Guide de SÉVILLE : Histoire

Des origines à nos jours
Hispalis

Le premier peuplement de l'Espagne date du néolithique. Les Ibères franchissent la barrière des Pyrénées et s'installent progressivement sur l'ensemble du territoire. Ils donnent aussi leur nom à la péninsule. Par la suite, entre 1500 et 500 av. J.-C., se succèdent les Phéniciens et les Grecs. Grands navigateurs, ils s'établissent le long des côtes méditerranéennes où ils fondent des colonies. C'est au VIIIe siècle av. J.-C. qu'Hispalis, l'antique Séville, est fondée. Etablie sur le Guadalquivir (de l'arabe wadi al-kabir - les Romains l'appelaient le Betis, " le Profond "), qui la traverse du nord au sud, elle fut conquise tour à tour, depuis le VIIIe siècle av. J.-C., par les Phéniciens, les Grecs, et les Carthaginois, puis par les Vandales, les Sudètes et les Wisigoths (et devint alors grand centre d'humanisme chrétien). Vers 500 av. J.-C., les Carthaginois soumettent à leur tour les habitants du Levant et fondent la puissante ville de Carthagène. A la même époque, l'Empire romain est en quête de territoires. La prise de Sagunto déclenche la deuxième guerre punique, en 218 av. J.-C., et marque la fin de la domination carthaginoise. En 216 av. J.-C., Hispalis est incendiée et, en 205 av. J.-C., Itálica (actuellement rattachée à la municipalité de Santiponce, à quelques kilomètres de Séville) est fondée par Scipion. La domination romaine est totale et Hispalis, reconstruite, se latinise entre le Ve siècle av. J.-C. et le Ier siècle av. J.-C. Très vite, les Romains se déploient dans la péninsule, qu'ils nomment Hispania. Au Ier siècle, ils répandent le christianisme en Espagne. En 45 av. J.-C., Jules César fait d'Hispalis sa colonie romaine et la baptisera Colonia Iulia Romula Hispalis. En 19 av. J.-C., la province romaine de la Bétique est créée. Elle sera le fournisseur de Rome en blé, huile, vin et métaux précieux. Deux empereurs se succèderont, Trajan et Hadrien, les seuls à être nés hors d'Italie, puisque originaires d'Itálica. C'est notamment sous l'empereur Hadrien (117-138) qu'Hispalis devint ville impériale. La domination romaine dure jusqu'en 409 et apporte la prospérité au pays. Elle laisse derrière elle un patrimoine important : la langue, les voies de communication et les techniques d'irrigation. Les Romains introduisent également la culture de l'olivier, de la vigne et du blé.

Chronologie

Epoque néolithique> Plusieurs grottes andalouses occupées par des peuplades venues probablement d'Afrique du Nord.

2500 av. J.-C.> Age des métaux à l'âge du bronze.

1100 av. J.-C.> Fondation de Gades (Cadix) par les Phéniciens.

600 av. J.-C.> Présence de colonies grecques.

500 av. J.-C.> Arrivée des Carthaginois.

264 av. J.-C.> Guerres puniques.

206 av. J.-C.> Présence forte des Romains.

42 av. J.-C.> Jules César ceint la ville de murailles.

19 av. J.-C.> La Bétique devient province romaine et Séville en devient la métropole religieuse.

98-118 apr. J.-C.> Deux empereurs d'origine bétique se succèdent : Trajan et Hadrien.

409> Les Vandales s'emparent du territoire qui devient Vandalousie.

De 414 à 419> Les Wisigoths s'emparent du Nord et fondent un royaume qui s'étend peu à peu à toute la péninsule.

552> Présence byzantine.

712> Prise de Séville par les Arabes.

755> Débarquement de Abd al-Rahman Ier qui instaure l'émirat omeyyade.

929> Califat de Cordoue avec Abd al-Rahman III à sa tête.

1031> Chute du califat de Cordoue et scission de Al-Andalus en plusieurs petits royaumes (Taifas) dont Séville devient l'une des capitales.

1091> Les Almoravides s'emparent du royaume de Séville.

1184-98> Construction de la Giralda par les Almohades.

1212> Bataille de Las Navas ; les Rois catholiques sonnent l'heure de la Reconquête.

1236> Cordoue occupée.

