Guide du Cambodge : Survol du Cambodge

Géographie
Habitations sur le Tonlé Sap.
Habitations sur le Tonlé Sap.

Situé au sud-ouest de la péninsule indochinoise, le Cambodge est entouré par la Thaïlande, le Laos, le Viêt Nam et le golfe de Thaïlande. D'une superficie de 181 035 km2, le Cambodge mesure 580 km d'est en ouest et 450 km du nord au sud. De formation géologique récente, début quaternaire : la mer d'origine devait se trouver en partie comblée par un exhaussement de roche volcanique et l'apport d'alluvions du Mékong. Ce processus de formation expliquerait cet aspect vu d'avion : un lac figé d'où émergent des collines (phnoms). La nature du sol, et donc la végétation, découlent également de cette évolution géologique. On trouve des sols gréseux ou granito-basaltiques dans les montagnes couvertes de forêts denses, des sols argileux-sableux dans la plaine et des alluvions très fertiles le long des berges du Mékong et des lacs.

Relief

Au nord, le massif des Dangrek, sorte de gigantesque escalier en grès de 300 km de longueur, d'une altitude de 400 à 500 m, érodé et dominé de monticules, matérialise la frontière avec la Thaïlande.

Au nord-est, les hauts plateaux de Ratanakiri, basaltiques, d'une altitude de 250 à 1 500 m, s'étendent vers les frontières laotienne et vietnamienne.

Plein est, le plateau de Mondolkiri (Haut Chlong), constitué de grès gris, laisse par endroits apparaître un socle cristallin.

Au sud-ouest, la chaîne des Cardamomes culmine à 1 744 m avec le mont Sankos et forme une barrière entre la grande plaine alluviale du Tonlé Sap et le golfe du Siam. Sa partie orientale forme le plateau de Kirirom, puis la chaîne de l'Eléphant qui tombe directement dans la mer avec le mont Bokor (1 045 m).

Plaine centrale. Située quasiment au niveau de la mer, la plaine alluviale est occupée à la fois par le grand lac du Tonlé Sap et le fleuve Mékong (la mère des eaux). Né au Tibet, ce dernier se sépare en quatre bras à Phnom Penh : le Mékong supérieur et inférieur, le Tonlé Sap et le Bassac. Pendant la saison des pluies (de mi-mai à fin octobre), gonflé par la fonte des neiges au Tibet, le fleuve passe d'un débit de 15 000 m3 à 60 000 m3/seconde et déverse son trop-plein dans le Tonlé Sap, portant sa superficie de 2 500 à 10 000 km2. Enrichissant considérablement la plaine en alluvions, les crues annuelles sont à l'origine de la vocation presque exclusivement agricole du Cambodge. Les eaux du Tonlé Sap et du Mékong comptent parmi les plus poissonneuses du monde (du moins avant les années 1980, quand on a commencé à ratiboiser la forêt cambodgienne, ce qui a entraîné des pluies d'érosion terminant leurs cours dans le Tonlé Sap dont le fond est remonté).

Façade maritime. La côte du golfe du Siam est généralement très plate, très basse, découpée en larges baies de sable fin, et émaillée de quelques éperons rocheux (Kep, Réam). Le sol de certaines régions est noir et tourbeux, l'eau de mer envahissant fréquemment les petites plaines côtières. La végétation naturelle est la forêt de palétuviers, coupée d'étendues d'herbes et d'arbustes aquatiques. Les îles côtières appartiennent géographiquement au continent dont elles ne sont que le prolongement. Elles sont, pour certaines, très accidentées (l'île de Koh Kong atteint 410 m au-dessus du niveau de la mer).

Des origines mythiques du Cambodge…

Beaucoup de légendes entourent l'origine du nom Cambodge. Voici la plus belle d'entre elles :

Kambuja, le légendaire royaume des Khmers, naquit, il y a fort longtemps, d'une histoire d'amour entre un prince indien aventureux et une déesse extrême-orientale. Héritier d'une grande dynastie indienne, le prince Preah Tong s'ennuyait ferme dans le royaume de son père et s'en fut, un beau jour, à travers les jungles sauvages, à la découverte des autres peuples d'Asie. Bien des aventures avaient jalonné son périple quand il fit la rencontre de Somâ, fille unique du roi des Nagas : silhouette gracile, peau cuivrée, yeux de biche, lèvres pleines... Il en tomba éperdument amoureux et résolut de l'épouser. Aussi bon que puissant, le roi des Nagas ne s'opposa pas à cette union, mais voulut seulement que sa fille eût une dot digne de son rang. Il avala donc d'un trait toutes les eaux qui recouvraient les terres en contrebas de sa Montagne sacrée et offrit au jeune couple le royaume de Kambuja, ce qui, en sanscrit, signifie " né de l'eau ".

Le brahmane Kambu, fondateur de la royauté khmère au Fou Nan au début de notre ère, pourrait également avoir légué son nom au pays.

Climat

Le climat du Cambodge, chaud et humide, est conditionné par la situation du pays compris dans la zone tropicale (de 10 °C à 16 °C de latitude nord), par l'action des moussons qui déterminent les deux saisons, sèche (de novembre à fin mai) et humide (de fin mai à octobre), et, enfin, par l'orientation nord-ouest sud-est de sa façade maritime. La période la moins agréable est celle de la fin de la saison sèche, la chaleur (plus de 40 °C) est alors véritablement oppressante et pas un souffle d'air ne la tempère.

Température

La température moyenne est de 27 °C à Phnom Penh. Cependant, en avril, durant la saison sèche, elle peut monter à 35 °C, voire 45 °C. Dans les régions montagneuses, comme au Bokor, la température oscille entre 14,6 °C en janvier et 22,7 °C en mai.

