Guide de BERLIN : Arts et culture

Berlin, capitale artistique et dynamique

Berlin est devenu au fil des années un lieu de création artistique remarquable et remarqué. Ainsi, la cité fait partie depuis 2005 du réseau des villes créatives dans le cadre de l'Alliance globale pour la diversité culturelle de l'UNESCO. La ville accueille de nombreux événements comme la célèbre Berlinale, l'un des plus grands festivals de cinéma au monde, ou le salon Bread & Butter et la Fashion Week dans le domaine de la mode, mais aussi, entre autres, la Transmediale (le festival des arts médiatiques) et le Mois du design en mai. Enfin, les nombreuses galeries, notamment dans le quartier l'Auguststrasse à Mitte, donnent aux tendances de demain des possibilités d'exposition en nombre, encourageant la dynamique créatrice.

Architecture
Nicolaiviertel
Nicolaiviertel

L'histoire de Berlin se lit dans son architecture. La ville a ainsi été, au fil des siècles, un véritable laboratoire d'expérimentation architecturale et urbanistique, depuis l'époque de l'Empire prussien jusqu'aux récentes réalisations qui ont suivi la chute du Mur en passant par la Gründerzeit du XIXe siècle, le fonctionnalisme de la Nouvelle Objectivité des années 1920, ou encore l'architecture totalitaire planifiée par les nazis. Berlin est indéniablement une ville très hétérogène et l'on est loin de l'unité et de l'harmonie préservées et défendues dans les autres capitales européennes. Plus de vingt ans après la réunification, la ville est encore un immense chantier. Son statut de capitale l'a en effet considérablement remodelée, notamment par les récentes réalisations architecturales comme les bâtiments gouvernementaux et fédéraux, la construction des ambassades, institutions et organisations nationales et mondiales. De nouveaux projets d'envergure sont d'ores et déjà terminés ou en passe de l'être, c'est le cas pour Alexanderplatz, la gare centrale, le Zoofenster, les rives de la Spree, ou encore la rénovation complète de l'île des Musées.

L'architecture médiévale

Le Berlin médiéval a été détruit lors de la Seconde Guerre mondiale et de la forte industrialisation des années 1930. La dernière trace disparaît en 1931 lorsque le Krögel, quartier de maisons à colombage et de petits ateliers sis près de l'hôtel de ville, est rasé. Aujourd'hui, seules les églises Nikolaikirche (Saint-Nicolas) et Notre-Dame (Marienkirche) affichent des formes gothiques massives et plutôt sévères.

La Renaissance

De l'époque Renaissance, il y avait le château de Berlin, résidence des Hohenzollern jusqu'à la chute de l'Empire qui fut détruit en 1950. Edifié entre 1443 à 1451 lors du règne de Frédéric II sur l'île de Cölln (aujourd'hui appelée Museumsinsel, l'île des Musées), il est par la suite agrandi par Caspar Theyss, sur la demande de Joachim II qui souhaite épouser le modèle des résidences de Saxe dans le style Renaissance. A Berlin, le pavillon de chasse de Grunewald est, avec la citadelle de Spandau, le seul bâtiment Renaissance encore existant construit sous Joachim II. Le corps du pavillon connut de nombreux remaniements mais, épargné pendant la Seconde Guerre mondiale, il est le premier musée à rouvrir au public en 1949. La citadelle de Spandau, commencée en 1559 par l'architecte italien Francesco Chiaramelle, est une fortification dite à l'italienne dont l'ossature n'a pratiquement pas bougé au fil des siècles.

L'architecture baroque

C'est au lendemain de la guerre de Trente Ans qu'un vaste plan de reconstruction de Berlin est lancé par le Grand Electeur. Cette époque est marquée par la présence de nouvelles fortifications à l'italienne édifiées sous la conduite de Gregor Memhardt en 1658. Ce tracé est toujours visible de nos jours dans la configuration irrégulière de la place du Spittelmarkt et de la Hausvogteiplatz. A la même époque l'architecte Andreas Schlüter (1660-1714) est désigné comme directeur de l'Académie des arts. Egalement sculpteur, il rebâtit le château de la ville dans un style baroque plus lié au style du moment et participe à la construction du Zeughaus (Arsenal), avec les architectes Johann Arnold Nering (1659-1695) et Jean de Bodt (1670-1745). On lui doit également la statue équestre du Grand Electeur qui trône sur la place du château de Charlottenburg. Disgracié en 1706 à cause de nombreuses fautes de construction, il est remplacé par l'architecte suédois Eosander von Goethe (1669-1728). C'est ce dernier qui entreprend l'agrandissement du petit château de Litzenburg, qui devient par la suite le château de Charlottenburg en 1695. Le château de Köpenick est un autre bel exemple d'architecture baroque, il abrite aujourd'hui le musée des Arts décoratifs.

L'architecture sous Frédéric
 Guillaume Ier et Frédéric II

Sous le règne de Frédéric Guillaume Ier, l'élan artistique est un peu freiné. On note seulement la construction du mur d'Octroi, du pavillon de chasse de l'Etoile (Jagdschloss Stern) aux abords de Potsdam et du bâtiment de la Cour suprême. C'est à cette époque que se développent de nouveaux quartiers tels que Friedrichstadt et Dorotheenstadt avec une structure en damier moderne, bien loin des espaces médiévaux qui existait avant. C'est notamment à Friedrichstadt que s'installèrent les huguenots chassés par Louis XIV. Le forum Fredericianum, centre de la culture et des arts, décidé par Frédéric II, est l'illustration d'une architecture baroque arrivée à maturité. Le projet de grande ampleur prévoyait la construction d'une Académie des arts, d'un opéra et d'un nouveau palais. Seul l'opéra correspond aux plans initiaux. Les autres projets furent abandonnés ou construits ultérieurement dans un style différent. Le roi Frédéric II aimait à s'entourer d'artistes et fréquentait des architectes, peintres et sculpteurs tels que Georg von Knobelsdorff, Antoine Pesne ou encore Friedrich Christian Glume. Le roi voulait des monuments dans un style nouveau et leur demanda de créer ce qui s'avère être les plus beaux exemples d'architecture rococo allemande : le salon de musique du château de Sanssouci et la Galerie dorée du château de Charlottenburg. La construction du Nouveau Palais à Potsdam par Johann Gotfried Büring, Karl von Gontard, Jean Laurent Legeay et Heinrich Ludwig Manger est un autre exemple de ce nouveau style qui éclot en Prusse. Poussé à son paroxysme, le rococo est partout. La mode est lançée, tout le monde y succombe et notamment la classe bourgeoise qui se fait construire de belles demeures rococo afin d'essayer de rivaliser avec la noblesse prussienne. Hélas, tous ces chefs-d'oeuvre seront en grande partie détruits durant la Seconde Guerre mondiale, et aujourd'hui il ne reste que deux vestiges dans le centre-ville : dans le quartier du Nikolaiviertel, la façade du palais Ephraim, construite pour le joaillier de la cour et directeur de la Monnaie sous le règne de Frédéric II, et, tout à côté, l'Ermeler Haus cache de très beaux intérieurs rococo de la fin du XVIIIe siècle.

