Guide du Grand Sud marocain : Arts et culture

Architecture
Détail d'architecture.
Détail d'architecture.

De son histoire mouvementée, le Maroc a conservé plusieurs styles architecturaux bien distincts, qui doivent se comprendre en fonction de leur origine historique et géographique. Alors que les nomades continuent à habiter sous des tentes traditionnelles dans le Sud, l'architecture berbère est depuis toujours symbolisée par des constructions de pisé, kasbah et ksour. Les Arabes, qui ont fondé le Maroc moderne et propagé l'islam, sont également à l'origine d'une architecture particulière que l'on trouve essentiellement dans les villes. Dans les médinas, les plus belles réalisations sont liées à l'islam : mosquées, minarets et medersas. Enfin, ponctuellement, les Portugais ont laissé derrière eux des forteresses dans les villes côtières, et les Espagnols ont développé un style andalou dans le nord du Maroc. Quant aux sultans, on leur doit souvent palais, portes monumentales et remparts caractéristiques de leurs dynasties. Le Maroc, pays de contrastes climatiques et géographiques, est donc également un formidable creuset architectural, qui a eu la chance de voir pendant la colonisation les villes nouvelles se bâtir, selon des plans précis, à l'extérieur des vieux quartiers, ce qui a permis de les conserver.

Les habitations des nomades. Ils habitent la khaïma, la tente nomade, que l'on trouve couramment dans le sud, vers Zagora, Goulimine ou Tan-Tan, là où les chameliers sont légion. Les larges tentes sont recouvertes de flij, bandes tissées en laine ou en poil, cousues entre elles. Deux poutres centrales soutiennent la toile alors que, sur les côtés, des perches sont élevées, maintenues par des cordages extérieurs fixés par des piquets. L'emplacement de la tente est invariablement à proximité d'un point d'eau, et si possible près d'un monticule pour la protéger du vent. A l'intérieur, le coin des hommes, qui leur est réservé ainsi qu'à leurs invités, est délimité par des nattes.

L'autre partie de la tente est consacrée aux femmes et comporte toujours un métier à tisser. Certaines tentes, blanches et surmontées de boules dorées, symbole d'autorité, sont dites caïdales, et ce sont celles que vous verrez si vous participez à des excursions touristiques dans le désert.

Architecture berbère. Lorsqu'elle est classique, on peut la voir au sud de Marrakech, dans les vallées du Drâa, Dadès, Todra, Ziz et Tafilalet. Les maisons sont faites en pisé, un mélange de cailloux et d'argile, avec souvent un peu de paille, le tout tassé entre deux planches. Ces constructions sont particulièrement fragiles et s'érodent sous l'action de la pluie, si bien qu'il n'est pas rare de les voir disparaître en moins de cinquante ans. Leur entretien étant particulièrement coûteux, dès lors que la main-d'oeuvre n'est plus gratuite, les kasbahs et les ksours tendent à être abandonnés par les familles qui les habitaient. Heureusement, l'Unesco a inscrit certaines de ces habitations au Patrimoine mondial, et entreprend de les rénover. Parmi les plus célèbres de ses patients, l'organisation mondiale compte la kasbah de Taourirt à Ouarzazate et le ksar fortifié d'Aït Ben Haddou.

