Guide de Mayotte : Politique et économie

Chez les forgerons.
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Politique
Structure étatique

L'Etat français est représenté par un préfet. Le premier préfet de Mayotte fut Younoussa Bamana après avoir été élu le premier député de l'île devenue française et avant de devenir le premier président du conseil général version tricolore. Mais jusqu'à la décentralisation amorcée par le préfet Brot et Mansour Kamardine, le plus haut représentant de la France possédait tous les pouvoirs du chef de l'Etat. Il assistait à l'ensemble des assemblées du conseil général et donnait les orientations à suivre, validait ou non les orientations désirées par les élus. S'il portait le nom de préfet, il n'en demeurait pas moins un gouverneur. Situation équivoque qui leur valut le tendre sobriquet de coelacanthe (poisson de l'ère primaire à l'aspect très... primitif), eu égard à la grande ancienneté de leurs attributions. Depuis le 1er avril 2004 et la décentralisation, et a fortiori depuis le 1er avril 2007 où son pouvoir de tutelle s'est éteint, le préfet mahorais est le garant de l'ordre public et possède exactement les mêmes responsabilités que ses homologues de métropole ou d'outre-mer. Dominique Sorain est l'actuel préfet de Mayotte (depuis le 28 mars 2018), il a remplacé Frédéric Veau qui a quitté l'île dans un contexte de crise sociale et de manifestations contre l'insécurité grandissante.

Un département français à part entière et entièrement à part. Il fallut une longue évolution des institutions pour aboutir aujourd'hui à une formule définitive. L'île au lagon est depuis le 31 mars 2011 le 101e département français. Ainsi le droit commun français est applicable à Mayotte, quelques exceptions mises à part, afin d'opérer de manière douce et mesurée le rattrapage des retards vis-à-vis de la métropole, à l'image du SMIC et des minima sociaux qui augmentent progressivement, de l'âge minimum des femmes pour se marier qui est relevé de 15 à 18 ans, de l'état civil ou bien encore du foncier qui nécessitent des aménagements progressifs. Depuis le 1er janvier 2014, le code général des impôts et les autres dispositions d'ordre fiscal en vigueur dans les départements et régions d'outre-mer s'appliquent également au département de Mayotte. Ce département depuis 1977 est composé de 17 communes et 19 cantons regroupant des villages. Il est passé depuis le décret n° 2014-157 du 13 février 2014 à 13 cantons. Depuis les élections départementales de 2015, un binôme homme-femme est désormais élu dans chaque canton, le département est chapeauté par le conseil départemental où siègent 19 conseillers généraux élus au suffrage universel à scrutin majoritaire à deux tours.

Ils élisent ensuite à leur tour le président du conseil départemental tous les 3 ans. Ceux-ci sont demeurés sous la tutelle de l'Etat français par le biais de la préfecture jusqu'au 1er avril 2007, soit trois ans après le fabuleux passage à la décentralisation. Ils jouissent désormais des mêmes attributions que les conseillers généraux de France et de Navarre, c'est-à-dire d'une autonomie de gestion.

En ce qui concerne les maires de l'île, ils sont élus selon le même mode de scrutin qu'en métropole et disposent désormais de moyens d'action similaires à leurs homologues de métropole.

En effet, les localités disposent désormais pour fonctionner de la DGF (Dotation générale de fonctionnement) attribuée par l'Etat et le conseil départemental en fonction du nombre d'habitants y résidant. Cependant sur les trois composantes de la DGF, Mayotte bénéficie depuis 2014 d'une dotation de base correspondant à 74,02 € par habitant, d'un complément de garantie mais ne profite pas encore de la contribution au redressement des finances publiques. La fiscalité (taxe professionnelle, d'habitation, etc.) rentre également dans les caisses. L'île était représentée, et ce depuis 1977, au palais Bourbon à Paris par un député. Deux députés siègent à l'Assemblée depuis juin 2017. Il s'agit de Mansour Kamardine, du groupe Les Républicains, et Ramlati Ali de LREM. Deux sénateurs viennent depuis septembre 2011 en soutien au pouvoir législatif mahorais. Depuis 2017 ce sont Thani Mohamed Soilihi (deuxième mandat), et Abdallah Hassani, tous deux du groupe La République En Marche. En devenant DOM, Mayotte, au même titre que La Réunion, la Guyane, Saint-Martin, les Canaries, la Guadeloupe ou bien encore la Martinique, est rentré dans les rangs très fermés des RUPE (ou RUP) (Régions ultra-périphériques européennes) depuis le 1er janvier 2014.

Les préfets de Mayotte

21 juillet 1975 - 1976 : Younoussa Bamana.

23 juin 1976 - avril 1978 : Jean-Marie Coussirou.

Avril 1978 - avril 1980 : Jean Maurice Marie Rigotard.

Avril 1980 - janvier 1981 : Philippe Jacques Nicolas Kessler.

Février 1981 - janvier 1982 : Pierre Sevellec.

Janvier 1982 - novembre 1982 : Yves Bonnet.

Février 1983 - février 1984 : Christian Pellerin.

Février 1984 - février 1986 : François Bonnelle.

Février 1986 - septembre 1986 : Guy Dupuis.

Septembre 1986 - novembre 1988 : Akli Khider.

Décembre 1988 - octobre 1990 : Daniel Limodin.

Octobre 1990 - février 1993 : Jean-Paul Coste.

Mars 1993 - janvier 1994 : Jean-Jacques Debacq.

Janvier 1994 - février 1996 : Alain Weil.

Février 1996 - 15 juillet 1998 : Philippe Boisadam.

Août 1998 - octobre 2001 : Pierre Bayle.

Octobre 2001 - juillet 2002 : Philippe de Mester.

Juillet 2002 - janvier 2005 : Jean-Jacques Brot.

Janvier2005 - février 2007 : Jean-Paul Kihl.

Février 2007 - juillet 2008 : Vincent Bouvier.

Juillet 2008 - juillet 2009 : Denis Robin.

Juillet 2009 - juillet 2011 : Hubert Derache.

Juillet 2011 - février 2013 : Thomas Degos.

Février 2013 - juillet 2014 : Jacques Witkowski.

Juillet 2014 - mai 2016 : Seymour Morsy.

Mai 2016 - mars 2018 : Frédéric Veau.

Depuis le 28 mars 2018 : Dominique Sorain.

Partis

Le parti politique historique de Mayotte est sans aucun doute le MPM (Mouvement populaire mahorais) qui fut créé dans le but d'ériger l'île en DOM à l'heure où la question de la décolonisation s'amorçait. Il a été fondé par les héros du rattachement à la France : Marcel Henry, Zena M'Dere et Younoussa Bamana entre autres, et s'est appuyé sur le réseau de militantes du mouvement des chatouilleuses (soroda)... Sa perte de vitesse a débuté en 1999, à l'occasion de la discussion sur l'avenir institutionnel de Mayotte. Des divergences sont apparues et le sénateur de l'époque, Marcel Henry, et le député Henri Jean-Baptiste, firent scission pour créer le MDM (Mouvement départementaliste mahorais). Celui-ci constituait, jusqu'à l'élection de François Hollande et la reprise du contrôle politique par la gauche, l'une des grosses formations politiques de l'Hippocampe avec un député élu, Abdoulatifou Aly, et un sénateur, Adrien Giraud. L'émergence du parti socialiste était alors prévisible : dès les élections présidentielles de 2007, les Mahorais qui votaient traditionnellement à droite optèrent pour la gauche. Mais 2007 aura marqué également la naissance d'un nouveau parti local : Néma, le Nouvel Elan mahorais, créé par Saïd Omar Oili, alors président du conseil général. Après avoir subi des revers aux législatives 2012 avec l'élection des nouveaux députés Ibrahim Aboubacar (PS) et Boinali Said Toumbou (DVG), la droite (et le centre aussi) a répondu massivement pour François Fillon aux primaires de la présidentielle. Au sein des " Républicains " il y a aujourd'hui deux courants, celui de Mansour Kamardine (élu député en 2017) et de Anchia Bamana (maire de Sada). Avec la victoire d'Emmanuel Macron aux élections présidentielles d'avril 2017 et le résultat du parti LREM aux législatives, les lignes risquent encore de bouger. Aujourd'hui les partis politiques présents dans le paysage politique sont le Mouvement départementaliste mahorais (MDM) au Centre ; Force de l'alternance du Mouvement départementaliste mahorais (FA-MDM), dissidence du MDM ; le Mouvement populaire mahorais (MPM) ; le Nouvel élan pour Mayotte (Néma) qui a rallié le groupe Les Républicains en constituant une nouvelle majorité d'opposition, Ouvoimoja, un parti politique créé par Gilles Martin en janvier 2012 pour la reconnaissance de l'égalité citoyenne au sein de la République et depuis février 2016 une section départementale du Front National (FN) est active, avec comme représentant Soihibou Ali. Par contre les mouvements écologistes comme Europe Écologie les Verts (EELV) n'ont pas de réelles représentations et d'impact à Mayotte.