L'architecture néoclassique

Comme un peu partout en Europe, la fin du XVIIIe siècle, qui correspond également à la fin du règne de Frédéric II, est marqué par un retour à l'Antique. Le développement urbanistique s'en imprègne et une logique classique s'instaure avec la construction du forum Fredericianum, du palais du prince Henri, du Gendarmenmarkt (place de l'Académie) et d'une nouvelle cathédrale. La place de l'Académie constitue le plus bel ensemble néoclassique de Berlin en raison de la symétrie et de la majesté des édifices qui la composent. L'architecte Karl von Gontard (1731-1791) exécuta un remaniement des deux églises Französischer Dom et Deutscher Dom en les dotant d'une coupole grandiose (1780-1785).
Autre exemple de style néoclassique, le château de Bellevue, aujourd'hui résidence du président de la République. C'est Frédéric-Guillaume II qui permet à la ville de se voir insuffler un nouvel élan architectural. Berlin se dote alors de constructions d'apparat autant que de bâtiments publics. Le style dorique est partout. Outre l'architecture, le néoclassicisme s'exprime avec richesse dans la sculpture. L'un des exemples les plus emblématiques est dû à Johann Gotfried Schadow (1764-1850) qui réalise le quadrige de la porte de Brandebourg.

L'école de Karl Friedrich Schinkel

Le néoclassicisme continue de s'épanouir sous Frédéric-Guillaume III (1797-1840). Le roi fait appel aux services de l'architecte Schinkel pour l'exécution d'ambitieux projets. Schinkel bâtit ainsi en un quart de siècle d'innombrables édifices qui façonneront durablement l'image de Berlin : palais, châteaux, églises, théâtres, musées, ponts, et écoles dans le quartier d'Unter den Linden et à Potsdam. Fortement influencé par l'architecture grecque classique il arrive dans ses réalisations à marier différents styles : gothique anglais, style industriel... Il lègue à la Prusse un patrimoine architectural d'une grande diversité ainsi qu'une oeuvre théorique importante (dessins, esquisses, essais, projets non réalisés) qui est perpétué par certains de ses élèves. L'on compte parmi eux des noms aussi illustres que Martin Gropius (1824-1880), Georg Heinrich Hitzig (1811-1881), Ludwig Persius (1803-1845), Friedrich August Stüler (1800-1865) ou Eduard Knoblauch (1801-1865). Outre la présence de Schinkel, on peut citer le paysagiste Peter Joseph Lenné qui conçoit vers 1841 un projet d'aménagement du quartier de Luisenstadt à Kreuzberg : un nouveau canal y est percé, l'église Michaelskirche est construite ainsi que l'Oranienplatz. A la fin du XIXe siècle, ce style néogrec et néogothique s'essouffle, c'est désormais le style Beaux-Arts qui arrive.

L'architecture wilhelmienne

Guillaume II avait un caractère particulier et était considéré par beaucoup comme extravagant. Les bâtiments qu'il fit construire sont le reflet de ce caractère. Les plus marquants de cette période, qui sont encore aujourd'hui des monuments majeurs de Berlin, sont la nouvelle cathédrale, l'église commémorative de Guillaume Ier et le Reichstag. Un autre projet d'envergure, le musée de Pergame sur l'île des Musées, ne sera achevé qu'au lendemain de la Première Guerre mondiale.

Gründerzeit

Berlin connut au XIXe siècle une forte période d'industrialisation où les personnes venant des campagnes venaient s'implanter notamment dans les faubourgs aux abords de la ville en cours d'aménagement. Cet afflux massif de population s'est accompagné d'une vaste campagne de construction de logements souvent surpeuplés et de mauvaise qualité (humidité). Ces années de " fondation " (Gründerzeit) sont caractérisées par la construction de bâtiments cossus aux façades majestueuses mais derrière ce faste se cachaient bien souvent ces logements insalubres et surpeuplés des " casernes locatives " (Mietskaserne). Parmi les projets proposés, l'ingénieur James Hobrecht songe à un réaménagement de Berlin à l'image du Paris de Haussmann. C'est ce modèle que l'on retrouve dans le quartier de Luisenstadt : systèmes de bâtiments dessinés autour d'un square ou d'une église. L'apparition de parcs populaires accentue cette volonté de créer de nouveaux quartiers plus aérés. Ce sont les paysagistes Gustav Meyer et Hermann Mächtig qui façonnent la plupart de ces espaces verts. Mais ces projets initiaux ne seront pas suivis par d'autres et la plupart des rues secondaires ne furent pas remodelées. Seul l'îlot du Riehmers Hofgarten de Kreuzberg fut construit.

Le renouveau de l'urbanisme

Dès le début du XXe siècle, Berlin est sous l'influence d'architectes comme Alfred Messel (1853-1909) et Peter Behrens (1868-1940) qui développent une architecture fonctionnelle et moderne. Cette architecture est annonciatrice du mouvement Bauhaus. La création du Grand Berlin, bien qu'initié en 1912, ne se concrétise qu'en 1920 avec l'intégration des communes de Köpenick, Charlottenburg, Spandau, Neukölln, Lichtenberg, Wilmersdorf et Schöneberg. Berlin compte à ce moment là 3,8 millions d'habitants. Les difficultés économiques rencontrées à cette époque par la jeune République ont pour conséquence l'abandon de nombreux projets ambitieux comme le gratte-ciel de Mies Van der Rohe, près de la Friedrichstraße. Les efforts se concentrent alors sur des réalisations de dimension sociale. Au lendemain de la grande inflation, Berlin s'inspire de l'architecture américaine, les premières tours se dressent dans le paysage urbain, notamment celle de la société Borsig.

La Nouvelle Objectivité

Les années 1920 voient apparaître un nouveau courant architectural : la Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichkeit). Rattachés à cette conception, les architectes font passer le détail au second plan et préfèrent l'abstraction des formes qui sont alors planes et nettes. On retrouve cette configuration abstraite dans des bâtiments tels que l'Onkel Toms Hütte à Zehlendorf ou à la Weisse Stadt de Reinickendorf. C'est alors l'époque de projets tels que l'Alexanderplatz.