La kasbah est une forteresse. Jusqu'au début du siècle dernier, les kasbahs étaient habitées par des seigneurs qui défendaient la population locale des attaques des nomades. Il s'agit en général d'une construction rectangulaire, dont les hauts murs s'inclinent légèrement vers l'intérieur. Le rez-de-chaussée est réservé aux animaux, le premier étage est utilisé comme grenier, et le deuxième étage réservé aux pièces d'habitation. On construit les kasbahs en faisant sécher du pisé humide entre deux planches de bois. Au fur et à mesure que la construction s'élève, des trous sont pratiqués dans le mur pour maintenir les planches, d'où les orifices réguliers que l'on peut observer dans les façades. Les plafonds sont en général faits de poutres de palmier ou de thuya, entre lesquelles on dispose des lattes de roseau. Les kasbahs les plus célèbres sont celles de Taourirt à Ouarzazate, de Tinmal - qui a accueilli l'Almohade Ibn Toumert - dans le Tizi'n'Test, ou de Telouet, dernière résidence du Glaoui.
L'agadir est un grenier-forteresse, tour massive, percée de meurtrières, où les sédentaires gardaient les vivres et les animaux à l'abri des attaques ennemies.
Le ksar est un village fortifié, construit en pisé, dans le Sud marocain. Les murs extérieurs, aveugles, forment les remparts et sont défendus par des tours aux angles. A l'intérieur, outre les habitations, les ksours (pluriel de ksar) comportent toujours un agadir pour mettre les vivres à l'abri. Le ksar le plus célèbre est celui d'Aït Ben Haddou, au nord de Ouarzazate, où a été tourné le film, Lawrence d'Arabie, et qui était quasiment en ruine lorsque l'Unesco a décidé sa restauration.
La médina est le symbole de l'habitat citadin, qui n'a pas vraiment de correspondance dans les villes occidentales. Les maisons y sont entassées les unes contre les autres et, fermées côté rue, elles s'ouvrent sur un espace intérieur, patio, cour ou jardin. Au fil des ruelles s'organisent les souks, autour desquels vivent les corporations. Comme le prône l'Islam, toutes les maisons de la médina sont identiques vues de l'extérieur et ne révèlent rien de la condition sociale de ses habitants, les différences n'étant visibles que derrière les façades. Dans les ruelles étroites, permettant parfois tout juste le passage d'un âne chargé, on vit au rythme des cinq appels à la prière quotidiens du muezzin, alors que les mosquées se fondent dans le paysage urbain. La médina la plus impressionnante du Maroc est celle de Fès : 700 000 personnes vivent encore dans cette cité médiévale, qui n'a jamais dépassé les limites fixées par les remparts almohades au XIIe siècle.
La mosquée, jamaa (mosquée comme institution) ou masjid (comme simple lieu de prière), est le lieu où les musulmans se rassemblent pour prier. La première mosquée a été la propre maison de Mahomet, qu'il a fait construire lorsqu'il est parvenu à Médine, en 622, au terme de l'Hégire. Depuis, la forme de la mosquée s'inspire de la configuration de la maison du Prophète : la cour centrale est bordée d'arcades et un bassin est disposé en son centre, permettant aux musulmans, qui arrivent pieds nus, de procéder aux ablutions avant de commencer la prière. La salle de prière, ou harem, est organisée autour du mirhâb, niche creusée dans le mur, et indiquant la direction de La Mecque. A gauche se trouve le minbar, ou chaire à prêcher, même s'il n'existe pas dans la religion musulmane de célébrations comparables aux messes chrétiennes. Les mosquées les plus importantes possèdent un minaret, c'est-à-dire une tour, d'où le muezzin lance cinq fois par jour les appels à la prière. Toutefois, aujourd'hui, c'est un magnétophone qui le plus souvent remplit cet office. Les minarets sont en général de forme carrée, bien que celui de la ville la plus sainte du Maroc, Moulay Idriss, unique en son genre, soit concentrique. En général, la hauteur du minaret est calquée sur les proportions de la Koutoubia de Marrakech, c'est-à-dire cinq fois plus haute que large. La plus grande mosquée du Maroc était également la plus ancienne, la mosquée Quaraouiyine, fondée à Fès au IXe siècle, avant la construction de la gigantesque mosquée Hassan II à Casablanca en 1993. Le minaret le plus célèbre est celui, inachevé, de la tour Hassan de Rabat, qui fait face au mausolée Mohammed V.

Artisanat
Mosaïques en céramique.
Mosaïques en céramique.