Enjeux actuels

Les enjeux fiscaux. Mayotte ne dispose plus d'une autonomie douanière et fiscale depuis le 1er janvier 2014. Désormais, elle ne diffère en rien des autres territoires et départements d'outre-mer en matière de défiscalisation. La loi Girardin y est en effet appliquée, la défiscalisation engendrée permet encore une explosion de l'immobilier en termes de logements locatifs intermédiaires et sociaux. En quelques années seulement, des quartiers entiers sont sortis de terre venant moderniser le parc mahorais qui se normalise donc au fur et à mesure, à l'image à Mamoudzou avec les Trois-Vallées et les Hauts-Vallons, ce dernier quartier qui jouxte le premier programme de logement social à énergie positive (eau chaude solaire) avec les Portes du Lagon. Même si le département fait partie du territoire douanier de la France et de l'UE, il est pour le moment exclu du territoire fiscal de la Communauté européenne. La fiscalité y est donc spécifique et la TVA n'est pas applicable. Par contre, l'octroi de mer et l'octroi de mer régional sont applicables à la plupart des produits importés, ces taxes sont perçues par l'administration des douanes.

Pour les particuliers et les entreprises, depuis 2014 l'instauration de la taxe d'habitation et des taxes foncières pour les premiers et la contribution économique territoriale pour les autres sont effectives dans le département. La transposition de la fiscalité avec le passage au droit commun est un sujet très sensible pour les foyers, les entreprises et les collectivités. Pour se faire en douceur, la réforme propose un calendrier et une méthode propre à Mayotte.

Insécurité. Février-mars 2018, Mayotte est à nouveau paralysée par des grèves contre l'insécurité, faisant suite à un affrontement dans un lycée. Le 27 février, les Mahorais font la grève dite de " l'île morte " : tout est bloqué et l'île arrête de vivre un instant. Le gouvernement envoie des policiers en renfort mais cela ne suffit pas : le 7 mars les Mahorais sont plus de 3 000 à défiler. Ils demandent à voir le président de la République, mais surtout à être entendus par celui-ci pour être traités comme un département français à part entière. C'est finalement Annick Girardin, la ministre de l'Outre-mer, qui se rendra sur place, sans toutefois réussir à calmer la situation qui se prolonge sur six semaines. La situation se calme avec la promesse de durcir la politique de lutte contre l'immigration clandestine et la nomination d'un nouveau préfet et " délégué du gouvernement ", M. Dominique Sorain, le 28 mars 2018.

Immigration. Le 1er août 2018, l'Assemblée nationale adopte la loi dite " pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie " portée par le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, qui comprend une mesure sur la limitation du droit du sol à Mayotte. Le texte stipule " Seuls les enfants dont au moins un des deux parents séjournait de manière régulière sur l'île depuis plus de trois mois avant la naissance pourront dorénavant demander la nationalité française ". A peine 5 jours plus tard, un recours contre cette nouvelle loi est déposé devant le Conseil Constitutionnel. En septembre, le Conseil Constitutionnel se prononce toutefois en faveur de la loi, qui est promulguée le 10 septembre 2018.

Environnement et développement. Début 2019, la ministre de l'Outre-mer, Annick Girardin, présente sa " trajectoire outre-mer 5.0 " comprenant ses objectifs. Les 5 défis en question sont : zéro déchet, zéro carbone, zéro intrant chimique, zéro exclusion et zéro vulnérabilité. Une véritable charte environnementale et sociale pour faire de ces territoires des zones expérimentales et des figures de proue du développement durable. Ces objectifs ont émergé suite aux " Assises de l'Outre-mer ", consultations des populations ultra-marines qui se sont tenues entre fin 2017 et début 2018, dont 56 rencontres à Mayotte. Publié en juin 2018, le Livre bleu Outre-mer en contient les conclusions.

Des gilets jaunes à Mayotte

Les gilets jaunes sont bel et bien présents sur l'île, ou plutôt devrait-on dire les T-shirts jaunes ? Il s'agit en effet ici d'une association de quartier, menée par le capitaine de police M. Chamassi, qui a mis en place en 2019 des comités de quartier pour assurer une surveillance civile. Les gilets jaunes s'observent donc le plus souvent le soir, par groupe, et à la sortie des écoles ou à l'entrée des villages. Le principe est basé sur le double constat qu'une personne n'osera pas commettre des infractions devant des personnes qu'elle connaît, et qu'elle se fera plus facilement arrêter si son identité est connue de l'autorité en question. Le test est concluant car on a observé depuis un net recul de la délinquance.

Économie

Depuis sa departementalisation Mayotte a été marquée par de multiples conflits sociaux dont le plus important a été le mouvement contre la cherté de la vie, qui a débuté le 27 septembre 2011. Pendant un mois et demi, l'activité économique a été paralysée, manifestations, barrages aux points névralgiques, fermeture des commerces, des banques, et des entreprises. Un mouvement social qui s'est traduit par de nombreux licenciements et des fermetures d'entreprises.

