Guide des États-Unis : Arts et culture

Architecture
Bâtiment historique dans le quartier de LoDo.
Bâtiment historique dans le quartier de LoDo.

A l'image de l'histoire de la région, l'architecture des Rocheuses est un mélange des différentes populations et économies qui s'y sont développées. Pour comprendre ce métissage d'influences, il faut revenir aux premières civilisations, avant même l'arrivée des colons.

L'époque des natifs américains

Jusqu'au XVIIe siècle, la région n'a pas encore été découverte par les colons. Seuls les natifs amérindiens façonnent le paysage des Rocheuses selon leurs traditions et leur mode de vie.

Au nord, les tribus nomades vivent dans des campements temporaires constitués de tipis transportés d'un site à un autre. Avec l'arrivée du cheval (venu du Mexique et amené dans le Nouveau Monde par les Espagnols), les tipis - originellement légers et petits, car devant être facilement transportables - vont évoluer pour devenir plus grands et confortables. Pour rappel, le tipi est une tente en forme de cône, traditionnellement faite de peaux d'animaux qui sont tendues sur des piliers de bois. Le tipi est dressé à même le sol et isolé par différentes couches de peau. Au sommet, des volets ajustables et un trou (pouvant être protégé) permettent de laisser s'échapper la fumée. Les tipis sont aménagés autour du feu central.

Au sud, c'est une tout autre architecture que l'on rencontre. Les ethnies sédentaires dont les Anasazis (ancêtres des Pueblos) construisent des habitations troglodytes. Bâtis à même la roche, les villages sont composés de pièces à vivre, de zones de stockage et autres bâtiments agricoles ou religieux. Les habitations auraient été construites entre le VIe et le XIVe siècle. Ils sont les seuls vestiges " permanents " des natifs de la région. Aujourd'hui, on peut retrouver encore quelques habitations sur le plateau de Mesa Verde, dans la région sud-est du Colorado ainsi qu'au Nouveau-Mexique (Bandelier National Monument, Chaco Canyon) ou même en Arizona (Canyon de Chelly), mais le site qui regroupe la plus importante concentration d'habitations troglodytes se trouve à Mesa Verde dont le patrimoine unique a été reconnu par l'UNESCO.

L'influence espagnole

Les colons espagnols, déjà installés au Nouveau-Mexique depuis le XVIe siècle, ont logiquement largement influencé l'architecture de l'Etat et inspiré les régions voisines. Vous rencontrerez donc assez facilement des édifices de style espagnol (généralement de type néogothique ou colonial) dans la région sud des Rocheuses. L'ancien Yucca café d'Aurora en est la parfaite illustration. On retrouve des églises ou des habitations de type espagnol notamment à Denver, Durango, Pueblos et, plus généralement, dans toute la zone du Nouveau-Mexique jusqu'au Colorado du sud. Mais l'influence s'est étendue au-delà des régions limitrophes comme en atteste l'hôtel historique de Gallatin Gateway Inn à Bozeman, pour n'en citer qu'un.

Outre l'architecture, ce sont les noms espagnols qui dominent la région du Sud, de Santa Fe jusqu'à la ville de Pueblo dans le Colorado. Mais il n'est pas rare de croiser, même bien plus au nord, des sites ou des villes aux consonances latines.

Autre particularité de la région, c'est une fusion unique d'architecture native et espagnole. Lorsque les colons arrivent dans les Rocheuses, ils méprisent assez rapidement les tribus nomades qui vivent dans ce qu'ils considèrent comme des campements de fortune, mais sont fascinés par les techniques des ethnies du Sud et des constructions troglodytes. Ils apprennent donc rapidement à combiner leurs propres techniques à celles de ceux qu'ils appellent les " pueblos " (qui signifie village - en référence de leur architecture typique). Cette fusion de style espagnol et amérindien donne des constructions uniques qui font notamment la singularité architecturale de Santa Fe. On ne trouve nulle part ailleurs un style pareil, marqué par une couleur ocre composée de briques, d'un mélange de terre et de paille séché au soleil (adobe). Le style Pueblo ainsi né se caractérise par ailleurs par des murs ronds, des cheminées d'angle, des toits plats et une série de chambres à portiques couvertes donnant sur un patio extérieur.

L'architecture western

Ce sont les premiers explorateurs qui commencent à profiler le style architectural de la région alors très sommaire et rustique. Les trappeurs qui viennent chasser dans les Rocheuses construisent des cabanes en rondins de bois (log cabins). Plus tard, c'est la ruée vers l'or qui va donner l'occasion à la région de se structurer. Ce sont d'abord des villes-champignons qui poussent dès que des gisements sont découverts. Les villes se créent à l'origine à partir de campements, puis des édifices en dur voient le jour. Une ville western de l'époque se compose d'une avenue principale en terre battue bordée de constructions en bois. Parmi les établissements qui se développent rapidement figurent bien sûr les saloons. Le premier est établi à Brown's Hole dans le Wyoming, en 1822, il accueille des trappeurs de fourrures. À la fin des années 1850, le terme " saloon " devient commun et désigne un temple du divertissement et un pilier de la vie sociale qui fait office de bar-hôtel-salle de jeux et terrain de batifolage entre cowboys et courtisanes. Les mineurs, cowboys, trappeurs et autres migrants qui évoluent dans un milieu rigoureux, et presque exclusivement masculin, passent une grande partie de leur temps au saloon. Côté architectural, là encore, un style classique rustique tout de bois avec des toits souvent plats et des bâtiments cubiques agrémentés de porches soutenus par des piliers de bois. Les maisons closes deviennent aussi des destinations populaires des villes du Far West. Puis l'arrivée du train et l'Homestead Act (qui octroie des terrains à toute personne pouvant prouver les avoir occupés depuis plus de 5 ans) vont changer le visage de l'Ouest. Femmes et enfants rejoignent les mineurs, les migrants déferlent dans la région et les ranchs se multiplient. Les villes se civilisent, on y construit des commerces, des églises, des écoles et des gares pour les plus grandes.

