Guide des Seychelles : Politique et économie

Plantation du Domaine de l'Union.
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Politique
Structure étatique

Les Seychelles sont une république à régime présidentiel. Le président est élu tous les cinq ans au suffrage universel direct. Il est à la fois chef d'Etat et de gouvernement. Il nomme un gouvernement après approbation par le Parlement, mais aussi les juges de la Cour suprême et de la cour d'appel. Il ne peut briguer plus de trois mandats.

Aux Seychelles, il n'y a qu'une seule chambre, l'Assemblée nationale, où siègent 34 représentants pour cinq ans. 25 sièges sont attribués au suffrage universel, dont 9 sont alloués sur une base proportionnelle (pour les partis ayant reccueilli au moins 10 % de vote). Le système juridique est basé sur la Common Law anglaise, le Code civil français et la jurisprudence.

Partis

Les principaux partis politiques seychellois sont :

Fin 2018, le Parti Lepep (PL) est devenu United Seychelles. C'est la quatrième fois que le parti du président Danny Faure (et de ses prédécesseurs James Michel et France-Albert René) change de nom. Il est dirigé depuis juin 2017 par le vice-Président de la République Vincent Meriton.

Le Parti national seychellois (SNP), anciennement appelé Opposition Unie (UO). Il est mené par Wavel Ramkalawan et il est le premier parti d'opposition (il a obtenu 49,85 % des suffrages pour les présidentielles de décembre 2015).

Le Mouvement démocratique populaire (PDM).

Le Parti démocratique (DP).

One Seychelles, lancé en 2019 par l'ancien ministre du Tourisme Alain Saint-Ange.

Les autres partis sont : le Parti uni des Seychelles (SUP), le Parti pour la liberté des Seychelles (SFP), l'Union conservatrice indépendante des Seychelles (ICUS), l'Alliance seychelloise (LS) et le Seychelles Party for Social Justice and Democracy (SPSJD).

Lors des élections législatives de septembre 2016, une coalition s'est formée entre notamment le Parti national seychellois (SNP) et l'Alliance seychelloise (LS). Une formation appelée l'Union Démocratique Seychelloise (LDS) qui va finalement battre (de 226 voix !) le parti Lepep du président Michel (ce qui aboutira à la démission de ce dernier).

Enjeux actuels

Entre 2004 et 2016, le président Michel s'est efforcé de faire appliquer son cheval de bataille, " moins de corruption et plus de libéralisme ", mais un problème est resté entier : celui du manque de devises pour un pays qui croule sous la dette extérieure, les aides des instances internationales comme le Fonds monétaire international étant suspendues à la volonté d'appliquer les mesures recommandées. La privatisation des Seychelles, qui se dessinait en pointillés, s'est ainsi accentuée aux lendemains de la présidentielle de juillet 2006, remportée avec 53,7 % des suffrages par le président en exercice, contre 45,7 % pour le leader de l'opposition. Cette élection incertaine, très attendue par la population, a ainsi confirmé la force du SPPF (ou FPPS - Front progressiste populaire des Seychelles) sur le pays, le parti de France-Albert René se maintenant au pouvoir depuis le coup d'Etat de 1977.

Une continuité à nouveau sujette à élection... en l'occurrence anticipée. Avancée de six mois afin de mettre terme à une crise politique, l'élection au Parlement eut en effet lieu en mai 2007 suite au fait que les élus de l'opposition boycottaient l'Assemblée nationale depuis qu'une manifestation, en octobre 2006 à Victoria, avait dégénéré en affrontement avec la police, avec plusieurs blessés à la clé, le leader du SNP, Wavel Ramkalawan s'étant fait tabasser en tentant de calmer le jeu. Ladite manifestation entendait s'élever contre le refus du pouvoir d'attribuer une radio à l'opposition. Bénéficiant de sa position de président sortant et des médias principaux, le SPPF allait une fois encore l'emporter en obtenant à l'élection anticipée de mai 2007 : 56,2 % des voix contre 43,8 % pour le SNP et, dès lors, vingt-trois des trente-quatre sièges du Parlement. Un succès de plus pour l'équipe au pouvoir depuis 1977, l'opposition ayant toutefois obtenu la mise en place d'une commission d'enquête sur les violences perpétrées lors des échauffourées. James Michel a été réélu en 2011 puis en décembre 2016 pour un troisième et dernier mandat. Un mandat qui a tourné court, puisque son parti s'est incliné aux législatives de septembre 2016 et Michel a été contraint à la démission quelques semaines plus tard. C'est son vice-président Danny Faure qui a pris les rênes du pays pour une cohabitation inédite. Fin 2018, l'historique Parti Lepep (PL) du président Danny Faure est devenu le United Seychelles alors qu'un nouveau parti, One Seychelles, a été lancé en 2019 par l'ancien ministre du Tourisme Alain Saint-Ange. Plus que jamais, on se met en ordre de bataille pour les prochaines élections présidentielles qui auront lieu en 2020.

