Guide des Seychelles : Mode de vie

Vie sociale

Avec 94 633 habitants en 2018, les Seychelles figurent parmi les Etats les moins peuplés de la planète. C'est un pays jeune, puisque le Seselwa moyen a 35,8 ans. L'archipel ne partage toutefois pas le sort de l'Afrique, dont le rythme de croissance démographique se révèle si préoccupant et le taux de mortalité infantile aux Seychelles ne dépasse pas les 10 ‰.

Education. L'éducation s'est affirmée d'emblée comme la priorité du régime de France-Albert René, désireux d'offrir à chaque enfant les mêmes chances à l'école. " Avant le 5 juin 1977, la plupart des adolescents, sauf quelques centaines de privilégiés, arrivaient sur le marché très jeunes, sans formation et sans préparation pour entrer dans la vie adulte ", ne manquent d'ailleurs pas de rappeler, à juste titre, les textes officiels. Le pays s'est en effet scolarisé : chaque Seychellois passe en moyenne quinze ans à l'école. La scolarisation est obligatoire pour les neuf années de classes primaires, le Service national de la jeunesse, créé en pleine vague révolutionnaire (en 1981) ayant été supprimé à la fin des années quatre-vingt-dix. Une quinzaine d'années durant, il aura " conscientisé aux vertus du socialisme " la nouvelle génération, les étudiants " apprenant ainsi à participer à la vie sociale, culturelle et politique du pays, tout en se familiarisant avec de nouveaux rapports au travail ". Les études secondaires se font au sein de l'Ecole polytechnique des Seychelles, fondée en 1983 pour répondre aux perspectives du développement de l'archipel, cette école comptant une douzaine de filières : sciences sociales, santé, enseignement, sciences, agriculture, construction et ingénierie, artisanat, arts, hôtellerie...

Seuls les meilleurs bénéficieront de bourses pour accéder aux universités étrangères (de Grande-Bretagne essentiellement). La " revolisyon " de l'ex-président René a donc été bénéfique en matière d'éducation, dans ce pays où l'Eglise a longtemps pallié les carences de l'enseignement officiel. La Constitution prévoit aujourd'hui le droit à l'éducation gratuite jusqu'à 17 ans, et un article de l'Education Act stipule que les parents dont l'enfant s'absente plus de trois semaines sans raison valable sont passibles d'une amende ou de trois mois de prison.

Santé. Les Seychellois se sont vite habitués aux acquis de la révolution, en matière de santé par exemple. Le système mis en place après la libération constitue l'un des acquis les plus chers à la population. Grâce à lui, chaque citoyen, sans discrimination aucune, bénéficie gratuitement de soins médicaux. Désormais l'attention portée aux malades est la même pour tous, ce qui n'était pas le cas avant que le système de classes ne soit aboli. Depuis le 5 juin 1977, le pays a considéré la santé comme la deuxième priorité dans son budget annuel. Au-delà des progrès manifestes concernant le taux de mortalité infantile (réduit de moitié) et l'espérance de vie (70,7 ans pour les hommes, 79,8 ans pour les femmes), il convient en effet de constater la bonne santé de ces îles, épargnées de certains des grands fléaux que connaît le continent africain (paludisme, fièvre jaune, dysenterie...). Quelque deux cents cas de sida auraient toutefois été recensés.

Le nombre des médecins (1,5 ‰) s'est accru, parallèlement à celui des consultations et des lits d'hôpital, mais il est encore parfois nécessaire d'être opéré à l'étranger, la chirurgie du coeur, par exemple, nécessitant des investissements trop coûteux pour une aussi petite nation. Un fonds de traitements spécifiques prend d'ailleurs en charge certaines dépenses extérieures au pays (à La Réunion essentiellement). En 1979, l'Etat a aussi instauré un régime de sécurité sociale protégeant les citoyens au cours de leur vie et couvrant, dans certains cas, les dépenses funéraires. Cette protection sociale contraint chaque salarié à verser 5 % de son salaire (autant que l'employeur) et permet de secourir les invalides et les personnes en grande difficulté.

Travail. L'indemnité mensuelle de retraite est versée dès 63 ans. Il y a encore du travail pour tout le monde et considérant que chacun doit travailler, même si ce n'est qu'à mi-temps, le gouvernement n'envisage pas de payer les chômeurs. Aussi un organisme étatique propose-t-il à quatre cents personnes du travail à mi-temps dans des fermes, des tâches de nettoyage ou des travaux de réfection des bâtiments gouvernementaux, cela jusqu'à ce que ces gens aient trouvé un travail permanent. Ainsi, le gouvernement fait en sorte que la population ne soit pas composée d'assistés, entièrement dépendants de l'Etat. Aux Seychelles, le salaire minimum est de 4 000 SR, chaque salarié bénéficiant de cinq semaines de vacances.

