Découvrez l'Australie : Société (vie sociale)

« Une nation qui se réjouit d'une ascendance de forçats ne peut pas se prendre trop au sérieux », précise avec humour l'historien John Hirst. Les résidus de ce passé de bagnards, traduit par un esprit de camaraderie plutôt bon enfant, se retrouvent aujourd'hui dans l'état d'esprit des Australiens qui prônent l'absence de classe et l'égalitarisme. Le passé pénitentiaire a, sans conteste, influencé la mentalité actuelle des Australiens. Suffrage universel, droits de vote des femmes, journée de huit heures… Dès la fin du XIXe siècle, l'Australie incarnait le monde moderne où les colons plaçaient leurs espoirs dans l'édification d'une meilleure Grande-Bretagne. Bien que située aux antipodes de la France, le fameux Lucky country, ou tout du moins ces zones urbaines, ne vous feront pas perdre vos repères : ici, la vie est similaire à celle que vous connaissez dans la Vieille Europe. L'éloignement se ressentira davantage dans le bush et l'Outback, loin des grandes villes au cœur du continent. Et vous tomberez peut-être amoureux de la décontraction toute particulière des Australiens dans leur quotidien et leur bienveillance naturelle.

Culture du « mate » et mentalité australienne

G'day mate est cette façon si caractéristique qu'ont les Australiens de se saluer. Signe d'une absence de hiérarchisation sociale et d'une camaraderie rappelant encore une fois la familiarité qu’entretenaient entre eux les anciens bagnards, ce qualificatif est aujourd'hui utilisé à toutes les sauces : en famille, entre amis, entre collègues, entre voisins, et même entre parfaits inconnus lors d’une première rencontre à la caisse d’un supermarché ou même à la banque ! Attention tout de même à ne pas l'utiliser systématiquement, en tant qu’étranger, il vaut mieux apprivoiser ce qualificatif petit à petit. En observant les interactions entre Australiens, vous remarquerez ce goût de l’entraide, du volontariat et de cette réelle volonté de vous mettre à l’aise. Les Australiens ont la réputation d’aimer faire don de leur temps au bénéfice de la collectivité, que ce soit dans leur milieu social, leur quartier ou au sein de diverses associations. Ainsi, plus de six millions d’entre eux (1/3 de la population de plus de 15 ans) sont des volunteers (bénévoles) qui apportent leur concours dans des domaines tels que les services d’urgence (pompiers, ambulances, secouristes…), l’assistance sociale, la défense de l’environnement, etc. Cette mentalité viendrait encore une fois des « racines » des immigrés à l'origine de la nation australienne : lors des premières années de la colonisation, il fallait pouvoir compter sur son prochain pour s’intégrer et se familiariser avec ce nouvel environnement à des dizaines de milliers de kilomètres de la Mère-patrie ! Ainsi, les rapports humains sont assez faciles en Australie, il n’y a aucune difficulté pour tisser des liens et aborder les gens.

Le culte du sport

L'océan qui entoure le continent perpétue la relation des Australiens avec le monde de l’outdoor : la plage et l'océan façonnent le mode de vie et les mentalités australiennes. La mer offre une source constante de loisirs, c'est la fameuse beach culture. Le culte du surf, avec ses codes et sa philosophie bien spécifique, est aussi un état d'esprit : sur sa planche, l’adepte du surf laisse tomber tous les préceptes de catégories sociales et d'origines culturelles. Le surf échappe aux étiquettes de la société et fait naître un sentiment fédérateur accessible à tous.

Plus globalement, le sport occupe une place dominante dans la vie et les conversations des Australiens. Plus de 70 % de la population pratique un sport une fois par semaine, que ce soit pour l’exercice ou le loisir, et presque tous les Australiens ont un intérêt sportif quelconque. La marche, le football, le fitness, la natation, le cricket, le golf et le tennis sont pratiqués pour ainsi dire partout. Sur les zones côtières, on retrouve bien évidemment la navigation de plaisance, la pêche, le surf et la natation. L’Australie compte ainsi plus de 120 organisations sportives nationales et clubs gérés par les collectivités locales. En ce qui concerne les sports les plus suivis, on citera l’Australian Rules Football (ou footy), les courses hippiques, les sports mécaniques, le Rugby League (rugby à XIII) et le cricket.