Économie

L'économie seychelloise est-elle dans une mauvaise passe ? " La situation économique difficile actuelle n'est que conjoncturelle. Je demeure très optimiste pour l'avenir. La privatisation a insufflé un nouveau dynamisme. Il nous faut continuer à créer l'environnement nécessaire pour que le secteur privé puisse jouer un rôle de premier ordre dans le développement de l'économie seychelloise ", tentait déjà de rassurer James Michel, alors ministre des Finances, dans une interview publiée par le quotidien Nation en... 1995, en pleine période de pénurie de devises étrangères. M. Michel (en charge des Finances, de l'Environnement, de la Communication...) est ensuite devenu président, mais la pénurie, qui a longtemps perduré, se sera conclue fin octobre 2008 par une quasi-faillite de l'Etat seychellois. Certes, depuis, en se pliant aux exigences du FMI, le pays a vu 45 % de sa dette annulée.

Mais revenons à la crise de 2008 : la hausse des prix pétroliers et la tourmente sur les marchés financiers auront eu un effet dévastateur sur l'économie du pays, le gouverneur de la Banque centrale ayant même démissionné, officiellement pour raison de santé. Un départ qui aura permis de mesurer l'ampleur des dégâts... et l'imprévoyance de l'Etat, auquel certains analystes économiques reprochent d'avoir voulu modernisé trop vite le pays, énormes dettes à la clé.

La crise, qui avait commencé sous Albert René, trouverait ses racines dans le fait que le pays aura vécu au-dessus de ses moyens, le corollaire en étant l'une des progressions de niveau de vie les plus importantes en Afrique depuis vingt ans. Les deux mamelles de l'Etat (pêche et tourisme) ne suffisant plus pour faire face à la hausse des prix des carburants et des produits alimentaires importés, les Seychelles se sont donc retrouvées soudain au bord de la banqueroute, incapables d'assumer leur dette colossale. Avec 800 millions de dollars, soit 165 % du PIB, l'une des plus élevées du monde !

" Les réserves en devises de l'État sont extrêmement entamées. Elles suffisent à peine à assurer un jour d'importations ", soulignait alors, sous couvert de l'anonymat, un conseiller du gouvernement à un organe de presse largement présent dans le pays.

Une situation extrême qui allait contraindre ledit gouvernement à solliciter d'urgence l'assistance financière du FMI (Fonds monétaire international). Après l'Islande, l'Ukraine et la Hongrie, les Seychelles devenaient ainsi en 2008 le 4e pays à obtenir l'examen d'un prêt inhérent à la crise financière, cette procédure permettant à un Etat membre de puiser dans le compte des ressources générales du Fonds pour affronter le déséquilibre temporaire de ses finances. " Les Seychelles sont au milieu d'une crise grave de la balance des paiements de la dette publique, qui menace son niveau de vie et son développement économique ", soulignait alors Dominique Strauss-Kahn. L'ancien président du FMI demanda à son conseil d'administration " que le fonds soutienne le programme de réforme économique du gouvernement par le biais d'un accord de confirmation ".

A maux majeurs, remède de cheval... Les soins intensifs du FMI auront donc contraint le gouvernement à normaliser ses relations avec le système financier international et à aligner sa monnaie, la roupie, afin de mieux intégrer l'économie seychelloise avec le reste du monde. D'où une nouvelle dévaluation d'une monnaie surévaluée qui, entre juillet 2007 et novembre 2008, aura perdu dans les 150 % de sa valeur. Désormais d'un cours fluctuant, compris dans les premières semaines d'après sa dévaluation post-FMI entre 18 SR et 22 SR pour 1 €, la roupie seychelloise se positionne en juin 2019 à environ 15,5 SR pour 1 €.