Les villes aux XIXe et XXe siecles

L'arrivée du train facilite aussi le transport des matériaux de construction. Les édifices en briques remplacent les bâtiments de bois, notamment lorsque les villes sont victimes d'incendies, ce qui est très fréquent à l'époque. Dans les plus grandes communes, l'arrivée du chemin de fer va aussi changer le paysage urbain. D'abord dans un style Far West qui s'embourgeoise : les saloons gagnent en élégance, la brique et la pierre remplacent le bois, les tapisseries et les moquettes recouvrent les parquets et murs... Puis l'arrivée des Européens et des Américains de la côte Est va aussi influencer l'architecture locale. De nombreuses demeures, des hôtels et autres bâtiments publics et privés sont pensés à la mode anglaise. Bâtisses victoriennes, influence Queen Mary et Beaux-Arts, touche Art déco (dans les années 1920)... : les villes mélangent les genres et se créent leur propre identité à la croisée entre le Far West typique et les courants architecturaux en vogue. Celles qui attirent des prospecteurs et divers hommes d'affaires, de prospères éleveurs et fermiers, propriétaires de mines et autres fortunes de la région ou du pays se dotent de demeures cossues mais également de musées, de théâtres et de différents établissements culturels. Rapidement, elles n'ont plus rien à envier aux cités historiques de la côte Est.

En parallèle, d'autres villes évoluent selon leur propre culture, c'est le cas de Salt Lake City où les mormons construisent pierre après pierre la capitale de l'Utah. Quatre jours après son arrivée sur le territoire, Brigham Young définit l'emplacement de l'église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. La construction suit rapidement et Salt Lake City se développe tout autour de l'église centrale. Aujourd'hui le site s'est largement étoffé et forme un parc, connu sous le nom de Temple Square. Il occupe quatre hectares au coeur de la ville et rassemble les principales institutions mormones de Salt Lake City.

A l'heure contemporaine

Les quelques grandes villes des Rocheuses sont un heureux mélange de modernité et d'histoire.

A Denver, les buildings de Republic Plaza côtoient les édifices victoriens du quartier de Larimer Square et les anciens entrepôts sont réhabilités en galeries d'art et bars-restaurants branchés, à RiNo notamment. L'héritage western, l'influence anglaise, le passé industriel et la touche design des constructions modernes y profilent une architecture unique.

A Salt Lake City, ce sont les édifices mormons de Temple Square qui fusionnent avec les bâtiments de briques plus industriels et les édifices modernes. Le tout dominé par un capitole classique aux airs de Parthénon grec. Partout, les montagnes en fond donnent des airs conviviaux et apaisants aux villes de la région.

En dehors des grandes agglomérations, vous noterez que, comme souvent aux Etats-Unis, le centre des moyennes et petites villes des Rocheuses s'organise autour d'une seule rue principale qui concentre quelques bars, restaurants, galeries, magasins de souvenirs et cafés. On y retrouve, le plus souvent, une architecture typiquement western avec des bâtiments parfois en bois, souvent en brique, fréquemment colorés et, de temps à autre, ponctués d'une enseigne en bois typique.

Artisanat

On trouve beaucoup de produits artisanaux alimentaires dans les épiceries, les petites boutiques de centre-ville ou encore directement chez les producteurs. Les confitures, le miel, le chocolat et autres douceurs sont autant de gourmandises que l'on trouve facilement dans les différents Etats de la région. Tout comme les boissons alcoolisées ou non. Le Colorado, notamment, compte une importante production de bières artisanales et ne soyez donc pas étonné de trouver des brasseries locales dans presque chaque ville de l'Etat.

L'artisanat dans les Rocheuses est aussi, en grande partie, lié à la culture de la ferme et du bétail. La confection de bottes et chapeaux de cowboy est assez répandue. Tout comme la production artisanale de lasso. Mais l'artisanat le plus complexe et le plus respecté est probablement la fabrication de selles de cheval dans la tradition western qui demande une expertise liée à un long apprentissage et à la transition de savoir-faire.

Enfin, la chasse influence aussi l'artisanat et vous trouverez dans les régions plus rurales de nombreux objets de décoration et accessoires en peau ou bois d'animaux. La confection de bijoux et les différents objets dérivés du cuir sont également assez populaires.

Toutefois, si vous n'achetez pas directement les produits à la ferme ou sur les sites de production, vérifiez bien la provenance, car comme partout, de nombreux articles aux airs " locaux " sont en fait fabriqués en Chine ou en Inde.

Que rapporter de son voyage ?

Pour les cowboys qui ont de la place dans leur valise, laissez-vous tenter par un chapeau de cowboy aux bords relevés ou une belle paire de santiags. En revanche, si vous êtes plus limité mais voulez quand même rapporter un petit souvenir "cowboy" de votre séjour dans les Rocheuses, optez pour un bandana ou une chemise western.

Vous trouverez également de l'artisanat amérindien, dans les Visitor Centers et Trading Posts notamment ; attention toutefois à vous assurer de la provenance, car tout n'est pas produit localement.

Pour les plus gourmands, vous aurez le choix entre de nombreux produits locaux, parmi lesquels des confiseries, de la viande séchée ou des boissons de la région. La production de bière artisanale étant très développée, vous pourrez trouver de nombreuses cuvées locales.

Et pour les sportifs, laissez-vous tenter par un tee-shirt, un maillot ou une casquette des équipes locales comme l'équipe de football des Broncos de Denver, les équipes de basket des Utah Jazz ou des Denver Nuggets, l'équipe de baseball des Colorado Rockies ou l'équipe de hockey des Colorado Avalanches.

Cinéma
Des décors hors normes

La région des Rocheuses, c'est avant tout des décors naturels époustouflants composés de sommets enneigés, de vallées agricoles, de déserts de sable ou de sel, de formations rocheuses surréalistes. Un cadre rêvé pour incarner la beauté et la grandeur de l'Ouest américain dans les salles obscures. Pas étonnant, donc, que nombre de films aient pour arrière-plan leurs reliefs légendaires. Et côté diversité, il y a de quoi faire. Si dans Independance Day (1996), Will Smith éprouve la chaleur du désert de sel de Bonneville Flat Sands, dans Brockeback Mountain (2005) et Django Unchained (2012), c'est la rudesse des montagnes à Grand Teton National Park et Jackson Hole qui crève l'écran. Leurs formations hors normes ne cessent de fasciner et de faire des apparitions régulières au cinéma. Dans Rencontres du troisième type (1977), Steven Spielberg immortalise déjà la tour monolithique improbable de Devil Tower et le Parc national de Badlands est utilisé, quelques années plus tard, dans Starship Troopers (1997) pour représenter une planète effrayante peuplée d'insectes. Autre formation rocheuse immortalisée au grand écran (mais celle-là n'est pas naturelle), c'est le Mount Rushmore où les têtes sculptées des présidents servent de mur géant d'escalade dans le final de La Mort aux trousses (1959) d'Alfred Hitchcock.