Il n'en reste pas moins que Mayotte tient particulièrement à son rattachement à la France ; ainsi, la fierté dans l'île est double : être mahorais, être français. Sanctuaire de richesse dans un océan de pauvreté, à l'instar de La Réunion, Mayotte bénéficie de la puissance économique française et européenne qui fait d'elle une destination confortable et attirante pour le touriste. Largement plus développée que ses voisines comoriennes, Mayotte, même si elle est moins gâtée que La Réunion qui est un DOM depuis 1946, est depuis mars 2011 une collectivité unique, à la fois département et région. Elle dispose déjà de toute une gamme d'hébergement, de restaurants de cuisine française, de multiples possibilités de loisirs (plongée, randonnée, safari lagon), un comité du tourisme, des actions culturelles. Bref, des infrastructures avec des spécificités propres à Mayotte qui lui donnent charme et authenticité. Selon le ministère de l'Outre-Mer, " L'économie mahoraise est en période de transition. Deux modes de fonctionnement cohabitent, un traditionnel, peu monétarisé, peu rentable et un, plus moderne. " La description est vraie, quoi qu'un peu réductrice, car aujourd'hui, une page s'est tournée et marque le passage à une économie de marché, de consommation tournée vers la modernité. Si les petits propriétaires terriens exploitent toujours leurs lopins, c'est bien souvent désormais pour leur consommation personnelle. Ils cumulent emplois dans le secteur public et privé, et arrondissent leurs fins de mois avec cette petite agriculture. Le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) net mensuel mahorais est arrivé au niveau du SMIC net mensuel national depuis le 1er janvier 2015. La revalorisation du SMIG est désormais indexée sur le seul taux d'évolution du SMIC national. On imagine que la débrouillardise autrefois légion pour compenser les différences ne va pas s'arrêter du jour au lendemain. Débrouillardise qui est encore bien ancrée dans les moeurs. Malgré des progrès évidents, l'économie mahoraise est très dépendante de l'extérieur. Le développement d'infrastructures modernes, des réseaux d'eau et d'assainissement, de l'hôpital, des écoles repose sur des financements extérieurs (métropole, Union européenne) lorsque le Conseil général ne joue pas le jeu. La croissance du pouvoir d'achat de la population est due en grande partie aux injections d'argent public. Jusqu'en 2011 et sa départementalisation actée, Mayotte percevait l'Aide publique au développement (APD), 400 millions d'euros en 2011. A partir de 2011, elle perçoit les dotations normales d'un département, plus certaines spécifiques. Depuis 2014, la rupéisation de Mayotte transforme la relation entre l'Union européenne et le Département. L'Union est un partenaire actif du développement, elle implique une application spécifique du droit européen sur le territoire avec la transition fiscale que cela suppose, au grand désespoir de certains. D'un autre côté, éligible aux fonds structurels européens, on estime à 350 millions d'euros le montant des subventions européennes que va percevoir Hippocampe jusqu'en 2020. Dans ce cadre, de grands chantiers doivent être menés au sein de cinq grands axes : transport, formation-éducation, agriculture, artisanat, environnement et développement durable, générant ainsi une activité soutenue sur plusieurs années, mais malheureusement le passé nous fait penser que la majorité des fonds seront de nouveau absorbés par les salaires des administrations qui embauchent bien plus de personnel que nécessaire. Gardons espoir avec une politique responsable des élus.

Principales ressources
Pêche traditionnelle
Pêche traditionnelle

Les secteurs traditionnels : l'agriculture et la pêche. L'économie mahoraise vit en 2008 sous perfusion d'importations et le volume de ses exportations tend à faire penser que le territoire ne possède que bien peu de ressources émanant principalement de la production d'essence d'ylang-ylang, de vanille. Or, ces dernières années, le tonnage de ces deux secteurs s'est effondré, concurrencé par Madagascar, les Comores, où la main-d'oeuvre y est considérablement moins chère. Pourtant, ils subsistent, et l'essence d'ylang-ylang et la vanille sont considérés comme les meilleurs produits qui soient encore sur le marché ; la demande semble même vouloir revenir au beau fixe sans toutefois crever les plafonds et les résultats d'autrefois. Ainsi, il demeure quelques producteurs sur l'île, concentrés sur le centre, là où l'humidité est importante et où le foncier agricole n'a pas encore été rogné par l'urbanisation. Un programme de soutien du conseil général destiné aux deux filières est mis en place en 2009 avec des aides pour la plantation de nouvelles parcelles d'ylang-ylang et de vanille, ainsi que l'entretien et la réhabilitation des parcelles de vanille, la récolte, la distillation ou la vente d'essence d'ylang-ylang. L'Europe a financé des alambics en inox pour l'ylang-ylang afin de relancer la filière. Ils devaient permettre une production plus facile et de bien meilleure qualité encore, mais en 2012 l'ylang-ylang naturel est supplanté par les fluides de synthèse, moins onéreux et la filière à Mayotte est moribonde, il ne reste plus qu'un exploitant digne de ce nom. Espérons que les fonds européens de 2014-2020 vont relancer la dynamique. Mais ce seront sur des projets en cours que les enveloppes européennes vont se greffer. Au-delà du désir d'exportations, Mayotte, qui se divise en dix-sept communes et soixante-quatorze villages, subvient depuis toujours à ses besoins en exploitant des petites parcelles de terres familiales réparties bien souvent aux quatre coins de l'île. Ces exploitations individuelles, de quelques pieds de manioc ou de bananiers, sont souvent exploitées sans titre de propriété, difficile alors de demander des aides financières, sans parler des vols qui sont monnaie courante. C'est pourquoi, chaque soir, chaque week-end, enfants et parents partent aux champs pour désherber, entretenir, arroser, récolter, fruits et légumes, manioc, bananes, ananas, salades, tomates, mangues, maïs, mais bien peu de riz, cette culture hier très répandue ayant quasiment disparu, sa demande en eau étant trop importante. Cette production hétéroclite se retrouve alors sur le bord des routes, où se constituent des micros marchés qui arrondissent les fins de mois des ménages. C'est la raison pour laquelle il existe sur Hippocampe de très nombreuses exploitations agricoles ; l'île compte plus de 20 000 exploitations agricoles sur plus de la moitié de la surface de l'île. Pour bien comprendre le schéma agricole mahorais, il faut également conserver en mémoire la taille globale de l'île qui s'apparente à un petit canton commun à l'Hexagone. Soit une taille si réduite qu'elle contraint les habitants à utiliser chaque carré disponible représentant environ 75 % de la surface du territoire. Il ne faut pas voir dans ce chiffre une déforestation à la mode amazonienne, les cultures se font à l'ombre des grands manguiers producteurs, des jacquiers et des cocotiers. La culture sur brûlis qui consiste à enflammer le sol est un principe répandu, mais pour le moment maîtrisé, car interdit, générant une érosion des terres importantes. Ce sont donc des milliers de minuscules cultures qui alimentent en produits frais et bio les étals de l'île au lagon.

Les cultures vivrières sont importantes et assurent la consommation alimentaire des Mahorais, la banane et le cocotier font également partie du paysage agricole de Mayotte. Mais les choses évoluent, la Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DAAF) a publié en août 2012 deux arrêtés pour réglementer sur Mayotte le bail à ferme type. La mise en place du statut et du prix de fermage doit permettre de protéger les agriculteurs qui vont contracter des baux conformes au Code Rural et de la Pêche Maritime, et de rassurer les propriétaires ruraux d'un point de vue légal. Mayotte a aussi organisé en 2012 un comité de pilotage pour l'innovation et le transfert agricole afin de réorienter les actions en aviculture, élevage de bovins et les productions vivrières.

