Guide de DUBROVNIK : Arts et culture

Architecture

Remparts médiévaux (à Dubrovnik, Korčula, Ston), villas d'inspiration Renaissance et architecture baroque constituent les éléments fondamentaux du panorama architectural de la région de Dubrovnik.

Le visage que présente actuellement la vieille ville de Dubrovnik date de la fin du XVIIe siècle, lorsque suite à un tremblement de terre ravageur, la ville dut être reconstruite rapidement et efficacement. Halte aux ornements trop coûteux ! Tel était le mot d'ordre de l'époque. Voilà qui explique l'uniformité architecturale presque parfaite à l'intérieur des remparts : c'est dans un style baroque que la cité, détruite à 75 %, a été réédifiée. L'architecture de la nouvelle Dubrovnik s'affiche donc plus simple et plus harmonieuse que celle des siècles précédents.

Autre détail qui a son importance, la république de Dubrovnik, obsédée par l'idée de devoir un jour plonger dans une régime tyrannique, avait une sainte horreur des monuments édifiés à la gloire d'une seule personne. D'où l'absence quasi systématique de statues ou de mémoriaux dans la vieille ville.

Il reste très peu de témoignages du passé byzantin (IX-XIIe siècle) et roman-gothique (XIIIe siècle) de Dubrovnik. La minuscule chapelle Sv. Jakov, non loin du monastère dominicain, témoigne néanmoins d'une architecture romane. Le cloître du monastère franciscain à l'entrée de la vieille ville est lui un bel exemple gothique. Les témoignages les plus significatifs et les plus nombreux d'architecture dubrovnikoise nous viennent du temps de la république de Raguse et de la période habsbourgeoise.

Le palais du recteur, le cloître dominicain, l'église des franciscains (et sa pietà gothique) illustrent parfaitement le dilemme qui traverse les premières décennies de la république indépendante sur le plan architectural (1358-1550), soit le tiraillement entre les sirènes de la Renaissance et un style plus traditionnel, qui se matérialise dans un style dit " gothique d'inspiration vénitienne ". Le palais Sponza incarne la transition entre gothique et Renaissance : les porches et les fenêtres en ogive sont encore vénitiens tandis que l'étage supérieur tend vers le baroque.

Les édifices (re) construits après 1667, comme le Stradun, symbolisent la nécessité de construire vite et bien, sans laisser la place aux desiderata de chacun de s'exprimer (rien à voir avec les palais autour de Od Pustijerne). L'église Saint-Blaise et les escaliers de l'église jésuite datent de cette période. Ces derniers, entrepris par un architecte romain, très imposants n'ont en réalité rien de très ragusain.

Le style Renaissance fleurit lui aussi sur les îles Elaphites, notamment à Šipan.

Du temps de Dubrovnik sous la tutelle habsbourgeoise (1815-1918), ont été édifiés l'hôtel de ville (à côté du palais du recteur) en remplacement de la salle du Grand Conseil détruite par un feu quelques années auparavant. Il en va de même pour la jetée du vieux port (dite Porporela) au bout de laquelle se dresse un petit phare, ainsi que la théâtre Marin Držić.

Mention spéciale pour la vieille ville de Korčula qui au cours de son histoire a appartenu pendant des siècles à Venise. La ville présente donc un certain nombre de loggias et de palais vénitiens érigés aux XVe et XVIe siècles.

Le conflit yougoslave et le siège de Dubrovnik ont endommagés 563 des 824 édifices de la vieille ville (soit près de 70 % des constructions), qui ont été depuis rebâtis à l'identique. De nombreux hôtels de la riviera sud entre Dubrovnik et Cavtat ont connu un sort semblable et n'ont pas tous été reconstruits.

Aujourd'hui, les quartiers de Gruž et Lapad concentrent respectivement habitations et hôtels récents. Architecturalement parlant, on n'y trouvera rien de bien remarquable, si ce n'est leurs villas historiques ragusaines et le pont de Gruž, achevé en 2002. Gruž est actuellement en train de changer, la jeunesse locale voudrait en faire un quartier alternatif. Un nouveau bar à bières s'est installé au port de Gruž, à voir si l'endroit se développe dans les prochaines années...

Artisanat

Plateforme du commerce méditerranéen pendant plusieurs siècles, Dubrovnik jouit d'un artisanat riche et diversifié.

