Guide du Cambodge : Comment partir ?

Partir en voyage organisé

Le Cambodge est proposé par les tour-opérateurs et agences de voyages spécialisés à travers différents voyages et thèmes : culturel, historique, découverte, trekking, séjour farniente. Vous pourrez également choisir pour la formule qui vous convient : circuits accompagnés, voyages individuels avec guide-chauffeur francophone, itinéraires à composer selon vos envies. Il y a aussi les voyages qui combinent le Cambodge avec les pays voisins. Comptez environ, à titre purement indicatif, 2 000 € pour un circuit accompagné de 14 jours, 2 400 € pour un circuit privatif de 2 personnes, 2 000 € pour une randonnée de 16 jours, 3 000 € pour un combiné Cambodge-Laos-Vietnam de 16 jours (circuit accompagné).

Spécialistes
Généralistes

Vous trouverez ici quelques tours-opérateurs généralistes qui produisent des offres et revendent le plus souvent des produits packagés par des agences spécialisées sur telle ou telle destination. S'ils délivrent des conseils moins pointus que les spécialistes, ils proposent des tarifs généralement plus attractifs.

Réceptifs
Sites comparateurs

Plusieurs sites permettent de comparer les offres de voyages (packages, vols secs, etc.) et d'avoir ainsi un panel des possibilités et donc des prix. Ils renvoient ensuite l'internaute directement sur le site où est proposée l'offre sélectionnée. Attention cependant aux frais de réservation ou de mise en relation qui peuvent être pratiqués, et aux conditions d'achat des billets.

Partir seul
Vers les pays limitrophes

De/ Vers la Thaïlande

Par Koh Kong et le golfe de Siam. Depuis Phnom Penh, des bus se rendent directement à Koh Kong et au poste frontière de Cham Yeam par la route nationale 48. D'autant que la route est désormais en excellent état (compter entre 3 et 4 heures). Depuis la ville, se rendre à la frontière où se trouve un beau bureau de l'immigration, récemment rénové. Les policiers de service sont plutôt corrects et, une fois obtenu le tampon de sortie du territoire, vous n'avez plus que 150 autres mètres à faire, vers la gauche, pour devenir un " farang ", la version siamoise du " barang ". Les douaniers thaïlandais vous délivreront automatiquement et gratuitement un visa d'un mois. Vous pouvez alors continuer votre route. La première étape siamoise est la petite ville de Hat Lek. Elle se trouve à 16 km, et on peut s'y rendre en moto-taxi ou en pick-up pour 50 bahts. De là, on s'en ira vers Trat (75 km) en taxi collectif pour 120 bahts. Il est conseillé d'essayer d'aller d'une traite à Trat, cela fait gagner beaucoup de temps et vous permettra peut-être d'attraper le bus de 18h. Une fois à Trat, pas de problème, il n'y a qu'une seule " bus station " : des bus climatisés partent toutes les heures pour Bangkok (environ 200 bahts, 5 à 6h de trajet). Pensez à changer de Petit Futé...

A savoir :

Munissez-vous de bahts dès Phnom Penh. Les régions frontalières de la Thaïlande connaissent à peine le riel, de plus, le change y est mauvais, même en dollars.

Les postes frontières ouvrent à 7h du matin et ferment à 17h.

Tâchez de passer la frontière assez tôt pour attraper le bus de 18h car le suivant est à 23h. Si vous le ratez, ne vous inquiétez pas, il y a un immense marché regorgeant de thai food juste derrière la gare routière.

Horaires de bus. Trat-Bangkok, toutes les heures de 7h à 18h puis 23h et 23h30. Bangkok-Trat, 6h, 7h, 7h45, 9h30, 11h, 12h30, 14h, 15h30, 17h30, 19h30, 20h30, 22h, 23h30.

Dans le sens Bangkok-Phnom Penh : pour rallier Sihanoukville depuis Koh Kong, prenez le bus. A votre arrivée sur le sol cambodgien, louez d'abord les services d'une moto-dop (100 bahts), d'un touk-touk (7-8 $) ou d'un taxi (10 $) pour rallier le centre de Koh Kong, 8 km plus loin. De là, les bus pour Sihanoukville mettent 4 à 5 heures pour arriver à destination. Le taxi est une autre option, plus coûteuse cependant. Il n'y a plus de liaison régulière en bateau disponible entre Koh Kong et Sihanoukville.