1248> Séville tombe. Reprise de la ville par Saint Ferdinand III qui y établit sa cour.

1264> Révolte des Mudéjars andalous.

1360> Règne de Pierre le Cruel qui s'installe à l'Alcazar de Séville.

1402> Début de la construction de la cathédrale, qui durera jusqu'en 1509.

1480> L'Inquisition gagne Séville, et un premier tribunal s'y installe.

1492> Découverte de l'Amérique, et les Rois catholiques entrent dans Grenade annonçant la fin de la présence musulmane.

1503> Création de la Casa de Contratación, donnant à Séville le monopole des échanges avec les Amériques.

1517-1556> Charles Quint empereur. Premier tour du monde initié par Magellan.

1580> L'Espagne conquiert le Portugal.

1609-1614> Expulsion des Morisques.

1649> La peste touche Séville marquant les premiers signes du déclin de la cité. Un tiers de ses habitants est décimé.

1701-1715> Guerre de Succession d'Espagne.

1717> La chambre de commerce (Casa de Contratación) est transférée de Cadix à Séville.

1808> Guerre d'Indépendance contre Napoléon ; les Cortes se réfugient à Séville et à Cadix. Première déroute française à Bailén.

1820-1823> Gouvernement libéral.

1875> Restauration de la monarchie.

1890> Etablissement du suffrage universel.

1898> Guerre contre les Etats-Unis, perte des dernières colonies.

1917> Troubles sociaux en Andalousie ; guerre du Rif où se distingue un certain Franco.

1923> Dictature du général Primo de Rivera.

1929> L'exposition ibéro-américaine se tient à Séville, avec pour emblème la plaza España.

1931> IIe République.

1936> Victoire de la gauche aux élections législatives entraînant la guerre civile ; Séville et Grenade sont prises par les nationalistes, Federico García Lorca est assassiné.

1939> Fin de la guerre civile et dictature de Franco.

1975> Mort de Franco, instauration de la monarchie de Juan Carlos.

1982> Création de la Communauté autonome d'Andalousie.

1990> Le 27 juillet, Manuel Chaves González est élu président de la Junta de Andalucía, c'est-à-dire l'institution au travers de laquelle s'organise l'autogouvernement de la communauté autonome d'Andalousie. Il restera à ce poste jusqu'en avril 2009.

1992> Exposition universelle à Séville.

1996> Coalition gouvernementale du Partido Popular (PP, droite) menée par José María Aznar.

2000> Aznar est réélu à la majorité absolue. Il axe sa politique sur les problèmes d'immigration et le conflit basque. Il devient le seul leader conservateur en pleine ascension, alors que la plupart des gouvernements membres de l'Union européenne sont de tendance social-démocrate.

2002> L'Espagne préside l'Union européenne pendant les six premiers mois de l'année, au moment de la mise en circulation de l'euro.

2004> Election de José Luis Zapatero au poste de Premier ministre. Victoire du parti socialiste ouvrier espagnol, le PSOE, après deux mandats de la droite.

Octobre 2008> La crise économico-financière, qui touche la plupart des pays dont l'Espagne, n'épargne pas Séville qui compte, fin 2008, 40 000 chômeurs en plus par rapport à 2007.

Décembre 2008> Inauguration de la première ligne de métro, longue de 18 km.

Avril 2009 > Le 22 avril, José Antonio Griñán Martínez (Parti socialiste ouvrier espagnol) est élu président de la Junta de Andalucía.

1er janvier 2010 > L'Espagne succède à la Suède à la présidence de l'UE. L'économie espagnole, dont la vitalité reposait en grande partie sur le secteur de la construction, souffre énormément de la crise financière.

11 juillet 2010> En Afrique du Sud, l'équipe espagnole de football remporte la Coupe du monde pour la première fois de son histoire.

15 mai 2011> La veille d'une sévère défaite du PSOE aux élections municipales, c'est le début de manifestations de la jeunesse contre les politiques et les banquiers. Le mouvement du 15-M des indignés fait, ensuite, tâche d'huile, pendant plusieurs semaines, dans tout le pays.

20 novembre 2012> Mariano Rajoy (PP, Partido Popular) remporte les élections anticipées et devient le nouveau président du gouvernement, tout en ne promettant " aucun miracle ".

