Guide de DUBROVNIK : Politique et économie

Politique
Structure étatique

La Republika Hrvatska (HR) est une démocratie parlementaire qui s'appuie sur la Constitution du 22 décembre 1990, inspirée de la Ve République française. Un préambule précise : " La République de Croatie se constitue en État national du peuple croate qui est aussi l'État de ceux qui, tout en appartenant à d'autres nations et à des minorités, sont ses citoyens : les Serbes, les Musulmans, les Slovènes, les Tchèques, les Slovaques, les Italiens, les Hongrois, les Juifs et autres, auxquels sont garantis l'égalité avec les citoyens de nationalité croate ainsi que le respect de leurs droits nationaux en conformité avec les règles démocratiques de l'ONU et des autres pays du monde libre. "

Pouvoir exécutif

Le chef de l'État est élu au suffrage universel direct à deux tours pour cinq ans, rééligible une fois. Il nomme le Premier ministre ainsi que les membres du gouvernement et met fin à leurs fonctions. Il jouit de prérogatives importantes : il a pour rôle d'élaborer des projets de loi afin de les soumettre au Parlement, peut dissoudre l'assemblée et dispose du droit de faire grâce. Il représente l'État à l'étranger et s'associe au gouvernement dans l'élaboration de la politique étrangère. Chef des armées, il peut prendre des ordonnances ayant force de loi en cas de guerre ou de crise, peut déclarer la guerre et conclure la paix " sur proposition préalable du Parlement ".

Pouvoir législatif, le Sabor

Le Parlement, appelé Sabor, est composé de 151 membres élus pour quatre ans au suffrage universel direct, dans un scrutin à la proportionnelle. Parmi eux, onze députés représentent les minorités ethniques et les Croates à l'étranger. Environ 20 % des élus sont des femmes, ce qui fait du Parlement croate l'un de ceux où la parité homme-femme est la moins mal respectée. Détenteur du pouvoir législatif, le Sabor vote les projets de loi, décide des référendums, contrôle l'action du gouvernement, détermine les orientations de sécurité et de défense nationales. Jusqu'en 2001, le Sabor comprenait une Chambre des députés et une Chambre des comitats ou régions qui possédaient des pouvoirs distincts. Il devient monocaméral le 28 février 2001.

Témoin de la continuité étatique de la Croatie au cours des siècles, ce groupe parlementaire (Diète croate, Hrvatski sabor en croate) trouve ses origines au Moyen Âge, quand nobles et représentants du clergé se réunissent et aident Tomislav, le premier roi de Croatie, à gouverner. Au XIIe siècle, au même titre que le pays, le Sabor se divise en deux : l'assemblée de Croatie-Dalmatie et celle de Slavonie. Au XVIe siècle, à la mort de Louis II de Hongrie, c'est le Sabor qui désigne Ferdinand de Habsbourg comme souverain. À cette époque, seul le Sabor de Slavonie subsiste. Il exerce le pouvoir législatif ainsi que des fonctions administratives et exécutives.

Lors de la création du Conseil royal en Croatie, en 1767, le Sabor devient une assemblée purement législative. À la fin de la Première Guerre mondiale, qui annonce la chute de l'Empire austro-hongrois, le Sabor déclare l'indépendance de la Croatie. Mais le pays se retrouve rapidement intégré à l'ex-Yougoslavie et l'assemblée est aussitôt abolie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, à nouveau, les deux Sabor créés travaillent parallèlement. L'un est mis en place par les forces de l'Axe en 1941, l'autre est dirigé par le Conseil antifasciste. C'est le second parti, principalement composé d'élus communistes, qui survit à la fin de la guerre. Le 30 mai 1990, le Parti communiste perd pour la première fois les élections. En 2001, la date du 30 mai, adoptée pour la fête nationale, devient jour du Sabor non férié.

Pouvoir judiciaire

Exercé par les tribunaux, le pouvoir judiciaire est organisé au sein d'une hiérarchie ayant à sa tête une Cour suprême de vingt-huit juges. La Cour constitutionnelle, composée de huit juges désignés par le Parlement, statue sur la conformité des lois votées avec la Constitution. Modifiée en février 2001, la nouvelle Constitution renforce le caractère parlementaire du régime et supprime la chambre haute du Sabor.

La déclaration d'indépendance de la Croatie a été promulguée en 1991, puis reconnue par les pays de l'Union européenne en 1992, suivis par la communauté internationale. Quelques mois plus tard, la Croatie rejoint les rangs des pays de l'ONU et restaure l'intégralité de son territoire en reconquérant la Slavonie.

Partis

L'élection en janvier 2010 du président Ivo Josipović, issu du parti social-démocrate de gauche, avait montré l'aspiration des Croates à une moralisation de la vie politique et à plus de justice sociale. Les priorités de l'ancien chef de l'État portaient sur plusieurs points : mise en oeuvre des engagements pris vis-à-vis de l'Union européenne, application concrète des réformes, adoption des mesures d'austérité budgétaires, poursuite de la lutte contre la corruption, bonnes relations avec ses voisins (Slovénie, Bosnie, Serbie), soutien sans faille à l'action du Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie.

L'alternance de coalitions entre partis

Les élections législatives du 4 décembre 2011 ont vu la victoire à la majorité absolue d'une coalition réunissant quatre partis : le SDP (sociaux-démocrates), le HNS (démocrates libéraux), la IDS-DDI (Diète démocratique d'Istrie) et le HSU (parti des retraités).

Le 1er juillet 2013, après des années de tractations, la Croatie a fêté son adhésion officielle dans l'Union européenne. Mais le 25 mai 2014, lors des élections européennes, le taux de participation aux urnes est resté faible, seuls 25 % des votants croates se sont déplacés pour choisir leurs onze députés au Parlement européen, qui avaient été nommés en avril 2013. Une coalition de droite, dirigée par le HDZ (Union démocratique de Croatie), remporte ces élections avec 41 % des voix (cinq élus), contre le SDP au pouvoir qui ne comptabilisait que 30 % (quatre élus). Le récent parti des Verts, Orah, se classait lui en troisième position, avec un score honorable de 9,4 % (un élu). Ce mouvement écologiste représente la vraie nouveauté de la scène politique croate. Davor Škrlec, l'eurodéputé vert fraîchement élu, affirme les trois priorités de son parti : décarbonisation, développement durable et respect des droits humains, notamment dans les nouveaux pays de l'UE, comme la Croatie. Faits significatifs, alors que le Parti travailliste antimondialiste, nouveau parti d'extrême gauche, reste minoritaire, l'alliance de l'extrême droite, regroupant huit partis, obtient elle 7 % des voix (un élu). Le HDZ, qui avait subi une lourde défaite après les scandales de corruption, commence à trouver un nouveau souffle.

Retour de la droite conservatrice

Le 9 janvier 2015, au cours des élections présidentielles et suite à un second tour très serré, Kolinda Grabar-Kitarović est élue présidente de la République croate. C'est donc le retour du HDZ à la présidence avec une coalition de droite, qui l'emporte (50,74 % des voix contre 49,26 %) contre le SDP des sociaux-démocrates du président sortant, Ivo Josipović.

Le 1er novembre 2015, sur fond de récession économique et de crise migratoire majeure, les élections législatives ont vu arriver en tête des scrutins une coalition de droite nationaliste, voire patriotique, regroupée autour des conservateurs du HDZ, avec 59 sièges sur les 151 de l'assemblée, contre 56 pour l'alliance de gauche menée par les sociaux-démocrates (SDP) du Premier ministre sortant, Zoran Milanović.

À partir de septembre 2015, une vague migratoire d'ampleur a vu transiter sur le territoire croate près de 350 000 réfugiés, en provenance de Syrie, d'Afghanistan, du Pakistan... quasiment tous cherchant à passer en Europe occidentale ou en Europe du Nord. Des tensions sur la question des flux migratoires se sont réactivées, mettant en scène les pays frontaliers, Hongrie, Slovénie, Autriche, mais surtout Serbie (guerre des frontières). Des camps de migrants, à Slavonski Brod notamment, ont été ouverts puis démantelés, quand la route des Balkans a été fermée au printemps 2015. Comme partout en Europe, la montée de l'extrême droite en Croatie est directement liée aux questions économiques et sécuritaires.

Dans ce contexte de repli identitaire des nations, les " valeurs patriotiques " et la rhétorique nationaliste du nouveau gouvernement se sont vu confortées par les résultats des dernières élections législatives (fin 2015). Alors qu'une grosse majorité des Croates n'a pas voté pour ce gouvernement, le virement à l'extrême droite est dû aussi au mécanisme d'un scrutin à la proportionnelle.

