Guide de Slovaquie : Mode de vie

Vie sociale
Démographie : naissance et âge

La population slovaque, comme dans les autres pays européens, stagne. Le taux d'accroissement de la population est en 2016 de 0,14 %. Le taux de fertilité est passé de 1,37 à 1,48 enfant(s) par femme, mais il reste un des plus faibles d'Europe. Il est considéré qu'un taux de fécondité total d'environ 2,1 naissances par femme correspond au niveau de renouvellement de la population dans les pays développés, c'est à dire le nombre moyen de naissances par femme nécessaire à maintenir constante la taille d'une population sans migration. Le taux de natalité est en 2016 de 10,2 pour 1 000 habitants, sensiblement identique à celui de 1918 au sortir de la Première Guerre mondiale !

Les données démographiques montrent que la Slovaquie a tendance à suivre le modèle occidental. L'âge moyen des femmes pour donner naissance à leur premier enfant est passé de 22,5 ans en 1993 à 27,8 en 2016. L'âge moyen pour le mariage (23,1 ans en 1993) est maintenant de 30,1 ans (2016) et le nombre de naissance hors mariage (1 sur 10 en 1993) est aujourd'hui de 4 sur 10. Le nombre de divorces a quant à lui augmenté de 14 % et le nombre de mariages a baissé de 2 % toujours entre 1993 et 2016. L'espérance de vie augmente elle aussi (elle est en moyenne de 77,1 ans, 73,7 ans pour les hommes et de 80,4 ans pour les femmes).

Comme ailleurs en Europe, la population vieillit. Les jeunes âgés de 0 à 15 ans ne représentent que 15,5 % de la population, la tranche active des 15-64 ans représente, elle, 69,5 % de la population, et enfin, la part des personnes âgées (+ de 65 ans) augmente chaque année et représente 15 % de la population. L'âge moyen d'une femme slovaque est aujourd'hui de 41,9 ans (2016) contre 35,5 en 1993 et de 38,7 pour les hommes contre 32,5 en 1993.

Les prénoms slovaques sont très proches, voire identiques, aux prénoms tchèques ou polonais. Quelques prénoms très répandus : Peter, Jan, Martin, Jozef, Štefan, Marek, Tomaš pour les garçons, et Mária, Anna, Zuzana, Katarína, Eva, Jana, Karolina pour les filles. Les Slovaques emploient très souvent des diminutifs, par exemple : Simona (Sissa), Jana (Janka), Katarina (Katka), Peter (Pet'o), Radoslav (Rado).

Éducation

La Slovaquie a fait des progrès dans ce domaine, et le taux d'alphabétisation a également progressé. Aujourd'hui, aujourd'hui 99,6 % des Slovaques de plus de 15 ans savent lire et écrire correctement. La scolarisation des enfants est gratuite et obligatoire. En Slovaquie, les élèves vont à l'école primaire de 6 à 16 ans, puis intègrent un établissement secondaire. Il en existe de plusieurs sortes :

Les gymnazium (lycées) préparent en quatre ans les élèves à l'université. Ils peuvent déjà commencer à se spécialiser dans certains domaines comme l'art, la science, ou l'informatique. Ils passent le baccalauréat ou maturitat à 19 ans. Chaque cours dure 45 minutes et non une heure. La pause-déjeuner est courte (environ 30 minutes) et la journée de cours se termine vers 14h. L'ambiance générale de ces établissements est beaucoup plus sereine qu'en France. Les élèves sont plus " libres " et détendus, ils peuvent par exemple passer de la musique ou la radio pendant les pauses, les établissements sont équipés d'enceintes presque dans chaque couloir. Le matin en arrivant, ils changent leurs chaussures et mettent des chaussons, surtout en hiver.

Les établissements d'enseignement professionnel marient l'apprentissage d'un métier à l'étude de matières générales. La formation s'articule comme en France entre des périodes en entreprises et en établissement scolaire. La langue d'instruction est le slovaque, mais les groupes minoritaires ont le droit d'étudier dans leur langue. Deux langues étrangères sont obligatoires. Par ordre de préférence, les élèves choisissent l'anglais, l'allemand, le français, l'italien et l'espagnol. Les enfants des groupes minoritaires qui font leurs études dans leur langue ont l'obligation d'apprendre le slovaque comme langue étrangère.