Fin 2012 > Malgré l'augmentation de la TVA et les nombreuses mesures d'austérité adoptées par le gouvernement Rajoy, la situation économique et sociale de l'Espagne se détériore chaque jour un peu plus.

23 novembre 2013 > Susana Díaz Pacheco (PSOE) est élue présidente de la Junta de Andalousie, à la suite de la démission de José Antonio Griñán en parallèle au développement du Caso ERE, affaire de corruption à laquelle serait mêlée la Junta de Andalucia.

Novembre 2013 > Tandis que l'Espagne sort de deux années de récession, le taux de chômage se situe toujours à 26 %.

19 juin 2014 > Felipe VI est proclamé roi d'Espagne par les Cortes Generales après l'abdication du roi Juan Carlos I, son père en sa faveur, après 39 ans de règne.

25 mai 2014 > Les deux partis (PP et PSOE) traditionnellement au pouvoir perdent de nombreux sièges et ce scrutin voit l'irruption de la force politique Podemos qui obtient 5 sièges.

Juin 2015 > Investiture de Susana Díaz (PSOE) comme présidente de la Junta de Andalucia, quatre mois après les élections anticipées du 22 mars 2015. Elue grâce au soutien d'élus de Ciudadanos.

20 décembre 2015 > Elections générales en Espagne. Avec 123 députés, le PP remporte les élections mais est loin de posséder une majorité absolue (176 députés). Elles marquent aussi l'entrée en force de deux nouveaux partis : Podemos (69) et Ciudadanos (40) et peut-être une grande période d'instabilité politique puisque aucune coalition ne semble accéder à cette majorité. Mariano Rajoy a entrepris toutefois de former un gouvernement " stable ".

26 juin 2016> Convocation de nouvelles élections générales actant l'impossibilité de former un gouvernement. Avec 137 députés, le PP remporte de nouveau ces élections mais n'accède toujours pas à la majorité absolue. Le PSOE obtient 85 sièges (5 de moins que lors des précédentes élections). Podemos uni à IU (Izquierda Unida) : 45 et Ciudadanos : 32.

Septembre 2016 > Démission collective de 17 membres de la direction du PSOE qui entraîne le départ de Pedro Sanchez, remplacé par une direction collégiale jusqu'à la tenue du comité fédéral en janvier 2017.

29 octobre 2016 > Investiture de Mariano Rajoy, PP, élu président du gouvernement par le congrès des députés, lors du deuxième tour de scrutin, qui ne requiert qu'une majorité relative : 170 à faveur, 110 contre et 68 abstentions (PSOE). Une investiture qui met fin à une crise de 315 jours, avec un gouvernement en fonction, dirigé par Mariano Rajoy, et qui a donné lieu à trois tentatives d'investiture et un nouveau scrutin.

22 mai 2017> Les militants du PSOE réélisent Pedro Sánchez au poste de secrétaire général, poste auquel se présentaient Susana Diaz et Patxi Lopez.

1er octobre 2017> Tenue du référendum en Catalogne. Déclaré inconstitutionnel par le Tribunal constitutionnel.

28 octobre 2017 > Vote de la déclaration unilatérale d'indépendance (DIU) par le parlement de Catalogne. Suivie de l'approbation par le Sénat de la mise en oeuvre de l'article 155 de la Constitution espagnole. Qui suspend notamment la DIU et annonce des élections en Catalogne le 21 décembre 2017.

21 décembre 2017 > Elections en Catalogne qui donnent la majorité absolue (70 députés pour 68 nécessaires) aux listes indépendantistes : Junts Per Catalunya, liste dirigée par Carles Puigdemont, (34), ERC (32) et CUP (4). Ciudadanos : 37, PSC : 17, Catalunya en comú, 8, PP : 3.

31 mai et 1er juin 2018> Vote de la motion de censure contre le gouvernement Rajoy présenté par le PSOE et appuyée par Podemos, et divers partis régionalistes : ERC et Pdcat pour les Catalans ; PNV et EH Bildu, pour les Basques ; Compromis, pour les Valenciens et Nueva Canaria pour les Canariens. Pedro Sanchez devient le septième président du gouvernement espagnol.

5 septembre 2018> Annonce de la tenue d'élections régionales anticipées en Andalousie pour le 2 décembre 2018, suite à la rupture de l'accord de gouvernement PSOE-Ciudadanos dans la région.