Côté mer, l'île possède une Zone économique exclusive (ZEE) de plus de 60 000 km² et, à ce jour, le rendement reste faible. Trois types de pêche sont présents : une pêche industrielle thonière, parmi les plus modernes, une pêche artisanale (informelle), rudimentaire, et en grande partie vivrière qui se développe également à pied avec le poulpe et les coquillages. Mayotte est le principal producteur de poissons d'aquaculture de tout l'outre-mer français et dispose d'une capacité de production aquacole extraordinaire grâce à son lagon. Si la métropole avec ses 3 500 kilomètres de côtes peut produire 6 000 tonnes par an de poissons, Hippocampe est capable de sortir du plus grand lagon fermé du monde 10 000 tonnes et ce, sans impact sur l'environnement. En 2008, l'île devient autonome en matière d'alevinage, avec des perspectives de développement considérables. Malheureusement, pour des raisons de retard du fonds de l'Union européenne consacré aux affaires maritimes et à la pêche (FEAMP), l'Association pour le développement de l'aquaculture à Mayotte (AQUAMAY) a dû cesser son activité, qui a été récupérée par le Conseil départemental sur une vente aux enchères à hauteur de 17 000 €. Depuis 2016, une mise en gestion sur deux trimestres est donnée à un aquaculteur local, Mayotte Aquamater, ce dernier s'est désisté en mai 2016 et a abandonné en juillet de la même année le nourrissage des géniteurs. Aujourd'hui, un nouveau plan de reprise de l'aquaculture est établi par le Conseil départemental, ce dernier est en charge d'acceptation de divers projets qui lui sont proposés, le nouveau repreneur n'est pas encore connu, affaire à suivre. Pour rester dans le secteur poissons, Mayotte, avec son lagon unique posé au beau milieu du canal du Mozambique réputé pour être l'un des plus riches du monde, ne tire pas son épingle du jeu. Le Parc Marin a un rôle a jouer dans ce secteur, autant au niveau économique qu'écologique, il cherche d'ailleurs à impulser la diversification de la technique habituelle de pêche à la ligne pour préserver les récifs. Du maquereau svp ! La senne coulissante serait une solution pour l'avenir, cette technique de pêche consiste a faire tourner un filet de 120 mètres de long autour du banc de poissons que l'on referme par le bas, ce dernier aménagé sur des flotteurs ne touche pas le fond, un second équipage armé de lamparo canalise le banc qui est attiré par la lumière. Pour développer cette pêche, les marins doivent s'équiper de grandes embarcations, ce qui est loin d'être le cas. La flotte de pêcheurs est composée de 146 barques (déclarées aux affaires maritimes), 5 palangriers (inférieurs à 10 m) dont deux de pêche et les autres ne naviguent pas, et 1 200 pirogues et barques pour la pêche artisanale. La pêche informelle alimente certes les marchés, mais les contrôles opérés sur les eaux calmes du lagon, hier appauvries par de trop grandes prises, les obligent à aller de plus en plus loin en pleine mer, dans des étendues largement concurrencées par les énormes thoniers senneurs japonais, espagnols, qui épuisent les ressources halieutiques à la vitesse grand " V ". Une campagne de pêche d'un tel navire équivaut à trois cents ans de pêche des professionnels mahorais. La création de la Commission régionale des pêches maritimes et de l'aquaculture marine (COREPAM) illustre les efforts réalisés dans la pêche comme dans l'aquaculture. Elle a pour mission principale d'instruire les dossiers de demande de subventions. La vente sur Mayotte est estimée en 2016 à 100 tonnes par an (importation de Madagascar, les barques locales et le bateau de Captain Alandor), dont 3 tonnes de produits français (huîtres, bulots, etc.).

BTP. Mayotte, devenu un département d'outre-mer, a grand besoin de développer son parc immobilier qui, pendant bien longtemps, n'a vécu que de la réhabilitation de l'habitat insalubre. Sur le chef-lieu Mamoudzou, plus grande commune de l'île avec plus de cinquante mille habitants, des quartiers entiers sortent de terre et le territoire peut se vanter de bénéficier de 12 établissements scolaires neufs du second degré construits en un peu plus de cinq ans.

C'est dire si le BTP constitue l'un des coeurs de l'économie mahoraise. Les ouvriers et cadres dans le BTP totalisent plus de 30 % des projets de recrutement. Pourtant, s'il représente le premier employeur de l'île aux parfums, d'autres secteurs le talonne : les services, le commerce et les administrations de plus en plus conséquents. Là encore, il faut comprendre que tout était à faire jusqu'en 2002, date de relance de l'économie mahoraise par le préfet de l'époque, Jean-Jacques Brot, qui prit le zébu par les cornes et réactiva la décentralisation, la départementalisation, la privatisation des hydrocarbures, l'intégration des agents de la collectivité aux trois fonctions publiques de droit commun, en compagnie du député d'alors, Mansour Kamardine.

Depuis, routes, logements, écoles fleurissent, cependant pas encore assez vite en comparaison de la poussée démographique qui, si elle s'est ralentie, n'en demeure pas moins la plus forte de France.

Autre phénomène boostant l'économie mahoraise : l'augmentation fulgurante des prêts à l'habitat, hier culturellement interdits dans la religion musulmane, en tout cas la prise d'intérêts. Le pas étant franchi depuis 2004, la méthode fait des émules et a alimenté les carnets de commande tout comme la défiscalisation autorisée par la loi Girardin qui a fait exploser en quelques années seulement le parc immobilier mahorais. Mais avec les grèves d'octobre 2011 et plus généralement la crise, la situation du secteur BTP s'est essoufflée entre 2011 et 2012, faisant ralentir indubitablement les importations de matériaux de construction et l'embauche, sans parler du travail clandestin. Dans ce contexte difficile où l'activité économique s'est dégradée, le secteur BTP demeure cependant un secteur stratégique de l'île pour l'avenir. Les projets de réhabilitation de quartiers d'habitat insalubre et le développement de l'immobilier privé participent au potentiel de croissance de ce secteur.

Commerce. La crise sociale de fin 2011 a entraîné une perte de chiffre d'affaires pour de nombreux commerçants en raison des fermetures forcées. Les investissements et le recrutement sont loin d'être folichon. Pourtant un peu plus de 6 000 entreprises actives sont inscrites au RCS, 70 % relèvent uniquement du commerce qui représente 49 % du chiffre d'affaires des entreprises de Mayotte. Les Mahorais achètent de plus en plus et sont devenus des amoureux transis des marques telles que Nike, Lacoste, etc, etc. Internet haut débit existe, par voie de satellite, et l'information circule de plus en plus vite ; SFR, Orange et Only se partagent le marché de la téléphonie mobile. Les ménages s'équipent donc de plus en plus, et la réforme opérée en 2007 du code douanier mahorais a permis une baisse significative des prix. Il est permis d'acheter de l'informatique, quasiment au prix métropolitain lorsque hier, il fallait compter au moins 40 %, parfois 100 % plus cher... Actuellement, si le coût de la vie demeure élevé, il n'en demeure pas moins que les efforts consentis permettent une hausse significative du pouvoir d'achat des ménages mahorais. Une vingtaine de supermarchés est recensée à Mayotte. Jumbo Score, Score et Snie enseignes détenues par le groupe Bourbon Distribution Mayotte (Casino) et l'entreprise locale Sodifram, sous les enseignes Shopi, Sodifram et Sodicash survolent les petits commerces familiaux de brousse toujours présents sur la totalité du territoire, les épiceries ou " doukas ". L'instauration du marché couvert de Mamoudzou en 2009 a permis d'accueillir, dans de meilleures conditions, les commerçants et les clients.

Banques. Il n'y avait que peu de banques à Mayotte il y a encore une poignée d'années, la Banque Française Commerciale Océan Indien (BFC-OI) filiale de la Société Générale étant la première historiquement, installé à Mayotte depuis 1976. La Banque de La Réunion depuis 1998 (BR), et la Banque Postale depuis 2006 sont implantés Au total 111 390 comptes de dépôts ou d'épargne sont ouverts et les distributeurs de billets se multiplient sur l'île. D'ailleurs, et pour démonstration, la très grande majorité des Mahorais possède un, voire plusieurs comptes bancaires, ce qui n'était pas encore le cas jusqu'en 2002 où les achats en liquide étaient considérables. La monétique moderne a bouleversé le quotidien des Mahorais. Les trois banques commerciales (La Banque Postale, la BFC-OI et la BR) dominent le marché de la distribution de crédits (autour de 68 %) et de la collecte des dépôts. Sur le marché des crédits, les banques mutualistes la Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel de La Réunion (CRCAMR) et la BRED Banque Populaire poursuivent leur gain de parts de marché, même si la concurrence est plus importante sauf pour les crédits à l'équipement des entreprises où elles possèdent 66 % des parts de marché.

Les transports. Le transport est un secteur clé à Mayotte, l'île est dépendante pour ses échanges avec l'extérieur. Le transport intérieur est handicapé par un réseau routier saturé autour de Mamoudzou, et par une absence de transport en commun organisé. Sur Grande-Terre et Petite-Terre, des pontons équipés permettent l'amarrage de bateaux de plaisance et de tourisme. Un autre ponton est par ailleurs dédié exclusivement à l'accueil des annexes des navires de croisière. Depuis 2004, l'autorité portuaire relève du Conseil général, la Chambre de commerce et d'industrie de Mayotte (CCIM) étant le concessionnaire. L'île dispose d'un aéroport international. Au niveau portuaire trois structures : le port de commerce de Longoni situé au nord de Grande Terre, le mouillage des Badamiers en Petite-Terre pour les pétroliers, et la rade de Dzaoudzi en Petite-Terre qui abrite les plaisanciers, les militaires et les pêcheurs. Il existe un système de barges pour relier les deux îles et un très bon mouillage à Mamoudzou.