Le 22 janvier 2016, la présidente nomme son nouveau Premier ministre, Tihomir Orešković, un homme d'affaires qui n'appartenait à aucun parti politique auparavant, un vice-Premier ministre nationaliste, Tomislav Karamarko, mais aussi un ministre de la Culture très controversé, Zlatko Hasanbegović, qui est issu de la diaspora canadienne ultracatholique, ouvertement révisionniste. Il incarne cette coalition radicale. Une pétition demandant sa destitution commence à circuler dès le début 2016.

Dissolution du Parlement et instabilité politique

Six mois après la constitution du nouveau gouvernement, un renversement de situation politique intervient suite à la motion de défiance adoptée contre le Premier ministre.

Les causes du mécontentement sont multiples : dérive droitière, sur fond d'exaltation des valeurs traditionnelles, réforme de l'éducation qui passe mal, défiance des médias qui se sentent mis au pas, révisionnisme de certains membres du gouvernement et dernier problème, pas des moindres, les soupçons de conflits d'intérêt qui touchent de près le vice-Premier ministre. Les députés de la droite au pouvoir et les sociaux-démocrates n'ayant pas réussi à former de coalition, la dissolution du Parlement est donc votée le 20 juin 2016.

Lors des élections législatives anticipées, le 11 septembre 2016, les conservateurs du HDZ finissent en tête, apparaissant les mieux placés pour former une coalition de gouvernement. Ils remportent 61 des 151 sièges du Parlement, contre 54 pour les sociaux-démocrates (SDP). Avec treize élus, le parti conservateur Most, proche de l'Église catholique, paraît plus susceptible de se rallier au HDZ. Il aura un rôle central pour la formation du prochain gouvernement.

Le nouveau Premier ministre et chef du HDZ Andrej Plenković, ancien diplomate et député européen (PPE), est investi par le Parlement le 19 octobre 2016. Il représente la Croatie au Conseil européen. Plenković a mis en place un gouvernement de coalition avec le parti Most. Ce scrutin consacre la ligne centriste imposée depuis son arrivée en juillet par le nouveau patron du HDZ, qui a tourné le dos à la rhétorique nationaliste de son prédécesseur, l'ex-chef espion Tomislav Karamarko.

Gouvernement de coalition et urgence des réformes

Le retour au pouvoir de la coalition formée par l'Union démocratique (HDZ) de centre droit et le parti réformiste Most (" le Pont ") ramène une certaine stabilité. Elle dispose de 75 sièges (dont 61 pour le HDZ) sur 151 et bénéficie du soutien des élus des minorités (12 sièges). Le Premier ministre, contrairement à son prédécesseur, veut se concentrer sur les réformes économiques et administratives, l'amélioration des relations avec la Serbie et la Bosnie-Herzégovine. Il a abandonné le discours populiste et nationaliste qui avait contribué à la chute du précédent gouvernement après seulement cinq mois d'exercice. Le programme de réformes reste centré sur la restructuration de l'administration et des entreprises publiques, voire leur privatisation, la réduction des effectifs, la révision des avantages sociaux et du système de retraite, la réforme du système hospitalier.

En avril 2017, à la surprise générale, le Premier ministre croate se sépare des ministres du parti Most, gardien de l'orthodoxie, leur reprochant un manque de solidarité gouvernementale et lors des élections législatives en mai 2017, il obtient le soutien du Parlement à son nouveau gouvernement de coalition (le troisième en deux ans !). Cette fois, Plenković a reçu le soutien du petit parti libéral HNS qui, selon des analystes, pourrait contribuer à recentrer la politique gouvernementale. Sept nouveaux ministres ont été désignés, l'Éducation et la Construction revenant au HNS. Plenković a évité l'organisation de nouvelles élections, ce qui démontre plus de maturité politique et la volonté manifeste de sortir des querelles intestines. Désormais, la coalition parlementaire d'Andrej Plenković comprend une majorité HDZ affiliée au PPE. Dernier État membre entré dans l'Union européenne (1er juillet 2013), la Croatie en assurera la présidence au premier semestre 2020.

 

Politique étrangère

Aujourd'hui, la Croatie se présente comme un élément stabilisateur, engagée activement dans la coopération régionale. Elle s'emploie à faire partager son expérience des négociations d'adhésion à l'UE (échange d'experts, traduction de l'acquis communautaire, etc.), faisant une priorité de politique étrangère l'élargissement de l'UE aux Balkans occidentaux. Les relations avec les pays de l'ex-Fédération yougoslave sont encore tendues cependant.