Loin d'être une activité marginale, l'artisanat est un secteur d'activité important pour l'économie du pays. La plupart des objets fabriqués - et encore utilisés par les Marocains - le sont grâce à des méthodes traditionnelles. En zone rurale, les artisans, indispensables, fabriquent les objets usuels en terre, en bois ou en métaux, chacun selon sa spécialisation. Dans les villes, l'activité artisanale concerne les deux tiers de la population active, soit 500 000 personnes. Les boutiques modernes fleurissent dans les beaux quartiers urbains, mais c'est dans les souks des médinas qu'il faut aller voir ces artisans et artistes au travail. Les corps d'artisans les plus estimés se trouvent au centre de la médina, leurs confrères se regroupant autour d'eux par spécialité. Mettant à mal cet ancestral commerce, textile, chaussures et ustensiles européens arrivent aujourd'hui sur le marché, plus performants, plus pratiques, plus solides et parfois moins chers que les produits locaux. Pour faire face à cette concurrence, le Maroc a créé un label de qualité ; désormais les bons produits sont estampillés. Dans les nombreux centres d'apprentissage fondés par le gouvernement, des spécialistes sont chargés de la formation des artisans. On tente d'introduire des techniques modernes dans la fastidieuse chaîne de fabrication, pour optimiser le rendement et obtenir une production de meilleure qualité. Les artisans se répartissant par spécialité, et chaque corporation a son chef, l'amin. Chargé de veiller à la bonne marche des activités, il intervient surtout pour régler les conflits. Nul n'accède rapidement au statut d'artisan-patron. Le jeune apprenti franchit peu à peu toutes les étapes nécessaires à la maîtrise de son art - ce qui lui demande des années - et une fois initié, il lui faut l'accord de son patron pour s'installer à son compte.
L'islam interdisant la représentation humaine, seuls les motifs abstraits ou végétaux ornent les textiles, les céramiques, etc. Pour décorer leurs pièces, les artisans puisent dans le registre religieux et s'inspirent des motifs tribaux traditionnels, ce qui explique l'abondance de dessins géométriques.

Tapis. Toute visite de souk digne de ce nom se termine invariablement par une âpre discussion chez un marchand de tapis, autour d'un thé à la menthe. Si, pour le touriste, le tapis n'est qu'un objet décoratif, il a toujours été un objet utilitaire au Maroc, et c'est l'intérêt des touristes pour ce genre d'objet qui a lancé la fabrication professionnelle de tapis, dans le but de les vendre. Dans les montagnes, les jeunes femmes tissent encore des tapis qui feront partie de la dot lors de leur mariage. Les tapis de Taza, noir sur fond blanc, ont deux lanières sur le côté, et les femmes les utilisent ainsi comme capes, contre les rigueurs de l'hiver. La fabrication de tapis est l'activité artisanale qui, avec celle du textile, emploie le personnel le plus nombreux. Les femmes tissent, les hommes vendent. Dans tous les villages et dans la plupart des villes du Maroc, les métiers à tisser sont similaires : deux montants de bois verticaux donnent la direction des fils parallèles, dont le nombre donne la largeur et la valeur du tapis, et sur lesquels seront faits les noeuds. La réalisation d'un noeud est assez aisée en elle-même, mais la vitesse et la dextérité des femmes qui les enchaînent machinalement est impressionnante. On estime qu'une ouvrière talentueuse peut réaliser jusqu'à 10 000 noeuds par jour. Il est souvent possible de visiter les fabriques, ce qui est fort intéressant. Une belle pièce demande plusieurs mois de travail. La laine est la principale matière utilisée, avec le coton qui constitue quelquefois la trame, mais le poil de chèvre et de dromadaire peut également entrer dans la fabrication d'un tapis.