Le port de Longoni entré en fonction en 1992 créa à l'époque l'engouement de par sa situation géographique idéale dans l'océan Indien, à la porte du canal du Mozambique, première escale des cargos après le canal de Suez, avant Majunga, La Réunion ou mieux encore Port-Louis à Maurice. Mais le succès fut de courte durée, une poignée d'années seulement, la structure souffrant très rapidement d'un manque de main-d'oeuvre qualifiée, d'équipements performants de déchargement, de quais suffisamment longs pour accueillir un flux de navires plus important. Ainsi, lorsque la durée de livraison est de 25 jours en moyenne au départ du port de Marseille pour Longoni, il faut compter plus de 70 jours. Pourquoi ? Un rapport accablant demandé par le préfet Brot en 2003 mit en exergue la vétusté et la faiblesse de ce centre économique vital. C'est la raison pour laquelle, les armateurs, confrontés à des délais de déchargement et d'accostage toujours plus longs, boudèrent la destination au profit des structures beaucoup plus performantes. Et c'est Maurice qui, en 2008, emporte la timbale, en devenant le port au plus gros volume de la zone. Les bateaux qui transitaient hier directement sur Longoni se dirigent aujourd'hui vers Port-Louis. Là, les boîtes sont mises à quai et attendent un nouveau transbordement sur de petits navires dotés d'appareils de levage avant de repartir pour Mayotte. Ainsi, les cargos croisent au large de l'île, lui font un pied de nez, foncent sur Maurice, La Réunion, Majunga et saluent de nouveau Hippocampe à quelques encablures pour remonter vers Suez. Les délais de livraison sont devenus tels sur l'île aux parfums que les risques de pénuries en produits essentiels, notamment à l'époque du ramadan, contraignent la préfecture à prendre des mesures visant à forcer la cadence de Port-Louis. Pour remédier aux problèmes, des investissements importants financés par l'Etat et la collectivité ont été réalisés en 2010, avec la construction d'un second quai à conteneurs d'une longueur de 223 mètres de long pour un tirant d'eau de 14 mètres environ. Une extension de l'aire de stockage des conteneurs et un terminal gazier ont aussi été aménagés, et même un quai pour les pétroliers. L'activité principale est bien sûr l'importation pour l'approvisionnement de l'île.

Le " petit " port de Dzaoudzi est quant à lui dédié aux transports de passagers et de véhicules, à la pêche et à la plaisance. Il accueille aussi des bateaux de croisière. Le Comité du Tourisme souhaite développer ce secteur. A noter que le transport de passagers le plus important reste la liaison entre Mayotte et Anjouan (officiel et officieux...).

Le Service des transports maritimes (STM), qui relève du Conseil général organise les barges maritimes qui relient du matin au soir les piétons et les véhicules entre les îles de Petite-Terre et de Grande-Terre, distantes de 2,6 km. Les recettes de la traversée sont reversées au Département (0,75 euro l'aller-retour pour les piétons et 15 euros pour les véhicules). Le STM recense plus de 4 millions de passagers par an, faisant de la liaison Dzaoudzi-Mamoudzou la ligne maritime régulière la plus fréquentée de France.

Mayotte dispose d'un aéroport international à Pamandzi (Dzaoudzi, Petite-Terre). Le trafic aérien principalement assuré depuis trente années par la compagnie réunionnaise Air Austral a connu entre 1994 et 2015 une croissance fulgurante, passant de 57 000 passagers en 1994 à plus de 300 000 passagers (hors transit) en 2015 (+0,7 % par rapport à 2014). Le nombre de passagers en transit à Dzaoudzi a également augmenté, frôlant les 42 000 en 2014. Ne disposant pas de ligne directe jusqu'en 2016, l'augmentation du trafic s'est traduite par la multiplication des rotations, principalement La Réunion-Mayotte. Plusieurs compagnies desservent l'île au niveau international : Air Austral, Kenya Airways et Air Madagascar de façon régulière, XL Airways de façon ponctuelle. Rallongée de 600 mètres dans les années 1990 pour accueillir les premiers moyens-porteurs, l'unique piste de l'aéroport mesure à ce jour 1 930 mètres de long. Toutefois, elle ne permettait pas aux gros-porteurs d'effectuer des liaisons directes Mayotte-métropole, le décollage à pleine charge de bagages et de carburant étant impossible. La donne a quelque peu changé en juin 2016 avec la création de la première ligne directe Mayotte-Paris par Air Austral au moyen d'un Boeing 787-800 de 262 sièges, projet attendu depuis 30 ans par les Mahorais, et proposé 2 à 3 fois par semaine (4 voire 5 l'été). Cependant, environ 70 % des vols dans le sens Mayotte-Paris se verront contraints d'effectuer une escale technique intermédiaire à Nairobi, toujours en raison de la faible longueur de la piste. Un projet de construction de la piste longue autorisant des liaisons directes pérennes et systématiques avec l'Europe a fait l'objet d'un débat public en 2011 mais aucune décision n'a été formulée à ce jour. A l'heure actuelle le prix du billet d'avion est un frein au développement touristique, il faut compter autour de 1 000 € l'aller-retour en classe économique en basse saison et 1 500 € en haute saison ! L'avenir d'Hippocampe passe, comme pour ce qui a été fait au port de Longoni, par la modernisation de son aéroport, la future aérogare a donc vu le jour en 2014. Rénovation et amélioration des infrastructures aéroportuaires opérées par la société SNC-Lavalin qui détient désormais l'exploitation de 17 aéroports dans le monde. En 2019, la mise en place de lit d'arrêts a permis de renforcer la sécurité des avions et d'être aux normes européennes (13 millions d'euros d'investissement). Les aménagements vont conforter le développement de la desserte aérienne de l'île et la progression du nombre de touristes puisque l'aéroport de Mayotte devrait pouvoir accueillir à terme jusqu'à un million de passagers par an contre un peu moins de 370 000 en 2018.

A l'intérieur, le réseau routier est encore peu développé, en raison du relief accidenté. Il est saturé autour de Mamoudzou à cause de l'absence de transport en commun organisé et ce malgré la construction des rocades de M'Tsapéré et de Passamainty pour améliorer les déplacements de la " capitale " vers le centre et le sud de Grande-Terre. L'axe Longoni-Mamoudzou qui relie le port à la zone industrielle de Kawéni est chaotique aux heures de pointe. L'ensemble des villages de l'île sont reliés entre eux par la route. Des axes souvent jonchés de trous et déformés à l'occasion des saisons des pluies. L'érosion y est alors considérable. C'est pourquoi le réseau routier se dégrade rapidement et, depuis quelques années, d'importants travaux de réhabilitation des chaussées existantes sont entrepris pour améliorer l'état du réseau notamment vers Tzoundzou avec l'élargissement des voies sur les portions problématiques et les virages prononcés. Les transports en commun " classiques " sont inexistants, à l'exception des taxis qui font office de transport en commun, en ville (taxis urbains) comme dans les villages (taxis interurbains ou taxis-brousse). Le parc automobile par contre ne cesse de s'accroître, conséquence de la croissance démographique et de l'augmentation du niveau de vie des Mahorais. Au cours de l'année 2014, environ 2 000 véhicules neufs ont été vendus. Pour accompagner le développement économique et surtout démographique de l'île, l'amélioration de l'organisation du transport s'avère primordiale, notamment par le renfort des infrastructures portuaires et aéroportuaires ainsi que par la création d'un réseau de transport en commun. A Mayotte, le transport intérieur s'organise autour de Mamoudzou et ses environs, principal pôle économique de l'île. Chaque jour, des milliers de Mahorais viennent à la " capitale " pour leur travail, leurs études, leurs courses ou leurs démarches administratives. Pour se déplacer dans Mayotte, il n'y a pas pléthore de solutions : voitures particulières, taxis collectifs ou barge pour la liaison entre Petite et Grande-Terre. Mais la saturation du trafic routier autour de Mamoudzou rend le développement d'un réseau de transport en commun organisé indispensable. Le réseau routier qui se dégrade rapidement avec les pluies se compose de 90 kilomètres de routes nationales et de 139 km de routes départementales, desservant l'ensemble des communes de l'île. La Direction de l'aménagement, de l'environnement et du logement (DEAL) est responsable de la gestion du réseau, pour le compte de l'Etat en ce qui concerne les routes nationales et pour le compte de la collectivité pour les routes départementales.