Avec la Slovénie, le différend territorial de la baie de Piran, vieux de vingt ans, oppose encore les deux pays. Mais c'est surtout la coordination dans la crise migratoire le long de la " route des Balkans " qui a refroidi les relations entre Zagreb et Ljubljana à la fin 2015. Les deux pays ont du mal à assurer une gestion commune du passage des migrants et réfugiés sur leur territoire.
Entre la Serbie et la Croatie, la normalisation des relations est engagée depuis plusieurs années. Elle s'accompagne de gestes constructifs des autorités serbes, notamment sur la gestion du passé (retour des réfugiés, échange d'informations sur les personnes disparues, restitution des biens culturels confisqués, facilitation des procès pour crimes de guerre, etc.), sur la coopération économique qui participent de cette volonté " d'initier ou d'accélérer " la résolution des principaux antagonismes serbo-croates.

Enjeux actuels
Liberland, république libre en quête de reconnaissance

Le projet germait dans la tête d'un groupe de citoyens tchèques. En avril 2015, une communauté d'irréductibles rêveurs s'est installée sur un bout de terre entre la Slavonie croate et les forêts serbes, au nord de la réserve naturelle de Gornje Podunavlje). Sur ce petit territoire de 7 km2, traversé par le Danube, une micro-nation s'est autoproclamée. Elle a créé un nouvel État, la République libre du Liberland. Des milliers de personnes ont demandé leur " citoyenneté " via le site Internet officiel du Liberland et se retrouvent aujourd'hui sur ces terres vierges, longtemps revendiquées à la fois par les Serbes, par les Croates puis abandonnées car non réclamées à la fin de la guerre. Les gens se disent attirés par les valeurs de tolérance culturelle et religieuse du Liberland et y voient aussi l'opportunité d'échapper à une fiscalité jugée excessive. La devise locale ? " Vivre et laisser vivre ". Pour être reconnu comme le Vatican, le Liechtenstein, Monaco ou encore Hongkong, le Liberland, qui est déjà doté d'un territoire avec une population et d'une forme minimale de gouvernement, avec un président démocratiquement élu (Vít Jedlička), devra remplir d'autres critères établis par la Convention de Montevideo (1933). Par exemple, entretenir une diplomatie internationale.

www.liberland.org

Lutter contre le tourisme de masse !

Le maire Mato Franković, élu en juin 2017, a annoncé vouloir prendre des mesures pour réduire le nombre de visiteurs dans la vieille ville de Dubrovnik, notamment de limiter à 4 000 le nombre de personnes autorisées à l'intérieur des remparts. Il veut réduire de 80 % le nombre de stands de souvenirs et de 30 % le nombre de tables et de chaises appartenant aux restaurants et débordant sur le passage. Il souhaite surtout échelonner les arrivées des bateaux de croisière qui saturent à certains moments de la journée la vieille ville et où le tourisme de masse atteint son paroxysme à certaines heures. Affaire à suivre pour les prochains étés...

Économie
Les chiffres du tourisme dans la région de Dubrovnik

Dubrovnik (et la Croatie) est une destination touristique qui ne date pas d'hier. Elle a en particulier attiré, dès la fin du XIXe siècle, une partie des élites européennes (le chemin de fer reliant Vienne, Budapest et Zagreb a été achevé dès 1873). C'est ainsi que la cour de Vienne, par exemple, se rendait déjà à Dubrovnik. Plus tard, de nombreuses célébrités, parmi lesquelles Lord Byron, Agatha Christie et George Bernard Shaw ont séjourné à Dubrovnik et n'ont cessé d'en vanter ses beautés dans leurs écrits. Au milieu des années 1980, le secteur touristique croate enregistrait de très bons résultats avec 4 % du flux touristique européen, soit 10,5 millions de touristes par an, dont 8,8 millions de visiteurs étrangers. L'éclatement de la Yougoslavie a évidemment pesé lourdement sur le secteur, même si l'activité n'a pas complètement cessé. Le retour de 5,8 millions de visiteurs étrangers en 2000, puis de 6,5 millions en 2001, de 8,3 millions en 2002, de 8,9 millions en 2003, etc., fait que le tourisme est devenu un des piliers majeurs de l'économie nationale.

En 2017, la Croatie a enregistré une hausse de 9,5 % d'arrivées et 5 % de nuitées. Jusqu'à la fin du mois de septembre, elle a observé une forte augmentation de touristes français de 8 % en arrivés et 5 % en nuitées. La Croatie est passée de 377 000 touristes français en 2010 à plus de 540 000 en 2017.