Le Bauhaus

Le Bauhaus n'est pas qu'un mouvement architectural, c'est une pensée globale qui vise notamment à intégrer un ensemble de disciplines pour concevoir entièrement un projet. C'est grâce à une étroite collaboration entre ingénieurs, architectes et artisans que naît en Allemagne le design moderne et son architecture. Il est question de concevoir des objets qui peuvent être manufacturés à grande échelle et qui allient autant esthétique qu'aspect fonctionnel. Les peintres Wassily Kadinsky, Paul Klee et le plasticien Laszlo Moholy-Nagy y enseignent, ainsi que les architectes Mies van der Rohe (1886-1969) et Walter Gropius (1883-1969) qui en sont les maîtres à penser. Sous l'impulsion du Bauhaus, l'architecture berlinoise s'oriente vers un modèle clair et abstrait. Bien que fondé en 1919, le mouvement va se retrouver malmené par le pouvoir politique en place jusqu'en 1933 où il reçoit le coup de grâce : le mouvement est contraint de se dissoudre. En effet, après s'être installés à Dessau pour se trouver à l'écart des heurts de la république de Weimar, les architectes doivent à nouveau déménager et choisissent alors d'ouvrir une école privée à Berlin. Mais là encore, la Gestapo perquisitionne et supprime définitivement ce groupe. L'expérience berlinoise fut donc de courte durée.

Germania ou le délire 
 architectural du IIIe Reich

Hitler n'aime pas Berlin, il veut complètement remanier la ville et lui donner une physionomie en rapport avec ses ambitions politiques. Pour cela, il entreprend une démolition systématique des bâtiments qui entravent les projets de son architecte Albert Speer. C'est la guerre qui retarde la construction de cette nouvelle capitale, baptisée " Germania ", qui devait être terminée en 1950, au moment de l'Exposition universelle. De toutes les constructions envisagées pour Germania, l'immense hall du Peuple au centre de la ville devant être couronné d'un dôme de 240 m de diamètre est un bel exemple de cette démesure ! De ce projet, aujourd'hui, les seules réalisations encore visibles sont les installations olympiques des Jeux d'été de 1936 de Werner March, l'aéroport de Tempelhof par Ernst Sagebiel, le complexe administratif de la Fehrbelliner Platz, les casernes de l'ancien quartier Napoléon (occupé après 1945 par les Forces françaises stationnées en Allemagne) et l'ancien ministère de l'Air (Reichsluftfahrtministerium).

L'architecture 
de la reconstruction

Berlin a particulièrement souffert des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Les destructions représentent près de 43 %. La ville doit se relever et se reconstruire sans attendre. Pour cela, on se concentre sur les habitations et la restauration des lieux de travail. On continue également de construire en périphérie de la ville et ainsi en déplacer ses limites. Ce n'est qu'à partir des années 1960 que l'on commence à revaloriser le patrimoine architectural dans le secteur ouest : on entame un vaste programme de réhabilitation des Mietskasernen et des immeubles de la fin du XIXe siècle. Cette prise de conscience va se faire beaucoup plus tardivement à l'Est, en raison des délires idéologiques des responsables politiques : il faudra attendre le 750e anniversaire de la ville en 1987. Même si la majeure partie des monuments historiques se trouvent à l'Est, ils ne sont pas forcément réhabilités car le régime de Pankow souhaite suprimer toute trace de l'héritage prussien : Berlin-Est doit devenir une capitale selon le modèle socialiste : on détruit notamment le château de Berlin. En parallèle, on conçoit l'avenue de prestige du régime, la Stalinallee (aujourd'hui Karl-Marx Allee - 1953-1959).

Le renouveau 
des infrastructures culturelles

Avec la ville qui se trouve divisée, Berlin-Ouest se trouve amputé de la majeure partie du noyau culturel et artistique de l'ancienne capitale allemande. De nouveaux repères doivent être trouvés qui sont caractérisés par le nouveau centre commercial de l'Europa Center (1963-1965) et l'église du Souvenir, qui devient le symbole de cette partie de la ville. L'église en ruine est conservée et complétée par un campanile moderne. On développe de nouveaux projets d'envergure comme l'ICC, le Centre international des congrès, (1973-1979), qui donne à Berlin-Ouest une dimension internationale. A l'initiative des Alliés, de nouvelles facultés sont inaugurées, notamment pour concurrencer la mainmise soviétique sur l'université de Humboldt. L'Université libre (FU, Freie Universität) et l'Université technique (TU, Technische Universität) ouvrent leurs portes en 1948. Un tout nouveau complexe culturel (Kulturforum) voit aussi le jour au sud du Tiergarten. Sous la conduite de Scharoun, la Philharmonie (1960-1963) et la Bibliothèque nationale (1967-1978) sont érigées.

Le nouveau Berlin

La dernière grande étape au niveau de l'histoire architecturale de la ville se produit lors de la réunification de l'Allemagne. Berlin devient alors la nouvelle capitale de la République fédérale. Les instances gouvernementales viennent s'y installer. Pour les accueillir, un chantier d'aménagement est entrepris. Il faut également engager la ville dans de lourds travaux d'assainissement des quartiers est, en particulier les districts de Prenzlauer Berg et Mitte. Une fois le Mur disparu, il appartient aux architectes de combler cette cicatrice laissée entre les deux secteurs de la ville. C'est à ce titre que la Potsdamer Platz, la Pariser Platz et la Leipziger Platz retrouvent leur fonction d'autrefois. L'architecte Renzo Piano remporte le concours pour l'aménagement de la Potsdamer Platz. La configuration de la place, telle qu'elle a été imaginée, permet notamment de relier le Kulturforum avec le nouveau centre névralgique et le quartier historique. Les quartiers gouvernementaux s'installent pour la plupart dans Spreebogen, à proximité du Reichstag. 800 architectes du monde entier participent à ce projet titanesque qui prévoit la construction de la nouvelle chancellerie, de nouveaux ministères ainsi que le réaménagement de l'hémicycle du Reichstag.