2 décembre 2018> Elections andalouses : 33 sièges pour le PSOE (-14 par rapport à 2015), 17 sièges pour Adelante Andalucia (version andalouse de Podemos), 26 sièges pour le PP, 21 pour Ciudadanos et 12 pour Vox. La majorité absolue requise pour gouverner la junta étant de 55 sièges. Sur le papier la coalition des trois droites permet l'exercice du pouvoir.

27 décembre 2018> Marta Bosquet Aznar (Ciudadanos), députée d'Almeria, est élue présidente du parlement andalou avec 59 voix : PP, Ciudadanos et Vox.

9 Janvier 2019> Signature d'un pacte en 37 points entre PP, Ciudadanos et Vox qui devrait conduire à présenter la candidature de Juan Manuel Moreno, PP à la présidence de la Junta de Andalucia, avec comme vice-président, Juan Marín, Ciudadanos. Qui avec 59 voix (contre 55 requises) devrait être élu dès le premier tour.

16 Janvier 2019> Election de Juan Manuel Moreno, PP, à la présidence de la Junta de Andalucia, avec 59 voix (PP Ciudadanos et Vox).

Vandales et Wisigoths

Au moment où l'Empire romain décline, les Vandales s'emparent du sud de l'Espagne qu'ils nomment Vandalousie (d'où le nom actuel : Andalousie). En 414, le peuple des Wisigoths pénètre par le nord et domine toute la péninsule en 419. Les Wisigoths fondent un royaume durable ; ils choisissent Tolède comme capitale et assimilent la culture hispano-romaine en se convertissant au christianisme. Les Vandales n'occuperont la Bétique que jusqu'en 429. Ils pillent Hispalis en 426. En 476, les Wisigoths fondent leur royaume, et Hispalis devient Spali. En 552, Byzance occupe une partie de la Bétique. Entre 560 et 636, Isidore de Séville, alors archevêque, et son frère Léandre (décédé vers 600), évêque, contribueront grandement au rayonnement de la culture latine dans tout l'Occident.

Les traces du passage musulman

711 est une date-clé : l'Europe s'ouvre à l'islam lorsque les Goths sont vaincus par les troupes arabes qui franchissent le détroit de Gibraltar et envahissent rapidement le sud de l'Espagne. Hispalis devenue Spali devient, sous domination musulmane, la capitale d'Al-Andalus. Les Wisigoths, tombés sous la domination du calife de Damas, se replient vers le nord. Les musulmans suivent leurs pas mais sont arrêtés en 722 par le roi des Wisigoths, Pélage, à Covadonga dans la zone des pics d'Europe. En 756, Cordoue prend son indépendance, sous le règne de Abd al-Rahman Ier, de la dynastie des Omeyyades. Il instaure l'émirat omeyyade. En 929, c'est le début du califat de Cordoue qui ne sera démembré qu'en 1031, date à laquelle le royaume d'Al-Andalus se décompose en plusieurs petits royaumes, appelés Taifas. A Séville, c'est la dynastie hispano-musulmane des Beni Abbad qui règne entre 1023 et 1091. Cette lignée de conquérants en fait la capitale d'un royaume qui s'étend des régions de Huelva et Silves (l'actuel Sud portugais) en passant par Cordoue (gagnée en 1070 avant d'être perdue en 1075 et récupérée en 1078) et Murcie. Peu après le morcellement du califat omeyyade de Cordoue et pendant la période de règne de Al-Andalus, Abou-l-Qasim Mohammed, plus connu sous le nom de Abbad Ier, s'autoproclame hadjib de Séville en 1023, c'est-à-dire maire du palais. Son fils, Abbad II, lui succède, entre 1042 et 1069 ; il est réputé pour sa cruauté mais aussi pour son goût des lettres. Il va agrandir le royaume de Séville, mais c'est son fils, Abbad III, qui fait de la ville un centre important de la culture musulmane entre 1069 et 1091. La division du royaume maure permet aux chrétiens du nord de récupérer peu à peu le contrôle du territoire. La période musulmane est marquée par une grande tolérance : les mozarabes, ces chrétiens qui vivent sur un sol dominé par les musulmans, exercent librement leur religion et conservent leurs traditions. Mais après la brillante dynastie des Omeyyades, remplacée par les Almoravides (1086) et les Almohades (1147), la puissance arabe se trouve entamée par la bataille de Las Navas de Tolosa, en 1212, et par la prise de Cordoue en 1236, puis celle de Séville en 1248. De toute l'Espagne, seul le royaume de Grenade - où, pendant deux siècles et demi, la dynastie des Nasrides a connu une belle prospérité - demeure un Etat musulman. Enfin, ce dernier bastion tombe en 1492 (après huit siècles d'occupation musulmane), et toute l'Andalousie intègre le giron du royaume chrétien.