Pluviométrie

Le régime des pluies dépend de celui des vents de mousson. De novembre à mai, la mousson de nord-est, venant de l'intérieur des terres, produit la saison sèche. De mai à novembre, la mousson du sud-ouest, venant de la mer, apporte les pluies. Celles-ci sont réparties assez irrégulièrement selon les régions, au cours des six mois de saison humide. La sécheresse absolue sévit plusieurs mois par an dans les plaines cambodgiennes. Ce qui pose de graves problèmes à l'agriculture.

Phnom Penh reçoit 140 mm de pluie par an, répartis en 120 jours : c'est-à-dire beaucoup plus qu'en Europe (55 mm à Paris) mais beaucoup moins que dans les pays voisins (202 mm à Saigon). Par contre, la région montagneuse du littoral sud-ouest est très arrosée.

Environnement – écologie
Les véhicules à deux roues sont prisés dans la campagne cambodgienne.
Les véhicules à deux roues sont prisés dans la campagne cambodgienne.

La politique de protection des territoires forestiers a été initiée pendant la période coloniale et avait pour objectif la protection des ressources commercialisables. L'intérêt d'une quelconque conservation ou un idéal écologique seront plus tardifs. Au Cambodge, suite à la Seconde Guerre mondiale et l'indépendance du pays en 1953, le pays cherche à conforter son assise territoriale. C'est ainsi qu'en 1960, un premier système de six parcs nationaux voit le jour.

Suite aux événements des décennies suivantes, tout ce système sera désintégré de fait. Il faudra attendre les années 1990 pour qu'on s'intéresse à nouveau au découpage du territoire en zones protégées. Ainsi, en 1993 un décret royal institue 23 zones, 7 en tant que " parcs nationaux " et 16 en réserves naturelles, lesquels couvrent environ 16% du pays soit 34 000 km² et depuis lors la superficie n'a cessé d'augmenter. Aujourd'hui les aires protégées représentent environ 25 % du territoire. Ces zones soulèvent un certain nombre de questions. Tout d'abord un problème de définition se pose, car il est à noter que les forêts de ces régions sont densément peuplées et que dans l'approche originel du parc national, " l'homme et la nature ne peuvent cohabiter ". Ainsi, l'impact du redécoupage du territoire a des conséquences sur les populations locales. Sans compter que la législation concernant ces entités n'est pas toujours très claire, surtout en ce qui concerne la question de l'exploitation des ressources.

A ce jour, bien des questions subsistent quant à la vision et à l'avenir de ces zones. Les ONG sont très présentes et tentent de garantir la conservation et la protection de la faune de la flore (formation de gardes forestiers, exploitation écotouristique du territoire...). Certaines populations locales pourraient être intégrées à cette nouvelle configuration et enfin certains protagonistes militent à une exploitation partielle des ressources (minières, gaz, pétrole, extraction du sable, bois...).

Parcs nationaux

Sept parcs nationaux sont répertoriés au Cambodge.

Le parc de Phnom Kulen, au nord de Siem Reap. Superficie de 375 km². Créé en 1993, lorsque le gouvernement cambodgien a commencé à prendre des mesures pour protéger la plupart de ses zones menacées. Une balade que l'on doit s'accorder en dehors des circuits classiques des temples d'Angkor. A 1 heure de voiture de Siem Reap, le parc offre une sortie agréable avec au programme la visite de la rivière aux mille lingas, des chutes d'eaux spectaculaires et un temple qui accueille le fameux Bouddha couché du Cambodge.

Le parc national de Botum Sakor, dans les monts des Cardamomes, sur la province de Kaoh Kong et la province de Sihanoukville au sud-est du Cambodge. Large de 1 712 km², il devient parc national en 1993. Très riche en faune, que ce soit en mammifères (pangolins, lémuriens, singes, daims, éléphants en petit nombre et même quelques tigres), reptiles, notamment des crocodiles et oiseaux.

Le parc national de Kep, l'un des plus petits, d'à peine 50 km². Lui aussi désigné en tant que tel en 1993. Très populaire auprès des touristes, grâce à ses paysages spectaculaires donnant sur Phu Quoc et sur les îles de Kîen Giang.

Le parc national de Preah Monivong, qui se trouve au sud du Cambodge, dans les hauteurs de Dâmrey, près de la ville de Kampot. Sa principale attraction est la station d'altitude de Bokor. Superficie 1 400 km². Date de création, 1993.

Le parc national de Virachey situé au nord-est du Cambodge. Il se trouve dans une des régions les plus isolées du pays et dans une jungle épaisse à la frontière du Vietnam. Très sauvage, ces jungles ne sont pas compétemment explorées. C'est l'un des deux parcs du Cambodge déclaré comme prioritaire par l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est pour la sauvegarde de l'Asie du Sud-Est. D'une superficie de 3 325 km², il fut lui aussi déclaré parc national en 1993.

Le parc national de Kirirom, localisé sur la chaîne des Cardamomes au Cambodge. Une superficie de 350 km². Il comporte de nombreux sentiers à travers les forêts et d'un certain nombre de petits lacs et chutes d'eau. Il servit de refuge aux Khmers rouges à la fin des années 70.

Le parc national de Ream, à 18 km au sud de Sihanoukville au Cambodge. Il a une superficie de 210 km², dont 150 km² terrestres et 60 km² d'habitat marin. Date de création, 1993. Il contient des plages, des forêts de mangrove, des jungles tropicales et plus de 150 espèces d'oiseaux ainsi qu'une population de singes conséquente. À l'intérieur du parc national se trouve Wat Ream, une pagode construite au début des années 2010. Le temple bouddhiste est entouré d'un grand parc arboré et décoré de sculptures façonnées dans la roche.

D'autres parcs méritent le détour comme le parc d'Ang Trapaing Thmor, non loin de la frontière thaïlandaise, dans la province de Banteay Meanchay, près de Sisophon, qui abrite des grues, des macaques, et des tortues... Large de 105 km².

Également, le parc national d'Angkor Vat, d'une nature luxuriante il encadre le plus beau des temples d'Angkor.