Deux architectes majeurs

Karl Friedrich Schinkel, architecte et peintre allemand (1781-1841). Architecte de l'Etat dès 1810, il est considéré comme le plus grand architecte allemand du XIXe siècle. C'est à lui que l'on doit les débuts de l'architecture classique en Prusse. Il est aussi l'auteur de nombreux monuments prestigieux de Berlin et des alentours. C'est par exemple à lui que l'on doit la Neue Wache (Nouvelle Garde) construite entre 1816 et 1818, le Musée ancien construit entre 1824 et 1828, le théâtre d'Etat ou encore le château de Babelsberg, construit entre 1833 et 1844 et pour lequel il associa le gothique et l'antique. Ces constructions témoignent toutes de son désir de créer un " Gesamtkunstwerk " (oeuvre d'art globale), intégrant le bâtiment et son mobilier à son environnement. Egalement peintre, il subit un temps une influence romantique (La Porte du rocher, 1816). Il décora aussi des appartements et réalisa de nombreux projets de décors pour le théâtre, notamment pour La Flûte enchantée de Mozart.

Walter Gropius, architecte allemand (1883-1969). Il suit ses études d'architecture à Berlin puis à Munich. A 27 ans, en 1910, il dirige son propre cabinet dans lequel il crée une nouvelle esthétique industrielle. Sa nouvelle conception architecturale est basée essentiellement sur la rationalisation. En conséquence, il développera des toits-terrasses, des murs-rideaux, la préfabrication ou encore la standardisation. Il exposera à Cologne en 1914 un projet d'usine expérimentale puis fondera le Bauhaus en 1919, à Weimar. Gropius y enseigne une architecture basée sur la pluridisciplinarité et l'expérimentation. Il s'essaie d'ailleurs à concevoir en 1927 un théâtre total synthétisant toutes les salles de spectacles existantes et assorti d'une scène tournante.

Les architectes du Berlin moderne

Daniel Libeskind (1946). Né à Łódź en Pologne, Daniel Libeskind part d'abord étudier la musique en Israël avant de s'envoler pour les Etats-Unis et de s'inscrire en architecture à la Cooper Union School de New York. Il fonde ensuite en 1986 sa propre école d'architecture à Milan. Deux réalisations majeures vont porter Daniel Libeskind sur le devant de la scène. D'abord, le Musée juif de Berlin qu'il va construire entre 1993 et 1998. Ce bâtiment aux lignes aussi cassées et violentes que l'histoire des juifs rompt avec les mémoriaux plus classiques. Daniel Libeskind a réussi un équilibre entre le voir et le non-dit, entre l'intention chargée de sens et l'apparente absence. Dernièrement, Daniel Libeskind s'est distingué en étant retenu pour la pharaonique reconstruction du site du World Trade Center à New York.

Renzo Piano (1937). Né en Italie, cet architecte a étudié à Milan puis a poursuivi sa formation pratique en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Il a, entre autres, participé à la construction du Centre Georges-Pompidou à Paris, et s'est fait connaître du grand public allemand par la construction du Musical Theater de Berlin, mais aussi et surtout en tant qu'architecte en chef de l'aménagement de l'imposante Potsdamer Platz. En 1998, Renzo Piano a reçu la plus haute distinction dans le domaine de l'architecture : le prix Pritzker.

Norman Foster (1935). Cet architecte anglais de renom va laisser longtemps son empreinte dans le paysage berlinois. Il a en effet réaménagé le Reichstag qui abrite le Parlement allemand, inauguré en 1999. Avec une nouvelle coupole en verre, symbole de transparence et de tolérance, ce bâtiment chargé d'histoire (il a été incendié par les nazis en 1933) fait partie des grands travaux de la nouvelle capitale de l'Allemagne réunifiée.

Expressions modernes

Avec sa scène artistique en ébullition, Berlin regorge de lieux - souvent d'anciens squats réhabilités - dédiés à la création contemporaine et à l'art conceptuel. Les amoureux du street art trouveront leur bonheur, en particulier dans les quartiers de Kreuzberg et Friedrischain.

Que ramener de son voyage ?

L'artisanat allemand le plus remarquable concerne les décorations de Noël, jeux et objets en bois, souvent axés sur des mécanismes, ou encore figurines de crèche. En dehors des périodes de fêtes, les reliques de la RDA et les objets vintage en général sont les souvenirs les plus prisés. On peut les trouver dans les boutiques et fripperies ou encore mieux, sur les marchés aux puces. Les objets autour du Mur de Berlin, de l'Ampelmann ou de l'ours emblématique de la ville feront aussi des petits cadeaux appréciés. N'hésitez pas à fouiller les boutiques de créateurs locaux : la mode made in Berlin, faite à la main et sur place, est souvent aussi éthique qu'esthétique.

Cinéma

L'histoire du cinéma allemand est ponctuée de périodes fastes (les années 1920, les années 1970) mais aussi de passages à vide. Cependant, avec la Berlinale, le festival annuel du film allemand, et des nouvelles oeuvres de jeunes réalisateurs remarqués ces dernières années, on peut estimer que le cinéma occupe aujourd'hui à nouveau une place importante dans la capitale allemande.

Les années 1920, sous l'égide de l'Universum Film Aktiengesellschaft (UFA), constituent le premier âge d'or du cinéma berlinois. Issus d'un courant que l'on a qualifié d'expressionniste, Le Cabinet du docteur Caligari (1919) de Robert Wiene, Nosferatu le Vampire (1922) de Friedrich Wilhelm Murnau, Le Docteur Mabuse (1922) et bien sûr Metropolis (1925), le chef-d'oeuvre de Fritz Lang, illustrent de manière éclatante la richesse du cinéma de cette époque. La veine expressionniste se tarissant, elle sera remplacée par un courant réaliste, caractérisé notamment par les films de Georg Wilhelm Pabst (Loulou en 1929) et de Joseph von Sternberg (L'Ange bleu en 1930).
L'avènement de Hitler en 1933 provoque l'exil de l'élite culturelle. Le cinéma n'est pas épargné et seuls les films qui, d'une manière ou d'une autre, font l'apologie du régime ont droit de cité. Les deux exemples les plus significatifs en sont Le Juif Süss de Veit Harlan en 1940 et Les Dieux du stade de Leni Riefenstahl en 1938, film tourné au moment des Jeux olympiques de Berlin.

Après la Seconde Guerre mondiale, il faudra attendre le milieu des années 1960 et les réalisations de Volker Schlöndorff et de Werner Herzog - souvent des adaptations de textes littéraires célèbres - pour que le cinéma allemand atteigne de nouveau une renommée internationale. Dans une veine plus sociale et militante, plus provocante également, Werner Rainer Fassbinder (1945-1982) réhabilita Berlin comme ville du cinéma et livra des chefs-d'oeuvre comme Le Marchand des quatre saisons en 1971, Tous les autres s'appellent Ali en 1973 et Le Mariage de Maria Braun en 1978, sans oublier la dizaine d'épisodes télévisés inspirés du célèbre roman d'Alfred Döblin, Berlin Alexanderplatz.