La reconquête chrétienne

En 1248, Ferdinand III le Saint reprend Séville, comme toute la vallée du Guadalquivir. Les musulmans d'Al-Andalus sont en fuite et se réfugient à Grenade. Pierre Ier le Cruel règne à partir de 1350, mais ce n'est qu'en 1360 qu'il s'installe à l'Alcázar de Séville. Le chantier de la cathédrale débute en 1402. Les XIIIe et XIVe siècles seront marqués par des querelles nobiliaires, des conflits de succession et la peste (1348) qui ravage toute l'Europe. Il faudra donc attendre le XVe siècle pour que Séville rayonne à nouveau. En 1479, l'Espagne est unifiée, mais les minorités religieuses (juives et musulmanes) qui constituaient l'élite andalouse sont vite menacées. En 1480, le premier tribunal de l'Inquisition s'installe à Séville et, le 30 mars 1492, les rois catholiques, qui veulent favoriser l'assimilation des nouveaux chrétiens, imposent aux juifs une douloureuse alternative : se convertir ou partir. Les musulmans seront, eux, en sursis jusqu'en 1502.

Pierre Ier le Cruel ou le Justicier

Roi de Castille et de Léon, fils du roi Alfonso XI et de la reine Marie de Portugal, il est né à Burgos mais a été élevé à Séville. Il est affublé du surnom de " Cruel " lorsque, une fois sur le trône, il décide de faire assassiner la femme de son père (Leonor de Guzmán).

En 1353, il épouse une princesse française, Blanche de Bourbon, mais l'abandonne rapidement pour María de Padilla. Femme et maîtresse décèdent la même année, en 1362, et se pose alors la question de la succession. Il convainc les Cortes de Séville de valider son union avec María de Padilla afin que les quatre enfants qu'elle lui a donnés puissent accéder au trône. Ce sera chose faite. Mais Pierre Ier, en tentant de sauver Tolède, est assassiné en 1369 par son frère Henri qui le trahit.

L'Inquisition

Fondée en Espagne en 1478, avant la fin de la Reconquista, l'Inquisition est une juridiction ecclésiastique - bras droit de l'Eglise -, dont la mission est, entre autres, d'éradiquer le catharisme (cette doctrine ne s'appuie pas sur une théologie puisqu'elle considère que Dieu, non accessible, est absent de ce monde) dans le sud de la France. Elle s'implante rapidement en Italie, en Europe centrale et dans le royaume d'Aragon. Il s'agit d'un tribunal qui poursuit des opinions et non des faits tangibles : lors des procès menés par ce tribunal, il est souvent impossible de prouver le délit.

En 1478, les Rois catholiques demandent au pape d'introduire le Saint-Office en Castille. Le premier tribunal s'installe à Séville en 1481, dans l'actuelle basilique de la Magdalena (ancien couvent San Pablo), et l'institution étend ses pouvoirs jusqu'en Amérique à la fin du XVIe siècle. Au début, elle s'emploie à poursuivre les juifs, et plusieurs milliers de personnes sont brûlées lors de cérémonies publiques (autodafés). De 1530 à 1610, elle se tourne vers les Morisques rassemblés dans le royaume de Grenade et dans les montagnes du royaume de Valence. Face à la menace imminente, beaucoup prennent la fuite vers l'Afrique du Nord. En décembre 1568, les Morisques de Grenade se soulèvent et, à l'issue d'une guerre de trois ans, ils sont déracinés et déportés en Castille. En 1609, la monarchie décide de les expulser définitivement d'Espagne : 250 000 personnes sont conduites en Afrique du Nord.