Ayant mis fin au marché noir, puisque les Seychellois ont maintenant accès aux devises étrangères, cette dévaluation aura bien sûr provoqué une flambée des prix, essentiellement pour les produits importés payés en roupies, la population subissant de plein fouet les soins intensifs du FMI. Bien que l'Etat ait vivement recommandé aux hôteliers de maintenir leurs tarifs afin de préserver le flux touristique, il n'est pas sûr que ces conseils soient durablement entendus, les spectaculaires augmentations de l'électricité, de l'eau et du gaz étant susceptibles d'influer sur le prix des chambres, tables et services touristiques. Une nouvelle " révolution " à suivre... de très près !

Bienvenue aux investisseurs ! Pendant le traitement de choc, les privatisations continuent. Bien que l'Etat ait maintenu ses intérêts dans des secteurs sensibles (transports en commun, électricité...), il s'est néanmoins retiré, partiellement, de la plupart des entreprises dont il avait pris les commandes à la belle époque de la révolution. Parallèlement à cette marche arrière, d'autres mesures ont été prises pour trouver de l'argent frais. Les Seychelles socialistes se sont donc lancées dans l'offshore banking, l'enregistrement de bateaux, d'avions et de sociétés étrangères désireuses de fuir le fisc de leur pays.

L'Etat entend bien sûr tirer profit de la privatisation de l'économie, de la libéralisation des échanges avec l'Union européenne et avec les pays du Marché commun d'Afrique orientale et australe (OMESA) pour doper l'activité. L'attribution de licences de transporteur privé et l'ouverture de supermarchés s'inscrivent aussi dans cette nouvelle ère économique, dont témoigne la privatisation de l'incontournable et puissant SMB d'Etat, qui avait la quasi-exclusivité sur l'importation et la commercialisation des produits de grande consommation ! Le gouvernement espère aussi beaucoup des retombées du transport pétrolier et de l'essor des services financiers pour attirer des capitaux étrangers. L'industrie de la pêche reste évidemment une valeur sûre de l'économie, le thon demeurant, après le tourisme, l'autre grande richesse d'un archipel qui ne compte que 1 500 personnes en recherche d'emploi.

Toutefois, la concurrence est rude dans le domaine de la pêche, particulièrement celle de l'île Maurice. En tout cas, les Seychelles refusent d'accueillir des pollueurs sur la zone franche créée en 1995 entre ville et aéroport, à Roche Caïman. " [...] Pas de grandes industries, car nous sommes conscients de la nécessité de protéger notre environnement. Cela est vital pour notre écologie, notre industrie touristique. Les Seychelles étant petites, quelques entreprises suffiront pour nous permettre de réussir notre diversification économique ", poursuivait le grand argentier du pays. Depuis l'indépendance du pays, le produit intérieur brut (PIB) a été quasiment multiplié par dix.

Principales ressources
Plantation du Domaine de l'Union.
Plantation du Domaine de l'Union.

Du thon dans le ketchup. Si le tourisme et la pêche restent les deux mamelles des Seychelles, il n'en est pas moins vrai que d'autres industries ont bien prospéré ces dernières années, notamment dans le créneau porteur de l'agroalimentaire (brasserie, eau minérale, charcuterie, confitures, cigarettes...). C'est un créneau où l'industrie rejoint l'agriculture, qu'il s'agisse de thé ou de cannelle. Pas encore d'autosuffisance en matière agricole, mais une surabondance de poisson, dans ce pays qui ne compte pas moins de 1 300 000 km2 d'eaux poissonneuses. On comprend dès lors que ces insulaires figurent parmi les plus gros consommateurs au monde : 85 kg par an et par habitant ! Les Seychellois ont pourtant dû attendre leur libération pour tirer profit de cette richesse nationale, jusqu'alors peu exploitée. Lancée en 1962, la pêche à grande échelle n'était en effet pratiquée dans ces eaux si généreuses que par des pays industrialisés, Union soviétique, Japon et Corée entre autres. Aussi, tout comme la construction de l'aéroport, en 1971, avait ouvert le pays au tourisme, la proclamation, en 1977, d'une Zone maritime économique exclusive de 200 milles marins (au-delà de la limite des eaux territoriales, fixée à 12 milles) allait-elle donner le coup d'envoi au développement de l'industrie de la pêche. Il n'était plus question de laisser les étrangers remplir leurs cales à si bon compte...

