Cette capitale de poche, l'une des moins peuplées de la planète, compte un peu moins de 30 000 habitants, soit le tiers de la population seychelloise ! Dans un pays qui n'a pas plus d'âmes qu'une ville moyenne française, il faut savoir abandonner ses références, trouver de nouveaux points de repère, se souvenir qu'il y a deux siècles et demi l'île de Mahé était encore inhabitée.

En 1744, le navigateur français Lazare Picault revient sur l'île d'Abondance, future Mahé, et y ancre son bateau Elisabeth dans une large baie calme et sûre qu'il nomme Port-Royal. L'endroit conservera cette dénomination jusqu'en 1778, année où il sera rebaptisé Etablissement du Roy, avant de prendre son nom définitif de Port Victoria, en 1838, en hommage à la reine d'Angleterre. La ville ne comptait alors guère plus d'une petite centaine de maisons en bois couvertes de bardeaux...

Nichée dans un site exceptionnel, un amphithéâtre de verdure constitué par des collines abruptes et luxuriantes (le Mont Signal, Crève Coeur, le Niol et les Trois Frères) qui s'ouvrent sur l'océan, la seule ville de l'archipel est une petite cité tranquille et plutôt propre, loin de l'insalubrité d'autrefois. Un certain Ommanney la décrit comme " un lieu sordide, sans grâce, baignant dans une forte odeur d'huile de coco rance, de poissons salés et d'égouts écoeurants. " La description du père Louis Dayet, au début du XXe siècle, est aussi saisissante : " En ville, quand il pleuvait, les rues devenaient des torrents et des bourbiers où chacun pataugeait en murmurant contre l'administration urbaine. Victoria ne connaissait pas de trottoirs. En 1910, la rue Albert et les abords des bureaux du gouvernement voisinaient avec des parcs où grouillaient des tortues géantes et qui se transformaient à la pluie en cloaques nauséabonds. "

Un marché d'opérette. Aujourd'hui, il est agréable de flâner dans les rues de cette capitale calme à laquelle de beaux lampadaires de style victorien, installés sur Independence Avenue, donnent une touche d'élégance. L'attraction majeure de cette ville demeure le bazar qui lui donne un air de temple hindou. Un marché couvert qu'il est préférable de découvrir dans l'animation bon enfant du samedi matin. Tout de suite à gauche, le banc de poissons, tout juste tirés de l'océan. Tandis que les gros thons et mérous sont débités en tranches, les rougets et perroquets, attachés en colliers, attendent preneurs, côtoyant bourgeois, vieilles, croissants et autres carangues. Au centre, sous le volumineux manguier, sur des tables en bois recouvertes d'une toile cirée, des piments rouges et verts, des mangues sabres, des papayes énormes et des bananes minuscules font l'objet de savoureux dialogues en créole, langue aussi haute en couleur que tous ces fruits et légumes... Un peu plus loin, se trouvent quelques marchands d'épices dont les étalages débordent de gousses de vanille, de bâtons de cannelle, de boîtes de thé, mais aussi de cartes postales, de porte-clés en forme de coco-fesses et de lots d'épices importés qui n'ont rien de seychellois. En revanche, les fioles de fortune contenant de l'extrait de vanille ou les bocaux recyclés de purée de piments et autres macérations du cru, comme le réputé masaravoo (feu aux papilles garanti), peuvent être rapportés dans les valises, après vérification du système de fermeture, très artisanal ! Au fond, installés dans une halle climatisée, les bouchers-charcutiers proposent leurs guirlandes de saucisses et chapelets de boudins noirs, et débitent de la viande de boeuf ou de porc, chère et réservée au repas dominical.

Evidemment, le spectacle est aussi tout autour de la place, dans cette Market Street piétonne dont les adorables maisons créoles d'hier, avec marquise et balcons ajourés, se sont, hélas, raréfiées ces dernières années. Il en reste encore quelques-unes qu'il serait prudent de classer avant l'irréparable... Pour la plupart tenues par des Indiens ou des Chinois, ces boutiques en voie de disparition sont dignes d'un inventaire à la Prévert : slips et ventilateurs, écrous et savonnettes... La modernité gagnant du terrain, les boutiques à l'ancienne sont donc remplacées progressivement par des complexes en verre et en béton.

Signe du progrès en marche, des feux tricolores ont fait leur apparition, en 1994, à l'intersection d'Albert Street et de Revolution Avenue et au milieu d'Albert Street. Vingt ans après, ce sont encore les seuls de l'archipel ! Pas moins de neuf au même carrefour... Il faut dire qu'aux heures de pointe, vers 8h, midi et 16h, ça bouchonne carrément sur Francis Rachel Street et sur 5th June Avenue. Les Tata (d'infatigables bus indiens) et Leyland se mêlent alors aux Kia Picanto des touristes et aux voitures asiatiques des autochtones, de plus en plus nombreuses. Et ici aussi, au coeur de la ville, le stationnement se paye, les tickets, à valider soi-même, étant en vente chez certains commerçants. Sachez que les agents qui dressent les contraventions sont intransigeants et qu'un loueur de voitures n'hésitera pas à utiliser votre numéro de carte bancaire pour régler l'amende (avec supplément) si vous ne l'avez pas fait avant de quitter le pays. La ville a toutefois ses parkings gratuits, notamment près du Marine Charter, sur 5th June Avenue. Il est également possible de se garer gratuitement à l'Alliance française.

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