Guide des Seychelles : Arts et culture

Architecture
Case créole.
Case créole.

Aux Seychelles, il existe une institution locale à laquelle seuls les lève-tôt peuvent assister : celle du balai zig, un balai fait en nervures de palmier, au manche court, que la Seychelloise manie avec dextérité et élégance, bomaten (de bonne heure) avant de partir travailler. La main gauche pliée derrière le dos et le balai zig dans la main droite, légèrement courbée, elle balaye devant sa maison et pas une seule fleur d'hibiscus tombée à terre ni un seul mégot de Mahé King ou de Silhouette (les deux marques locales de cigarettes) n'échappent à son énergie matinale. Ensuite, elle arrose ses fleurs avec délicatesse. Des fleurs de toutes les couleurs et des plantes décoratives débordent de partout. Elles sont souvent plantées dans des pots de fortune, et essaient de rivaliser avec la nature alentour, exubérante, généreuse, luxuriante. Ici, nul besoin de motiver la population avec un concours du plus beau village fleuri ! Embellir son lakaz (sa maison) est vraiment un des passe-temps favoris des Seychellois.

Du bois à la tôle ondulée. De la superbe et vaste maison coloniale en bois à la petite et modeste habitation en tôle ondulée, le contact avec la nature s'avère être une constante, voire une nécessité. Attestant un art original, chaque maison présente à la fois des similitudes avec les autres et en est différente, de manière à s'inscrire parfaitement dans le paysage tant architectural que végétal, et à participer à l'harmonie générale de l'habitat. Partout dans la capitale, mais aussi dans le moindre petit hameau éloigné, le bois, le ciment et la tôle ondulée s'imbriquent, créant on ne sait comment un équilibre visuel et architectural, la couleur - pastel pour les maisons traditionnelles anciennes, vive pour les maisons populaires - enveloppant le tout et ajoutant toujours une note naïve et gaie. Très patriote, le Seychellois peint souvent sa maison aux couleurs du drapeau national. Cette maison possède de nombreuses ouvertures (hautes portes, fenêtres et jalousies) qui facilitent la circulation de l'air et filtrent la lumière - une préoccupation capitale dans les pays chauds où le climat dicte sa loi. Plutôt dispersé, essentiellement rural et généralement réparti autour des côtes ou à flanc de montagne, l'habitat seychellois, héritage métissé oblige, est créole avant tout. Les îles Seychelles n'ont été peuplées qu'à la fin du XVIIIe siècle, lorsque les Français en prirent possession. La vocation principale de ces îles était d'assurer la sécurité des ports et d'approvisionner ponctuellement en eau douce, bois et gibier des navires de compagnies marchandes qui y relâchaient. Les premières constructions, en corail taillé, granit, bois et autres matériaux locaux, furent d'ordre portuaire et stratégique. A la lecture des archives sur l'installation des premiers colons, il semble que la présence de maîtres artisans ait été déterminante en matière d'architecture. Ils surent transmettre à leurs esclaves les techniques, l'outillage et les modes de construction qu'ils importaient de leur terroir ou de l'île de France ou de celle de Bourbon.

Cette diversité d'origines explique en grande partie l'originalité créole des habitations, c'est-à-dire la déformation et l'appropriation des styles. La répartition des propriétés foncières eut aussi beaucoup d'influence. Chacune était composée de la maison du maître et des dépendances (cuisine, réserves, hangars). Les bâtiments industriels (moulins, fours à coprah, atelier de distillation des essences, hangars de séchage et de tri, magasins...) étaient répartis derrière un espace vivrier (jardin, produits fermiers). Enfin, en bordure du domaine, les kaz kreol servaient de logement aux employés et aux esclaves. On trouvait dans ces exploitations agricoles, sorte de collectivité interdépendante, trois types d'habitations, qui marquent bien le cloisonnement social tout en mettant en valeur le savoir-faire des artisans.

La case en paille. Constituée d'une pièce unique avec plancher sur petits pilotis en pierre et toit en feuilles de latanier ou de vacoa, elle était réservée aux esclaves. Il en existe encore aujourd'hui, surtout dans les villages de pêcheurs. Elles sont naïves dans leur aménagement et amusantes dans leur décoration. Quand ses murs sont tapissés avec des pages colorées de magazines, elle devient la maison de papier.

La " pti lakaz ". Posée sur quatre tasseaux de pierres maçonnées pour prévenir l'humidité et favoriser le ruissellement des eaux, elle est la plus courante. On en trouve des centaines, surtout dans les zones suburbaines et dans les montagnes. Elles fascinent par leur variété et par leurs couleurs symbolisant une certaine joie de vivre. Appelée aussi kaz kreol, la pti lakaz révèle les compétences de la plupart des Seychellois qui sont tous un peu charpentiers et maçons à la fois. Un perron de quelques marches mène à la varangue, sorte de véranda ouverte sur la façade, qui prolonge le salon et protège du soleil. Assis dans un fauteuil créole (bas et en bois), le Seychellois aime séjourner sous la varangue, pièce maîtresse qui participe à son art de vivre, pour prendre l'air ou pour recevoir ses amis.

La " gran lakaz ". Une allée ombragée et fleurie mène généralement à cette maison imposante - appelée aussi parfois château - située au centre d'un jardin d'agrément. Symétrie, équilibre des volumes, contrastes plein-vide, jeux de lumières, harmonie des lignes, choix des plus beaux bois exotiques...

Ces remarquables maisons de maître rappellent le savoir-faire et le talent des ouvriers compagnons. Les superbes parquets, mais aussi l'ingénieux système d'aération du toit suscitent l'admiration. Ce sont des maisons de rêve !

Des demeures de patrimoine. Uniques témoins d'un passé colonial bien révolu, ces demeures résistent mal à l'épreuve du temps et se délabrent les unes après les autres faute de moyens personnels pour les entretenir. L'Etat semble avoir baissé les bras, alors qu'il avait fait voter une loi, en 1980, censée assurer la conservation des plus belles demeures, en instituant notamment un système de subventions pour leur restauration. Symboles de l'architecture créole seychelloise, quelques dizaines de maisons ont ainsi échappé à la démolition. Ainsi, celles du village artisanal, à Mahé (avec un restaurant créole mitoyen), et de la Maison jaune, à La Digue (transformée en annexe d'hôtel), offrent deux exemples réussis de préservation et de valorisation du patrimoine auxquels le touriste a facilement accès. Restauration des belles maisons anciennes d'un côté, constructions nouvelles en ciment couvertes de tôle de l'autre... L'Etat s'est donné pour principal objectif de proposer une maison décente à chaque Seychellois, afin qu'il puisse y loger sa famille - prêt à taux préférentiel et construction de logements sociaux à l'appui. En parlant avec les zabitan, on s'aperçoit en effet très vite que, par manque de logements, de nombreux jeunes couples vivent encore chez leurs parents, parfois dans la promiscuité ! Dans ces conditions, chaque jeune Seychelloise rêve d'avoir une maison en dur, avec électricité et salle de bains - et surtout pas de toit en feuilles, sachant qu'un toit traditionnel est non seulement onéreux mais peu durable (à peine vingt ans).

Il n'est pas étonnant alors de constater, avec regret, que les maisons en tôle supplantent en nombre celles en feuilles ou en bois, encore assez fréquentes sur Praslin et La Digue.

Ayant longtemps échappé au modèle occidental de la société de consommation, les Seychelles ne sont plus isolées et subissent l'influence du monde extérieur. Télévision plasma et appareils électriques ménagers trouvent de plus en plus une place dans les foyers les plus modestes. Autre signe des temps modernes : les barreaux sont apparus aux fenêtres, la petite délinquance ayant fait son apparition dans ce paradis touristique, ce qui n'empêche pas les Seychellois, superstitieux, de planter du bois cateau, un arbre doté de vertus protectrices et bienfaisantes, autour de la maison !

Artisanat

Ayant appris à tresser et à teindre la paille alors qu'il était enfermé par les Anglais dans l'un des sinistres pontons de Plymouth, le Bordelais Antoine Bénézet fut à l'origine d'un artisanat qui a survécu jusqu'à nos jours : dès son arrivée dans l'archipel, en 1815, Antoine Bénézet découvrit le parti que l'on pouvait tirer de la jeune feuille en fuseau, c'est-à-dire encore souple, du cocotier de mer. Lorsque l'agriculture fut victime du marasme dû au refus des affranchis de travailler les terres de leurs anciens maîtres, les femmes et filles de colons se mirent à tresser les feuilles du fameux cocotier pour en confectionner des paniers, des boîtes, des éventails, des bouquets de mariée qui firent merveille. Aujourd'hui, ce sont des pièces de musée. Les chapeaux de paille, fabriqués à partir des feuilles qui continuent d'alimenter un artisanat essentiellement domestique et rural, ceux des touristes comme des Seychellois, s'inscrivent toujours dans le paysage. Mais le travail de la fibre ne se borne pas à cet article vedette : paniers, balais, nattes, stores, paravents, casiers de pêche..., la fibre se décline en maintes versions, encore réalisées dans la cour, à des fins d'abord familiales, le surplus étant vendu sur les marchés de la capitale ou dans les boutiques de souvenirs. Le travail du coco de mer ne concerne en revanche que des artisans spécialisés. Les demi-noix, généralement polies puis cirées ou vernies, sont alors sculptées en boîtes à bijoux. La pulpe de la noix, une fois séchée au soleil, est utilisée en marqueterie pour obtenir l'effet d'incrustation d'ivoire. Cet art n'est pratiqué que par une poignée d'artisans minutieux.

Petites pièces décoratives ou grosses pièces utilitaires, le travail du bois nécessite des gens de métier, spécialement pour la production de meubles créoles qui représente un marché d'avenir. Capucin, bois noir, bois rouge, bois rose, takamaka, sandragon, calice du pape, gayac et bois de natte, entre autres bois durs, sont utilisés pour les tables, les parquets, les charpentes et la construction navale, tandis que les bois tendres, tels que badamier, albizzia, santal et cocotier entrent dans la fabrication des meubles de cuisine et des cercueils.

Granit et corail. Le granit constitue une autre richesse. Huit variétés de granit ont été répertoriées aux Seychelles selon le grain et la couleur. Se taillant très bien au ciseau, au burin et au pistolet électrique, la pierre mériterait d'attirer les sculpteurs d'art. Encore faudrait-il d'abord convaincre des carriers de se lancer dans l'exploitation de cette matière noble, si représentative des Seychelles. Le corail était autrefois taillé pour la construction des murs (de Victoria notamment). Bien qu'il ait déjà inspiré quelques artistes, il ne suscite pour l'instant qu'un intérêt limité en matière de sculpture. Les artisans de la nacre, en revanche, le travaillent volontiers, qu'il soit bleu ou rouge.

Cela dit, les Seychelles sont signataires de la convention sur le commerce international des espèces en voie de disparition, qui stipule que les produits en écaille ne doivent plus être exportés. Il n'est donc plus question de fabriquer bracelets, peignes et autres objets qui firent le bonheur des voyageurs jusqu'au 1er janvier 1995, date de l'entrée en vigueur de l'interdiction.

Place aux batiks et aux paréos ! Le prêt-à-porter tropicalisé est assurément plus porteur que la céramique, trop classique pour intéresser le touriste.

Et vogue " La Marine ". Créée en 1979 par un Français passionné de modélisme marin, Jean-Louis Marchesseau, La Marine avec ses maquettes de bateaux anciens a toujours le vent en poupe. Réalisées selon des plans précis de navires qui ont sillonné les mers et océans, les répliques sont exécutées pièce par pièce, à partir des matériaux d'origine. Dans leur petit pavillon-atelier du Domaine du Val des Prés, à Mahé, une dizaine de femmes aux mains d'or s'adonnent ainsi à des minutieuses reconstitutions de l'Astrolabe (la corvette de Dumont-d'Urville et de La Pérouse), du Victory (le vaisseau de l'amiral Nelson), ou de pirogues et bâtiments de pêche seychellois. On compte environ trois cents heures de travail pour un modèle, les prix variant en fonction du nombre d'heures de travail passées à façonner un bateau. Personnel qualifié et motivé, gestion maîtrisée, marché porteur... Cette réussite a valeur d'exemple dans un pays où l'artisanat d'art se révèle trop artisanal. Farouchement indépendants et n'ayant pour la plupart pas dépassé la production à la pièce, les artisans seychellois n'ont pas encore su créer une dynamique favorisant la vente de leurs produits. En lançant, en 1989, sur Mahé, un village artisanal de douze boutiques de style créole, l'Etat a pourtant ouvert la voie, mais le peuple seselwa n'est (hélas... ou tant mieux) pas vraiment du genre entreprenant...

Que ramener de son voyage ?

En sus des souvenirs traditionnels souvent un peu kitsch, les Seychelles proposent de beaux produits artisanaux créés à partir de bois locaux, fibres naturelles, coques de noix de coco, coquillages... On trouve notamment ces rares souvenirs au marché de Victoria et au village artisanal d'Anse aux Pins à Mahé, où il y a également de belles maquettes de bateau. Les plus beaux souvenirs d'un séjour aux Seychelles restent un coco de mer et le survol en hélicoptère du sud de Mahé ou de La Digue : inoubliable !

Cinéma

Les belles Seychelles ne se sont pas privées de faire du cinéma ! Déjà tête d'affiche du film documentaire (le commandant Cousteau et Christian Zuber hier, Claude Pavard et autres aujourd'hui), nos îles sont devenues la star du décor naturel, grandeur nature, on ne peut plus cinégénique. L'éden est si parfait qu'on le croirait façonné par Hollywood : les rochers semblent en carton-pâte, de style péplum. On comprend qu'en matière de décor exotique, un tel plateau fasse désormais référence. Lorsqu'il s'agit de soigner le fond, des plages aussi virginales sont une valeur sûre, pour Tarzan et Robinson comme pour Emmanuelle. Les Seychelles ne sont-elles pas déjà un spectacle en soi !

Ce nouvel archipel-plateau, Paul Turcotte sait le valoriser à merveille. Régisseur aux Seychelles des films tournés par Polanski, Roeg, Deschanne, Scott et quelques autres, ce dynamique Québécois ne se contente pas d'indiquer aux cinéastes des sites bien précis et d'assurer la préparation des tournages. Il a aussi pour rôle de veiller à ce que le patrimoine seychellois soit respecté. Il faut d'autant plus veiller au grain que les équipes du septième art font souvent preuve d'un certain sans-gêne. Il n'est pas question de transiger avec la loi ! Lors du tournage de Cast Away sur l'île de Cousin, un service d'ordre fut spécialement chargé d'empêcher quiconque de fumer, pour ne pas déranger les milliers d'oiseaux qui nichent dans cette réserve naturelle.

Tarzan, Robinson et Emmanuelle. Parfois, les gens de cinéma bouleversent l'équilibre d'une île entière. Quand une centaine de machinistes débarquent sur La Digue, ça fait forcément du tapage au pays. Les hôtels sont pris d'assaut ; on réquisitionne les véhicules disponibles... L'île prend des allures de studio ! Les roupies tombent. Robinson Crusoé a ainsi fait tomber plus d'un million de dollars dans l'escarcelle de l'Etat seychellois. Pour quelques scènes, le producteur de Pirates a déboursé plus de 300 000 US$. Hôteliers, restaurateurs et loueurs en tout genre ne sont pas les seuls à profiter de cette manne. La main-d'oeuvre locale y trouve son compte, maints travaux étant nécessaires avant qu'on n'entende le fameux " Moteur ! " Ainsi, la construction d'un estaminet pour le film Pirates a-t-elle nécessité le concours de quatre-vingts ouvriers (menuisiers, maçons, manoeuvres, etc.). Pour les besoins d'une seule scène de Cast Away, cinquante barques de pêche ont dû être louées. Les autochtones tirent aussi profit de la figuration : plus d'une soixantaine ont participé au tournage de Pirates, et ont été bien rémunérés. Josette Ernesta, de La Digue, se souvient avoir gagné kantite larzan, alors qu'elle n'avait que 8 ans, lors du tournage, sur la sublime plage de Grand Anse, du film publicitaire pour le rhum Bacardi, tourné par Tony Scott. Ce tournage de trois semaines secoua une île d'ordinaire paisible. De John Derek, pour son Tarzan, à Caleb Deschannel, pour son Robinson Crusoé, en passant par Roman Polanski pour son Pirates, bien des cinéastes ont en effet trouvé là des horizons à leur convenance. François Leterrier, avec son film érotique Goodbye Emmanuelle, fut le premier, en 1976, à enrichir la République des Seychelles, fondée cette même année. La superbe maison créole d'Emmanuelle, sur La Digue, est devenue la résidence secondaire de l'ex-président René, qui y a convié ses amis et les visiteurs illustres de l'archipel, tel Tony Blair. En quelque cent minutes de pellicule, outre les pleins et les déliés de la sensuelle Sylvia Kristel, cette intrigue érotico-exotique révéla sur grand écran la beauté de ces îles alors très peu connues en France. Une invitation au voyage de tous les sens...

Les Exilés font de l'audience ! Jeux d'épées pour certains, jeux de jambes pour d'autres... Qu'elles inspirent les corsaires d'opérette ou les starlettes montantes, les Seychelles sont plus que jamais des îles qui font l'affiche, chaque film étant a priori un support publicitaire pour ces zil de paradis qui font aussi leur cinéma, à des fins télévisuelles ! La Radio-Télévision seychelloise (RTS) a en effet produit quelques oeuvres de fiction, le Centre culturel français et la Mission de la coopération française à Victoria ayant apporté leur concours financier à la réalisation du premier téléfilm seychellois, Les Exilés de 1801, mis en scène par Christian Servina et réalisé par Bernard Dumoulin, Henry Bastienne et Joe Samy. Ce dernier, chanteur de renom, a également signé la musique de cette superproduction présentée à l'occasion du Festival Kreol 1990. Cette adaptation d'une pièce écrite par feu l'historien Guy Lionnet raconte l'histoire, authentique, des soixante-huit jacobins injustement déportés aux Seychelles après l'attentat manqué contre Napoléon Bonaparte. L'arrivée de ces visiteurs avait semé l'effroi parmi les colons. Mettant en scène des personnages majeurs de l'histoire seychelloise et restituant des images de la société esclavagiste de Mahé à une époque où l'île était anglaise ou française en fonction du bateau qui mouillait dans le port, ce long-métrage fut d'autant plus apprécié que deux intrigues amoureuses avaient été tissées sur ce fond historique : celle du déporté Boniface et de la veuve Saint-Jorre et celle du déporté Quinon et de la belle Marie Victorine, esclave affranchie. Ce fut un scénario on ne peut plus seychellois, avec trente comédiens et trente figurants pour la plupart connus des téléspectateurs, jouant dans des lieux plus ou moins familiers... Cette première connut un succès d'audience, le bouche à oreille faisant ici fonction d'audimat.

Littérature

Il aura fallu un siècle pour que la langue créole fasse son entrée dans la littérature, particulièrement dans la literatir badinaz. Les poèmes créoles de François Chrétien sont, certes, badins mais précurseurs. Ils parurent en 1822 sous le titre Les Essais d'un Bobre africain. Cette première oeuvre créole de l'océan Indien ne fit guère école. Un colon du nom de Louis Hery fit paraître six ans plus tard à La Réunion son premier texte créole. Cependant, les Seychelles durent patienter jusqu'en 1890. Cette année-là, Rodolphine Young, une institutrice descendante de Pierre Hangard (l'un des colons pionniers), traduisit en créole quarante-neuf Fables de La Fontaine, ce qui fait d'elle le premye ekriven seselwa.

Mais ce n'est qu'un siècle plus tard, en 1981 précisément, que, par une forte volonté politique, lalang kreol prit son véritable envol en devenant non seulement l'une des trois langues officielles de la république des Seychelles, mais aussi la première langue enseignée. Un diksyonner kreol-franse a bientôt contribué à officialiser une langue dont on a longtemps dit qu'elle était rebelle à l'écriture. Chrétien affirmait : " L'horizon est étroit autour de notre pauvre patois. "

A ce jour, les Seychelles restent le seul pays où le créole ait acquis ses lettres de noblesse, dépassant ainsi l'île Maurice, où s'étaient pourtant affirmés dans les années 1970 divers mouvements créolistes, souvent menés par des universitaires de retour au pays en ces premières années d'indépendance. Le Mouvement militant mauricien (MMM) avait alors inscrit le créole sur son programme électoral et le Ledokasyon pu travayer (LPT) avait mis en place des structures pour l'alphabétisation en créole. Mais la volonté de créolisation, devenue un enjeu politique, fut mal comprise et combattue tant par les profrançais que par les pro-anglais. Cette période de crise linguistique, sociale et économique donna lieu à une dépression morale collective qui se révéla propice à la création littéraire. Maurice, en effet, est depuis moins enthousiaste, sans pour autant baisser les bras, comme semblent l'avoir fait les créolistes de La Réunion. En effet la population, moins foncièrement motivée par la cause créole, condamne dès lors cette langue d'écriture qui n'y est soutenue par aucun support éditorial. " En gros, aucune langue ne vit, ne survit, n'existe si elle n'a pas des raisons pratiques d'exister, des raisons économiques et sociales. Il se trouve qu'à La Réunion, on sera bientôt dans une situation où le jeune Réunionnais n'aura plus besoin du créole. C'est dramatique, mais c'est comme ça ", déplorait Carpanin Marimoutou, chercheur à l'université de La Réunion, lors d'un festival kreol.

Soungoula toujours là ! Aux Seychelles, terre d'élection de la créolité, la littérature connaît depuis quelques années un bel essor. Des comédies de Molière, mais aussi Antigone et Le Petit Prince ont bénéficié d'une tradiksyon, et certaines oeuvres classiques, telle La Mégère apprivoisée, de Shakespeare, ont été présentées sur scène en créole dans le texte. Pour autant, la communauté intellectuelle créole des Seychelles est limitée en nombre, compte tenu de la faible population du pays (92 430 Seychellois seulement), et une bonne part des nouvelles, romans et poèmes publiés n'ont qu'un intérêt mineur. Affiliée à la Société des écrivains de l'océan Indien, une association des écrivains seychellois a été créée. Samuel Accouche en est l'une des plumes de référence. Ce créoliste s'est notamment intéressé à la littérature orale créole en publiant Ti anan an Soungoula. Ce Soungoula, mi-singe, mi-homme, demeure l'énigmatique héros des zistwar kourt seychelloises qu'on raconte aux enfants, le répertoire des contes et légendes reposant aussi sur Pti Zean. Cet attachant personnage, un orphelin dont le principal souci est de subvenir à ses besoins, tire son origine de la lointaine Europe. Au rang des écrivains en seselwa les plus talentueux, il faut aussi citer Guy Lionnet, Leu Mancienne, Patrick Matiot, Marie-Cécile Médor, June Vel, Daniel Ally, Elva Pool, Bernard Valentin et surtout Antoine Abel, consacré en 1979 par le prix des Mascareignes. Tous s'emploient à prouver qu'une langue vernaculaire mérite d'être (bien) écrite. Nourries d'un enseignement qui faisait jusque-là défaut, les nouvelles générations devraient voir émerger de nombreux auteurs de langue créole, le désir d'expression de tout un peuple, rendu muet par son inadéquation à la culture européenne, ne pouvant que susciter des vocations et rendre majeure cette littérature encore balbutiante, à peine sortie des traductions des zoli fab de La Fontaine. " Voici les prémices, la naissance, la genèse/D'une nation jeune, joyeuse, éprise de liberté/Et je te fais confiance, O mon peuple " (Antoine Abel).

Soungoula, un personnage singulier

" Soungoula est-il un être humain ou un animal ? Voilà qui est difficile à déterminer... Issu du folklore seychellois, Soungoula est en fait un personnage mythique, et, si son aspect physique semble hésiter entre l'homme et la bête, son caractère, en revanche, ne laisse aucune place au moindre doute, à tel point que le personnage cristallise sur lui tous les défauts et tous les vices de l'humanité. Cupidité, parjure, parasitisme... La liste serait longue des manquements que Soungoula se permet envers la morale la plus communément admise. Bref, le Mal paraît être l'élément où le personnage se meut avec allégresse. Comme un poisson dans l'eau... Soungoula ne serait donc rien qu'un personnage négatif ? Une sorte d'antihéros ? Prenons-y garde, et ne nous hâtons pas de conclure... Certes, nos ancêtres se servaient de ces contes pour stigmatiser les mauvais penchants de certains de leurs compatriotes ; bien sûr, ils présentaient Soungoula comme un contre-exemple, grâce auquel il leur était donné de fustiger le vice en riant... (Et la leçon de morale portait d'autant mieux qu'elle savait être plaisante). Mais le personnage de Soungoula ne laisse pas d'être ambigu. La preuve en est que le coupable ne se fait que très rarement prendre. Il trouve toujours une astuce pour échapper au châtiment. Au-delà (ou à côté) de la leçon de morale, tout se passe donc comme si l'auditeur du conte était invité à apprécier, dans le personnage, la ruse et l'intelligence triomphant de la force brutale ou de la bêtise. De cela aussi il faudra se souvenir, si l'on tient à ce que soit restituée, dans toutes ses implications et sa complexité, la sagesse que nos ancêtres nous ont léguée par ces contes. "

Antoine Abel, Contes des Seychelles, 1981.

Médias locaux

Journaux. Le quotidien Seychelles Nation affiche près de son titre une devise qu'on a déjà lue quelque part : Liberté-Egalité-Fraternité... Ce journal de douze pages en format tabloïd et en trois langues (créole, français et, surtout, anglais), prétend incarner la voix de la nation, ou plutôt du gouvernement, d'autant plus que l'Etat contribue largement à son financement. Il n'en est pas moins vrai qu'avec le multipartisme les plumes sont moins complaisantes que sous la révolution.

Tiré à 4 500 exemplaires, ce quotidien d'informations générales, essentiellement composé de dépêches d'agences de presse, fait une large place aux sports et aux annonces légales et publicitaires. A chaque jour, sa page magazine : environnement (en anglais) le lundi ; monde créole (en créole !) le mardi ; océan Indien (en français) le mercredi ; éducation (en anglais et en français) le jeudi ; agriculture (en anglais) le vendredi. En outre, le week-end, sort un journal de vingt pages en couleurs. On peut y trouver des dossiers de fond, souvent spécifiquement seychellois et bien documentés. Cette édition est assez vite épuisée.

Avec Today (quotidien) et The People (hebdomadaire à la couverture en papier glacé), il fait partie des publications considérées comme pro-gouvernementales, les journaux de l'opposition étant Le Seychellois et Seychelles Weekly, hebdomadaires.