Il faudra désormais verser des redevances pour pratiquer la pêche industrielle au thon (de loin la plus rentable), ou conclure des accords avec les autorités seychelloises. Depuis 1996, une organisation inter-gouvernementale, la Commission des thons de l'océan Indien (IOTC), regroupant les Etats de l'océan Indien et ayant son siège à Victoria, assure la gestion de la pêche dans cet océan si généreux. Japonais, Coréens, Taïwanais, Indonésiens, Espagnols et Français renouvellent ainsi, tous les mois ou tous les ans, leur licence de pêche dans ces eaux seychelloises qui offrent environ un quart de la prise mondiale de thon (en sept variétés), les Nippons étant les plus performants. Mais les cent cinquante marins bretons de Concarneau (ville partenaire de Victoria) se défendent aussi très bien. Sous la marque Petit Navire, l'Hexagone consomme grâce à eux du thon seychellois, les thoniers-congélateurs français assurant une capture annuelle d'environ 80 000 tonnes. Les captures ont connu une très forte augmentation et sont passées d'environ 80 000 tonnes, en 1960, à près de 800 000 tonnes en 2001. Depuis 1995, les captures de thons et d'espadon de l'ensemble de l'océan Indien représentent près du quart des captures mondiales. Doté de nouvelles installations portuaires depuis 1987, notamment d'imposants bâtiments de surgélation, le port de Victoria est ainsi devenu le plus grand centre de transbordement de thon du sud de l'océan Indien. Quelque 200 000 tonnes y sont déchargées chaque année, faisant ainsi de Victoria le plus grand centre de transbordement de thon au monde, avec 80 % de la prise des senneurs dans la région. L'essor de la pêche a également suscité la création d'entreprises dérivées, dont la plus importante a été celle de la conserverie de thon, financée par la France et inaugurée en 1987. C'est un fleuron étatique dont le gouvernement s'est partiellement séparé en l'ouvrant à la privatisation. Encore détenue à 51 % par l'Etat, la société Indian Ocean Tuna Limited (IOT) tourne jour et nuit, pour une production d'environ un million de boîtes par jour (350 tonnes de thon). Premier exportateur du pays (95 % de l'exportation nationale !), cette société est aussi le plus gros employeur de l'archipel, avec ses quelque 2 500 employés, dont une majorité de femmes et pour la plupart des étrangers (Malgaches, Thaïs, Kenyans...). En ajoutant à ce gros porteur tous les autres emplois générés par cette filière thon, on obtient environ 4 500 employés, soit quelque 15 % de l'emploi aux Seychelles. Un thon porteur, mais les Seychelles entendent aussi tirer profit de gros poissons de la finance, invités à mordre à l'hameçon de la Seychelles International Trade Zone (SITZ), une zone franche de 20 ha (entre capitale et aéroport) qui lui permet d'échapper à des taxes en tout genre.

Oui au thon, non au béton ! Les exonérations ont été incitatives ! L'Américain Heinz n'a pas été le " seul " gros poisson de l'économie à mordre à l'hameçon. A vrai dire, toutes les solutions sont bonnes pour attirer aux Seychelles des firmes étrangères et du même coup diversifier l'économie, pour ne pas s'en remettre au destin toujours incertain de l'industrie touristique. Il suffit en effet d'un malaise international pour que les voyageurs changent de destination ou restent chez eux. Dès lors, pour être moins dépendant des infidèles visiteurs, mieux vaut assurer ses arrières... " Le tourisme doit être la confiture des Seychelles, pas le pain et le beurre ", a plusieurs fois déclaré le président René. Aussi le père de la nation a-t-il créé en 1995 le centre offshore et zone franche de Roche Caïman, une structure spécifique, la Seychelles International Business Authority (SIBA), qui a pour mission de développer et de gérer cette zone, où quelque quatre mille cinq cents entreprises ont élu domicile (avec peu de retombées directes pour l'archipel), mais où seulement une vingtaine se sont réellement installées. C'est une zone bien évidemment source de maintes rumeurs, liées notamment au blanchiment de l'argent sale. Le nom des Seychelles apparaît en tout cas sur la liste secrète des soixante-six pays soupçonnés de blanchiment, dressée en 2000 par les vingt-six pays membres du Groupe d'action financière contre le blanchiment des capitaux (GAFI), créé par le G7 pour s'attaquer à un fléau qui, chaque année, selon le Fonds monétaire international (FMI), atteint 600 milliards de dollars (près de la moitié du PIB français). Toutefois, les Seychelles ne sont pas référencées sur la liste noire et la liste grise des vingt-neuf États placés sous surveillance par le GAFI (Maurice, Malte, Chypre, Gibraltar, Jersey, Guernesey et Monaco en faisant partie).