Enfin, les paysages infinis des Rocheuses offrent une trame de fond idéale aux voyages initiatiques (et Gus Van Sant ne s'en prive pas dans My Own Private Idaho en 1991), aux aventures extrêmes qui jouent avec la nature déchaînée comme dans La Rivière sauvage (1994) de Curtis Hanson, ou aux roadtrips bien plus légers. Les jolies villes de montagne du Colorado sont un fil conducteur des aventures burlesques du duo de choc de Dumb & Dumber (1994), emmené par Jim Carrey. Et pour rester dans la série des classiques, la version originale de True Grit (Cent dollars pour un shérif, 1969) voit John Wayne évoluer dans les décors de l'adorable petite ville de Ridgway au coeur des paysages grandioses du comté d'Ouray.

La fascination d'un Far West légendaire

Si les Rocheuses sont une source d'inspiration pour le monde cinématographique, c'est aussi en raison d'une histoire marquante et riche en légendes. Qui dit Ouest, dit forcément indiens et cowboys, des représentations profondément ancrées dans l'imaginaire collectif et qui trouvent tout leur sens dans la région. Buffalo Bill, Calamity Jane, Sitting Bull, Wild Bill Hickok : tous ces emblèmes forts de la culture des Rocheuses sont mis en scène dans de vieux films des années 1950 qui contribuent à créer ce mythe de l'Ouest américain. Des années plus tôt, déjà, le genre du western se popularise. En 1939, Wyoming Outlaw (1939) avec John Wayne, illustre les aventures de Will Parker et, des années plus tard, ce sont celles du célèbre hors-la-loi Butch Cassidy qui retracent une partie de l'histoire, plus ou moins romancée, dans Butch Cassidy & The Sundance Kid (1969). Entre-temps, L'Homme des vallées perdues (1953) évoque la vie des cowboys et des fermiers à l'époque du Far West. Basés sur des faits et des personnages réels ou sortis tout droit de l'imagination des réalisateurs, tous ces contes ravivent une culture qui fascine au-delà des frontières du pays. Qui n'a pas en tête une ruelle de terre battue et un coup de vent qui précède une fusillade entre deux clans de cowboys ennemis ? Au XIXe siècle, les spectacles Wild West Shows, qui sont des représentations théâtralisées populaires de la vie au Far West, ont déjà la cote et sont rendus célèbres par Buffalo Bill dans le monde entier. En 1980, Michael Cimino tourne son chef-d'oeuvre La Porte du paradis (Heaven's Gate), un récit épique sur la guerre du comté de Johnson dans le Wyoming qui fait un four et contribue à la faillite de sa maison de production, mais qui a connu un retour en grâce auprès des cinéphiles. La même année, dans Bronco Billy, Clint Eastwood raconte la vie fictive de Bronco Billy McCoy, fier propriétaire d'un spectacle itinérant sur l'Ouest sauvage américain. En 1992, le même Eastwod tourne en Alberta un western sombre censé se dérouler dans le Wyoming : Impitoyable (Unforgiven), qui reçoit 4 Oscars dont celui du meilleur film. Mais l'Ouest, c'est aussi les natifs américains et les guerres indiennes, autre sujet de fascination des spectateurs. Dans Danse avec les loups (1990), couronné par 7 Oscars, Kevin Costner évolue entre le monde sauvage des Black Hills et celui des Amérindiens, partagés entre les guerres ennemies et la menace de l'armée américaine. Le film a été tourné en majeure partie dans le sud-ouest du Dakota du Sud. Même décor du Dakota du Sud, notamment celui du Parc national des Badlands, pour le polar Coeur de tonnerre (1992) de Michael Apted, soit le FBI chez les Sioux dans les années 1970. 1970 marque aussi la sortie du film Little Big Man, classique inscrit depuis 2014 au National Film Registry et conservé à la bibliothèque du Congrès, qui met en scène l'histoire d'un jeune Blanc rescapé d'un massacre, élevé par des Cheyennes et finalement tiraillé entre deux mondes. Le film évolue notamment entre le décor historique de Little Bighorn Battlefield National Monument et les paysages sauvages du Montana. En 2018 sort Hostiles, de Scott Cooper, dans lequel Christian Bale campe un capitaine de la cavalerie américaine chargé d'escorter un vieux chef cheyenne du Nouveau-Mexique jusqu'au Montana. Leur inimitié initiale s'estompera au fil des épreuves et autres attaques comanches rencontrées au fil de leur périple.

La culture du ranch et des chevaux

Autre sujet fétiche et emblématique dans la région : les ranchs et les chevaux. L'Idaho et le Montana en sont les terres de prédilection et le sujet de nombreux films dédiés à cette thématique. L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux (1998) ou Légendes d'automne (1995) sont deux classiques qui immortalisent les étendues infinies du Montana et l'amour des chevaux et de la terre. Des paysages magnifiques que l'on retrouve aussi dans le célèbre Et au milieu coule une rivière de Robert Redford (1992) qui a sensiblement dopé le tourisme dans le Montana suite à sa sortie.

Plus récemment dans Buck (2011), on découvre la vie d'un autre horse whisperer (un homme qui murmure à l'oreille des chevaux), un vrai celui-ci, et l'on suit un petit bout de vie de Buck Brannaman, qui s'est remis d'une enfance difficile en devenant spécialiste des relations entre les hommes et les équidés.

Dans The Rider, sorti en 2018, la réalisatrice chinoise Chloé Zhao s'immerge dans le monde du rodéo pour filmer avec délicatesse la perte d'illusions d'un jeune cow-boy d'aujourd'hui, obligé d'abandonner sa passion du rodéo après un accident de cheval. Les décors sont ceux de la réserve sioux de Pine Ridge, non loin du parc national des Badlands dans le Dakota du Sud.

A l'heure contemporaine

Preuve est en que l'Ouest américain fascine toujours autant, le western a plus que jamais la cote. Et Quentin Tarantino le confirme, car après le magnifique Django Unchained, il renoue avec le western dans son dernier film Les Huit salopards (2015) qui est tourné en partie dans des contrées aussi sauvages qu'enneigées du Colorado. Le cowboy, lui aussi, fascine toujours comme en témoigne Sweetgrass (2011), un magnifique documentaire sur la vie des bergers dans le Montana qui suit la transhumance des moutons à travers les paysages grandioses du nord des Rocheuses.