La valeur et la qualité d'un tapis sont fonction du nombre de noeuds tissés au mètre carré, de la qualité de la laine utilisée et des couleurs. Les teintures chimiques, pas toujours bonnes, s'imposent désormais de plus en plus souvent. Il est cependant possible de trouver des tapis de laine teints à la main, avec du sulfate de fer, des feuilles d'amandier, de l'urine de vache et bien d'autres teintures naturelles. Les tapis décorés selon la tradition présentent des motifs floraux ou géométriques, les autres sont d'inspiration contemporaine. Aussi, si vous voyez des dromadaires sur les tapis qu'un marchand vous propose, en vous expliquant qu'ils sont fabriqués ainsi depuis des centaines d'années par les hommes bleus, vous aurez raison de lui rire au nez... Beaucoup de motifs sont des références coraniques ou des superstitions. Ainsi par exemple, le pigeon sur les tapis touaregs indique les bonnes relations entre les familles. Les couleurs utilisées ont également une symbolique. Le rouge correspond à Fatima, fille aînée du prophète Mahomet ; le vert est la couleur de l'espoir ; le bleu, celle du ciel, le blanc, de la paix et du mariage ; le jaune, du désert, du sable.
Même si le marchandage est de rigueur lors de ce genre d'achat, et que vous offenseriez votre interlocuteur en refusant de vous y prêter, la vente de tapis au Maroc est soumise à un contrôle tout à fait sérieux.
Les services du ministère de l'Artisanat appliquent des classifications standards, et chaque tapis vendu doit comporter une étiquette au verso, indiquant la provenance du tapis, la qualité de la laine (ordinaire, moyenne, supérieure, extra-supérieure) et un numéro d'enregistrement, lorsque tout est en règle. De plus, des grilles de tarifs sont fonction de la taille, du style, du nombre de noeuds au mètre carré, et de la matière utilisée. S'il s'avère que vous vous êtes fait avoir, et avez par exemple payé fort cher un tapis prétendument vieux de deux siècles alors qu'il n'a pas vingt ans, vous pouvez déposer une plainte à l'office du tourisme, et le marchand en question sera contraint de vous rembourser sur-le-champ.
Les discussions avec un marchand font appel à tous les arguments possibles et imaginables. Gardez à l'esprit qu'au Maroc ce qui fait vraiment la valeur d'un tapis est avant tout sa solidité et sa capacité à affronter le nombre des années. C'est pourquoi les teintures chimiques sont moins chères, car le tapis sera bon à jeter au premier lavage, alors qu'un tapis en laine déjà vieux de vingt ans pourra certainement encore durer autant. Parmi les petits trucs qui permettent de différencier la laine véritable du coton, on peut brûler un fil de laine dépassant du tapis. Contrairement au coton, la laine véritable dégage invariablement une odeur de cheveux et de viande grillée.
Au Maroc, on distingue les tapis citadins (appelés arabe ou rabat), dont les plus beaux spécimens sont justement ceux de Rabat, des tapis ruraux, en général réalisés par les Berbères des montagnes.
Les tapis de Marrakech passent pour être les meilleurs de tout le Maroc. Ce n'est pas entièrement faux, à ceci près qu'ils n'ont jamais été fabriqués à Marrakech mais dans la région de Chichaoua, à une soixantaine de kilomètres sur la route d'Essaouira. Ornés de motifs stylisés représentant surtout des animaux ou des figures géométriques, les tapis de Chichaoua sont, la plupart du temps, tissés sur fond rouge.
Les tapis du Moyen Atlas, non loin de Marrakech, sont les plus prisés au Maroc. Provenant de la région des tribus Zemmour (fond rouge et dessins noirs), de Meknès (fond de couleur) ou de Taza (fond blanc), ils sont solides et résistent étonnamment au temps.
Les tapis berbères du Haut Atlas sont plus frustes, plus petits et moins épais. Ils trouvent principalement leur emploi dans les chambres, où ils isolent le sol, ou chez les chameliers de la région de Ouarzazate. Ces tapis sont ornés de couleurs et de motifs propres à chacune des tribus qui les fabrique.
Les tapis de Rabat, enfin, sont les plus anciens, les plus fins et les plus réputés. Leur style est influencé par les tapisseries du Proche-Orient, d'où leur dominante de couleurs rouge et orange, mais aussi jaune, bleue, verte, noire et blanche. Leurs motifs, à thèmes floraux, réunissent arabesques et médaillons centraux.
Les kilims sont des tapis tissés, beaucoup plus chargés de motifs que les tapis noués. Leur finesse les rendant très fragiles, ils font de magnifiques couvre-lits ou tentures.
Les marchands locaux vous expliqueront que l'on distingue généralement les tapis bédouins des touaregs (avec des reliefs et différents types de tissus utilisés) ou nomades (appelés Hambal) et berbères (réversibles).

Poterie. Dans les campagnes, la poterie est des plus simples et, sans émail, elle garde la couleur de la terre cuite. Vous pourrez observer la fabrication de ce type de poterie à Tamgroute, à 10 km au sud de Zagora. Le tagine slaoui, précieux outil sans lequel la cuisine marocaine ne serait pas ce qu'elle est, trouve ici sa place dans chaque maison.