En 2018, les Français ont enregistré une année record en Croatie avec presque 600 000 arrivées, soit 8 % de plus par rapport à 2017. Fort d'un succès de 2 189 288 nuitées françaises enregistrées en 2018, ce qui représente plus de 5 % par rapport à 2017, de nombreuses infrastructures de luxe verront le jour en 2019, d'après l'office national croate de tourisme.

Principales ressources
Secteur primaire, l'agriculture

Le pays est divisé en trois zones régionales principales, les plaines du nord, la côte méditerranéenne et les archipels au sud, montagnes, collines et plaines au centre. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, l'économie de la Croatie était fondée sur l'agriculture et l'élevage. Plus de 50 % de la population était rurale. Aujourd'hui, l'agriculture ne représente que 3,30% du PIB du pays et n'emploie que 7,3 % de la population active. On y produit principalement du blé, du maïs, des betteraves à sucre, des fruits, du vin et de l'huile d'olive.

Au niveau technique agricole, on trouve des productions locales diversifiées avec, notamment, l'exploitation maraîchère et fruitière en agriculture raisonnée et biologique, l'élevage de vaches et brebis laitières dont le lait est destiné à la fabrication fromagère fermière ou industrielle, l'exploitation avicole de poules pondeuses, l'élevage ostréicole, la pisciculture. Dans les régions côtières et insulaires, c'est la pêche en mer et son industrie de transformation qui représente l'activité principale. Au niveau végétal, la Croatie est une terre propice à l'exploitation viticole avec près de 60 000 hectares de vigne et une grosse production de vin rouge, vin blanc, vin pétillant et eaux-de-vie. Les terres méridionales voient partout la conduite des oliviers et la fabrication d'huile d'olive, en moindre quantité, l'exploitation arboricole d'oléagineux (noix, amandes surtout), d'agrumes (mandarines), de figues séchées, l'apiculture. L'extraction du sel de mer perdure dans les salines du littoral. Enfin, l'agroalimentaire et le tabac sont les productions les plus rentables du pays (20,2 % de l'ensemble du PIB).

Secteur secondaire, l'industrie

Le secteur secondaire, qui représente 22,10 % du PIB et emploie 26,8 % de la population, est revenu à son niveau d'avant-guerre, ce qui rapproche la Croatie du niveau des autres pays européens. Mais l'industrie se concentre sur des activités concurrentielles au niveau mondial comme le textile, la sidérurgie, l'aluminium et l'agroalimentaire. Plus d'un tiers du territoire national étant couvert de forêt, l'industrie du bois reste l'un des secteurs fondamentaux de l'économie. Les ressources minières sont, quant à elles, limitées.

L'industrie est un secteur qui survit grâce aux subventions de l'État. Pour être plus compétitif sur le marché mondial, ce secteur devrait être largement privatisé car les exportations, notamment dans la pétrochimie et la construction navale, se tassent sous l'effet de la crise dans l'eurozone.

Avec la crise mondiale, le déficit budgétaire s'est creusé du fait de la baisse des exportations, notamment dans la pétrochimie et la construction navale, qui se sont tassées sous l'effet du ralentissement observé dans l'eurozone. Il s'agit donc pour l'industrie croate de conquérir de nouveaux marchés et d'introduire les nouvelles technologies au sein de ses constructions.

Le secteur du bâtiment, en pleine expansion, est lié à l'essor de l'industrie du secteur touristique : modernisation des infrastructures hôtelières, constructions de nouveaux équipements, notamment. Le savoir-faire des ouvriers croates est d'ailleurs largement exporté. La Croatie travaille aussi sur son réseau routier (prolongation des autoroutes, amélioration de l'état des routes). La plus longue autoroute (A1) relie Varaždin (au nord) à Ploče (au sud), en passant par Zagreb, Karlovac, Zadar, Šibenik, Split, pour arriver jusqu'à Dubrovnik. On note aussi ces dernières années une attention particulière sur les marinas, qui augmentent chaque année (22 ACI en 2017) et se modernisent.
Les travaux du pont de Pelješac pour relier la presqu'île de Pelješac au canal de Ston et éviter le passage de la bande de littoral de 9 km, celle de Neum, qui appartient aujourd'hui à la Bosnie-Herzégovine, devraient être terminés en 2022. Le projet, après avoir été abandonné en 2012, a retrouvé de l'élan en 2017. Quatre ans après l'entrée du pays dans l'UE, la Croatie a en effet obtenu de Bruxelles le financement de ce pont supposé réunifier le territoire national.