Vie sociale de l’Outback

Loin des métropoles modernes qui bordent le littoral australien, des exploitations agricoles habillent des terres isolées où le mode de vie diffère drastiquement des grands centres urbains. Ces exploitations, appelées les cattle stations, emploient la majeure partie des habitants de l'Outback. Le secteur assure l'autonomie alimentaire du pays à plus de 90 % et demeure un pilier des exportations australiennes. Au cœur de ces propriétés terriennes, il n'est pas rare de croiser les stockmens, ces cow-boys australiens, chargés du bétail : jusqu'à 20 000 bovidés peuvent y paître. Ces immenses fermes peuvent dépasser la taille d'un département français et s'étendent sur des distances vertigineuses. Il faut souvent un hélicoptère pour les survoler et regrouper les troupeaux de bétail qui évoluent à l'état sauvage. La plus grande station d'Australie, réputée pour être la plus grande ferme du monde, est Anna Creek, située en Australie-Méridionale. La propriété fait 24 000 km², soit plus que la superficie d'Israël ! L'Outback est ainsi parsemé de petites villes reculées et assoupies. L'atmosphère y est particulière et nous plonge dans un autre temps, parfois plus d'un siècle en arrière, tant par l'architecture que par le comportement et le mode de vie de ses habitants. Dans certaines zones de l'Outback, les villages se caractérisent finalement par de simples carrefours où se dresse un roadhouse, un seul bâtiment qui fait office d'hébergement, de pub, de station essence, de supermarché et de bureau de poste ! L'Australie a également créé les Flying Doctors, les médecins volants : avec sa flotte de plus de 80 avions, il s'agit du premier service d'ambulances aériennes au monde. D'autre part, il existe deux possibilités pour la scolarisation des enfants d'agriculteurs : partir en pension dans une ville éloignée ou suivre des leçons par correspondance. Ainsi, la première école des ondes (school of the air), où l'enseignement se faisait via la radio, a été créée en 1951 à Alice Springs. Le principe est simple et désormais démocratisé, Internet ayant transformé la donne. Enfin, pour attirer la main-d'œuvre dans les régions minières de l'Outback, peu hospitalières et très éloignées des villes, les compagnies minières ont mis en place un système de navette baptisé Fifo (« fly-in-fly-out ») : les ouvriers peuvent revenir en ville pendant leur période de congés après de longues périodes de travail.