Habitat. Dans le domaine du logement aussi, la révolution a fait ses preuves. Une des premières actions entreprises par le nouveau régime fut en effet d'acquérir des terrains pour engager un ambitieux programme de construction d'appartements. Complétant des villages existants ou créées dans de nouvelles zones résidentielles, souvent à flanc de coteau compte tenu du relief, plusieurs milliers d'habitations ont ainsi été construites. Par le biais de subventions, d'allocations et de crédits, l'Etat a grandement favorisé l'urbanisme. Sa politique vise à faire accéder à la propriété chaque locataire. Bien que nombre de Mahélois mal logés figurent encore sur la liste d'attente, l'élan a bel et bien été donné, en témoigne l'inauguration de l'île artificielle du nord de l'île, où un grand nombre de familles défavorisées ont été logées dès 2012. Encore fréquentes à la fin de l'ère anglaise, les cases miséreuses ont disparu du paysage.

Mœurs et faits de société

" Ne jamais faire le jour même ce qu'on peut faire le lendemain. " Les Seychellois sont plutôt nonchalants : pourquoi faudrait-il cultiver la terre, alors qu'elle se montre généreuse sans qu'on y touche. " Dieu plante, les Seychellois récoltent ", confirme un proverbe local. Mangues, papayes, avocats, bananes, noix de coco et autres fruits à pain ne s'offrent-ils pas à portée de main ! Pour les zourite, il faut, certes, se donner la peine d'aller dans les brisants, et pour les pwason, on doit tout de même faire un tour en mer, mais sitôt ses repas assurés, à quoi bon s'éterniser... Il restera bien du zob ou du bourzois demain dans l'océan. Un lopin de terre et quelques arbres, une barque de pêche, une case au toit de palmes et du calou, il n'en fallait pas beaucoup plus au Seychellois d'hier pour être heureux. Jusqu'à ce que la société de consommation le rattrape et l'incite à glisser doucement de l'économie de subsistance vers l'économie de marché.

Mais même avec un smartphone et plus de roupies dans les poches, il n'en continue pas moins à aimer vivre au jour le jour. Ce n'est pas un hasard si neuf commerçants sur dix sont d'origine indienne ou chinoise. Un détachement vis-à-vis de l'argent si rare dans un pays touristique qu'on se demande si cela va durer, et si le sourire restera encore longtemps spontané. Le Seychellois est aussi gentil que poli, vite rieur et amical dès le dialogue entamé. Très vite, le " tu " signifiera amitié et égalité. Aussi fier que susceptible, cet insulaire n'est pas complexé face aux riches voyageurs venus des grands pays. Il est particulièrement fier de ses îles, et rappelle volontiers que deux sites des Seychelles sont inscrits au Patrimoine mondial de l'humanité. Dès lors, pourquoi le Seychellois irait-il voir ailleurs... si ce n'est à Maurice, à Dubaï ou Abu Dhabi, mais pas pour y faire du tourisme au sens classique du terme. Non, pour y faire des emplettes, trouver enfin, et à bas prix, ce qu'il ne pourra jamais acheter à Mahé. Des pièces de voiture à Singapour, de l'électronique à Dubaï, des vêtements à Maurice ou encore du bois en Afrique du Sud. Des emplettes, certes taxées au retour, mais pour la plupart revendues, rembourseant donc vite taxes et voyage. Bien que vivant toujours sous d'autres cieux (en Australie essentiellement, à Perth et à Melbourne), nombre des quelque 25 000 Seychellois exilés depuis les années progressistes, reviennent aussi au pays, certains s'y étant même réinstallés, avec parfois des indemnisations à la clé, puisque révolution avait rimé avec expropriation.

S'adaptant facilement aux situations nouvelles, aussi calme qu'ouvert aux étrangers et à l'étranger, le Seychellois prend donc la vie du bon côté, du moment qu'il a son poisson, sa bière et sa famille. Cette dernière est d'ailleurs très large. Vu la faible densité de la population (celle d'une ville moyenne française), on croise facilement des arrière-grand-tantes ou des petits cousins à tous les coins de boutiques. Les 95 000 Seychellois ne forment en fait qu'une grande famille où tout le monde, ou presque, se connaît... Une famille aux contours assez flous, plus des trois quarts des enfants naissant hors mariage. La paternité n'est même reconnue qu'une fois sur deux. En dépit d'une tradition chrétienne très présente, la promiscuité a toujours été importante aux Seychelles, où les habitants n'ont aucun scrupule à changer régulièrement de concubin ou de concubine. Lors de sa courte visite à Victoria, le 1er décembre 1986, le pape Jean-Paul II avait d'ailleurs demandé à ses ouailles de résister aux mauvaises moeurs : " Une société se désagrège quand les mariages se font de moins en moins nombreux et plus instables, lorsque chacun recherche d'abord à satisfaire son égoïsme et les plaisirs faciles, quand on accepte les infidélités et les ruptures ", avait-il déclaré dans son homélie. Vain sermon...