L'orfèvrerie était particulièrement fleurissante du temps de la république de Dubrovnik. La rue Zlatarska était autrefois peuplée (comme son nom l'indique, Zlatarska signifiant " dorée ") par des orfèvres. Aujourd'hui encore, on trouve quelques rares et authentiques ateliers de bijouterie dans la vieille ville au milieu de la pacotille touristique.

Il existe des bijoux propres à Dubrovnik : décliné en boucles d'oreilles (vežilice) ou en colliers (peružina). Dans les deux cas, il s'agit d'une boule sphérique composée de plusieurs feuillets d'or et d'argent. Les boucles d'oreilles et pendentifs du Konavle se présentent eux sous la forme d'un cercle doré ou argenté décoré d'une perle.

Le corail rouge est également un élément important des traditions bijoutières locales. Cette espèce animale, pêchée jusqu'à 100 mètres de profondeur, se trouve particulièrement en Méditerranée. Le corail attire depuis des milliers d'années les joailliers, considéré comme un bien luxueux, symbole de vitalité et utilisé contre les mauvais esprits. A Dubrovnik, on dit que selon la légende grecque, il aurait été formé lorsque Persée trancha la tête de Méduse et que son sang coulant dans la mer fut cristallisé en corail. Aujourd'hui, comment distinguer le vrai du faux ? Pour être incollable sur les bijoux couleur vermillon, mieux vaut se rendre chez les spécialistes dubrovnikois et éviter les boutiques pacotilles. A Clara Stones par exemple, Nicola vous expliquera dans un bon français comment il confectionne ses colliers, parfois pendant plusieurs années et vous donnera les clés pour en savoir plus sur ce précieux matériau.

Le costume traditionnel du Konavle inclut de délicates broderies et soieries (les vers à soie étaient élevés dans la région). Il se décline au masculin comme au féminin et fait figurer un pompon en soie jaune. Ces vêtements du milieu et fin XIXe siècle étaient fabriqués avec des matériaux d'origine végétale et animale, comme le chanvre, le lin, la laine de brebis, le poil de chèvre et la soie naturelle. La borderie cousue sur l'habit ornementait le costume de parties distinctes. Minutieuse, cette borderie utilisait entre autre la technique du dénombrement, encore appliquée de nos jours. Il existe de nombreuses variantes dans la broderie de Konavle, de par les motifs et les techniques. Aujourd'hui, cet habit connaît une renaissance avec l'essor du tourisme et l'activité des associations locales. Il existe également un habit traditionnel sur l'île de Mljet, qui se compose de laine et s'accompagne d'un béret (cap skufija) surmonté de broderies en soie.

Patchwork, travail d'aiguilles et broderie sont répandus dans la région, de même que la sculpture du bois (pour ne pas dire la sculpture tout court).

Que rapporter de son voyage ?

Une paire de boucles d'oreilles traditionnelles (motif de Dubrovnik ou du Konavle) : pour un cadeau chic et original. Des bijoux en corail rouge (ouvrez l'oeil et le bon : le corail authentique se fait rare), quelques vêtements signés de la main de designers locaux, des broderies du Konavle pour mesdames et des cosmétiques naturels.

Pour ces messieurs, une cravate ou des objets en bois sculpté. Et pour tous : des vins, des alcools aromatisés (anis, grappa...), du chocolat Kraš, de l'huile d'olive, des sachets de lavande...

Cinéma

Les longs-métrages croates n'ont jamais connu de succès planétaire, sans doute en partie à cause des contraintes imposées par le régime communiste, à part quelques bons films, comme Lisice (Les Menottes pour sa version française, le titre croate signifiant également " Les Renards " sortis en 1969) de Krsto Papić. En revanche, le cinéma croate a connu son heure de gloire à travers les films d'animation de l'école de Zagreb, dont les dessinateurs étaient connus dans le monde entier dans les années 1950.

On peut citer Dušan Vukotić (1927-1998) qui reçut un Oscar en 1963 pour son film Surogat ou encore Zdenko Gašparović et son chef-d'oeuvre, Satiemanija (1978).

