Guide de Croatie : Histoire

Chronologie

900-800 avant J.-C. > Arrivée des Illyriens sur l'actuel territoire croate.

500-400 avant J.-C.> Arrivée des Grecs et des Celtes.

229 avant J.-C.> Début de la domination romaine.

285> L'empereur romain Dioclétien fait construire le palais fortifié de Split.

600-650> Venus du nord-est, les Croates s'installent.

812 > Traité d'Aix-la-Chapelle qui divise le territoire en trois duchés.

925 > Couronnement de Tomislav, premier roi croate, qui réunifie le royaume.

1102 > Union de la Croatie et de la Hongrie.

1202 > Zadar et Dubrovnik sont envahis par les Vénitiens.

1301 > Les Anjous sur le trône hungaro-croate.

1358 > Défaite des Vénitiens face à Charles d'Anjou. La Dalmatie est rattachée à la couronne.

1493 > Défaite des armées croates devant les Turcs qui s'installent sur le territoire. