Guide de Taïwan : Politique et économie

Politique

Taïwan est une jeune démocratie fondée sur les grands principes du docteur Sun Yat-sen (nationalisme, démocratie et bien-être social) et inspirée des institutions de la Ve République française - le parlementarisme rationalisé à la française est repris dans les grandes lignes - avec certains apports constitutionnels américains, notamment la durée des mandats. La Constitution de la république de Chine a été promulguée le 1er janvier 1947, et est entrée en vigueur le 25 décembre de la même année. Le texte a été amendé plusieurs fois au cours des quinze dernières années.

Structure étatique

Les institutions. Le Président de la République, élu jusqu'en 1992 par l'Assemblée, est désormais élu au suffrage universel direct pour un mandat d'une durée de quatre ans, renouvelable une seule fois. Il nomme ensuite le Premier Ministre à qui revient la charge de constituer le gouvernement. Lors de sa prise de fonctions le 20 mai 1996, Lee Teng-hui est le premier président dans l'histoire de Taïwan à avoir été élu par les citoyens de son pays. Chen Shui-bian (DPP) lui a succédé entre 2000 et 2008 et Ma Ying-jeou (Guomintang) a dirigé le pays entre 2009 et 2016, chacun ayant effectué deux mandats. Elue en décembre 2015 pour une prise de fonction en mai 2016, Tsai Ing-wen est la première femme présidente de la république de Chine, et accessoirement d'un pays sinophone. Son mandat actuel prendra fin en 2020.

Le Yuan exécutif, dirigé par le Premier Ministre, se découpe en huit ministères : Intérieur, Affaires étrangères, Education, Justice, Défense, Economie, Transports et Communication, Finances.

Le Yuan législatif compte 113 députés élus au suffrage universel direct pour des mandats de quatre années. Cette assemblée joue un rôle important depuis la démocratisation du pays ; elle légifère, supervise les décisions prises par le Yuan exécutif et peut même s'y opposer.

Le Yuan judiciaire est composé de 15 juges nommés par le Président de la République avec l'accord du Yuan législatif ; il dirige les institutions judiciaires. Le Yuan des examens s'occupe de la sélection, du recrutement et de la gestion de carrière des fonctionnaires de Taïwan. Ses membres sont nommés pour une durée de six ans par le président de la République avec l'accord du Yuan législatif.

Enfin, le Yuan de contrôle surveille le fonctionnement du gouvernement et de ses institutions. Ses 29 membres sont nommés, dans les mêmes conditions que les juges du Yuan législatif, pour six ans.

Les autorités locales. Le passage à la démocratie en 1986 s'est accompagné de mesures en faveur de la décentralisation qui donnent plus de poids et d'autonomie aux collectivités locales. Elles sont composées de cinq municipalités provinciales, seize districts et de deux municipalités spéciales : Taipei et Kaohsiung. Ces dernières étant les deux principales villes du pays, elles bénéficient d'un statut à part et sont dirigées par des maires élus au suffrage universel direct.

Répartition des sièges entre les différents partis politiques au Yuan législatif (depuis janvier 2016), sur un total de 113 sièges : Coalition DPP (regroupant le DPP et un indépendant) : 69 sièges ; Guomintang : 35 sièges, et NPP (son allié) : 5 sièges ; People First Party (PFP) : 4 sièges.

Partis

L'année 1986 est une étape clé dans l'histoire politique de Taïwan et dans son chemin vers la démocratie ; le droit d'association voit le jour sur l'île et autorise la création de partis d'opposition. Le KMT (Guomindang) perd son monopole. Depuis on assiste à un engouement des Taïwanais pour la vie politique du pays : aujourd'hui, 137 partis politiques sont enregistrés mais seulement un cinquième d'entre eux jouent un rôle significatif. Et l'alternance politique est désormais consommée, sans relever le moindre heurt ou irrégularité. En trois décennies, la démocratie taïwanaise s'est affirmée.

En plus de l'élection présidentielle du 16 janvier 2016 s'est tenue, le même jour, l'élection législative. Le résultat a confirmé la domination du DPP, qui a remporté la majorité absolue des sièges avec un total de 68 (+28) sièges sur 113, contre seulement 35 (-29) pour le KMT, qui était jusqu'alors largement majoritaire.

Pour rappel, l'élection législative taïwanaise se déroule en un tour, et à l'occasion du scrutin du 16 janvier, les sièges furent pourvus comme suit :
• 73 sièges pourvus par un vote scrutin uninominal majoritaire à un tour ;
• 34 sièges pourvus par un vote scrutin proportionnel plurinominal ;
• 6 sièges pourvus par les citoyens aborigènes.

Avec cette majorité parlementaire, plus le contrôle des scrutins locaux, le DPP domine pour la première fois largement la vie politique taïwanaise.

Le KMT (Guomindang, 國民"⁄). Principal membre : Eric Chu, candidat malheureux à l'élection présidentielle contre Tsai Ing-wen. Le KMT, premier parti politique de Taïwan avec deux millions de membres, prône un certain rapprochement avec le continent. Il existe sous cette appellation depuis 1919, et a dirigé le pays sans discontinuité depuis sa fondation en 1949 jusqu'à la défaite aux élections présidentielles de 2000, remportées par le candidat du DPP, Chen Shui-bian. En 2008, son candidat Ma Ying-jeou, alors maire de Taipei, remporte l'élection à la tête de la coalition pan-bleue et le parti récupère une majorité écrasante au Yuan législatif : 85 membres pour sa coalition, contre 27 pour celle du DPP. L'élection de 2012 voit le parti indépendantiste reprendre des sièges au détriment du KMT, qui se contente avec ses alliés de 67 sièges, mais conserve la majorité. La déroute de l'élection de 2016 marque non seulement la fin de la présidence de Ma Ying-jiou (qui ne pouvait être candidat) mais aussi la perte de la majorité au Parlement. Longtemps miné par diverses affaires de corruption le KMT semble s'étre racheté une conduite et surtout attaché les faveurs de son grand voisin, la république populaire de Chine, alors que Chen Shui-bian tombait petit à petit en disgrâce. Le parti s'est aussi engagé à plus de transparence et a pris diverses mesures pour lutter contre la corruption. Mais il est actuellement miné par des luttes internes qui ont ruiné sa crédibilité lors du second mandat de Ma.

Son mode de fonctionnement est proche de celui du DPP ; il est composé d'un comité central comptant 210 membres et d'un conseil consultatif. Fortement divisé, décrédibilisé depuis le mouvement des tournesols et affaibli suite à la déroute aux élections municipales de novembre 2014, le KMT est aujourd'hui dirigé par le maire de New Taipei City, Eric Chu, candidat malheureux à l'élection présidentielle en 2016.

Pour ce qui est des relations inter-détroit, la ligne politique actuelle de Ma Ying-jeou s'en tient au fameux consensus de 1992. Celui-ci stipule que les deux camps sont à terme favorables à la réunification du pays, chacun arguant néanmoins de sa propre légitimité mais se gardant bien de s'aliéner l'autre camp par des déclarations inopportunes. C'est le statu quo. La république de Chine ne cherche aujourd'hui plus à réintégrer des instances internationales telles que l'ONU ou l'OMS, comme cela était le cas sous l'ère Chen Shui-bian. Elle se satisfait d'un statut d' " invité " à certaines conférences tout en conservant des relations diplomatiques officielles avec une poignée de pays, principalement africains, océaniens et sud-américains.

Le DPP (Democratic Progressive Party ou Minjindang, 民主進步"⁄). Principal membre : Tsai Ing-wen, présidente de la république depuis 2016. Fondé le 28 septembre 1986 en opposition au seul parti existant à l'époque (le KMT), le DPP a tenu les rênes du pouvoir de 2000 à 2008, sous l'autorité de Chen Shui-bian, son ex-chef de file aujourd'hui emprisonné. Suite aux dernières élections législatives de 2008, le DPP ne détient plus la majorité des sièges au Yuan législatif. Il est le parti le plus à gauche de Taïwan et compte aujourd'hui encore plus de 150 000 membres. Ses thèmes de campagne sont l'indépendance de l'île par rapport à la Chine, la hausse des salaires, la réduction de la durée du travail et la protection de l'environnement.

Le DPP s'adjugea sa toute première victoire électorale en 1994, date à laquelle sa tête de liste Chen Shui-bian remportait les élections municipales de Taipei. Il fut ensuite déchu en 1998 par le KMT qui reprit les commandes de la ville. L'heure de la revanche sonna en 2000, lorsque Chen Shui-bian fut élu président de la république de Chine, puis en 2001, lorsque le DPP remporta les élections législatives et devint le parti majoritaire au Yuan législatif. Les Taïwanais renouvelèrent leur confiance au DPP et à Chen Shui-bian en le réélisant à la tête du pays en 2004 lors d'une élection très controversée. Plusieurs scandales de corruption eurent néanmoins rapidement raison de la popularité du leader et dès son immunité présidentielle levée en 2008, il fut assigné à résidence puis arrêté. Frank Hsieh, candidat de la coalition pan-verte à l'élection présidentielle de 2008, reprit un temps les rênes du parti avant de les céder à la Tsai Ing-wen, qui perdit l'élection présidentielle de 2012 mais remporta à une écrasante majorité le scrutin de 2016. Elle est la première femme présidente de la république de Chine, et dispose d'une large majorité au Parlement, qui lui assure une marge de manoeuvre solide pour engager des réformes.

Le PFP (People First Party ou Qinmindang, 親民"⁄). Le PFP est un jeune parti qui a su rapidement s'imposer sur la scène politique taïwanaise. James Soong, fondateur du parti et arrivé troisième à l'élection présidentielle de 2016 avec près de 13 % des voix, est un ancien membre du KMT et a emmené avec lui bon nombre de transfuges, dégoûtés par les affaires de corruption. Il crée le PFP en 2000, lorsqu'il décide de se présenter aux élections présidentielles. Sa candidature revêt une importance inattendue lorsqu'en récupérant une partie de l'électorat du KMT, il permet au candidat Chen Shui-bian du DPP d'obtenir la majorité des voix. Il fait aujourd'hui partie de la coalition pan-bleue qui a permis le retour du KMT sur le devant de la scène aux élections de 2008. James Soong tenta un retour sur le devant de la scène en se présentant à l'élection présidentielle de janvier 2012, mais obtient un score inférieur à 3 %, avant son résultat plus prometteur en 2016. Le PFP dispose de 3 sièges au Parlement.

Le TSU (Taiwan Solidarity Union ou Union pour la solidarité de Taïwan). Le TSU est lui aussi un parti jeune, il a été fondé en 2001 par des sympathisants de l'ancien président de la République Lee Teng-hui. Proche du DPP, il adopte néanmoins une position plus radicale quant à l'indépendance de Taiwan face à la Chine continentale. Il dispose d'un siège au Parlement depuis l'élection de 2016.

Enjeux actuels
Garde en uniforme
Garde en uniforme

Depuis que la République de Chine populaire a remplacé la République de Chine à l'ONU, Taïwan n'est plus reconnue officiellement par la communauté internationale. Pour la majorité des pays, l'île est une nation de facto - avec laquelle ils entretiennent des relations économiques, parfois très importantes -, mais pas un Etat souverain. Seule une vingtaine de républiques d'Amérique latine, d'Afrique et du Pacifique ont maintenu, au prix de lourds investissements taïwanais, la reconnaissance de la souveraineté de l'île. Il s'agit du Paraguay, de Panama, du Swaziland, du Nicaragua, du Burkina Faso, du Guatemala, de la République dominicaine, de l'Honduras, du Belize, de la république d'Haïti, des îles Solomon, des îles Marshall, de Saint Kitts et Nevis, de Sainte-Lucie, du Vatican, du Liberia, de Palau, de Tuvalu, de Nauru, de Kiribati et du Salvador. Si elle est autorisée à siéger à des organisations internationales à caractère économique, comme l'OMC, elle ne peut néanmoins y utiliser son nom officiel de République de Chine, ou Taïwan. L'appellation consacrée dans ce cas est " Chinois de Taipei ".

Aujourd'hui, l'objectif du gouvernement taïwanais reste d'intégrer une organisation diplomatique internationale telle que l'ONU, où ses émissaires sont régulièrement conviés en tant qu'invités. Dans le même temps, il maintient des contacts et s'investit surtout dans les pays du sud, où il prône une politique de coopération économique. La tendance est néanmoins plutôt au retrait, comme l'a confirmé la rupture des relations diplomatiques avec le Sénégal en 2005, le Tchad en 2006, le Costa Rica en 2007, le Malawi en 2008, et plus récemment la Gambie en avril 2016 et Sao Tomé et Principe en décembre 2016. C'est la fameuse diplomatie chinoise du carnet de chèques, particulièrement redoutable en Afrique, où Taïwan ne bénéficie plus que de deux soutiens, le Burkina Faso et le Swaziland (notons au passage qu'en Europe, seul le Vatican a des relations diplomatiques avec Taïwan). Inique mais ô combien efficace, elle met à mal la reconnaissance de Taïwan et réduit comme peau de chagrin son réseau de partenaires diplomatiques.
Seul succès ces dernières années pour la reconnaissance de Taïwan, l'adhésion (acceptée par la Chine) de la République de Chine à l'Assemblée mondiale de la Santé (AMS, au sein de l'Organisation mondiale de la Santé) est révélatrice des problèmes de dépendance vis-à-vis de Pékin, mais dans le même temps du savoir-faire de Taïwan sur des questions comme la santé, la délégation participant de manière active aux travaux de l'assemblée.

L'autre immense défi des autorités actuelles concerne l'état de la relation avec la Chine continentale. Ainsi, si la population valide dans sa majorité le principe d'échanges économiques et commerciaux accrus, en vertu des accords passés après 2008, de nombreux Taïwanais s'inquiètent de voir la souveraineté de Taiwan être à terme remise en cause. Le mouvement des tournesols, engagé en mars 2014 et qui se caractérisa notamment par une occupation du Yuan législatif (Parlement) pendant plusieurs semaines, a traduit ces inquiétudes dans la jeunesse. Ce mouvement a montré non seulement à quel point la question de la relation avec Pékin reste sensible, mais aussi dans quelle mesure les Taïwanais restent très vigilants, et ne donnent pas un chèque en blanc à leurs dirigeants sur ces thèmes. L'élection de Tsai Ing-wen et sa prise de fonctions en mai 2016 ont durci la relation interdétroit, Pékin accentuant la pression et refusant tout dialogue. Le motif : la nouvelle présidente de la ROC souhaite rediscuter le consensus de 1992 (voir encadré). Autre élément perturbateur, et surtout porteur de grandes incertitudes : l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis en novembre 2016. A peine élu, le nouvel occupant de la Maison-Blanche s'est entretenu au téléphone avec Tsai, une première conversation directe entre dirigeants américains et taïwanais depuis l'établissement de relations diplomatiques entre Washington et Pékin, en 1979. Trump a manifesté quelques jours plus tard son souhait de remettre en question le principe d'une seule Chine (voir encadré), brisant ainsi un tabou. Les relations Chine-Taiwan sont entrées dans une nouvelle phase de turbulences politiques. Et pourtant, les liens économiques sont, depuis 2010 et l'entrée en vigueur d'un accord de libre-échange, plus intenses que jamais.

L’abolition de la peine de mort en suspens

La peine de mort est toujours en vigueur à Taïwan. Chen Shui-bian avait manifesté lors de son premier mandat son intention d'abolir le châtiment suprême, mais aucune résolution législative n'avait pu être votée à ce sujet. Seul un moratoire de principe avait été annoncé en 2006, selon lequel aucune exécution ne serait perpétrée à moins de crimes indiscutablement prouvés et indignes de pitié. Depuis l'élection de Ma Ying-jeou, ce moratoire semblait tenir et en démissionnant de ses fonctions en février 2010, la ministre de la Justice Wang Ching-feng a même relancé le débat sur l'abolition, à laquelle elle était favorable, contre la majorité des membres de son parti. Mais fin 2012, les exécutions ont repris, mettant ainsi, provisoirement en tout cas, un terme au débat sur l'abolition.

Le groupe d’amitié du Sénat français

La France n'a officiellement pas de relations diplomatiques avec Taïwan, mais dispose d'un Institut français à Taipei qui fait office d'ambassade, avec certaines prérogatives consulaires en moins (les passeports ne sont pas délivrés sur place, mais à l'ambassade de France à Séoul). De toutes les institutions, le Sénat est la mieux représentée, avec un groupe d'information et d'échanges Sénat-république de Chine-Taïwan. Ce groupe organise des rencontres en France et à Taïwan, des voyages d'étude, et favorise les activités culturelles taïwanaises en France (en partenariat avec le bureau de représentation de Taipei en France).

Consensus de 1992 et Principe d'une seule Chine

Le " consensus de 1992 " est un accord tacite auxquels sont parvenus les représentants informels de Pékin et de Taipei en 1992, à Hong Kong. Les deux parties se sont alors entendues pour reconnaître que l'île de Taïwan et le continent chinois font partie d'une seule et même Chine - libre à chacun de considérer de quelle " Chine " il s'agit. En l'occurrence pour Pékin, la république populaire de Chine, fondée en 1949 par Mao Zedong ; pour Taipei, la république de Chine, fondée en 1912 sur le continent chinois et repliée à Taïwan depuis 1949 à l'issue de la guerre civile. La reconnaissance de ce consensus par Pékin et par Taipei implique celle d'une seule et même nation chinoise de part et d'autre du détroit de Taïwan, dont l'objectif ultime reste la réunification sous l'égide d'un même État. Pékin considère ce consensus comme la pierre angulaire des relations interdétroit, tandis que Taipei, depuis l'accession au pouvoir de Tsai Ing-wen, souhaite l'écarter pour lui substituer de nouvelles fondations.
Le " principe d'une seule Chine " étend à l'échelle diplomatique les postulats du " consensus de 1992 ", qui est réservé aux relations sino-taïwanaises. Il implique donc la reconnaissance par un État tiers que l'île de Taïwan et le continent chinois font partie d'une seule et même Chine. Ce principe est considéré par Pékin comme un pré-requis à l'établissement de relations diplomatiques avec un autre pays. Ainsi, l'État qui souhaite échanger des ambassadeurs avec Pékin s'engage à reconnaître la souveraineté des autorités continentales sur Taïwan, et donc à ne pas reconnaître les autorités de Taipei. Car en vertu de ce principe, il ne peut exister qu'un seul gouvernement légitimement représentatif de la nation chinoise dont la population de Taïwan est partie intégrante. C'est ce principe que Donald Trump a annoncé vouloir remettre en question.

Économie
Vue générale de Taipei
Vue générale de Taipei

Grâce à une politique de laisser-faire et à l'esprit d'entreprise de ses habitants, Taïwan, paradis du capitalisme, est devenu en l'espace d'une trentaine d'années, la quatrième puissance d'Asie derrière le Japon, Hong Kong et Singapour. Le niveau de vie des Taïwanais est aujourd'hui quasiment comparable à celui de l'Espagne avec un salaire moyen de 2 500 US$, pour un PIB en parité de pouvoir d'achat par habitant de 48 703 US$ en 2016 (plus important que celui de la Corée du Sud par exemple).

Le label made in Taiwan est devenu une marque de qualité mondialement reconnue. La petite île a vécu un miracle économique. Le passage d'une économie simple à une économie high-tech a été grandement favorisé par l'ouverture et le développement du marché chinois, permettant à Taïwan de se forger un appareil industriel performant doté d'une grande flexibilité.

Ces dernières années, les chiffres de l'économie taïwanaise sont donc très flatteurs, mais sont à prendre avec des pincettes. Comme beaucoup d'autres pays dans le monde, l'économie taïwanaise, fortement internationalisée, a connu en 2009 une annus horribilis, avec un PIB en baisse de - 1,87 %. Ses exportations ont été en chute libre de près de 50 milliards d'US$ par rapport à 2008, alors que la consommation intérieure est restée faible, malgré un indice des prix en baisse (-0,7 %). 2010 fut l'année du rebond, avec un spectaculaire 10,5 % de croissance du PIB, en grande partie à la faveur des accords de libre-échange avec la Chine continentale entrés en vigueur l'année précédente. 2013 à 2015 furent plus calmes, avec entre 4 et 5 % de croissance. Quant au chômage, il a grimpé pendant quelques années : après avoir atteint un niveau record de 6,8 % en 2009, il est redescendu à 4 % en 2014 et s'est stabilisé depuis. Reste à savoir cependant si le ralentissement des échanges avec la Chine continentale depuis l'arrivée au pouvoir de Tsai Ing-wen en 2016 se traduira par une baisse significative de la croissance.

De fait, l'accord-cadre de coopération économique (Economic Cooperation Framework Agreement) fait polémique à Taïwan, où il est farouchement combattu par les opposants au rapprochement avec Pékin. La Chine est aujourd'hui le premier partenaire commercial de Taïwan, devant le Japon et les Etats-Unis, et certains économistes craignent une dépendance à l'égard de Pékin qui, à terme, pourrait poser problème à la souveraineté de l'île. A l'inverse, d'autres experts jugent que ce rapprochement est indispensable afin d'éviter de voir la crise s'imposer durablement. Les avis sont donc partagés.

Principales ressources

D'une industrie de main-d'oeuvre à une industrie de pointe. L'industrie a joué un rôle prépondérant dans le développement du pays. Jusqu'au début des années 1980, Taïwan est un pays atelier qui produit essentiellement des marchandises à bas prix comme des chaussures, des vêtements et d'autres petits objets. Dans les années quatre-vingts, les investisseurs étrangers commencent à bouder le pays et déménagent leurs usines vers des destinations plus compétitives. L'économie taïwanaise doit alors négocier un virage stratégique. Le gouvernement parie sur les nouvelles technologies, il crée le Parc scientifique de Hsinchu, qui regroupe des centres de recherche financés par l'Etat et une zone à la fiscalité avantageuse pour les investisseurs étrangers et nationaux. De nombreuses entreprises s'y installent et profitent d'un contexte international favorable, la demande de produits à haute technicité explose et Taïwan commence à envahir le marché avec ses innovations. Le parc de Hsinchu est une réussite : le montant total des investissements, dans cette zone, approche les 30 milliards d'US$. Des complexes similaires s'ouvrent près de Tainan et de Taichung, et de nombreuses entreprises doivent patiemment attendre leur tour pour pouvoir s'établir. Désormais les nouvelles technologies comptent pour moitié dans l'activité économique du pays qui conçoit et produit 60 % des cartes mères et écrans plats vendus dans le monde. Taïwan est aussi réputé pour ses puces électroniques, ses ordinateurs portables et ses jeux vidéo. La très nette spécialisation de son industrie dans les secteurs de pointe oriente son commerce vers l'extérieur. Taïwan réalise ainsi près de la moitié de ses échanges dans l'industrie de pointe ; à la première place du classement des produits vendus à l'étranger, on retrouve - naturellement - les équipements électroniques, suivis des machines et appareils électriques. Ces produits sont majoritairement destinés à la Chine et aux Etats-Unis, principaux clients de l'île. Loin derrière, les expéditions vers les membres de l'Union européenne constituent à peine 13 % des exportations nationales. Le Japon, quant à lui, reste le plus gros fournisseur du pays, juste devant la Chine. En 2011, le commerce extérieur représentait environ 50 % de l'activité de Taïwan, ce qui en faisait le 15e exportateur mondial. En tant qu'économie indépendante, Taïwan est devenu membre du Organisation mondiale du commerce (OMC) comme Territoire douanier séparé de Taïwan, Penghu, Kinmen et Matsu (souvent raccourci en " Chinese Taipei " " Taipei chinois " - les deux noms résultant de l'influence de la RPC à l'OMC) en janvier 2002.

Les autres ressources économiques. L'agriculture n'a contribué que très modestement au développement de Taïwan et représente aujourd'hui à peine 2 % du PIB. Malgré les efforts de modernisation entrepris par l'Etat, les exploitations restent archaïques et de petites tailles, environ 1 hectare. La topographie de l'île ne se prête guère à la culture extensive et le partage des terres à chaque génération aboutit à la multiplication des petites fermes. L'agriculture est concentrée dans les plaines du nord et sur les basses collines de l'ouest. Au nord, elle est fondée principalement sur la culture du riz (riziculture irriguée) et la production de fruits et légumes, et au sud sur la riziculture associée à la canne à sucre et la culture du thé dont la réputation n'est plus à faire. Les Japonais, amateurs éclairés, considèrent le thé de Taïwan comme l'un des meilleurs au monde. L'élevage et la pêche restent deux activités mineures du secteur primaire taïwanais. L'agriculture locale demeure incapable de couvrir les besoins alimentaires des habitants de l'île, poussant ainsi Taïwan à importer massivement des denrées en provenance de pays voisins.

Les services pèsent de plus en plus lourd dans l'activité taïwanaise. Ils profitent du développement de l'industrie et de la hausse du niveau de vie de la population. Le secteur des banques, finances et assurances affiche les meilleurs scores (plus de 25 % du PIB), suivi du commerce, des télécommunications et des transports. Le tourisme tire lui aussi son épingle du jeu avec près de 4 millions de visiteurs chaque année, principalement des Japonais mais aussi des Chinois, Américains, Australiens ou Européens. Il y a fort à parier qu'il connaîtra une embellie dans les années à venir tant le gouvernement mise sur cette branche de l'économie.

Les grandes firmes taïwanaises

Pou Chen : 1er fabricant mondial de chaussures de sport.

Giant : 1er fabricant mondial de vélos.

Evergreen : 2e transporteur maritime mondial.

Quanta : 1er fabricant mondial d'ordinateurs portables.

Tong Yang : 1er fabricant mondial de pièces automobile de seconde monte.

HTC : L'un des principaux fabricants de téléphones portables.

ACER et ASUS : Deux des géants mondiaux de l'informatique.

TSMC : 1er fabricant mondial de semi-conducteurs.

Place du tourisme

Pendant longtemps, le tourisme n'a occupé qu'une place marginale dans l'économie taïwanaise. C'est en train de changer, et les différents partis politiques sont unis sur ce point. Sous l'impulsion des gouvernements de Chen Shui-bian, Ma Ying-jiou et désormais Tsai Ing-wen, les autorités déploient des efforts importants en matière de développement du tourisme, qui se traduisent par des brochures et des cartes faciles d'accès, la multiplication des bureaux d'informations touristiques, des signalisations en anglais, et des offres promotionnelles facilitant les déplacements. Notons entre autres les nombreuses lignes touristiques de bus, répertoriées dans ce guide, qui permettent d'explorer les différentes régions de Taïwan très facilement, et à prix réduits. Pour plus de renseignements, visiter le site www.taiwantrip.com.tw

A cette tendance d'internationalisation s'ajoute une augmentation sensible du nombre de visiteurs, conséquence des accords passés avec la Chine, de l'ouverture du tourisme aux Chinois (de loin le plus gros contingent de visiteurs désormais) et l'ouverture de lignes aériennes directes avec la Chine. Taïwan est en passe de devenir une destination touristique de premier plan en Asie orientale, et compte-tenu de son immense potentiel, on comprend l'intérêt que consacrent les autorités à cette nouvelle activité lucrative. Parmi les tendances fortes de ces dix dernières années, on note le nombre croissant de visiteurs (environ 10 millions en 2016, soit trois fois plus qu'en 2006), et la part croissante des touristes chinois, qui représentent à eux seuls plus de 5 millions de visiteurs par an, soit plus de la moitié des étrangers visitant l'île. Le nombre de visiteurs français, plus modeste, ne cesse également de croître. En conséquence, les infrastructures touristiques se développent à grande vitesse dans toute l'île.

Enjeux actuels

Taïwan et la France. La France détient une petite part de marché à Taïwan, aussi réduite que celle qu'elle détient de l'autre côté du détroit de Formose, sur la Chine continentale. Certaines grandes entreprises françaises comme Carrefour ou la Fnac tirent néanmoins leur épingle du jeu et sont bien implantées à Taïwan.

22e client et 18e fournisseur de l'île, la France reste le 3e partenaire économique européen derrière l'Allemagne et les Pays-Bas, avec moins de 1 % de parts du marché taïwanais. Ses exportations ont considérablement chuté (1,3 milliard d'euros, soit -20 % d'une année sur l'autre) creusant un déficit commercial déjà conséquent (1,1 milliard d'euros).

A l'inverse, Taïwan absorbe 0,5 % des exportations françaises et fournit 0,7 % de ses importations.

A noter que le service de Coopération et d'Action culturelle de l'Institut français de Taipei met en ligne sur son site (www.fi-taipei.org), un bulletin électronique mensuel d'information sur les avancées technologiques taïwanaises, particulièrement bien renseigné et utile aux investisseurs intéressés par Taïwan. L'abonnement à ce bulletin électronique est gratuit.

Taiwan et la Chine. Les relations avec la Chine sont un véritable dilemme pour les politiques et dirigeants taïwanais. Elles représentent à la fois une menace et un eldorado. Une menace pour l'emploi, l'industrie déménageant vers la Chine où les coûts sont meilleur marché, et un eldorado pour les affaires, le marché chinois offrant un potentiel de développement faramineux dans lequel Taïwan pourrait jouer un rôle de premier plan. Depuis 1990, les sociétés taïwanaises ont investi près de 200 milliards de US$ en Chine. L'année 2002 fut même historique pour l'île puisque, pour la première fois, ce ne sont pas les Etats-Unis mais la Chine qui devint le premier client de l'île. Les échanges ont explosé des deux côtés du détroit de Formose et l'essentiel des exportations taïwanaises est désormais destiné à la Chine continentale.

Mais après des années de croissance, la crise mondiale de 2009 a plongé le pays dans la récession pour la première fois depuis des décennies. Estimée à -1,87 % sur l'année 2009, la chute du PIB a servi d'argument à la fois à ceux qui voient d'un mauvais oeil la vague de délocalisations vers la Chine, et aussi à ceux prônant au contraire une plus grande ouverture économique vers le grand voisin. Une chose est sûre, le taux de chômage sur l'île n'a jamais été aussi élevé et il est désormais très difficile de faire marche arrière auprès de la Chine, partenaire économique principal de Taïwan. L'ECFA confirme le rapprochement économique entre les deux entités. S'il n'est pas encore question de la souveraineté de Taïwan dans les multiples rencontres entre responsables des deux rives entre 2008 et 2016, il n'est pas dit que Pékin ne décide de jouer, tôt ou tard, la carte économique à la table de la réunification en vertu des engagements pris en 1985, une autre époque diront certains. Le retour au pouvoir du DPP depuis l'élection de Tsai Ing-wen pose une fois de plus la question de la dépendance à l'économie chinoise, et l'un des objectifs de la présidente est de la réduire, ce qui n'est pas du goût de Pékin.

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