Guide des Îles Anglo-Normandes : Histoire

Chronologie
Chronologie

800 av. J.-C. > Arrivée des Celtes venus de Gaule et de Germanie.

60 av. J.-C. > Conquête des îles par les Romains.

555> Martyre de saint Hélier.

911> Traité de Saint-Clair-sur-Epte ; Charles le Simple cède la Normandie à Rollon.

933> Domination des îles par le duc de Normandie, Guillaume Longue Épée, fils de Rollon.

1066> Conquête de l'Angleterre par le duc Guillaume le Conquérant.

1204> Le roi d'Angleterre, Jean sans Terre, perd la Normandie, mais les îles lui restent fidèles.

1373> Bertrand Du Guesclin s'empare de Jersey, puis les Anglais récupèrent l'île.

1380-1382> Les Français s'approprient Jersey.

1483> Publication de la bulle de neutralité par le pape Sixte IV.

1518> Épidémie de peste, de même qu'en 1563 et 1626.

1565> Hélier de Carteret colonise Sercq et Elizabeth Ire le consacre seigneur.

1568> Les îles transfèrent le siège épiscopal de Coutances à Winchester (Angleterre).

1572 > Arrivée de nombreux huguenots français.

1590-1600> Construction d'Elizabeth Castle au large de Saint-Hélier, à Jersey.

1600-1604> Sir Walter Raleigh est gouverneur de Jersey.

1649> Exécution de Charles Ier ; son fils Charles II trouve asile à Jersey où il est proclamé roi. Guernesey, hostile au roi, soutient Cromwell.

1651> Cromwell parvient à défaire la résistance royaliste. Prise d'Elizabeth Castle.

1658> Mort de Cromwell. Restauration de la monarchie. Charles II est à nouveau proclamé roi et cède à George Hélier les terres américaines du New Jersey.

1677> Le roi pardonne à Guernesey d'avoir pris le parti de Cromwell.

1685> Révocation de l'édit de Nantes ; nouvelle arrivée de protestants français.

1781> Bataille de Jersey. Rullecourt échoue de peu. Le major Peirson, héros jersiais, est tué au cours de la bataille.

1827 > Première liaison par bateau à vapeur entre Jersey et Weymouth.

1832> Épidémie de choléra, de même qu'en 1849.

1837-1902> Règne de la reine Victoria.

1847> Construction d'une digue de 1 000 m à Aurigny, mais le projet est abandonné en 1864.

1852 > Victor Hugo s'exile à Jersey, puis à Guernesey.

1858> Pose d'un câble télégraphique sous-marin entre Jersey et l'Angleterre.

1915> Départ d'un contingent d'hommes de Jersey pour la Grande Guerre. Plus de 800 d'entre eux seront tués au cours des batailles.

1934> Arrivée du premier avion de transport de voyageurs.

1939> Invasion massive de doryphores (parasites de la pomme de terre) causant la ruine de nombreux agriculteurs.

1940> Le 18 juin, l'île est démilitarisée. Le 28 juin, bombardement puis occupation de l'île par les Allemands. Construction de nombreux ouvrages défensifs.

1942> 1 200 personnes sont envoyées en Allemagne.

1944> Arrivée du navire de ravitaillement de la Croix-Rouge, Véga, le 30 décembre.

1945> Le 9 mai, Jersey est libérée par les troupes britanniques. Le 7 juin, le roi George VI et la reine Elizabeth visitent l'île.

1946> Les États de Guernesey achètent Herm.

1950> Proclamation de la loi autorisant le divorce.

1953> La Cour internationale de justice attribue les Ecréhous et les Minquiers au bailliage de Jersey. Couronnement d'Elizabeth II.

1971> Construction d'une usine de dessalage d'eau de mer à Jersey.

1987> Une tempête dévaste les côtes de la Manche, et surtout les îles.

1992> Ouverture du Marché commun. Les îles décident de ne pas en faire partie.

1993> Les frères Barclay achètent l'île de Brecqhou pour 2,3 millions de livres.

1998> Décès du Major Wood, gérant de Herm.

1999> Cinquantième anniversaire de l'acquisition du bail de Herm par la famille Wood.

2000 > Le Levoli Sun coule le 30 novembre, à 10 km au nord d'Aurigny.

2002> Les îles, et plus particulièrement Jersey et Guernesey, fêtent les 200 ans de la naissance de Victor Hugo, leur plus célèbre pensionnaire.

2004> Célébration des 800 ans d'indépendance.

2005 > Commémoration des 60 ans de la libération des îles le 9 mai 1945, le lendemain de l'Armistice.

2006> Suite à une plainte déposée par les frères Barclay à la Cour européenne des droits de l'homme, Sercq vote par référendum la fin du régime féodal.

2008> Découverte de la " maison de l'horreur " à Jersey. Sercq organise les premières élections de son histoire. Fin du féodalisme. Herm change de propriétaire. L'île aurait été cédée à John et Julia Singer pour 15 millions de livres.

2009 > Les fameux restes humains retrouvés à Jersey en février 2008 dateraient du XVe au XVIIe siècles.