Les Universités. 80 000 étudiants fréquentent les 20 universités du pays. Les études supérieures sont accessibles grâce à une sélection puisqu'il faut passer un examen d'entrée. L'université slovaque est réputée en sciences, en industrie du bois et environnement.

Écoles spéciales ou zvlašné školy

En parallèle au système scolaire régulier s'est organisé au fil du XXe siècle un second cursus dénommé zvlašné školy ou écoles spéciales, considérées comme des écoles pour des élèves avec des difficultés d'apprentissage ou de légers retards mentaux. Elles sont en réalité des écoles pour Tsiganes, qui sont placés en masse dès le plus jeune âge dans ces écoles, ou qui choisissent de s'y rendre dans un réflexe de protection, pour être au sein de leur communauté. Développées sous le communisme pour former rapidement une main-d'oeuvre bon marché et peu éduquée, elles n'offrent aujourd'hui quasiment aucun débouché, tandis que l'enseignement se limite à un niveau très basique. Il n'est pas rare que des enfants de cinquième année en soient toujours à des additions simples ou du coloriage. Perçues de fait par les Roms comme des "écoles à chômage" ou des institutions gadjé, les écoles sont souvent rejetées par les parents roms qui retirent leurs enfants dès que possible, ou dès que la main-d'oeuvre se fait nécessaire pour des travaux aux champs ou de la cueillette. Diverses ONG ont alerté le gouvernement sur la progression galopante de jeunes analphabètes dans la communauté rom, et sur la nécessité de réformer le système scolaire afin de véritablement intégrer les populations roms dans celui-ci.

Santé et retraite

La chute du communisme a été suivie d'une réforme radicale du système de santé, complètement libéralisé. Trois des cinq caisses d'assurance maladie sont privées, et deux sont des sociétés par action dont l'Etat conserve 100 % des parts. Depuis le 1er juin 2003, une réforme du gouvernement a mis fin à la gratuité des soins, pourtant inscrite dans la Constitution. Cette mesure a été approuvée par l'Union européenne, qui y voit un moyen de réduire la corruption : depuis l'ère communiste, les Slovaques avaient pris l'habitude de donner des enveloppes et des cadeaux aux médecins pour les remercier (cette pratique existe encore à la marge) ! Mais une nouvelle réforme en septembre 2004 est venue accentuer la libéralisation de la santé : les hôpitaux deviennent des sociétés par actions... Ces mesures visent à restaurer l'équilibre financier du système de santé, très déficitaire. Il faut souligner que tout le personnel de santé est payé par l'Etat, système hérité du communisme, les salaires sont aujourd'hui à peine équivalent au SMIC slovaque. Aujourd'hui, la loi sur l'assurance maladie stipule que les cotisations doivent être payées par les salariés, les travailleurs indépendants, les employeurs et l'Etat. L'assurance maladie couvre la majeure partie des frais liés aux soins médicaux. Néanmoins, certains médicaments et actes médicaux ne sont pas pris en charge et le patient doit les payer en totalité. Les frais liés aux soins dentaires ne sont couverts que partiellement.

La Slovaquie a un système de santé en progrès : la mortalité infantile a chuté de moitié depuis 1985 pour atteindre 5,23 décès pour 1 000 naissances (2016), un chiffre inférieur à la moyenne européenne. L'espérance de vie atteint aujourd'hui 77,1 ans. Pourtant, le nouveau mode de vie occidental a ses revers : la consommation de stupéfiants et de médicaments a fortement augmenté.

