Guide de MIAMI : Population et langues

Composition ethnique

Miami est une ville peuplée à 72,6 % de Blancs dont seulement 11,9% n'ont pas d'origine latino-américaine. La population de Miami est à 70 % hispanique (dont 34,1 % de Cubains) et à 19,2 % afro-américaine. 10,8 % de la population a des origines autres. En général, les hispaniques sont perçus comme blancs, sauf les mulâtres et les Cubains noirs qui sont minoritaires. La domination de la ville par des Cubains est un processus né de la prise du pouvoir de Castro à Cuba qui forcèrent des milliers de Cubains à fuir l'île et à se réfugier dans le Sud de la Floride.

Les Cubains

Bien que les Cubains dominent la ville, les Blancs ont mené un long et désespéré combat d'arrière-garde. Quand ils ont perdu le contrôle de la ville, ils ont manipulé le pouvoir par le détour du comté. Leur parade a consisté à faire voter une loi déclarant que l'anglais, et l'anglais seulement, était la langue officielle dans le comté de Dade. Cela signifiait que toutes les transactions, qu'il s'agisse d'emploi, de droit, d'éducation et d'administration, devaient être menées en anglais. Les Cubains ont mis douze ans pour réussir à contourner légalement cette loi. A cette date, les anciens résidents blancs de Miami étaient depuis longtemps montés se réfugier à Broward, Palm, Monroe et autres comtés au nord et à l'est de Miami. Cette bataille de la langue est significative parce que unique parmi tous les groupes ethniques qui se sont installés aux Etats-Unis depuis quatre siècles. En effet, les Cubains semblent être les seuls à avoir émigré aux Etats-Unis avec l'espoir que leur exil serait momentané et qu'ils retourneraient un jour dans leur pays natal.

En 1961, les Américains ont appuyé une invasion de Cuba - le débarquement de la baie des Cochons -, qui a lamentablement échoué. Depuis, les Cubains guettent la prochaine invasion et la chute des Castro, mais la mort de Fidel en 2016 n'y a rien changé et le régime se poursuit tel quel sous l'égide de Raul. Ils ont continué d'émigrer avec la certitude chevillée au corps qu'ils retourneraient le plus vite possible d'où ils viennent. En conséquence, ils ont recréé leur culture sur place : leurs pratiques sociales, leur cuisine, leurs vêtements, leurs institutions, leur musique et leur langue en particulier, tout est resté en l'état. Miami est effectivement devenue une ville d'influence cubaine et hispanique. Les Cubains sont surtout présents à Hialeah (à l'ouest) et dans les quartiers Little Havana autour de Calle Ocho (sud-ouest, 8th Street). Les 50 ans et plus ne sont pas bilingues - sinon il est rare de trouver quelqu'un qui ne le soit pas.

Les quartiers comme Coconut Grove et South Beach sont restés à dominante américaine. Grosso modo, on peut dire que les Cubains sont à l'ouest et les Américains à l'est ! Miami, devenue non pas une ville cubaine mais LA ville cubaine, et elle a désormais le statut de capitale de l'Amérique latine en raison des différentes populations latinos qui se sont établies à Miami depuis, en plus des Cubains. Tandis que les futurologues évoquent une économie mondiale basée sur le bassin pacifique, Miami bénéficie sans cesse de l'économie des nations caraïbes et de leurs voisines latines.

A Miami, 50 % des gens parlent espagnol. Mais si la majorité des Hispaniques parlent l'anglais, très peu d'Américains parlent espagnol. C'est pour cela que si la majeure partie des employés de la ville est d'origine hispanique, la langue des affaires et des meetings reste l'anglais. Avec la chute de l'Union soviétique et de l'Europe de l'Est, la population cubaine, dont une large part a pris la nationalité américaine, s'est rendu compte qu'elle ne pouvait pas, ou ne voulait plus, retourner au pays. Et même si les relations entre les Etats-Unis et Cuba s'étaient réchauffées sous l'ère Obama, la fin de l'embargo n'est pas prévue pour demain. Avec l'arrivée au pouvoir de Trump qui a l'intention de revenir sur les mesures de rapprochement établies par Obama, c'est même un retour en arrière qui risque de se produire. Incapables de résister à l'American Way of Life, les Cubains sont donc plus que jamais non pas des Cubains américains, mais des Américains qui enrichissent la culture américaine en même temps que leur culture originelle se transforme.