Faune et flore
Faune
Singes de Angkor.
Singes de Angkor.

Conséquence directe d'un environnement diversifié, le Cambodge regorge d'animaux de toutes sortes, certains très rares, quasi éteints dans d'autres pays. Paradis des chasseurs de fauves à l'époque coloniale, le pays khmer est maintenant celui des braconniers de tout poil.

Les amateurs d'oiseaux seront comblés : grues, aigrettes, éperviers, faucons, milans, aigles, vautours, paons, cailles, bécasses, hiboux, calaos... Et les eaux douces du Cambodge comptent parmi les plus poissonneuses du monde avec de nombreuses espèces endémiques. Insectes et reptiles ne manquent pas : cobras, pythons, varans, geckos et autres gentilles bébêtes à pattes. Si on ne les voit pas souvent dans la nature, il se peut qu'on les retrouve dans son assiette car, bien élevés, les Cambodgiens mangent de tout. Parmi les spécialités locales : brochettes de mygales, grillons fourrés aux cacahuètes, oisillons grillés et varans au plat...

Grands mammifères

En ce qui concerne les grands mammifères, voici ceux qui ont fait l'objet d'études par le Club Faune Conservation (22 rue Duban 75006 Paris, www.club-faune.com), dans le but d'assurer leur préservation.

Banteng. De répartition assez similaire à celle du gaur, sa densité est néanmoins plus élevée. C'est un animal rencontré assez souvent par les chasseurs indigènes qui en consomment la viande.

Buffle d'eau. Cet animal, domestiqué un peu partout en Asie, se raréfie à l'état sauvage. Les responsables des Eaux et Forêts de Ratanakiri n'en ont pas vu depuis plusieurs années. On trouve, principalement en saison sèche, des troupeaux domestiques qui divaguent librement (hors période de travaux des champs) assez loin des zones habitées et qui peuvent faire croire que l'on a affaire à des buffles sauvages.

Cervidés. On en rencontre trois espèces assez communes : en plaine, le cerf d'Eld, en forêt, le sambar et le muntjac. Toutes ces espèces sont chassées et l'on trouve de la viande de cerf fraîche ou séchée sur tous les marchés.

Éléphant d'Asie. Leur nombre était estimé à 2 000 individus sauvages en 1983, auxquels on ajoutait 582 individus en captivité en 1975 (moins de 200 maintenant). La population totale d'éléphants d'Asie est approximativement de 45 000. Il existe trois grandes aires de répartition pour l'éléphant sauvage : les provinces de Ratanakiri, de Mondolkiri et le massif des Cardamomes. Le bombardement massif de la zone nord-est par l'US Air Force durant la guerre semble avoir été fatal à la plupart des troupeaux qui se trouvaient dans ces régions.

Gaur. Ce boeuf sauvage, quasi préhistorique, a une aire de répartition beaucoup plus large que celle du ko-prey. Il en est fait mention dans pratiquement toutes les zones marginales, avec toutefois une densité assez faible. On rencontre quelques trophées chez l'habitant, nulle part en abondance. Cet animal est classé vulnérable.

Ko-prey. Appartenant à la famille des bovidés, ce rarissime animal, découvert en 1937 au Cambodge, fait partie intégrante du patrimoine naturel local. Il a été désigné " animal national " par Norodom Sihanouk en 1963. Son aire de répartition est centrée sur le Cambodge, mais déborde légèrement sur le Viêt Nam, le Laos et la Thaïlande. La population mondiale était estimée en 1985 à 300 individus, dont 200 au Cambodge. Le troupeau le plus important se trouvait historiquement dans la province de Preah Vihear, à l'extrême nord du pays, sous la frontière thaïe. Les deux autres aires de répartition connues étaient les provinces de l'est : Ratanakiri (réserve de Lomphat, le long de la rive gauche de la Sré Pok) et Mondolkiri. Le ko-prey est maintenant considéré comme éteint.

Ours malais. Il habite des zones de végétation assez denses, où il est assez commun. On le rencontre parfois en captivité chez les habitants, ou dans les assiettes des restaurants chinois de Phnom Penh car la plante de ses pattes est fort prisée.

Panthère et panthère nébuleuse. Comme pour le tigre, leur observation est difficile, mais il en est fréquemment fait état par les villageois. Pour son bonheur, la valeur commerciale de la panthère est inférieure à celle du tigre, le chasseur ne touchant " que " 90 US$ par peau.

Rhinocéros de Java. Son aire de répartition se trouvait, il y a une dizaine d'années, le long de la frontière thaïlandaise, dans le massif des Cardamomes, et aux confins du Laos. Il a maintenant totalement disparu.

Sanglier. Moins abondant que les cervidés, il figure cependant souvent sur la carte de nombreux restaurants.

Tigre. Il est omniprésent au Cambodge, même si la faible densité de sa population et ses moeurs discrètes font qu'il n'est pas souvent observé. Il est fréquemment fait référence à son abattage et à la commercialisation de ses produits : peau, griffes, os, graisse, pénis. Sa protection passe en premier lieu par le contrôle de la commercialisation des sous-produits, et également de leur exportation.

Autres espèces : le fameux quay, ou sao la. Cette antilope découverte en 1992 au Viêt Nam, à proximité de la frontière cambodgienne, vit dans un biotope partagé entre les deux pays et pourrait être mise en évidence au Cambodge. Il est également possible que l'animal découvert au Viêt Nam en 1994 et répertorié par le WWF sous le nom de muntjac géant soit présent au Cambodge.

N'oublions pas les crocodiles, qui n'existent plus guère que dans des fermes où ils sont élevés pour leur chair et leur peau. Les singes, autrefois abondants, ont bien pâti du goût prononcé qu'ont pour eux les Vietnamiens (qui ne peuvent s'empêcher de les mettre dans leur assiette...). Heureusement, on en voit encore en captivité, ce qui tend à prouver qu'ils n'ont pas tous été laqués...

