Guide d'Algérie : Arts et culture

Le Musée national du Bardo.
Le Musée national du Bardo.

Des étonnants témoignages d'art rupestre découverts dans la région du Tassili N'Ajjer, à l'extrémité sud-est de l'Algérie, aux romans et musiques contemporains en passant par les belles mosquées de Tlemcen, la Casbah d'Alger ou l'artisanat, la production culturelle et artistique de l'Algérie est à découvrir telle qu'elle est, brute, sans le filtre gris de l'actualité qui continue de troubler notre perception.

Architecture
Maison des frères
Maison des frères

De son histoire mouvementée, l'Algérie a conservé plusieurs styles architecturaux bien distincts, qui doivent se comprendre en fonction de leurs origines historiques et géographiques. Des dolmens, bazinas (mausolées berbères), villes et monuments romains et arabo-islamiques aux projets algérois de Le Corbusier, l'Algérie d'aujourd'hui offre un paysage urbain et un ensemble monumental où se reflètent les influences du Moyen-Orient, de l'Afrique, de la Méditerranée et enfin coloniales.
L'Antiquité est marquée par les royaumes berbéro-numides dont on retrouve la trace dans les tombes et les mausolées (bazinas, Médracen ou tombeau de la Chrétienne) et quelques villes en ruines (Tiddis), puis par la civilisation romaine qui produit des cités (Timgad, Théveste, Lambèse, etc.) reliées entre elles par un réseau routier dense tandis que des réseaux hydrauliques optimisent l'exploitation des richesses agricoles. A partir du VIIe siècle, l'islam marque l'architecture du Maghreb par l'édification de villes serrées à l'intérieur de remparts défensifs où le centre est marqué par le marché et la mosquée dont il reste de magnifiques exemples (Tlemcen, Nédroma, Alger, etc.) souvent proches de l'architecture andalouse par leur dépouillement extérieur et la richesse de leur décoration intérieure. Au XVIe siècle, les tentatives de conquête espagnole puis l'installation d'une régence ottomane inaugurent une nouvelle ère où l'urbanisme algérien est marqué d'un nouveau style qui s'exprime dans les mosquées et les palais.
Au milieu du XIXe siècle, la conquête coloniale française remplace nombre d'édifices d'inspiration turco-vénitienne par des constructions de style occidental. On peut distinguer cinq périodes : celle de la conquête qui voit la transformation des villes arabo-musulmanes et la création de villes et de villages de colonisation ; la période du " triomphe colonial " (1860-1890) correspond à la construction dans les plus grandes villes d'immeubles de style métropolitain ; la période néomauresque (début XXe siècle) ; le mouvement moderne des années 1930 puis celui dit de l'école d'Alger inspiré de Le Corbusier, Pouillon et Perret ; le logement social avec les années Chevalier et le plan de Constantine (1959). Les années 1960-1970 voient l'édification de grands équipements hospitaliers, scolaires et hôteliers, mais c'est avec des préfabriqués ou " vite-faits " qu'on répond à la demande pressante de logements sociaux dramatiquement amplifiée dans les villes par l'augmentation de population et l'exode rural.

Vieilles villes (médinas), souks et habitat

Les nomades vivaient sous des tentes traditionnelles (kheima) dressées sur des perches et recouvertes de peaux ou de bandes tissées cousues entre elles. Elles sont protégées à l'extérieur par une natte (isebran). A l'intérieur, on retrouve le coin des hommes et des invités délimité par des nattes. L'autre partie est consacrée aux femmes.
L'architecture berbère est depuis toujours symbolisée par des constructions de pisé, un mélange de cailloux, d'argile et d'un peu de paille, tassé entre deux planches lors de la construction. Ces constructions particulièrement fragiles s'érodent avec la pluie et peuvent disparaître en moins de cinquante ans. Leur entretien étant particulièrement coûteux, les casbahs et les ksour ont été peu à peu abandonnés par les familles qui les habitaient.
La casbah est une forteresse, habitée jusqu'au début du siècle par des seigneurs, qui défendaient la population aux alentours des attaques des nomades. Il s'agit en général d'une construction rectangulaire, dont les hauts murs s'inclinent légèrement vers l'intérieur. Le rez-de-chaussée est réservé aux animaux, le premier étage est utilisé comme grenier, et le deuxième réservé aux pièces d'habitation. Les casbahs sont élevées en faisant sécher du pisé humide entre deux planches de bois. Lorsque la construction s'élève, des trous sont pratiqués dans le mur pour maintenir les planches, d'où les orifices réguliers que l'on peut observer dans les façades. Les plafonds sont en général faits de poutres de palmier ou de thuya, entre lesquelles on dispose des lattes de roseau ou des palmes.
L'agadir est un grenier-forteresse, tour massive, percé de meurtrières, et dans lequel les sédentaires mettaient leurs vivres et leurs animaux pour se protéger des attaques.
Le ksar est un village fortifié, construit en pisé. Les murs extérieurs, aveugles, forment les remparts, et sont défendus par des tours aux angles. A l'intérieur, outre les habitations, les ksour comptent toujours un agadir pour mettre les vivres à l'abri.
Les villes arabes, médinas, serrées à l'intérieur de remparts qui n'existent souvent plus, sont organisées traditionnellement autour du souk ou bazar, le marché. Ici aboutissaient les principales rues qui se ramifiaient en ruelles de la largeur d'un âne chargé et en impasses. Dans la vallée du M'Zab, c'est la mosquée qui tient lieu de centre social.
Chaque maison de la vieille ville est avant tout un espace privé dans lequel la famille peut travailler et vivre. Les demeures présentent au passant un aspect austère et rébarbatif, sans ouvertures autres que la porte et des petites fenêtres, qui doit effacer les différences entre les maisons habitées par des familles modestes et celles habitées par des gens aisés. La différence se trouve à l'intérieur.
Si elles sont situées en hauteur, les fenêtres se dérobent derrière des grillages ou des moucharabiehs souvent en saillie sur la rue. L'intimité est toujours préservée. L'entrée de la demeure est d'ailleurs en chicane, ce qui permet de la laisser ouverte sans qu'un regard curieux puisse y pénétrer.
La porte est vaste, parfois monumentale, décorée de couleurs et de symboles destinés à écarter le mauvais oeil (heurtoir en forme de main, main imprimée dans l'enduit frais, etc.). La salle de réception était la limite à ne pas dépasser pour l' " étranger ". La plus grande partie de la maison est le domaine de la femme.
" L'étroite porte d'entrée des maisons semble dire que celle-ci n'est pas destinée à s'ouvrir aux bandes de joyeux lurons ; quelques rares fenêtres grillagées ou même seulement des bouches d'aération montrent que la vie de famille est strictement refermée sur l'intérieur. Le deuxième étage est en avancée, si bien que dans les rues étroites, les murs se touchent et l'ombre se propage dans les rues, ce qui est avantageux quand le thermomètre atteint les 40 degrés à l'ombre. La circulation de l'air est cependant entravée et les odeurs deviennent désagréables, lors des épidémies. [... ] La maison, en règle générale à deux étages, se termine sur une terrasse fermée où les eaux de pluie se rassemblent pour remplir les citernes ; car il n'y a pas de puits dans les parties supérieures de la ville. Par beau temps, le toit plat sert de lieu de séjour aux femmes ; elles fréquentent leurs voisines et passent une partie de leur temps à fumer. " Palais et demeures d'Alger à la période ottomane, Golvin, cité in Photographies en Algérie du XIXe siècle.

Edifices religieux

Le symbole de l'urbanisme traditionnel est la mosquée (djamaa, " rassemblement "), principal édifice de la vie collective. Qu'elle soit mosquée de quartier ou grande mosquée où a lieu la prière solennelle du vendredi, elle se compose de différentes salles et cours, chacune attribuée à une étape de l'exercice du culte. Ainsi, la cour de la mosquée fait office de vestibule et, éventuellement, de lieu de prière en été. Un bassin ou une salle annexe permet de pratiquer les ablutions rituelles précédant la prière. La salle de prière (harem) permet aux fidèles de se retrouver. Le mur de prière (qibla) est orienté vers l'Orient où se trouve La Mecque dont la direction précise est donnée par le mihrab, une niche creusée dans la qibla. Le minbar est la chaire de l'imam, même s'il n'existe pas dans la religion musulmane de célébrations comparables aux messes ou aux offices. La mosquée est également le lieu d'apprentissage du Coran pour les jeunes du quartier (medersa).
Le minaret est la tour du haut de laquelle le muezzin appelle les fidèles musulmans à la prière, remplacé maintenant par une bande enregistrée. On distingue les minarets octogonaux ottomans (rite hanafite) des minarets de section carrée d'influence maghrébine (rite malékite).
Les marabouts sont des édifices généralement cubiques, surmontés d'une coupole blanche. Ce sont les dernières demeures des ascètes, les marabouts. Ces religieux sont considérés comme des saints et des faiseurs de miracles. De nos jours, ils continuent à faire l'objet d'une grande vénération populaire perpétrée par des femmes qui éprouvent des difficultés à concevoir, des malades ou des personnes en quête de spiritualité. La zaouïa est un bâtiment qui abrite le tombeau d'un marabout. Plus grande qu'une simple koubba, la zaouïa, généralement surmontée d'un toit pyramidal, est située à proximité d'une mosquée ou d'une medersa.

Actuellement, la plus grande mosquée d'Afrique est en construction à Alger. Avec un style qui mêle tradition et modernité, l'édifice qui se dessine sera sûrement une magnifique réussite architecturale, même si une polémique concernant la solidité de ses fondations a récemment fait grand bruit en Algérie... Ces rumeurs ont vite été démenties, en espérant que ce soit bien des rumeurs. L'avenir le dira !