Par Poïpet et voie de terre

Vous achetez votre billet la veille dans une agence de voyages et le lendemain, vous vous levez raisonnablement tôt pour arriver avant 7h30 à la compagnie de bus Sorya, rue 217, à côté du marché central, pour prendre le bus en direction de Bangkok via Poïpet. Vous arrivez à Poïpet vers 14h, le passage des douanes khmères vous prendra le temps qu'il faut... En sortant du bureau de l'immigration, prenez à gauche et passez le pont. De l'autre côté, le poste frontière thaï vous délivrera sans problème votre visa d'un mois ou de deux semaines.

Vous n'avez plus qu'à trouver le bus pour Bangkok (en général, les employés de la compagnie Sorya vous accompagnent pour le transfert) et, 5 heures plus tard (à condition de ne pas avoir raté le premier bus), vous êtes dans la cité des Anges, avec un rhume car la clim du bus est toujours poussée à fond... Le tout vous aura pris une poignée d'heures et coûté 15 dollars... A noter que d'autres compagnies font également le trajet.

De / Vers le Viêt Nam

En bateau vers le Viêt-Nam. La guesthouse Capitol a ouvert une ligne Phnom Penh-Chau Doc pour voyageurs courageux. Bus de Chau Doc jusqu'au bac de Neak Luong, puis barque en plastique jusqu'à Kom Som Nor, de là, on traverse la frontière à pied, les oreilles bourdonnant encore du bruit du moteur (pour se protéger du bruit et du soleil, il est possible de faire comme les Cambodgiens qui sont à bord : enfiler un casque de moto, c'est totalement ridicule mais très efficace). La frontière se passe plus ou moins rapidement ; si l'on tombe hors pause déjeuner, tout va bien, sinon, on en prend pour deux heures... On termine le trajet avec un autre bateau vietnamien qui attend de l'autre côté de la frontière. Au final, il faut 3 heures 30 environ de trajet de PNH à la frontière, puis encore 3 à 3h30 de la frontière à Chau Doc sans compter le temps à la frontière qui est très aléatoire. Ça coûte 12 $ et les billets sont en vente à la guesthouse Capitol.

Aller au Viêt-Nam en bus ou en taxi. Les compagnies dont les bus traversent la frontière, comme Sorya, Capitol Tour et Mekong Express, partent de Phnom Penh à plusieurs heures de la journée (matinée et début d'après-midi) et arrivent à Saigon 6 à 7 heures plus tard. Prix : environ 12 $. Dans le cas des bus Capitol Tour, ils partent à 6h45, 8h ou 13h30 de la Capitol Guesthouse et arrivent dans la rue des voyageurs (Pham Ngu Lao) à Saigon dans l'après-midi ou en soirée. Pour y aller en taxi, la règle est la même qu'expliqué plus haut et les tarifs sont les mêmes que pour Siem Reap. Les taxis, eux, ne traversent pas la frontière, il faut donc passer à pied le no man's land de 200 m et récupérer un taxi côté vietnamien. Prix : de 15 à 20 $ la voiture complète jusqu'à Saigon ou bien 5 à 7 $ la place (au VN, on compte une place devant et trois à l'arrière). Pour payer le vrai prix, faites-les attendre en allant boire un coup à la buvette...

Les visas. On peut passer par Kep et le poste-frontière de Prek Chak si on se fait faire un visa vietnamien à Sihanoukville ou à Phnom Penh. Le visa vietnamien n'est pas disponible aux frontières. Le visa cambodgien, lui, est disponible aux frontières suivantes : Koh Kong, Païlin, Poïpet, Prek Chak, Anlong Veng, Osmach, Bavet et à la frontière terrestre avec le Laos (distante de 10 km de celle qui se trouve au bord du Mékong).

De/ Vers le Laos

Le Laos par la route

Dong Cronlor - Voeune Kham. Ce passage est désormais ouvert par la route. Pour se rendre depuis Si Pan Don au Cambodge, il est préférable d'avoir son visa à l'avance : le racket des touristes est systématique (quelques dollars).

En avion

Prix moyen d'un vol Paris-Phnom Penh : 1 000 € en haute saison et 600 € en basse saison. A noter que la variation de prix dépend de la compagnie empruntée mais, surtout, du délai de réservation. Pour obtenir des tarifs intéressants, il est indispensable de vous y prendre très en avance. Pensez à acheter vos billets six mois avant le départ !

Principales compagnies desservant la destination
Aéroports
Sites comparateurs

Certains sites vous aideront à trouver des billets d'avion au meilleur prix. Certains d'entre eux comparent les prix des compagnies régulières et low-cost. Vous trouverez des vols secs (transport aérien vendu seul, sans autres prestations) au meilleur prix.

En bus
Location de voitures
Se loger

Au Cambodge, le rapport qualité-prix est moins bon qu'en Thaïlande, qu'au Laos ou au Vietnam. Dans les hôtels bas de gamme, la plomberie laisse songeur, l'isolation qu'elle soit sonore ou calorifique est inexistante et la climatisation est parfois installée de façon approximative. Les chambres à plus de 10 $ offrent un confort acceptable pour ceux qui ont l'habitude de voyager dans des conditions spartiates. Les chambres à 20 $ offrent un confort de bon niveau. L'hôtellerie n'est donc pas le point fort du Cambodge à moins d'y mettre le prix. Avant de s'installer dans n'importe quel hôtel (même haut de gamme), nous vous conseillons toujours dans la mesure du possible de visiter plusieurs chambres. Certaines ont effectivement souffert de l'humidité et présentent des marques de moisissure ou de détérioration. Les rénovations suivies ne sont effectuées que dans les établissements de luxe internationaux.

Hôtels

On en trouve pour tous les goûts et tous les budgets. Des hôtels de luxe ou de bon confort sont implantés dans les principales zones touristiques : Phnom Penh, Siem Reap, Sihanoukville, Battambang. Et l'on trouve partout des petits hôtels ou des guesthouses bon marché en province. Le confort et la propreté sont très variables d'un établissement à l'autre. Toujours visiter les chambres au préalable. On peut essayer de négocier le prix lorsqu'on reste plusieurs jours. Il faut savoir que les prix peuvent se négocier, et surtout en dehors de la haute saison, à des tarifs beaucoup plus avantageux que ce que proposent des grosses centrales de réservations sur Internet.

Une chambre climatisée avec salle de bain correcte, mobilier confortable, TV câblée et minibar se situe entre 15 et 50 $, selon la ville, l'emplacement et le standing de l'hôtel.

De 75 à 500 $ et plus, un très bon confort est assuré : piscine, salle de culture physique, massage ou sauna à demeure, TV satellite, wifi, transferts en minibus climatisé, etc.


Guesthouses

Le tarif d'un lit en dortoir basique est de 3 à 5 $. Compter 5 à 8 $ pour une chambre ventilée avec douche.

Une chambre ventilée avec cabinet de toilette coûte entre 10 et 12 $. La même chambre climatisée coûte entre 15 et 20 $, minimum.

Auberges de jeunesse

Les auberges de jeunesse sont peu nombreuses au Cambodge, moins d'une dizaine. Cela se comprend aisément vu les prix que proposent les guesthouses et les hôtels.

Campings

L'hébergement hôtelier bon marché suffit à satisfaire la demande touristique et les campings sont quasiment inexistants. Il en existe près de Sihanoukville, dans les îles de la baie voisine. D'autre part, les conditions météo - chaleur et pluies abondantes - ne sont pas favorables à ce type d'hébergement. Sans oublier les moustiques, les serpents, les scorpions...

Tourisme rural - Agritourisme

Le tourisme rural est encore assez peu développé au Cambodge. Seules quelques agences de voyages spécialisées dans l'écotourisme le proposent. Le manque d'infrastructures et la barrière de la langue sont les deux facteurs les plus pénalisants pour un véritable essor.

Se déplacer
Avion

Vols intérieurs. Les liaisons possibles en avion à l'intérieur du Cambodge sont les suivantes : Phnom Penh-Siem Reap (plusieurs liaisons quotidiennes), Siem Reap-Sihanoukville (quotidienne).