Le Cambodge des oiseaux

Diversité. L'avifaune du Cambodge est assez peu connue. A la fin des années 1960, une liste provisoire d'environ 400 espèces a été dressée mais jamais publiée. Durant les trente années qui suivirent, la situation intérieure du pays a empêché toute recherche dans ce domaine. Ce n'est qu'au milieu des années 1990 que les études ont pu reprendre. Elles se sont d'abord concentrées sur les espèces d'oiseaux d'eau menacées vivant dans les nombreuses zones humides du pays et notamment sur le Tonlé Sap dont l'écosystème unique et le vaste habitat sauvage faisaient pressentir l'importance pour de nombreuses espèces en déclin. Diverses études menées par le Wildlife Conservation Society, World Wildlife Fund ou Fauna & Flora International aux quatre coins du royaume ont largement complété nos connaissances sur la distribution et la présence d'espèces habitant les forêts, côtes, rivières et prairies cambodgiennes. A ce jour, 530 espèces ont été répertoriées, mais il y en a de nouvelles ajoutées chaque année. Selon toute probabilité, plus de 600 espèces peuplent le royaume, soit plus que dans toute l'Europe, une diversité assez remarquable pour un pays de taille modeste tel que le Cambodge. Parmi elles, environ 40 espèces figurent sur la liste rouge de celles globalement menacées.

Le Tonlé Sap, le gîte et le couvert des oiseaux d'eau. Le grand lac et sa vaste ceinture de forêts inondable est le dernier refuge en Asie du Sud-Est pour de nombreux oiseaux d'eau menacés comme le pélican à bec tacheté, le grand et le petit marabout, l'ibis à tête noire et le tantale indien (une espèce de cigogne). Ils nichent dans les zones les plus préservées de la forêt inondable, essentiellement dans l'aire de Prek Toal (portion nord-ouest du lac), formant d'impressionnantes colonies de plusieurs milliers de couples de plusieurs espèces durant la saison sèche. D'autres espèces menacées y habitent comme le pygargue à tête grise et le singulier et méconnu héliornis asiatique, sorte d'hybride de canard et de poule d'eau.

Aux basses eaux, des armadas de guifettes moustac, de cormorans et d'aigrettes picorent à la surface, plongent ou harponnent la grande manne de poissons du lac. Le milan à tête blanche, le balbuzard pêcheur et cinq espèces de martins-pêcheurs se rencontrent dans les méandres de la forêt. En fin de saison sèche, lorsque le lac se rétracte, des limicoles en migration se joignent aux nuées de hérons, crabiers et aigrettes et autres échassiers barbotant dans la boue de ses berges découvertes.

Enfin, de récentes recherches à la frange orientale de la zone inondée du Tonlé Sap ont identifié la plus importante population au monde d'une rarissime espèce d'outarde dénommée le florican du Bengale. Seuls 400 de ces oiseaux étaient auparavant connus en Inde et au Népal. Ces prairies naturelles abritent aussi l'aigle criard et impérial, et les quelques derniers survivants d'une espèce autrefois commune mais aujourd'hui au seuil de l'extinction, l'ibis noir.

La vaste forêt savane du nord, abri pour deux espèces mythiques. La région s'étendant au nord du Tonlé Sap et, vers l'est, jusqu'à la frontière vietnamienne est couverte en majeure partie de forêt claire tapissée de hautes herbes et parsemée de mares, constituant le biotope de prédilection de l'ibis géant. Cette espèce indochinoise endémique est très rare. Sans aucune observation pendant trente ans, on croyait l'espèce éteinte lorsque deux oiseaux furent signalés au sud du Laos en 1993. Quelques rares observations confirmèrent sa subsistance au nord-est du Cambodge. En 2001, dans la province de Preah Vihear, on découvrit enfin une population estimée à plus de 200 oiseaux, ce qui permet d'espérer la survie à l'espèce.

La grue antigone, mesurant plus de 1,50 m (immortalisée par un bas-relief du Bayon), niche dans la forêt savane en saison des pluies. En saison sèche, les grues se regroupent sur trois sites : deux dans le delta du Mékong, au Viêt Nam, et un dans le Nord-Ouest du Cambodge, sur un réservoir déclaré réserve naturelle en 2000.

La province de Mondolkiri, fief du majestueux paon spicifère. Egalement représenté au Bayon, le paon spicifère est devenu rare, à cause de la chasse pour ses plumes et de la déforestation. L'espèce subsiste dans les vastes forêts de Mondolkiri. La répartition de l'espèce dans ce secteur a fait l'objet d'une étude approfondie conduite par un ornithologue cambodgien.

Rivières du nord-est, domaine de la bergeronnette du Mékong. Dans la province de Stung Treng, le long des rivières Sésan, Sékong, Srépok. Une communauté d'oiseaux tels le vanneau de rivière, la sterne de rivière et le grand oedicnème nichent sur les bancs de sable émergés en saison sèche. La présence humaine, les crues brutales déclenchées par un barrage vietnamien sur la Sésan, les animaux domestiques (chiens, buffles) provoquent la perte de nombreuses couvées... Ainsi, deux couples seulement de sternes à ventre noir subsistent sur la Sésan ; ils sont les derniers de toute l'Indochine !

En 2001, une espèce inconnue, vivant le long de ces rivières, fut découverte par des ornithologues et nommée bergeronnette du Mékong. Mêmes critères écologiques que ses congénères cités plus haut. Cependant, elle n'existe que sur les rivières du nord-est du Cambodge et du Sud Laos. Puisse l'intérêt mondial suscité par cette découverte déboucher rapidement sur de véritables mesures de protection de ce fragile écosystème.