Ces dernières années quelques films se sont démarqués sur la scène internationale. En 2006, le film Sarajevo, mon amour remporte un vif succès autant auprès du public que de la critique. Il remporte de nombreux prix dont l'Ours d'or du meilleur film au festival de Berlin. Les films sortis en 2009 sont Metastaze de Branko Schmidt et Vjerujem u anđele de Nikša Sviličić.

En 2010 sont sortis Crnci avec Ivo Gregurević (sur le drame de la guerre) et Neka ostane među nama de Rajko Grlić et Ante Tomić.

Les thèmes du cinéma croate, ancrés dans l'histoire sociale du pays, se renouvellent aujourd'hui avec plus d'ironie grinçante chez Dalibor Matanic, Branko Schmidt, Rajko Grlic. Le plus étonnant reste la Parade de Srdjan Dragojevic (2012). Cette coproduction hongroise, serbe, croate, slovène et allemande raconte la virée tragico-comique d'une bande de mercenaires serbes, bosniaques, albanais du Kosovo et combattants croates, qui se retrouvent aux côtés des militants homosexuels pour assurer la sécurité de la première gay pride en Serbie.

La région de Dubrovnik n'a pas encore donné le jour à son petit prodige du cinéma, cela ne l'empêche pas d'héberger chaque été un festival de cinéma dédié à la Méditerranée dont les oeuvres ont été réalisées par des moins de 20 ans.

Cependant, elle s'est fait connaître ses dernières années pour avoir été au coeur des tournages de séries à succès. " Game of Thrones " fut la première à choisir la Croatie comme lieu de prédilection depuis la deuxième saison de la série. Avec ses remparts, Dubrovnik a également séduit la saga " Star Wars " où le huitième volet a été tourné au printemps 2016. Et ce n'est pas tout ! Dubrovnik attire désormais les Bollywood et un premier thriller indien, " Fan ", a été filmé dans les ruelles de la ville avec la star nationale Shah Rukh Khan. Cerise sur le gâteau : c'est aussi Dubrovnik que le désormais producteur Leonardo DiCaprio a choisi pour filmer " Robin Hood : Origins ". Le tournage a eu lieu en 2017 !

Littérature

Dubrovnik a joué un rôle de premier plan dans le développement de la langue croate et l'épanouissement de sa littérature, en particulier aux XVe et XVIesiècles.

A l'origine de la littérature croate se trouve la première écriture slave : le glagolitique, créé par deux moines grecs, saint Cyrille et son frère saint Méthode, au IXe siècle.

La traduction des Ecritures en slavon a incité les prêtres à créer une littérature religieuse en slavon croate, des romans populaires, chroniques, textes apocryphes, et à rédiger des textes publics dont le plus célèbre est la Plaque de Baška, du XIe siècle. Pourtant, l'évangélisation de la Croatie fut presque essentiellement l'oeuvre des clergés franc et italien, et c'est donc le latin qui s'imposa progressivement comme la langue de culture. La première véritable oeuvre littéraire à proprement parler est celle de Marko Marulić (1450-1525), humaniste originaire de Split dont les traités, écrits en latin, connurent un succès européen. Son oeuvre la plus réputée est l'épopée religieuse Judita (1501). Marko Marulić est considéré comme le père de la littérature croate. Mais des poètes écrivirent également en langue slave aux XVe et XVIe siècles, sous l'influence du pétrarquisme, surtout en Dalmatie et à Dubrovnik. Les plus importants sont Džore Držić (1461-1501) et Šiško Menčetić (1457-1527).

Au XVIe siècle, le poète majeur est Dinko Ranjina (1536-1607), qui a également rédigé des vers en italien. Le ragusain Marin Držić (1508-1567) écrit à cette période des pièces de théâtre dont, par exemple, Adonis ou Skup, qui sont encore très populaires aujourd'hui. Pour le XVIIe siècle, il faut citer Ivan Gundulić (1589-1638) et son long poème épique Osman (1638) ainsi que son Ode à Dubrovnik Dubravka (1628). Sans oublier Dominko " Dinko " Zlatarić (1558-1613), ragusain lui aussi, considéré comme un des plus grands traducteurs des textes de l'Antiquité en langue vernaculaire croate. Enfin, citons également Mavro Vetranović (1482-1576), moine bénédictin, patriote local (à l'échelle dalmate) qui a écrit une grande partie de son oeuvre prolifique sur l'île de Mljet.