Compagnies cambodgiennes. Il en existe quatre actuellement, Cambodia Angkor Air, Cambodia Bayon Airlines, Sky Angkor Airlines et Bassaka Air. D'autres compagnies internationales comme Air Asia, Vietnam Airlines, Lao Airlines ou Bangkok Airways desservent ces trois villes au Cambodge.

Taxes d'aéroport. Elles sont désormais comprises dans le prix des billets d'avion.

Bateau

Oubliez croisières sur le Nil, le Niger et autre Danube... le mythique fleuve Mékong, la " Mère de toutes les eaux ", vous tend maintenant ses multiples bras. Pendant plus de trente ans, il a été interdit, oublié, car pris en otage par les guerres. Ses eaux ocre et limoneuses, ses immenses espaces ouverts à l'infini, ses couleurs magiques, ses rapides, ses dauphins d'eau douce, ses vieilles bourgades coloniales endormies s'offrent à vous maintenant. Partez sur les traces de Francis Garnier et de sa mission d'exploration du Mékong... Pour ce qui est des autres fleuves, deux itinéraires s'offrent à vous :

Phnom Penh - Siem Reap, la balade sur le Tonlé Sap est longue, belle et hélas un peu monotone.

Siem Reap - Battambang, un trajet magnifique sur la Stung Sangker aux abords des villages de pêcheurs et d'une faune et une flore incroyables. Cependant, il n'est possible d'effectuer la balade en six heures qu'à la saison des pluies. Il vous en faudra huit (et dans des conditions sommaires) à la saison sèche... si seulement la liaison est maintenue.

Bus

Depuis Phnom Penh. Au sud-ouest du marché central, devant la station Total, dans la rue qui prolonge le boulevard de Gaulle, se trouve la station de bus principale de Phnom Penh. Départs quotidiens pour de nombreuses destinations, dont Sihanoukville, Siem Reap, Battambang, Oudong, Kompong Speu, Takhmau, Kompong Chhnang, Neak Lueung... Dans l'ensemble, les bus sont confortables et climatisés... mais très bruyants. Des bus à couchettes ont fait leur apparition il y a peu. Ils sont très inconfortables et n'offrent pas la possibilité de dormir durant les trajets. L'autre possibilité est de prendre un mini-van, plus petit, plus rapide, mais aussi plus cher et assez peu confortable. Autre désavantage : le manque de place si vous voyagez avec de gros bagages.

Déplacements par la route : distances à partir de Phnom Penh

Se rendre à Kompong Cham par la route ne présente aucune difficulté. Kompong Cham-Kratie peut faire l'objet d'un gros détour par Mémot et Snoul, à moins que vous ne décidiez de prendre la route de Chhlong qui longe le Mékong sur la dernière moitié de son parcours, un parcours beau mais un peu plus sportif selon l'état de la route. De Kratie à Steung Treng, voire jusqu'à la frontière, vous empruntez l'ancienne route du Laos, si souvent décrite dans les romans de Jean Hougron, elle est maintenant totalement bitumée.

La route de Battambang est maintenant excellente, mais le tronçon Sisophon-Siem Reap compte encore quelques passages non bitumés, surtout à l'arrivée sur Siem Reap.

La RN4 est, quant à elle, la meilleure route du royaume.

La RN2 et la RN3 ont été grandement améliorées, et le trajet se fait sans encombre.

Oudong : 40 km ;

Kompong Chhnang : 90 km ;

Pursat : 187 km ;

Battambang : 292 km ;

Sisophon : 372 km ;

Poïpet : 421 km ;

Siem Reap : 485 km ;

Kompong Cham : 144 km ;

Kratie : 343 km ;

Steung Treng : 485 km ;

Kompong Speu : 48 km ;

Sihanoukville : 232 km ;

Tonlé Bati : 33 km ;

Kampot : 148 km ;

Kep : 172 km ;

Hâ Tien (frontière vietnamienne) : 220 km ;

Sihanoukville : 248 km ;

Moc Bai : 188 km ;

Saigon : 242 km.

Taxi

Taxi : des services de taxi font leur apparition à Phnom Penh, mais les particuliers sont souvent meilleur marché et aussi pro que les autres. Une chose est sûre : il faut toujours négocier le prix de la course avant le départ !

