Guide d'Irlande : Arts et culture

Architecture
Les façades en brique rouge de Clare Street.
Les façades en brique rouge de Clare Street.

Avant les grandes invasions, l'Irlande était un pays de bergers où les monastères constituaient les seuls centres importants de l'île. Ce n'est qu'à partir du IXe siècle, avec l'arrivée des Vikings, que furent fondées de grandes villes fortifiées comme Dublin, Limerick ou Waterford. Les villages dans l'intérieur du pays n'apparurent qu'après les invasions anglo-normandes. Le tissu urbain se développa véritablement au XVIIIe siècle, période de paix s'accompagnant de l'édification de grands bâtiments publics et de l'élargissement des rues principales des grandes villes.
L'exemple le plus représentatif de cette urbanisation rapide, connue sous le nom de Renaissance irlandaise, est sans doute la capitale elle-même, dont le grand développement fut rédigé par la Wide Street Commission (Dublin fut surnommée à l'époque la plus grande ville d'Europe). C'est à cette période de renouveau que les frères italiens Francini introduisirent le style baroque en Irlande, style bientôt repris par les artisans irlandais. Ensuite, le style néoclassique devint à la mode.

Le style georgien. Ce style s'est imposé en Angleterre sous les règnes de George Ier et George II et il est caractérisé en architecture par un style néoclassique mais aussi gothique et exotique. Il fut adopté, par snobisme, par la bourgeoisie irlandaise au XVIIIe siècle.

L'architecture des maisons suivait donc une mode venue d'Angleterre. Aucune des grandes villes de l'île n'échappa à cette tendance de construction de grandes bâtisses à balcons en fer forgé.
La cuisine est généralement aménagée au sous-sol, la salle à manger au rez-de-chaussée, le salon au premier étage et la chambre des propriétaires encore au-dessus. Mais les crises sociales ont rapidement obligé leurs résidents à les vendre pour les diviser en appartements. Beaucoup de ces maisons furent détruites dans les années 1960. Dublin abrite de formidables témoins de l'architecture georgienne comme les demeures de Stephen's Green, The Custom House, The Four Court's et King's Inn.

Quelques architectes irlandais

Richard Castle (1690 -1751). Architecte du XVIIIe siècle, très célèbre en Irlande pour avoir contribué à la construction du Parlement de Dublin, Powerscourt House, Leinster et le Rotunda Hospital.

Sir Edward Lovett Pearse (1846-1891). Architecte célèbre pour avoir étudié les bâtiments italiens de l'Antiquité. Il dessina les plans du Parlement de Dublin.

Sam Stephenson (1933-2006). Dynamique et même visionnaire, cet architecte dublinois a reçu éloges et critiques pour ses oeuvres. Sa très belle Banque centrale a été vivement critiquée à l'époque car on la trouvait trop moderne. Mais la plus vive controverse a éclaté autour des immeubles municipaux de Wood Quay, où furent découverts les vestiges d'un site viking, maintenant disparu à jamais.

Artisanat
Que rapporter de son voyage ?

Beaucoup, beaucoup de boutiques de souvenirs, mais qui proposent à peu près toujours les mêmes objets représentant des symboles de la culture irlandaise : croix, personnages celtes.

Pulls (100 % pure laine vierge), écharpes, vestes, gilets en laine dont ceux provenant des îles Aran ; savoir-faire irlandais et qualité du lainage.

L'anneau de Claddagh, constitué de deux mains tenant un coeur couronné, sous toutes ses formes : collier, boucles d'oreilles... spécifiquement à Galway.

Un instrument de musique traditionnelle, notamment vers Cork, comme un Bodhràn ou une petite flûte appelée Tin Whistle.

Le cristal de Waterford est hautement réputé, mais d'autres villes (Tipperary par exemple) en fabriquent également.

Du whiskey irlandais, fin et élégant, produit avec de l'orge et de l'eau pure et qui nécessite une triple distillation. Cela devrait ravir les amateurs.

Cinéma

Depuis les années 1980, le cinéma irlandais s'est amplement développé, grâce notamment à une politique visant à attirer les réalisateurs en Irlande pour leurs tournages. Et la diversité des paysages magnifiques du pays en a convaincu plus d'un (Mel Gibson pour Braveheart, Spielberg pour Il faut sauver le soldat Ryan, et dernièrement J. J. Abrams pour Star Wars - Le Réveil de la Force, ou bien encore David Yates pour Harry Potter et le Prince de sang-mêlé). Parmi les succès du box-office irlandais, on retiendra en particulier The Field (1990), The Commitments (1991), My Left Foot (1989) avec Daniel Day-Lewis et Brenda Fricker, lauréats respectivement de l'Oscar du meilleur acteur et de celui du meilleur second rôle féminin, Evelyn (2003) avec Pierce Brosnan, et Philomena (2014), adapté de l'histoire vraie de Philomena Lee.

Parmi les acteurs irlandais célèbres, on peut citer Colin Farrell, Liam Neeson, Daniel Day-Lewis, Kenneth Brannagh, Pierce Brosnan, Jack Gleeson, Cillian Murphy... Enfin, n'oublions pas la Palme d'or du festival de Cannes de 2006 : Le Vent se lève, réalisé par le britannique Ken Loach, qui met en scène la guerre d'indépendance irlandaise (1919-1921) et la guerre civile (1922-1923) qui en résulta.

Filmographie sélective sur l’Irlande

Man of Aran, de Robert Flaherty, 1934.

The Dawn, de Tom Cooper, 1936.

Our Country, de Liam O'Leary, 1948.

The Rising of the Moon, de John Ford, 1957.

Ryan's Daughter, de David Lean, 1970.

Images, de Robert Altman, 1972.

Angel, de Neil Jordan, 1988.

My Left Foot, de Jim Sheridan, 1989.

The Field, de Jim Sheridan, 1990.

The Commitments, d'Alan Parker, 1991.

I Dreamt I Woke Up, de John Boorman, 1991.

In the Name of the Father (Au Nom du Père), de Jim Sheridan, 1993.

The Snapper, de Stephen Frears, 1993.

Michael Collins, de Neil Jordan, 1996.

The Van, de Stephen Frears, 1996.

The Boxer, de Jim Sheridan, 1997.

East is East, de Damien O'Donnell, 1999.

Les Cendres d'Angela, Alan Parker, 1999.

Bloody Sunday, de Paul Greengrass, 2002.

The Magdalene Sisters, de Peter Mullan, 2002.

Heartlands, de Damien O'Donnell, 2003.

Veronica Guerin, de Joel Schumacher, 2003.

The Wind that Shakes the Barley (Le vent se lève), de Ken Loach, Palme d'or au Festival de Cannes 2006.

Brendan et le secret de Kells, film d'animation de Tomm Moore, 2009.

L'Irlandais, John Michael McDonagh, 2011.

Brooklyn, John Crowley, 2015.

Sing Street, John Carney, 2016.

Littérature

L'Irlande étonne par sa grande vitalité littéraire. On est surpris qu'un pays de si petite taille compte à son actif autant d'auteurs de première importance sur la scène internationale. Leur contribution va autant au genre romanesque, que théâtral ou poétique. La littérature irlandaise compte d'ailleurs à ce jour quatre prix Nobel : William Butler Yeats (1923), Bernard Shaw (1925), Samuel Beckett (1969) et Seamus Heaney (1995).
L'apparition de l'écriture en Irlande remonte à bien longtemps, comme en témoignent certains ouvrages anciens, le plus célèbre étant le Book of Kells, exposé au Trinity College de Dublin. La spécificité de la littérature irlandaise est partiellement due à la cohabitation de deux cultures, et surtout celle de deux langues, pendant plusieurs siècles. On qualifiera d'irlandaise la littérature de langue gaélique ou celle de langue anglaise produite par des écrivains d'origine irlandaise qui gardent des attaches avec la vie et la culture de leur pays. Les oeuvres les plus connues en dehors du pays sont de langue anglaise mais les oeuvres en irlandais constituent une grande partie de la littérature produite, aussi bien autrefois qu'aujourd'hui, sans compter la forte tradition orale de légendes et poésies.
Les écrivains irlandais sont connus pour puiser leur inspiration dans les traditions locales et dans un terroir trop souvent menacé par les conquêtes britanniques. Leur culture a dû se battre pour survivre, et cette bataille, les écrivains l'ont menée sans honte afin d'affirmer l'existence d'une identité irlandaise et non britannique. Un des premiers ouvrages remarquables de littérature irlandaise est le Cycle de l'Ulster, qui regroupe une centaine de récits, écrits à partir de la tradition orale entre les VIIIe et XIIe siècles. Ces histoires concernent les rois des Ulaid (en particulier sur l'enfant-guerrier Cú Chulainn), un peuple qui a donné son nom à l'actuelle province de l'Ulster.

La littérature de langue anglaise

C'est lorsque l'usage du gaélique oral et écrit disparaît qu'émerge une littérature irlandaise de langue anglaise. Cet abandon progressif de la langue traditionnelle commença vers la fin du XVIIIe siècle, face à l'augmentation de la puissance anglaise. Cette littérature s'illustra d'abord surtout dans le genre poétique. Outre les poètes anonymes qui s'adonnaient à une poésie populaire et patriotique apparaissent, dans un style plus raffiné, les premiers poètes irlandais importants en langue anglaise comme Jonathan Swift (Les Voyages de Gulliver), Thomas Moore ou Olivier Goldsmith (Le Vicaire de Wakefield). Ce dernier, à la fois romancier, poète et dramaturge, domina, avec Richard Brinsley Sheridan, le théâtre anglais du XVIIIe siècle.

Au XIXe siècle, de nombreux poètes étaient surtout désireux d'éveiller le sentiment national du peuple irlandais et eurent une influence politique indéniable. Nombre d'entre eux publiaient leurs oeuvres dans la Nation, un journal nationaliste irlandais fondé en 1842. Parmi eux, citons Thomas Osborne Davis, Joseph Sheridan Le Fanu, mais aussi Jane Francesca Elgee, mère d'Oscar Wilde.

Dans la seconde moitié du siècle, les oeuvres de fiction et les romans caricaturant les coutumes et le caractère irlandais devinrent également un genre très populaire. La plupart des auteurs de ces romans (Maria Edgeworth, John Banim, Gerald Griffin...) venaient des classes irlando-anglaises dirigeantes. William Carleton (1794-1869) était une exception, avec ses histoires de la paysannerie irlandaise montrant la vie de l'autre côté du fossé social. A la même époque, seul Bram Stoker, auteur de Dracula, fait exception à cette veine réaliste en travaillant un genre fantastique.

Au XIXe siècle où l'on assiste partout en Europe à une montée des nationalismes, l'Irlande ne déroge pas à la règle et ravive ses racines gaéliques à travers sa production littéraire. Les principaux écrivains responsables de ce nouveau souffle furent les poètes William Butler Yeats et George William Russell, et l'écrivain George Moore.

Le théâtre irlandais s'affirme aussi sur la scène internationale avec ses auteurs de renom comme Oscar Wilde, assurément le plus connu, ou encore Bernard Shaw. La création de l'Irish Literary Theatre de Dublin est également un tremplin pour la diffusion de cette scène. Des auteurs comme Lady Gregory ou Seán O'Casey produisent leurs pièces dans ce théâtre alors rebaptisé The Abbey Theatre. Concernant la poésie qui est à l'époque un genre majeur, il est intéressant de constater que si les poètes irlandais écrivent désormais en anglais, ils cherchent cependant à conserver intacts les récits mythologiques, chansons et poésies celtes en les traduisant.

Du côté des romanciers, George Moore, qui passa le début de sa carrière à Paris, fut l'un des premiers écrivains de langue anglaise à utiliser les techniques des réalistes français et peut être considéré comme l'un des précurseurs du romancier irlandais le plus célèbre du XXe siècle : James Joyce. Joyce est considéré comme un personnage de premier plan de la littérature mondiale. Bien qu'absent du sol irlandais pendant plusieurs années, James Joyce n'en reste pas moins profondément attaché à des thématiques relatives à sa terre natale. La ville de Dublin est toujours le sujet principal de ses romans, dont il décrit les réalités sociales du début du XXe siècle. Les écrits de Joyce, bouleversant les règles de la narration et du récit, ont profondément marqué les nouvelles générations d'écrivains irlandais. Le fils spirituel de Joyce le plus connu est Samuel Beckett, qui fit sa connaissance à Paris.

Dans la deuxième moitié du XXe siècle, tandis qu'une littérature bourgeoise continue de se développer, la partition de l'Irlande provoque l'émergence d'une nouvelle génération d'écrivains attentive aux classes modestes, dont elle restitue le quotidien. Brinsley McNamara ou John McGahern sont par exemple emblématiques de ce nouveau type de romanciers. On constatera que, encore aujourd'hui, la littérature irlandaise contemporaine n'est pas indemne des sentiments nationalistes qui l'animaient au cours des siècles précédents, les dénonciations cependant y apparaissent moins virulentes qu'au début du XXe siècle.

Dublin et la littérature

La ville de Dublin a inspiré de nombreux écrivains, par son histoire, sa culture ou ses habitants... Le Dublin Writers Museum, ouvert en 1991, rend hommage à la littérature irlandaise et dublinoise de ces 300 dernières années. Les écrivains originaires de la ville ont eu un impact important sur le monde littéraire, surtout à partir du XVIIIe siècle. Certains d'entre eux ont été impliqués dans l'insurrection de 1916, tandis que d'autres se sont attachés à décrire le caractère propre de leur ville, si unique. Les Dublinois sont très fiers de leurs écrivains, parfois très engagés politiquement. Parmi les plus célèbres, citons bien sûr Wilde, Joyce, Swift, Shaw, Beckett, Yeats.

Bibliographie

La meilleure bibliographie ne peut être que celle des grands écrivains irlandais. On lira précieusement : Les Bonnes Manières, de Swift (incluant Modeste Proposition) ; Le Vicaire de Wakefield, d'Olivier Goldsmith ; La Rose secrète, de W.-B. Yeats et les Quarante-Cinq Poèmes, traduits par Yves Bonnefoy ; Les Iles Aran, de J.-M. Synge.

De James Joyce, Les Gens de Dublin et Ulysse. De Liam O'Flaherty, Famine. De Brendam Behan, Un Peuple partisan et Confession d'un rebelle irlandais. Sans négliger les pièces de Sean O'Casey et G.-B. Shaw.
Plus près de nous, Beckett et deux grands poètes, Seamus Heany (L'Etrange et le Connu et La Lucarne) et John Montague (La Langue greffée). Enfin, le " Que sais-je ? " Histoire de l'Irlande est assez concis.

Mais on peut également vouloir lire les écrivains irlandais du point de vue géographique. Voici quelques idées de lecture selon les régions d'Irlande :

Donegal : bon nombre de pièces de Brian Friel se déroulent dans cette région reculée et splendide. Translations traite notamment de la colonisation de l'Irlande par la langue anglaise, et donc de la communication en général. A lire également : Philadelphia, Here I Come ! et Dancing at Lughnasa.

Dublin : Les Gens de Dublin, Portrait de l'artiste en jeune homme ou Ulysse, de James Joyce. Plus récemment, les livres de Roddy Doyle (Les Commitments, A Star Called Henry...) et de Jean-Pierre Krémer (Le Goût de Dublin) se déroulent dans la capitale irlandaise.

Galway, Gort et Sligo : Les amoureux de poésie qui veulent partir sur les traces de William Butler Yeats pourront aller faire un tour à Sligo pour jeter un oeil à la tombe du poète, et à Ben Bulben, cette montagne aux formes inattendues qu'il a célébrée dans le poème Under Benbulben. A Gort, vous pourrez visiter la tour de Yeats, Thoor Ballylee, mais aussi le Coole Park qu'il chante dans de nombreux poèmes : Coole Park and Ballylee (1931), The Wild Swans at Coole, Coole Park (1929).

Irlande du Nord : Reading in the Dark, de Seamus Deane, est un très beau roman qui aura le mérite de vous familiariser tout en douceur avec l'imaginaire irlandais.

Limerick : Les férus de littérature trouveront Les Cendres d'Angela, de Frank McCourt, quasi indispensable à la compréhension de cette ville.

Grands noms de la littérature

Nora Barnacle (1884-1951). Née à Galway, elle fut la célèbre muse de James Joyce. Ils se rencontrèrent le 16 juin 1904, date que choisira Joyce pour situer la fameuse journée de Bloom dans son roman Ulysse. James et Nora vécurent mariés pendant 27 ans et eurent deux enfants.

Samuel Beckett (1906-1989). Né à Dublin, où il fait des études, il s'intéresse très rapidement à la France. Lecteur d'anglais à l'Ecole normale supérieure pendant 2 ans (1928-1930), il s'installe ensuite à Londres, où il vivra très modestement pendant 5 ans. De retour à Paris, il commence à écrire en français en 1939 et se lance dans les traductions d'anglais à partir de 1945. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1969. Bibliographie : Proust (1931), Murphy (1938), Molloy (1951), Malone meurt (1951), En attendant Godot (1952), Walt (1953), L'Innommable (1953), Fin de partie (1957), La Dernière Bande (1958), Comment c'est (1961), Oh ! Les beaux jours (1962), Mal vu, mal dit (1981), Cap au pire (1982), Soubresauts (1989), Dream of fair to Midding (1992), Bande et Sarabande (1994).

George Berkeley (1685-1753). Né à Kilkenny, ce philosophe, auteur de La Théorie de la vision et des Principes de la connaissance humaine, fit ses études à Trinity College. Il devint ministre protestant en 1710, puis évêque de Cloyne en 1734. Il mourut à Oxford.

Elisabeth Bowen (1899-1973). Romancière, née à Dublin. Elle passa la majeure partie de son enfance à Cork, puis décida de partir pour Londres. Son livre le plus célèbre est sans doute celui qu'elle consacra à sa maison de Cork, Bowen's Court.

Austin Clarke (1896-1974). Né à Dublin. Diplômé de l'University College de Dublin, il fut, avec William Butler Yeats, l'un des plus grands poètes irlandais. Auteur de La Vengeance de Fionn (1917), Pèlerinage (1929), Orphid (1970).

Brian Friel (1929-2015). Né à Omagh en Irlande du Nord, Friel est un talentueux dramaturge et mérite largement sa place aux côtés de Joyce, Beckett ou Wilde... A lire entre autres : Translations, Dancing at Lughnasa, Molly Sweeney, The Freedom of the City, Faith Healer, Making History.

James Joyce (1882-1941). Né à Dublin d'une famille catholique, il fait ses études à Trinity College qu'il quitte en 1900, éprouvant une profonde haine pour le catholicisme. Il se marie en 1904 et quitte l'Irlande pour rompre avec la bourgeoisie dublinoise. Installé à Paris en 1920, il sombre dans l'alcoolisme et meurt en Suisse en 1941. Bibliographie : Gens de Dublin (1914), Dedalus (1916), Ulysse (1922), Finnegan's Wake (1939), Stephen le héros (publié en 1944).

Patrick Kavanagh (1905-1967). Ce poète, originaire du comté de Monaghan et très apprécié des Irlandais, nous a laissé notamment Tarry Flynn (1948) et On Raglan Road (1946). Son oeuvre est quasi inconnue en France, mais sa poésie et ses récits autobiographiques sont considérés comme des classiques en Irlande.

John McGahern (1934-2006). Membre de l'Académie irlandaise des lettres, il fut incontestablement l'un des meilleurs romanciers irlandais contemporains. Il excelle dans l'analyse complexe des rapports entre les êtres. Presque tous ses romans se déroulent en Irlande et la plupart de ses romans sont traduits en français.

John Montague (1929-2016). Avec Seamus Heaney, il est l'un des grands poètes irlandais. Son livre magnifique, La Langue greffée, a été traduit en français par les éditions Belin. Il a par ailleurs composé, pour les éditions Faber & Faber, une remarquable anthologie de la poésie irlandaise.

George William Russell (1867-1935). Poète né à Lurgan, plus connu sous le pseudonyme AE. Son oeuvre a symbolisé la lutte pour la préservation de la culture celte. Ses livres majeurs sont la Vision divine (1904) et Dieux de la guerre (1915).

George Bernard Shaw (1856-1950). Né à Dublin, 33 Synge Street, dans une demeure georgienne aujourd'hui ouverte au public. Auteur de théâtre d'avant-garde et célèbre militant socialiste, il renonce à ses revendications à partir de 1894, période à partir de laquelle il connaît un réel succès. Le prix Nobel de littérature lui est décerné en 1925. Bibliographie : L'Homme aimé des femmes (1893), La Profession de Mrs Warren (1893), Le Héros et le Soldat (1894), Candida (1895), L'Homme du destin (1895), On ne peut jamais dire (1896), César et Cléopâtre (1899), Androclès et le lion (1912), Pygmalion (1912), Sainte Jeanne (1924).

Bram Stocker (1847-1912). Né à Clontarf, dans les environs de Dublin, en 1847. Il s'est inspiré de l'oeuvre de Joseph Sheridan, Carmilla, pour écrire un chef-d'oeuvre du fantastique mondialement connu, Dracula (1897). Il est enterré dans le caveau familial à St Michan's Church (église célèbre pour ses corps momifiés).

John Millington Synge (1871-1909). Né à Rathfarnham, la banlieue de Dublin, il fut le créateur, avec Sean O'Casey (1880-1964) d'un nouveau type de tragi-comédie. Dans ses ouvrages il s'était attaché à conserver la syntaxe gaélique. Bibliographie : La Fontaine aux saints (1905), Le Baladin du monde occidental (1907), Deirdre ses douleurs (1910).

Jonathan Swift (1667-1745). Le célèbre auteur des Voyages de Gulliver est né en Irlande et a toujours désiré s'installer à Londres pour y devenir prêtre et écrivain. Il devint finalement doyen de la cathédrale Saint-Patrick à Dublin et fut enterré dans la crypte. Bibliographie : Conte du Tonneau (1704), Journal à Stella (1710-1713), La Conduite des Alliés (1711), Les Lettres du drapier (1724), Les Voyages de Gulliver (1726).

Oscar Wilde (1854-1900). Né à Dublin, 21 Westland Row, originaire d'une famille relativement aisée. Il poursuit ses études à Trinity College, puis à Oxford et fonde en 1878 le mouvement de l'Art pour l'Art. Il épouse en 1884 Constance Lloyd avec qui il aura deux fils. En 1895, il est accusé d'avoir entretenu une relation homosexuelle avec Alfred Douglas. Il attaque le père de celui-ci pour diffamation, perd son procès et est emprisonné pour 2 ans, jusqu'en 1897, avant de se réfugier à Paris sous le nom de Sébastien Melmoth. Bibliographie : Le Fantôme de Canterville (1887), Aristote à l'heure du thé (1887), Le Portrait de Dorian Gray (1890), Le Crime de lord Arthur Saville (1891), L'Eventail de lady Windemere (1892), Une femme sans importance (1893), Un mari idéal (1895), Ballade de la geôle de Reading (1892), L'importance d'être constant (1899). Créé en 1986, le prix littéraire Oscar Wilde récompense les oeuvres présentant des affinités avec celles du célèbre écrivain dublinois.

William Butler Yeats (1865-1939). Né au n° 5 de la Sandymount Avenue, ce protestant a été fortement impliqué dans la lutte pour l'indépendance de l'Irlande, un idéal qui ne manque pas de marquer toute son oeuvre. Il est considéré comme une figure emblématique de Dublin, où il fonda l'Abbey Theatre avec son amie lady Gregory (1852-1932). Il reçut le prix Nobel de littérature en 1923. Bibliographie : La Comtesse Cathleen (1892), Deidre (1907), Responsabilités (1914), La Tour (1928), L'Escalier tournant (1929), L'Unique Rivale d'Emer (1930), Les Mots sur la vitre (1830).

Le Livre de Kells

Au Moyen Age, les arts de la calligraphie et de l'enluminure atteignent un niveau de qualité rare, comme en témoigne le Livre de Kells. Ce manuscrit enluminé a été écrit autour des années 800, ce qui en fait un des plus vieux livres du monde. Il doit sa décoration aux moines du St Columncille's Monastery de l'île lointaine d'Iona (côte ouest de l'Écosse). D'influence byzantine, notamment dans la pause et les yeux des personnages, l'inspiration est surtout celtique. Les moines qui copièrent le texte ornèrent leurs calligraphies de spirales entrelacées, de figures humaines et animales. A tel point qu'on parle de pages-tapis sur lesquelles les caractères et les motifs sont cernés de minuscules points rouges. Le Livre de Kells est aujourd'hui exposé au Trinity College de Dublin.

Médias locaux
République d'Irlande

Presse. La presse est divisée en deux genres distincts : d'un côté, les tabloïds populaires friands de scandales, et de l'autre, la presse de qualité qui entretient une tradition de rigueur journalistique et d'investigation poussée. Les deux journaux de qualité les plus lus sont The Irish Times (nouvelles internationales, nationales et sport) et The Irish Independent. Le dimanche paraissent également des éditions telles que The Sunday Tribune et The Sunday Business Post, entre autres. Le tabloïd The Star paraît quotidiennement et deux autres tabloïds sont publiés le dimanche : Ireland on Sunday et The Sunday World.

Télévision. La télévision publique RTE dispose de trois chaînes : RT1 (information et téléfilms), Network 2 (plus orientée vers les jeunes et proposant films, comédies, sports et programmes pour enfants) et TG4 (chaîne en langue irlandaise). La chaîne commerciale TV3, lancée en 1998, propose essentiellement des téléfilms américains et anglais et du sport. Les principales chaînes anglaises sont également disponibles sur le câble.

Irlande du Nord

Presse. En presse de qualité The Belfast Telegraph paraît quotidiennement le soir et Irish News le matin. Le tabloïd News Letter est disponible quotidiennement. On trouve également les principaux journaux anglais.

Télévision. Deux chaînes de télévision : BBC Northern Ireland (BBC NI) et Ulster TV (UTV). Les principales chaînes anglaises sont également disponibles.

Musique
Musique traditionnelle

Depuis une vingtaine d'années, la musique traditionnelle irlandaise s'offre un franc succès sur la scène internationale : on en oublierait qu'elle est vieille d'environ 2 000 ans et qu'elle date de l'arrivée des Celtes en Irlande. Etablis en Europe de l'Est dès le Ve siècle av. J.-C., les Celtes furent sans aucun doute influencés par les musiques orientales. Selon certaines hypothèses, la célèbre harpe celte serait originaire d'Egypte. Tout en s'acheminant vers leur terre d'élection, les Celtes marquèrent de leur empreinte les cultures musicales d'Espagne et de Bretagne, mais aussi du Pays de Galles et d'Ecosse. C'est toutefois en Irlande que la tradition s'est le mieux articulée, qu'elle a connu son apogée et qu'elle a survécu aux vicissitudes de l'histoire. La harpe a dominé la musique irlandaise jusqu'au XVIIe siècle. Les lois pénales édictées par les Anglais allaient ensuite interdire toute forme de manifestation de la culture irlandaise dont la musique. Les musiciens continuèrent bien sûr à jouer, mais de manière clandestine, donc plus intime. Un caractère qu'a conservé la musique traditionnelle irlandaise aujourd'hui.

En 1845, la Grande Famine allait causer la mort d'un million de personnes et pousser à l'émigration, jusqu'à la fin du XIXe siècle, un nombre encore supérieur de survivants. Il ne fait aucun doute qu'une grande part de la tradition, chansons, récits et airs, a disparu à cette époque. Toutefois, en quittant le pays, des milliers d'Irlandais emportèrent avec eux leurs instruments, et c'est ainsi qu'un réseau de musiciens s'implanta dans des villes comme New York, Boston et Chicago, à forte concentration d'immigrants irlandais. Dans les années 1920, des enregistrements eurent lieu aux Etats-Unis avec des artistes du fiddle (le violon irlandais) comme Michael Coleman, James Morrisson ou Paddy Killoran. Ces disques eurent un effet immédiat sur les musiciens irlandais restés au pays : non seulement le piano accompagnait le violon et le pipeau, mais le rythme était plus rapide.
Ces deux nouveautés apportèrent un changement appréciable. Jusque dans les années 1960, la musique irlandaise se jouait essentiellement dans les pubs, et exclusivement en zone rurale. C'était une musique à danser. Au début des années 1960, un expert en musique ancienne, Sean O'Riada, apporta une contribution majeure à la musique irlandaise. Ayant créé un orchestre, le Ceoltori Chualann, il se fixa pour but d'inventer une nouvelle musique fondée sur la tradition. L'orchestre était composé d'un violon, d'une flûte, d'un pipeau, d'un accordéon et d'un bodhran. La nouveauté consista à jouer en solo à l'intérieur du groupe. La musique était destinée à être écoutée et non plus dansée. Elle ne devait plus être associée aux zones rurales et à la pauvreté. Elle pouvait remplir un rôle de cohésion sociale.
Le premier concert des Ceoltoiri Chualann ne se tint pas dans un lieu public ou dans une salle de bal, mais au National Concert Hall, salle destinée à la musique classique. La naissance de groupes de musiciens professionnels fut une autre conséquence. Issu du Ceoltoiri Chualann, The Chieftains fut le premier groupe à se produire à l'étranger. Cette influence allait s'avérer décisive sur la génération des orchestres des années 1970, tel Planxty, ou, plus tard, The Bothy Band, dont les arrangements complexes, les productions en studio et l'approche professionnelle sur scène ont constitué les principaux éléments du succès actuel de la musique irlandaise.
Parmi les musiciens contemporains, outre The Chieftains qui continue à se produire, on peut citer Mary Black et Brian Kennedy, mais ces derniers sont surtout célèbres en Irlande. Aujourd'hui encore, la musique traditionnelle occupe une place importante, et chaque ville, chaque village possède son ou ses pubs réputés pour leurs concerts. Vous aurez également souvent l'occasion d'assister à des boeufs improvisés, auxquels vous pourrez même parfois participer, si l'envie vous prend.

Comhaltas, l'entité chargée de promouvoir la culture traditionnelle irlandaise à travers le monde, propose un calendrier des concerts sur son site (comhaltas.ie).

Instruments de musique traditionnelle

Le bodhran. Tambour traditionnel, appartenant à la culture gaélique, confectionné avec de la peau de chèvre épaisse ou très fine selon le son désiré. Le musicien frappe dessus avec une petite baguette. Cet instrument de percussion est redevenu à la mode grâce au groupe très populaire en Irlande The Chieftains.

Le fiddle et le violon sont un seul et même instrument. Seuls varient les techniques et positions de jeu, ainsi que le répertoire. La tenue de l'instrument peut ainsi différer en fonction des habitudes du musicien : contre sa poitrine, sur l'épaule, sous le menton ou dans certains cas contre la hanche. Chaque région possède son propre style, mais le plus réputé reste celui du Donegal. Sa sonorité est populaire chez les plus âgés comme chez les plus jeunes.

Le thin whistle. Cette flûte en laiton à six trous est l'instrument national et jouit d'un prestige absolu dans tout le monde celtique, notamment en Bretagne. Ce son apporte une touche mélancolique aux mélodies irlandaises.

La villean pipe, la cornemuse irlandaise, est assez différente de sa petite soeur écossaise. Au lieu de souffler dedans, le musicien en joue assis, il la remplit d'air en appuyant sur le coude. C'est l'un des instruments les plus difficiles à maîtriser et a donc failli disparaître pour cette raison. Mais aujourd'hui, la grande majorité des groupes de musique traditionnelle l'inclut dans leurs chansons.

La harpe moderne est issue de la harpe irlandaise du XIXe siècle. Elle est de taille relativement importante, comparable à celle de la harpe de concert, et ses cordes sont pincées avec l'extrémité des doigts. Jadis, et ce jusqu'au XVIIe siècle, période de l'apogée de la harpe, tous les harpistes étaient des musiciens professionnels. Le pays était dirigé suivant le système des clans, chaque clan ayant une écurie d'artistes et de poètes. La tradition était sûrement perpétuée grâce à ce système. Toutefois, en 1607, quand le système des clans s'effondra sous la pression des envahisseurs, après l'épisode dramatique connu comme la Fuite des comtes (Flight of Earls), la tradition s'effondra. Les nouveaux maîtres n'avaient pas plus de goût pour la harpe qu'ils n'avaient d'intérêt pour le talent des harpistes. Ces derniers, brusquement dépourvus de tout mécénat, furent forcés de prendre la route et d'aller exercer leur art de village en village. Chemin faisant, ils enseignaient et composaient. Le plus célèbre de ces compositeurs itinérants, Turlough O'Carolan, est resté dans l'histoire de la musique irlandaise, moins pour ses talents d'interprète que pour la beauté de ses mélodies, dont beaucoup sont encore jouées par des harpistes contemporains. La première collection écrite de mélodies pour la harpe fut publiée en 1762. Elle contenait 49 airs, mais il fallut attendre 1792 pour qu'apparaisse un système de notation.

Musique contemporaine

La country et la musique traditionnelle, plutôt folk, sont des musiques ancestrales qui sont toujours beaucoup écoutées en Irlande. Mais la scène pop-rock n'est pas en reste non plus. Les Irlandais ont décidément l'âme musicale, et les groupes contemporains qui parviennent à se faire un nom ne manquent pas de revendiquer une petite part d'Irlande, dans le fond ou dans la forme de leurs compositions.

U2. Quand on évoque la musique contemporaine en Irlande, et même la musique en général on ne peut manquer de mentionner le succès international de U2. Haï par ses détracteurs, vénéré par ses fidèles, le groupe, originaire de Dublin, est aujourd'hui l'une des grandes fiertés du pays.

Avec 15 albums à son actif et 90 millions d'exemplaires vendus, il mérite bien le titre de plus grand groupe de ces deux dernières décennies ! C'est en 1977 que Larry Mullen Jr, élève à Mount Temple School, Malahie Road, Artane (dans les faubourgs de Dublin), parvient à réunir trois de ses camarades pour former un groupe. Paul Hewson, le chanteur (alias Bono), Dave Evans (Edge) à la guitare, Adam Clayton à la basse et Larry à la batterie s'amusent alors à reprendre les grands classiques des Rolling Stones, de T-Rex ou des Clash, sous le nom de Feedback. Un peu plus tard, ils opteront pour le non moins célèbre nom de U2 (emprunté à un avion espion américain abattu pendant la Guerre froide). Le 18 mars 1978, U2 remporte le premier prix d'un concours organisé par CBS à Limerick, ce qui lui permet de signer un contrat chez le fameux label.
Après la sortie de deux singles, U2 en 1979, et Another Day en 1980, le groupe signe chez Island et sort son premier album, Boy, en 1980, puis October, un an plus tard. Les tournées européennes et américaines commencent à s'enchaîner, mais c'est en 1983, avec la sortie de War, suivi du direct Under a Blood Red Sky, que le groupe va se trouver propulsé à l'échelle internationale.

The Corrs. Un des groupes irlandais les plus populaires à l'étranger est composé de membres d'une même famille native de Dundalk. Les quatre frères et soeurs, Caroline, Sharon, Andréa et Jim montrent une complicité évidente sur scène. Il aura fallu attendre que les plus jeunes terminent l'école pour que la joyeuse bande fasse de la musique son gagne-pain. Leur premier album Forgiven, not forgotten, qui fait la part belle à leurs origines celtiques, se vendra à 3 millions d'exemplaires. Dès lors, Céline Dion les invite à la première partie de son spectacle et les Corrs voient leur notoriété s'accroître. Leur musique est un habile mélange de style traditionnel irlandais et de pop-rock moderne. Leur deuxième album Talk on corners passe la barre des 8 millions d'exemplaires vendus. En Irlande, ils ont vendu plus d'albums que U2 ! Leur quatrième opus intitulé Home est sorti en 2005.

The Cranberries. Ce groupe originaire de Limerick s'est formé en 1990. Il était composé de quatre membres dont Dolores O'Riordan, décédée en janvier 2018. Celle-ci a fait ses débuts à l'âge de 5 ans ; elle chantait dans les églises et les pubs, avant de devenir la nouvelle star du rock irlandais. Dans Zombie, un des titres les plus célèbres du groupe, elle parle ouvertement de la guerre, à la suite d'un attentat meurtrier de l'IRA à Warrington, en Irlande du Nord. Quelques autres titres : Ode to My Family, Salvation, When You're Gone, I'm Free to Decide...

Sinead O'Connor. Avec ses chansons mystiques et son crâne rasé, la belle Irlandaise a réussi une carrière internationale. Sinead, au fil de ses chansons, se révolte, dénonce, s'insurge refusant l'hypocrisie du monde. Dans les années 1990, Sinead accumule les provocations : elle refuse de chanter l'hymne américain lors de l'un de ses concerts, déchire la photo du pape en direct à la télévision (depuis, beaucoup d'Irlandais ne la portent pas vraiment dans leur coeur). Pendant ce temps, les albums se suivent sans se ressembler, toujours d'une grande qualité.

Phil Lynot (1949-1986). Né en Angleterre, d'un père brésilien et d'une mère irlandaise, Phil Lynot grandit seul avec sa mère dans la banlieue de Dublin. En 1970, il devient le chanteur, bassiste et leader du groupe Thin Lizzy, avec Eric Bell à la guitare et Brian Downey à la batterie. Ils remportent leur premier succès avec le très fameux et traditionnel Whisky in the jar en 1973. Le groupe se transforme, se compose de deux guitaristes et se tourne vers le hard rock. Leur album Jailbreak, de 1976, fait un carton avec le morceau The Boys are back in Town. Adorant le hard rock, le rap mais aussi le punk, Thin Lizzy influencera de nombreux artistes irlandais. Phil Lynot meurt jeune, résultat de l'abus de drogue et d'alcool, mais restera à jamais le premier Irlandais noir, à la coupe afro, renommé. Le 19 avril 2005 est érigée une statue en son honneur sur Harry Street à Dublin.

Plus récemment, sur la scène internationale, le guitariste Damien Dempsey, les groupes Snow Patrol, Two Door Cinema Club, The Script et Damien Rice font parler d'eux.

Riverdance

Le spectacle Riverdance a été créé pour l'Eurovision de Dublin, en 1994. Cette troupe a parcouru le monde entier et a révélé la danse irlandaise à un large public. Durant leur spectacle musical celtique, une quarantaine de danseurs et de danseuses se relayent sur scène, en costume d'époque, sur des chorégraphies traditionnelles.

Le show raconte l'histoire du peuple irlandais et notamment son immigration en Amérique du Nord. Véritable hymne à la danse, ce spectacle célèbre l'art des claquettes et du folklore irlandais.

Pour tout savoir sur leur actualité : riverdance.com

Quelques grands noms de la musique traditionnelle

Michael Balfe (1808-1870). Né à Dublin, ce compositeur, violoniste et chanteur d'opéra a laissé derrière lui quelques oeuvres célèbres en Irlande, comme Falstaff (1838) ou La Bohémienne (1843).

Mary Black. Après plus de 20 ans de carrière, Mary Black, née le 22 mai 1955 à Dublin, reste l'une des chanteuses de folk les plus appréciées en Irlande. Célèbre pour sa voix cristalline, elle a surtout enregistré des disques de musique traditionnelle. Elle a travaillé avec Christy Moore et le groupe de musique traditionnelle De Danann.

Trulough Carolan. Né en 1670, harpiste et compositeur très célèbre en Irlande, il devint aveugle à 18 ans, ce qui ne l'empêcha pas de composer environ 200 chansons, toutes en langue gaélique.

The Chieftains. Sur les traces de Sean O'Riada (1931-1977), qui fit découvrir aux Irlandais les thèmes de leur propre musique, The Chieftains ont porté la musique traditionnelle irlandaise aux quatre coins du monde. Fondé en 1962 par le flûtiste Paddy Moloney et cinq autres musiciens, le groupe n'est au départ qu'une petite formation amicale.

Enya. Née le 17 mai 1961, sous le nom d'Eithne Ní Bhraonáin, elle est une artiste irlandaise solo populaire. Il faut dire qu'elle a tout pour elle : elle est belle et a une voix superbe. Sa famille, originaire du Donegal, est musicienne depuis toujours, et Enya chante parfois en gaélique. On regrette juste un " manque d'inspiration " quand vient le temps de composer de nouveaux morceaux. Par conséquent, les fans peuvent attendre jusqu'à 5 ans entre deux albums.

The Dubliners. Un des groupes les plus populaires de musique traditionnelle (violon ; concertina, un petit accordéon ; tin whistle ; guitare et bodhran, un tambourin en peau de chèvre). Les Dubliners ont débuté dans les années 1960 au pub O'Donaghan de Dublin. Il faut entendre au moins une fois la fameuse ballade de Finnigan's Wake.

Peinture et arts graphiques

Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, l'art irlandais fut fortement influencé par la peinture anglaise. En effet, la plupart des peintres irlandais vendaient leurs toiles en Angleterre et beaucoup y ont vécu car c'est là que se trouvait la demande. En 1768, Nathaniel Hone et le paysagiste George Barret furent d'ailleurs deux membres fondateurs de la Royal Academy à Londres. Leurs oeuvres, ou encore celles de James Barry, sont représentatives de cette période. Au XIXe siècle, l'influence romantique est perceptible dans la peinture irlandaise, notamment dans les paysages de Francis Danby ou James Arthur O'Connor. La moitié du siècle est dominée par les peintres William Mulready, Frederic William Burton et Daniel Maclise. Dès la fin du XIXe siècle, la peinture irlandaise s'émancipe de la peinture anglaise et s'enrichit de nouvelles influences européennes, notamment celle des impressionnistes français. De nombreux peintres irlandais partirent peindre en France.
Nathaniel Hone le Jeune fut le précurseur de ce mouvement et passa 16 ans près de Paris, avec les peintres de l'école de Barbizon. Il fut suivi par d'autres, tels que Walter Osborne, Roderic O'Connor, William Leech. Nombre de ces post-impressionnistes se rendirent en Bretagne pour peindre et l'on retrouve des sujets et paysages bretons dans leurs oeuvres. En 1920, la création de la Society of Dublin Painters entraîna le développement de l'art moderne. Parmi les fondateurs se trouvait Jack B. Yeats, frère du poète national William B. Yeats, la figure majeure de la peinture irlandaise au XXe siècle. Samuel Beckett voyait en lui un maître suprême... Sa peinture, mouvementée et haute en couleur, est de style expressionniste. Yeats peint volontiers des gitans, des vagabonds, des voyageurs et des hommes de la rue. Les personnages sont peints à même la pâte, qui forme ainsi la ligne, la matière, la couleur et la densité. La composition est emportée par un mouvement vertigineux de vitesse et de saisissement parfois porté à l'énigmatique. On peut également citer le peintre surréaliste Francis Bacon, né à Dublin de parents anglais.

Peintres irlandais de renom

George Barret (1728-1784). Né à Dublin, mort à Londres, ce peintre paysagiste s'est beaucoup inspiré des paysages des monts Wicklow, au sud de la capitale.

James Barry (1741-1806). Né à Cork, mort à Londres, ce peintre célèbre en Irlande s'est surtout intéressé aux personnages historiques, comme dans la conversion par saint Patrick du roi de Cashel.

Jack Butler Yeats (1871-1957). Peintre, fils de John Butler Yeats et frère de William, il contribua grandement à la renaissance celtique du début du XXe siècle.

John Butler Yeats (1839-1922). Peintre célèbre, père de Jack, peintre également, et de William, écrivain. On lui doit les portraits de Synge et de Lady Gregory (cofondatrice de l'Abbey Theatre).

John Henry Foley (1818-1874). Né à Dublin, ce sculpteur a laissé derrière lui une oeuvre très connue des Dublinois : le monument de Daniel O'Connell.

Sir Hugh Lane (1875-1915). Un grand musée de Dublin porte son nom : le Hugh Lane Municipal Gallery of Modern Art. Il fut un grand collectionneur de tableaux et surtout un grand admirateur de John Butler Yeats.

Culture celte

La situation géographique de l'Irlande, en périphérie de l'Europe occidentale, explique que les Romains et les Saxons n'ont jamais foulé le pays. Durant des siècles, les Celtes ont ainsi pu construire une culture en marge, coupée de toute influence extérieure. L'arrivée du christianisme, au Ve siècle, a par la suite apporté une coloration nouvelle à cette culture insulaire.
Les Irlandais sont très fiers de leurs origines celtes, qui les différencient des Anglais ! Le leprechaun (" petit bonhomme " en gaélique) fait partie de l'imagerie populaire celte. Il est représenté sous la forme d'un vieil elfe. C'est une créature solitaire qui se cache sous les néfliers ou dans les haies. Selon la légende, celui qui réussit à capturer un leprechaun peut le forcer à dévoiler la cachette de son trésor. Mais le personnage est malicieux et sait ruser face à ses ravisseurs. Son trésor n'est pas près d'être découvert ! Comme partout ailleurs, c'est sa culture qui fait de l'Irlande un pays unique en son genre.
A Dublin, la capitale, qui a le plus intensément subi la colonisation britannique, cette envie d'en référer à des origines remontant à plusieurs siècles se manifeste de façon particulièrement exacerbée.

Saint Patrick

Vous entendrez beaucoup parler de saint Patrick en Irlande. Il est le patron des Irlandais et se fête le 17 mars. Saint Patrick est un missionnaire qui convertit l'Irlande au christianisme. La légende raconte qu'il aurait expliqué à un roi païen le concept de la Sainte Trinité, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, grâce à une feuille de trèfle. Depuis ce jour, le trèfle est devenu le symbole de l'Irlande et les Irlandais l'arborent fièrement à leur boutonnière le jour de la Saint-Patrick. C'est entre 380 et 400 apr. J.-C., au sud de l'Ecosse (ou au nord de l'Angleterre), que naquit sous le nom de Maewyn Succat l'enfant qui deviendra quelques décennies plus tard le saint patron irlandais, saint Patrick. Agé d'une quinzaine d'années, Succat fut enlevé par Niall of the Nine Hostages, roi irlandais, qui le fit conduire à Antrim, en Irlande, où il fut vendu à un propriétaire terrien nommé Meliuc.
Durant 6 ans berger sur la montagne Slemish, aujourd'hui lieu de pèlerinage, il apprendra la langue de ses maîtres et se familiarisera au pouvoir des druides. Après son évasion et une solide instruction religieuse, le pape Célestin Ier l'aurait réexpédié chez ses anciens geôliers pour évangéliser l'Irlande païenne. Ce qu'il fit, défiant les druides sur leur terrain et s'adressant aux rois pour convertir leurs sujets. A sa mort, vers 461, l'Irlande était chrétienne. Saint Patrick reposerait dans le cimetière de Downpatrick (Irlande du Nord).

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