Dans le nord de la Croatie, Petar Zrinski (1620-1671) et Fran Krsto Frankopan (1643-1671) laissent des essais de grande valeur. Le mouvement illyrien donne une impulsion à la littérature croate. Parmi les auteurs qui adoptent le dialecte chtokavien figurent Stanko Vraz (1810-1851), Petar Preradović (1818-1872) et surtout Ivan Mažuranić (1814-1890).

Pour la première partie du XIXe siècle, retenons les noms des romanciers August Šenoa (1838-1881) dont les romans historiques L'Or de l'orfèvre (1871) et La Révolte des paysans (1877) font figure des premiers grands romans croates, Eugen Kumičić (1850-1904), Ante Kovačić (1854-1889) et Ksaver Šandor Ðalski (1852-1935).

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les plus grands sont sans doute le poète Silvije Strahimir Kranjčević (1865-1908) et son Moïse et le dernier Adam, l'auteur de pièces de théâtre Ivo Vojnović (1873-1914), originaire de Dubrovnik, et Antun Gustav Matoš (1873-1914), poète et grand critique littéraire. Pour Dubrovnik, c'est Ivo Vojnović qui se démarque avec des pièces de théâtre telles que la Trilogie de Dubrovnik illustrant la chute de la république de Raguse.

Parmi les " modernes " figurent le poète Tin Ujević (1891-1955) (La Lamentation du serf, Le collier), Antun Branko Šimić (1898-1925) ou encore Dobriša Cesarić (1902-1980). Citons également le poète et romancier Janko Polić Kamov (1886-1910), auteur notamment de L'Insulte et Le Papier chiffonné, qui a fait à pied le voyage de Zagreb à Paris.

Parmi les écrivains croates notables également, citons Vesna Parun, née en 1922 (morte en 2010) et auteure de Aubes et tempêtes (1947), L'Olivier noir (1955) et d'autres romans, Radovan Ivšić, né en 1921 (mort en 2009), connu notamment pour Le Roi Gordagane (1943) et Le Puits dans la tour (1967), ainsi que Predrag Matvejević, né en 1932 et mort en 2017, à qui l'on doit Bréviaire méditerranéen (1992) ou Epistolaire de l'autre Europe (1993) et enfin Mirko Kovač (mort en 2013) avec La Vie de Malvina Trifković.

Au rang des meilleurs livres sortis ces cinq dernières années figurent : Miljenko Jergović, Dvori od oraha ; Zoran Ferić, Anđeo u ofsajdu ; Robert Perišić, Užas i veliki troškovi et Boris Dežulović, Christkind, Renato Baretić, Le Huitième Envoyé.

Le roman autobiographique Hotel Zagorje de l'auteure Ivana Bodrožić-Simić paru en 2010 est un best-seller. Le roman décrit la vie des réfugiés de guerre croates en Croatie. L'écrivain contemporain dubrovnikois Luko Paljetak est connu à l'échelle du pays pour ses nombreuses traductions et ses écrits pour enfants. Ses ouvrages n'ont guère été traduits en français, espérons que ce sera chose faite d'ici peu !

Marin Držrić, l'enfant terrible de Dubrovnik

Marin Držić est né en 1508, du temps de la république de Raguse. Sa famille (aisée mais exclue de la noblesse) le prédestinait à une carrière ecclésiale, voeu auquel il se plia, bien que son caractère semblait l'opposer à toute sorte de vie religieuse. Il fut ordonné prêtre en 1526 et envoyé en Toscane douze ans plus tard, pour étudier le droit canonique. A l'université de Sienne, il se fit plus remarquer pour son charisme qui le porta jusqu'au poste de vice-recteur, que pour son application aux études. Il retourna à Dubrovnik en 1545, via Ancône, sans pour autant s'y installer durablement. Il partit en expédition, qui à Vienne, qui à Constantinople, qui à Venise au fil de ses rencontres et compagnonnages. Animé d'un esprit fin, défenseur de la liberté et du bien commun, n'ayant pas sa langue dans sa poche, Držić s'adonna à l'art de la pastorale, de la poésie, du pamphlet et surtout de la comédie, domaine dans lequel il excella. Au point de lui valoir le surnom de Molière ou encore de Shakespeare croate. Dans une langue riche et expressive, Držić est parvenu à dépeindre ses contemporains sous toutes leurs coutures : avares, tyrans, amants, serviles, sincères... On lui doit ainsi : Dundo Maroje (1551), une comédie jouée par la troupe Pomet, au cours du festival de l'an 1551, où l'on retrouve une critique subtile de l'aristocratie ragusaine en cinq actes. Malheureusement la plupart de ses autres pièces de théâtre et écrits se sont perdus avec le temps. Le dramaturge disparut en 1567, non sans avoir essayé de renverser le régime ragusain, en demandant l'aide des Médicis à Florence, qui l'ignorèrent superbement...