Taxi collectif : nous ne recommandons pas ce mode de transport aux claustrophobes. En général, une voiture avec chauffeur se loue entre 35 et 55 $ selon les distances. Divisez par le nombre de voyageurs et vous obtenez le prix individuel. Une Toyota Camry peut contenir jusqu'à huit Khmers et certains chauffeurs, prônant l'égalité entre les peuples, cherchent à faire de même avec les Occidentaux... A vous de négocier le prix et le nombre de voyageurs. Vous pouvez sans peine acheter deux ou trois places pour vous tout seul.

Pour rester en vie, il importe de choisir un taxi avec : un volant à gauche, des pneus en bon état (ceux qui sont usés jusqu'à la corde peuvent lâcher dans les freinages et puis ils sont significatifs de l'état d'esprit du chauffeur et de l'état général de son véhicule), un nombre de passagers " acceptable ", soit pas plus de six... et, surtout, de veiller à ce que personne ne partage le siège du chauffeur.

La location d'une voiture entière coûte de 50 à 60 $. Si vous voulez négocier, une place arrière peut descendre à 35 000 riels (4 personnes sur la banquette arrière, peu importe leur taille), celle à côté du chauffeur, à l'avant, correspond à deux places et coûte de 50 000 à 60 000 riels.

Deux-roues

Cyclo-pousse : l'avènement du cyclo-pousse remonte à 1936. On le vit apparaître cette année-là pour la première fois à Phnom Penh. Le créateur du véhicule, Pierre Coupeau, était un Charentais sportif et tenace. Il dut batailler ferme pour faire reconnaître sa création par les Travaux publics. Le ministère des Colonies ne donna son agrément définitif pour l'utilisation de ce moyen de locomotion intrépide qu'après avoir confié le nouvel engin à des vélocipédistes confirmés, Speicher et Le Grevès, héros du Tour de France. Des essais eurent lieu à Paris dans les larges allées du bois de Boulogne. Finalement, les champions félicitèrent l'ingénieux Charentais. Il baptisa le prototype au pineau, comme il se devait. La capitale du Cambodge enfin donna droit de cité au cyclo-pousse. Bientôt, Pierre Coupeau partit à la conquête de Saïgon, en cyclo-pousse, piloté par deux coolies se relayant. Il mit 17 heures 23 min pour abattre les 200 km qui séparent les deux capitales. Son arrivée fut des plus spectaculaires, au beau milieu d'une course cycliste. Il fallut cependant plus de dix ans au cyclo pour éliminer son antique rival, le pousse-pousse. En 1952, on comptait 6 500 cyclos à Saïgon.

Depuis lors, l'efficacité du cyclo ne s'est jamais démentie. A Phnom Penh, il est un instrument indispensable de la vie quotidienne et sert positivement à tout : transport de poulets, de cochons, de sacs de riz, de charbon, de caisses, de jarres d'eau... La résistance du cyclo et celle de son pilote semblent sans limites. A Saïgon, nous en avons vu un qui transportait une carrosserie de voiture... Le cyclo est également le moyen le plus sympa pour découvrir la capitale cambodgienne, en particulier le soir, quand la circulation de la journée n'est plus qu'un souvenir et que l'on glisse sans bruit sur l'asphalte des quelques rues en état ; c'est même encore meilleur après une grosse pluie, quand toute la poussière a été collée au sol. Quels que soient la charge et le nombre de passagers, une course se négocie généralement entre 500 et 1 500 riels suivant la distance. Ne vous laissez pas impressionner par les prix souvent exorbitants que les conducteurs de cyclo ont tendance à demander aux touristes et faites semblant de partir s'ils ne veulent pas vous consentir des prix corrects, ils vous rattraperont toujours. Comme il n'y a aucune solidarité dans ce corps de métier, la concurrence joue en votre faveur. Pour éviter tout problème, fixez le prix de la course avant de monter dans le cyclo et assurez-vous d'avoir été bien compris, même en insistant plus qu'il ne semble nécessaire. Les adresses précises avec nom de rue et numéro de maison ne diront rien aux conducteurs, ce qu'ils ont besoin de savoir, c'est à côté de quel marché ou de quel monument important se trouve votre destination.