La Slovaquie compte 1 382 464 retraités pour 5 435 343 habitants. Elle est donc confrontée, comme les autres pays européens, au vieillissement de sa population, au problème de santé et de prise en charge de la vieillesse. A ce problème de fond s'ajoute l'incapacité de la Slovaquie d'assurer la revalorisation des retraites. Depuis 2017, l'âge de départ en retraite est fixé à 62 ans et 76 jours. Le montant des pensions de retraites est en moyenne de 467 € brut pour un homme et de 372 € brut pour une femme. La pauvreté touche donc de plein fouet les personnes âgées qui sont parfois obligées de continuer à trouver un petit boulot pour arrondir les fins de mois.

Depuis 2005, une nouvelle loi impose à tous les salariés de verser 9 % de leur salaire brut à des fonds de pension privés afin de se constituer une retraite supplémentaire à celle gérée et versée par l'Etat. La Slovaquie a donc choisi un système double, par répartition et par capitalisation.

Mœurs et faits de société
Mœurs

Le modèle slovaque de la famille est celui d'une cellule familiale monogame, dans le cadre d'un mariage conclu à l'église. La religion en Slovaquie est considérée comme une composante de la société à part entière et la force du mariage et de la famille conserve tout son sens. Cependant, de nombreux couples vivent hors mariage et un peu moins d'un mariage sur deux se termine en divorce. L'homosexualité est légale en Slovaquie depuis 1961, mais des réflexes homophobes persistent, en partie en raison de la forte influence catholique du pays. Des mouvements pour la défense des droits des homosexuels existent depuis 1990.

Place de la femme

Malgré les progrès réalisés pendant l'ère communiste, qui prônait l'égalité entre hommes et femmes, les femmes slovaques restent quelque peu en retard sur leurs concitoyens masculins dans les postes à responsabilités ou en termes de salaires. Le salaire moyen brut d'une femme en 2016 est de 917 € contre 1 167 € pour les hommes. Même si elles disent regretter les inégalités qu'elles subissent, aucun mouvement féministe ne s'est à ce jour constitué en Slovaquie. Mais les femmes semblent s'être mieux adaptées à l'économie de marché que les hommes : il y a en Slovaquie moins de femmes que d'hommes au chômage, ceci est sûrement explicable par le fait qu'elles sont généralement plus qualifiées. En politique, elles commencent petit à petit à avoir des rôles plus importants. Iveta Radičova a été Premier ministre de 2009 à octobre 2011 et son gouvernement comptait une femme ministre, Lucia Zitnanska, ministre de la Justice. Quant aux parlementaires, 16 % des députés sont des femmes. Un projet de quota sur les listes de candidats aux élections (les femmes ne pouvant pas compter pour moins d'un tiers de la liste) est régulièrement évoqué mais n'a toujours pas abouti.

Caractère et identité

Les Slovaques ont été exposés à des conditions historiques particulièrement dures, et pourtant ils sont loin de manifester des signes de lassitude. Montagnards solidement enracinés dans leur sol natal, ils ont fait face aux orages politiques de l'Europe centrale. Les Slovaques vous paraîtront sans doute peu avenants au premier abord. Les plus âgés ayant vécu l'essentiel de leur vie sous le régime communiste sont parfois froids et réservés. La nouvelle génération a, quant à elle, adopté une nouvelle culture et les jeunes sont plus amicaux et plus ouverts. Très patriotes pour la plupart, les Slovaques aiment parler, beaucoup, et sans réserve, surtout après quelques bières. Toutefois, il est préférable d'éviter certains sujets délicats comme les Roms ou les autres minorités (homosexuels ou Hongrois). Peu habitués à la diversité ethnique, un relent de racisme primaire demeure, phénomène propre à toute l'Europe centrale et orientale. Modestes, traditionnels et patriotiques, les Slovaques sont souvent ravis de rencontrer des voyageurs qui ont choisi leur pays comme lieu de villégiature et ils seront très disposés à apporter leur aide et leurs conseils. Un petit compliment sur le pays ou la beauté de la nature leur fera le plus grand plaisir.

Religion
Église évangelique.
Église évangelique.