Mer nourricière

La mer est d'abord nourricière. Les Seychellois seraient en effet les plus gros consommateurs de poissons au monde. Les eaux seychelloises sont généreuses et Français, Espagnols et Japonais notamment, appâtés par des pêches miraculeuses (mais jusqu'à quand ?), exploitent sous licence, depuis une vingtaine d'années, cette " zone maritime économique des Seychelles " prolifique. Espérons qu'elle le reste longtemps... Ce gros morceau d'océan, d'une surface de 1 300 000 km2, constitue une sacrée richesse. Les terres émergées ne représentent en effet que 455 km2. Sous licence de l'Union européenne, une trentaine de bateaux, français et espagnols, y traquent le thon au filet dans des eaux très profondes, pour alimenter les Conserveries de l'océan Indien, installées au port de Victoria, deuxième port thonier du monde. Les Japonais et les Taïwanais - qui comptent autant de bateaux - préfèrent pêcher à la ligne, en version industrielle, mais sur le bon vieux principe de l'hameçon (avec maquereau ou encornet pour appâter le client). Le pwason, saigné à bord, est conservé quelques jours dans de la glace d'eau salée, avant d'être débarqué et aussitôt découpé, puis exporté vers l'Europe, où il sera vendu en frais. Dans le poisson, tout étant bon, les abats régalent les chats et les chiens, une conserverie ayant été créée à Victoria à leur intention.

Paradise unlimited

Making business a pleasure. Depuis 1994, les Seychelles ont élaboré des lois et mis en place des structures pour édifier un centre des affaires internationales géré par le Seychelles International Business Authority (SIBA), qui opère sous l'égide du ministère de l'Industrie et des Affaires internationales. Ce centre des affaires, considéré comme le troisième pilier de l'économie seychelloise (après le tourisme et la pêche industrielle), offre à la fois des zones franches et un port franc, mais aussi l'enregistrement des avions et des bateaux, ainsi que des sociétés internationales. Il connaît un succès... franc. Les mesures fiscales prises par l'Etat sont, il est vrai, incitatives, les sociétés étant exemptées des droits d'importation sur les biens d'équipement, le fioul et les matières premières. L'absence de contrôle des changes et la possibilité de rapatrier la totalité de son capital et des bénéfices sans impôts constituent aussi une base solide pour l'implantation de nouvelles sociétés. En outre, les employeurs n'ont aucune charge sociale à payer. Avec un nombre de trois mille sociétés internationales enregistrées, le centre international des affaires des Seychelles peut se vanter d'être le centre off-shore qui enregistre l'un des plus forts taux de croissance dans le monde. Les Seychelles sont signataires de la IVe Convention de Lomé et de l'Agence multilatérale de garantie des investissements qui protègent les investisseurs contre l'expropriation.

Place du tourisme
Plage des Seychelles.
Plage des Seychelles.

Les Seychelles sont en tout cas un paradis touristique. Les Seychellois se régalent assurément de cette confiture évoquée par l'ex-président René, le tourisme assurant les deux tiers du PIB. Devenu le premier pilier économique du pays, il est aussi la principale source d'emplois, qu'ils soient directement liés à l'hôtellerie et à la restauration ou indirectement issus du tourisme. Les dépenses des touristes sont en fait profitables à maints secteurs de l'économie, qu'il s'agisse de prestations de service, de pêche ou d'agriculture. Un tourisme qui n'a guère qu'une quarantaine d'années. On ne comptait qu'un millier de visiteurs à la fin des années 1960, Mahé se trouvant alors à trois heures d'avion du plus proche aéroport international. En 1971, l'ouverture de l'aéroport de Victoria fit d'emblée affluer les voyageurs : 15 000 dès 1972 ! En 1978, le nombre de touristes allait pour la première fois dépasser celui des Seychellois (alors 63 000), le cap des 100 000 ayant été franchi en 1990. En 2018, ce sont 361 844 touristes qui ont atterri à Mahé, soit environ 12 000 de plus que l'année précédente. Un nouveau record pour un archipel dont le tourisme est le premier pilier de l'économie. La France reste au 2e rang de pourvoyeur de visiteurs, derrière l'Allemagne. Derrière la France, on retrouve les Emirats arabes unis. Et tous les voyants sont au vert, puisque le Seychelles Tourism Board (STB) prévoit une nouvelle augmentation des entrées pour l'année 2019 (ce qui était déjà le cas au premier trimestre par rapport au premier trimestre de 2018).