Les chaînes montagneuses du sud-ouest pour une perdrix endémique au Cambodge. Le massif des Cardamomes (sommet à plus de 1 800 m) prolongé au sud par le plateau de Kirirom (700 m) et la chaîne des Eléphants (1 000 m) abrite une riche biodiversité dans ses forêts humides. S'élançant de la falaise du Bokor, les calaos bicornes et calaos à casque ondulé brassent l'air en un soufflement impressionnant. Dans les trois parcs nationaux de cette région (Ream, Kirirom et Bokor), des espèces typiques et colorées peuplent les feuillages. 300 espèces ont été recensées. Barbus, pigeons verts, perroquets, minivets écarlates et minuscules soui-mangas (sorte de colibris) brillamment colorés occupent la canopée alors que timalies et merles rieurs se faufilent subrepticement dans les buissons en donnant de la voix. Le parc de Kirirom a la particularité de posséder la seule forêt naturelle de pins du pays ce qui en fait le royaume des pics et des sitelles.

Il faut mentionner également ici la seule espèce d'oiseau véritablement endémique au pays : la torquéole du Cambodge, une sorte de perdrix arboricole. On sait très peu sur cette espèce redécouverte à Bokor en janvier 2000 (la précédente observation datait de... 1926). Les premières missions de biologistes dans les Cardamomes la même année ont cependant montré que, bien que difficile à détecter, elle était relativement commune.

La campagne cambodgienne : oiseaux des plaines rizicoles et des villages. Au cours de votre séjour au Cambodge, le paysage le plus typique et répandu que vous traverserez sera sans nul doute la plaine cultivée flanquée de ses inimitables palmiers à sucre. La vaste plaine inondable du Mékong-Tonlé Sap est la plus représentative de cet habitat façonné par l'homme, entrecoupé de marais, lacs et mares devenant parfois d'infinies étendues d'eau en saison des pluies. Malgré son caractère uniforme, on peut y rencontrer une variété d'espèces d'oiseaux. Pour en nommer quelques-uns parmi les plus frappants, citons le rollier indien aux ailes traversées de bleu électrique, le martinet des palmes, le guêpier à queue d'azur, le tisserin Baya et le traquet tarier. En hiver, le busard d'Orient quadrille de son vol bas les rizières à la recherche de rongeurs. Dans les vergers et jardins des villages, le merle Dyal à la livrée de noir et blanc contrasté se signale par de forts sifflements ; la tourterelle tigrine roucoule paisiblement et les petits groupes de bulbuls goyaviers se pressent d'un buisson à l'autre. Le moineau friquet est indissociable des habitations humaines. Le très joli dicée à dos rouge, un oiseau minuscule, se retrouve jusque sur les boulevards de Phnom Penh où il glane le nectar des flamboyants en fleurs.

Conservation : le temps d'agir ! En 1993, un décret royal établissait un vaste réseau de zones protégées dans le pays couvrant près de 20 % du territoire (un record en Asie) et le ministère de l'Environnement était créé l'année suivante. Près de dix ans plus tard, il est clair que la conservation des espèces et des habitats naturels est encore balbutiante dans le pays. La plupart des aires protégées n'existent que sur les cartes et les activités sauvages de coupe de bois et le braconnage ont dévasté la plupart des sites. La situation des zones humides n'est pas plus brillante. Le Cambodge a ratifié la Convention Ramsar en 1999, mais aucune gestion sur le terrain des trois zones inscrites à la convention (le Mékong à Stung Treng, Boeng Chhma sur le Tonlé Sap et Koh Kapik sur la côte) n'est actuellement opérationnelle. Le Tonlé Sap fut approuvé comme Réserve de biosphère par l'Unesco en 1997, mais le décret royal l'intégrant dans la législation nationale ne fut finalisé qu'en 2001. En 1996, une équipe d'enquêteurs estima que plus de 26 000 oeufs et plus de 2 600 oisillons furent collectés des colonies de Prek Toal, Tonlé Sap, pour la consommation locale cette année-là. Des efforts de sensibilisation des autorités et des villageois ainsi que l'installation d'une station environnementale ont significativement réduit l'ampleur des collectes depuis 1997, sans néanmoins avoir totalement éradiqué cette pratique. Face à cette sérieuse menace pour la survie des colonies, un programme de conservation avec protection permanente des colonies par des " rangers locaux " fut lancé en 2001 à Prek Toal, avec le soutien technique et financier de WCS.

Ainsi, après plusieurs années de limitations sécuritaires, puis de recherches scientifiques sur le terrain ayant permis d'identifier les zones prioritaires pour la conservation et les menaces sur les espèces, le Cambodge semble mûr pour agir en faveur de la protection de sa faune. A l'image de l'exemple de Prek Toal ci-dessus, des programmes de conservation sur le terrain sont en place à Mondolkiri, à Bokor, à Ang Tropeang Thmor (les grues) et dans d'autres zones où survivent tigres, grands mammifères et oiseaux menacés.

Outils pratiques : guides, publications. Comme guide d'identification, le remarquable : A guide to the Birds of Thailand par Lekagul & Round, (Saha Karn Bhaet Co, 1991). La plupart des espèces répertoriées au Cambodge y figurent. A Field Guide to the Birds of South-East Asia de Craig Robson (New Holland Publishers, 2002) est un ouvrage impressionnant et exhaustif, indispensable à tout ornithologue sérieux, mais dont la densité et le style rebuteront les débutants.

Où observer les oiseaux au Cambodge ?

Zones humides intérieures

Boeng Veal Samnap : un large marais à l'est du Mékong en face de Phnom Penh (rive gauche, au nord du Pont japonais ou au sud du pont Monivong).

Marais Basset (lac Samrong) : à 15 km au nord de Phnom Penh, par la route nationale 5 vers Kompong Chnang.

Marais Bassac (Prasat Tuyo) : entre le Mékong et le Bassac au sud de Phnom Penh. Accès par la route de Saang via Takmao ou par la route nationale 1 vers le Viêt Nam. Le village de Prasat se situe au milieu d'un lac permanent au centre de la zone.