Quant à l'immigration illégale cubaine, largement favorisée depuis une vingtaine d'années par la loi " pieds secs, pieds mouillés " qui offrait des visas aux Cubains débarquant illégalement aux Etats-Unis (majoritairement sur les côtes de Floride, surtout à Miami et dans les Keys), a récemment baissé dans la mesure où Obama a mis fin à cette loi en janvier 2017, juste avant l'arrivée au pouvoir de Trump. Désormais, les Cubains illégaux seront expulsés des Etats-Unis comme tous les autres migrants clandestins. Obama avait en effet promis au régime castriste de mettre fin à cette loi qui incitait les Cubains à l'exil et entraînait une forte mortalité des clandestins en mer.

Les Portoricains

Suite à l'ouragan Maria qui a causé d'importants dégâts matériels à Porto Rico, privant notamment une bonne partie du pays d'électricité, beaucoup de Portoricains ont décidé de partir s'installer aux Etats-Unis. Un nombre significatif de Portoricains est ainsi parti vivre à Miami entre 2017 et 2018. Selon les statistiques, 15 233 Portoricains se sont ainsi établis dans le Comté de Miami Dade entre 2017 et 2018. Conséquence directe de cette nouvelle composition ethnique de la population de Miami : le reggaeton, très prisé à Porto Rico, est encore plus populaire à Miami, et le premier restaurant portoricain, la Placita, a ouvert à Miami.

Les Noirs

Vingt ans après avoir classé le monde entre premier monde (pays capitalistes industrialisés), deuxième monde (pays socialistes) et tiers monde (pays en voie de développement), Barbara Ward a réalisé qu'il y avait un vide à combler. Elle nomma quart monde ces pays qui non seulement ne font pas de progrès économiques et sociaux, mais perdent pied et régressent. On peut dire que la communauté noire de Miami fait désormais partie du quart monde. Les Américains, pour désigner les Noirs américains, sont censés utiliser l'appellation politically correct d'African-Americans (de même, on ne désigne pas les Indiens par le mot Indians, mais par le vocable Native Americans). Dans le cas de Miami, la tentation est forte de parler plutôt de black community parce qu'une majeure partie de cette communauté est composée de réfugiés haïtiens et après quelques journées d'observation, on comprend qu'il y a un problème noir à Miami (comme dans le reste des Etats-Unis). Les Noirs américains vivent mal l'arrivée d'émigrants, de même de couleur comme les Haïtiens qui, en général, trouvent du travail ou se hissent à la tête de leur propre entreprise. Serait-ce la volonté de succès des émigrants ? Noirs américains et Haïtiens ne partagent d'ailleurs pas les mêmes quartiers. Le très controversé révérend Louis Farrakhan a organisé à Washington ce qu'il a appelé le Million Dollar Man Marche, pour, dit-il, motiver ses frères, leur donner le sens des responsabilités. Un jeune Noir américain sur trois, entre l'âge de 15 et 30 ans, est en prison, a été en prison, ou a un casier judiciaire. La plupart des enfants Noirs américains n'ont pas de père à la maison, une situation qui entraîne parfois la délinquance. Quand on les questionne, ces jeunes pensent en majorité qu'ils ne passeront pas la trentaine car, dans les ghettos, l'espérance de vie pour les hommes est de plus en plus courte. La première cause de mort, devant le cancer et le sida, est la mort par balles due à la lutte entre gangs rivaux.