Médias

Pendant une dizaine d'années, sous la présidence de Franjo Tuđman, la presse était sous la coupe du gouvernement. Pendant la guerre, les chaînes de télévision et radios publiques étaient utilisées comme moyens de propagande. Depuis la fin des conflits, et surtout le changement au pouvoir suite aux élections de l'an 2000, les médias sont autonomes et indépendants.

Journaux. Chaque région possède son quotidien régional. Dans la région de Dubrovnik (et dans toute la Dalmatie), il s'agit de Slobodna Dalmacija. Les deux autres journaux fréquemment lus dans la région sont le Jutarnji list (journal croate à plus fort tirage, penchant plutôt vers la gauche)

et le Večernji list (plus conversateur que le précédent) tous deux publiés à Zagreb.

En plus des journaux locaux, on trouve facilement dans les kiosques, la plupart des journaux étrangers : italiens, allemands, anglais, français...

Citons ici, l'existence du Dubrovnik Times (www.dubrovacki.hr), un hebdomadaire gratuit en anglais recensant adresses utiles et quelques reportages légers sur la région.

Radio. Plusieurs programmes d'informations quotidiens en langues étrangères sont diffusés durant la saison touristique : sur le premier programme de la radio croate HRT 1 (fréquence 92.1 Mhz), des informations en anglais sont diffusées chaque jour. Sur HRT2 (98.5 Mhz), les actualités en croate seront suivies de rapports du HAK sur la circulation routière en anglais, allemand et italien du 1er juin au 20 septembre. Plusieurs fois par jour sont émises dans ces mêmes langues des informations pour les plaisanciers. Toutes les heures sont diffusés sur ce même programme, en alternance, des flashs d'actualité et des informations sur la situation routière en direct des studios : du programme 3 de la radio bavaroise, du programme 3 de la radio autrichienne, de la RAI 1 et de la radio britannique Virgin. Pour ce qui est des autres programmes, le choix est large sur les ondes dubrovnikoises.

Télévision. Les trois chaînes publiques diffusent de nombreux programmes étrangers. Les films sont en version originale sous-titrée en croate. De nombreuses chaînes privées sont diffusées sur la câble et le satellite, très répandus au sien des foyers de la région. Il existe notamment des chaînes locales dalmates comme Televizija Dalmacija, TV Jadran...

Peinture et arts graphiques

Sans que l'on puisse comparer l'art ragusain aux oeuvres des maîtres vénitiens ou florentins, la peinture à Dubrovnik a été bel et bien florissante, à l'image du prestigieux passé de la cité.

L'ordre franciscain ou les familles nobles de la ville possédaient un certain nombres de belles pièces de la Renaissance italienne (des tableaux du Caravage ou de Titien), qui ont disparu avec le temps et le séisme de 1667. Les maîtres italiens étaient nombreux à résider à Dubrovnik sur invitation du gouvernement et des mécènes ragusains.

Au XVe- XVIe siècle s'épanouit l'école de Dubrovnik, dont il reste très peu de témoignages. On sait cependant qu'elle fut d'importance et qu'elle s'articula autour des peintres suivants : Lovro Dobričević, dont trois oeuvres nous sont parvenues et accessibles au public (le polyptyque du monastère dominicain, le polyptyque de l'église Sainte-Marie de Danče et quelques panneaux du polyptyque - portrait de Saint Blaise - situé dans le monastère franciscain de Dubrovnik). Son fils Vicko Lovrin, réalisa lui un polyptyque (du XVIe siècle) qui se trouve toujours dans l'église Notre-Dame-des-Neiges à Cavtat. Personnage clé de cette école ragusaine, Nikola Božidarević, était membre de l'atelier de Dobričević. Il se plia aux goûts des patrons ragusains, plutôt conservateurs, et ses créations sont davantage byzantines que Renaissance. Seul un triptyque nous est parvenu (actuellement dans l'église de Danče), ainsi que trois oeuvres conservées au musée du monastère dominicain de Dubrovnik.