Les barges de Mayotte

Un service régulier de barges rythme la respiration entre les deux poumons de l'île, Petite-Terre et Grande-Terre qui sont distantes de 2,6 km. Il s'agit d'une liaison vitale en raison de la présence de l'aéroport sur Petite-Terre, mais surtout parce qu'elle permet à des milliers de Petits-Terriens de rejoindre chaque jour la Grande-Terre, coeur économique et administratif, pour y travailler. Une véritable institution. Les Mahorais ont même inventé le verbe " barger "... tu barges à quelle heure ? Le Service des transports maritimes (STM), qui relève du conseil général depuis 2004, assure cette fonction depuis la fin des années 1970. A l'origine, la traversée s'effectuait par des boutres puis par des pontons. Actuellement, le STM dispose de deux barges piétonnes/voitures d'une capacité de 330 passagers, de trois amphidromes pouvant transporter une vingtaine de véhicules et d'une barge pour produits dangereux. C'est en 2017 que la STM a mis en service un amphidrome tout flambant, le " Karihani ", qui fait désormais briller la compagnie et permet un confort et un service de meilleure qualité. Une barge et un ponton supplémentaires sont disponibles en cas de problème. Les barges sont plutôt destinées aux piétons, scooters et véhicules légers, et les amphidromes aux gros véhicules. L'effectif du STM s'élève à près de 310 personnes. Les recettes récoltées par la régie sont intégralement reversées à la collectivité : 0,75 € la traversée pour les piétons et 15 € pour les véhicules, au départ de Mamoudzou, 35 € pour les véhicules utilitaires. Il est possible de " barger " avec son scooter ou sa moto sur la barge piétonne (2 et 3 €). Les trajets marchands quotidiens coûtent cher, et il convient pour les entrepreneurs de bien calculer les rotations inter-îles. En journée, les barges effectuent la rotation toutes les demi-heures (voire plus aux heures de pointe) et toutes les heures le soir, au départ de Dzaoudzi et de Mamoudzou. Au total, le STM recense plus de 4 millions de passagers par an, faisant de la barge mahoraise l'une des lignes maritimes les plus fréquentées de France. Compte tenu de l'évolution démographique, le trafic devrait encore augmenter. Depuis janvier 2011, le STM n'est plus un Service public à caractère administratif (SPA), mais un Service public à caractère industriel et commercial (SPIC), un changement important qui ouvre la porte à la privatisation : les 310 emplois et leur statut de fonctionnaire risquent d'être menacés, un redressement budgétaire est nécessaire pour la survie du service. L'embauche de personnes avec le statut de droit privé menace de voir le jour prochainement avec une augmentation de tarif que cela peut engendrer pour l'utilisateur. Enfin, il y a quelques années, l'idée d'un pont reliant Petite-Terre à Grande-Terre à l'image de l'île de Ré fut avancée puis oubliée. Elle refait régulièrement son apparition, mais ne figure pas dans le cadre des grandes priorités mahoraises. A suivre toutefois...

Place du tourisme

Le tourisme représente actuellement 7 % des entreprises actives de l'île, et concentre seulement 2 % des effectifs salariés. Pourtant, c'est un secteur d'activité avec un fort potentiel de création de valeur ajoutée et d'emploi. L'évolution du transport aérien est à mettre en relation avec le développement du tourisme à Mayotte. L'essor de ces deux secteurs ne va pas l'un sans l'autre. En 2017, le nombre de touristes à Mayotte qui proviennent essentiellement de la métropole et de La Réunion s'élevait à 61 800, un record, dont 57 % viennent de France, 39 % de La Réunion et 4 % du reste du monde. La fréquentation reste marginale en comparaison de La Réunion et ses 550 000 touristes et l'île Maurice qui a accueilli plus d'1,3 million de visiteurs la même année. Mayotte stagne ou progresse un peu selon les années, évoluant en fonction de l'ouverture des lignes aériennes et des mouvements sociaux. C'est une jeune destination comparée à La Réunion et aux Antilles, elle cherche à se positionner sur de nouveaux marchés, en Europe principalement. Selon les études, en 2017 on dénombrait 42 500 visiteurs venus à Mayotte pour rendre visite à une connaissance, à des amis ou à la famille (c'est le tourisme affinitaire), contre 10 000 touristes " purs " (tourisme d'agrément) et 8 200 visiteurs en tourisme d'affaires. Ce sont donc des touristes qui dépensent peu, souvent logés et véhiculés par leurs proches. Le manque d'infrastructures d'assainissement et de transport, le coût élevé du transport aérien, le manque de structures d'hébergement et de qualification de la main-d'oeuvre disponible sont autant de facteurs qui ne permettent toutefois pas d'envisager un développement massif du tourisme à Mayotte, par contre le développement d'un tourisme de niche, garant de la survie de l'écosystème, est nécessaire. D'ailleurs, dans cette optique d'ouverture des marchés, le Comité Départemental du Tourisme Mahorais (CDTM) participe chaque année au Salon de la plongée à Paris et au Salon du tourisme et des loisirs de Mayotte, et depuis peu au Salon du tourisme ITB de Berlin et au Salon Nautique Boot de Düsseldorf. La départementalisation rassure, elle est une force aujourd'hui pour séduire les Allemands, les Suisses ou les Belges. L'île a les moyens pour cela avec des richesses uniques dont le plus grand lagon fermé du monde, le deuxième parc marin de France, mais aussi une rivière culturelle qui prend sa source dans le peuple bantou d'Afrique. Les sondages montrent que, malgré les prix souvent élevés, 75 % des visiteurs sont satisfaits de leur séjour et 60 % d'entre eux y reviennent pour la seconde fois (ou plus). L'objectif de Mayotte est donc de se positionner en complémentarité des autres îles de l'océan Indien, comme La Réunion et Madagascar ; des combinés Kenya/Mayotte et La Réunion/Mayotte sont déjà dans les catalogues. Mayotte fait partie du label " Îles Vanille " qui regroupe les îles de l'océan Indien (Maurice, Madagascar, La Réunion, Mayotte, les Seychelles ou encore les Comores) sous une marque commune afin de proposer une offre régionale compétitive et un pôle attractif dans le tourisme mondial. Mais le transport aérien freine le développement du dispositif et la suprématie de l'île Maurice en tant que leader touristique perturbe les décisions. Le Raid Amazone relayé par TF1 a eu lieu en 2010 sur l'île, une superbe vitrine pour la destination ; d'ailleurs, depuis, des séjours sportifs sont désormais proposés par un opérateur spécialisé. Des projets agrotouristiques sont toujours en stand by, le conseil général dispose d'une enveloppe annuelle de 200 000 € pour travailler sur le terrain du tourisme rural, pour se structurer. En 2012, le gouvernement a accéléré les choses grâce au Plan d'aménagement et de développement durable, le PADD pour les intimes, qui autorise l'implantation d'hôtels en bord de plage, sur le littoral. Les financements FEDER de l'Union européenne ont également permis l'apparition de nouvelles structures touristiques en 2018-2019, notamment le Hamaha Beach Hôtel qui accueille des touristes depuis août 2019, et certaines devraient ouvrir leurs portes d'ici 2020, comme l'hôtel de la Pointe Mahabou ou les deux nouvelles structures de Combani. Les grands groupes hôteliers et de tourisme ne s'y sont pas trompés et ont déjà repéré les lieux de ce 101e et dernier département français.