Ce plat creux, à bord évasé, fabriqué en épaisse argile brune et indissociable de son couvercle en forme de chapeau pointu, sert à la cuisson du plat du même nom. Au contact de cet ustensile en terre, les aliments, longuement mijotés, acquièrent une saveur unique.
Les tam-tams - tendus d'une peau de chèvre - des musiciens berbères sont également fabriqués par les potiers. Les plus importants centres de poterie se trouvent à quelques kilomètres de Marrakech, sur la route d'Amizmiz, et à Demnate, près des cascades d'Ouzoud. A Marrakech même, le souk des teinturiers propose de nombreuses et très belles poteries : tagines, tanjias, cruches à eau, assiettes, bols, plats émaillés...
Dans la région d'Oued Eddahab-La Gouira, l'artisanat est typiquement sahraoui et très proche de ce que l'on peut trouver en Mauritanie.
Les peaux de vache, chèvre, mouton et dromadaire servent à fabriquer toutes sortes de sacs, de coussins, de couvertures, etc. Des cordonniers travaillent ces cuirs et confectionnent de magnifiques sandales, ceintures et autres sacoches à usages multiples.
Les forgerons sont spécialisés dans le travail des métaux. Ils utilisent indifféremment, et avec une grande habileté, le fer, le cuivre et l'argent. Leur production est orientée à la fois vers la réalisation d'objets traditionnels nécessaires à la vie courante, comme les fusils, les couteaux et les haches, mais également vers la création de bijoux, de bagues et de pipes. Les bijoutiers travaillent aussi l'or, et certaines pièces sont incrustées d'ébène.

Que ramener de son voyage ?

Si vous aimez faire des emplettes, chiner sur les marchés, troquer, négocier, alors vous serez comblez !

Vous pourrez trouver de tout : bijoux fantaisies, babouches-portes clés, plats à tajines peints, paires de babouches sintillantes, djellabah de toutes les couleurs, précieux bijoux berbères sertis de pierres semi-précieuses, plateaux d'argent, sacs ou manteaux de cuir... Des nombreux souks aux boutiques d'artisanat, de la médina de Marrakech aux faubourgs de Tiznit, les opportunités de faire des affaires et avant tout de vous faire plaisir se répéteront. Mais un conseil : lorsque quelque chose vous plaît, n'attendez pas en vous disant que vous retrouverez la même pièce plus tard !

Pour les pièces en argent, privilégiez les artisans de Tiznit. Pour les tapis, vous trouverez les meilleurs prix à Taznakht. Pour les épices, vous trouverez des étals abondants dans toutes les villes, mais si vous passez par Taliouine n'hésitez pas à vous ravitailler en safran.

Cinéma

Le cinéma marocain a fait irruption sur la scène internationale en 1972, grâce à Souheil ben Barka, l'auteur du film Mille et une mains. Il est difficile d'être réalisateur au Maroc, où l'aide à la création n'est pas une des priorités du gouvernement. Une exception toutefois, Nabil Ayouch, jeune réalisateur dont le deuxième long-métrage, Ali Zaoua, réalisé en 2001, a obtenu de nombreuses récompenses dans des festivals. En 2012, Les Chevaux de Dieux, du même réalisateur, consacré aux attentats de 2003, faisait partie de la sélection officielle du festival de Cannes. On citera également (mais ils sont des dizaines qui devraient être cités) Orange amère de Bouchra Ijork, A Casablanca, les anges ne volent pas de Mohamed Asli et Les yeux secs de Narjiss nejjar.

Le Maroc a aussi ses propres festivals. Marrakech accueille chaque année le Festival international du Film de Marrakech (FIFM) qui projette une centaine de films, dont une quinzaine en compétition officielle. La 12e édition du festival de Marrakech a lieu 4 au 8 décembre 2015. Il y a un aussi à Tanger le Festival international du Court-métrage.