Enfin Mihajlo Hamzić a été l'apprenti d'Andrea Mantegne en Italie. On lui doit Le baptême du Christ exposé dans le palais du recteur ainsi qu'un triptyque du monastère dominicain représentant Saint Nicolas).

L'évolution des arts à Dubrovnik devient indissociable des tendances qui caractérisent le reste de la Croatie à partir du moment où la cité n'est plus au faîte de sa gloire. A partir du XVIIe et jusqu'au XVIIIe siècle, le baroque se développe en Croatie et l'on assiste à l'apparition de la peinture illusionniste. Un baroque qui s'exprime parfaitement dans l'architecture de Dubrovnik, reconstruite suite au tremblement de terre de 1667.

Le début du classicisme se situe au XIXe siècle et l'apparition des meubles et décorations biedermaier (style propre à l'Autriche et à l'Empire austro-hongrois). Le représentant de la période est le croate Vjekoslav Karas. A la deuxième moitié de ce siècle, on assiste à l'apparition de la peinture historique, étroitement liée au renouveau de la conscience nationale (Quiquerez, Mašić, Iveković) et notamment Mato Medović (1857-1920). Cet artiste originaire de Pelješac, auteur de la toile historique intitulée l'Arrivée des Croates, finira néanmoins par se consacrer à la peinture littorale dans son village natal.

Vlaho Bukovac représente les nouvelles tendances de la peinture croate de la deuxième moitié du XXe, c'est également un des piliers de la renaissance picturale dubrovikoise. Il fut un des créateurs de la Zagrebačka šarena škola (école multicolore de Zagreb) et influença la formation de la sécession croate (Čikoš-Sesija, Crnčić).

Au XXe siècle, la Croatie suit la mode artistique européenne. Parallèlement, la peinture dubrovnikoise renaît sous l'impulsion de quelques-uns de ces nouveaux maîtres qui firent suite à Bukovac, notamment le trio Dulčić - Masle - Pulitika, dont il sera question plus loin.

Les instigateurs du modernisme croate sont des peintres éduqués à Munich (Račić Kraljević, Becić). Les oeuvres d'Ivan Meštrović, artiste croate renommé, datent de cette période. Pendant l'entre-deux-guerres, la Croatie connaît un développement d'expressionnisme et de cubisme (Tartaglia, Šulentić, Gecan). Après la guerre, l'école de l'art naïf est fondée à Hlebine. Au début des années 1950, on assiste au développement des tendances abstraites, vers 1960 débute l'époque de la " seconde avant-garde ". Aujourd'hui, le développement artistique suit les tendances mondiales et Dubrovnik n'est plus vraiment un centre artistique d'importance.

Quelques artistes croates et dubrovnikois de premier rang :

Vlaho Bukovac (1855-1922), originaire de Cavtat dans le Konavle. Son parcours digne d'un héros de Dickens le distingue de ses pairs. Il passa seize ans de sa vie à Paris, dans un premier temps en tant qu'élève à l'école de Beaux-Arts, où il fut repéré comme un des disciples les plus doués de Cabanel. Il en sortira diplômé en 1880. En 1882, sa Grande Iza fit sensation au Salon parisien. Sa toile La Femme monténégrine fut également remarquée. On l'invita outre-Manche où il se rendit plusieurs fois. Il connaît un succès grandissant à la fin des années 1880, il fut invité à la Biennale de Venise en 1897 et trois ans plus tard à l'Exposition universelle de Paris en 1900. Bukovac s'éloigne de l'académisme de ses maîtres pour suivre la voie des impressionnistes et des modernistes. Il participera à des ateliers avec l'école de Fontainebleau. En 1893, Bukovac regagna la Croatie, il sera un des membres les plus éminents de l'école multicolore de Zagreb, il fonda également la société des Artistes croates. De 1898 à 1903, il travaillera dans son atelier de Cavtat, à la recherche de nouvelles solutions coloristiques. Nommé par la suite professeur à l'école des beaux-Arts de Prague, il y introduisit le pointillisme.