A lire à propos de l'architecture

Alger, paysage urbain et architectures, L'Imprimeur, 2003. Catalogue de l'exposition organisée en 2003 par l'Institut français d'architecture.

Alger, les nouveaux défis de l'urbanisation d'A. Hadjiedj et C. Chaline, L'Harmattan, 2003.

La Casbah d'Alger, et le site créa la ville, André Ravéreau, Actes Sud, 2007.

Alger, chronique urbaine de Jean-Jacques Deluz, Bouchène, 2001.

Urbanisme et architecture : fantasmes et réalité de Jean-Jacques Deluz, Barzakh, 2008.

Le M'Zab, architecture ibadite en Algérie de Manuelle Roche, Arthaud. Un tour complet de la pentapole par la compagne de l'architecte Ravereau, à l'origine de quelques bâtiments de Ghardaïa.

M'Zab, une oasis algérienne de Jean-Jacques Loisel, ICEM, 1991. Destiné aux enfants.

Fernand Pouillon

L'architecte dont on retrouve fréquemment le nom en Algérie et que tout étudiant en architecture connaît est né en 1912. Après la réhabilitation du Vieux-Port de Marseille, il est invité en 1953 en Algérie par Jacques Chevallier, le maire d'Alger, qui lui demande de réaliser des logements sociaux. Ainsi naissent les cités Diar Es-Saada, Diar El-Mahçoul et, plus difficilement, Climat de France.

Au début des années 1960, ayant " opté, immédiatement et avant le soulèvement, pour l'Algérie indépendante, pour les musulmans " et suite à un scandale immobilier, il passe quelques années en prison puis s'installe à Alger. Après avoir découvert l'architecture du M'Zab, il pense avoir compris l'architecture algérienne et c'est ce style qui l'inspire quand il dessine les structures hôtelières et universitaires commandées par l'Etat algérien. Il est mort en 1986.

Pour découvrir ses nombreuses réalisations : www.fernandpouillon.com

Artisanat
Jeune artisan kabyle.
Jeune artisan kabyle.

Longtemps délaissé, peu mis en valeur et ayant peu de débouchés depuis la disparition des touristes, l'artisanat algérien cherche de nouvelles expressions au travers d'associations ou de fêtes locales comme la fête du tapis à Ghardaïa. Si certaines pratiques tendent malheureusement à disparaître - c'est le cas de la dinanderie -, d'autres savoir-faire, comme le tissage, la poterie en Kabylie, la maroquinerie dans le Sud et l'orfèvrerie, sont perpétués. La capitale compte quelques belles boutiques d'artisanat, sinon c'est dans les souks des villes du sud qu'on pourra se procurer des pièces intéressantes.

Les bijoux font traditionnellement partie du patrimoine algérien. Toutes les occasions sont bonnes pour arborer bracelets, colliers, boucles d'oreilles et ceintures (foum) en métaux précieux. Quand les temps étaient moins durs, les bijoux faisaient partie de la dot de la future mariée qui les accumulait au fil de son mariage " au cas où... ". Les femmes répudiées quittaient le domicile conjugal avec pour seul viatique leurs bijoux.

Alger, Tlemcen et Constantine étaient réputées pour leur production mais chaque région possède son style traditionnel, comme une synthèse des héritages artistiques. Les bijoux kabyles, plus précisément ceux des Ath Yenni, sont en argent rehaussé d'émaux colorés, un savoir-faire remontant au XVe siècle, et de corail. Dans les Aurès, les bijoux chaouis sont en argent plein, creux ou ajouré.
Les pièces touaregs, en argent, se remarquent par une belle simplicité de formes dont la symbolique évoque la quête perpétuelle de la maîtrise des éléments naturels.

Broderie. La broderie, tarz, est un art citadin très pratiqué en Algérie. A Alger, les brodeuses travaillaient de belles arabesques, d'influences turque, arabe ou andalouse, en laissant libre cours à leur imagination. A Constantine, on brode le velours de couleur sombre avec du fil doré en de magnifiques vêtements recherchés et onéreux. A Annaba, les motifs floraux ressemblent à la tunisienne broderie de Nabeul. Plus au sud, dans la région de Touggourt et du M'Zab, les motifs se font plus géométriques.

Cuir. Le travail du cuir produit des chaussures dont des " babouches " multicolores dans le Gourara, des bottes, des sacs, des ceintures, des selles de chevaux et de chameaux, des récipients, des housses de coussin, des fourreaux d'épées ou des boîtes, etc. A Tlemcen, l'artisanat est réputé pour ses traditions andalouses ; celui du Hoggar s'exprime dans la fabrication de sacs de voyage frangés, de sandales ou de grands coussins pour la tente.

Dinanderie. Héritage de l'Empire ottoman, la dinanderie, ou l'art de travailler le cuivre pour fabriquer des plateaux, des théières et autres récipients, remonte au Moyen Âge mais elle a failli mourir étouffée par la production industrielle. Celle de Constantine, qui s'apprend de père en fils dans un quartier dédié, est réputée pour ses plateaux quelquefois gigantesques aux motifs d'inspiration ottomane.

A Alger, qui était pourtant un grand centre de production, la Casbah a perdu ses dinandiers - il reste un polisseur. C'est à Tlemcen que la tradition perdure vraiment. Arrivée avec les Almohades et d'inspiration andalouse, la dinanderie s'exerce à la fabrication de lanternes décorées de vitraux colorés, de marteaux de portes, de lustres et de plateaux.

La poterie a bénéficié de toutes les influences historiques et ethniques qui ont baigné l'Algérie. Guelma (est), M'Sirda (frontière marocaine) et Aït Khlili (Kabylie) sont des régions d'Algérie réputées pour la qualité de leurs gisements d'argile. On trouvera des récipients, des réchauds (kanoun), des cendriers, etc.

En Grande Kabylie (Mâatkas, Bourouh ou Ath Kheir), les poteries de couleur rouge sont ornées de motifs tirés de la symbolique rurale. En Petite Kabylie, on utilise moins de rouge mais les motifs sont très proches de ceux de Grande Kabylie. Dans le Constantinois, les poteries de Guelma sont fabriquées à partir du kaolin extrait à proximité. La poterie des Aurès paraît plus brute, celle des monts Nementcha est modelée dans des argiles aux tons rosés et ornée de dessins bruns sans vernis.
A l'ouest d'Alger, à Tipaza, la poterie prend des allures marines avec des formes d'inspiration romaine. Dans le Sud, les poteries de la région d'Adrar sont les plus originales : de couleur noire, elles possèdent souvent des formes insolites.

Tapis. A l'origine, transmis de génération en génération, l'art du tissage est l'une des meilleures illustrations de la créativité artisanale et artistique de chaque région comme des métissages culturels (berbère, arabo-musulman, africain et oriental) qui ont fait le pays. Les motifs d'origine berbère sont géométriques et suffisamment simples pour plaire longtemps. Les tapis de l'Est de l'Algérie, qu'ils soient des Aurès ou des Nememtcha, se reconnaissent à leurs motifs à symbolique berbéro-orientale. En Petite Kabylie, les tapis de Maâdid de la région de M'Sila, de Bordj-Bou-Arreridj ou Sétif et Bejaïa (Ghuergour) ont des influences berbères et orientales encore plus marquées. En Grande Kabylie, les plus beaux tapis sont ceux de la région de Tizi-Ouzou (Aït Hichem) aux motifs fins et discrets dominés par l'imagerie populaire et rurale. Plus à l'ouest, les tapis de Kalaâ de Béni Rached (Oranie), aux tons doux et variés, sont réputés pour leur beauté. Ceux du djebel Amour sont caractérisés par une certaine austérité qui ne manque pourtant pas d'originalité. Au sud de l'Atlas saharien, ce sont les tissages d'Oued Souf qui ressemblent quelquefois aux tapis des proches Nementcha et ceux du M'Zab (Béni-Isguen), à fond noir, qui plaisent. Enfin, plus au sud encore, les dokkali de Timimoun sont ornés de très anciens motifs d'origine zénète sur fond blanc cassé.

Vannerie. Art très ancien dont on a trouvé des traces en Mésopotamie et en Egypte, la vannerie est encore répandue en Algérie. De l'alfa des hauts plateaux, du raphia et du palmier noir on fait des nattes, des corbeilles, des paniers, des couffins, des plats et même des chaises. Une technique particulière du Sud-Est rend les articles en vannerie imperméables.

Verre. L'influence turque est perceptible dans le travail du verre. D'origine turque, arabe ou andalouse, le travail du verre se décline sous plusieurs formes, du verre soufflé (lampes, verres à thé, fioles à parfum ou bonbonnières) au verre martelé (fenêtres et vitraux).

Que ramener de son voyage ?

Des bijoux kabyles, des tapis faits main, des plateaux ou des théières en cuivre, des vases de poterie, des sacs en cuir, des babouches... Vous l'avez compris, l'artisanat algérien a mille et une merveilles à vous offrir ! Ne les manquez pas ! Sans oublier la petite boîte de gâteaux orientaux pour poursuivre le voyage sur un mode culinaire une fois de retour en France.

Expressions modernes

Le théâtre algérien est né timidement, et souvent en amateur, au début du XXe siècle, plus précisément dans les années 1920. Utilisant les codes du théâtre européen, il exprime et retranscrit en premier lieu le patrimoine oral algérien. Les pièces sont généralement écrites en arabe classique ou en arabe dialectal, comme le faisait Kateb Yacine qui voulait que ses pièces soient comprises par la majorité. Mais la véritable naissance du théâtre a lieu en avril 1926, lorsque Mahieddine Bachetarzi (1897-1986), Allalou (1902-1992) et Rachid Ksentini (1887-1944) présentent à Alger Djeha une pièce " algérienne ". A partir du milieu des années 1940, le théâtre met en scène les espoirs et les revendications qui osent s'exprimer. En 1947, Mustapha Kateb (1920-1989) crée sa propre troupe, Al-Masrah Al-Djazaïri. Il fera partie de la troupe artistique du FLN et animera l'Institut national des arts dramatiques (Bordj El-Kiffan, banlieue d'Alger) tout en militant pour la décentralisation des théâtres d'Etat.

Après l'Indépendance, le théâtre, nationalisé en 1965, conserve sa valeur révolutionnaire mais entre théâtre national, théâtre militant, théâtre socialiste et théâtre populaire, les tendances s'affrontent. Abderrahmane Kaki (1934-1995) passe du français (La Valise, L'Oiseau vert) à l'arabe dialectal compris par le plus grand nombre (132 ans, Al-Guerrab oua Salihine). Kateb Yacine (1929-1989) apporte au théâtre algérien contemporain une dimension plus universelle. A partir de 1971, après avoir écrit des pièces sur la guerre de libération (Le Cadavre encerclé, Les Ancêtres redoublent de férocité), il écrit en arabe dans un style dense et espère l'émancipation des hommes (Mohamed prends ta valise ou La Guerre de deux mille ans). Il veut que " le peuple agisse sur scène et parle par sa propre bouche, pour la première fois depuis des siècles ". Le troisième auteur marquant de cette période post-révolutionnaire est Abdelkader Alloula, comédien et metteur en scène né en 1939 et assassiné en mars 1994. A travers ses pièces qu'il écrit à partir de 1969 (Al-Khobza, " Le pain ", Al-Lithem, " Le voile " ou Al-Adjwad, " Les généreux "), il s'emploie à dénoncer la bureaucratie ou les fonctionnaires et à défendre le théâtre populaire et politique. Slimane Benaissa (né en 1943) continue cette tradition populaire en y ajoutant une réflexion critique et des questions auxquelles il ne propose pas de réponses sur l'histoire, le patrimoine, l'identité et les contradictions de l'individu (Boualem Zid El-Goudem, Le Bateau coule, Fils de l'amertume, La Leçon de discipline ou Prophètes sans dieu).

L'Algérie dispose de sept théâtres publics répartis sur le territoire mais les représentations, souvent des adaptations, sont rarement tirées de textes écrits par des auteurs algériens, qui ont été confrontés dans les années 1980-1990 à certaines pressions, voire à des violences comme ce fut le cas pour Abdelkader Alloula. Parallèlement au théâtre national, le théâtre amateur a conservé un grand dynamisme, notamment parce qu'il a également servi à véhiculer les idéologies dominantes auprès des jeunes qui se sont approprié ce moyen d'expression. Les événements d'octobre 1988 marquent une transition dans le théâtre algérien. Si les années qui ont suivi ont été difficiles, elles semblent pourtant avoir été un " coup d'accélérateur donné au quatrième art en Algérie ".

Cinéma

A partir des années 1920 et jusqu'en 1962, une centaine de films de fiction sont tournés en Algérie qui offre aux cinéastes ses paysages et son architecture exotiques et un climat ensoleillé. Pendant la guerre d'Algérie, cinémas européen et algérien produisent des films de propagande, les uns exaltant la mission de la France, les autres dénonçant la colonisation donnant un ton à ce mode d'expression qui débute.

Dans les années 1960, le colonialisme, le mouvement de libération nationale et le patriotisme restent le sujet principal de films austères où le présent ne fait son apparition qu'à la faveur des mouvements de retour à la terre (Le Vent des Aurès de Mohamed Lakhdar-Hamina, 1967). Dans les années 1970, les préoccupations sociales et la construction du socialisme prennent la place du souvenir. Ces films, souvent difficiles à suivre maintenant, sont empreints d'un réalisme si marqué qu'ils frôlent presque le fantastique mais le cinéma algérien existe - Ahmed Hocine crée une cinémathèque à Alger en 1965. Les thèmes traités sont le déracinement et l'émigration (Alice au pays des mirages d'Ahmed Rached, 1978) ou le statut et l'émancipation des femmes (Elles d'Ahmed Lallem, 1966, Leïla et les autres de Sid Ali Mazif, 1977, et La Nouba des femmes du mont Chenoua d'Assia Djebar, 1977). Le monde paysan, qui connaît des jours difficiles, est glorifié dans Le Charbonnier de Mohamed Bouamari (1972), Noua d'Abdellaziz Tolbi (1973) ou Les Nomades de Sid Ali Mazif (1976). Pendant cette période faste, on compte environ 400 salles de cinéma en Algérie, 30 ans plus tard il y en a moins d'une dizaine à Alger...

En 1975, le film de Mohamed Lakhdar-Hamina, Chroniques des années de braises, reçoit la Palme d'or à Cannes et marque l'existence du cinéma algérien sur la scène internationale. Les films de cette époque, dits de " cinéma nouveau ", portent sur de nouveaux thèmes et défendent une nouvelle esthétique. Omar Gatlato, une comédie de moeurs de Merzak Allouache (1975), est l'un des premiers films depuis longtemps dont l'action se déroule en milieu urbain.

A partir du début des années 1980, les noms de réalisateurs vivant hors d'Algérie apparaissent. Parmi ces films qui traitent de l'émigration ou de la vie en France, on se souvient du Thé au harem d'Archimède de Mehdi Charef (1983) ou l'émouvant Inch'allah dimanche de Yamina Benguigui (2000) qui réalise également des documentaires pour la télévision française comme Mémoires d'immigrés (1997) ou Le Plafond de verre (2005). A voir également La Fille de Keltoum, un film âpre de Mehdi Charef (2002), dans lequel Allia, une jeune fille adoptée en Suisse, revient en Algérie pour retrouver sa mère. Parmi ses films les plus récents, Cartouches gauloises (2007), dépeint l'Algérie à la veille de l'Indépendance à travers le regard d'un enfant arabe et d'un petit pied-noir qui va partir.

Les réalisateurs algériens doivent faire appel à la coproduction internationale pour sortir leurs films qui prennent un caractère plus universel. La crise identitaire qui se fait jour dans ces années annonce de nouveaux films comme La Montagne de Baya d'Azzedine Meddour (1997), Machaho de Belkacem Hadjadj ou La Colline oubliée d'Abderrahmane Bouguermouh (1997), le premier film tourné en tamazight, adapté d'un roman de Mouloud Mammeri.

Les films de la fin des années 1990 reflètent, souvent de façon ironique et désabusée, le désarroi de la société algérienne. Bab El-Oued City ou Salut Cousin ! de Merzak Allouache (1996), ou L'Arche du désert de Mohamed Chouikh (1997) traitent de la dégradation des relations et de la perte des repères. Mohamed Chouikh, qui a débuté en 1973 avec L'Embouchure, un film " paysan ", prépare un film sur la vie du chanteur Cheb Hasni assassiné en 1994. Le film De Hollywood à Tamanrasset de Mahmoud Zemmouri (1990) est une farce burlesque où tous les personnages se retrouvent coupés de la réalité.

Aujourd'hui, on espère la renaissance du cinéma algérien qui a failli disparaître, mais pour le moment c'est encore par le travail de réalisateurs ou de producteurs vivant hors d'Algérie qu'il peut exister. En 2000, Nadir Moknèche tourne Le Harem de Madame Osmane et montre la société contemporaine. Trois ans plus tard, il sort Viva Laldjérie !, dans lequel il filme à nouveau des femmes. Délice Palom (2007), montre toujours l'Algérie d'aujourd'hui et ses combines. Une occasion supplémentaire de découvrir l'étonnante Biyouna.

En 2001, après sept années d'absence, Merzak Allouache retourne en Algérie pour y tourner L'Autre monde. Deux ans plus tard, il réalise un film sans grand rapport avec l'Algérie mais connu de tous : Chouchou avec son ami Gad Elmaleh rencontré sur le tournage de Salut cousin ! En mars 2005, il sort Bab El Web, avec Faudel, Samy Naceri et Julie Gayet, qui relate la rencontre entre jeunes de Bab El-Oued et une Française connue sur un tchat. En février 2010, il sort Harragas, un film poignant sur les milliers de jeunes qui chaque année veulent quitter les côtes africaines pour cette Europe idéalisée.

En 2002, Wesh wesh, qu'est-ce qui se passe de Rabah Ameur-Zaïmeche traite de la double peine. Bled Number One raconte le retour difficile au bled d'un homme condamné à la double peine (sorti en juin 2006).

Rachida, un film dur et émouvant de Yamina Bachir Chouikh sur les années de terrorisme, a été présenté à Cannes en 2002 dans la sélection " Un certain regard " avant d'être diffusé sur Arte et sur TV5.

Le Thé d'Ania du réalisateur Said Ould Khelifa, sorti en mai 2005, met en scène Ariane Ascaride dans une Alger meurtrie par la décennie noire.

Un peu dans la veine de Bab El Web, le film Il était une fois dans l'Oued (octobre 2005) de Djamel Bensalah (qui avait réalisé Le Ciel, les oiseaux et... ta mère ! et Le Raid) raconte l'épopée de Johnny Leclerc qui, à la fin des années 1980, voulait devenir épicier à Alger.

Parmi les autres sorties récentes, Morituri (2007) de Okacha Touita est une adaptation du premier volet de la trilogie de Yasmina Khadra dans laquelle le commissaire Llob traque les terroristes des années 1990. Dans Mascarades, de Lyes Salem (2008), le réalisateur met en avant dans un film burlesque, des faux-semblants et de l'hypocrisie, et dépeint avec humour plusieurs facettes de la société algérienne.