Il n'y a pas de vraie vitalité économique dans la communauté afro-américaine, ou alors localisée à des cas particuliers. Le chômage y est en constante inflation. Il existe bien une minuscule middle-class noire, consciente que le volume d'emplois disponibles se trouve dans l'administration (fédérale, de la ville, du comté, de l'Etat), dans les transports, l'éducation, la police... Mais en règle générale, il est difficile de se faire embaucher lorsque votre peau n'a pas la couleur de celle de l'employeur. Pas même pour passer le balai : il y a pléthore de Cubains pour se charger des basses besognes. Traverser les quartiers noirs de Miami, c'est comme voyager dans un pays à l'abandon. Passé la concentration d'hôpitaux au nord de Downtown Miami, la première chose qu'on observe est une absence totale de continuité dans ces quartiers majoritairement habités par des Afro-Américains. Quelques blocs d'appartements, puis une usine abandonnée, des rails de chemin de fer, un no man's land rempli d'ordures, des entrepôts et peut-être quelques autres immeubles. Impression que la zone ne connaît même pas de règles. C'est un vaste mélange de sites résidentiels, commerciaux et industriels.

Quoi qu'il en soit, la réalité de la situation, c'est que la communauté cubaine a un pouvoir politique, et que la communauté noire n'en a aucun.

Les Haïtiens sur leurs petits bateaux artisanaux interceptés en haute mer sont traités comme le rebut. Et même s'ils réussissent à s'implanter en Amérique, c'est rarement un avenir radieux qui les attend, en particulier à Miami. Cela ressemble aux mots de la vieille chanson : If you're white all right, if you're brown stick around, if you're black get back (si t'es blanc c'est tout bon, si t'es marron attends dans ton coin, si t'es noir tire-toi). Cela, dans toute sa crudité, décrit la situation raciale à Miami aujourd'hui.

Le crime, dans ces conditions, est rampant dans les quartiers noirs qui sont, à plus d'un titre, des zones interdites. Le quartier noir de Miami, ironiquement et ridiculement appelé Liberty City, a explosé il y a quelques années en émeutes parce qu'un motocycliste et son passager avaient été tués par un policier. D'ordinaire, la police réussissait toujours à épingler quelque crime odieux sur la victime de la bavure, mais cette fois, la victime s'avéra être un citoyen qui avait un métier et était éminemment respectueux des lois. Il en résulta trois jours d'émeutes, de pillages et d'incendies, et trois morts de plus. En 1980, le drame succédait au meurtre d'un agent d'assurances noir par 4 policiers de Miami dont l'acquittement avait conduit, là aussi, à trois jours de violences dans Liberty City. Après 16 morts et 370 blessés, il avait fallu, comme à Los Angeles en 1992, faire appel à la Garde nationale pour calmer le jeu. Cette fois, le policier responsable du meurtre fut jugé à Miami et déclaré coupable, mais il fut fait appel au verdict sous prétexte que les jurés avaient voté coupable pour éviter une autre émeute. En résumé, la vie des Noirs de Miami est économiquement et socialement difficile. La situation a eu une influence négative sur la jeune génération qui, à force de vivre en marge de la société, est devenue totalement asociale. On peut juste souligner le rôle limité mais indispensable de l'école publique américaine qui essaye d'apprendre à tous ces jeunes à vivre en harmonie avec autrui.

Le film Moonlight, oscarisé en 2017, raconte justement la vie d'une jeune Afro-américain de Liberty City, ce quartier noir de Miami. Tourné à la façon d'un documentaire, il retranscrit de façon réaliste la marginalisation de cette population pauvre qui vit dans des ghettos où violence, trafic de drogue et toxicomanie sont légion.

Les Blancs

S'ils ne constituent qu'une petite minorité de la ville avec 16 %, les Blancs s'accrochent à leurs quartiers et y conservent un pouvoir considérable. Ils sont toujours au sommet de la pyramide et occupent des positions clefs dans les structures de décision. Cela dit, ils n'ont cessé de quitter la ville, qu'ils ont abandonnée à des Blancs arrivés tardivement, entendez à l'échelle du temps floridien, il y a une dizaine d'années.

Les vieux Blancs de Miami se sont installés dans les comtés de Broward, Palm Beach, Collier, Monroe, Martin et Saint Lucie, considérés comme leurs territoires (c'est à West Palm Beach que deux jeunes Blancs ont été condamnés à la prison à vie pour avoir arrosé d'essence et brûlé à 40 % un touriste noir new-yorkais). Il est à noter qu'au nord de la frontière de la ville de Dade, Dania est le siège actif du KKK et d'autres groupes prônant la suprématie blanche.

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