Enjeux actuels

Avec 9 220 €, le PIB par habitant mahorais est le 3e de la zone Océan indien, devant Maurice et l'Afrique du Sud, mais reste deux fois moins élevé qu'à la Réunion et trois fois moins élevé qu'en métropole. D'une manière générale, les investissements privés et publics continuent d'augmenter. Mayotte est depuis le 1er janvier 2014 la 9e Région ultra-périphérique (RUP) de l'Union européenne et bénéficie désormais des fonds structurels européens pour accélérer son développement. Pour que ce changement de statut se fasse en douceur, le Conseil de l'Europe et le Parlement européen ont adopté en décembre 2013 des mesures législatives spécifiques pour Mayotte en lui accordant des périodes transitoires dans les domaines de l'environnement, la pêche, l'agriculture, la politique sociale, la santé publique et la fiscalité. La Commission européenne a validé le 8 août 2014 l'octroi de 16 milliards d'euros à la France dans le cadre de la politique de cohésion 2014-2020. De cette enveloppe globale, le Département bénéficie de 223,6 millions d'euros injectés sur les différents programmes suivants : 148,9 millions d'euros au titre du FEADER (agriculture et développement rural) ; 70,1 millions d'euros au titre du FSE (emploi, inclusion et formation) ; 4,6 millions d'euros dans le cadre de l'Initiative pour l'emploi des jeunes sur 2014-2015. Bonne nouvelle pour Mayotte, puisque les crédits alloués à la coopération territoriale pour les RUP sont augmentée de 150 % sur la période 2014-2020. Les programmes de coopération consacrés aux RUP disposent d'une enveloppe de 12 millions d'euros que Mayotte doit partager avec Madagascar et les Comores sur le volet transfrontalier, et 21,8 millions d'euros avec les pays du sud-ouest de l'Océan Indien sur le volet transnational. Enfin, le montant pour le nouveau FEAMP (affaires maritimes et pêche) est doté d'une enveloppe de 12,3 millions d'euros pour les 5 DOM, cependant la somme allouée à Mayotte sera connue une fois les programmes opérationnels établis.

Agriculture et pêche. On compte environ 2 600 agriculteurs inscrits à la Chambre d'agriculture, de la pêche et de l'aquaculture de Mayotte (CAPAM). L'agriculture mahoraise reste une source d'approvisionnement alimentaire personnelle pour certains et un complément de revenu pour d'autres, les parcelles d'exploitation sont petites, le manque de main-d'oeuvre, de formation, l'absence de machines et de techniques d'irrigations sont autant de facteurs qui explique le frein au développement. Depuis 2012 une dizaine de nouvelles serres ont été implantées, mais seulement 2 ou 3 sont opérationnelles, les autres appartiennent à certaines personnes qui cultivent plus les subventions que les légumes. Les serres sont vides et envahies par la végétation. Les premiers balbutiements de la filière se font sentir depuis le nouveau plan de rattrapage pour la production locale et le développement " Plan Mayotte 2015 ", qui concernait la production fruitière et maraîchère. L'objectif était d'atteindre 310 tonnes de légumes, soit 40 tonnes supplémentaires et 210 tonnes de fruits, soit 30 tonnes par an pour les nouveaux marchés, nous en sommes encore loin. En cause, le manque de moyens et d'outils aux exploitants, un réseau d'irrigation, de voirie et d'électricité rural peu développé et un manque de diversification de la production avec des variétés nouvelles porteuses. Pourtant, le Plan a été renforcé par les fonds structurels européens, puisque les 60 millions d'euros alloués dans le cadre du FEADER doivent bénéficier à la filière. Entre tradition et modernité, la notion de coopérative prend tout son sens à Mayotte, les petits producteurs vendent leurs produits à la Coopérative des Agriculteurs du Centre (COOPAC) qui se charge ensuite de la revente en gros et au détail. D'un point de vue éthique, les agriculteurs mettent en place une véritable démarche de qualité, utilisent très peu d'engrais et d'insecticides. En 2019, la CAPAM s'oriente elle aussi vers l'axe bio, qui favorise les emplois directs et un développement durable. L'agriculture mahoraise se veut donc innovante, mais reste fragilisée par les éléments naturels, comme nous l'a rappelé le passage du cyclone Kenneth en avril, qui a détruit de nombreuses plantations sur son chemin, et par le surendettement de l'organisme qui peine à redresser la balance.

Côté mer, le lagon mahorais est devenu en 2010 une réserve naturelle protégée, qui limite les captures et préserve les espèces les plus menacées ; d'ailleurs, il est prévu de développer en particulier les filières aquacoles respectueuses de l'environnement et que celles-ci bénéficient directement aux populations locales. Cependant plusieurs types de pêche coexistent à Mayotte : la pêche industrielle thonière qui ne profite pas vraiment à Mayotte, une pêche côtière composée de 380 barques et palangriers, et une pêche artisanale et rudimentaire composée d'environ 900 pirogues. Avec son statut de RUP, Mayotte va profiter de l'enveloppe attribuée à ce secteur qui va permettre aux pêcheurs de développer une activité professionnelle hors du lagon, écologiquement exemplaire et pourvoyeuse d'emplois et de produits de la mer pour Mayotte. La société Channel Gateway qui gère désormais le port va construire une digue anti-clapot, une zone de débarquement pour les produits halieutiques, une zone de transformation des produits de la pêche et une zone de réparation navale. Ne l'oublions pas, avec sa zone économique exclusive (ZEE) de 74 000 km², le département dispose d'un potentiel considérable. La production aquacole est également en constante augmentation depuis 2012, la production de l'écloserie de l'Association pour le développement de l'aquaculture à Mayotte (AQUAMAY) aussi, seules les exportations peinent à augmenter. Différentes aides à travers des dispositifs cofinancés par le Conseil général, l'État et l'Europe devraient contribuer à améliorer le secteur dans sa globalité. En 2019, l'enjeu pour Mayotte est de se moderniser pour respecter les normes européennes, notamment en permettant une meilleure réfrigération des poissons à l'arrivée à quai, et en favorisant l'utilisation d'embarcations plus sécurisées et correctement immatriculées.

BTP. Ce secteur, qui avait bénéficié d'une période très favorable jusqu'au premier semestre 2008 avec, en prime, l'extension du centre hospitalier de Mayotte, l'aménagement du port de Longoni et la construction du marché couvert de Mamoudzou, voit aujourd'hui ses carnets de commande diminuer. Cependant grâce au plan de relance du gouvernement, l'Etat accompagne Mayotte pour des chantiers de réhabilitation d'écoles et de routes nationales. Dans ce dessein, il faut aussi compter sur l'évolution qu'engendre la départementalisation, une multitude de sociétés se créent pour répondre à une société toujours plus exigeante qui aspire à consommer de la même manière qu'en métropole. Pour remédier au déclin, la cellule mahoraise du bâtiment et travaux publics (CEMBTP) revient sur le devant de la scène depuis juin 2014. Pour favoriser l'activité et l'emploi, le CEMBTP analyse les projets du département et apporte des solutions à ceux qui sont bloqués, encadre les délais de réalisation des projets, et accompagne les mairies qui manquent d'expertise dans le pilotage des opérations. Mais le secteur continue de souffrir, en 2017 plus de 150 salariés de la filiale mahoraise de l'entreprise de BTP Colas ont fait grève pendant plus de cinq semaines, réclamant une augmentation de salaire et la mise en place d'une retraite complémentaire. En 2018, l'île a de nouveau été paralysée pendant un mois et demi, la grève étant cette fois générale et rassemblant différents secteurs de l'économie. Depuis, quelques grands chantiers ont contribué à la redynamisation du secteur, comme l'aménagement du front de mer de Mamoudzou, sans toutefois offrir de solution durable.