2011> Sercq se voit attribuer le label " île de ciel noir " par l'IDA (International Dark-Sky Association), une association américaine qui lutte contre la pollution lumineuse.

2015> Jersey est la terre d'accueil des International Island Games Association.

23 juin 2016> Suite à un référendum, la Grande-Bretagne décide de sortir de l'Union européenne. Pour les îles Anglo-Normandes qui n'étaient pas dans le marché commun, la décision n'a que peu de poids en l'état si ce n'est que les deux capitales, Saint-Hélier (Jersey) et Saint-Peter-Port (Guernesey), se rêvent comme les futures terres d'accueil d'une partie des activités de la City de Londres. La construction en cours de l'IFC (International Finance Center) à Saint-Hélier en est d'ailleurs l'exemple concret.

16 mai 2018> Les élections générales de Jersey renouvellent les 29 députés des 18 districts, les 8 sénateurs et les connétables des 12 paroisses.

Des origines à nos jours
Fairy Ring, site néolithique.
Fairy Ring, site néolithique.

Le nom français d'îles Anglo-Normandes ne reflète que très imparfaitement une histoire et une préhistoire complexes. Il est bien difficile d'avoir une vue d'ensemble de l'histoire ancienne tant les érudits de chaque île et des continents, au nord et au sud, se sont relayés pour essayer de l'écrire. Trop de sentiments nationaux se mêlaient à l'affaire pour qu'une grande objectivité ait pu présider à ces récits. Fallait-il aborder l'histoire des îles par les origines celtes ? Allait-on, comme le suggère leur nom, se tourner vers l'Angleterre et la Scandinavie ? Quels mythes constituent des traces réelles de cette préhistoire, les mythes nordiques ou les mythes celtiques ? Ici comme ailleurs, aux héros légendaires s'ajoutent les fées, les sorcières et les animaux surnaturels dotés de pouvoirs magiques, comme ce grand chien noir diabolique, " le tchian du Bouôlay ", qui hantait les côtes de Jersey et prévenait les pêcheurs en cas de tempête, ou encore ces prétendus sabbats de sorcières autour des mégalithes.

Préhistoire

D'une certaine façon, la préhistoire est au fond de la Manche. Les humains qui marchaient sur la terre ferme (ou sur la glace) ont dû se faire hardis navigateurs pour gagner la haute mer. Le musée de Jersey, à Saint-Hélier, expose tous les restes découverts par les archéologues : ossements de mammouths, de rhinocéros laineux, d'élans et de rennes, des dents humaines et des éclats de silex, qui permettent de situer les groupes humains qui ont habité l'île. Les Celtibères s'installent dans les îles vers 2000 av. J.-C. Divers dolmens ou menhirs, tels que les Fouillages ou le dolmen de Dehus, à Guernesey, et l'allée et le tumulus de la Hougue Bie à Jersey, témoignent de ces époques dites obscures. Comme partout ailleurs, ces monuments préhistoriques ont été souvent démolis et pillés par ceux qui avaient besoin de pierres pour la construction. C'est ainsi que beaucoup d'entre eux ont disparu à Herm et à Sercq. La tribu gauloise des Unelles (ou Venelles), qui occupait la région de Coutances sur le continent gaulois, s'installe dans les îles vers 300 av. J.-C. Sur la base de la découverte de monnaies et de maçonneries romaines près de Saint Peter Port, on suppose une occupation romaine, lorsque Jules César se rendait maître de la Gaule vers 56 apr. J.-C. Cette occupation, en tout cas, n'a pas été très importante et n'était pas militaire. Les Romains, à leur déclin, seraient encore présents dans la région en 300 apr. J.-C. (Fort Longis à Aurigny), jusqu'à ce que les Francs les délogent vers 486-500 apr. J.-C.

Le christianisme

Le christianisme s'implante dans les îles au VIe siècle. A Guernesey, arrive saint Samson (ou Sampson), d'origine galloise, élève de l'Irlandais saint Patrick et évêque de Dol. Saint-Hélier, moine d'origine belge dit-on, fonde un ermitage à proximité d'Elizabeth Castle, à Jersey. Immortalisé par la ville qui porte son nom, il a été décapité par des pirates en 540. Selon la légende, ses ennemis ont dû s'y reprendre à 5 fois avant de le voir défaillir, car il réussissait à chaque fois à replacer sa tête sur ses épaules et à marcher ! Vers 568, saint Magloire, moine irlandais, également évêque de Dol de Bretagne, appelé aussi saint Mannelier, fonde un monastère à Sercq.

Les Vikings

Le IXe siècle est marqué par l'arrivée des Vikings. En 911, Rollon, un chef, reçoit du roi Charles III la province qu'il nomme la Normandie. Il devient le premier duc de Normandie. Son fils, Guillaume Ier, annexe les îles de la Manche, les îles Anglo-Normandes, en 933. Il introduit dans les îles de vieilles coutumes scandinaves telles que la Clameur du Haro et établit les droits féodaux. Un chef danois, un certain Jarl Hastings, serait l'auteur d'un massacre sur l'île de Sercq. Il aurait également détruit le monastère de Saint Magloire. C'est à cette époque que Jersey est divisée en 12 paroisses et Guernesey en 10, sous l'autorité de l'évêque de Coutances, lui-même dépendant de la province ecclésiastique de Rouen. Guillaume II le Conquérant, duc de Normandie, remporte la bataille d'Hastings en Angleterre et devient roi de ce pays en 1066. Les îles, un moment bretonnes, repassent sous l'administration normande, une administration d'inspiration islandaise dont le droit, original, subsiste encore.