Tonlé Sap. Prek Toal : vaste forêt inondée à une heure de bateau du port de Siem Reap, vers Battambang. Forte concentration d'oiseaux d'eau en saison sèche (de novembre à avril).

Krous Kraom : 6 km au sud de Siem Reap, bifurquer à l'ouest vers le village de Roluos ; continuer vers l'est au bout du village sur une piste sablonneuse pendant 4 km. Un abri sur pilotis (rizière flottante) offre un bon observatoire pour la fameuse outarde du Bengale de janvier à juin.

Nord-Ouest

Réservoir de Tropeang Thmor, district de Phnom Srok, province de Bantey Meanchey, à 15 km au nord de la route nationale 6 (compter 2 heures de trajet). Population importante de grues en saison sèche. De nombreuses autres espèces ainsi qu'un décor sauvage de toute beauté en toute saison.

Zones côtières

Kompong Smach par la route nationale 4, à 40 km avant Sihanoukville, prendre la bifurcation vers Kampot sur quelques kilomètres jusqu'à la mangrove de l'estuaire qui héberge cigognes et marabouts à marée basse.

Prek Teuk Sap (Ream) : 20 km avant Sihanoukville, la route nationale 4 passe sur la rivière Teuk Sap. On peut louer un bateau pour descendre la rivière. Un large bassin d'eau peu profonde avant l'embouchure accueille marabouts et limicoles.

Forêts

Kirirom : prendre la route nationale 4 vers Sihanoukville, à environ 120 km de Phnom Penh. Diversité d'habitats : ascension à travers une forêt sèche, puis une forêt dense et finalement un plateau de pins. Logement disponible. Attention, très fréquenté le dimanche !

Bokor : à environ 10 km à l'ouest de Kampot par la route côtière vers Sihanoukville. L'ascension (20 km + 10 km sur le plateau) à travers la jungle peut être difficile : 4x4 ou motocross. Avifaune sur les versants, pauvre mais très particulière dans la forêt naine à 1 000 m d'altitude. Pluies ou épais brouillard garantis d'avril à novembre.

Angkor : bien que le corridor forestier ait disparu, la faune ailée des temples est un agréable contrepoint aux monuments. Angkor Wat, Preah Khan et l'enceinte d'Angkor Thom (muraille) sont des lieux intéressants.

Stung Treng, Ratanakiri et Mondolkiri : les coupes forestières ont fait du dégât. Mais explorer particulièrement la région de Lumphat pour les vautours ainsi que les rivières confluant à Stung Treng pour voir la fameuse bergeronnette du Mékong et autres espèces.

Flore
Dans la jungle.
Dans la jungle.
La forêt cambodgienne

La forêt couvrirait au Cambodge environ 10,5 millions d'hectares, soit 58 % du territoire. Les formations forestières les plus représentées sont les forêts sèches décidues et les forêts denses humides.

La forêt joue un rôle écologique très important : les arbres captent l'énergie solaire. Ainsi, ils stockent le dioxyde de carbone dans leur bois tout en rejetant de l'oxygène dans l'atmosphère que nous respirons. Le couvert forestier et les racines limitent l'érosion du sol. Ce dernier redistribue progressivement l'eau de pluie, ce qui évite les inondations et permet également d'avoir une eau de meilleure qualité.

Les forêts atténuent également les tempêtes. Les arbres qui aspirent l'eau du sol en relâchent une partie dans l'atmosphère, ce qui régule le régime des pluies. Les forêts ont également un rôle économique : elles sont exploitées pour leur bois utilisé comme matériau de construction et, dans de nombreux pays, pour le chauffage. Au Cambodge par exemple, plus de 95 % de la population utilise le bois pour la cuisson des aliments. D'autres produits de la forêt sont une source de nourriture (fruits, légumes, gibiers), alors que certaines plantes sont utilisées en médecine traditionnelle. La forêt au Cambodge revêt donc une importance vitale pour sa population, à 75 % rurale.

Les différentes forêts du Cambodge

La forêt inondée. Source d'abondance pour les habitants du Tonlé Sap. Une enquête auprès des membres de la communauté du village de Prek Sramaoch (non loin de Siem Reap) a révélé que plus de 90 % de la flore régionale donnait lieu à une utilisation ou une valorisation économique. Le bois de feu est la principale ressource utilisée de la forêt inondée. Les arbres et buissons, en tant qu'abris et frayères pour les poissons, jouent également un rôle très important dans la quantité et qualité des poissons que pêchent les habitants. La forêt pourvoit également les habitants en fruits et légumes, en matériaux de construction, et produit du fourrage pour les animaux. Enfin, de nombreuses plantes sont utilisées pour la médecine traditionnelle.

La mangrove (Prey Moat Prek). Cette formation forestière se situe sur la côte du golfe de Siam, au sud-ouest du pays. Elle se développe entre mer et terre dans la vase et les eaux saumâtres. Elle se compose de végétaux adaptés au milieu dans lequel ils vivent. Par exemple, certaines espèces s'ancrent au sol au moyen de racines échasses, alors que d'autres émettent par les racines des organes aériens qui permettent aux plantes l'oxygénation nécessaire de la partie submergée. La plupart ont également développé une résistance au sel. Par ailleurs, la flore du sous-bois est très pauvre. La mangrove fournit une quantité appréciable de bois d'oeuvre et surtout du bois de chauffage. C'est aussi un milieu écologiquement très riche dont dépendent, entre autres, de nombreux oiseaux migrateurs.

La forêt de pins. Les forêts claires de pins (Pinus merkusii) se trouvent au Cambodge principalement sur le plateau du Kirirom. Les arbres dépassent en général 20 m de hauteur et ont un diamètre compris entre 50 et 60 cm.