Mais l'histoire et les problèmes de société sont aussi au coeur des nouvelles productions cinématographiques. La tuerie dans le lycée de Columbine en 1999 a attiré, notamment, l'attention de deux réalisateurs célèbres. Dans Bowling for Columbine (2002), Michael Moore fait une critique ouverte d'une société légalisant le port d'armes et rend hommage à cet épisode tragique de l'histoire du Colorado. Dans un genre très différent, le film de Gus Van Sant, Elephant (2003), met en scène une version de la fusillade au travers une journée qui commence très habituellement dans ce lycée américain et qui va se terminer par le meurtre de 12 lycéens et du professeur de Columbine. Presque en même temps, une autre tragédie fait parler d'elle, celle du meurtre d'un étudiant homosexuel à Laramie dans le Wyoming dans deux films différents, Le Projet Laramie (2002) et The Matthew Shepard Story (2002). Enfin, plus récemment, c'est la vie dans les réserves indiennes qui est abordée dans le thriller Wind River (2017), entre nature hostile et problèmes de société.

Les Rocheuses dans les séries télévisées

Les Rocheuses font également l'objet de nombreuses séries télévisées.

Colorado. Le nom de la série d'animation pour adultes South Park est inspiré d'une petite bourgade du Colorado, au sud de Breckenridge. Dans Docteur Quinn femme médecin, c'est à Colorado Springs que Michaela Quinn pose ses valises pour y exercer le difficile métier de médecin dans un univers presque aussi masculin que machiste. Autre production qui met en scène le Colorado, The Ranch, une série comique sur une famille de fermiers dont le fils est joué par Ashton Kutcher. Si la scène d'ouverture représente la jolie petite ville d'Ouray, les épisodes sont tournés en Californie.

Dans un autre registre, Dynasty, célèbre série américaine des années 1980, dépeint les mélodrames de la riche et puissante famille des Carrington à Denver. Et bien plus récemment, la série phare de Netflix Godless (2017) évolue entre le Colorado et le Nouveau-Mexique, et notamment dans la ville fictive de La Belle où les femmes règnent en maître.

Au Wyoming, la série policière Longmire (adaptée des romans de Craig Johnson) évolue entre paysages époustouflants et vie dans les différentes communautés locales.

Dans le Dakota du Sud, c'est dans la ville de Deadwood, devenue à la fin du XIXe siècle un repaire de chercheurs d'or sans foi ni loi que la série du même nom produite par la chaîne américaine HBO se déroule.

Utah. Enfin, la culture mormone a aussi attiré l'attention des scénaristes, donnant naissance à Big Love (2006), une série coproduite par Tom Hanks, diffusée sur HBO, qui raconte la vie de Bill et de ses trois femmes dans l'Utah sur fond de religion, de trahisons et de jalousies.

A chaque Etat son festival de cinéma

Les Rocheuses sont également le rendez-vous de nombreux festivals cinématographiques. L'un des plus importants festivals de cinéma indépendant, le Sundance Festival, créé par Robert Redford, s'y tient chaque année dans l'Utah, à cheval sur les villes de Park City et Salt Lake City et, dans une moindre mesure, à Ogden et Sundance. Dans le Colorado, de nombreuses villes accueillent leurs propres festivals de cinéma. Parmi les plus connus, le festival de films indépendants de Durango, le festival de cinéma international de Boulder, le festival de films d'horreur Stanley à Estes Park, le festival de cinéma de Telluride, le Filmfest d'Aspen, le festival de cinéma de Breckenridge et le Denver Film Festival. Dans le Wyoming, le Jackson Hole Wildlife Film Festival est dédié aux films sur la vie sauvage et Missoula au Montana accueille le festival de cinéma indépendant, le Montana Film Festival. Enfin, l'Idaho célèbre le cinéma inventif au Boise Film Festival.

Au cœur d'High School Musical

La célèbre comédie musicale de Disney High School Musical est composée de deux téléfilms, High School Musical (2006) et High School Musical 2 (2007), diffusés sur la chaîne Disney Channel, et d'un film sorti sur grand écran, High School Musical 3 (2008). Elle met en scène les aventures de lycéens de East High School dont Troy Bolton (joué par Zac Efron) et Gabriella Montez (Vanessa Hudgens), qui se découvrent une passion commune pour le chant et tombent amoureux. La comédie rencontre immédiatement un vif succès et dépasse les frontières du pays pour devenir un phénomène international. Elle est, aujourd'hui, l'une des plus grandes comédies musicales au monde. Le lycée dans lequel se passe l'intrigue et qui apparaît régulièrement dans des différents volets de la trilogie se situe à Salt Lake city dans le quartier de Salt Lake City School District. Il est possible de visiter l'établissement en semaine pour revivre les scènes mythiques d'High School Musical tout en étant immergé dans l'atmosphère particulière des lycées américains.

Danse

La danse dans les Rocheuses est, à l'image de son histoire, un tissage d'influences variées.
Comme partout aux Etats-Unis, la danse contemporaine fait l'objet de nombreuses représentations et festivals, c'est une discipline majeure, notamment dans les plus grandes villes. Du côté des danses traditionnelles, on trouve différentes versions internationales comme la salsa ou même de la danse basque dans l'Idaho, où la communauté est historiquement très présente. Deux événements majeurs sont organisés chaque année dans la ville de Boise autour de la culture basque et de la danse en juillet et août : San Inazio et Jaialdi.

Mais si l'on ne devait citer que deux danses traditionnelles de la région, ce serait bien sûr :

La danse country ou square dance. D'abord arrivé dans les villes de l'Ouest, ce type de danse s'est rapidement étendu jusqu'aux régions des montagnes. Il tire ses origines de la contredanse, du quadrille français, de la polka et de la jig irlandaise, apportés par les immigrants européens. La square dance, appelée aussi danse country, est devenue rapidement la danse préférée des cowboys et des habitants de l'Ouest, pratiquée régulièrement dans les fêtes de famille, les fêtes de village et autres célébrations publiques. Il en existe plusieurs dérivés mais le plus célèbre est le two-step qui se résume, comme son nom l'indique, à une danse de couple à deux pas : deux pas sur la droite suivis d'un pas sur la gauche. La line dance, quant à elle, se danse en groupe selon une chorégraphie préétablie. Il s'agit d'une forme de charleston qui reprend les pas en carré.