Au coeur du conflit anglo-français

A partir du XIIIe siècle, les îles Anglo-Normandes vont souffrir des conflits franco-anglais et passer, parfois pour quelques mois seulement, du giron français dans le giron anglais. Elles vont peu à peu se fortifier, comme à Gorey et Grosnez, à Jersey, à Cornet ou Guernesey. Philippe Auguste reconquiert en 1204 la Normandie en oubliant les îles. Celles-ci décident de rester fidèles à l'Angleterre. C'est cette décision qui est à l'origine de leurs rapports particuliers avec l'Angleterre et leur permet d'acquérir un statut qui les caractérise encore aujourd'hui. L'archipel voit ses anciennes franchises confirmées par la reine Elisabeth Ire en 1553. Entre-temps cependant, les îles auront à subir des attaques de pirates, notamment celles d'Eustache le Moine, un ancien bénédictin reconverti dans la piraterie, qui s'empare de l'archipel jusqu'à ce que le traité de Lambeth entre la France et l'Angleterre, en 1217, rende les îles au successeur de Jean sans Terre, Henri III. Ce dernier, après avoir tenté vainement de reprendre la Normandie, conclut avec saint Louis (Louis IX) le traité de Paris. Il n'y est pas fait mention des îles Anglo-Normandes, qui reviennent de fait à l'Angleterre. Le représentant de Sa Majesté est le " Warden of the Isles ", le Gardien des îles. Le relais des pirates est pris par la flotte française, sous Philippe le Bel, pendant la guerre dite de Cent Ans (1337-1453). Le " Gardien des îles " devient alors chef d'armée et les îles des bases avancées de l'Angleterre. Elles subiront plusieurs occupations : Guernesey par les Ecossais en 1336, Sercq et Aurigny par les Français de 1338 à 1345, puis quelques semaines en 1356. La vie pouvait être terrible pour les îliens. En 1339, l'île de Jersey fut rasée à 3 reprises par les envahisseurs français. Le traité de Brétigny, signé en 1360, attribue les îles aux Anglais. Cela ne fait pas reculer les Français, qui reviennent à Jersey en 1373 sous le commandement de Du Guesclin, puis en 1380, 1416 et 1461 (Pierre de Brezé, sous Louis XI).

Tout au long des siècles, les îles continueront d'être mêlées à l'histoire de la France et à celle de l'Angleterre. Notamment durant la guerre des Deux Roses en Grande-Bretagne. Mais, peu à peu, le calme revient grâce aux bonnes dispositions à leur égard du nouveau roi, Edouard IV, qui demande à Rome d'apporter sa protection aux îles. En 1480, le pape Sixte IV déclare une bulle pontificale de neutralité et décide d'excommunier les auteurs d'actes de piraterie. Il semble que les pirates venaient notamment de Bretagne et d'Angleterre et qu'ils s'attaquaient en particulier aux personnes, aux biens et richesses dépendant de l'Eglise.

Ce privilège sera confirmé par les autorités successives, en particulier par Louis XI, François II de Bretagne, et même Henri VIII, durant la première année de son règne en 1510, reconnaissant ainsi l'indépendance des îles. Toutefois cette protection n'empêchera pas certains audacieux de continuer leurs exactions jusque dans le port de Saint-Hélier. Et l'on sait que cette tradition se maintient encore de nos jours dans les conflits entre pêcheurs. Ces dispositions fort favorables à l'archipel leur permettaient de commercer avec la France et l'Angleterre, même en temps de guerre. Ce privilège de neutralité durera 200 ans, jusqu'en 1689, quand Guillaume II, en lutte contre Louis XIV, n'admettra aucun commerce avec lui.

Du catholicisme à l'anglicanisme

A partir de l'accession au trône du roi Edouard IV, les îles seront rattachées, par décision papale, non plus au diocèse de Coutances, sur la presqu'île du Cotentin, mais au diocèse de Salisbury, puis à celui de Winchester. A cette époque, l'Angleterre est encore catholique. En fait, par la force des habitudes, Coutances continue à administrer ses anciennes paroisses jusqu'en 1569. En Europe débute la grande crise de la Réforme, avec à sa tête Luther et Calvin, crise qui provoquera plusieurs afflux de huguenots. Pendant ces heures tragiques de l'histoire anglaise, les îles ne peuvent rester à l'écart des événements. Jusqu'à son conflit avec le pape, Henri VIII est resté un fidèle défenseur du catholicisme et un opposant farouche à Luther. Ce fut d'abord le conflit entre le pape Clément VII et Henri VIII. On a présenté ce roi comme un insatiable et cruel conquérant de femmes, mais il faut faire la part des moeurs de l'époque.