Ouarzazate reste réputé pour ses studios de tournage qui servent notamment pour des productions américaines. Si les paysages se prêtent aux westerns, les studios de Ouarzazate ont cependant servi pour tous types de films. Martin Scorsese y a tourné Kundun, le film sur la vie du Dalaï-Lama. On peut encore y voir le temple bouddhiste. Vous pourrez visiter les studios, qui se trouvent à la sortie de la ville, sur la route de Marrakech. Alain Chabat y a tourné son film Astérix : Mission Cléopâtre, avec Gérard Depardieu, Christian Clavier et Jamel Debbouze. Le film mythique de David Lean, Lawrence d'Arabie, a été filmé dans la kasbah d'Aït Ben Haddou. Une école internationale de cinéma a ouvert dans les studios Kan Zaman, situés sur la route de Tineghir, en direction de Skoura. Vous ne pouvez pas manquer l'endroit, deux superbes kasbahs sur votre droite, quelques kilomètres après la sortie de Ouarzazate. Ironie du sort : il n'y a pas de salles de cinéma à Ouarzazate. Ailleurs, les salles de projection sont souvent vétustes. Grâce à des partenaires étrangers, des oeuvres voient pourtant le jour, témoignant d'une volonté farouche et de beaucoup de talent. En revanche, le Maroc a souvent été porté à l'écran, le plus célèbre de ces films restant sans doute Casablanca, avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall, pourtant entièrement tourné à Hollywood. Dans d'autres films, il aura effectivement servi de décor. Citons par exemple Une nuit à Casablanca, des Marx Brothers, ou Ali Baba et les 40 voleurs, avec Yul Brynner. Aujourd'hui, une nouvelle vague de réalisateurs marocains voit le jour, pour ne pas citer Nabil Ayouch, qui a fait couler beaucoup d'encre avec son dernier film Much Love, sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs durant le Festival de Cannes 2015. Y est dépeint le milieu de la prostitution au sein de la société marocaine. L'oeuvre fait polémique, elle dénonce le tourisme sexuel au Maroc qui se concentre dans certaines grandes villes notamment à Marrakech. Effectivement la prostitution est un fléau qui attire de nombreux visiteurs venus de l'Occident et des pays du Golf. Le film de Nabil Ayouch est finalement interdit de diffusion au Maroc, bien que le débat sur la question ne fasse que commencer...

Danse

La danse, qui est le principal ingrédient de la fête, est souvent considérée comme l'expression d'une prière : c'est ainsi que pour certaines tribus berbères du Haut Atlas, danser est un acte religieux. Pour les Berbères, on l'a dit, danse et chant sont inséparables. D'une manière générale, la danse n'est pas un spectacle mais un rite auquel on participe.

Cependant, avant de vous lancer, mieux vaut connaître quelques principes de base.

L'ahidou rassemble sur un rang, en alternance, hommes et femmes parés de leurs plus beaux bijoux. Danseurs et danseuses se balancent d'avant en arrière au son d'une mélopée improvisée par les chanteurs. C'est une danse originaire des tribus Chleuh du Haut Atlas et de l'Anti-Atlas.

L'ahouache est une danse interminable, fatigante mais très belle : les femmes, serrées dans un côte à côte frénétique, encerclent les musiciens et ondulent du bassin sur un rythme qui va s'accélérant sous l'impulsion du bendir (grand tambourin). C'est une danse originaire du Haut Atlas.

La guedra, la danse des mains, est la plus impressionnante : une danseuse entourée de voiles et accroupie au centre d'un cercle de musiciens se relève en des spasmes syncopés et accélérés, frappant de ses mains un tambourin imaginaire, puis retombe, épuisée, en rejetant progressivement ses voiles. Il arrive que cette danse frémissante de passion féminine soit exécutée sur la place Jamâa el-Fna... par un homme, et c'est tout aussi troublant !

La danse des Gnaoua, enfin, est la plus mystique. Les Gnaoua sont des descendants d'esclaves noirs, dotés, si l'on en croit les légendes innombrables et contradictoires qui fleurissent à leur sujet, de pouvoirs surnaturels. Leur danse - acrobatique - est en réalité une série de bonds spectaculaires et de tournoiements incessants au son de leurs instruments et des traditionnels crotales, bruyantes castagnettes de fer. Elle s'achève régulièrement par le hal, état mystique qui désigne la transe. La confrérie des Gnaoua a élu domicile (pas bien fixe, d'ailleurs) sur la place Jamâa el-Fna, à Marrakech, où, chaque soir, ils attirent une foule charmée de badauds et de touristes.