Du côté est-allemand, la DEFA, la société de production nationale, a coordonné la réalisation de plus de 700 films. Parmi les plus remarqués, Der Geteilte Himmel de Konrad Wolf en 1964, La Légende de Paul et Paula de Heiner Warow en 1972 et Jacob le Menteur de Frank Beyer en 1974. Elle fut dissoute après la réunification, et les studios de Babelsberg de la DEVA sont aujourd'hui la propriété d'Universal. De grands films continuent d'y être tournés, dont Stalingrad de Jean-Jacques Annaud et le plus récent Ghost Writer de Polanski.
Aujourd'hui, des réalisateurs comme Doris Dörnie ou Edgard Reitz représentent la nouvelle génération du cinéma allemand. Wim Wenders, qui situe à Berlin son chef-d'oeuvre Les Ailes du désir (1987), reste une référence incontournable. Parmi les films récents remarqués, Cours Lola Cours (Lola rennt) de Tom Tykwer (1998), Head-On (Gegen die Wand) de Fatih Akin (2003) sur les difficultés d'intégration de la communauté turque ou encore The Edukators (Die fette Jahren sind vorbei) de Hans Weingartner (2005). Les années est-allemandes sont peu à peu abordées dans des films, de manière humoristique, avec Sonnenallee (Leander Haußman, 1999) ou dans le grand succès Good bye Lenin ! (Wolfgang Becker, 2003), mais aussi de manière sérieuse et tragique à travers les activités de la Stasi dans La Vie des autres (Das Leben der Anderen) de Florian Henckel von Donnersmarck (2006).

Quelques grands cinéastes

Fritz Lang, cinéaste autrichien (1890-1976). Il fut à l'origine de nombreux chefs-d'oeuvre du cinéma berlinois des années 1920. A l'arrivée du nazisme, Goebbels aimerait le mettre à la direction du cinéma allemand mais il préfère partir pour les Etats-Unis.

Ernst Lubitsch, cinéaste allemand (1892-1947). Fils d'un tailleur juif de Berlin, il se fait remarquer au cinéma par ses comédies satiriques, ses drames mondains et ses reconstitutions historiques. Parti en 1922 aux Etats-Unis, il excelle dans la comédie derrière laquelle se cache une lucidité politique. On parle de son style comme de la Lubitsch Touch.

Volker Schlöndorff, cinéaste allemand (1939). Il étudie le cinéma en France, où il devient l'assistant de Jean-Pierre Melville et d'Alain Resnais, puis se fait spécialiste de l'adaptation à l'écran d'oeuvres romanesques. Codirecteur depuis 1992 des légendaires studios de Babelsberg près de Berlin, il tourne en 1995 une adaptation du Roi des aulnes de Michel Tournier.

Billy Wilder, scénariste autrichien (1906-2002). Il commence sa carrière en écrivant des scénarios pour les studios UFA de Berlin. Il fuit ensuite l'Allemagne avec l'arrivée des nazis au pouvoir, réalise un premier film en France puis reprend son métier de scénariste aux Etats-Unis. Il devient un des maîtres les plus reconnus d'Hollywood dans les années 1940 et 1950 (Sunset Boulevard, Certains l'aiment chaud...).

La Berlinale, un festival
 des plus accessibles au public

La Berlinale, le festival du film de Berlin, est l'un des rendez-vous du monde du cinéma. Il a la particularité de se dérouler en plein coeur de la ville, à la Potsdamer Platz, et d'offrir un large accès au public qui peut assister à toutes les projections. Dans la sélection officielle, la compétition pour les Ours d'or et d'argent est au coeur du festival. D'autres points forts de ce festival sont la section Panorama avec plus de 30 premières mondiales, la section Perspective du film allemand et le Forum international du jeune cinéma. Et l'intérêt manifesté à l'égard de la Berlinale augmente chaque année : plus de 20 000 professionnels et visiteurs ainsi que près de 4 000 journalistes se retrouvent pour l'événement !

Filmographie de Berlin

Voici une sélection de films dont l'intrigue se passe à Berlin.

Le Temps d'aimer et le Temps de mourir de Douglas Sirk (1958) : tiré du roman d'Erich Maria Remarque.

Les Ailes du désir (Der Himmel über Berlin) de Wim Wenders (1987) : l'histoire aigre-douce d'un ange qui tombe amoureux d'une trapéziste.

Si loin, si proche (In weiter Ferne, so nah !) de Wim Wenders (1992) : suite du film précédent, histoire d'un ange dans le Berlin réunifié.

Cours, Lola, cours ! de Tom Tykwer (1998) : histoire à fins multiples dans les rues de Berlin.

Sonnenallee de Leander Haußman (1999) : les aventures du Michael et de ses amis dans les années 1980 le long de la Sonnenallee.

Berlin Is in Germany de Hannes Stör (2002) : histoire d'un ancien détenu de l'Est qui découvre le nouveau Berlin de la réunification.

Downhill City de Hannu Salonen (2002) : coproduction germano-finlandaise qui retrace un portrait actuel de Berlin.

Good bye, Lenin ! de Wolfgang Becker (2003) : ou comment Daniel Brühl recrée la RDA dans un appartement de Berlin.

La Vie des autres (Das Leben der Anderen) de Florian Henckel von Donnersmarck, (2006) : récompensé par l'oscar du meilleur film étranger en 2007, ce chef-d'oeuvre suit les activités d'un agent de la Stasi (police secrète du régime est-allemand).

Valkyrie de Bryan Singer (2008) : sur la tentative d'assassinat d'Hitler.

Berlin Calling de Hannes Stöhr (2008). Film sur la vie nocturne berlinoise à travers le destin tumultueux d'un DJ joué par le célèbre Paul Kalkbrenner.

Barbara de Christian Petzold (2012). Dans le milieu médical, une chronique sur la scission est-ouest en 1980. Ours d'argent du meilleur réalisateur à la Berlinale 2012.

Oh Boy de Jan-Ole Gerster (2012). Un jeune Berlinois désoeuvré part à la recherche d'une tasse de café dans les rues de la ville et y rencontre des personnages qui marquent sa vie tourmentée. Ce joli film indépendant, réalisé par un étudiant de la DFFB (école de cinéma de Berlin), fut un succès inattendu dans les salles, en Allemagne comme en France.

