Guide des Îles Anglo-Normandes : Arts et culture

Architecture

L'architecture de l'île emprunte au granit local son caractère et ses qualités esthétiques. A la beauté de la pierre s'ajoute une solidité légendaire. Eglises, châteaux, maisons, fermes, digues ont été construits dans cette pierre rude aux multiples teintes colorées. Du rose pâle au gris foncé en passant par les jaunes, les bâtisses ressemblent à celles de Normandie.

Lors de vos promenades sur les îles, vous ne pourrez manquer de noter la présence d'un nombre important de tours anciennes en granit et de blockhaus en béton armé. Ce sont les témoins de l'histoire guerrière et mouvementée des îles et de leurs tentatives, souvent couronnées de succès, de repousser les envahisseurs.

Les fortifications médiévales : Exposées aux raids meurtriers des Vikings, les îles du duché de Normandie ont dû se munir de défenses sur leurs côtes. Plus tard, lorsque les îles choisirent de rester sous la souveraineté anglaise, en 1204, elles furent envahies par les Français. Il fallut alors fortifier les côtes occidentales. C'est à cette époque que, sur un rocher à l'entrée de Saint-Peter-Port à Guernesey, fut édifié Castle Cornet au XVIe siècle qui devint un point stratégique de défense. De solides murs d'enceinte entrecoupés de demi-tours rondes protègent les cours extérieure et intérieure, un imposant donjon central, un hall et une chapelle.

Les tours militaires Tudor : Au début du XVIe siècle, Henry VIII et sa fille Elizabeth Ire ordonnèrent la construction de nouveaux ouvrages pour défendre les populations contre les ennemis du continent. Parmi ces ouvrages défensifs figurent des batteries stratégiques, tel le fort Pezeries qui surplombe au sud la baie de Rocquaine (Pleinmont) à Guernesey.

Les tours Martello : A la fin du XVIIIe siècle et pendant les guerres napoléoniennes, la pression pour renforcer la défense côtière se fit beaucoup plus forte. Jusqu'à 60 batteries opérationnelles furent construites allant du simple 2 ou 3 canons sur plates-formes en pierre, à des ensembles bien plus complexes abritant un magasin de poudre en plus de plusieurs canons. Les tours qui se dressent à l'arrière des plages sont improprement appelées tours Martello, du nom des tours génoises qui protégèrent le littoral corse à partir de 1790. Comme leurs soeurs de l'île de Beauté, ce sont des tours cylindriques à deux étages. Le nom de Martello leur vient en fait du nom d'un cap situé dans le golfe de San Fiorenzo, où l'armée anglaise s'est heurtée à la résistance de l'une de ces tours, occupée seulement par une petite garnison, pendant près de 2 jours. Les Anglais en ont alors adopté le modèle pour leurs propres fortifications.

Les défenses de l'ère victorienne : Au XIXe siècle, alors que la France connaissait une résurgence du pouvoir militaire, les îles furent amenées à revoir leur système de défense. Lors de l'accession au pouvoir de Napoléon III, le centre de décision se déplaça à Aurigny avec la construction de l'Admiralty et d'importantes fortifications.

Le mur de l'Atlantique. Selon les plans d'Hitler, l'occupation des îles n'était que la première étape d'une invasion de la Grande-Bretagne. Il craignait cependant que les Alliés s'en emparent et qu'ils en fassent une base pour récupérer les territoires conquis. En octobre 1941, il chargea l'organisation Todt, qui mettait en place le programme de construction des défenses du mur de l'Atlantique, de procéder à la fortification permanente des îles. Après le débarquement dans le Cotentin, les forces alliées progressant à l'intérieur des terres à partir des plages et des ports artificiels, les défenses des îles n'ont jamais eu à faire face à un assaut naval direct. Lors de l'édification des ouvrages défensifs, chaque île, et en particulier Aurigny, eut droit à un traitement particulier. Pour donner une idée de l'ampleur des travaux, signalons qu'à Guernesey, avant septembre 1944, quelque 272 000 m3 de béton armé avaient été utilisés pour construire les fortifications permanentes, utilisant nombre de travailleurs forcés venant des 4 coins de l'Europe occupée. Au plus fort de l'activité, en mai 1943, il y avait 5 100 ouvriers étrangers sur l'île, hébergés dans des conditions déplorables, sous le contrôle de 13 000 soldats allemands. Beaucoup de ces ouvriers y perdirent la vie dans de terribles souffrances. En plus d'une multitude de bunkers, de nombreux tunnels furent percés afin de mettre les troupes à l'abri en cas d'attaque aérienne, et l'armée fortifia plusieurs des forts victoriens déjà existants. Les Allemands ont aussi entrepris la construction d'hôpitaux souterrains reliés à d'autres complexes utilisés pour entreposer des munitions et pour stocker le carburant nécessaire au ravitaillement des sous-marins de passage.

Les églises dans les îles Anglo-Normandes

Les églises des îles offrent une grande diversité de styles, de Little Chapel à Guernesey à l'architecture loufoque, à la quasi-cathédrale d'Aurigny en passant par la Glass Church de Saint-Aubin à Jersey, décorée par Lalique. La plupart d'entre elles ont été construites par des maçons venus des " 4 coins " de la France et de l'ouest de l'Angleterre. Elles sont très anciennes et témoignent du travail accompli au cours des siècles. Certaines contiennent même des menhirs, témoins des rites païens antérieurs à l'avènement du christianisme.

Aperçu : patrimoine historique de Guernesey

Mégalithes. Guernesey possède un patrimoine riche et varié. Des vestiges du néolithique aux constructions de l'armée allemande sous l'Occupation, 7 000 ans se sont écoulés et la présence humaine sur l'île y a laissé un héritage très diversifié. A commencer par les pierres, les dolmens et autres structures mégalithiques qui témoignent de son passé ; ces mêmes pierres et dolmens qui souvent ont été associés au folklore, à la sorcellerie et aux fées. Aujourd'hui encore, les autochtones déposent des fleurs et des pièces de monnaie sur la tête d'une statue de femme âgée de 4 000 ans. D'excellentes brochures, très bien documentées, sont distribuées par l'office du tourisme de Saint Peter Port. Les passionnés d'architecture militaire se référeront avec profit à ces dépliants remarquables.

Fortifications. Occupant une situation stratégique, les îles offraient un grand intérêt à la France comme à l'Angleterre. Une grande partie de leur littoral fut transformée en remparts de granit et de béton, avec des tours et des forts défendus par des canons, autant d'ouvrages défensifs qui résistent fort bien encore aux attaques des éléments naturels. Leur solidité éprouvée en a fait les témoignages quasi indestructibles d'une histoire militaire mouvementée. Ce littoral vulnérable a dû faire face à tous les assauts de l'extérieur et à toutes les tentatives d'invasion. Les spécialistes de l'art militaire pourraient dresser un épais catalogue de tous ces ouvrages, sur plus de sept siècles, jusqu'au grand chambardement de la Seconde Guerre mondiale. Quelques noms émergent dans cette multitude.

Vestiges de l'occupation allemande. Selon les plans d'Hitler, l'occupation des îles Anglo-Normandes n'était que la première étape précédant l'invasion de la Grande-Bretagne. Les îles Anglo-Normandes ont fait partie de la ligne de défense du mur de l'Atlantique. Bien que certains édifices aient disparu et qu'un peu partout la nature ait repris ses droits, il reste quelques traces de ce projet d'envergure. Le long du littoral, on observe encore d'énormes tours d'observation et des plates-formes de tir.

Églises. Chaque église de Guernesey présente un style qui lui est propre. L'office du tourisme met à la disposition des visiteurs une brochure descriptive de ces différents lieux de culte, tous anciens et certains même entourés des menhirs, témoignages des rites païens. Toujours visible au bord de la route à Saint-Saviour, la petite chapelle Saint-Appoline est celle qui a le mieux résisté au temps.

Jardins et fleurs. La Société guernesiaise organise toute l'année des promenades guidées dans les parcs et jardins de l'île. Pour en avoir un programme détaillé, demandez à l'office du tourisme le Floral Diary, petite brochure très pratique recensant les adresses, les lieux de rendez-vous et les horaires des visites.

Artisanat

Les activités artisanales les plus courantes concernent la poterie, la bijouterie, le tricot et la menuiserie. Comme il existe bien peu d'activités qu'on veuille présenter au public, chaque artisan gère un petit musée où il accueille les visiteurs. Bien entendu, il y en a pour tous les goûts, mais surtout pour celui des nombreux visiteurs anglais... Les amateurs de créations locales pourront rapporter de leur voyage les célèbres jerseys et guernseys tricotés sur place. Les jerseys sont fins et colorés, alors que les guernseys, d'une seule couleur, sont tricotés en rond avec de la grosse laine. Ce sont des chandails chauds et confortables que les pêcheurs locaux portent encore.

Que ramener de son voyage ?

Jersey et Guernesey possèdent une importante activité artisanale : poterie, tricot, bijouterie, dont l'apport à l'économie est loin d'être négligeable. Vous pourrez rapporter de votre voyage des produits locaux comme les pulls en laine, des poteries ou, plus insolites, les cabbage sticks, des cannes à pommeau d'argent taillées dans les tiges d'une variété de chou géant. Vous trouverez aussi des vêtements anglais, des chaussures, des imperméables, des cachemires et laines d'agneau pour un style classique très " Old England ". Pour les produits détaxés, l'idéal est de se fournir sur les bateaux.

Le « jersey »

L'utilisation du mot " jersey " pour désigner un pull tricoté trouve son origine dans l'association qu'entretiennent les îles, depuis quelque 400 ans, avec l'industrie du tricot. Les chandails traditionnels de pêcheurs y sont toujours confectionnés. Les îles importent la laine d'Angleterre et y exportent des vêtements tricotés, des bas et des chaussettes. Cet artisanat, auquel toute la population participait au détriment des travaux des champs, a pris une ampleur telle que les Etats de Jersey ont interdit, en 1606, le tricotage pendant les moissons et durant la période de récolte du varech, utilisé pour la cuisine et le chauffage. Les chandails de Guernesey sont portés par les équipages des bateaux de sauvetage opérant le long des côtes. Ils sont traditionnellement tricotés avec de la grosse laine bleu marine et n'ont pas de motifs. Plus fins, les pulls de Jersey sont fabriqués en diverses couleurs.

Expressions modernes

Théâtre. En dehors des centres culturels, nombre de sites touristiques accueillent des troupes de théâtre lorsque les beaux jours arrivent. La programmation est très variée : des pièces classiques de Shakespeare jouées à Castle Cornet à des reconstitutions historiques à Mont Orgueil. Beaucoup de ces troupes viennent du continent pour l'occasion, d'autres sont des troupes d'acteurs amateurs. Jersey a vu naître, au XIXe siècle, une actrice qui connut un succès international, Lillie Langtry. Cette jeune femme, que rien ne prédestinait à la scène, a quitté l'île après son mariage pour fréquenter la haute société londonienne. Malgré ses liaisons tapageuses et sa vie d'aventurière, les îliens lui rendent encore aujourd'hui un genre de culte : ainsi sa tombe est fréquemment visitée et fleurie.

Cinéma

Récemment, deux films ont été tournés dans les îles Anglo-Normandes.

Jersey Affair. Sorti en salle le 27 avril 2017, Jersey Affair (ou Beast pour son titre original) est un thriller de Michael Pearce qui se déroule à Jersey, sur fond de meurtres et d'histoire d'amour.

Le Cercle littéraire de Guernesey. Ce drame historique britannique réalisé par Mike Newell, sorti en salle en 2018, raconte l'histoire d'une romancière londonienne qui se rend à Guernesey pour rencontrer les membres attachants et excentriques d'un cercle littéraire qui changeront à jamais le cours de sa vie.

Littérature

Jersey ne compte qu'un grand poète local, Wace, appelé en fait Maître Wace. Né vers 1100, il vécut environ 70 ans, mais en dehors de Jersey. Il débuta comme clerc à Rouen et finit chanoine à Bayeux et, surtout, il fut le protégé d'Aliénor d'Aquitaine, tout autant passionnée de politique que de poésie courtoise. Epouse du roi de France, Louis VII, elle fut répudiée en 1152 et se remaria avec Henri Plantagenêt, qui devint roi d'Angleterre sous le nom d'Henri II en 1154. Wace fut le premier écrivain en langue normande, avec le Roman de Brut ou Geste des Bretons, en 1155, puis le Roman de Rou ou Geste des Normands (l'histoire de Rollon) en 1174. Chateaubriand écrivit, longtemps après avoir quitté Jersey : " On retrouve à Jersey un échantillon des vieux Normands ; on croit entendre parler Guillaume le Bâtard ou l'auteur du Roman de Rou. " Gouverneur de Jersey de 1600 à 1603, Walter Raleigh s'illustra par une Histoire universelle. Une douzaine d'écrivains ou érudits, hommes et femmes, publièrent ensuite quelques livres aux XVIIIe et XIXe siècles. Les îles inspirèrent surtout des poètes et romanciers étrangers, notamment britanniques, comme Charles Swinburne (1837-1909), la célèbre romancière George Elliot, qui séjourna à Jersey plusieurs mois en 1857, l'écrivain canadien Gilbert Parker, auteur en 1898 d'un roman historique inspiré par la bataille de Jersey de 1781, La Bataille des forts, et d'une histoire d'un réfugié huguenot. Sir Compton Mackenzie écrivit lors de ses séjours à Herm et à Jethou. Elisabeth Goudge prit aussi les îles pour cadre de plusieurs de ses romans (notamment Le Pays du dauphin vert, 1937, réédité en 2007 chez Phébus, coll. " Libretto "). Enfin, plus proche de nous, le romancier Jack Higgins, connu pour son roman La Nuit des loups, choisit pour cadre l'île de Jersey pendant l'occupation allemande, de même qu'Elisabeth Beresford l'a fait avec Aurigny. A lire également les textes et ouvrages de Roger-Jean Lebarbanchon (notamment Littérature orale et littérature dialectale du Cotentin, de Jersey et de Guernesey).

Deux grandes plumes en exil : Hugo et Chateaubriand. Les auteurs les plus célèbres qui ont séjourné dans les îles Anglo-Normandes sont les deux grands proscrits français, Chateaubriand, qui fuyait la Révolution en 1793, et Victor Hugo, exilé de 1852 à 1870. Chateaubriand partit d'Ostende en bateau pour Jersey afin d'y rejoindre un oncle, M. de Bédée. Très malade, il fit escale à Guernesey et le capitaine refusa de l'emmener plus loin. Recueilli dans une maison de pêcheurs, il repartit le lendemain, toujours malade, et débarqua à Jersey. Soigné pendant plusieurs mois par son oncle et sa famille, il ne voulut pas rester à charge et s'embarqua pour Southampton, afin d'écrire et d'enseigner. Il évoqua Jersey dans ses Mémoires d'outre-tombe : " L'île est féconde ; elle a deux villes et douze paroisses... Le vent de l'océan, qui semble démentir sa rudesse, donne à Jersey du miel exquis, de la crème d'une douceur extraordinaire et du beurre d'un jaune foncé qui sent la violette. "

En la personne de Victor Hugo, c'est un écrivain beaucoup plus vaillant et surtout plus remuant qui débarque à Jersey, en 1852. Il s'y installe avec sa famille : sa femme Adèle et leurs trois enfants, mais aussi avec sa maîtresse, Juliette Drouet. En décembre 1851, à la suite du coup d'Etat de Louis Napoléon Bonaparte (futur Napoléon III), Victor Hugo passe dans l'opposition et quitte Paris pour Bruxelles. Mais il doit rapidement écourter son séjour à la suite de son pamphlet Napoléon le Petit. Il décide de se réfugier à Jersey, île où l'on parle français et d'où l'on peut apercevoir la France, et débarque en août 1852 à Saint-Hélier. Il y retrouve sa femme et leur fille Adèle et Auguste Vacquerie, le prétendant de cette dernière, et emménage à Marine Terrace.

Guernesey, théâtre des Travailleurs de la mer

André Maurois écrit : " Victor Hugo y utilisait la connaissance intime qu'il avait acquise, par sa vie dans l'archipel... Les moeurs guernesiaises, le folklore local, les maisons " visionnées ", l'étrange français des Anglo-Normands donnaient au roman un caractère piquant et neuf. "

Au cours de ses promenades à Guernesey ou dans les îles voisines, comme à Sercq, Victor Hugo avait observé tempêtes, vagues, marins et explorateurs de grottes. Il en fit usage dans son livre Les Travailleurs de la mer, et en tira le personnage de Gilliatt ; il donna à la pieuvre l'envergure d'une créature prodigieuse. Près de Torteval, au Mont Hérault, une ancienne maison de guet évoquerait la maison hantée du roman. Mais plusieurs autres lieux pourraient avoir servi de modèle, par exemple une autre maison de guet dans Cobo Bay. A Sark, dans Saignée Bay, les récifs des Autelets passent aussi pour avoir inspiré Victor Hugo dans sa description du naufrage de La Durande, de même que les nombreuses grottes de contrebandiers, comme à l'ouest de l'île, près de Pilcher Monument, où l'on découvre la grotte marine qui porte le nom du poète : Victor Hugo's Cave. Victor Hugo se consacre pendant trois ans à la littérature. Il écrit là la plupart des poèmes des Contemplations et des Châtiments. Le soir, il dicte ses mémoires à son épouse, mémoires qui seront bien plus tard publiées sous le titre de Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, et qui constituent encore l'une des sources précieuses de documentation sur le poète. Pendant ce temps, son fils, François-Victor, écrit La Normandie inconnue. Le poète n'abandonne pas pour autant ses activités politiques. Lors de la parution de la lettre de Felix Pyat contre le voyage de la reine Victoria en France que ce dernier critiquait en ces termes : " Encore un pas, et l'Angleterre sera une annexe de l'Empire français, et Jersey sera un canton de l'arrondissement de Coutances... ", Hugo soutint le journaliste et les collaborateurs de L'Homme, le journal dans lequel la lettre fut publiée. Les membres du journal sont bannis, et Victor Hugo, par solidarité, décide de quitter Jersey pour Guernesey où il restera 15 ans. Il aura l'occasion de revenir une fois, à l'invitation des Jersiais, pour défendre un autre proscrit, Garibaldi. Il gardera pour Jersey une grande affection et écrira dans ses Actes et Paroles : " A Jersey la forêt s'est faite jardin... tout y est parfum, rayon, sourire. " De même que pour Jersey, nous avons deux sources d'information majeures sur la vie de Hugo à Guernesey : le livre d'Adèle sur son époux, et l'ouvrage immense d'André Maurois, Olympio ou la vie de Victor Hugo (Hachette, 1954). André Maurois a tout lu de ce qui a pu être écrit sur Victor Hugo, livres, lettres, carnets, articles, et a rencontré beaucoup ceux qui détenaient, à un titre ou un autre, des documents sur " le plus grand poète français ".

La bibliographie et l'index qui complètent cet ouvrage en font un livre passionnant, et notamment sur la vie dans les îles Anglo-Normandes à son époque.

Victor Hugo et Guernesey

A Guernesey, Victor Hugo habite à Saint-Peter Port, que Vacquerie décrit comme " Caudebec sur les épaules d'Honfleur ". Après quelque temps passé à l'hôtel, il s'installe à Hauteville House. Hauteville Street conduira tout d'abord le visiteur à l'ancienne maison de Juliette Drouet, qu'elle avait baptisée Hauteville Féerie, puis, un peu plus loin, à la maison du poète. Arrivé à Guernesey presque sans argent, en 1856, il tire de ses malles et de ses meubles près de 11 000 vers écrits depuis 1830, encore inédits, Les Contemplations. Le deuxième volume comprend en particulier ses écrits de Jersey et de Guernesey.

Ses enfants sont à Bruxelles, où la famille se réunit régulièrement. C'est à Bruxelles qu'Adèle meurt dans les bras de son mari, le 27 août 1868. Victor Hugo accompagne le cercueil de sa femme jusqu'à la frontière qu'il ne peut encore franchir. Mais la fin de l'exil est proche. Napoléon III va de désastres en échecs, étant de plus en plus contesté. De Guernesey, Victor Hugo encourage la révolte et renoue avec la politique en participant au Congrès de la paix qui se tient en Suisse. La guerre de 1870 achève le régime. Le 3 septembre l'empereur capitule, le 4, la République est proclamée, le 5, Victor Hugo déjà à Bruxelles revient à Paris après 19 ans d'exil. Même si Hugo appréciait Guernesey, il rêvait sans cesse de " la France riante et blonde ".