A cette même époque, les guerres de religion et les poussées révolutionnaires font énormément de victimes. Rappelons également que le divorce n'est pas reconnu et le remariage est interdit. Ainsi les monarques ont-ils toujours eu recours aux papes pour faire annuler leur mariage. Il s'agissait souvent d'un prétexte important, tel que l'absence d'héritier, comme dans le cas d'Henri VIII. Celui-ci charge l'archevêque d'York de négocier l'annulation de son mariage avec Catherine d'Aragon, nièce du puissant Charles Quint. Or le pape refuse. Furieux, Henri VIII se fait nommer chef de l'Eglise d'Angleterre par le Parlement, fait annuler son mariage par l'archevêque de Cantorbéry, épouse la belle Anne Boleyn et rompt avec le pape, qui l'excommunie. Le roi d'Angleterre crée donc sa propre Eglise, l'Eglise anglicane, non reconnue par Rome. Pendant ce temps, le protestantisme est introduit dans les îles Anglo-Normandes. Malgré la réaction catholique sous Marie Tudor (1553), le calvinisme s'est bien implanté et il se développe aussi en Angleterre.

Les répressions royales en France, et en particulier le massacre de la Saint-Barthélemy, en 1572, provoquent l'afflux de huguenots, notamment de pasteurs qui assureront la prédication et le culte dans les nouveaux temples. C'est un presbytérianisme sévère qui s'implante, parfois très répressif, notamment en ce qui concerne les coutumes matrimoniales et les pratiques supposées de sorcellerie. Le comportement fanatique s'associe à des atrocités pratiquées par certains notables soucieux de ne pas déplaire au pouvoir royal de Marie Tudor. Pendant un temps cependant, la présence d'un gouverneur presbytérien modéré, sir Hugues Pawlett, et d'une nouvelle organisation en consistoires favorisent les calvinistes face à l'anglicanisme.

L'édit de Nantes en France (1598) et la présence du gouverneur Walter Raleigh (1600) favorisent sans doute la trêve et la tolérance, mais celles-ci ne durent que peu de temps. Avec l'avènement de Charles Ier, la nomination d'un gouverneur anticalviniste et l'envoi d'un évêque anglican, l'anglicanisme reprend le dessus. Du moins à Jersey, car à Guernesey l'opposition presbytérienne reste solide. Le calme ne règne pas longtemps du fait de la guerre civile qui va déchirer l'Angleterre, entre les partisans de Jacques Ier et les républicains de Cromwell. Jersey et son gouverneur Georges de Carteret tiennent pour le roi. Ils accueillent de nouveaux réfugiés, dont les fils du souverain menacé, et c'est là que sera proclamé roi Charles II après l'exécution de son père en 1649. C'est là également que débarqueront les troupes de Cromwell, amenées par une flottille de plus de 80 bateaux. Pendant ce temps, Guernesey se tourne vers les républicains de Cromwell et du Parlement. Cromwell parvient à vaincre ses adversaires en 1651, mais sa victoire sera de courte durée car la mort le rattrape en 1658. Son fils, qui n'est pas de taille à poursuivre son oeuvre, abdique sans délai. Charles II retrouve alors le trône d'Angleterre et les royalistes leur pouvoir. Ceux de Jersey seront récompensés pour leur loyauté dans la personne de leur gouverneur qui recevra une province d'Amérique du Nord, devenue le New Jersey.

Lors de la révocation de l'édit de Nantes, en 1685, de nouveaux huguenots se réfugient à Jersey, arrivant de Normandie en particulier. A partir de 1738, John Wesley, illuminé par les textes de Luther, fonde en Angleterre The Holy Club (le saint Club, littéralement), qui donnera naissance au méthodisme, nom lié aux exercices spirituels préconisés par son fondateur. Celui-ci prêche le retour aux sources de la Réforme, la liberté intérieure de l'homme et le recours au témoignage intérieur de l'Esprit. Les anglicans s'inquiètent de l'amplitude que prend le mouvement, et son fondateur se voit interdit de prédication en Angleterre. Malgré les persécutions, le culte " wesleyen " connut un grand succès dans les îles, où sa première chapelle fut construite en 1790, à Jersey.

De nouvelles guerres franco-anglaises provoquent des troubles économiques dans les îles, avec une dévaluation en 1730 et la baisse du cours du blé en 1769. Des idées nouvelles nées sur le continent provoquent la Révolution en France et pénètrent dans les esprits anglo-normands, amenant à une certaine démocratisation. Pour la dernière fois, dans un épisode tragi-comique selon certains historiens, de première importance selon les autres, Français et Anglais s'affrontent dans " la bataille de Jersey ". En 1781, à la suite d'une expédition, un aventurier français, le baron de Rullecourt, parvient à s'emparer par traîtrise du gouverneur. Une lutte s'engage qui tourne rapidement au profit des habitants, grâce à la réaction vigoureuse de la milice jersiaise menée par le major Peirson. Ce dernier meurt sur le champ de bataille et devient célèbre pour avoir sauvé Jersey. Cette victoire marque la fin provisoire des conflits, les Français étant occupés ailleurs.