Victoria de Sebastian Schipper (2015). Filmé en un seul plan-séquence, ce thriller haletant, qui met en scène la rencontre, à Berlin, d'une jeune expatriée espagnole et d'une bande de jeunes délinquants turcs, reçut le Deutscher Filmpreis en 2015.

Wim Wenders

Né à Düsseldorf, Wim Wenders commence des études de médecine et de philosophie, mais les interrompt pour aller passer un an à Paris, où il fréquente assidûment la Cinémathèque. En 1967, il entre à l'École supérieure du cinéma et de la télévision, à Munich. Parallèlement à ses études, il écrit des critiques de films pour le journal Süddeutsche Zeitung et la revue Kritik.
En 1971, Wim Wenders fait partie des cofondateurs de la maison de production Filmverlag der Autoren et crée en 1975 la société de production Road Movies. Pour son deuxième long-métrage, il adapte un roman de Peter Handke  : L'Angoisse du gardien de but au moment du penalty. Wenders signe ensuite une "  trilogie du voyage  ", composée des road-movies contemplatifs Alice dans les villes, Faux mouvement (adaptation de Goethe avec une toute jeune Nastassja Kinski) et Au fil du temps (un film en noir et blanc de trois heures qui lui vaut sa première sélection au Festival de Cannes). Acceptant une commande de Francis Ford Coppola, il réalise ensuite Hammett, un hommage au célèbre auteur de polars. Mais cet amateur de littérature est aussi un cinéphile averti, comme il le prouve avec Nick's Movie, coréalisé par Nicholas Ray au soir de sa vie, Tokyo-ga, déclaration d'amour au cinéma d'Ozu, et, plus tard, Par-delà les nuages, sur lequel il sera l'assistant de luxe du maître Antonioni.
La consécration arrive en 1984 avec Paris, Texas, coécrit par Sam Shepard, émouvante traversée de l'Amérique qui décroche la Palme d'or au Festival de Cannes, et trois ans plus tard avec Les Ailes du désir, film-poème sur Berlin et succès international, qui donnera lieu à une suite tournée après la chute du Mur.
Le cinéaste-voyageur, qui sillonna le Portugal dans L'État des choses (Lion d'or à Venise en 1982) et Lisbonne Story, livre en 1991 Jusqu'au bout du monde, une ambitieuse fable futuriste qui déconcerte les spectateurs.
Au milieu des années 1990, Wim Wenders retourne aux États-Unis pour y tourner des films désenchantés sur l'évolution de la société américaine  : le polémique The End of Violence en 1997 avec Gabriel Byrne et Andie McDowell, et Land of Plenty, une méditation, tournée en DV, sur les conséquences des attentats du 11 septembre 2001. Dans un autre genre, Wim Wenders connaît également un triomphe inattendu en 1999 avec son documentaire sur la musique cubaine, Buena Vista Social Club. Plus récemment, il s'est fait remarquer pour sa très belle biographie de la danseuse et chorégraphe allemande Pina Bausch, Pina, sortie en 2011, et pour son documentaire sur le photographe brésilien Sebastiao Salgado, Le Sel de la Terre (2014, avec Juliano Ribeiro Salgado). Il fait encore plus récemment parler de lui en 2018 avec un documentaire sur le pape François.

Marlene Dietrich

Celle qui fut l'une des plus grandes figures de l'âge d'or d'Hollywood est née le 27 décembre 1901 dans le quartier de Schöneberg. Également chanteuse, elle débute sa carrière au théâtre et dans les cabarets du Kurfürstendamm. Après quelques rôles mineurs au cinéma, elle devient célèbre en 1930 lorsque le réalisateur Josef von Sternberg lui offre le rôle, inoubliable, de L'Ange bleu. Opposée au régime nazi, elle rompt les liens avec son pays et prend la nationalité américaine en 1937, grâce à l'appui de Joseph Kennedy avec qui elle aura une brève liaison. Durant la guerre, elle s'engage dans l'armée américaine et chante pour les troupes alliées. Au cinéma, outre Josef von Sternberg, elle tourne pour Fritz Lang, Alfred Hitchcock, Orson Welles. De sa vie privée, on peut retenir sa relation passionnée avec Jean Gabin. Marlene Dietrich est morte à Paris, à l'âge de 90 ans. Une place de Berlin, sa ville natale qui l'a longtemps rejetée, porte aujourd'hui son nom.

Ulrich Mühe

Ce grand acteur de théâtre et de cinéma s'est surtout fait connaître par le public international grâce à son rôle d'agent de la Stasi dans La Vie des autres. Mais son immense talent était déjà reconnu et estimé en Allemagne : né en 1953, Ulrich Mühe se consacra entièrement au métier d'acteur dès l'âge de 20 ans. Après des premiers succès à Leipzig, il monta à Berlin en 1982, où il deviendra l'acteur vedette de la Volksbühne. Après la chute du Mur, il multiplie les représentations partout en Europe, notamment à Salzbourg et à Vienne. Parallèlement, il entame sa carrière au cinéma, où il excelle en 1997 dans Funny Games, de Michael Haneke. Sa brillante carrière trouve son apogée en 2006 avec La Vie des autres - et une fin tragique en juillet 2007 : à l'âge de 54 ans, il succombe à un cancer de l'estomac.