Plus récemment encore, plusieurs films avec pour thématique l'Algérie ont connu un certain succès en France :

Les Terrasses de Merzak Allouache (2013) est un film dramatique articulé autour de 5 petites histoires au coeur d'Alger ; Né quelque part de Mohamed Hamidi (2013) est une comédie touchante ou Djamel Debbouze joue le rôle de Farid, un Français qui se rend en Algérie pour la première fois ; Certifiée halal de Mahmoud Zemmour (2014) avec Hafsia Herzi et Smaïn dans les rôles principaux est une comédie qui dénonce les mariages forcés alors que deux mariées sont malencontreusement échangées ; La Vache de Mohamed Hamidi (2016) avec Lambert Wilson et Jamel Debbouze (petit rôle), raconte l'histoire de Fatah qui est invité à présenter sa vache au salon de l'agriculture en France alors qu'il n'a jamais quitté l'Algérie ; Good Luck Algeria de Farid Bentoumi (2016) avec Sami Bouajila, Franck Gastambide et Chiara Mastroiani, raconte le pari fou de Sam qui décide de se qualifier à la compétition de ski des Jeux Olympiques pour le pays de ses origines, l'Algérie, ce défi l'oblige à renouer avec ses racines. Coup de coeur pour ce joli film inspiré d'une histoire vraie !

Cependant, tous ces films sont finalement surtout regardés dans les salles de cinéma françaises...

En Algérie, l'entreprise est plus ardue parce qu'il ne suffit pas de faire des films, encore faut-il qu'ils soient vus par un public qui n'a plus l'habitude d'aller au cinéma et pour qui la location de DVD de films disponibles le jour même de leur sortie en France (et souvent avant grâce au piratage de DVD doublés en québécois) est synonyme de cinéma... Depuis quelques années, des salles font peau neuve et rouvrent pourtant leurs portes comme la cinémathèque d'Alger en 2010, mais les habitudes des Algériens ont la dent dure et on ne peut pas dire qu'il y ait foule dans les cinémas. Ou quand c'est le cas c'est surtout pour aller voir les derniers blockbusters US et pas forcément des films sur l'Algérie contemporaine.

Littérature

L'histoire de l'Afrique du Nord commence avec les Libyens, les Berbères et surtout les Puniques, très productifs en écrits mais l'histoire littéraire de la région commence après la chute de Carthage avec les grands écrivains originaires d'Afrique : Apullée, Tertullien ou saint Augustin. Au VIIIe siècle, le Maghreb devient une province arabe. L'activité culturelle qui consiste essentiellement en l'écriture de traités de philosophie religieuse ou politique se concentre dans des centres dynamiques comme la nouvelle ville de Kairouan, Tlemcen et Bejaïa en Algérie ou Fès, Meknès ou Marrakech au Maroc. Les étudiants et les lettrés voyagent de ville en ville à l'écoute d'un enseignement dispensé par des maîtres. Les grands hommes de lettres ne sont pas nés en Algérie mais ils y ont souvent séjourné comme Ibn Khaldoun, le précurseur de l'historiographie arabe né en 1332, ou Ibn Batutta dont les longs récits géographiques décrivent de façon parfois fantastique l'Orient, l'Asie mineure, la Chine, la Russie ou l'Afrique noire de l'époque. L'imagination ne s'exerce qu'au travers de la poésie classique codifiée et peu créative, encore basée sur les thèmes antiques. Reste l'expression orale dans les dialectes locaux pour perpétrer les traditions restées vives malgré les invasions successives. Chants d'amour et de guerre, contes et fables instructives, berceuses et comptines enfantines, poèmes, etc., composent un univers tout en finesse méprisé par les lettrés mais transmis de génération en génération.

De la pénétration française au XIXe siècle, on ne connaît que les récits et fictions écrits par des écrivains français en voyage en Algérie, même si quelques écrits imitant les codes européens ont été produits vers 1890 par des lettrés autochtones (Si M'Hamed Ben Rahal).

Au début du XXe siècle, dans les années 1920, le courant algérianiste réunit des artistes qui revendiquent leur algérianité, à la différence des écrivains qui ne font que passer en Algérie et ne peuvent rien y entendre. Robert Randau (1873-1946), qui a écrit les Colons et Cassard le Berbère, apparaît comme le chef de file du mouvement au sein duquel s'illustrent Jean Pomier (Chronique d'Alger, Le Temps des Algérianistes), Louis Lecoq (Broumitch et Le Kabyle), Louis Bertrand pourtant né en France (Le Sang des races), Gabriel Audisio (Jeunesse de la Méditerranée) ou Lucienne Favre. Ce mouvement, qui se retrouvait autour de la revue Afrique, vit aujourd'hui au travers d'associations algérianistes installées en France qui ont créé en 1975 un prix littéraire et une revue qui s'attachent à perpétrer leur mémoire (L'Algérianiste : BP 213, 11102 Narbonne Cedex). L'école d'Alger, quant à elle plus universelle, regroupe à partir du milieu des années 1930 Albert Camus, Emmanuel Roblès, Jules Roy ou Jean Pélégri autour d'Edmond Charlot.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, quelques éditeurs se sont réfugiés à Alger pour continuer à imprimer journaux et revues dont la revue Fontaine de Max-Pol Fouchet et le poème Liberté de Paul Eluard imprimé sous forme de tract et lâché par les Anglais au-dessus de la France occupée.

La maison d'édition fondée par Edmond Charlot prend son essor. Ami de Camus qu'il a connu au lycée Bugeaud à Alger et défenseur de la " nouvelle culture méditerranéenne ", il publiait déjà Camus, René-Jean Clot, Max-Pol Fouchet, Jean Grenier, Roblès, Jules Roy ou Federico Garcia Lorca mais c'est avec l'édition d'ouvrages de Gide, Kessel ou Vercors, impubliables en France, qu'il devient incontournable.

Quant aux rares écrivains musulmans, francisés, ils s'attachent encore à témoigner de la vie de leur communauté et de leur différence et il faut attendre les années 1945-1950 et l'affirmation de l'identité et de la culture algériennes, jusqu'alors niées, pour qu'apparaisse une littérature algérienne où la recherche esthétique devient sensible. Se distinguent l'écrivain kabyle chrétien Jean Amrouche (L'Eternel Jugurtha, 1946), les Kabyles Mouloud Feraoun (Le Fils du pauvre, 1950), Mouloud Mammeri (La Colline oubliée, 1952) et Mohamed Dib (La Grande Maison, 1952), ou, plus revendicatifs, Kateb Yacine (Nedjma, 1956), Malek Haddad, Assia Djebar, Djamel Amrani, mais aussi deux poètes d'origine européenne, Anna Greki (Algérie capitale Alger, 1963) et Jean Sénac (Matinale de mon peuple, 1961).

Mais les écrivains qui écrivent en français se sentent coupables d'utiliser la langue du colonisateur et se trouvent donc devant un dilemme : continuer ou renoncer à écrire en français comme l'a fait Malek Haddad. Certains intellectuels ont même pensé que la littérature maghrébine d'expression française allait ou devait bientôt disparaître.

Dans un premier temps, les écrivains algériens d'expression française (Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri, Mohamed Dib, Malek Ouary (La Robe kabyle de Baya, Stock, rééd. 2000), Kateb Yacine, Malek Haddad, Jean Sénac, Anna Greki et Jean Pélégri, restés en Algérie après 1962, ont continué à écrire en français. " Quand il est question d'écrivains algériens, il s'agit évidemment d'auteurs nés en Algérie, d'origine européenne ou autochtone, auxquels il faudrait ajouter ceux qui, ayant vécu ou vivant en Algérie, ont découvert ou découvrent ici leurs sources d'inspiration. Les uns et les autres sont Algériens dans la mesure où ils se sentent eux-mêmes Algériens, et où leur oeuvre concerne l'Algérie. S'ils ne sont rassemblés autour d'aucun manifeste, il est indispensable, je crois, que quelque chose les réunisse : la même fidélité à la terre et aux hommes, le même esprit, les mêmes goûts, une certaine complicité peut-être... En tout cas, l'expression "écrivains algériens" ne comporte à mon sens nulle ambiguïté " déclarait Mouloud Feraoun dans Les Nouvelles littéraires en octobre 1960.

D'autres, très rares, écrivent en arabe. Kateb Yacine compose ses pièces de théâtre en arabe dialectal pour les rendre accessibles au plus grand nombre. Le genre romanesque en arabe apparaît dans les années 1950 avec Reda Houhou, se développe dans les années 1970 avec Abdelhamid Benhedouga (Vent du Sud, 1971) et Tahar Ouettar (L'As, 1974), traduit dans plusieurs langues. L'Algérie est alors le premier pays d'Afrique en matière de production littéraire.

Mais dès 1966, la poétesse Anna Greki, restée en Algérie, remarquait que " le portrait idéal de l'écrivain algérien rêvé serait le suivant selon nos censeurs : être arabo-musulman (critère de race), être d'expression arabe (critère linguistique), être rattaché aux valeurs traditionnelles de l'islam (critère religieux), être le héraut de notre socialisme spécifique (critère politique) ". Au fil des années post-Indépendance, l'arabisation du pays rend la situation des écrivains moins confortable jusqu'à devenir intolérable au cours des années 1990 qui ont vu partir nombre d'écrivains francophones menacés par l'intégrisme islamique. La lutte pour la libération et la construction du socialisme restent longtemps la thématique principale du roman algérien mais peu à peu les littératures d'expression francophone ou arabe s'interrogent sur le sens de la lutte de moins en moins évidente à la lumière de la réalité algérienne.