La forêt claire. Elle se développe sur des sols plus ou moins superficiels ou qui ne retiennent pas l'eau. La profondeur du sol déterminera la hauteur des arbres. Ainsi, ces derniers formeront une forêt rabougrie si la terre est superficielle. Dans le cas contraire, les arbres atteindront une belle taille. Le sous-bois compte de nombreuses espèces d'arbustes et la végétation herbacée représente environ 50 % du nombre total d'espèces de la forêt. Elle est constituée principalement de plantes à organes souterrains qui permettent l'adaptation aux conditions de sécheresse du sol et qui offrent une protection contre les feux. Durant la saison sèche, la grande majorité des arbres et arbustes perdent leurs feuilles, principalement en février, et fleurissent majoritairement en avril. Pour les plantes, la période de repos se situe durant les mois de décembre, janvier et février et c'est en mai et juin que la floraison est la plus forte.

En fin de saison sèche, les feux annuels qui parcourent les forêts, allumés par les éleveurs pour accélérer la repousse des espèces pâturées par les bovins, les empêchent d'évoluer vers des formations végétales plus fermées. Comme la forêt dense humide, la forêt claire décidue offre de nombreuses ressources aux habitants de ces régions.

La forêt de bambous (Russey Khley). La forêt de bambous est en fait le résultat de la dégradation de la forêt dense humide par l'activité humaine (exploitation, brûlis). Il s'agit donc d'une formation secondaire avec un nombre limité d'espèces. Les bambous, normalement en sous-étage, mis en lumière par la disparition du couvert forestier consécutif à l'exploitation, vont occuper massivement l'espace grâce à leur fort pouvoir colonisateur. Si on ne maintient pas artificiellement cette forêt dans un but d'exploitation, elle peut progressivement évoluer, au bout de nombreuses années, vers sa biodiversité originelle : la forêt dense.

Les bambous sont par exemple utilisés comme flotteurs pour les maisons construites sur le Tonlé Sap, mais servent également à la confection des barrages et des pièges à poissons.

La forêt dense humide. Ce type de forêt se développe dans les zones à saison sèche très courte ou absente, sur sol profond, dans le sud-ouest du Cambodge et, d'une manière générale, au pied d'écrans montagneux très arrosés. Elle se compose de plantes très variées : la canopée se trouve souvent à plus de 30 m de hauteur. En sous-bois se mêlent des représentants de nombreuses familles d'arbres ou arbustes, des palmiers, des rotins et autres lianes. Les végétaux qui vivent fixés sur les troncs et les branches abondent et comprennent surtout des orchidées, des ficus et des fougères. Le renouvellement continu des feuilles donne à ces forêts un aspect persistant. La forêt dense est surtout exploitée pour sa grande richesse en bois d'oeuvre qui sert à la confection de poteaux pour les barrages à poissons, la construction des bateaux, des maisons...

Au sommet des arbres se trouve 80 % du feuillage qui capte la majorité de l'énergie solaire. C'est également là que se développent les fleurs et les fruits. La faune se compose principalement d'insectes.

A la base des houppiers, à l'ombre, vivent les singes dans un air chargé d'humidité. Les feuilles qui tombent des cimes se prennent dans les plantes qui poussent sur les grosses branches. Celles-ci, en se décomposant, nourrissent les plantes.

En sous-bois, les petits arbres sont en compétition avec les lianes pour la lumière. Les animaux comme les écureuils, les lézards ou les grenouilles se déplacent d'arbre en arbre sans s'aventurer sur le sol.

Sur la terre croissent des plantes dont les feuilles sont adaptées à un faible éclairement. Une multitude de petits insectes décomposent les feuilles des arbres, ce qui permet aux arbres d'utiliser à nouveau les nutriments nécessaires à leur développement.

Quelques arbres et leur bois

Trong (Pterocarpus macrocarpus). Famille : légumineuse. Nom français : arbre à Kiro. L'arbre à Kiro pousse dans la forêt claire à l'étage des grands arbres. Il peut atteindre une trentaine de mètres. C'est l'un des meilleurs bois du Cambodge. Sa sève de couleur rouge et ses racines ont des propriétés médicinales utilisées par les habitants.

Kôki (Hopea odorata). Famille : diptérocarpacée. Cet arbre à feuilles persistantes de plus de 30 m de hauteur se développe dans la strate arborescente de la forêt dense humide. On le retrouve au bord des avenues. Cette variété ne pouvait être plantée que par un roi ou un prêtre. Son bois, classé " première catégorie ", est durable et recherché pour la construction et on l'emploie pour faire des pirogues. Suite à sa raréfaction, la fabrication de ces dernières s'effectue désormais avec le bois de Shorea obtusa (Phchëk). L'écorce peut remplacer la noix d'arec dans la chique du bétel.

Trâseik (Peltophorum dasyrrachis). Famille : légumineuse. Le flamboyant à fleurs jaunes est un arbre à feuilles caduques de 10 à 30 m de hauteur, à croissance rapide. Il est utilisé en reboisement. Cet arbre se plante fréquemment le long des routes et dans les jardins pour ses belles fleurs jaunes. Son bois classé " première catégorie " est assez dur et résistant. Il est recherché pour la menuiserie et la construction.

P'diêk (Anisoptera costata). Famille : diptérocarpacée. A. Costata est un arbre de 25 à 40 m qui pousse dans l'étage dominant de la forêt dense humide. Ses fleurs abondantes, de couleur crème, dégagent une odeur forte et agréable qui permet de le localiser. Il produit un bois de qualité n°2. Résistant en milieu sec, il sert pour toutes sortes de constructions. Cet arbre produit en abondance une résine blanche et odorante employée surtout pour l'étanchéité des bateaux.

Beng (Afzelia xylocarpa). Famille : légumineuse. Afzelia xylocarpa pousse dans la forêt décidue. Il peut mesurer 30 m de hauteur et plus de 1 m de diamètre. Très prisé pour son bois de couleur rouge. Classé bois de luxe, on l'utilise en menuiserie et en sculpture. La pulpe visqueuse qui enveloppe les graines sert à coller les cigarettes et son écorce pour des tisanes en médecine traditionnelle.