Ce libertinage fait partie de la tradition. " Les Seychelles sont les îles de l'amour. Ici, on ne produit rien, sinon des enfants ", notait Henri de Monfreid. L'Eglise seychelloise s'est d'ailleurs longtemps montrée hostile à l'égard de la contraception, l'évêque de Victoria allant jusqu'à proclamer, en 1980, que " les femmes qui prennent la pilule sont des bêtes ". Malgré la gratuité de la contraception, les naissances non désirées restent en tout cas nombreuses. Les adolescentes enceintes ne suscitent que de rares froncements de sourcils. " Ma fille n'est ni la première ni la dernière ", disent souvent leurs parents. D'ailleurs, beaucoup de filles, à l'instar de leurs aînées, vivent en ménage avec un compagnon sans éprouver le besoin de régulariser leur situation. La loi exige que les hommes dont la paternité est reconnue versent un minimum de 20 % de leur salaire pour l'entretien de chaque enfant. Mais cette somme ne peut dépasser 50 % du salaire, même s'il doit entretenir quatre enfants ou plus. En outre, il n'est pas toujours facile d'attribuer à quelqu'un la paternité ou de solliciter un versement. Les anthropologues qui ont étudié la structure familiale aux Seychelles estiment qu'il existe, tant dans les unions libres que dans les unions légales, une sorte de matrifocalité. Cela signifie que l'homme n'occupe qu'une situation périphérique dans la structure familiale, la femme y prenant toutes les décisions importantes. " Non seulement elle élève les enfants, mais bien souvent elle gagne l'argent du ménage. On rencontre souvent de jeunes mères célibataires assumant seules une ribambelle de petits issus de plusieurs lits. Personne ne leur jette la pierre, au contraire. Il n'y a que les curés qui se plaignent. Ici, les femmes sont formidables, mais elles ont une faiblesse. Ce sont des sentimentales qui se laissent trop souvent gagner... ", confirmait feu l'érudit Guy Lionnet. D'origine mauricienne, l'homme sage de l'archipel admirait ce peuple exemplaire à bien des égards : " Les Seychelles contiennent mille trésors, mais le plus remarquable, ce sont ses habitants, de toutes origines : Européens, Africains, Indiens, Asiatiques. Peu d'endroits réservent un tel métissage. Mais à la différence de l'île Maurice, par exemple, les ethnies ne se contentent pas de vivre en bonne intelligence. Les Seychellois n'ont pas de barrières. Ils vivent, travaillent, se marient dans un brassage perpétuel. Dans la rue, vous croiserez toutes les couleurs de peaux, mais il n'y a qu'une race seychelloise. "

Religion

Bien qu'ils succombent volontiers à la tentation du péché de chair et qu'ils ne jugent pas nécessaire de passer devant Dieu avant de vivre en couple, les Seychellois n'en demeurent pas moins très chrétiens. Malgré - ou à cause de l'obstination des pasteurs anglicans (présents pendant un siècle et demi !) -, ils sont restés en majorité catholiques (à 87 %), rappelant en cela la courte période française de l'archipel, même si la région musulmane prend de la hauteur ces dernières années. Les cérémonies de communions, pleines de dentelles et de chapeaux, demeurent ainsi un moment fort de la vie sociale. Les Seychelloises sont d'ailleurs très pratiquantes, la messe du dimanche étant, il est vrai, l'occasion d'exhiber ses plus belles toilettes et de papoter devant l'église. Ces pratiques n'en excluent pas d'autres... La foi chrétienne fait en effet bon ménage avec un syncrétisme religieux qui comporte des éléments disparates de foi animiste ou de culte des ancêtres d'origine africaine. On croit à l'existence des êtres surnaturels mal identifiés (comme les Malfaisants ou mauvais esprits, ou les Dondosias ou zombis), à des gestes et objets plus ou moins néfastes, ainsi qu'à des sorciers ou sorcières nommés donneurs ou donneuses de bois, ou encore bonshommes et bonnes femmes de bois, dont les prétendus pouvoirs magiques sont doublés de la connaissance de plantes médicinales, ou raspail (ce terme étant dérivé du nom de François Raspail, chimiste français qui a écrit un Manuel de médecine et pharmacie domestique très prisé aux Seychelles). Bien que le gouvernement ait promulgué en 1958 une loi visant à extirper la sorcellerie, " bonhommes di bois " et " bonnes femmes di bois " n'en continuent pas moins d'être consultés par certains anciens, qu'il s'agisse d'évoquer une déception amoureuse ou une haine farouche, d'expliquer un rêve étrange ou de pratiquer un avortement. Les sorciers vendent en effet des charmes (décoctions de feuilles et racines, fioles avec cheveux, aiguilles ficelées en croix avec du fil bleu, etc.) et prononcent des incantations. Mais, signe de la modernité en marche, la nouvelle génération semble plus distante vis-à-vis de ces superstitions. Il n'est pas question pour autant de balayer la cour après six heures du soir, car on risquerait du même coup de balayer toutes ses richesses... Deux siècles d'occultisme ne s'effacent pas du jour au lendemain.

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