et des musiciens, montrent que dans la dynastie Akad (XXIVe s. av. J.-C.) les mêmes règles ont existé et que des intervalles musicaux ont été déterminés, basés sur la technique de doigté. De la même époque date le nom des sept modes dérivés d'une combinaison différente d'intervalles spécialement les quatrième et cinquième intervalles. Il est important de considérer que la musique dans les régions éloignées de la mer Méditerranée a été influencée par la musique perse de cette époque et que les musiciens en Syrie par exemple ont commencé à utiliser la même structure et la même forme musicale.

Sous les dynasties achéménide et sassanide, la musique a été présente dans tous les aspects de la vie : du culte à la guerre. Elle a été théorisée et s'est dotée de règles scientifiques, faisant beaucoup de progrès même après que les Arabes musulmans eussent conquis l'Iran. La musique iranienne ne tarde pas à être reconnue à la cour du gouvernement islamique à Bagdad. Elle s'y enrichit durant cet âge d'or, au même titre que la littérature ou d'autres arts. À cette époque, un musicien zoroastrien iranien du nom de Javanouyeh pense à combiner le poème arabe avec la musique perse. Un genre est né. La culture musicale culmine dans la période islamique avec Ibrahim Mosouli et son fils Ashegh Mosouli. La musique perse est même enseignée dans des écoles en Andalousie, en Égypte, Maroc, Tunisie, Turquie... Cet engouement permet aussi d'améliorer les instruments et de rendre la musique encore plus populaire.

Des spécificités régionales

La diversité des conditions météorologiques et la façon dont les gens vivent dans différentes parties de l'Iran, la variété de langues, d'accents, les coutumes et les habitudes culturelles font que chaque partie du pays développe peu à peu des instruments spécifiques. Si en revanche la musique présente des similitudes dans toutes les régions, elle peut aussi s'enrichir du contact des régions voisines, anciennement conquises par la Perse. En outre, dans beaucoup de régions, la musique devient le véhicule de la littérature et de la transmission de la culture orale qui se passe de conteurs en musiciens et subit à chaque fois les influences créatrices des uns et des autres. La musique a donc beaucoup changé au cours de l'histoire dans toutes les régions d'Iran, bien qu'il subsiste à chaque fois de solides traits communs qui permettent de parler de musique nationale.

Les instruments

Les instruments nationaux iraniens sont très anciens et certains d'entre eux sont la source d'inspiration de nombreux instruments utilisés aujourd'hui en Occident comme le luth, la guitare ou le violon. La harpe tiendrait du chang, un instrument perse vieux de 6000 ans... Les instruments de la musique iranienne traditionnelle ont quelques spécificités : le dotar (littéralement " deux cordes "), très répandu dans la région du Khorassan, appartient à la famille des luths à manche long. Le setar, instrument privilégié des mystiques, dérive quant à lui de l'une des plus anciennes familles de luth, généralement conçu en bois de mûrier. Le tar, également originaire de la famille des luths, bénéficie toujours des faveurs de la plupart des grands maîtres de la musique traditionnelle persane. Dans la catégorie des percussions, retenez le daf, grand tambour sur cadre à membrane unique, et le zarb. Le tonbak, percussion traditionnelle iranienne, se joue avec les 10 doigts.

Le chant

Le chant traditionnel iranien a une technique spéciale : le tahrir, ou trémolo. Certains musiciens pensent que cela vient d'un désir d'imiter le chant des oiseaux. De nombreux chanteurs iraniens ont acquis une reconnaissance internationale comme Mohamadreza Shajarian et Shahram Nazeri (tous deux ont reçu la légion d'honneur). Après la révolution islamique, plus d'attention a été accordée à la musique traditionnelle et classique et aux joueurs de ce genre de musique, la seule officiellement autorisée par le gouvernement. Des grands musiciens contemporains iraniens, on peut nommer le compositeur et joueur de tar Hosein Alizade, le compositeur et joueur de Kamanche Keyhan Kalhor ou encore le compositeur et joueur de Santour Parviz Meshkatian.