Tchon tiël (Dipterocarpus alatus). Famille : diptérocarpacées. On trouve Dipterocarpus alatus dans les forêts denses humides. C'est un bois très recherché en construction et en menuiserie quand il n'est pas exploité pour sa résine. En effet, comme pour la majorité des autres Diptérocarpus, celle-ci est récoltée pour divers usages : laquage de bois, calfeutrage des embarcations et en médecine traditionnelle.

Krânung (Dalbergia cambodiana). Cette famille des légumineuses, à laquelle appartient le palissandre, est une des plus importantes au monde et compte environ 18 000 essences différentes. Cette famille de bois est couramment utilisée par l'homme pour son bois et en médecine. Il existe également de nombreuses espèces ornementales. Les agriculteurs l'utilisent pour nourrir les animaux et enrichir le sol grâce à sa capacité à fixer l'azote de l'air.

Le palissandre. De 20 m ou plus à feuilles caduques, il pousse dans la forêt claire. Il est capable de résister au feu et peut coloniser les espaces dégradés, grâce à l'azote qu'il apporte à la terre. Le palissandre est l'un des meilleurs bois d'oeuvre du Cambodge. Rouge, devenant noirâtre avec l'âge, il est très recherché pour la fabrication des meubles de luxe.

Dongtchem (Heritiera javanica). Famille : sterculiacée. C'est un arbre de 30 à 40 m, au tronc très droit des forêts denses du Cambodge. Son bois est léger, durable et facile à travailler. On l'emploie pour la construction des maisons ou des barques.

Les forêts menacées de disparition ?

Malgré 20 années d'instabilité politique (1970-1990), le Cambodge avait conservé une grande partie de ses forêts, contrairement à ses voisins. Mais avec l'introduction par le gouvernement du système des concessions forestières privées, la situation se dégrada rapidement. Sur les 10,6 millions d'hectares recensés en 1995, 6,5 millions d'hectares furent attribués en concessions entre 1994 et 1997 à des fins d'exploitation forestière et 0,7 million d'hectares en concessions agricoles. Les 3,3 millions d'hectares non attribués étaient des surfaces normalement protégées (parcs nationaux). Les concessions forestières ne semblent pas être la meilleure façon d'assurer aux populations locales des ressources durables sans une gestion rigoureuse. Heureusement, une réforme du secteur forestier a commencé en 1999.

Les arbres à résine : un revenu essentiel pour les communautés forestières

Les arbres à résine appartiennent, pour la plupart, à la famille des diptérocarpacées (tchoen tiel). L'essence communément exploitée est le tchoen tiel tock (Dipterocarpus alatus). On creuse à la base du tronc un trou, qui est ensuite brûlé pour favoriser l'écoulement de résine. Cette dernière s'accumule dans la cavité et est récoltée chaque semaine. La résine est utilisée localement mais aussi exportée en grande quantité au Viêt-Nam, qui en revend une partie en Chine. Ce produit forestier apporte un revenu mensuel pour chaque famille de 150 000 à 200 000 riels (de 38 à 50 $). Autant dire que c'est une ressource vitale pour ces communautés, de ce fait moins endettées. Mais, par ailleurs, l'abattage des arbres amenuise la ressource. Et le bois ainsi vendu ne représente qu'une assez faible somme d'argent non renouvelable, comparée au revenu régulier provenant de la résine sur de nombreuses années. Pourquoi ne pas réguler l'abattage et privilégier l'exploitation à long terme ?

Les communautés forestières : une gestion adaptée aux besoins de la population

La meilleure façon de protéger et d'utiliser la forêt de manière durable est d'impliquer directement les populations qui dépendent de ces ressources. Le principe de communauté forestière se base sur la participation des habitants qui doivent d'abord identifier leurs besoins et ensuite orienter leur gestion pour répondre à ceux-ci. Il faut trouver l'équilibre entre la nécessité quotidienne et la gestion à long terme de l'environnement. Les femmes doivent être impliquées dans le projet, car elles jouent un rôle important dans la collecte des produits forestiers. Pour garantir aux membres de la communauté la légitimité de leur action, il est indispensable qu'ils soient soutenus par les gouvernements centraux et les autorités forestières locales. Pour la réalisation technique, le Département des forêts et les ONG peuvent apporter des solutions adaptées à leurs besoins. Ainsi, les communautés forestières devraient pouvoir profiter durablement de leurs forêts en améliorant leurs conditions de vie.

Le palmier à sucre

Le palmier à sucre, ou thnaot (Borassus flaberiformis), est l'arbre national du Cambodge. Il constitue à lui tout seul l'arrière-plan de nombre de rizières que traversent les routes de la grande cuvette alluviale du royaume.

Ici, réunis en bouquets, ils dominent un village et dissimulent à demi une pagode aux toits dorés ; là, ils sont sagement alignés en bordure des terres cultivées. Où que le regard se tourne, il rencontre le palmier à sucre, très droit, hérissant son plumeau vert sombre sur le ciel bleu.

Le principal produit du palmier à sucre est la sève que l'on extrait des inflorescences qui se développent dans les intervalles de feuilles. Concentré, ce liquide donne un sucre brun. Une fois fermenté, on en fait du vin de palme. La pulpe des fruits est une friandise et la racine un médicament. Le tronc se transforme en conduites d'eau, en solives, en rames ; les feuilles en cloisons légères, en toits, en nattes, en sacs ; les tiges en fibres et en cordes. L'exploitation du sucre de palme nécessite une bonne agilité et un sérieux sang-froid car la collecte s'effectue tout de même à vingt mètres au-dessus du sol. La concentration du jus donne un sucre délicieux, plus ou moins dur, de couleur foncée.

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