Les îles, terres d'asile

Pendant la Révolution française, les îles vont à nouveau devenir terres d'exil en accueillant les nobles bretons et normands, puis les prêtres qui, refusant le serment constitutionnel, fuient les républicains et sauvent leur tête dans cette région où, de plus, on parle le français. La médaille toutefois avait son revers, puisque ces catholiques arrivaient en terre protestante. Les chroniques du département de la Manche racontent comment les prêtres du diocèse de Coutances ont rejoint l'île de Jersey qu'ils apercevaient de la côte du Cotentin. On estime que pas moins de 3 000 prêtres normands et bretons ont trouvé un asile à Jersey. A partir de l'été 1792, de Carteret à Granville, sur les côtes de la Manche, prêtres et nobles réfractaires se sont embarqués sur toutes sortes de bateaux pour traverser le passage de la Déroute. Ces départs étaient favorisés par des décrets des autorités départementales qui faisaient tout ce qu'elles pouvaient pour se débarrasser de ces ennemis du système républicain. Les gens arrivaient par colonnes des prisons ou de la campagne et campaient comme ils pouvaient, logeant parfois chez l'habitant, en attendant leur départ, dans la crainte de voir arriver les " jacobins " qui voulaient leur tête. L'accueil à Jersey, par les autorités civiles, les pasteurs protestants et la population, fut le plus souvent marqué de générosité : des souscriptions furent organisées au profit des exilés et le Parlement y ajouta des allocations annuelles, de 1794 à 1806. Ces catholiques transformèrent des pièces en chapelles dans les maisons qui leur avaient été louées.

L'île était protestante depuis longtemps, le dernier doyen catholique étant mort en 1565. Depuis deux siècles, aucune cérémonie catholique n'avait été célébrée sur l'île, qui avait compté autrefois plusieurs monastères. Tous les signes religieux catholiques avaient été supprimés au XVIe siècle et les chapelles confisquées. Aussi, comme en Hollande, le culte catholique ne fut-il autorisé qu'à condition de rester secret. Même si l'accueil avait été spontané, la présence d'une importante communauté catholique posa des problèmes : la tolérance des habitants leur fit accepter les rites et les soutanes mais pas le prosélytisme. Un avis du greffier des Etats, du 25 février 1794, énonça par la gazette de l'île de Jersey que " les Etats, ayant été informés que quelques ecclésiastiques catholiques romains ayant essayé de faire des impressions sur les habitants de cette île en matière de religion, ont jugé convenable de prier le Commandant en chef de faire sortir incessamment du pays ceux des dits catholiques romains qui lui seront dénoncés par quelque personne de crédit... " (J. Toussaint, " Le Clergé de Coutances déporté à Jersey ", Revue du Département de la Manche, octobre 1977.) Les catholiques romains qui porteraient atteinte à la religion protestante devaient donc être expulsés. Dans l'ensemble, les réfugiés comprirent qu'il fallait se faire discrets, d'autant que des chapelles avaient été créées pour leur culte. Beaucoup de prêtres firent le voyage aller-retour vers le Cotentin ou repartirent chez eux pour ne pas abandonner les paroissiens et les familles qui avaient besoin d'eux, malgré les risques de mort que cela comportait. On estime aujourd'hui que cet afflux fit tripler la population de Saint-Hélier. C'est aussi de Jersey que les Chouans tentèrent un coup de main sur Quiberon pour amener des troupes au secours des Bretons. Ce fut un grave échec. Restées à l'écart des guerres européennes de Napoléon, les îles ont payé leur tribut à cette grande boucherie en envoyant des troupes se faire tuer dans le nord de la France. Sur place, ces guerres ont favorisé le développement de la contrebande. Le passage des navires français au large des côtes des îles permit aux pirates de s'emparer de nombreux biens et armes. Les garnisons britanniques stationnaient dans les nombreux forts construits dans les îles. Le gouvernement anglais investit des millions de livres dans la protection de l'île d'Aurigny, la plus proche des côtes françaises.

L'émigration suivante eut lieu sous le règne de Napoléon III. Le plus célèbre réfugié politique fut certainement Victor Hugo. Celui-ci résida à Jersey de 1851 à 1855, puis s'installa à Guernesey de 1855 à 1870, jusqu'à la proclamation de la Troisième République. Les francs-maçons s'installèrent aussi à Jersey où ils inaugurèrent, en 1864, un temple maçonnique. On voit combien les îles Anglo-Normandes ont été accueillantes et combien le devoir d'hospitalité y a toujours été respecté.

Des îles britanniques

Avec l'apparition des bateaux à vapeur, les visiteurs se firent plus nombreux, ce qui permit aux îles de sortir de leur isolement. On y construisit de véritables routes, les ports subirent de grands changements pour l'accueil des gros bateaux de tourisme à coque métallique. L'anglais est alors enseigné à l'école par des professeurs venus d'Angleterre. Par souci de simplification des échanges commerciaux, les îles adoptèrent le système de poids et mesures anglais. Les pêcheurs se reconvertirent dans l'agriculture et l'élevage, une activité au revenu bien plus sûr. Les pommes de terre, les tomates et les produits laitiers furent exportés en quantité au Royaume-Uni. Le tourisme prit son essor en 1933, avec l'arrivée du premier avion transportant des passagers dans les îles. A cette époque, l'absence d'aéroport contraint les pilotes à se poser à marée basse sur la plage de Saint Aubin à Jersey.