Dans les années 1980, l'amertume, le désespoir, le sentiment d'avoir été abusés, partagés par les Algériens restés au pays et les émigrés, se font jour. Après le classicisme et la littérature engagée viennent de nouvelles générations d'écrivains, en français ou en arabe, comme Rachid Boudjedra né en 1941 (La Répudiation, 1969), Nabile Farès (Yahia, pas de chance, 1970, L'Exil au féminin, 1986), Mourad Bourboune (Le Muezzin, 1968), Yamina Mechakra (La Grotte éclatée), Tahar Djaout (L'Exproprié, 1981), Rachid Mimouni (Tombeza, 1984), Rabah Belamri (Femmes sans visage, 1992), Malika Mokeddem (L'Interdite, 1993).

Dans les années 1990, ce sont les contradictions d'une société schizophrène et la terreur exercée au quotidien qui dominent les écrits d'écrivains dits de " l'urgence " : Abdelkader Djemaï (31, rue de l'Aigle, 1998, Un été de cendres et Dites-leur de me laisser passer, 2000, Camping, 2005 en poche, Le Nez sur la vitre, 2006 en poche), Aïssa Kelladi (Rose d'abîme, 1998), Mohamed Kacimi (Le Jour dernier, 1996), Habib Tengour (Gens de Mosta : moments 1990-1994, 1997), Malika Mokeddem (La Nuit de la lézarde, 1998), Yasmina Khadra (Les Agneaux du seigneur, 1998), etc.

Poussé à fuir le pays, bon nombre d'écrivains francophones ont encouragé une délocalisation et un éparpillement de la littérature algérienne.

Malgré des années éprouvantes, la littérature algérienne, les romans, les récits, le théâtre ou la poésie semblent avoir trouvé une identité qui se dégage peu à peu des écrits d' " urgence ", même si le poids de la guerre, des crises, de l'exil, du déchirement entre plusieurs cultures ou du rejet est encore lourd et marque encore une expression prolifique et d'une richesse souvent mal connue. Parmi les oeuvres récentes se distinguent celles de Yasmina Khadra, Les Sirènes de Bagdad (2006), Ce que le jour doit à la nuit (2008), La dernière nuit du Raïs (2015) ; Les Figuiers de Barbarie (2010), Hôtel Saint-George, Alger (2011) et Printemps (2014) de Rachid Boudjedra ; Sous le jasmin la nuit (2004), Bleu, blanc, vert (2007), Puisque mon coeur est mort (2010), Hizya (2015).

A lire pour découvrir la littérature algérienne

Algérie Littérature Action est une revue mensuelle fondée par Marie Virolle composée d'un court roman et d'un cahier " actualités littéraires " auxquels participent un grand nombre de " parrains " prestigieux (Marsa Editions : 103, boulevard MacDonald 75019 Paris Tél/Fax 01 40 16 06 23 - [email protected]).

Littératures francophones du monde arabe chez Nathan, Al Madariss, 1994. Une anthologie de textes judicieusement choisis.

Les Belles Etrangères, Editions de l'Aube/Barzakh, 2003. Le recueil réunissant 13 auteurs algériens publiés en Algérie par la vaillante maison d'édition Barzakh fondée en 2000 à Alger est une belle occasion de découvrir la littérature algérienne d'aujourd'hui.

L'Algérie des deux rives : nouvelles de guerre (collectif : Pierre Bergounioux, Maïssa Bey, Yasmina Khadra, Amin Zaoui, etc., Mille et une nuits, 2003). 14 nouvelles portant sur la période 1954-1962 écrites par des auteurs nés après 1945.

La Poésie algérienne, Mango Jeunesse et Institut du monde arabe, 2003. Poèmes algériens, berbères et touaregs du XIIe siècle à nos jours.

Algérie : un rêve de fraternité et Algérie : les romans de guerre, Omnibus, 1997 et 2002. Ces recueils de textes d'écrivains européens et musulmans, comme on les distinguait à l'époque, sont très pratiques pour découvrir rapidement des auteurs étonnants.

Jean Pélégri, alias Yahia El-Hadj de Jean-Pierre Lledo, 2001. Le documentaire, une rencontre avec l'écrivain, permet de partir à la découverte des fondements de la littérature algérienne.

L'écrivain de langue française et les pouvoirs en Algérie de R. Soukehal, L'Harmattan, 1999.

L'Imposture des mots de Yasmina Khadra, Julliard, 2002. Sous ce pseudo, Mohamed Moulessehoul évoque son désarroi face au monde de l'édition algérienne.

Nuit afghane de Ahlem Mosteghanemi, N. Philippe, 2002. Un intellectuel doit choisir entre rester et partir...

Médias locaux
Musique

Que ce soit la musique arabo-andalouse, la musique citadine (chaâbi à Alger, raï à Oran, etc.), la chanson kabyle, l'ahallil de Timimoun, le tindé du Hoggar ou le chant bédouin, la musique algérienne dans sa grande diversité est née de diverses influences, qu'elles soient ethniques ou religieuses. Elle tient une grande place dans la vie quotidienne en rythmant les événements, heureux ou malheureux, depuis les temps les plus reculés.

Sur Internet : www.algeriemusique.com, www.zikdalgerie.com

Musique arabo-andalouse

" Poètes et musiciens furent chassés des cours royales. Ils furent traités avec le plus grand des mépris. Pourtant cet art survécut grâce au peuple andalou. Il exprimait l'art de vivre des habitants de Grenade, de Tolède, Cordoue, Séville, Murcia et Alméria. C'est dans les tavernes de ces villes que cet art prit son essor. Ce sont les "gueux" qui lui permirent de s'épanouir. [... ] C'est beaucoup plus tard que les princes et les nobles des cours andalouses permirent à leurs chastes oreilles de s'encanailler. " Latifa Ben Mansour, La Prière de la peur, Editions de la Différence, 1997.

La musique classique algérienne dite " andalouse " est l'une des expressions de l'héritage des traditions musicales orientales, autant grecque que persane et arabe, réunies à Bagdad et à la cour de la dynastie abbasside (VIIIe-XIIIe siècles). La légende raconte qu'en 822, un musicien venu de Bagdad avec son luth (oud) d'argent auquel un ange aurait ajouté une corde, celle de l'âme, fut reçu à la cour du fondateur du califat de Córdoba. Abou El-Hassan Ali Ibn Ennafi, dit " Zyriab ", tel était son nom, avait retenu au cours de sa vie plus de 10 000 mélodies et poèmes célébrant l'amour courtois et l'élan vers Dieu qui lui permettaient de créer une nouba pour chaque heure (noubate au pluriel) et 84 modes au travers desquels pouvaient être exprimés autant d'états d'âme qui leur ont donné leur nom.

A partir du XIIIe siècle, les musulmans chassés d'Andalousie échouent sur les côtes d'Afrique du Nord et transmettent leur art à leurs hôtes qui s'enivrent des noubate jouées à l'unisson sur des rythmes et des modes rigoureusement établis, ponctuées de pièces lyriques, souvent des poèmes en arabe classique (le mouwashah et son dérivé populaire le zajal). Les orchestres, qui respectent la règle de l'unisson, sont composés de flûtes de roseau (nay), de tambours et de tambourins (tbiblat, tar et derbouka), de luths (oud), de cithares, de rebebs (petits violons à deux cordes dont est issu le rebec de l'Europe médiévale) et de violons qu'on joue verticalement posés sur une cuisse.

Le hawzi est la forme populaire de la musique arabo-andalouse de l'école ghernati dite de Tlemcen, qui revendique l'héritage musical de Grenade, et chante les sentiments souvent contradictoires qui animent la vie et l'amour pour la cité " aux 1 000 sources ". Le çanaa, qui est rattaché à Córdoba (Cordoue), est joué à Alger où a également pris forme le chaâbi, tandis que le maalouf de Constantine serait originaire de Séville.

Parmi les interprètes, on retient les noms de Cheikh M'Nemmeche, Benteffahi, Mouzino, Mohamed, Abderrezzak Fekhardji (violoniste et chef d'orchestre mort en 1984), Mahieddine Bachtarzi, Dahmane Benachour, Abdelkrim Dali, Mohamed Khaznadji, Ahmed Serri d'Alger, Cheikh El-Arbi Bensari et Cheikh Redouane Bensari (Tlemcen). Parmi les femmes, on note les noms de Yamna Bent El-Hadj El-Mahdi, Cheikha Tetma, Meriem Fekkaï ou Fadhila Dziria.

Dahmane Ben Achour : la nouba, musique classique arabo-andalouse, école d'Alger. Plusieurs CD enregistrés dans les années 1990 distribués par le Club du disque arabe.

Mohamed Khaznadji : anthologie de la musique arabo-andalouse. Plusieurs CD distribués par Ocora/Radio-France.

Les disques produits par les ensembles Es-Soundoussia, Ahbab Cheikh El-Arbi Bensari (Tlemcen) ou El Djazaïriya-El Mossiliya chez Ocora ou Institut du monde arabe.

Nour Ed-Dine Saoudi : musique classique arabo-andalouse en Algérie dans une série de CD édités par Artistes arabes associés.

Le maalouf qui signifie " fidèle à la tradition " est l'émanation constantinoise et tunisienne de la musique arabo-andalouse dont elle diffère par le rythme et les instruments parmi lesquels on distingue une flûte bédouine. En dehors d'Enrico Macias qui a été formé à cette musique au sein de l'orchestre de son beau-père Cheikh Raymond, l'un des plus célèbres représentants du maalouf, on retient notamment les noms de Hadj Mohamed Tahar Fergani (né en 1929), Cheikh Darsouni, Cheikh Bentobal et, parmi les plus jeunes, Taoufik Bestandji.