Grandir et vivre en Australie

Grandir et vivre en Australie, c'est être soumis à des obligations et des coutumes parfois bien particulières. Dès sa scolarisation, le petit Australien porte souvent l'uniforme : que ce soit en école publique ou privée, le port de l'uniforme est encore largement mis en application bien que ce ne soit pas une obligation. L'examen final au terme du lycée, équivalent du baccalauréat en France, se déroule à la fin du printemps, c'est-à-dire début novembre, juste avant les grandes vacances d'été. Son appellation diffère en fonction de l'État dans lequel vous vous trouvez (Higher School Certificate dans le NSW ou Victorian Certificate of Education dans le Victoria par exemple). Il annonce en général deux événements incontournables chez les jeunes Australiens : le « prom » et les « schoolies », deux coutumes fortement inspirées des États-Unis. Le « prom » est l'immanquable bal de fin de scolarité pour les lycéens. Les filles investissent alors dans des robes chics avec des paillettes, des sequins, des strass... tout en sortant leurs hauts talons. Les garçons se mettent également sur leur trente-et-un, jouent le jeu de l'élégance et de la tradition en portant des queues-de-pie. Les schoolies, qui suivent le bal de fin d'année, sont ces quelques jours de vacances pris par tout lycéen qui se respecte pour fêter la fin du lycée. Les jeunes Australiens, généralement livrés à eux-mêmes lors de ces vacances, mettent de côté toutes les règles et obligations imposées durant les années d'école. La Gold Coast est l'endroit parfait pour les schoolies et des milliers de jeunes s'y rendent tous les ans à ce moment-là. Après le stress des examens, c'est le total relâchement et les festivités sont souvent synonymes de forte alcoolisation, accompagnée, au choix, par : prise de différentes drogues, paris risqués, jeux sexuels ou encore arrestation par la police. Les schoolies, institution pour les jeunes, donnent lieu chaque année à des messages de prévention dans la presse…bref, un événement qui ne rassure pas toujours les parents ! Grandir en Australie, au-delà des rites scolaires et autres festivités alcoolisées, c'est aussi s'adapter à un climat qui fait rêver mais qui n'est pas toujours le meilleur allié pour la santé. Les colons, majoritairement venus d'Angleterre et d'Irlande au XVIIIe siècle, n'avaient jamais eu l'habitude de cette météo clémente et de ce soleil quasi omniprésent. La peau blanche des colons, parsemée de taches de rousseur, a souvent été transmise aux générations actuelles et ce type de peau n'est pas adapté aux UV qui frappent si fort dans l'hémisphère Sud. Ainsi, l'Australie a le triste record mondial des cas de cancers de la peau : 80 % des cancers diagnostiqués dans le pays sont des mélanomes. Ne vous étonnez donc pas des séances interminables d'applications de crème solaire SPF 50 lorsqu'un Australien s'expose aux rayons du soleil. Ici on prend la protection solaire très au sérieux ! D'ailleurs une campagne lancée dans les années 1980 a détaillé les précautions de base à prendre : « Slip, slop, slap » - « portez des vêtements couvrants, enduisez-vous de crème solaire et protégez votre tête d'un chapeau ». Un hymne bien connu des Australiens !

Mœurs et faits de société

En Australie, les avancées sociales sont arrivées beaucoup plus vite qu'en Grande-Bretagne. Déjà à la fin du XIXe siècle, le revenu australien comptait parmi les plus élevés du monde et les travailleurs touchaient des salaires supérieurs aux ouvriers britanniques. La journée de 8 heures fut accordée en Australie dans les années 1850 alors que la Grande-Bretagne ne l'accordera qu'en 1919. Du côté de l'égalité homme-femme, bien qu'une grande différence puisse exister entre les comportements adoptés ou suivis dans les capitales et dans l'Outback, la place des hommes reste prédominante dans la société australienne, même si l'indépendance féminine est un fait reconnu et que de nombreuses associations existent. Le suffrage féminin a été accordé en 1902 (soit 16 ans avant la Grande-Bretagne) et l'Australie fait partie des pays où les entreprises réduisent au mieux l'inégalité homme-femme en matière de rémunération. L'écart salarial entre les hommes et les femmes a été évalué à 13 % en 2023, l'un des plus faibles au monde.

A côté de ces avancées, l'avortement a néanmoins été considéré comme un crime aux yeux de la loi, et ce, jusqu'en 2019 pour l'État du New South Wales, le plus peuplé du pays. Le combat des Australiennes se poursuit, notamment concernant les violences sexuelles : en 2022, la culture du harcèlement fut dénoncée à de nombreuses reprises lors de manifestations massives – les marches #MarchForJustice – dans les différentes villes du pays.

En 2017, le Premier ministre conservateur Malcolm Turnbull, favorable au mariage gay, a consulté les Australiens par voie postale sur l'adoption d'une loi autorisant l'union homosexuelle. En décembre, le Parlement approuve la légalisation du mariage gay, après une enquête nationale rassemblant 62 % de votes favorables. Depuis 2014, suite à une décision de la Cour, une personne peut être reconnue comme étant de genre neutre. Pourtant, il existe bien un revers de la médaille : la société australienne, bien que progressiste, reste encore entachée par plusieurs formes d'intolérances raciales et sexuelles.

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