Un autre mensuel, du format Nation, mais sur papier glacé, a été lancé en 2003 par les Italiens des éditions Roma Flash qui, depuis des lustres déjà, publient localement des brochures touristiques à vocation publicitaire. Partiellement en couleur et essentiellement en anglais, ce journal, baptisé Isola Bella, se veut généraliste, fait à la fois d'informations locales, internationales et de pages sports, jeux et magazine. Il a la particularité de mettre à l'honneur dans chaque numéro une jolie fille des Seychelles, telle celui d'une candidate au concours de Miss Ile des Palmes : " Fruit de brassage des races et reflet de la rencontre fructueuse des cultures, Eva est un des visages des Seychelles. Ces visages qui rendent encore plus belle ce que certains décrivent comme le dernier paradis sur terre. "

Soulignons encore la qualité du magazine bimestriel (sur papier glacé) Océan Indien Magazine, vendu en France. Consacré aux îles les plus au sud de cet océan, il recèle de superbes photos, celles des Seychelles étant souvent signées Paul Turcotte ou Claude Pavard, le photographe le plus éclairé de l'archipel, auteur du superbe Seychelles vues du ciel.

Radio. SBC Radio émet de 6h à 13h30 et de 16h à 22h sur ondes courtes (219 m, 1 368 kHz), et le week-end de 6h à 22h. Les bulletins d'information en langue française sont donnés à 7h30, à 12h30 et à 17h. Paradise FM, une radio musicale locale, à la gloire de la musique anglo-saxonne, émet en permanence sur 93.6 FM, quatre DJ se partageant l'antenne. Ce robinet musical a évidemment rencontré un auditoire avec la nouvelle génération, en voie d'américanisation. On peut aussi capter Radio France International aux Seychelles, en FM sur 103.8. Et la BBC sur 106.2.

Télévision. La Seychelles Broadcasting Corporation (SBC) diffuse chaque jour et en différé les journaux de CNN, de la BBC et de France 24. Quotidennement, le 13-heures de France 2 est programmé en direct à 15h (durant l'heure d'été française) ou à 16h (durant l'heure d'hiver), les programmes se continuant jusqu'à environ 23h30.

A 18h, un flash d'informations en français est présenté, la grand-messe du journal télévisé en créole ayant lieu aux Seychelles aussi à 20h. Ce journal en créole propose à la suite des gran tit des informations locales, reportages à la clé, et internationales, illustrées par des images ou reportages de sources française ou américaine. A 20h35, le bulletin météo permet de savoir s'il fera botan demain.

Les programmes de la soirée comptent quelques magazines seselwa plutôt bien façonnés, mais ils sont essentiellement composés de films, pour la plupart américains, ainsi que d'émissions et de séries offertes notamment par la Grande-Bretagne et la France (Thalassa, Questions pour un champion...).

Les émissions cessent autour de minuit, mais on peut se reporter sur la chaîne francophone TV5, une véritable seconde chaîne, que nombre de Seychellois regardent désormais davantage que leur chaîne nationale, sauf à l'heure du sacro-saint zournal de 20h.

Musique

Aux Seychelles, diverses influences ont enrichi la danse et la musique. Cela va de la contredanse européenne (à l'origine dansée à la cour de Louis XIV) au moutia d'origine africaine (à l'origine dansé sous les cocotiers et à la lueur d'un feu de bois). Les Seychelles sont métissées. La musique de maître et la musique d'esclave coexistent aujourd'hui pour le plaisir d'un peuple qui a le rythme dans la peau. Le violon et le tam-tam font bon ménage. L'accompagnement oral des danses s'est d'ailleurs créolisé, alors qu'elles obéissaient autrefois à la langue française pour l'une, à un dialecte africain pour l'autre. Place d'abord au " rwa Séga ", un roi venu d'Afrique ! Cette danse a valeur de refuge pour un peuple nègre dont les coutumes et cérémonies ont été rejetées par les colons qui voyaient en ce séga une impudique danse de primitifs. Le séga, on le reconnaît de loin, grâce au rythme sourd de tambour donné par la ravanne, cette grosse caisse portative en peau de chèvre, chauffée au feu de bois pour en améliorer la résonance. S'y ajoutent le tintement d'une barre de fer pliée, le triangle, ainsi qu'un frottement à l'accent de samba, produit par des noix de coco contenant des graines, les maravannes. La guitare est la seule concession à la modernité. Il s'avère difficile de résister à l'appel de cette danse au rythme vif.

Elle entraîne les couples dans un face-à-face lascif, tandis que les musiciens battent leur tambour-séga, qu'ils tiennent serré entre leurs jambes, en position accroupie. La danse, sensuelle, est d'autant plus érotique qu'on ne se touche pas. Les chants qui l'accompagnent ont pour thème de petits événements du quotidien. On danse également le séga tremblé, d'origine malgache, qui semble par moments proche de la transe.

De l'Afrique à Versailles. Le moutia est vraiment entraînant. On entend une mélopée au rythme syncopé, donné par un tam-tam (creusé dans un tronc de cocotier et recouvert d'une peau de cabri ou de raie), tandis que les chanteurs évoquent en créole la servile condition des ancêtres séparés de leur terre natale.