Josip Račić (1885-1908). Ce peintre de génie, mort à 23 ans, a séjourné à Paris quelque temps en 1908. Son tableau le plus célèbre est Le Pont des Arts.

Ivan Meštrović (1883-1962). Berger, le sculpteur Ivan Meštrović s'est formé à Split, où il fréquente l'atelier de Bilinić, et a d'abord exposé à Vienne avant de se rendre à Paris en 1908-1909. Il se lie d'amitié avec Rodin. Ses sculptures ont été exposées à deux reprises au musée Rodin. Plusieurs de ses oeuvres ornent la région de Dubrovnik. On lui doit notamment la statue de Saint Blaise de la porte Pile, ainsi que le mausolée de la famille Račić à Cavtat.

Le trio Dulčić (1916 - 1975) - Masle (1919 - 1967) - Pulitika (1922 -2006). Ces trois artistes contemporains, originaires de la région de Dubrovnik se sont inspirés des paysages et motifs locaux.

Les peintures ensoleillées de Pulitika ressemblent quelque peu à des dessins enfantins, simples et touchants. Pulitika a recours au bleu dans de très nombreuses créations picturales. Dans son Stradun, (1972), le blanc des pavés semble éclabousser le reste de la toile. L'artiste a également peint quelques nus féminins sur fond de paysage dalmate. La peinture de Masle, légèrement plus abstraite est également très colorée et fait appel à des figures simples. Les bateaux du vieux port de Dubrovnik tanguent au pied des remparts dans Gradska luka (1967).

Ivo Dulčić est né à Dubrovnik en 1916, issu d'une famille de Hvar. C'est une personnalités qui ont le plus influencé la peinture croate de la deuxième moitié du XXe siècle. Fortement empreint de patriotisme, de la conscience du changement, de l'amour pour ses compatriotes, d'humanisme et de catholicisme, Dulčić est l'auteur des vitraux représentant saint Pierre, saint Paul, Cyril et Méthode dans l'église Saint-Blaise à Dubrovnik. De ses premiers autoportraits en 1942 à sa dernière oeuvre : la Cène en 1975 (détruite pendant la guerre de 1991-95), Dulčić affirme toujours son affection pour la liberté et son don pour la couleur. Sa dernière phase artistique le ramène sur le chemin du figuralisme et le conduit à produire davantage de vitraux et mosaïques.

Sculpture
Statue de Saint-Blaise (saint patron de la ville) surplombant la porte Pile (Vrata od Pila).
Statue de Saint-Blaise (saint patron de la ville) surplombant la porte Pile (Vrata od Pila).

Avec une abondance de carrières et de pierres de qualité dans la région de Korčula, il aurait été étonnant que la sculpture ne se soit pas développée à Dubrovnik et dans ses environs.

Ainsi la région a donné naissance à un des sculpteurs croates les plus connus, Frano Kršinić (1897-1982), originaire de Lumbarda (Korčula). Son style épuré a donné des oeuvres telles que Diana, Une jeune femme, En lisant... Ce fut un des fondateurs de l'académie des Sciences et des Arts croate ainsi qu'un membre du groupement Zemlja (" terre "), mouvement influent à Zagreb de 1929 à 1935.

Le maître de la sculpture croate, Ivan Meštrović (1883-1962), bien que n'étant pas natif de la région, s'est illustré à plusieurs reprises dans son enceinte. Il est l'auteur du mausolée de la famille Račić à Cavtat, ainsi que la statue de Saint Blaise incrustée dans une niche de la porte de Pile (Dubrovnik). On lui doit aussi une petite Sainte Vierge placée dans l'église des dominicains de Dubrovnik.