Après plus de quarante années tendues avec les autorités communistes, les Eglises ont vu, après la révolution de 1989, leur situation se normaliser. Le nouvel Etat démocratique décide de limiter son contrôle des cultes et de rester neutre d'un point de vue confessionnel. La constitution slovaque précise que l'Etat ne reconnaît aucune idéologie ou religion officielle. La liberté des cultes est affirmée. Six Eglises comptant plus de 20 000 fidèles chacune sont reconnues comme religion par l'Etat : l'Eglise catholique, l'Eglise évangélique, l'Eglise uniate, l'Eglise réformée, l'Eglise orthodoxe et la Société religieuse des témoins de Jéhovah (30 000 fidèles). La religiosité des Slovaques est assez forte puisque plus des trois quarts se déclarent croyants, et 14 % profondément. Parmi les croyants, 55 % sont pratiquants. D'après les études, la population accorde une grande confiance à l'Eglise catholique, ce dont le défunt pape Jean-Paul II s'est félicité lors de ses trois voyages en Slovaquie. Les églises sont souvent pleines et fréquentées par les jeunes.

Le pays a été christianisé au IXe siècle par les missionnaires grecs chrétiens Cyrille et Méthode qui ont développé une version slave du christianisme oriental. Cyrille a créé le premier alphabet slave, le glagolitique et il a fait un important travail de traduction des textes liturgiques en vieux slave qui est devenu la troisième langue religieuse en Europe. Les rites catholiques sont entrés en Slovaquie par le biais des rois de Hongrie, convertis très tôt. Après le schisme entre Eglise d'Orient et Eglise d'Occident en 1054, qui a définitivement séparé orthodoxie et catholicisme, l'orthodoxie n'a jamais réussi à pénétrer le royaume de Hongrie, dont les rois ont toujours été couronnés selon les rites catholiques.

Mais, au XVIe siècle, le catholicisme qui règne alors sur la Slovaquie est menacé par la Réforme, en provenance d'Allemagne. La Réforme, introduite sous l'influence des princes hongrois de Transylvanie, est un mouvement religieux, mais aussi social et politique, dirigé contre l'Eglise catholique dominante. Le protestantisme a conquis les citadins, car elle leur permettait de contester la domination de l'Eglise et de la noblesse. Les nobles ont finalement rallié la Réforme car elle donnait une dimension spirituelle à leurs nombreuses révoltes contre le pouvoir central des Habsbourg. Les paysans en attendaient une amélioration de leur sort. La Réforme a gagné l'ensemble de la Slovaquie dans sa version évangélique au cours du XVIe siècle. Dans la deuxième partie du XVIe siècle, l'Eglise et Vienne commencent à combattre avec ardeur le protestantisme. La Contre-Réforme a été menée par les jésuites. Le processus de recatholicisation, qui consistait à favoriser systématiquement les catholiques, ne s'est achevé qu'à la fin du XVIIIe siècle. C'est dans ce contexte que l'empereur Léopold Ier promulgua une loi concernant la construction d'églises " articulaires ". Les protestants avaient donc le droit de construire deux églises en bois dans chacun des huit districts slovaques. Cependant, ces églises évangéliques en forme de croix grecque devaient être bâties en bois, à l'orée des villages, sans clocher, sans un seul clou, avec une porte d'entrée principale latérale et surtout en moins d'un an. Ces édifices constituent aujourd'hui des joyaux de l'architecture populaire slovaque. Au niveau de la croyance, il ne reste aujourd'hui que quelques proches du protestantisme évangélique en Slovaquie, et ses adeptes sont généralement des Allemands.

Quant aux uniates, ce sont des Ruthènes dont la langue est proche de l'ukrainien. A la différence des Ukrainiens, les Ruthènes sont des catholiques de rite uniate, et ils tirent de cette spécificité religieuse leur conscience de peuple. Les Eglises uniates sont des Eglises d'Orient qui ont choisi la confession catholique en reconnaissant l'autorité du pape, mais elles ont gardé certains de leurs langages et des rites grecs, comme le baptême par immersion, le mariage des prêtres (à condition d'être marié avant d'être ordonné), l'iconostase dans les églises... On les appelle aussi les Grecs catholiques. Les chrétiens maronites et les coptes sont également de rite uniate.

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