Essentiellement sentimentaux, les textes expriment joie et tristesse, espoirs et déceptions, mais aussi le quotidien d'autrefois dans ces îles où chants et danses, imbibés de calou et de bacca, étaient le seul exutoire. Exécuté le plus souvent en plein air, le si populaire moutia se révèle une musique moins civilisée (et moins touristique) que le séga. Elle est plus symbolique : cette danse d'expression collective permettait à la majeure partie des Seychellois de cultiver leurs racines les plus lointaines. Royale par son origine puisque dansée à la cour du Roi-Soleil, la contredanse est toujours garante de gaieté lors des grandes fêtes de famille et dans les bals de campagne, les kamtolés. Importée par les colons, elle était dansée à bord des navires de ligne, où des bals étaient parfois donnés lors des escales à l'intention du beau monde seselwa. Les esclaves, qui participaient à la fête en qualité de serviteurs ou cuisiniers, finirent par adopter cette danse de cour et de salon. Bien que " seychellisé " au fil du temps, ce quadrille reste cependant une synthèse de la valse, de la polka, de la scottish et de la berline. Aux Seychelles, où on l'appelle " danse commandée ", ses figures doivent être dirigées par un maître de cérémonie, le commandeur. A son injonction, danseurs et danseuses se forment en deux rangs, les uns en face des autres, et selon son commandement, ils exécutent la série de figures, accompagnés par un violon, un banjo, un accordéon, une grosse caisse, une caisse claire, des cymbales et un triangle. Si la contredanse reste une valeur sûre des réjouissances seychelloises, notamment lors des mariages, d'autres danses anciennes sont tombées en désuétude, tel le madilo ou caloupilon, pratiqué surtout à La Digue. Là des filles sautaient par-dessus deux perches tenues parallèlement au-dessus du sol, en chantant le refrain Madilo, oh ! Madilo, soutenu par les claquements de mains de l'assistance.

Quant au sokwé, il alliait à la fois la musique et le théâtre, danseurs et danseuses portant des masques et se recouvrant de paille jusqu'à ce qu'on ne les reconnaisse plus. Les yeux et la bouche étaient cernés de rouge et un lichen faisait office de barbe. Faisant alterner parties dansées et parties dialoguées, le sokwé avait aussi la réputation d'être une danse dangereuse, car il n'était pas rare que les spectateurs enivrés mettent le feu aux costumes de paille.

Ton Pa, l'homme-orchestre. Nombre d'instruments appartiennent à l'histoire, ou du moins se font rares, tels le makalapo et le bombre, ces arcs musicaux d'origine africaine qui ont longtemps accompagné des chansons-mélopées. Le mouloumba a pratiquement disparu. C'est une cithare d'origine malgache qui accompagnait les chants, souvent incompréhensibles (puisque faisant appel à plusieurs langues), des contes traditionnels. Ces chants étaient entrecoupés d'onomatopées, de hoquets, de grognements, de grincements ou de crissements de dents et, de plus, déformés par la nasalisation due à l'aplatissement de l'instrument sur la bouche du joueur-chanteur.

L'ansive, enfin, n'est plus utilisée que par les pêcheurs, qui soufflent dans cette conque marine pour annoncer leur retour au port. Ton Pa, le patriarche du folklore musical des îles de l'océan Indien, a contribué à la connaissance et à la sauvegarde des instruments traditionnels. Grâce à lui, la Radio-Télévision seychelloise a collecté sons, chants et mélopées qui constituent un précieux patrimoine sonore. Disparue en 1994 à plus de 86 ans, cette star de lanmizik tradisyonnel reste un personnage incontournable en matière de tradition orale. Depuis son plus jeune âge, Ton Pa, descendant d'esclaves malgaches, a baigné dans la musique, fabriquant des instruments avec peu de moyens et maîtrisant patiemment toutes les techniques instrumentales. Pour cet interprète de chants anciens, par ailleurs auteur de mélopées... et d'onomatopées très personnelles (le calou aidant), le bombre et le zez ont été des instruments de prédilection et les précieux auxiliaires rythmiques d'une voix devenue une référence majeure de la culture vivante des îles.

Le " rwa " Victor. La culture insulaire n'existe plus guère qu'en pointillés, tant le rouleau compresseur de la musique anglo-américaine a trouvé là un terrain favorable. Mais la chanson créole n'a pas dit son dernier mot et une pléiade de nouveaux chanteurs en seselwa a trouvé sa place non seulement dans les hôtels, où ils gagnent leur vie en animant les soirées, mais aussi auprès de la population qui achète volontiers les CD (d'une technicité approximative pour la plupart) de ces artistes que l'on entend à longueur de journée sur les ondes nationales. Les plus pros de ces baladins, qui ont su donner une modernité à la chanson créole, ont pour noms Emmanuel Marie, Jean Ally, Hudson Dorothé, Joe Samy, Jenny de Létourdie ou encore le groupe Madelenn, qui s'est taillé un beau succès en 2005 avec son tube Kek Arive. Vedette de ces dernières années, Jean-Marc Volcy aura aussi marqué la chanson seychelloise avec deux grands tubes, Voule vou danse (Voulez-vous danser) et Kannon. Mais aussi célèbre soit Jean-Marc, comme les Seychellois l'appellent, il n'est toujours qu'une seule vedette internationale... et durable, Patrick Victor. Auteur d'un remarquable premier album (En transition), cet artiste de talent a signé le premier disque compact seychellois.