Au XVIIe siècle, la monarchie se sert de l'Inquisition pour surveiller les immigrants portugais, les marchands et les banquiers mais, au XVIIIe siècle, elle la met à l'écart et prend des mesures législatives pour restreindre son champ juridictionnel ainsi que les privilèges de ses agents. Malgré tout, l'Inquisition conserve des prérogatives relatives à la censure du livre et des arts. Elle ne disparaît définitivement qu'en 1833.

Pour en savoir plus, nous vous conseillons de visiter le Castillo de San Jorge, un centre d'interprétation sur l'Inquisition : Plaza del Altozano (✆ +34 954 332 240). Ouvert du mardi au samedi, de 10h à 13h30 et de 17h à 19h30 et le dimanche et jours fériés, de 10h à 13h30.

1492 : Séville ou la porte des Indes

En 1492, Grenade, le dernier fief hispano-arabe, se rend aux rois catholiques, à savoir Isabelle Ie de Castille et Ferdinand II d'Aragon. Le 2 janvier 1492, Boabdil (roi de Grenade) remet les clefs au pape Alexandre IV, sonnant ainsi la fin de la Reconquête. Le règne des rois catholiques contribue à la grandeur du pays, qui devient la première puissance mondiale avec la découverte de l'Amérique en octobre 1492. Après la découverte du Nouveau Monde, Séville (Colomb et Vespucci partirent de ses quais) connaît une immense prospérité grâce au commerce qui transitait en totalité par son port et dont la tour de l'Or était le symbole. La création de la Casa de Contratación (chambre de commerce) est extrêmement bénéfique pour Séville qui gère le monopole des échanges de marchandises venues du Nouveau Monde. Cette croissance engendre la naissance d'une noblesse locale qui, en s'appropriant la totalité des terres andalouses, crée l'un des systèmes sociaux les plus rétrogrades d'Europe. Le latifundisme a laissé de sérieuses séquelles dont l'effet se manifeste encore dans les structures de la société andalouse d'aujourd'hui. La suprématie de l'Espagne en Europe va encore s'affirmer grâce au mariage de la fille des rois catholiques, Jeanne la Folle (Juana la Loca), avec Philippe le Beau, héritier de la puissante dynastie des Habsbourg d'Autriche. En 1516, leur fils devient roi d'Espagne sous le nom de Charles Ier : il règne sur Naples, la Sicile, la Sardaigne ainsi que sur les colonies d'Amérique. En 1519, l'héritier des Habsbourg devient, sous le nom de Charles Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique et le souverain le plus puissant d'Europe. En 1526, Charles Quint choisit Séville pour épouser Isabelle de Portugal. Durant tout le XVIe siècle, Séville est un carrefour maritime ; elle joue alors un grand rôle de plaque tournante et se retrouve propulsée au rang de métropole économique mondiale. Son évolution est telle que sa population triple entre les XVe et le XVIe siècles, atteignant 120 000 âmes. Mais Charles Quint déclenche une guerre contre la France de François Ier. En 1529, ce dernier capitule par le traité de Cambrai. En 1556, fatigué de régner, Charles Quint abdique en faveur de son fils, Philippe II, qui gouverne l'Espagne d'une main de fer et renforce le pouvoir de l'Inquisition. En 1598, son fils Philippe III qui ne s'intéresse pas à son royaume et en confie la charge au duc de Lerma, monte sur le trône. En 1609, au nom de la chrétienté, Philippe III expulse les Morisques (descendants des Maures), entraînant le pays dans une profonde crise économique. Son successeur Philippe IV signe l'indépendance des Pays-Bas, en 1648, et la paix avec la France, en 1659, en mariant sa fille Marie-Thérèse avec Louis XIV.