Les pow-wows. A l'origine, il s'agit de rassemblements populaires dans la culture amérindienne à l'occasion de célébrations religieuses ou guerrières. Aujourd'hui, les pow-wows sont devenus des manifestations festives et l'occasion pour les natifs américains de perpétuer leur héritage culturel, notamment à travers des danses traditionnelles. De nombreux pow-wows sont organisés dans le Montana, l'Idaho, le Dakota du Sud et d'autres régions des Rocheuses. Parmi les plus connus le Crow Fair Celebration Powwow & Rodeo (Montana), l'Eastern Shoshone Indian Days Powwow and Indian Rodeo (Wyoming) ou le Denver March Powwow (Colorado). Préférez les pow-wows en extérieur qui sont plus authentiques ; le JulyamshPost Falls Powwow (Idaho), est notamment l'un des plus grands pow-pows en plein air de la région.

Littérature
Personnages mythiques et épisodes historiques

Sujet de fascination inépuisable, de nombreux ouvrages traitent de l'histoire de la conquête de l'Ouest. Parmi les figures mythiques de la région, vous trouverez en tête de liste ceux consacrés au général Custer, personnalité américaine qui a suscité le plus de livres après le président Abraham Lincoln. Tout comme ceux dédiés aux célèbres chefs indiens, notamment Sitting Bull, héros de la résistance indienne (2010) et Crazy Horse : Une vie de héros (2016).

Les cowboys et autres personnalités emblématiques font aussi couler de l'encre et certains ouvrages apportent une vision plus critique des légendes toutes faites que l'on nous brosse. Tristesse de la terre : Une histoire de Buffalo Bill Cody (2014) d'Eric Vuillard vous donnera, notamment, une autre vision, plus pessimiste, du célèbre Buffalo Bill et de la portée de ses spectacles.

Enfin, les différents épisodes qui ont marqué l'histoire des Rocheuses font aussi l'objet de nombreux récits, de la bataille de Little Bighorn avec notamment le livre Little Big Horn, autopsie d'une bataille légendaire (2016) à l'extermination des bisons avec Tueur de bisons (1958) en passant par l'expédition de Lewis et Clark dont Thomas Jefferson et l'Ouest : l'expédition de Lewis et Clark (2005). La liste des livres traitant de la fascinante histoire des Rocheuses est longue et ne peut être exhaustive. Toujours est-il que si le côté historique vous passionne, vous trouverez matière sur le sujet.

Les Rocheuses au coeur de la scène littéraire

Les Rocheuses stimulent les plumes nationales comme internationales. Jack Kerouac dans Sur la route (1957) dédie, notamment, un passage du livre à la ville de Cheyenne où il passe, à l'époque, un petit moment. L'auteur et sa bande de beatniks écumeront aussi les bars de Denver. Dans un autre classique, c'est l'hôtel Stanley à Estes Park qui inspire Stephen King dans la rédaction de Shining, l'enfant lumière, ensuite adapté au cinéma par Stanley Kubrick.

Il faut dire qu'avec une zone aussi vaste et une histoire si riche, il y a matière à écrire. Sur fond historique, les romans de Michael Blake ont tous pour thème la région des Black Hills. Dans Le Paradis des héros (1998), il dresse un portrait aussi intéressant qu'inhabituel du fameux général Custer qui fait perdre à l'armée la bataille de Little Bighorn, révélant un personnage naïf, sincère et courageux, aux antipodes de l'image du commandant borné qui envoie ses troupes à la mort. Dans Danse avec les loups (1988), il raconte l'histoire du lieutenant John Dunbar, ensuite adaptée au cinéma par Kevin Costner et dont il termine le récit dans La Route sacrée (2010) qui renoue 11 ans plus tard avec celui qui est devenu le guerrier comanche dans Danse avec les loups.

La nature rude et indomptable est aussi un cadre de prédilection pour les polars et autres romans noirs. Parmi ceux qui se déroulent dans la région, La Rivière de sang (2006) de Jim Tenuto est une intrigue prenante qui évolue dans les grands espaces du Montana et dans Incident à Twenty-Mile de Trevanian (1998), c'est un autre polar western qui met à l'épreuve la rigueur du Wyoming. Mais les Rocheuses ne fascinent pas que les auteurs américains. En France, c'est le journaliste, écrivain, scénariste Laurent Chalumeau qui dépeint dans l'électrique En Amérique (2009) son passage au célèbre festival de rodéo Cheyenne Frontier Days, mélange d'anecdotes piquantes et d'entretiens avec des locaux. Et le sujet touche tous les genres, les Rocheuses sont aussi un terrain de jeu idéal pour les héros de la bande dessinée Comanche de Hermann et Michel Greg dont l'action se situe souvent dans le Wyoming, notamment dans les tomes Les Guerriers du désespoir, Furie rebelle Les Loups du Wyoming, Red Dust, Le Désert sans lumière...

L'école du Montana

Le Montana est connu pour accueillir de nombreux écrivains contemporains que l'on désigne souvent comme "l'école du Montana", "la génération Montana" ou la "Montana Connection". On prête au Montana une atmosphère idéale à la création artistique. Immense Etat aux paysages grandioses, très peu peuplé et au climat rude, il serait une source d'inspiration sans limite pour les écrivains voulant dépeindre la nature profonde de l'Ouest américain. Missoula est en devenue l'épicentre. Avec une population de quelque 60 000 habitants, elle arrive à concentrer une forte population d'écrivains et d'étudiants en littérature qui lui valent parfois une comparaison avec Montparnasse. Si la pertinence de l'école est parfois remise en cause par le milieu littéraire, ce qui est sûr, c'est qu'il existe bien un noyau d'auteurs qui se sont rencontrés lors de cours ou d'ateliers d'écriture donnés à l'Université du Montana ou lors de rencontres littéraires et qui ont tous comme leitmotiv l'immensité de la nature.

On parle de nature writing, tant elle a une place grande dans les productions. Tout converge vers l'immensité de la nature, qu'elle vienne en renfort du récit ou qu'elle soit le sujet même de l'oeuvre.

Malgré cette unité, les productions sont variées, allant des romans aux poèmes, des nouvelles aux essais. Les thèmes abordés sont aussi hétérogènes, du roman policier à la pêche, sujet de prédilection notamment mis en avant depuis l'adaptation au cinéma par Robert Redford du roman Et au milieu coule une rivière de Norman Maclean.