 

Secteur tertiaire des services

Il représente deux tiers du PIB et emploie près de 74,6 % de la population. Le tourisme, notamment, est en plein essor. Pour la période de janvier à octobre 2018, 19 millions d'arrivées (+ 6%) et 104,3 millions de nuitées (+ 4%) ont été enregistrées en Croatie. En 2018, 940 millions d'euros ont été investis dans le secteur du tourisme et en 2019, un milliard et 50 millions d'euros. Sur les neuf premiers mois de 2018, les recettes liées au tourisme atteignent 9,24 milliards d'euros, ce qui représente une augmentation de + 6,4 % par rapport à l'année précédente (statistiques de la Banque de Croatie, HNB).
Le secteur immobilier est aussi l'un des principaux secteurs d'activité en Croatie avec, en nombre d'entreprises, plus de 20 000 entités enregistrées au registre du commerce national.

 

Le commerce extérieur

La situation géographique du pays, grâce à ses ports ouverts sur l'Adriatique, représente un atout indéniable pour le commerce international. En 2017, les exportations croates ont augmenté de 8 % pour atteindre 6,7 milliards d'euros en raison des bonnes performances de ses principaux pays partenaires (Allemagne, Italie, Slovénie et Autriche). Les importations croates augmentent encore à 9 % et atteignent 10,8 milliards d'euros. Le déficit commercial se creuse à à 4,1 milliards d'euros, compensé par le solde des services du tourisme (25 % du PIB).

La Croatie, qui a rejoint l'OMC en 2000, dépend fortement du commerce extérieur. La croissance des exportations a repris ces dernières années sous l'effet de la hausse des exportations de biens et services. L'Union européenne continue de capter plus de 66 % des exportations et fournit plus de 78 % des importations du pays, ce qui illustre sa forte dépendance vis-à-vis de la situation économique globale de l'UE. Ses principaux fournisseurs sont l'Allemagne, l'Italie, la Slovénie, l'Autriche, la Hongrie, les Pays-Bas et la Pologne. La Croatie exporte des hydrocarbures raffinés, des produits pharmaceutiques, de l'électricité, des bateaux, des équipements, des machines mécaniques et électriques, du bois et dérivés. La Croatie importe principalement des carburants, des équipements et biens de consommation, des véhicules et machines.

Les grands noms de la distribution européenne sont toujours plus nombreux à s'installer alors que les points de vente les mieux représentés sur le territoire restent les petites surfaces. Les secteurs de services les plus actifs restent ceux du tourisme et de l'agroalimentaire, puis viennent ceux de la construction, des télécommunications et le secteur de la vente au détail.

Les grosses entreprises d'État

Parmi les entreprises publiques : Hrvatske željeznice (chemins de fer croates), Hrvatska pošta (poste croate), Hrvatska elektroprivreda (HEP, compagnie d'électricité croate) et Hrvatske šume (Forêts croates), ACI Marinas.

Les plus importantes entreprises en chiffre d'affaires : INA (industrie du tabac), le consortium Agrokor (produits alimentaires), Konzum (biens de consommation), HEP Grupa (électricité), le T-HT Grupa (télécommunications), Orbico (biens de consommation), Prirodni plin (gaz naturel), Zagrebačka banka (Banque de Zagreb) et Atlantic Grupa (biens de consommation).

Du pétrole en mer Adriatique

Le norvégien Spectrum, l'un des leaders de l'exploration pétrolière partenaire de la compagnie nationale INA, a confirmé en 2014 la présence de gisements de gaz et de pétrole tout le long de la côte croate. Une grande quantité : 2,8 milliards de barils estimés, de quoi faire rêver les économistes croates, dans un pays où la dépendance énergétique s'élève à 40 % pour la consommation de gaz, à 80 % pour le pétrole, et où le taux de chômage atteint les 16 %.

Début 2015, dix zones de prospection sur vingt-neuf ont déjà été attribuées, le gouvernement escomptant un revenu annuel d'un milliard d'euros grâce aux hydrocarbures, soit 3 à 4 % du PIB. Mais cette manne potentielle pour le pays ne fait pas bon ménage avec le tourisme, qui rapporte sept fois plus à la Croatie depuis 2013, sans parler des conséquences sur l'écosystème, de l'empreinte environnementale que cette industrie lourde provoque(ra) sur la magnifique côte adriatique. Très attachée à la beauté de son paysage, la société civile croate, relayée par les écologistes reste, à forte majorité, contre l'exploitation. À l'heure actuelle (février 2019), tout est suspens. Affaire à suivre...