La Seconde Guerre mondiale

Des îliens prirent part à la Grande Guerre de 1914-1918 en participant aux batailles du nord de la France au sein de l'armée britannique. Leur participation à celle de 1939-1945 fut de nature très différente. Pendant la guerre, en effet, les îles ont représenté l'Europe en réduction. Même certitude qu'il ne se passerait rien, jusqu'à ce qu'Hitler envahisse la Pologne. Bien que non mobilisables, beaucoup d'habitants s'engagèrent comme " sujets normands de Sa Majesté ". Mais le conflit ne semblait pas concerner ce coin de terre tranquille, jusqu'à ce que les Allemands occupent le Cotentin, à deux pas d'Aurigny.

Les Anglais, pensant que les îles n'avaient aucun intérêt stratégique pour les Allemands, retirèrent leurs troupes, firent rendre leurs armes aux îliens et déclarèrent les îles démilitarisées et neutres. La moitié de la population de Jersey s'embarqua cependant sur les navires marchands destinés habituellement aux pommes de terre et au charbon. Aurigny se vida de ses habitants en partance vers l'Angleterre, alors qu'à Guernesey un quart des habitants embarquèrent pour le continent. Sercq, au contraire, s'organisa pour résister moralement au futur occupant, sous la direction de Sibyl Hathaway, la Dame de fer de l'île. La Grande-Bretagne informa les Allemands, par l'intermédiaire de l'ambassade des Etats-Unis à Londres, de la démilitarisation des îles Anglo-Normandes.

Malheureusement le message ne fut pas reçu, et des voitures transportant des légumes furent bombardées à Jersey, tuant 44 personnes. A Guernesey, on raconte que c'est un avion solitaire qui conquit l'île. Il en fut en tout cas l'avant-garde, le détachement précurseur que suivirent rapidement des corps de troupe plus importants, sans coup férir. Les relations avec l'occupant furent d'abord courtoises. Seuls en firent les frais les pigeons voyageurs, les spiritueux et les radios, qui furent interdits, tandis que les pendules étaient mises à l'heure germanique. Des liens se nouèrent, par nécessité, dans un mélange de culpabilité intérieure et d'acceptation du fait qu'après tout, les Allemands étaient aussi des êtres humains. Comme ailleurs, certains et certaines s'engagèrent dans une franche et cordiale collaboration. La propagande et le contrôle de la presse interdirent les libertés naturelles, au profit d'activités occultes et interdites comme le sabotage des pistes de l'aéroport presque neuf et des avions allemands. Comme toutes les forces d'occupation, les nouveaux venus remplirent les îles de défenses, les vidèrent de leurs ressources et dépouillèrent les habitants, si bien qu'arriva le moment où les Allemands durent autoriser les îliens à s'approvisionner... en France. Ni les habitants ni les troupes n'avaient plus de ressources.

La culture des pommes de terre et des légumes ainsi que l'élevage auraient dû suffire aux besoins de tous, mais l'agriculture avait été détruite, les îles étant destinées à devenir de véritables cuirassés, des porte-avions immobiles au milieu de la Manche. En octobre 1941, Hitler ordonna à l'armée de transformer les îles Anglo-Normandes en " Gibraltar de la Manche ", avec la construction du mur de l'Atlantique. L'organisation d'un système de défense, modèle et inutile, amena sur les îles de nombreux travailleurs forcés dont beaucoup moururent de faim ou d'épuisement à la tâche. Hitler décida également que le système féodal et l'organisation politique ne correspondaient pas à ce que devait être une possession de l'Allemagne, future maîtresse de l'Europe. Mais, sur ce terrain, il tomba sur plus fort que lui, et finalement considéra qu'il s'agissait d'une " réserve naturelle ", témoin d'un passé révolu ! La conduite à droite fut tout de même imposée, les occupants n'arrivant pas à s'adapter au système anglo-saxon, et la langue allemande se propagea au moins sur les panneaux de signalisation. En ce qui concerne les écoles, l'allemand fut mis au programme mais, faute de professeurs, le règlement demeura lettre morte. Peu à peu, la situation s'aggrava et les contrôles se durcirent. Les îliens eurent recours aux mêmes succédanés que leurs homologues français : ersatz de thé, de confitures, de café, de tabac. La position des îles favorisait un marché noir incontrôlable avec l'extérieur. Du fait qu'il y avait presque autant d'Allemands que d'îliens, le problème de la collaboration et de la résistance se posa, car il était difficile sur une si petite surface de créer des maquis sur le modèle français. On pouvait du moins saboter, falsifier les chiffres de production, opposer une résistance passive et obscure, défier l'adversaire. Les îles eurent aussi leurs délateurs et leurs filles à soldats.La population se trouva bientôt prise en otage dans la lutte entre Hitler et Winston Churchill. Des déportations en Allemagne furent organisées, des sanctions furent prévues contre les terroristes et saboteurs qui s'attaquaient à l'armée allemande. Aurigny devint un camp de travail, encadré par des SS et dont bien peu sortirent vivants. Mais, au grand étonnement d'Hitler, les habitants des îles Anglo-Normandes restèrent totalement fidèles à la Grande-Bretagne. Les Allemands firent alors appel à des déportés d'Europe : des Russes, des Polonais, des Espagnols et des juifs de toutes nationalités, qu'ils employèrent comme main-d'oeuvre, de véritables esclaves selon les témoignages. Ils étaient chargés de transformer ces plates-formes en citadelles de béton armées de canons en tout genre, entourées de barbelés et de champs de mines. En fait, ces fortifications grevaient lourdement et inutilement le dispositif allemand sur le continent. De plus, tandis que les habitants souffraient de plus en plus de toutes les privations, les troupes allemandes, d'abord ravies d'être en vacances dans un si beau pays, commençaient à s'y ennuyer ferme. Lorsque le débarquement survint en Normandie, elles ne furent pas concernées, sinon moralement.