Parmi les auteurs les plus connus, Wallace Stegner dont le roman Angle d'équilibre gagne le prix Pulitzer de la fiction en 1972, le poète Richard Hugo (l'un des premiers de l'école du Montana), l'auteur de romans noirs James Crumley et son sympathique détective porté sur la bouteille Milo Milodragovitch, Jim Harisson, rendu célèbre par l'adaptation au cinéma de son roman Légendes d'automne (1981), Pete Fromm connu, entre autres, pour son roman Indian Creek : un hiver au coeur des Rocheuses (1993), le nouvelliste Raymond Carver mais aussi Richard Ford, Thomas McGuane, Thomas Savage, Annie Dillard ou Barry Lopez, Rick Bass...

Les écrivains locaux, natifs ou d'adoption

Si le Montana est donc connu pour être l'Etat de prédilection des écrivains de la région, le Wyoming accueille aussi des plumes de qualité. Le recueil de nouvelles d'Annie Proulx (1999) dont fait partie Brokeback Mountain a d'ailleurs connu un grand succès suite à son adaptation cinématographique par Ang Lee en 2005 (mais le film a été tourné majoritairement dans l'Alberta, au Canada). Dans un autre genre, Mary O'Hara est un écrivain américain célèbre pour sa trilogie sur la vie dans les ranchs et l'élevage des chevaux au Wyoming, des best sellers adressés à un plus jeune public.

Le roman policier est aussi un genre populaire dans le coin. Craig Johnson, qui vit dans le Wyoming dans un ranch à proximité d'une réserve indienne, se plaît à mettre en scène sa région à travers les aventures du shérif Longmire (récits adaptés au cinéma avec la série Longmire). Quant à Charles James Box, qui est né et a grandi dans le Wyoming, il est le créateur du célèbre personnage Joe Pickett dont les enquêtes font l'objet de plusieurs récompenses littéraires. Plus au sud, à l'orée des Rocheuses, l'auteur Cormac McCarthy, originaire de Santa Fe, dresse un univers western comme toile de fond de ses romans appartenant à La Trilogie des confins : De si jolis chevaux (1992), Le Grand Passage (1994), Des villes dans la plaine (1998). L'auteur est particulièrement connu pour son roman apocalyptique La Route (2006) récompensé par le prix Pulitzer de la fiction.

Médias locaux
Télévision

Les chaînes de télévision américaines sont nombreuses, très nombreuses. Quatre principaux réseaux généralistes sont accessibles pratiquement sur tous les téléviseurs du pays : NBC, CBS, ABC et la Fox. Ils diffusent des programmes pour le grand public, qui vont des jeux télévisés aux séries, des dessins animés aux journaux d'information, avec parfois un peu de sport... Peu de films y sont diffusés, en revanche, toutes les émissions sont interrompues fréquemment par de la publicité, y compris le journal télévisé ! Le téléspectateur européen peu averti aura plus l'impression de regarder des publicités entrecoupées d'autre chose que l'inverse. Le journal passe le matin et le soir aux heures de grande écoute. Le câble ouvre le champ de possibilités en proposant des programmes plus spécialisés,
avec beaucoup moins de publicité. CNN est une chaîne d'information, sans doute la plus renommée du monde. Actualités et reportages y sont fiables et précis, mais concernent pratiquement les seuls Etats-Unis. On trouvera sur le câble des chaînes diffusant des films et des séries (HBO), si le titulaire a pris les bonnes options. Selon ces dernières, on trouvera une ou plusieurs chaînes de sport, de
musique (MTV), d'émissions pour les enfants (Disney Channel), ainsi que des chaînes aux
programmes encore plus ciblés : météo, finance, Internet, hispanophones...

Radio

La programmation radio change d'un Etat à un autre et d'une région à une autre. Au total, ce sont donc près de 30 zones différentes et un mélange de chaînes locales et nationales variées allant du sport aux actualités, de la culture à la religion. Parmi les radios d'Etat publiques, vous trouverez : Montana Public Radio, South Dakota Public Radio, Utah Public Radio et Wyoming Public Radio.

Presse

Les quotidiens américains d'information les plus connus sont diffusés sur l'ensemble du territoire américain et donc dans les Rocheuses. Ce sont le New York Times, USA Today, le Wall Street Journal, le Washington Post ou encore le Los Angeles Times. Mais l'on trouve également des journaux locaux, voici les plus connus :

Musique

La musique, tout comme la danse, est une figure majeure de la culture des Rocheuses et de l'Ouest plus généralement. A travers son évolution, c'est celle de l'histoire de sa région que l'on perçoit.

Musique amérindienne

La première forme de musique dans la région est logiquement issue de la culture amérindienne. Bien que très vaste car composée d'ethnies aux traditions et modes de vie bien différents, la culture des natifs américains a une base commune, la musique. Cérémonies religieuses, danses du soleil, jeux, mariages ou autres célébrations, elle est, avec la danse, l'un des piliers essentiels des traditions ancestrales. La musique a aussi un rôle de transmission orale de la culture et un rôle de guérison (de nombreux chants sont ainsi censés guérir maladies et blessures). Le style, quant à lui, dépend de la fonction et se décline en chants ou en sons monosyllabiques, en solo ou en choeur, a cappella ou accompagné d'instruments (tambours ou instruments à vent...). Aujourd'hui, il est possible d'écouter de la musique amérindienne un peu partout mais si vous voulez expérimenter la puissance de cette tradition ancestrale, rendez-vous à un powwow (célébrations amérindiennes qui sont organisées un peu partout dans la région).

Country music

La musique country est une musique traditionnelle, mélange de chansons folkloriques européennes apportées par les colons au XVIIIe siècle. De la mixité des communautés va naître une musique unique typique du nord des Etats-Unis. Originaire de la côte Est, elle va, avec la conquête de l'Ouest, s'étendre à l'ensemble du territoire. Cette musique devient la base des différentes manifestations sociales et elle accompagne les célèbres square dances.

Cowboy songs

Au Texas va ensuite se développer une variante : la chanson des cowboys, appelées aussi working song (la chanson du travail). Née au XIXe siècle grâce aux cowboys et autres travailleurs de l'époque (employés des chemins de fer, fermiers....), il s'agit d'un refrain chanté a cappella tout en travaillant ou accompagné d'un instrument (violon, harmonica ou guitare). Le style s'est aussi développé rapidement dans les Rocheuses et les chansons de cowboys ont été popularisées dans les westerns hollywoodiens dans les années 1930-1940 avec l'arrivée du cinéma parlant.