Traditions

Le folklore de la région de Dubrovnik mélange traits dalmates et particularismes locaux. Comme partout ailleurs en Europe, les manifestations quotidiennes du folklore ont tendance à disparaître, la nouvelle génération n'étant guère attirée par les pratiques de ses ancêtres. Néanmoins, on assiste à un timide renouveau du fait de l'activisme d'associations locales soucieuses de préserver les us et coutumes d'autrefois. Lorsque des manifestations folkloriques ont lieu, c'est en général à l'occasion d'une fête religieuse (Pâques, Semaine sainte, Pentecôte...) ainsi que les jours de fête des saints patrons du cru. La fête de la Saint Blaise à Dubrovnik, le 3 février, en est la meilleure des illustrations. C'est l'occasion de rejouer l'histoire, de sortir son costume folklorique de l'armoire et de se joindre à la liesse populaire. Les éléments de folklore qui ont réussi le mieux à se maintenir sont certainement les bijoux du Konavle et de Dubrovnik, encore portés aujourd'hui. Le Carnaval est également un moment de l'année important dans la région.

La région du Konavle fait figure de bastion des traditions locales de l'extrême sud de la Dalmatie. Il arrive que l'on porte encore fièrement le costume traditionnel dans l'arrière-pays de Cavtat lors des fêtes religieuses et le dimanche après la messe - enfin surtout si des cars de touristes sont là... De fait, le folklore du village de Čilipi est devenu un argument marketing qui marche du feu de Dieu ! Le costume du Konavle, qui marie le noir, le rouge et le blanc, est décoré de broderies en soie (produite dans la région, où l'on cultivait traditionnellement le vers à soie), la tenue féminine comme masculine est rehaussée d'un pompon jaune, en soie lui aussi. Les contours des broderies à motifs géométriques sont mis en valeur par un liseret doré - un héritage ottoman. La coiffure des jeunes filles non mariées se distingue de celles de leurs aînées : les demoiselles portent une sorte de béret rouge décoré de fil d'or. L'île de Mljet possède aussi son costume local (une tradition tout de même moins ancrée que dans le Konavle), il est taillé dans la laine.

Pour ce qui est de la musique, la région de Dubrovnik fait honneur aux voix masculines. Les klapa chants dalmates traditionnels sont entonnés uniquement par des hommes (en choeur de 5 à 8) - bien que l'on assiste de plus en plus à l'émergence de formations mixtes. Ces chants polyphoniques, rarement accompagnés d'instruments, suivent le motif de la sérénade et parlent généralement d'amour mais peuvent aussi être satiriques.

La lijerica, sorte de violon dalmate à trois cordes que l'on pose sur un genou, est l'instrument par excellence de la région. Il accompagne la danse dite linđo, répandue sur la côte de Dubrovnik, dans le Konavle, à Pelješac, et à Mljet. La tradition veut que le joueur de lijerica batte la mesure avec son pied droit, guidant ainsi les danseurs dans leurs mouvements en rond autour de musicien. Le musicien est maître de la cérémonie, c'est lui qui décide de la marche à suivre.

Deuxième foyer du folklore local, l'île de Korčula perpétue fièrement ses danses martiales : la moreška (dans la ville de Korčula), la kumpanija (à Blato, Vela Luka, Pupnat...) et la moštra (à Žrnovo). Dans le premier cas, il s'agit d'un spectacle représentant le combat contre les Maures - une tradition que l'on retrouve sur diverses île de la Méditerranée), dans les deux autres cas, ils s'agit de danses autochtones, accompagnées de mišnice, la cornemuse locale. Quoi qu'il en soit, les pas sont exécutés par des hommes, virtuoses du sabre. Des représentations ont lieu dans les villages concernés le jour de la fête du Saint patron.

Pour ce qui est du folklore croate en général (il arrive qu'à l'occasion de festivals folkloriques des danseurs issus d'autres provinces s'exécutent en public dans la région de Dubrovnik), il emprunte aux différentes influences qui se sont exprimées dans les Balkans, entre l'Europe centrale, la Turquie et la Méditerranée. En témoignent aujourd'hui les nombreux festivals folkloriques, comme le festival annuel de tambura d'Osijek. La tambura est un instrument à cordes d'origine turque ; c'est l'instrument traditionnel le plus répandu en Croatie et dans la diaspora croate. Citons aussi le sopila, hautbois typique de l'Istrie. Les danses traditionnelles débutent généralement par des mouvements lents, accompagnés de chants qui s'interrompent au fur et à mesure que la danse s'accélère.

La ronde initiale peut se séparer pour laisser les couples se former et exécuter des figures classiques. Les festivals sont aussi l'occasion de découvrir les costumes traditionnels que l'on ne porte plus guère qu'à cette occasion.

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