La situation empira, alors que les champs en friche attendaient, saison après saison, que l'on veuille bien s'en occuper à nouveau. Plus de lait dans un pays célèbre pour ses vaches, plus de viande, et les Allemands furent contraints de manger chiens et chats. La Croix-Rouge internationale put faire quelques livraisons grâce au navire Vega, mais celles-ci furent bien insuffisantes. C'est dans ce climat qu'à la suite du remplacement du chef de la garnison allemande par un autre, plus intrépide, les Allemands basés à Jersey décidèrent de débarquer aussi sur le continent, pour se ravitailler et se dégourdir les jambes. Au cours de la nuit du 8 au 9 mars 1945, les commandos allemands débarquent à Granville, libéré sans combat le 31 juillet 1944. E. Thin, dans son livre sur Granville (éd. OCEP) raconte : " Quatre dragueurs et un remorqueur, ayant le port pour objectif, trois patrouilleurs rapides équipés de pneumatiques pour les commandos, trois péniches de débarquement transformées et fortement armées, chargées de faire diversion et de bombarder les îles Chausey, ainsi que deux chalutiers armés, constituaient la flottille d'attaque. " La surprise est totale pour les Granvillais et les quelques troupes sur place : 150 jeunes recrues françaises à l'instruction à la caserne du Roc et un détachement américain chargés de la garde des prisonniers allemands occupés au déchargement des cargos. Mais les troupes allemandes avaient oublié un détail : les horaires des marées. Les bateaux qu'ils comptaient capturer étaient échoués dans la boue du port à marée basse. Les commandos se retirèrent avec peu de pertes (6 sur 130 hommes), avec pour seuls trophées des prisonniers américains et, en remorque, un cargo avec 112 tonnes de charbon.

Alors que la Normandie était libérée depuis presque un an, les îles Anglo-Normandes durent attendre la mort d'Hitler, le 1er mai 1945, et la capitulation allemande, pour enfin célébrer la victoire à laquelle elles avaient participé par l'engagement de leurs habitants aux côtés des troupes alliées et par le sacrifice de nombre des leurs dans les camps de concentration ou de travail. Le 9 mai 1945, un jour après l'Europe, les troupes allemandes se rendent sans condition et les forces britanniques débarquent. La paix revenue, les îles n'étaient plus les îles. Si elles retrouvèrent une partie de leur charme, il fallut aussi composer avec les hideuses constructions de la guerre et conserver la mémoire des tragiques événements qu'elles venaient de vivre, pour que leurs enfants et les touristes de toutes nationalités, y compris les anciens ennemis, n'oublient pas ce champ d'une bataille étrange, sans affrontement de corps d'armées et où les pierres étaient devenues forteresses.

Un statut particulier

En 1948, les îles Anglo-Normandes se sont dotées d'une nouvelle constitution. D'autres changements allaient suivre. Le refus de tout nouvel affrontement, aux conséquences dramatiques prévisibles, a conduit les Etats européens à reconstruire une paix durable, sur la base de nouveaux traités, de nouvelles coopérations, de nouveaux liens. Depuis la création du Marché commun, les îles Anglo-Normandes ont eu de nouveaux choix à faire, non pour un camp contre un autre, mais pour déterminer la nature de leurs relations avec l'Union européenne, tout en conservant leur originalité, en matière financière, économique, juridique et humaine. Les gouvernements autonomes des îles ont refusé en 1972 d'entrer dans la CEE. Elles ont finalement réussi à négocier un statut qui leur permet de préserver leur spécificité insulaire. Elles bénéficient d'un accord particulier au terme de l'article 277 du traité de Rome approuvé le 15 décembre 1971. Leur indépendance fiscale est préservée et les règles communautaires concernant le libre mouvement des personnes et le droit d'établissement ne leur sont pas applicables. En revanche, les règles communautaires de protection douanières y sont exécutoires. Les îles n'ont donc pas à harmoniser leurs taxes ni à se conformer aux lois régissant le libre mouvement des travailleurs. Elles peuvent en outre protéger leur bétail et sauvegarder en particulier la pureté des races bovines. Elles ont aussi obtenu de conserver le droit du commerce en duty free. En 2012, les îles restent des paradis fiscaux et échappent toujours à l'Union européenne dont les directives ne leur sont pas applicables. Cependant, le secret bancaire peut être levé dans le cas d'affaires pénales et les îles coopèrent et échangent des renseignements fiscaux, si nécessaire, avec l'OCDE suite aux pressions des pays membres du G20 en 2009.