Moto-dop : on les appelle moto-dop, du français " moto double ", et on les reconnaît à la casquette, souvent crasseuse, vissée sur la tête de l'aigle de la route de service. Les conseils de base restent les mêmes que pour les cyclos ; tout comme eux, ils vous diront oui sans avoir compris où vous voulez aller. Il faut alors employer la phrase magique : " Ot skoal té, ot mien loï té. " (Si tu ne connais pas, tu n'as pas d'argent). Vous les verrez alors freiner des deux tongs et interroger leurs petits camarades pour se renseigner sur l'itinéraire. On considère que pour des Occidentaux, trois passagers derrière le conducteur est un nombre maximum. L'ignorance des moto-dop en matière de géographie phnom-penhoise est aisément compréhensible dans la mesure où ceux-ci sont souvent de pauvres paysans venus à la ville pour joindre les deux bouts après une mauvaise récolte. Ils conduisent donc comme à la campagne et sont souvent d'un emploi problématique pour les touristes. Quand on en trouve un parlant une langue étrangère, mieux vaut le garder. De façon générale, il ne sert à rien de leur donner une adresse, il faut expliquer où l'on veut aller. Il faut dire " je vais à côté de... " en mentionnant l'endroit remarquable et connu dans la proximité duquel se trouve votre destination. Les marchés sont de bonnes indications, de même que les quelques monuments et grands bâtiments de la ville.

À la découverte du Cambodge, en deux roues

Piloter une moto soi-même est sans conteste le meilleur moyen d'aller à la découverte du Cambodge, c'est aussi le plus dangereux... Nombre d'expatriés ont fait au Cambodge leurs débuts de motard viril et balafré, mais beaucoup ont également dû être rapatriés d'urgence... Il est facile de louer ou d'acheter une moto tout-terrain, personne ne vous demandera si vous avez le permis, cela ne se produira qu'un peu plus tard, quand vous aurez subi un accident de la circulation, afin de faire monter les enchères encore un petit peu...

Que vous soyez nul ou très fort, vous allez devoir prendre en considération un certain nombre de paramètres. Les Cambodgiens sont des conducteurs effroyables, et le code de la route est remplacé par la loi du plus gros ou du plus méchant. Heureusement, ils conduisent très lentement (si l'on excepte les adolescents), ce qui permet d'anticiper un certain nombre de réactions types comme celles qui suivent :

La casquette. Quotidiennement, des centaines, voire des milliers de conducteurs de moto cambodgiens, risquent la mort pour récupérer une casquette à 1 500 riels emportée par le vent de la course. Et, illico, on fait demi-tour sans regarder pour récupérer le prestigieux couvre-chef.

Le demi-tour moto. Un moto-dop roule très lentement (de fait, il est presque à l'arrêt) en oscillant légèrement de droite et de gauche : notre ami a vraisemblablement entamé le processus mental préalable au demi-tour sur place, prenez le large.

Les puissants et les riches. Ça bouchonne fort sur votre gauche et un gros Land Cruiser se trouve bloqué sur la file opposée : attention ! Le possesseur d'un tel engin ne peut être qu'un personnage très important, du moins en est-il lui-même certainement persuadé, il ne peut donc perdre son précieux temps dans des embouteillages alors que sa maîtresse l'attend déjà, il va déboîter en force.

Le carrefour. Vous vous souvenez de ces images du film catastrophe La marabunta gronde, où des cohortes monstrueuses de fourmis rouges se croisent et se chevauchent dans tous les sens ? C'est, à peu de choses près, la vision qu'offre un carrefour phnom-penhois. Tout le monde essaie de couper, de doubler, on traverse en biais, on se retrouve à gauche et en sens contraire, c'est cependant parfaitement normal... Les hommes en bleu observent du coin de l'oeil, à l'ombre, leur rôle n'étant pas de faire respecter la loi mais de profiter financièrement des accidents qui ne manquent pas de se produire.