Littérature

Berbères, Arabes et Gnaouas ont leurs contes, leurs poésies chantées et leurs récits, transmis de génération en génération. Alors que les Berbères, peuple autrefois sans écriture, transmettaient leur patrimoine oralement, les Arabes, qui possèdent l'écriture depuis longtemps, ont conservé des témoignages plus palpables de leur littérature. Mais les grands hommes de lettres de l'islam n'ont pas été instruits au Maroc, même si certains, comme Ibn Khaldoun, né en 1932 et considéré comme le plus grand historien arabe, y ont longuement séjourné. Les auteurs du XXe siècle ont souvent mis leur plume au service de leur combat politique, à l'exemple du poète Abdelatif Laâbi, l'auteur du Chemin des Ordalies (1982), emprisonné de 1972 à 1980. Le Maroc possède nombre d'écrivains talentueux, peu connus en dehors de ses frontières. L'exception la plus notoire à cette situation est la grande popularité en France de Tahar Ben Jelloun. Les années 2000 voient apparaître de jeunes écrivains qui défient la censure et révèlent un Maroc perdu entre tabous et religion. Abdelliah Taïa et Rachid O, pour ne pas en citer d'autres, n'hésitent pas à traiter de leur homosexualité, sujet délicat et honteux au Maroc... Un combat poétique pour défendre la liberté de chacun.

Lectures conseillées

Ce n'est pas facile de s'imaginer un pays autrement que par des images, une géographie et quelques pages sur son histoire... Un bon moyen est peut-être de se plonger dans sa littérature. Nous vous conseillons quelques romans. Bien sûr, il ne s'agit que d'un infime échantillon de la littérature classique et contemporaine marocaine.

Le Rouge du tarbouche de Abdellah Taïa aux éditions Séguier. C'est l'histoire d'un jeune garçon qui raconte son passage à l'âge adulte et tente d'assumer son homosexualité au sein de la société marocaine qui elle ne permet pas la liberté sexuelle de tout un chacun.

Le Pain nu de Mohamed Choukri est un roman poignant traitant de la misère sociale et humaine dans le Maroc des années 1940.

La Civilisation, ma mère de Driss Chraibi (1972) est un grand classique qui traite dans un langage poétique des valeurs du passé.

M'haschich de Mohammed Mrabet englobe dix nouvelles sur le thème du haschich.

L'Enfant du Sable de Tahar Ben Jelloun traite du destin d'une jeune fille face aux mentalités traditionnelles.

Le Deuil des Chiens d'Abdelhak Serhane raconte l'histoire tragique de quatre soeurs.

Méfiez-vous des parachutistes de Fouad Laroui, un roman excentrique qui dépeint la société marocaine.

Noces et funérailles de Karim Nasseri retrace les relations difficiles entre un père autoritaire et son fils.

Atlas des migrations dans Le monde, de Catherine Wihtol De Wenden, aux éditions Autrement. Pour mieux comprendre les migrations de population, et notamment celles du Sahara.

Mythes et réalités d'un désert convoité, Jean Bisson, aux éditions l'Harmattan. Un ouvrage qui déconstruit les fantasmes autour du plus grand désert du monde et raconte son évolution.

Médias locaux
Musique

La musique tient une place fondamentale dans la vie quotidienne des Marocains. Elle rythme presque tous les événements, heureux ou malheureux, depuis les temps les plus reculés.

Plusieurs styles musicaux coexistent, joués sur un nombre d'instruments relativement limité. Les instruments " classiques " comportent le rebab, un instrument à cordes frottées, sorte de petit violon primitif dont est issu le rebec de l'Europe médiévale ; le violon, emprunté à l'Occident, mais qui se joue posé sur une cuisse, un peu comme une petite viole de gambe ; le nay, flûte oblique de roseau ; le luth arabe ou ud ; le tambourin et la derbouka, une poterie tendue de peau que l'on tient sous le bras...

Parmi les instruments populaires, citons le guembri, long luth à deux ou trois cordes au son un peu sourd ; la ghayta, sorte de hautbois dont jouent les charmeurs de serpents sur la place Jamâa el-Fna ; les tebilat, petits tambours jumeaux en terre cuite ou en faïence, recouverts de peau, et en vente chez tous les marchands du souk ; la tarija, petite derbouka étroite, fort à l'honneur le jour de l'Achoura, la fête des enfants ; le bendir, un grand tambourin au cadre de bois tendu de peau de chèvre et qui est l'instrument favori des ahouaches berbères...