C'est assurément dans ses chansons les plus intimistes que ce compositeur au grand coeur se révèle le plus attachant. Certains, parfois, lui reprochent sa boîte à rythme - souvent pénible -, préférant ses instruments de prédilection, l'harmonica et la guitare, qui étaient ses uniques bagages quand, très jeune, il animait des soirées de village en village. Son entraînant Roi Séga a fait l'objet du premier clip vidéo seychellois (superbe !). Chantant son pays et sa fille, la liberté et l'amour, Patrick Victor est la référence par excellence de la musique actuelle seychelloise. Consécration suprême : à diverses reprises, Patrick Victor a même fait un tabac à Paris, tant au New Morning qu'au Méridien de la porte Maillot.

Anthologique aussi aura été l'inattendu succès du groupe seselwa Dezil', qui avec son si zoli, zoli titre San Ou (la rivière), enregistré à Mahé, s'est hissé en été 2005 au sommet du hit français, avec un délicieux clip à l'appui, tourné à Praslin et maintes fois diffusé sur les chaînes musicales, tant radio que télé. Un refrain historique (vendu autour de 500 000 exemplaires) : " Une minute, j'pleure la rivière/Une heure loin je pleure la mer/Un jour sans toi, baby, c'est trop beaucoup ". Le second succès de Dezil, Laisse tomber les filles... a confirmé ce groupe sur la scène seychelloise. Composé de la jolie Sandra, de Juan, de Martin et de Mickael, ce groupe a été découvert aux Seychelles par un producteur français (de Sony), venu là en vacances, Philippe Besson. Avoir l'oreille fine n'exclut pas d'avoir le nez fin.

La nouvelle garde est bien là, avec des noms comme Chicco Martino, Mercenary, Pusadifé, Ambitious aux racines reggae ou le groupe Travis and relations.

Peinture et arts graphiques

Les Seychelles ont beau être déjà un tableau en soi, les peintres y plantent volontiers leurs chevalets. Marianne North, une Britannique aux pinceaux vagabonds, a ainsi laissé un beau patrimoine pictural à la suite de son séjour sur ces îles, en 1883. Elle y représenta notamment de beaux escarpements de granit. Un siècle plus tard, la peinture n'est plus l'apanage des peintres voyageurs, et l'archipel s'enorgueillit d'une palette de peintres talentueux, pour la plupart nés au pays. Leurs toiles représentent souvent les mêmes scènes de la vie quotidienne, comme des pêcheurs débarquant leurs poissons sur la plage. L'inspiration des peintres se nourrit aussi d'une nature exubérante, et la végétation protectrice de la Vallée de Mai, avec ses jeux de lumières et son mystère, a donné lieu à maintes expressions picturales. Avec une telle richesse de décors, on comprend que les peintres se soient quasiment tous orientés vers le figuratif. Depuis une quinzaine d'années, une génération de peintres s'est affirmée. Parmi eux, Michaël Adams a ouvert la voie. Fils d'un planteur britannique de Malaisie, ce merveilleux coloriste reste le maître incontesté de la peinture seychelloise et ses toiles flamboyantes attirent nombre d'artistes étrangers dans sa belle maison créole d'Anse aux Poules bleues, sur Mahé. Jouant à la fois avec les couleurs et les formes, ses oeuvres sont de pures (et coûteuses) merveilles, qui révèlent les Seychelles dans tout leur éclat, sur un mode parfois fantasmagorique. Certaines de ses toiles évoquent avec force et légèreté la vie sous les tropiques, à partir d'une multitude d'éléments joliment mêlés (arbres, animaux, maisons...). C'est une parfaite symbiose de l'homme avec la nature ! Aujourd'hui, ses deux enfants s'apprêtent à prendre la relève ; Tristan et Alyssa Adams peignent tous deux et ne manquent pas de talent. Une visite de l'atelier-galerie de Michaël s'impose, pour le seul plaisir des yeux.

Une grande diversité de styles. Précurseur de la peinture seychelloise, le roi Adams a évidemment fait école, mais certains de ses anciens élèves ont rompu avec le style figuratif du maître. Léon Radegonde a su se détacher de l'influence de Michaël Adams. En constante mutation, sa peinture a évolué du style graffiti à celui de collages, avec notamment de rutilants tableaux décors composés de brisures du cadre de la vie créole. Un autre regard attentif est celui de Christine Harter, dont le frère tient la galerie Passerose à Praslin, à côté de l'imposant Berjaya. Ancienne enseignante de dessin au collège de Mahé, elle aime figer des scènes de la vie quotidienne : enfants jouant dans la rue, travailleurs devisant sur le marché ou vieille femme au chapeau de paille qui regarde passer la vie, assise sur les marches de sa case. Beauté et sérénité se dégagent de ces aquarelles, riches en dégradés de vert et de bleu. On lui doit plusieurs fresques murales pour des bâtiments publics, l'une d'elles a fait l'objet d'un quadruple timbre émis par les postes seychelloises.

Bien d'autres peintres de différents styles ont marqué les Seychelles. Parmi eux, on peut citer Pâquerette Lablache, Vladimir Tarakanoff et Emmanuel d'Offay, qui a choisi l'aspect monolithique des rochers titanesques, nés du chaos du monde, pour faire surgir la complexité granitique des forces qui l'habitent. On doit enfin citer George Camille, ce peintre-plasticien ayant aussi été le pionnier de la sérigraphie aux Seychelles. Parti du figuratif, cet artiste sensible a évolué vers l'abstraction, jouant avec les symboles et l'abstraction. Il donne aujourd'hui du relief à sa peinture en sculptant le papier, en travaillant le gaufrage avant de poser les couleurs, aussi bien à l'acrylique qu'au pastel et à l'aquarelle.

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