On roule à droite. Oui, mais... Conséquence du bordel épouvantable généré par les carrefours, les gens qui tentent de couper en biais par la gauche se retrouvent en double file pendant plusieurs centaines de mètres, en sens contraire, avant de déboîter au petit bonheur en direction de la file d'en face. C'est ainsi que vous devez toujours faire attention à votre droite car les gens roulent en sens inverse de façon continue. Cela pourrait s'intituler la " Quatre-voies à la cambodgienne ".

Les feux rouges. C'est classique, à l'orange et au rouge tendre on accélère, et l'on démarre bien avant le passage au vert ; et puis, il est bien connu que les feux rouges ne concernent que les gens qui désirent aller tout droit, vous verrez donc, alors que vous êtes à l'arrêt, pauvre étranger ignorant des vraies règles, une foultitude de motos et de voitures, vous dépasser des deux côtés pour tourner à droite ou à gauche, tout cela sous le regard imperturbable des policiers.

Les trous. Grande spécialité de la capitale khmère dont il parsème toutes les artères, le trou doit devenir votre obsession. Sachez qu'un conducteur cambodgien ne regarde guère devant lui au-delà de 20 cm, et s'il est une chose dont il a horreur, c'est justement des trous ! Il va donc se jeter de droite et de gauche au dernier moment (sans regarder derrière, bien sûr), ce qui peut vous être préjudiciable si vous êtes en train de doubler. Le meilleur conseil à donner, c'est de regarder loin devant vous et de voir les trous avant les Cambodgiens afin d'anticiper leurs écarts.

L'accident. En matière d'accident, tout se règle toujours à la tête du client et, quand il s'agit d'un accrochage entre deux pauvres campagnards, c'est à peine si quelqu'un s'en mêle, sauf, bien sûr, s'il y a de la cervelle sur la chaussée. Les deux accidentés tireront donc eux-mêmes les restes de leur vieille moto pourrie vers le trottoir et régleront l'affaire seuls, en riels... Si c'est vous l'accidenté, ce ne sera pas la même limonade... Un attroupement plus ou moins agressif va se produire instantanément ; de déserte, la rue va se mettre à ressembler au Stade de France pendant la finale de la Coupe, un ou plusieurs policiers surgiront, l'air outragé que vous ayez si ostensiblement tenté d'assassiner un de leurs compatriotes. Vous allez être embarqué, votre véhicule saisi, et permettez-moi de vous dire que vous êtes dedans jusqu'au cou. Vous étiez prioritaire, dites-vous ? Allons donc, vous avez vu cette pauvre victime sanguinolente, non ? Peu importe, elle va très, très mal, et la famille a besoin d'argent pour payer l'hospitalisation et régler la facture du garagiste. Pour vous ce n'est rien, les étrangers sont si riches... Si vous argumentez pendant des semaines, trouvez des témoins, un exemplaire défraîchi du code la route, prouvez par A + B que la personne que l'on vous a montrée se mourant à l'hôpital Calmette est en définitive un manoeuvre tombé d'un échafaudage, on finira peut-être par admettre que vous étiez dans votre droit, mais quant à la facture, on restera inflexible, vous devrez payer. Pourquoi ? Parce qu'au Cambodge, 1 + 1 ne fait jamais 2. Vous pouvez menacer d'aller jusqu'au tribunal, mais là encore l'arithmétique cambodgienne a force de loi...

Conduire à la campagne. Une fois sorti de Phnom Penh, on a l'impression d'arriver au paradis : des paysages superbes, des gens souriants, peu de circulation... On a alors naturellement tendance à essorer la poignée... Attention ! Ce calme apparent cache bien des dangers, et il convient d'être toujours aussi vigilant qu'à Phnom Penh. Il faut regarder loin devant soi sans oublier les côtés de la route. Telle route déserte où vous décidez de voir ce que votre engin a vraiment dans le ventre peut, d'un instant à l'autre, se trouver barrée par une moto-remorque surgissant de nulle part avec un chargement de 6 m de bois. Tel petit chemin tranquille et vide recèle mille pièges qui peuvent s'appeler vaches, cochons, gamins, charrettes, véhicules à moteur... Sachez toutefois que poulets, canards, veaux, chiens... s'écrasent très convenablement, ce qui vaut parfois mieux qu'un brusque écart. Le cochon est en revanche trop compact pour faire l'objet d'un tel traitement.

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