Bluegrass music

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, un nouveau style issu de la région des Appalaches apparaît sur la scène de la musique country : la bluegrass. Il s'agit d'une variante plus acoustique, mélange de musique folklorique rurale et montagnarde et de gospel utilisant essentiellement le banjo, la guitare, la mandoline et le violon. Le bluegrass devient célèbre grâce à Bill Monroe, et l'on associe ce style musical au Kentucky d'où ce dernier est originaire et où la couleur bleutée des herbes à la rosée donne son nom à la bluegrass (herbe bleue).

Rock indé

Le groupe alternatif 16 Horsepower (1992-2005), basé à Denver, puisait beaucoup de ses influences dans la musique bluegrass. Parmi les membres de la scène indé de Denver, citons aussi John Grant et son groupe The Czars. Santa Fe a vu naître et grandir Zach Condon, leader du groupe Beirut. Enfin, le producteur de rock Steve Albini, qui a produit Nirvana, les Pixies, Mogwai, PJ Harvey, H-Burns et tant d'autres, est originaire du Montana.

Musique classique

Si la musique country se popularise dans la région avec l'arrivée des migrants, dans les villes et les milieux plus aisés, la musique symphonique connaît un important succès. Dès la fin du XIXe siècle, des concerts sont donnés dans les théâtres des grandes villes. Aujourd'hui, l'orchestre symphonique de Denver (DSO) est un orchestre de renommée internationale et un passage incontournable pour les mélomanes. Le choeur du Mormon Tabernacle Choir est également réputé pour ses concerts à Salt Lake City.

Musique latine

La proximité géographique entre le Mexique et les régions du sud des Rocheuses ainsi que l'influence des colons espagnols en Utah et au Nouveau-Mexique ont naturellement laissé une empreinte dans la culture musicale de la région. Les mariachis et autres formes musicales latines se retrouvent donc dans nombre de célébrations et événements des Rocheuses.

Les artistes locaux

Plusieurs musiciens célèbres sont issus de la région.

La Monte Young (1935) est un artiste de musique contemporaine, qualifié de minimaliste. Originaire d'une communauté mormone à Bern dans l'Idaho, c'est aujourd'hui un compositeur reconnu qui a influencé différents courants de musique expérimentale. Il est aussi réputé pour stimuler sa création à l'aide de différentes substances hallucinogènes.

Cecil Effinger (1914-1990) est un joueur de hautbois, inventeur et compositeur classique né au Colorado.

Norman Lakewook (1906-2002), originaire du Michigan, arrive en fin de carrière au Colorado où il est compositeur en résidence à l'Université de Denver. Non native de la région, Libby Larsen (1950) est aussi un temps en résidence à l'orchestre symphonique du Colorado.

Hal Cannon (1948) est un artiste country-folk de l'Utah, tandis que Chris LeDoux (1948-2005) a fait résonner la culture country dans le Wyoming.

Red Rocks Amphitheatre, l'une des meilleures salles de spectacle au monde

Si vous voulez vivre une expérience musicale inoubliable, prévoyez un concert au Red Amphithéâtre à Morrison près de Denver. Cet amphithéâtre de 9 000 places, situé dans le parc de Red Rocks et conçu par l'architecte de Denver Burnham Hoyt, est doté d'une acoustique unique. Il a la particularité d'être niché au creux d'immenses falaises de grès rouge de plus de 90 mètres de haut. En plus des spectacles de qualité qui y sont programmés régulièrement, c'est l'expérience singulière, presque spirituelle de ce cadre hors normes, qui fait du Red Rocks Amphitheatre l'une des meilleures salles de spectacle au monde.

America the Beautiful

America the Beautiful est un hymne patriotique de 1895 en hommage aux paysages américains grandioses écrit par Katharine Lee Bates. C'est une balade dans le magnifique Pikes Peak, alors qu'elle passait l'été à Colorado Springs, qui lui aurait inspiré les paroles. La chanson est fréquemment utilisée dans les congrégations religieuses mais aussi en introduction de certains jeux sportifs.

Peinture et arts graphiques
L'art chez les natifs

La première forme d'art dans la région remonte aux créations amérindiennes dont on trouve encore de nombreux témoignages. Parmi les plus populaires, les pétroglyphes creusés dans la roche et les pictogrammes (peints à la surface de la roche avec des piments). Dans le Montana, ce sont des serpents et des tortues dessinés sur les falaises de Montana's Gate, et vous pourrez admirer des pétroglyphes de visages humains le long de la rivière Snake dans l'Idaho. A l'époque, la peinture sur peau de bison est également répandue. Plus tard, avec l'arrivée des pionniers et le troc, les dessins sur la roche sont remplacés par des peintures sur papier ou d'autres supports plus modernes. Des oeuvres qui sont exposées, en partie, dans les différents musées d'art et des civilisations de la région.

Les peintures de l'Ouest sauvage

Si les premières peintures modernes de la région débutent avec le convoi de Lewis et Clark et des créations retraçant les moments forts de l'expédition, ce sont les décennies suivantes qui vont marquer le début d'une vraie tradition artistique dans les Rocheuses. Des artistes talentueux découvrent la région tels que le peintre et lithographe George Catlin (1796-1872), le Français Karl Bodmer, ou encore Charles Deas, et vont trouver dans ses espaces grandioses, sa faune très riche et ses populations natives une perpétuelle source d'inspiration. George Catlin peignit toute sa vie les Amérindiens, leurs coutumes et leur environnement, et plaida en premier la cause d'une protection de ces espaces.

Certains artistes vont aller jusqu'à se joindre à des expéditions pour pouvoir découvrir plus profondément les mystères des Rocheuses. En parallèle, des explorateurs, pionniers ou missionnaires laissent des dessins et peintures de leurs aventures comme la collection de croquis et dessins du père Nicolas Point.

L'Ouest regorge de sujets parlants qui alimentent toutes les formes d'arts visuels. Les attaques d'ours, le travail à la mine, les aventures des cowboys, l'atmosphère d'une ville de western, la vie dans un saloon, le train ou le Pony Express sont autant de sujets qui passionnent. La culture amérindienne et les guerres sont aussi le sujet de nombreuses illustrations. Le peintre Elbridge Ayer Burbank (1858-1949) est l'auteur d'une impressionnante galerie de portraits de chefs amérindiens.

L'art au féminin

Si le marché de l'art est largement à dominance masculine, de nombreuses femmes se font remarquer par leurs photographies et peintures. Parmi les artistes connues, citons la photographe du Montana Evelyn Cameron. Henrietta Bromwell, Emma Cherry, Anne Evans sont autant de femmes peintres qui se forment à Denver. Parallèlement, la tradition mormone accorde également une importance non négligeable à l'art et l'Utah est le premier Etat à créer une agence gouvernementale de l'art en 1899. En revanche, l'aide financière et le soutien logistique alloués à la promotion artistique sont réservés aux hommes et les femmes doivent se débrouiller par leurs propres moyens pour se financer et se former.