Christophe Colomb, explorateur

Né à Gênes, en Italie, en 1451, Christophe Colomb devient marin dès son plus jeune âge (14 ans) pour le compte de grosses sociétés génoises. A 25 ans, il entreprend un voyage qui le conduit à Lisbonne, puis en Angleterre. Mais victime d'une attaque française, Colomb trouve d'abord refuge à Lagos, avant de s'établir en 1476 à Lisbonne chez son frère cartographe où il exercera le même métier. Après l'étude des écrits d'Anciens comme Ptolémée (Géographie) ou le cardinal Pierre d'Ailly (Imago mundi), puis sur la base de ses propres calculs, Colomb en arrive à la conclusion que " entre la fin de l'Orient et la fin de l'Occident, il n'y a qu'une petite mer ". Quelques années ont suffi pour que germe en lui l'idée de passer par l'Atlantique pour gagner les Indes. Mais les ressources financières nécessaires sont considérables. Il remue alors ciel et terre, s'adressant à la Couronne portugaise et essuyant de nombreux refus avant de se rendre au monastère de La Rábida, près de Huelva, et de se lier avec des moines qui lui indiqueront le bon chemin. Ce sera grâce à Ferdinand de Castille, ou plutôt à son conseiller, motivé par les éventuelles richesses à venir, que Colomb pourra partir explorer le Nouveau Monde. La reine de Castille, elle, adhère à l'aspect missionnaire du projet. Mais le Génois, exigeant, souhaite devenir vice-roi de toutes les terres découvertes et obtenir un titre de noblesse. Ce sera chose faite en partie ; en 1492, il est nommé amiral et vice-roi des futures terres découvertes. Débuteront alors quatre expéditions au départ d'Andalousie (Palos de la Frontera, Cadix...), dont la première l'amènera jusqu'à Cuba. Après cette découverte, il revient triomphalement en Andalousie d'où il repart rapidement pour ne pas se faire dépasser par les expéditions portugaises. En 1493, il reprend donc la mer, et ce sera la découverte des Petites Antilles et de mines d'or, source de conflits avec les indigènes dont certains prisonniers seront envoyés comme esclaves en Europe. Cinq ans plus tard, en 1498, il fait une découverte de taille en explorant le continent sud-américain. Mais la rébellion des colons qui dégénère à Hispaniola lui fait perdre sa fonction de gouverneur, et c'est enchaîné qu'il rentrera en Espagne. Une fois libéré, il s'attachera jusqu'à la fin de sa vie au rétablissement de ses fonctions de gouverneur, qui lui sera accordé post-mortem. Son fils Diego prendra le relais à Hispaniola. La dernière expédition de Colomb, qui date de 1503, le mène pendant un an entre le Honduras et le Panama avant de rentrer s'installer à Séville. Il meurt en 1506 à Valladolid. A l'issue d'une cérémonie dans la cathédrale de Séville, sa dépouille rejoint le monastère de Santa Maria de las Cuevas à la Cartuja, sur la rive droite du Guadalquivir, en face du coeur de Séville. Avant plusieurs siècles d'errements aux Antilles jusqu'à qu'un tombeau soit édifié dans la cathédrale de Séville pour l'accueillir.

1717, le déclin

En 1665, Charles II succède à Philippe IV. A sa mort, en 1700, il laisse le trône sans descendance. C'est alors que débute la guerre de Succession d'Espagne dans un pays économiquement à la dérive. Après avoir connu un développement artistique et littéraire impressionnant, notamment grâce à des écrivains comme Cervantès, à des peintres comme Murillo, Vélasquez ou Zurbarán, la ville subit une décadence liée à des facteurs variés : transfert de la chambre de commerce à Cadix en 1717, épidémies (la peste de 1649 a tué près du tiers des Sévillans), une instabilité politique alimentée par différents complots. En effet, Philippe V, qui appartient à la branche des Bourbons, est proclamé roi d'Espagne en 1713. La présence de sa cour à Séville donne à la ville une certaine vivacité. Philippe V conserve les colonies américaines, mais perd les possessions européennes qui passent à l'Autriche. En 1746, Ferdinand VI lui succède. En 1759, le fils de Ferdinand, Charles III, monte sur le trône et pratique le despotisme éclairé. Il entreprend la construction de routes et participe, aux côtés des Français, à la guerre d'Indépendance des Etats-Unis. En 1808, son fils, Charles IV, abdique en faveur de son fils Ferdinand VII au moment où les troupes napoléoniennes occupent le pays. Napoléon nomme son frère Joseph Bonaparte roi d'Espagne ; commence alors la guerre d'Indépendance, menée par la junte de Cadix. Entre 1808 et 1810, Séville est la capitale du royaume. En 1812, une Constitution est rédigée mais Ferdinand VII, rétabli sur le trône en 1814, la rejette. Entre 1810 et 1824, il perd une partie de ses colonies d'Amérique (dont le Mexique) qui s'émancipent les unes après les autres. A sa mort, en 1833, l'Espagne est à nouveau face à un problème de succession. Charles, le frère de Ferdinand (conservateur), dispute le trône à sa nièce Isabelle, l'héritière désignée, qui n'a que trois ans : les guerres carlistes commencent. Durant six ans, les partisans de Charles se battent contre ceux d'Isabelle et de la régente, la reine-mère Marie-Christine. La révolution de 1868 aboutit à la mise en place d'une monarchie constitutionnelle. En 1870, Amédée de Savoie est placé sur le trône, mais faute de soutien, il est contraint d'abdiquer en 1873, à l'issue de la troisième guerre carliste. La République est proclamée. Elle est pourtant éphémère : une déclaration rétablit la monarchie en 1872 et proclame le fils d'Isabelle, Alfonso XII, roi d'Espagne. En 1902, son fils, Alfonso XIII, lui succède. Le pays a définitivement perdu ses colonies d'Amérique en 1898 et traverse une crise sociale.