Les îles Anglo-Normandes sont à la source de ses plus grandes oeuvres, et bien qu'elles n'aient pas su garder ce farouche patriote, elles entretiennent encore aujourd'hui fidèlement son souvenir.

En 2002, les îles, et plus particulièrement Guernesey, ont fêté à grands frais le 200e anniversaire de la naissance de Victor Hugo. Les offices du tourisme et les entreprises privées proposent des tours guidés des îles sur des thèmes consacrés à l'écrivain, des expositions et commémorations. La mairie de Paris, propriétaire de Hauteville House, a rénové à cette occasion le jardin qui est aujourd'hui ouvert au public.

Médias locaux
Journaux

Deux quotidiens régionaux paraissent dans les îles : le Jersey Evening Post, surnommé le JEP, et le Guernsey Evening Press. Le bulletin des nouvelles locales d'Aurigny s'appelle Le Journal, et à Sercq La Vouair de Sercq, qui paraissent en moyenne une fois par mois ; bon nombre de leurs journalistes rédacteurs étant des bénévoles. Il existe également d'autres publications. Certaines, gratuites, sont distribuées dans les cafés ou les offices du tourisme. Elles vous informent de la vie quotidienne sur les îles et des manifestations à venir. Les informations d'intérêt international sont rares dans les îles Anglo-Normandes, la plupart des articles publiés ayant un intérêt purement local. Plus de 80 % des îliens les lisent régulièrement. Les îles sont peu ouvertes sur les nouvelles du monde, comme le confirme un vieux dicton d'ici : " Lorsqu'on vit trop longtemps dans les îles, on a l'impression que le reste du monde est pareil. " En revanche, les mariages ou les histoires de chiens écrasés font les choux gras de la presse locale.

Presse internationale. Les îles reçoivent tous les jours la presse britannique et les principaux titres de la presse internationale... si la météo le permet, car certains jours de tempête, les avions ne peuvent se poser sur les pistes d'atterrissage ! Pour ce qui est de la presse francophone, les magasins de journaux proposent essentiellement Le Monde et Le Figaro.

Magazines. En France, la revue généraliste Les Iles, disponible dans tous les kiosques, est consacrée aux îles du monde entier et publie régulièrement des articles sur les îles Anglo-Normandes. Vous pourrez également consulter le magazine du conseil régional de Basse-Normandie et la Revue de la Manche. Les amateurs de décoration et d'architecture pourront jeter un oeil à la revue Côté Ouest.

Radios

Deux stations privées : IslandFM sur 104,7 FM avec émission en vieux français normand " Dgernsiey " le samedi matin, et Channel 103 à Jersey sur 103,7 FM. Bien sûr BBC Radio1, 2,3, 4 et BBC Radio Jersey sur 88,8 et Guernsey sur 93,2. Pour les Français qui ne parlent pas anglais on peut capter en FM la majorité des radios françaises à Jersey.

Télévision

Les îliens reçoivent une quinzaine de chaînes TNT anglaises dont la BBC1 (news locales à 18h25 et 22h25), 2, 3, 4, Channel TV avec news locales à 18h, etc. La plupart des Iliens sont équipés de paraboles Freesat ou Sky, grâce auxquelles l'on peut recevoir jusqu'à 850 chaînes de télé, et notamment les principales chaînes françaises.

Sites d'information

Les sites des offices de tourisme des îles sont tous extrêmement bien faits et complets. Les informations sont le plus souvent disponibles en version française. Possibilité également de réserver des nuits d'hôtel ou des trajets en ferry. Les informations sont innombrables : statistiques, recettes culinaires, loisirs, événements, philatélie, business...

On trouve également un nombre considérable d'infos sur les sites des gouvernements des îles. Politique, lois, comment s'y installer, vie locale...

BBC
Peinture et arts graphiques

Eclatants de beauté, les paysages des îles inspirent, comme ils l'ont toujours fait, de nombreux artistes peintres. A commencer par Victor Hugo, dont certains dessins sont exposés à Hauteville House et au musée Victor Hugo à Paris. William Turner représenta sur l'une de ses toiles la coupée de Sercq. Aujourd'hui encore, de nombreux artistes sont installés dans les îles, séduits par leurs paysages lumineux et colorés. Des voyages de groupe pour peintres sont également organisés sur place.

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