Quant aux musiques elles-mêmes, on peut en distinguer quatre genres :

La musique andalouse, savante, jouée à l'unisson, et dont les traits mélodiques ne sont pas sans rappeler parfois la musique de la chrétienté médiévale (chants grégoriens). Elle est introduite au Maroc au XIIe siècle, lorsque des musulmans chassés de Grenade viennent s'installer à Tétouan, devenue le berceau de cette musique au Maroc. Cette dernière associe des chanteurs et des instrumentistes. L'orchestre est composé d'un rebab, un tar (tambour basque), une derbouka, et un laud, sorte de mandoline à quatre cordes. Les chanteurs interprètent des poèmes en arabe classique ou en andalou. Aujourd'hui, cette musique classique, particulièrement prisée des intellectuels et des gens de lettres, reste très présente dans les sociétés traditionalistes des grandes villes.

La musique populaire, beaucoup plus répandue, s'accompagne souvent, en un savant contrepoint rythmique, des battements de mains des chanteurs mais aussi du public auquel s'adressent ces mélodies en arabe. Les airs sont plus légers et les paroles s'inspirent souvent de vieux contes ou de légendes oubliés dits par le hayada, chanteur des fêtes champêtres. Les morceaux, extrêmement longs, se jouent également à l'unisson, la plupart du temps en griha, c'est-à-dire en improvisation. A Marrakech, la musique populaire prend la forme de l'aîta, c'est-à-dire l'appel : l'improvisation s'y fait à partir des cris stridents des chanteuses et au son répétitif des tambourins. Une autre occurrence de la musique populaire est le n'fir, pratiqué lors des parades ou des fêtes religieuses. Le n'fir s'apparente à la musique de cortège et à la marche militaire.

La musique berbère consiste en des chants fortement répétitifs à caractère partiellement improvisé. Elle est indissociable de la danse et est conçue comme un véritable spectacle. Chaque tribu possède ses coutumes et son propre style qui s'expriment principalement lors de ces grandes fêtes collectives que sont l'ahidou et l'ahouache. Les danseurs, s'accompagnant au son du bendir, sont également les chanteurs et les musiciens.

Le raï, dernier avatar de la musique populaire, d'origine algérienne, et qui combine des airs arabo-africains à une instrumentation où se mêlent instruments traditionnels et modernes (guitares électriques, synthétiseurs), rencontre un succès grandissant au Maroc.

Piano classique. Pour ceux qui préfèrent la musique classique et le piano, il y a un nom à retenir : Anouar Brahem, qui mêle rythmes marocains traditionnels et piano classique, comme dans son disque Le Pas du Chat noir.

Traditions

Le tatouage a aujourd'hui perdu sa signification initiale. Loin d'être un signe d'identification tribale (sauf chez quelques tribus reculées des vallées du Haut Atlas) ou un insigne magique, il est devenu purement décoratif. Il est pratiqué - par infiltration d'aiguilles ou, plus fréquemment, par simple dessin - lors des fêtes religieuses ou des cérémonies familiales.

Les tatouages les plus courants se font sur les mains, les pieds ou le visage et représentent des zelliges ou des résilles noires qui font ressortir la blancheur de la peau. Ils ont toujours des formes géométriques, et ne représentent jamais des scènes de la vie quotidienne ni des animaux, conformément à l'islam. Pratiqués à l'aide du harqus, bâtonnet imprégné de cendres de charbon de bois et d'épices, ces tatouages ne durent que le temps d'une fête avant de s'écailler comme n'importe quel maquillage. Au tatouage traditionnel vient s'ajouter le khôl, poudre noire de sulfure d'antimoine, destiné à mettre en valeur les cils et les sourcils. Le Coran y fait d'ailleurs allusion en y prêtant des vertus thérapeutiques : " il fortifie la vue et fait pousser les cils. " Le flacon de khôl est l'accessoire indispensable de celle qui veut se faire belle, et le tatouage est l'une des réalisations préférées des artisans qui peuvent exprimer leur talent dans des créations originales. Les flacons de khôl se trouvent dans tous les souks du Maroc.

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