Tourisme. L'objectif du comité du tourisme (CDTM) est d'atteindre à court terme la barre des 100 000 visiteurs. Avec une augmentation de son budget de fonctionnement et d'actions de 70 % en 2014, le comité du tourisme a désormais plus de moyens pour développer sa stratégie et promouvoir la destination. Les projets hôteliers doivent sortir de terre, le Plan d'aménagement et de développement durable (PADD) adopté en conseil d'Etat le 15 janvier 2008 prévoit la création de quatre sites touristiques avec des structures hôtelières aux standards internationaux. Ceux retenus sont situés au sud de Mayotte, deux d'entre eux sur la commune de Bouéni, un troisième au village de Bambo Est sur la commune de Bandrélé et le dernier sur la commune de Sada à Mtsanga Beach où une vieille structure existe déjà. Mayotte doit se démarquer, dans un environnement très concurrentiel avec La Réunion, Maurice, Seychelles, Maldives et Madagascar, et se positionner comme destination authentique avec son potentiel touristique naturel qui a besoin d'être valorisé. D'un autre côté, Mayotte doit aussi travailler en intelligence avec les îles de l'Océan indien pour développer une offre touristique régionale. D'ailleurs le CDTM fait partie du concept " Îles Vanille " avec Maurice, Madagascar, La Réunion, les Seychelles et les Comores, un label commun qui permet de constituer une offre régionale compétitive et un pôle attractif dans le tourisme mondial. La carte de l'écotourisme avec la découverte de l'arrière-pays mériterait plus d'attention, pour cela le développement d'une gestion écologique des sites d'hébergement touristique est important. Autre axe, la création d'un concept architectural " de charme " permettra à l'île de briller à l'international. Dans les développements à venir, le Casino de Saint-Denis à La Réunion cherche à s'implanter à Mayotte, mais des obstacles ralentissent les négociations, Mayotte doit devenir une station balnéaire ou thermale comme cela se fait en France. Enfin, le Groupement des entreprises mahoraises du tourisme (GEMTOUR), créé en 2014, permet désormais de structurer les différentes filières du tourisme et d'avoir plus de chance de bénéficier des fonds de financements européens.

Transport aérien. L'allongement prévu de la piste de l'aéroport a été abandonné au profit de la construction de la nouvelle aérogare. Rutilante, elle est opérationnelle depuis le 14 mai 2014, des passerelles, escaliers roulants, des tableaux d'affichage modernes et des comptoirs pour les compagnies aériennes. Face à l'aérogare des Algéco exclusivement dédiés aux loueurs de voitures avec parking. Cette infrastructure capable d'absorber l'augmentation constante du trafic, et gérée depuis 2011 par la société SNC-Lavalin, est passée en 2017 entre les mains de la société Edeis. Le trafic aérien reste stable en 2018, l'aéroport de Dzaoudzi-Pamandzi enregistrait 369 014 passagers hors transit, en constante évolution, l'aéroport de Mayotte devrait passer à 615 000 d'ici 2025. Depuis l'été 2016, Air Austral propose 2 vols directs par semaine entre Paris et Mayotte (sans escale) à bord d'un Boeing 787-8 Dreamliner bi-classes de 262 sièges, ce qui devrait faciliter les demandes de voyageurs grâce à la baisse des tarifs et du temps de trajet. Huit compagnies aériennes desservent Mayotte, dont deux nouvelles compagnies avec EWA qui effectue depuis 2013 des liaisons régionales et AB Aviation qui relie Mayotte aux îles des Comores depuis 2015.

Transport maritime. Depuis que les nouveaux pontons de Mamoudzou, Longoni et Petit-Terre sont opérationnels, Mayotte travaille pour faire venir plus de croisiéristes. L'île est une escale parfaite puisqu'elle est située sur la route des bateaux qui vont des Seychelles à Zanzibar, de Madagascar à l'île Maurice, en passant par La Réunion. Reste le lagon à préserver. Mayotte Channel Gateway SAS (MCG) est responsable depuis le 1er novembre 2013 de l'exploitation et du développement du port. La zone portuaire est passée de 61 à 73 ha, avec une zone complémentaire de 60 ha dans les environs du port. Un projet ambitieux a été lancé pour faire de Mayotte un Hub régional en devenant une plateforme de transbordement de référence dans la région. Au niveau économique, les projets concernent l'augmentation des tonnages et le trafic des conteneurs, le renforcement du cabotage et des lignes commerciales et la création d'une plateforme de transbordement de référence. Au niveau de l'infrastructure industrialo-portuaire la zone industrielle va être étendue, et la création d'une zone économique spéciale et la conception d'une gare maritime et routière sont prévues. Cependant la part des croisiéristes reste très faible, 1,5 % des touristes en 2015. Les chiffres vont certainement évoluer, puisque depuis 2016 la compagnie Silversea programme Mayotte dans ses escales, avec le retour du bateau de croisière de luxe MV SILVER CLOUD et ses 260 croisiéristes à bord !

Transports routiers. La Direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DEAL) a réalisé des travaux en 2014 sur la ligne névralgique qui relie Tsoundzou à Koungou. Les 15 kilomètres qui relient les deux villes sont aménagés pour renforcer la sécurité des piétons et améliorer la fluidité du trafic. Étalé sur 4 ans, le chantier a commencé avec l'élargissement du virage en épingle de Tsoundzou, suivi de la construction de trottoirs à Kawéni pour faciliter la circulation des piétons entre le Jumbo et le rond-point El-Farouk (SFR). L'alternative à la voiture et aux embouteillages principalement sur l'axe RN1-RN2 reste la création d'une nouvelle ligne de transports en commun express, évaluée à 5 millions d'euros ; cette ligne devrait s'étaler de Tsoundzou II à Majicavo, mais ce projet est toujours en stand bye tant que le conseil général ne met pas la main à la poche. Pas d'autoroute prévue pour les années à venir ! Par contre, plus de quatre millions d'euros par an seront investis jusqu'en 2020 pour entretenir ou rénover les routes de Mayotte. La circulation dans la banlieue de Mamoudzou se fait de plus en plus dense, pourtant des déviations apparaissent, et les aménagements réalisés en 2014 sur la RD 14 à Mamoudzou, entre Cavani et l'École de musique ne suffisent pas. Les efforts vont porter sur la RD3 (entre Passamainty et Combani), la RD1 (Mtsamboro-Combani-Coconi), la RD2 (carrefour de Soulou-carrefour de l'ISDND) et de très nombreuses portions dans le sud ainsi que la RD16 Kahani-Chiconi et la RD7A Chiconi-Sohoa qui ont des routes très abîmées. L'axe Longoni-Mamoudzou qui relie le port et la zone industrielle de Kawéni est très congestionné aux heures d'affluence et le rond-point de la barge est difficile à passer. Pour y remédier, des études sont menées, une nouvelle liaison entre la zone de Kawéni et la zone Nel pourrait voir le jour après les entrepôts de la Sodifram. Et pour décongestionner davantage, une rocade de Mamoudzou par les hauteurs est également à l'étude.

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