Littérature

Deux oeuvres majeures sont à l'origine de la littérature allemande. Il s'agit du Chant de Hildebrand (IXe siècle) et de L'Epopée des Niebelungen (fin du XIIe siècle). Mais il faut attendre la Réforme et, précisément 1534, pour lire le premier texte rédigé en allemand moderne : la traduction de la Bible par Luther. En raison d'une guerre de Trente Ans incroyablement dévastatrice, le XVIIe siècle est peu prolixe en littérature, mis à part le roman picaresque de Grimmelshausen, intitulé Les Aventures de Simplicius Simplicissimus. En revanche, le XVIIIe siècle illumine l'Europe. Deux mouvements se partagent alors la vie intellectuelle : l'Aufklärung (les Lumières) avec le monstre sacré de la philosophie Emmanuel Kant (1724-1804) et le Sturm und Drang, en réaction au premier et dont les jeunes Goethe et Schiller se font les porte-parole. La révolte et la liberté sont mises en avant, ainsi qu'un rappel aux exigences de la sensibilité, si souvent délaissée par le siècle des Lumières. Issu du Sturm und Drang, le romantisme devient à la fin du XVIIIe siècle le courant privilégié de la jeunesse allemande. Il s'agit d'un mouvement philosophique, religieux, littéraire, où lyrisme et quête d'infini ont ici libre cours et qui oppose la raison à une perception intuitive et sentimentale du réel. On privilégie le passé, la nostalgie, l'esprit enfantin et la rêverie à la réalité fade de ce monde. Les très inspirés August et Wilhelm Schlegel, Friedrich Hölderlin et Novalis deviennent les premiers théoriciens de cette nouvelle façon de percevoir la réalite. Après Jena et Heidelberg, Berlin devient un important foyer du romantisme, avec des auteurs comme E.T.A. Hoffmann et Joseph von Eichendorff. En développement surtout depuis le milieu du XVIIIe siècle avec des auteurs comme Kleist, le théâtre berlinois connaît une de ses meilleures périodes jusqu'en 1814. S'ensuit un siècle peu faste où Berlin est bien plus occupée par la politique que par l'art dramatique. Ce n'est qu'avec l'arrivée d'Otto Brahm à la direction du Deutsches Theater en 1894 que la situation change. A la même époque, l'acteur et metteur en scène autrichien Max Reinhardt fait ses débuts à Berlin. En 1924, il travaillera avec un jeune Bertolt Brecht, qui, peu de temps après, mettra en place son célèbre Théâtre Ensemble. Son Opéra de quat'sous (1928), mis en musique par Kurt Weill, est un brûlant réquisitoire contre la montée du nazisme. La Résistible Ascension d'Arturo Ui (1941) n'a pas perdu une once de ses vertus critiques, tandis que Mère Courage et ses enfants (1941) ou La Vie de Galilée (1943) continuent d'exercer une grande influence sur les metteurs en scène contemporains. Parallèlement, la littérature de la seconde moitié du XIXe siècle est marquée par un intérêt croissant pour la forme réaliste, qui se développe sous la plume d'Heinrich Heine et Wilhelm Busch. Plus tard, sous l'influence des écrits philosophiques de Karl Marx et d'Arthur Schopenhauer, le courant naturaliste connaît son heure de gloire avec Gerhart Hauptmann (Les Tisserands). La littérature du début du XXe siècle est alors d'une prodigieuse richesse. Dans toutes les contrées de l'espace germanophone, des écrivains tels Thomas Mann (Docteur Faustus et La Montagne magique), Stefan Zweig (Amok, La Confusion des sentiments, Le Joueur d'échecs) ou Robert Musil (L'Homme sans qualité) sont de plain-pied dans leur époque où la psychanalyse freudienne élargit considérablement les champs d'interprétation. De nombreux autres auteurs connaissent le succès. Parmi les plus brillants, on peut citer Arthur Schnitzler (La Ronde), Léo Perutz (La Neige de Saint-Pierre, Le Cavalier suédois), les expressionnistes, Hermann Hesse (Le Loup des steppes) ou encore la troublante et émouvante Anna Seghers (Les morts restent jeunes). Au lendemain de la guerre, une nouvelle génération d'auteurs, ayant à gérer l'après-Auschwitz et la reconstruction, se constitue autour du Groupe 47. Ceux qui figurent aujourd'hui parmi les piliers de la littérature allemande en font partie, comme Heinrich Böll (L'Honneur perdu de Katharina Blum), Günter Grass (Le Tambour), Hans Magnus Enzensberger (Le Bref Eté de l'anarchie) et Martin Walser (Mi-temps). Le poète Paul Celan (Pavot et Mémoire), qui passa la dernière partie de sa vie à Paris, est aujourd'hui considéré comme le plus grand poète de langue allemande de la fin du XXe siècle. De leur côté, Peter Handke (La Femme gauchère et Le Poids du monde) et Arno Schmidt (Soir bordé d'or) s'attachent à travailler davantage le langage, comme objet formel et parfois ludique.

Médias locaux

Berlin a toujours été considérée comme la ville des médias, et cette appellation n'est pas près de disparaître. Déjà siège de la presse allemande avec la parution de dix quotidiens, Berlin est devenue le siège des chaînes de télévision. Ainsi, on trouvera à Berlin les studios de N-TV, de ARD et ZDF, mais aussi de SAT 1 ou de chaînes locales comme FAB. Avec 300 maisons d'édition dans ses murs, Berlin est aussi la ville de l'édition. Mais la ville est surtout le centre des nouveaux médias avec un foisonnement d'entreprises travaillant dans le multimédia. S'ajoutent encore à cela près de 60 maisons d'édition musicale et 50  studios d'enregistrement ! Les quotidiens les plus importants sont le Berliner Zeitung, le Tagesspiegel ainsi que le Berliner Morgenpost.

BVG
Musique
Berliner Philharmonie
Berliner Philharmonie

Après de débuts incertains, le XVIIIe siècle marque sans conteste le premier siècle d'or de la musique germanique, avec comme chef de file Jean-Sébastien Bach (1685-1750). Compositeur de génie et infatigable, il écrit de nombreux concertos, cantates et autres pièces instrumentales ou vocales, dont les Concertos brandebourgeois (1717-1723) ou encore Les Variations Goldberg (1741). L'Allemagne, à l'instar de l'Italie et de la France, livre au cours de cette période plusieurs pièces figurant désormais au Panthéon de la musique baroque. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) et son Messie (1742), Georg Philipp Telemann (1681-1767), promoteur du singspiel ou encore Christoph Willibad Glück (1714-1787) et son Orphée (1774) ont largement contribué à cet épanouissement musical. A la fin du XVIIIe siècle, romantisme et classicisme atteignent une puissance d'expression inégalée avec Ludwig Van Beethoven (1770-1827), le second grand maître de la musique allemande. De lui, Joseph Haydn dira : " Vous me faites l'impression d'un homme qui a plusieurs têtes, plusieurs coeurs, plusieurs âmes. " Ses contemporains - Carl Maria von Weber (1786-1826), Robert Schumann (1820-1856) et Johannes Brahms (1833-1897) - incarnent de la manière la plus brillante le romantisme musical, dans lequel déjà perce l'ombre de Richard Wagner. Ce dernier, à l'origine du drame intégral où se côtoient musique, poésie, théâtre et danse, composa quelques-unes des pièces les plus célèbres du répertoire allemand dont notamment Tannhäuser (1845) et Parsifal (1882). Par la suite, sa philosophie et l'aspect messianique de son oeuvre, dont Friedrich Nietzsche fut dans ses débuts l'un des plus véhéments promoteurs, furent l'objet de nombreuses interprétations contradictoires et erronées. Son contemporain Gustav Mahler (1860-1911) développa un langage musical proche du dodécaphonisme, cher au XXe siècle, tandis que Richard Strauss (1864-1949), dernier grand musicien romantique, privilégia encore la richesse des lignes mélodiques classiques. La production musicale germanique du XXe siècle est également fort riche. On notera le flamboyant Carmina Burana de Carl Orff (1895-1982), le Wozzeck (1921) d'Alban Berg (1885-1935), adapté d'un texte de Georg Büchner, ainsi que les nombreuses productions de Kurt Weill (1900-1950), dont le répertoire est joué sur les plus grandes scènes du monde. Enfin, Karlheinz Stockhausen (né en 1928), élève de Darius Milhaud et d'Olivier Messiaen, influencé par Pierre Boulez, est aujourd'hui le chef de file de ce que l'on appelle le sérialisme, mouvement jouant un rôle considérable dans la création contemporaine.