L'arrivée du modernisme

Le modernisme ne trouve pas immédiatement sa place dans les Rocheuses et de nombreux artistes quittent la région pour s'essayer au modernisme dans d'autres Etats, voire à l'étranger. Mais la Seconde Guerre mondiale va changer la donne. Des vétérans de guerre rentrent dans leurs montagnes natales et envisagent une carrière artistique. De plus, des artistes européens fuyant le nazisme viennent trouver refuge dans la région, créant une vague de création dynamique. Parallèlement, c'est la transformation d'Aspen en un centre culturel unique qui va finir de dresser le portrait d'une région dynamique et ouverte à l'art moderne. Walter Paepcke, industriel et philanthrope de Chicago d'origine allemande, a la vision que l'ancienne ville minière peut devenir une destination artistique de premier plan. La création de plusieurs événements et établissements va donc asseoir la réputation de la ville comme la création de l'Institut Aspen et, en 1951, celle de l'IDCA (conférence internationale de design d'Aspen) dont le but est de populariser l'art en cherchant une passerelle entre la culture et l'industrie en touchant des secteurs aussi variés que le design graphique, l'architecture, les beaux-arts ou encore le cinéma et la littérature.

Aujourd'hui, si l'art moderne occupe une place importante sur la scène culturelle des Rocheuses avec, notamment, de nombreux musées d'art contemporain et différentes initiatives et divers projets pour stimuler la création moderne, l'art traditionnel reste très important. De nombreux musées dédiés à la culture amérindienne permettent de renouer avec la tradition et l'art folklorique de la région.

Quelques artistes célèbres

Parmi les artistes célèbres de la région, on notera le peintre expressionniste abstrait Jackson Pollock (1912-1956), né à Cody, Wyoming, l'artiste sourd et probablement autiste James Castle (1899-1977), originaire de l'Idaho et connu pour ses dessins bruts. Clyfford Still (1904-1980) est considéré comme l'un des artistes américains les plus importants du XXe siècle et initiateur du mouvement expressionnisme abstrait et lié au Colorado, non pour y avoir réellement vécu mais pour avoir légué après sa mort plus de 3 000 oeuvres exposées aujourd'hui au Clyfford Still Museum de Denver. La célèbre peintre moderniste Georgia O'Keeffe (1887-1986) séjourne à de nombreuses reprises dans la région de Santa Fe, avant de s'y installer définitivement. Un musée lui est aujourd'hui consacré dans la ville.

Photographie

William Henry Jackson (1843-1942), peintre et premier photographe du parc de Yellowstone, poursuivit cette oeuvre de sauvegarde et de témoignage par ses nombreuses photos, qui participaient d'un projet de recensement des espaces sauvages américains et notamment ceux des Rocheuses.

Le photographe Ansel Easton Adams (1902-1984) fut son digne héritier. Ecologiste militant, il sillonna l'Ouest américain pour l'immortaliser dans ses clichés en noir et blanc, comme la Sierra Nevada et le Yosemite National Park (Californie). Il photographia de nombreux parcs, notamment les Parcs nationaux de Glacier et Teton, fournissant un regard poétique, romantique et militant sur la nature du continent préservée dans les parcs. Le photographe environnementaliste Robert Adams (1937) réside dans le Colorado depuis le début de sa carrière artistique.

Sculpture

A l'image des autres disciplines artistiques, les premières formes de sculpture remontent aux Amérindiens qui travaillent alors différents objets comme des pipes, des petits fétiches et d'autres objets fonctionnels qu'ils décorent et utilisent en décoration ou pour des rites et célébrations. Avec l'arrivée des migrants et la conquête de l'Ouest, des sculptures célèbres vont fleurir dans les villes des Rocheuses.

L'histoire

Plusieurs oeuvres rendent hommage à l'histoire du pays. Citons la colossale sculpture Abraham Lincoln Head de Robert Russin à Laramie (Wyoming) par exemple, ou encore la City of Presidents de Rapid City (Dakota du Sud). Mais les sculptures les plus célèbres de la région restent certainement les sculptures hors normes gravées dans la roche du mont Rushmore et le Crazy Horse Memorial. Le mémorial national du Dakota du Sud du mont Rushmore est une sculpture monumentale de granite haute de 18 mètres de l'artiste Gutzon Borglum sculptée entre 1927 et 1941 et qui représente le buste de quatre des présidents les plus marquants du pays, George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln. Non loin de là, le mémorial de Crazy Horse, en création depuis 1948, rend hommage au célèbre guerrier Lakota du même nom. La sculpture commencée par Korczak Ziółkowski est destinée à devenir, une fois terminée, l'une des plus grandes au monde après celle de Shiv Smarak en Inde.

La nature

Au Colorado, plusieurs oeuvres modernes représentent la faune de la région dont l'oiseau géant d'acier Starr Kempf's Kinetic Sculptures à Colorado Springs de l'artiste Starr Gideon Kempf, le célèbre ours bleu Blue Bear, de Lawrence Argent, à l'extérieur du Convention Center de Denver ou encore le diabolique mustang de près de 10 mètres de haut près de l'aéroport de Denver de l'artiste Luis Jiménez. A Idaho Falls, on admirera le vivant rond-point de Giant Eagle Waterfall Nest représentant un nid d'aigles au-dessus des célèbres chutes d'eau de la ville.

La culture cowboy

Mais le thème qui inspire le plus est certainement la culture cowboy et l'on trouve de nombreuses créations représentant des figures historiques ou des personnages emblématiques comme la statue de bronze de Bronco Buster de l'artiste Alexander Phimister Proctor dans le parc de Civic Center de Denver ou encore Battle of Two Hearts de Dave McGary à Laramie qui représente un défi entre un chef Shoshone et un chef Crown.

La statue Buffalo Bill : The Scout dans sa ville d'adoption Cody, de l'artiste Gertrude Vanderbilt Whitney, ou la sculpture du Pony Express de Dr. Avard T. Fairbanks à Casper en sont d'autres exemples. N'oublions pas la spectaculaire sculpture de Peggy Detmers à Deadwood, Story of the Bison, sculpture achetée par Kevin Costner en personne, et qui retrace une scène de chasse de bisons avec 14 bisons qui fuient leurs assaillants.

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