Les influences étrangères

Depuis la révolution islamique, elles sont quasi nulles, la musique pop et plus largement occidentale quel que soit sont courant, ayant été interdite pendant de longues décennies. Mais au cours des dernières années, après que la situation sociale s'est améliorée en Iran et pendant le laps de temps durant lequel les sanctions ont été levées, les jeunes se sont tournés vers la musique occidentale. Parallèlement, les jeunes plébiscitent beaucoup la musique traditionnelle, classique ou moderne à travers de nombreuses écoles et filières universitaires spécialisées. Qui sait quels nouveaux styles ou mariage de styles naîtront de cet engouement ? La dernière limite à franchir aujourd'hui pour le gouvernement sera d'autoriser les femmes à chanter en solo, ce qui leur est totalement interdit pour l'heure.

Ferdowsi chantre de l’identité perse

Les mythes et légendes perses témoignent de la persistance d'une très antique tradition dans la culture et dans la langue d'une vaste zone géographique, qui s'étend bien au-delà des frontières politiques de l'Iran moderne. Ni les migrations des tribus nomades, ni les invasions, ni les ruptures politiques, ni les bouleversements internes n'ont eu raison de ces très anciennes sagas qui ont traversé les millénaires. Leur préservation a aidé la langue et la littérature persanes à survivre et à se développer. C'est essentiellement sous les Parthes (247-224 av. J.-C.) et les Sassanides (224-642) que de nombreux récits légendaires et mythes, dont certains sont d'origine païenne et d'autres d'origine zoroastrienne, ont été couchés par écrit. S'il existe quantité de Nâmeh dans la littérature perse, le Shâh Nâmeh de Ferdowsi y tient une place particulière en raison de la pureté de sa langue. Ses héros, Rostam, Sohrab et Isfandiyar, appartiennent encore au quotidien des Iraniens. Lire et réciter leurs histoires reste courant. Depuis le XIVe siècle, les manuscrits illustrés du Shâh Nâmeh évoquent certains de ces mythes et légendes par l'image. Zahhak aux épaules-serpents, Fariydun et sa masse à tête de taureau, Isfandiyar l'invincible (inspiré par Alexandre le Grand), Rostam semblable à un lion, le simurgh qui renaît de ses cendres et les maléfiques div sont tous devenus des personnages familiers de la peinture persane. Le Shâh Nâmeh ou la lecture du Livre des Rois est un art en soi, qu'exercent des récitants professionnels, les naqqals, dans les villes et les villages. Rostam, le héros de tous les héros, est un personnage particulièrement aimé : on joue ses aventures et ses combats pour le plus grand plaisir des publics de tout âge. Usant beaucoup du geste, alternant la récitation poétique et le chant, le naqqal emporte ses auditeurs du champ de bataille à la cour du roi, les fait éclater de rire par ses mimiques et fondre en larmes par d'émouvants et terribles récits de meurtre. Souvent, l'histoire s'arrête à un moment crucial, pour ne reprendre que le lendemain, le naqqal prolongeant ainsi son récit durant plusieurs jours.

La grande gougoush

Née à Téhéran en 1950, Faegheh Atashin devient une star iranienne du cinéma et de la chanson dans les années 1960 et 1970. D'une certaine manière, son silence a autant compté que sa voix tout au long de sa carrière. Chanteuse très populaire avant la révolution iranienne, elle choisit de rester dans son pays après 1979, et donc de subir l'interdiction de chanter. Le silence auquel elle est contrainte fait autant parler d'elle à travers le monde que ses succès avant, d'autant qu'avec ses chansons en français elle avait acquis une notoriété internationale.

En 2000, après deux décennies de silence, elle décide de sortir un nouvel album à la faveur du tournage d'un documentaire sur sa carrière. Deux autres albums suivront en 2003 et 2005 et elle enchaînera les tournées internationales dans le même temps, s'installant en Californie pour vivre pleinement sa nouvelle carrière. En attendant le bonheur de se produire de nouveau, peut-être un jour, sur sa terre natale...

Peinture et arts graphiques

La richesse des collections montrées au public, tant concernant la période pré-islamique que la période islamique, est époustouflante. De palais en musée, de Téhéran à Ispahan, c'est un éblouissement. Le point d'orgue reste le travail des miniaturistes, très spécifique du pays.

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