Place du tourisme

La Croatie a une longue tradition touristique. Les recettes actuelles liées à cette activité prometteuse ont pu en partie compenser le déficit global de l'économie du pays, mais ce n'est pas sans conséquences sur l'environnement.

Opatija (Istrie), première ville balnéaire de Croatie. Dès la fin du XIXe siècle, une partie des élites européennes est attirée par l'Istrie. On allait faire un tour en Istrie, de là viendrait même l'origine du mot touriste... Dès 1873, le chemin de fer, qui relie Vienne, Budapest et Zagreb, dépose toute la cour de Vienne à Opatija. L'élégante station balnéaire doit une part de sa renommée à l'astronome allemand Friedrich Sporer (1822-1895), qui étudia le soleil et élabora une loi décrivant la répartition des taches solaires. Il y eut aussi Billroth et Glax, deux médecins réputés. Un grand nombre de scientifiques, sensibles aux bonnes conditions climatiques de la côte adriatique, qui ont rapporté dans leurs malles des notes de leurs séjours dans la région istrienne, ont ainsi contribué à mieux faire connaître le pays auprès de l'aristocratie de l'Europe du Nord. Les deux grands hôtels historiques d'Opatija, le Kvarner et l'Imperial, furent construits dans les années 1880. Plus tard, de nombreuses célébrités artistiques, parmi lesquelles Orson Welles ou Joséphine Baker, passèrent des vacances sur la côte. Puis vint la découverte de l'île de Hvar et la Dalmatie centrale et du Sud, l'éblouissement devant Dubrovnik.

Au milieu des années 1980, le secteur touristique enregistrait de très bons résultats avec 4 % du flux touristique européen, soit 10,5 millions de touristes par an, dont 8,8 millions de visiteurs étrangers.

Mais la guerre d'indépendance de 1991-1995 et l'éclatement de l'ex-Yougoslavie ont lourdement pesé sur le secteur. Pourtant l'activité n'a pas complètement cessé pendant les conflits. L'Istrie, relativement épargnée, accueillit quantité de réfugiés fuyant les combats de Dubrovnik, Zadar, Šibenik, Karlovac...

Une reprise fulgurante. À partir de 2003, on assiste au retour en masse des touristes et la croissance du secteur ne se dément pas. Sur le premier semestre 2015, 6 772 000 touristes étrangers ont visité la Croatie. En juillet 2015, ils étaient 3 160 000, soit 10 % de plus par rapport à l'année précédente à la même période (parmi eux, 89 360 Français, soit une augmentation de 8 %). Pour la période de janvier à octobre 2018, la Croatie a enregistré 19 millions d'arrivées (+ 6 %) et 104,3 millions de nuitées (+ 4 %).
En 2018, les Français ont enregistré une année record en Croatie avec presque 600 000 arrivées, soit 8 % de plus par rapport à 2017. Dans la région de Dubrovnik uniquement, une augmentation de touristes français en arrivées de 3,44 % et en nuitées de 3,15 % a été constatée.

Cette croissance devrait se confirmer au cours des prochaines années avec la forte communication sur l'accueil toute l'année et le développement d'infrastructures modernes ou de l'agrotourisme.

La particularité du secteur en Croatie, c'est sa concentration le long de la côte adriatique. Les régions les plus visitées sont l'Istrie, puis le Kvarner, la Dalmatie centrale (Zadar, Split) et la riviera de Dubrovnik. Zagreb et l'intérieur du pays attirent pour l'instant moins de visiteurs.

Un tourisme en mutation. La part considérable du tourisme dans le PIB total de la Croatie (25 %) montre que cette activité, la moins touchée par la crise, est un bien profitable, en particulier sur le littoral pendant la saison estivale. Elle concourt à l'agrandissement des biens culturels, matériels et immatériels protégés. Mais ce secteur ultralibéral nie souvent les nouveaux enjeux écologiques, notamment sur la côte adriatique. Les tour-opérateurs ont motivé les touristes sur des séjours all inclusive (tout compris), sur des croisières bon marché qui ne sont pas sans conséquences sur l'économie locale ou sur l'environnement. La forte saisonnalité des séjours a un effet aussi sur l'emploi. Souvent, les hôtels sont ouverts quatre à six mois sur l'année. Il est alors difficile pour les salariés de trouver du travail le reste du temps. Un signe encourageant cependant, l'agrotourisme et l'écotourisme suggèrent des alternatives d'avenir pour l'arrière-saison.