" Fermez les yeux et bientôt vous connaîtrez ce que les Arabes nomment le tarab, cette extase qui libère l'âme hors de la prison du corps " écrit Jean-Luc Allouche sur la jaquette du disque Hommage à Cheikh Raymond rendu par Enrico Macias au Printemps de Bourges 1999 (Trema/Sony Music).

Cheikh Raymond : Anthologie de la musique citadine algérienne, volumes I à VI, Al Sur/Média 7.

Hadj Mohamed Tahar Fergani : Anthologie de la musique arabo-andalouse, volumes I et II, Ocora/Radio-France, 1991 et 1992.

Taoufik Bestandji : Anthologie de la musique citadine algérienne, maalouf et çanaa, Al Sur, 1994.

Chaâbi. Musique citadine apparentée par sa forme à la musique arabo-andalouse mais enrichie aujourd'hui d'influences arabe, africaine et européenne dans ses mélodies, et gnawa et berbère dans ses rythmes, le chaâbi (" populaire " en arabe) algérien est né du moghrabi au début du XXe siècle à Alger dont il parle encore le dialecte. Des textes qu'on apprécie dans toute l'Algérie pour leur aspect social et moral ; ils étaient autrefois interprétés par les cheikhs (maîtres) et leur orchestre dans les soirées entre hommes où l'improvisation tenait une grande place. Ya rayah (" Le voyageur ") de Dahmane El-Harrachi, né en 1926, en est peut-être la chanson la plus connue reprise au début des années 1990 par Rachid Taha. Parmi les maîtres, on retient les noms de Hadj M'hamed El-Anka (considéré comme le créateur du chaâbi avec Cheikh Nador), Amar El-Achab (né en 1932), Boudjemaa El Ankiss, El-Hachemi Guerouabi (né en 1938), Kamel Messaoudi (né en 1938) ou Amar Ezzahi (né en 1941, difficile à trouver en France).

www.webchaabi.com : à consulter absolument !

Dahmane El-Harrachi : Le chaâbi, Club du disque arabe. Plusieurs volumes dont le premier a été enregistré en 1991. Egalement des disques chez Blue Silver.

Amar El-Achab : Le chaâbi des grands maîtres, Harmonia Mundi, Institut du Monde arabe, 2000.

Compilation : Le chaâbi moderne, Artistes arabes associés, 1994.

Compilation : Super Chaâbi Algérois, Creon, 2002. 3 disques pour faire le tour, si c'était possible, du chaâbi.

Lili Labassi : Le génie du chaâbi, succès de 1932 à 1958, Blue Silver. Un voyage dans le passé en compagnie de ce violoniste né à Marseille en 1897 et, au passage, père du comédien Robert Castel.

Guerouabi El-Hachemi : Salam Maghreb, Sonodisc, 2000, et un disque sans titre sorti en 2002 sur lequel le maître du chaâbi (mort en juillet 2006) rend hommage à son pays.

Kamel Messaoudi : Chaâbi, CMM Productions.

Lili Boniche (mort en 2008) : oeuvres récentes, APC, 2003 et Il n'y a qu'un seul Dieu enregistré à l'Olympia en 1999.

Raï

Le mot raï signifie " conseil " dispensé par les vieux du village mais qualifie aussi la vulgarité. Il désigne aujourd'hui une forme musicale connue dans le monde entier et chantée par toute une jeunesse algérienne qui a soif de vivre, avec pour thèmes principaux l'amour, la fête, la vie noctambule et la solitude, exprimés dans un langage souvent cru. Mais le raï est bien antérieur à l'apparition du sourire éclatant de Khaled. On le fait remonter à la rencontre entre le bédoui traditionnel, la forme populaire du nomade gharbi du sud-ouest algérien, qui a investi les cafés d'Oran dans les années 1920-1930 et les chansons chantées par les femmes (cheikhats) pour les femmes pendant les fêtes familiales. Les stars du moment se nommaient Hachemi Bensmir, Abdelkader El-Khaldi (mort en 1964) ou Cheikh Hamada (mort en 1986). Les textes poétiques des maîtres (cheikhs) étaient alors accompagnés par un petit orchestre composé d'une flûte en roseau (gasba), d'un tambourin (bendir) et par des percussions (guellal ou derbouka).

Une décennie plus tard, le bédoui prend de nouvelles teintes inspirées des accords de la musique égyptienne, dont la star de l'époque, Oum Kalthoum, inonde les ondes du Maghreb, et les textes prennent un ton légèrement plus revendicatif. Deux chanteurs se distinguent. Le premier, Blaoui El-Houari, musicien autodidacte né à Oran, est considéré comme le précurseur de la chanson réellement oranaise. Puisant dans le répertoire du bédoui oranais, il agrémente les textes traditionnels de rythmes espagnols et latinos et d'instruments européens dans une volonté de modernisation. Sa renommée dépasse rapidement les rues d'Oran et toute l'Algérie connaît bientôt ses chansons simples, spontanées et fraîches. Le second, Saoud El-Medioni (qui mourra en déportation) tient un café à Oran puis à Paris.

Dans les années 1950, les vedettes du raï s'appellent Lili Boniche, Reinette l'Oranaise (morte en 1998), Edmond Atlan ou Djelloul Bendaoud.

Ahmed Wahby, " la voix de velours d'Oran ", quant à lui, est né au début des années 1920 à Marseille. De retour en Algérie, il se produit à Oran et à Alger mais c'est à Paris qu'il enregistre la première chanson dite " oranaise " : Alache Tloumouni. Auprès de Mohamed Djamoussi, compositeur, de Mohamed Abdelwahab et de Farid El-Atrach, le " rossignol triste ", il perfectionne sa pratique de l'oud (luth) et étudie la musique arabe classique. Son premier grand succès, Wahran Wahran, repris plus tard par Khaled, célèbre sa ville et devient emblématique du raï. Il s'engage dans la lutte pour l'indépendance en 1957 et, dès 1965, il crée l'Institut de la musique arabe à Oran avant de s'installer au Maroc. En 1970, il célèbre son retour en Algérie en composant l'un de ses succès les plus retentissants, Fet elli fet.

Pendant ce temps, le raï des débuts rencontrait le jazz et la pop dans les années 1960 et préparait la voie à l'explosion du raï dans les années 1980. Le trompettiste Messaoud Bellemou est le premier qui ose remplacer les instruments traditionnels par trompettes, saxophones et guitares électriques. En 1974, il rencontre Safi Boutella, un jazzman. Une dizaine d'années plus tard, de jeunes musiciens introduisent synthétiseurs et boîtes à rythmes de leur époque. C'est en 1986 que la France découvre le raï avec Khaled, encore Cheb (le préfixe signifiant " jeune " distinguait les nouveaux venus des générations précédentes), qui rencontre le succès en 1992 avec Didi. L'autre star du raï, Cheb Mami, originaire de Saïda, a ouvert encore plus grand les portes du monde au raï en travaillant avec, entre autres, Sting.

En peu de temps, le raï est devenu l'un des grands ambassadeurs de l'Algérie à travers le monde et une des preuves de la vivacité de la culture algérienne. C'est sûrement pour cela que nombre de ses représentants ont été la cible des terroristes dès le début des années 1990 dont certains furent les victimes, comme Cheb Hasni, le chanteur emblématique assassiné en 1994 et dont la mort est toujours pleurée.

Aujourd'hui, le raï continue de rencontrer tous les styles du reggae au rap, en passant par le R'n'B...

Messaoud Bellemou : Oran, Longue Distance, 1999.

Reinette l'Oranaise : Mémoires, Blue Silver, 1994.

Aux sources du raï : les cheikhat/chants de femmes de l'Ouest algérien avec Cheikha Rimitti, Cheikha Khaira El-Abassia, etc., Artistes arabes associés.

Cheikha Rimitti, aux sources du raï, enregistrement public à l'Institut du monde arabe. Egalement Le meilleur de Cheikha Rimitti, des enregistrements des années 1980 (Globe Music), European Tour 2000 (Musisoft), Nouar (Sonodisc, 2000), Sidi Mansour (Média 7, 1994), N'Ta Goudami (Toi, face à moi, Because Music. 2005).

(Cheb) Khaled : Kutche (Zone Music, 1988), Didi et N'ssi N'ssi (Barclay, 1992 et 1993), Aiysha (2000), Le meilleur de Cheb Khaled (volumes I et II, Blue Silver), Hafla/Kenza Tour et Kenza (Barclay, 1997 et 1999), Les Années raï (2005), Ana Mardhi Taouel 'M' Galbi (Mpmed, 2006).

Cheb Mami : The Prince of Raï Music/Douni El-Bladi (Blue Silver), Let me raï, Saïda et Meli Meli (Totem Records, 1990 et 1998), Dellali (Virgin, 2001) et Le Meilleur (compilation, Virgin, 2002), Live au Grand Rex (DVD, EMI, 2004).

Cheb Hasni : Raï Love (Voix du Maghreb VDMA), Gualou Hasni Met et Ala Besse (Blue Silver), Cheb Hasni (Super Bazar Suba), Nti Nti mon amour (Créon Music), Best of (Fassiphone) et 8 ans déjà/Succès (MWD, compilation éditée à l'occasion du 8e anniversaire de la mort de Cheb Hasni).

Le monde du raï des années 50 à nos jours, compilation, Blue Silver.

L'Officiel du raï, volume I, Maghreb World Development. Très intéressant parce le disque réunit des interprètes très variés, de Cheb Hasni à Bilal en passant par Chaba Zahouania ou Cheikha Rimitti.