La période franquiste

Pendant la Première Guerre mondiale, l'Espagne est neutre. L'instabilité du pouvoir aggrave les tensions politiques et sociales. En 1923, le général Primo de Rivera, soutenu par le roi, établit une dictature modérée pour briser l'opposition. Mais en 1929, face à l'opposition montante, Alfonso XIII lui demande de se retirer ; le général Berenguer prend sa place. En 1931, les républicains gagnent les élections municipales. Le roi quitte le pays et la Seconde République est proclamée. Elle s'attache aux réformes sociales et accorde, entre autres, le droit de vote aux femmes. En 1933, lors des élections, la coalition des partis républicain et socialiste se démantèle ; les partis catholiques de droite se consolident. Une double opposition au gouvernement naît alors. Elle est constituée par les phalanges d'extrême droite fondées d'un côté par le fils du général Primo de Rivera ; de l'autre, par les mouvements socialistes et anarchistes. En 1934, un soulèvement de la gauche échoue. En revanche, le Front populaire gagne les élections de février 1936. La gauche bourgeoise constitue le gouvernement, mais face aux problèmes qui vont en s'accentuant, une contre-offensive de l'armée déclenche la guerre civile en juillet 1936. En juillet 1936, les troupes nationalistes, commandées par le général Franco - en poste au Maroc et aux îles Canaries - se révoltent contre le Front populaire qui a remporté les élections en février. Franco dirige les opérations dans le sud pendant que le général Mola s'occupe du nord de l'Espagne ; rapidement, les rebelles dominent la majeure partie du nord-ouest du pays. Le 6 août 1936, Franco arrive à Séville et rallie les troupes de Mola. Le 1er octobre, il est proclamé généralissime des armées et chef de l'Etat et s'installe à Salamanque. La victoire de Franco est suivie de sanglantes répressions. Il devient chef de l'Etat (caudillo) et met en place une dictature qui s'inspire du modèle mussolinien. L'Espagne profite de la guerre froide pour rompre son isolement et signe, en 1953, un traité d'assistance économique et militaire avec les Etats-Unis. Elle est membre de l'ONU en 1955 et de l'OCDE en 1959. Parallèlement, il ouvre les frontières du pays au tourisme et développe l'activité industrielle. Après une longue agonie, Franco meurt le 20 novembre 1975 et, en accord avec une décision prise en 1969, le prince Juan Carlos de Bourbon, petit-fils d'Alfonso XIII, monte sur le trône d'Espagne.

Séville, aujourd'hui

Depuis les années 1980, qui ont vu notamment le Sévillan Felipe González au poste de Premier Ministre du gouvernement espagnol, la ville connaît un essor commercial et industriel considérable. L'enjeu est de taille puisqu'il s'agit de gérer une croissance et une modernisation exponentielles, insufflées au moment de l'Exposition universelle de 1992 (coïncidant avec le 500e anniversaire des Découvertes), et qui avait donné rendez-vous à toutes les innovations, les découvertes et les progrès de notre civilisation, soit un résumé des cinq siècles passés. Séville, avec son tramway et sa première ligne de métro, donne aujourd'hui l'image d'une ville dynamique comme en témoignent le développement de la berge ouest du Guadalquivir et des deux clubs de football de la ville, le Bétis (Real Betis Balompié) et le FC Séville (Sevilla Fútbol Club).

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