A l'heure d'aujourd'hui, elles attirent toujours bon nombre d'entreprises et d'établissements bancaires qui tirent largement profit du statut fiscal des îles. Sur le plan politique, l'île de Sercq a dû se résoudre à abandonner en partie son statut féodal pour se conformer aux prérogatives de toute démocratie qui se respecte. Des élections y sont désormais organisées depuis 2008 tous les deux ans. Aujourd'hui, avec le vote anglais du Brexit en juin 2016, l'heure est plus que jamais à la financiarisation, tant à Jersey qu'à Guernesey. Mais les conditions de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne risquent de laisser une grande partie non des îliens, mais des travailleurs immigrés des piles (notamment les Européens de l'Est) sur le carreau, comme semblent le prouver les récents durcissements de la législation sur les visas de travail à Guernesey qui se rapproche ainsi de plus en plus de celle en vigueur à Jersey.

L'origine des noms

Contrairement à la croyance populaire, il est peu probable que Jersey se soit autrefois appelée Césarée. Vers 285 apr. J.-C., l'itinéraire antonin répertoria 15 îles et l'on estime que Jersey était alors appelée Andium. Elle fut rebaptisée du nom d'Angia, " une grande île ", sous l'influence des Bretons. En norrois, la langue scandinave, le suffixe ey signifie " île ", c'est ainsi qu'ont été nommées Jersey, Guernesey, Chausey et Alderney (le nom d'Aurigny en anglais). " Geirr " est le nom d'un chef pirate qui prit l'île aux Bretons. C'est aux Normands que l'on doit le nom des îles Anglo-Normandes.

Jersey la Royaliste contre Guernesey la Parlementaire

Lorsque Charles Ier prit le sentier de la guerre civile contre le Parlement en 1642, Jersey espérait rester neutre. L'homme qui rendit cette neutralité impossible fut Sir George de Carteret, capitaine de la Marine royale et neveu du bailli de l'île, Sir Philippe de Carteret. Sir George fut chargé par les royalistes de les ravitailler en munitions depuis la France. Il prit la mer et attaqua des navires marchands qui se rendaient à Londres, ville aux mains des parlementaires. Il vendit leurs vaisseaux et, avec l'argent ainsi gagné, il acheta des armes avant de retourner à Jersey. Entre-temps, l'île tomba dans l'anarchie et les luttes fratricides. Le Parlement élut son propre gouverneur qui prit poste à Saint-Hélier, tandis que les royalistes tenaient Mont Orgueil. A la mort de son oncle, Sir George de Carteret rassembla les troupes, débarqua à Mont Orgueil et reconquit l'île pour le roi. Cependant les Jersiais, royalistes pour la forme, refusèrent de combattre. Au même moment, Guernesey prit le parti de Cromwell, tandis que son gouverneur, Sir Peter Osborne, resta fidèle à la cause royaliste. Celui-ci se retrancha seul dans la forteresse de Castle Cornet. De 1643 à 1651, le château fut en guerre avec Saint Peter Port. En 1651, l'amiral Blake et le colonel James Heane prirent la mer depuis l'Angleterre pour se rendre à Jersey et y faire capituler les défenses royalistes les unes après les autres. Seul le château Elizabeth, position intensément défendue par Carteret, résista. Les parlementaires firent alors importer du mortier géant de l'Angleterre. Un boulet atterrit sur la vieille abbaye abritant un magasin de munitions et l'ensemble des bâtiments fut détruit. Quarante personnes trouvèrent la mort et l'approvisionnement fut également détruit. Quelques jours plus tard, la garnison se retira et le siège, qui avait duré 50 jours, prit fin. Castle Cornet fut le dernier bastion royaliste des îles Britanniques à se rendre aux forces parlementaires. Sir George de Carteret partit pour la France où il devint amiral dans la Marine française. Après la restauration de la monarchie, il fut récompensé par le roi. Jersey allait alors jouir d'une période de paix et de stabilité.

Préparez votre voyage !

transports
  • Vol pas cher
  • Louer une voiture
  • Réservez un ferry
  • Location de moto
  • Taxi et VTC
hebergement
  • Tourisme responsable
  • Réservez un hôtel
  • Location de vacances
  • Trouvez votre camping
Séjours
  • Voyagez sur mesure
Sur place
  • Assurance voyage
  • Activités Funbooker
  • Réservez une table
  • Trouvez une activité

Adresses Futées des Îles Anglo-Normandes

Avis
Jeu concours

Les jeux concours du moment

Remportez 2 week-end de prestige aux portes de la Normandie !

2 séjours pour 2 personnes avec l'Office de Tourisme Terres de Seine ! (2 gagnants)

Une escapade zen et reposante...