Fiha Dauphin de Houari Dauphin, Créon Music, 2002.

Un homme libre de Cheb Sahraoui et Cheb Maghni, Musisoft, 2000. Raï et salsa.

Sidi Sidi de Bilal (Polydor, 2002).

Faudel : Bled Memory (Universal, 2010).

Absolute Raï, compilation, Virgin.

Reda Taliani : Nabghik, Aladin le Musicien, 2005.

Raïna Raï : Zina (1983), Raïna Hack (1985), Chouli (1986), SAF (1987), Waïlé (1988), Ghaba (1989), Rana H'na, Datni.

Chanson kabyle

Révélée en Europe par Marguerite Taos Amrouche (1913-1976) qui a collecté et interprété des chants traditionnels inspirés de contes et de poèmes transmis depuis des siècles, la chanson kabyle a rencontré le succès avec Idir, Matoub Lounés ou Aït Menguellet qui interprètent des textes identitaires ou contestataires sur des musiques souvent proches du chaâbi jouées par une seule guitare ou par un orchestre au grand complet.

Le Folklore kabyle, anthologie au Club du disque arabe, 1990.

Collectif : La Kabylie au coeur, Virgin, 2001 (Takfarinas, Matoub Lounés, ONB, Idir, Aït Menguellet, etc.).

Collectif : Planète Kabylie, Déclic, 1998 (Idir, Aït Menguellet, Matoub Lounés, Cherifa, Taos Amrouche, etc.).

Marguerite Taos Amrouche : Algérie : chants berbères de Kabylie, L'empreinte digitale, 2002.

Hanifa, Cherifa : Les grandes dames de la chanson kabyle, Night and Day, 2000.

Idir : A vava inouva (1991), Les Chasseurs de lumière (1993), Blue Silver, et Identités en collaboration avec Manu Chao, Geoffrey Oryema, Maxime Le Forestier, Thierry Robin (dit " Titi "), etc., Sony Music, 1999. Dans son disque le plus récent, La France des couleurs (2007), il s'est entouré de chanteurs de tous horizons.

Aït Menguellet : Amjahed (Mélodie), Inagan et Chants et poésie de Kabylie (Blue Silver), L'Algérie en fête (DVD d'un concert à Mogador en compagnie de Lili Boniche, Guerouabi El-Hachemi, etc., 2005, Night&Day).

Djur Djura : Le Printemps (1990), A yemma, Asirem, Kondo-Ra, Kodo.

Matoub Lounés : Mimezran (Sonodisc, 1994), Lettres ouvertes aux... (Blue Silver, 1998), Sserhass Ayadu (Virgin, 2000), Eras Tili (Virgin, 2003).

Slimane Azem : Le malheur des temps, Chants berbères de Kabylie, Les temps révolus, Une légende de l'Exil.

Cheikh El Hasnaoui : La maison blanche.

Takfarinas : Yal (BMG, 1999), Quartier Tixeraïne (RCA, 2001), Honneur aux dames, (RCA, 2004).

Nora At Brahim : Chants berbères féminins au présent (Iles, 1985), Les chants de l'an 2000 (ACM, 1989), Une femme, une espérance pour l'Algérie (ACM, 1995), Traditionnellement vôtre (Club du disque arabe, 1998).

Mugar : rencontre entre musiciens berbères et celtes, le groupe Mugar réunit plusieurs sensibilités sur ses albums Kabily-Touseg et Penn Ar Bled (2005).

Chant des Aurès

Dans les Aurès, on chante surtout de la poésie populaire sur une musique dite " chaoui ", un mélange de musique sahraoui et de rythmes marqués et dansants. Les noms à retenir sont Aïssa El-Djermouni, Hadj Bouragaa, Djenia Khaled, Ali El-Khenchli, Teldja ou Zoulikha.

Houria Aïchi : Chants de l'Aurès (Auvidis, 1990), Les Cavaliers de l'Aurès (Accords Croisés Harmonia Mundi, 2008).

Aurès Markunda : Chants de femmes des Aurès, Arbmu, 1999.

Ali Khenchli, Institut du monde arabe.

Musiques du Sud

La musique sahraoui, bédouine à l'origine, bénéficie d'influences africaines et arabes. Les textes d'une grande poésie, accompagnés de flûtes et de bendir, célèbrent le désert. Khelifi Ahmed (un CD, Zineb, trouvé sur le Net), Bar Amar, Rah Tahar ou Bachir Sahraoui figurent parmi les représentants les plus connus de la musique sahraouie.

L'ahallil de Timimoun (Gourara) est beaucoup mieux diffusé. Il s'agit d'une musique, religieuse et hypnotique, jouée et surtout chantée par des groupes lors de soirées musicales.

Enfin, du côté de Béchar, on écoute en boucle l'enfant du pays, Alla, dont la musique envoûtante et sortie de nulle part puisqu'elle ne renvoie pas à une tradition, serait diffusée dans des services psychiatriques en Allemagne...

Ahallil de Gourara, Barka Foulani (Institut du monde Arabe, 2000).

Alla : Taghit, Fondou de Béchar (Al Sur, 1995) et Zahra (Night&Day, 2002).

Musique gnawa

Les Gnawas, également présents au Maroc où un festival annuel les réunit à Essaouira et en Tunisie depuis quatre siècles environ, descendent des esclaves noirs originaires de l'ancien Soudan occidental - leur nom vient de Guinée - réunis au sein d'une confrérie de musiciens et de voyantes. Les textes en arabe sont chantés par les maalem (maître) sur une musique jouée dans la rue ou dans les diwan en association à des rituels à but thérapeutique, qui mène à la transe (hal). Karkabou (crotale), une espèce de castagnettes doubles en métal, gembri, une basse, et le tambour sont les instruments caractéristiques de cette musique qu'on joue lors des lila (concerts), généralement près d'un mausolée.

Le groupe Gaâda Diwane de Béchar (www.gaada.net) donne régulièrement des concerts en France. Il faut découvrir cette musique envoûtante au travers de Gaâda Diwane de Béchar (Samarkand/Night&Day, 1998) et de Ziara (Night&Day, 2003). Ziara signifie " rendre visite " et désigne un périple vers la guérison.

Rituels de la Layla et du Moussem, confrérie saiddiya, Gnawa de Mostaganem enregistré en 1971, Iris Musique Production, 2000.

Le diwan de Biskra, collectif, Ocora/Radio-France, 1993.

Maalem Benaissa : Diwan (Belda Diffusion).

Living remixes, Gnawa Impulse, GIP Music/Fairplay/SED. Croisement entre musique gnawa et sonorités occidentales.

Musique touareg

La musique touareg, indissociable de la poésie, du Sahara central est jouée en Algérie dans les régions de Tamanrasset et de Djanet. Les deux instruments de base sont l'imzad, un violon à une corde joué par les femmes, et le tobol (t'bel) ou tindé (tendé), un tambour en forme de mortier. Parmi les thèmes les plus développés, de façon toujours poétique, on retrouve souvent la guerre et ses héros devenus mythiques, les femmes, la beauté des montagnes et des rochers qui ont tous une personnalité propre, les animaux qui expriment chacun un trait de caractère tout à fait humain comme dans les Fables d'Esope qui étaient d'origine éthiopienne, le silence du désert, etc.

Ne manquez pas d'écouter cette musique, souvent appelée " blues du désert " au cours de votre séjour dans le Sud ; elle vous marquera aussi sûrement que les paysages...

Chez Al Sur : Imzad et tindé du Tassili N'Ajjer, Tis Ras (Othman Othmani, Khadija Othmani) et Imaran (Ahmed Chakali), volumes I, II, III et IV, Al Sur, 1994.

Rythmes et mélopées du Tassili N'Ajjer, Khadija Othmani, Blue Silver, 1998.

Assouf (la nostalgie) et Assarouf (le pardon) de Bali Othmane et Steve Shehan, Triloka/Safar, Al Sur. La voix la plus connue de Djanet s'est éteinte en juin 2005 par la volonté d'un oued en crue... A écouter également Live à Caracas et Kef none live (Belda Diffusion).

Ihendja, chants et rythmes touaregs d'aujourd'hui, Ahmed Chakali et Imaran, Blue Silver, 1998.

Musique des Touaregs du Hoggar, ensemble Stella de Tamanrasset, Chants du Monde.

Le Festival au désert, Paix et musique au désert, collectif, Triban Union/Créon Music/EMI, 2003. Le disque a été enregistré à Essakane, au Mali, lors du festival touareg de janvier 2003.

Les membres du groupe Tinariwen sont d'origine malienne et algérienne et ont porté avec succès la musique touareg jusque sous nos latitudes. Pour se familiariser avec ces rythmes, écouter leur disque Amassakoul (Universal) ou, plus récent, Aman Iman, Water is Life (2007, World Village) dont le titre résume à lui tout seul le désert : " l'eau c'est la vie ".

Le jeune groupe Tamikrest est malien mais sa musique traverse le Sahara (Ishumar, Tapsit, 2008).

Rap, rock, fusion, etc.

Parmi les groupes comme Intik ou Index, Micro Brise le Silence (MBS), City 16, Belcourt Long Dinasty (BLD), Tox, Hamma Boys, Cause Toujours, K-Libre, Abranis (rock kabyle), Lotfi Double Kanon, RQP (Rappeurs des Quartiers Populaires), Tout passe ou Les Messagères (un groupe de filles d'Alger), la plupart jouent dans des cafés, des restaurants, des salles d'université en attendant un festival ou une invitation à l'étranger. Brigade Anti-Massacre (BAM) allie jazz fusion, hip-hop et ragga, en arabe, en français et en anglais, pour exprimer sa révolte. Lakamora est un groupe de rap d'Alger.