Le tourisme pèse quasiment 30 % de l'économie nationale. Cette nature grand luxe vaut son pesant de roupies, ou plutôt d'euros ! Les Seychelles n'avaient jusqu'à maintenant jamais cédé à la facilité qui consiste à bâtir d'énormes structures verticales, plus économiques à gérer. Depuis quelques années, cette politique est en train de changer et on voit de nouvelles structures pousser comme des champignons, certaines pouvant compter plus de 400 chambres. La politique de protection de l'environnement du gouvernement, très ferme jusqu'ici, présente aujourd'hui quelques faiblesses.

Que brillent les cinq-étoiles ! Si Mahé et Praslin comptent quelques grosses structures, les Seychelles se distinguent par une kyrielle de petits hôtels et guesthouses. Une hôtellerie qui, quelle que soit la gamme, est l'une des plus chères du monde. Une nuit dans l'archipel coûte dans les 100 € dans une guesthouse bas de gamme et 250 € dans un hôtel milieu de gamme. Un milieu de gamme encore peu représenté, la pénurie de trois-étoiles étant notable. Quant au haut de gamme en vogue : jusqu'à plus de 3 000 € !

Des tarifs élevés compte tenu des équipements et prestations, si on les compare à ceux d'autres belles destinations touristiques, en Asie du Sud-Est bien sûr, mais aussi un peu plus bas dans l'océan Indien, à Maurice. Place dès lors au luxe, les prix y étant plus ouverts que dans l'hôtellerie classique. Les Seychelles qui, jusqu'à la fin des années 1990, n'ont proposé, au mieux, qu'une hôtellerie trois-étoiles... à des prix cinq-étoiles et avec un service pour le moins nonchalant, offrent ainsi désormais des prestations plus en rapport avec leur tarification. Et toujours bien intégré dans la nature.

Une nature infiniment précieuse qu'il convient de préserver en limitant le nombre de visiteurs, d'où cette politique de sélection par l'argent... La stratégie a en tout cas fait encore ses preuves, tant on est comblé sitôt sorti de l'hôtel. Quel spectacle fabuleux ! Cette nature-là a gardé son innocence. Pas le moindre vendeur de Coca ou de paréo sur la plage, ni même de parasol ! Aussi les Seychelles restent-elles une valeur sûre à la bourse du prêt-à-rêver. Cinq-étoiles à gogo... mais que les plus hauts cocotiers de l'hôtellerie de prestige ne cachent pas la forêt des petits hôtels, guesthouses et autres enseignes de self-catering, qui se sont eux aussi multipliés. Les Seychelles, qui font tant rêver, sont la destination parfaite pour se passer la bague au doigt, les mariages de touristes étant d'ailleurs déjà plus nombreux que ceux des autochtones.

Introduit au début des années 1980 par le tour-opérateur Thomson, le mariage au paradis est ainsi depuis devenu un créneau porteur, les Anglais étant de loin les plus nombreux à se dire oui sous les cocotiers. Certes, des Caraïbes aux Bahamas la concurrence est rude, mais les Seychelles jouissent d'une plus-value : leur virginité naturelle ! C'est peut-être pour la retrouver que ces nouveaux mariés, dont 50 % sont des divorcés, préfèrent à un sinistre remariage civil dans leur pays un petit coin d'éden aux Seychelles. Parfaites pour le touriste bio en quête d'une nature préservée et d'un habitat maîtrisé, les Seychelles sont donc promises à un bel avenir touristique, si le béton et les gros promoteurs ne prennent pas le pas sur cette nature enchanteresse, encore préservée.