Diversifier l'offre touristique. Depuis quelques années, les professionnels du tourisme cherchent de nouvelles stratégies et thématiques de séjours, car la situation est disparate selon les régions. Il s'agit de diversifier l'offre et de moderniser les structures d'accueil. Il ne suffit plus d'offrir du soleil, des plages et des îles de rêve. Si le balnéaire, les activités nautiques, la plaisance, le bien-être de luxe ont trouvé une terre d'élection en Croatie méridionale, l'agriturizam a bien pris au profit d'autres territoires, comme en Istrie ou en Slavonie, où l'on peut profiter de la gastronomie du terroir et du patrimoine rural au printemps et en automne également. Les parcs nationaux de la Croatie centrale ont leur carte à jouer, l'hiver ou le printemps en Dalmatie ont des attraits également. Sans parler du romantisme de Zagreb sous la neige, des villes aux monuments historiques exceptionnels (Dubrovnik, Split, Zadar, Šibenik), qui peuvent se visiter toute l'année ! En ce sens, l'augmentation du nombre de touristes français à partir de 2015 est significative.

À noter : les slogans " Buy CROatian, Be CROative ! " ou " Croatie 365 " sont autant d'appels marketing lancés par la chambre de commerce ou l'office de tourisme croates pour répertorier les produits nationaux qui méritent le certificat de qualité ou inciter le tourisme toute l'année.

Enjeux actuels

Après six années de récession, la reprise s'est amplifiée en 2016 avec l'envolée du tourisme (20 % du PIB) et le rebond de la demande intérieure. En 2017 et 2018, la croissance est de 2,8 % mais la contribution des échanges de biens à la croissance pourrait être négative, car le dynamisme des ventes (bois, textiles, transformateurs électriques, turbines, pièces auto, bateaux, médicaments), qui était lié à l'intégration dans l'UE s'émousse alors que les importations augmentent. L'investissement public, notamment dans l'énergie, devrait bénéficier d'une meilleure absorption des fonds structurels européens, qui continueront à apporter leur manne d'aides à l'économie, avec le maintien de programmes de financement de projets (eau, énergie, modernisation du service public et des infrastructures portuaires et ferroviaires, consolidation des PME-PMI), le tout avec une enveloppe allouée de 11 milliards d'euros sur la période 2014-2020.

L'investissement privé progresse peu du fait de l'endettement des entreprises (80 % du PIB), sur fonds de reprise des crédits, de baisse de l'impôt pour les PME et de besoins accrus du tourisme. La meilleure orientation de l'emploi, les retombées touristiques et un probable allègement de l'imposition des revenus devraient continuer à soutenir la consommation des ménages, malgré la réapparition de pressions inflationnistes. Si la conjoncture s'améliore, l'économie reste toutefois vulnérable, étant exposée à des risques, pour certains structurels (démographie déclinante, productivité faible, taille de l'économie informelle, transition inachevée, poids de la dette, dépendance de l'économie au secteur touristique, chômage partiel ou total).

La lutte contre le chômage reste une priorité pour le gouvernement. D'un taux aux alentours de 12 % en 2018 (prévisions de 11 % en 2019 et 2020), il touche surtout les jeunes. Avec le déclin de l'industrie dans la part des principaux secteurs d'activité, le faible poids de l'agriculture, la plupart des jeunes cherchent à se recycler dans le secteur tertiaire, les services du tourisme, notamment, ou bien partent à l'étranger (surtout en Allemagne).

Au sein de cette jeune démocratie européenne, de nombreux points positifs ont émergé ces dernières années : le taux de croissance qui remonte, le renforcement du secteur privé, qui reprend confiance, notamment dans le domaine du bâtiment, des services. On note aussi une prise de conscience environnementale, dans la société civile, qui s'organise pour freiner la dévalorisation du patrimoine naturel. Il y aussi tous ces créateurs d'entreprise hors des circuits institutionnels qui apportent une dynamique participative dans les grandes villes et les campagnes, font avancer les initiatives privées dans l'agrotourisme, l'agriculture biologique, la restauration végan, le tourisme participatif, le milieu de l'art...

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