Inclassable parmi les rubriques précédentes, Souad Massi est aujourd'hui la chanteuse algérienne la plus populaire en France.

Baâziz, né à Cherchell dans une famille plutôt dédiée au chaâbi, est qualifié de m'roufez (de " refuser "). Après avoir adapté des chansons de Renaud en arabe dialectal, il s'attaque aux généraux (Waili waili : " Quand j'entends ce général, je ris sans pitié... Mêlé aux affaires, il est devenu personnalité... Il a le pouvoir, l'argent et la double nationalité... Il humilie les hommes... Et même dans la mort, il trouve son compte... On a le président, la démission ou la mort... Chaque semaine, il y a un vote... "), à la présidence, mais n'oublie pas de déclarer son amour dans Algérie mon amour, une chanson qu'il a fait chanter sur scène par un groupe composé de la plupart des chanteurs algériens vivant en Fance.

Cheikh Sidi Bemol est un groupe inclassable formé autour de Hocine Boukella. Le style du groupe, fusionnant les genres comme le rock, le blues ou encore les musiques traditionnelles celtiques et algériennes (kabyle, gnawa, chaâbi...), est qualifié de Gourbi-Rock. Ironiques, critiques ou drôles, les textes dépeignent la société algérienne.

Peinture et arts graphiques
Mosaïque du boulevard Krim Belkacem.
Mosaïque du boulevard Krim Belkacem.
Calligraphie

L'islam interdisant toute représentation du vivant, c'est au travers des ornementations florales et géométriques mais plus encore par la calligraphie que se sont d'abord exprimés les artistes musulmans. Le Prophète aurait d'ailleurs dit qu' " une belle écriture met la vérité en évidence ". Très respectés, les calligraphes décoraient les lieux de prière avec des extraits du Coran, suivant différents styles ou écoles, puis les textes ont orné les poteries ou les carreaux de céramique.

Céramique

Avec des motifs géométriques ou fleuris, acceptés par l'islam, à dominante bleue et ocre, c'est dans les maisons et les palais que la céramique a trouvé sa place à partir du IXe siècle après J.-C. Il reste malheureusement assez peu d'exemples " d'époque " mais les restaurateurs s'emploient à perpétuer cet art de la décoration.

Dessin

Vu le dynamisme de l'école supérieure des beaux-arts d'Alger, on devine que la tradition picturale est très vivace en Algérie même si on s'en rend assez peu compte dans la rue. Pourtant, c'est peut-être au travers du dessin de presse qu'on découvre le mieux cette expression. Chaque journal a son dessinateur (Ayoub pour El Khabar par exemple) mais le plus connu d'entre eux reste encore Dilem, le caricaturiste du journal Liberté qui dessine également pour la chaîne internationale française TV5 Monde. On peut également découvrir sur Internet ou sur papier Slim (minouche.ifrance.com/minouche, à lire Walou à l'horizon : La dernière aventure de Bouzid et Zina, Tartamudo, 2003), Gyps (www.louzine.net/_gyps.htm, à lire Algérien, 1998, un album de planches portant un regard amusé sur la société algérienne) ou encore Le Hic qui dessine pour El Moudjahid.

Peinture

L'islam interdisant toute représentation des êtres vivants, l'art islamique a trouvé son expression dans les formes géométriques complexes, la représentation des végétaux et la calligraphie. Au XIXe siècle, ce sont les peintres occidentaux qui ont mis en scène l'Algérie au travers notamment du courant orientaliste mis à la mode par des peintres comme Delacroix (Femmes d'Alger dans leur appartement), Eugène Fromentin ou Albert Marquet au début du XXe (pour tout savoir, consulter le très complet orientaliste.free.fr/).

Cependant, le XXe siècle a vu naître avec les premiers mouvements nationalistes des artistes talentueux, libérés des interdits de la religion. A l'époque, les frères Omar et Mohamed Racim (dont le nom signifie " peintre ", er-racim), nés dans une famille d'artistes miniaturistes, rejettent les valeurs culturelles rattachées au colonialisme. Aujourd'hui, peintres, sculpteurs et photographes exposent leurs oeuvres dans les galeries et centres culturels du pays. Parmi les artistes les plus connus en Algérie comme en Europe, on rencontre les noms de peintres exilés à Paris dans les années 1960 (Abdallah Benanteur, M'Hamed Issiakhem - membres.lycos.fr/issiakhem/details2.html, Abdelkader Guermaz, Mohamed Khadda, Mohamed Aksouh, Denis Martinez) qui s'inspirent souvent du symbolisme et de la calligraphie berbères. Les peintres du groupe Aouchem (années 1960 et 1970), dont le nom signifie " tatouages ", sont également connus comme les peintres du signe.

Dans les années 1990, la peinture devient souvent plus violente, plus âpre, en miroir à la situation du pays. On évoque alors le néofauvisme, représenté par les peintres Djeffal Adlane, Zoubir-Hellal, Aït El-Hana, Karim Sergoua, Belhachmi, Mammeri. Parmi les grandes figures de la peinture algérienne contemporaine, citons aussi Ali Khodja Ali. Ce descendant du dey d'Alger et neveu des frères Racim auprès desquels il a commencé sa carrière a exposé au mois de mai 2005 à Alger (visualiser quelques oeuvres sur bi.adagp.fr).

Baya (Baya Mahieddine, 1931 à Bordj-El-Kiffan-1998 à Blida) n'a que 16 ans quand elle est remarquée par Aimé Maeght, André Breton ou Picasso. Mariée " au bled " en 1953, elle ne se remettra à la peinture que 10 ans plus tard. Tahar Djaout disait d'elle qu'elle était " la soeur de Schéhérazade. Schéhérazade, la tisserande des mots qui éloignent la mort. Schéhérazade, cette autre femme qui fabule pour compenser sa réclusion. Nous voici donc dans le conte, avec ses univers merveilleux (titre d'une oeuvre de 1968). Baya abroge les formes, les classifications et les dimensions : l'oiseau s'étire et devient serpent, arbres et cahutes poussent de guingois, les vases se ramifient, deviennent arborescents comme des queues ou des huppes d'oiseaux. Dans cette sorte de village des origines où cases, arbres et oiseaux sont emmêlés, les paysages et objets baignent dans l'informulé et la liberté du monde placentaire. Aucun centre de gravité n'est admis. Tout l'effort de l'artiste est tendu vers la recherche d'une sorte d'harmonie prénatale que la découverte du monde normé, balisé, anguleux nous a fait perdre ", Schéhérazade aux oiseaux, 1987.

Rachid Koraïchi, originaire des Aurès, est né en 1947 dans une famille de tradition soufie. Il vit aujourd'hui à Paris mais expose dans le monde entier peintures et sculptures qui évoquent le voyage transcendental du mystique et le symbolisme berbère. Il a notamment illustré nombre de livres dont un recueil de poèmes, Tu es mon amour depuis tant d'années, de Nancy Huston, Les Sept Dormants : Sept livres en hommage aux 7 moines de Tibhirine (Actes Sud, 2004), La Poésie algérienne (Mango Jeunesse, 2003), etc.

Alger et ses peintres (1830-1960) et L'Algérie du Sud et ses peintres (1830-1960) de Marion Vidal-Bué (Paris-Méditerranée, 2000, 2002 et 2003).

Denis Martinez, peintre algérien de Noureddine Saadi (Le Bec En l'Air, 2003).

Khadda Mohammed, collectif broché, Institut du monde arabe.

Benanteur de D. Kalid, Myriam Solal, 1998.

Les deux vies d'Etienne Dinet peintre en islam de F. Pouillon, Balland, 1998. Etienne Dinet de Denise Brahimi et Koudir Benchikou, ACR.

Les artistes de l'Algérie, dictionnaire des peintres, sculpteurs, graveurs, 1830-1962 de Elisabeth Cazenave, Bernard Giovanangeli (Association Abd-el-Tif, 2001) ainsi que La Villa Abd-el-Tif, un demi-siècle de vie artistique en Algérie 1907-1962.

L'Algérie et les peintres orientalistes, Victor Barrucand (réédition de l'ouvrage de 1930, Editions du Tell, 2004 - www.editions-du-tell.com).

Tatouage

Il a aujourd'hui perdu sa signification initiale : loin d'être un signe d'identification tribale ou un insigne magique, il est devenu purement décoratif. Il est pratiqué - par infiltration d'aiguilles ou, plus fréquemment, par simple dessin - lors des fêtes religieuses ou des cérémonies familiales.
Les tatouages les plus courants se font sur les mains, les pieds ou le visage et représentent des zelliges ou des résilles noires qui font ressortir la blancheur de la peau. Ils ont toujours des formes géométriques, et ne sont jamais des scènes de la vie quotidienne ou des représentations animales, conformément à l'islam. Pratiqués à l'aide du harqus, bâtonnet imprégné de cendres de charbon de bois et d'épices, ces tatouages ne durent que le temps d'une fête avant de s'écailler comme n'importe quel maquillage.

Traditions
Épée touareg.
Épée touareg.

La fantasia, devenue rare mais toujours organisée du côté de Tiaret, est un spectacle au cours duquel des cavaliers, vêtus de leurs plus beaux atours, mènent une charge héroïque, montés sur leurs fidèles destriers (eux-mêmes parés de harnais somptueux et de décorations multicolores), accompagnés des youyous des femmes de l'assistance et de l'odeur de poudre que répandent les moukkalas, ces longs fusils incrustés de pierreries qu'on tire vers le ciel (baroud)...

On peut assister à une fantasia au cours d'un moussem.

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