En matière de musique pop, rock ou techno, des groupes comme Kraftwerk, Einstürzende Neubauten ou Scorpions peuvent être considérés aujourd'hui comme des précurseurs. Cependant, d'autres groupes plus contestataires comme les rappeurs Die Phantastischen Vier ou les rockeurs Die Toten Hosen ont eu un franc succès ces dernières années. Dans un autre genre, on trouve Die Prinzen - anciens petits chanteurs du célèbre choeur des Thomaner à Leipzig - qui se lancent dans le rock. Nina Hagen a marqué les esprits par ses exubérances de cantatrice punk. Une autre voix, Nena, s'est fait connaître dans le monde entier en 1984 avec ses 99 Luftballons et revient sur le devant de la scène en 2002. Production la plus récente de l'industrie pop allemande, le groupe d'adolescents Tokio Hotel continue de faire des ravages. Mais c'est évidemment la techno qui l'emporte à Berlin, qui abrite le "meilleur club électro du monde", le Berghain. La scène électro est très diversifiée en termes de styles et d'artistes, un des plus populaires étant le DJ Paul Kalkbrenner. Côté hip-hop, Berlin n'est pas en reste avec quelques-uns des rappeurs les plus influents à l'image de Sido et Bushido.

Peinture et arts graphiques

Tandis qu'en Italie, en France et en Hollande, la peinture de la Renaissance est un art à part entière où se côtoient de grands noms à partir du XVe siècle, il faut attendre le XVIe siècle pour que le premier grand courant pictural allemand perce avec Albrecht Dürer (1471-1528), Matthias Grünewald (1460-1528), Lucas Cranach l'Ancien (1472-1553), Hans Holbein le Jeune (1497-1543) et Albrecht Altdorfer (1480-1538). Ces peintres sont marqués par un sens aigu d'imaginaire religieux où les exigences de la Réforme ne cédaient en rien à un intense souci de réalisme, parfois quasi entomologique. En combinant l'art médiéval avec les acquis de la Renaissance, ces premiers grands noms de la peinture allemande créèrent un style unique en Europe. Les XVIIe et XVIIIe siècles seront surtout des périodes glorieuses pour la sculpture. Au XIXe siècle, on retiendra surtout Les Falaises, le vent et les nuages de Caspar David Friedrich (1774-1840), de loin la figure la plus importante de la peinture romantique allemande. Ce n'est qu'au XXe siècle que l'Allemagne renouera avec le faste qui fut le sien trois cents ans auparavant. En effet, elle est le berceau de nombreuses avant-gardes dans la première partie du siècle. L'école expressionniste en est le plus parfait représentant. Mouvement du début du XXe siècle, qui ne prit son appellation définitive qu'en 1911 à Berlin avec une exposition de tableaux cubistes et fauvistes, l'expressionnisme se base sur l'instinct, l'émotion et le désespoir humain. Inspiré par le Norvégien Edvard Munch (1863-1944) et par Vincent van Gogh (1853-1890), ce courant se scinda en deux mouvements : Die Brücke (le pont) et Der Blaue Reiter (le cavalier bleu). Le premier compta dans ses rangs Ernst Ludwig Kirchner, Erich Heckel et Emil Nolde et dura de 1905 à 1913 ; le second, créé en 1911 à Munich à l'initiative de Wassily Kandinsky et de Franz Marc, comptait également August Macke et Paul Klee. Die Brücke s'installera à Berlin en 1911, la ville étant alors le centre de la vie artistique allemande et sera dissous en 1913. Ce mouvement expressionniste à la vision panthéiste est créé à Dresde en 1905. A une période où les menaces de la crise économique et la montée du nazisme se précisaient, Otto Dix (1891-1969) fut le symbole d'une nouvelle approche picturale, plus réaliste, trouvant sa source dans la vie sociale. A l'arrivée d'Hitler au pouvoir, la majeure partie de ces artistes durent migrer en France ou aux Etats-Unis. Nombre d'entre eux en profitèrent pour changer de nationalité. " L'art dégénéré ", qui fit l'objet d'une exposition en 1936, n'avait désormais plus sa place dans l'Allemagne nazie.

Après la guerre, différents mouvements se développèrent à l'est et à l'ouest de la ville, les artistes de l'Est étant soumis au réalisme socialiste. On vit une évolution dans les années 1960 avec des oeuvres de la Berliner Schule (école berlinoise), plus sensuelles, puis avec des oeuvres orientées sur l'individu et ses problèmes dans les années 1970 et 1980. L'Ouest, plus libre, resta longtemps dominé par l'abstrait. L'influence du pop art se fit sentir dans les années 1960. Aujourd'hui, la peinture contemporaine allemande perpétue cette tradition d'innovation. Ainsi, Georg Baselitz, Sigmar Polke (décédé en 2010) ou Gerhard Richter figurent parmi les artistes les plus cotés du marché.

Helmut Newton

De son vrai nom Helmut Neustädter, le célèbre photographe est né à Berlin le 31 octobre 1920. De mère américaine et de père juif allemand, il quitte l'Allemagne nazie en 1938 et émigre en Australie. En 1961, il s'installe à Paris où il devient un très grand photographe de mode, collaborant notamment avec le magazine Vogue. Les plus belles femmes du monde, de Catherine Deneuve à Kate Moss en passant par Monica Bellucci, Grace Jones et Claudia Schiffer ont posé devant son objectif. Ses images très stylisées et au fort pouvoir érotique ont été réunies dans une célèbre anthologie, SUMO, un énorme ouvrage de près de 500 pages. Helmut Newton est décédé dans un accident de la route à Los Angeles, en 2004. Selon son souhait, il a été enterré dans sa ville natale à laquelle il avait légué en 2003 toutes ses archives. Ses oeuvres sont exposées au musée de la Photographie - Fondation Helmut Newton, dans le quartier de Charlottenburg. Un grande rétrospective a été organisée au Grand Palais à Paris au printemps 2012.

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