Une progression mesurée. Première richesse de l'économie nationale, le tourisme procure 70 % des entrées en devises. Sur les 30 000 actifs de l'archipel, près de 9 000 travaillent directement dans ce secteur, ce chiffre devant augmenter parallèlement à l'augmentation du nombre de lits et de visiteurs, mais aussi à l'élévation du niveau de l'hôtellerie, les cinq-étoiles étant très gourmands en personnel, puisque l'on compte dans ce créneau quatre employés pour une chambre. Pas forcément seychellois ! Les travailleurs expatriés, qui représentent officiellement dans les 10 % de l'emploi dans l'hôtellerie, ont en tout cas de l'avenir dans l'archipel...Un archipel où l'évolution du tourisme aura été bien maîtrisée, très progressive. Les trois quarts de ces touristes viennent d'Europe, puis d'Afrique, d'Asie et, enfin, d'Océanie. Depuis de longues années leaders de la fréquentation des Seychelles, les Français devancent toujours les Italiens, les Allemands, les Britanniques et les Russes, cette nouvelle clientèle pesant d'autant plus dans l'économie touristique qu'elle dépense énormément. En tout cas bien plus que le touriste moyen (200 US$ par jour). Si près des deux tiers des Français viennent par le biais d'un tour-opérateur, les autres se débrouillent avec Internet, notamment dans le créneau de la petite hôtellerie. Les voyageurs adeptes du vol sec et de la réservation en direct sont même de plus en plus nombreux.

Cinq-étoiles à tout va !

Frégate Island, au milieu des années 1990, avait ouvert la voie du luxe en devenant une île privée pour happy few. Les cinq-étoiles se sont depuis multipliés : le Lémuria à Praslin, en l'an 2000, et, depuis, le Banyan Tree, le Hilton et le Maïa sur Mahé, Cerf Island Resort sur Cerf, et plusieurs " îles-hôtel " : North Island, Alphonse, Cousine Island... En 2009 a aussi ouvert à Mahé, le Four Seasons à Petite Anse, tandis qu'en 2011 le Labriz Silhouette passait sous la bannière Hilton. En août 2014, ce fut au tour de Ronde, dans le parc marin de Saint-Anne. A Beau Vallon, le H Resort est sorti de terre en 2015, alors qu'un peu plus au nord le groupe Mason's a inauguré le Carana Beach au printemps suivant. En septembre 2016, Félicité a fêté l'ouverture du Six Senses Zil Pasyon et en mars 2018, c'est le Four Seasons Resort Seychelles sur l'île de Desroches qui est devenue la dernière île-hôtel grand luxe de l'archipel.

Des projets ? Plus d'une vingtaine, dont la moitié à Mahé... Les investisseurs étrangers (mauriciens, asiatiques, français et surtout russes et arabes...) croient en effet à l'avenir touristique de ce paradis encore préservé, tel le puissant milliardaire maldivien Hamir Didi qui, après avoir investi une fortune dans le superbe Labriz Silhouette, entend avec son groupe Universal coloniser d'autres sites paradisiaques de l'archipel. Un placement d'autant plus sûr que les îles Maldives sont susceptibles d'être submergées dans les prochaines décennies. De Poivre à Farquhar et de Platte à Coetivy, et jusqu'au lointain lagon de Cosmoledo et à Assomption, porte aérienne de l'atoll d'Aldabra, une demi-douzaine d'îles éloignées font l'objet d'études en vue d'une exploitation touristique... Une exploitation encore maîtrisée, même si l'on peut déplorer une baisse de vigilance en matière environnementale. Encore très bien placé par sa pureté pour réussir dans l'écotourisme, l'archipel attire assurément les investisseurs, qui misent essentiellement sur la clientèle fortunée, puisque 60 % des 12 000 lits prévus se positionner en quatre ou cinq-étoiles.

Gare en tout cas aux établissements de trop, ceux qui pourraient empiéter sur le premier capital de l'archipel : ses plages d'exception. Plusieurs projets ont d'ailleurs déjà suscité des inquiétudes quant aux sites visés, en l'occurrence deux des plages emblématiques de l'archipel : Anse Lazio à Praslin et... Anse Source d'Argent à La Digue. Même dissimulés en retrait desdites plages, dans la végétation, de tels établissements casseraient tout de même la magie de ces lieux d'exception. Si le projet d'Anse Lazio n'est pas tombé à l'eau, en revanche celui de Source d'Argent semble avoir été, sinon abandonné, au moins ajourné. Un groupe de pression diguois s'étant rebellé afin de défendre la beauté primitive de ce patrimoine naturel.

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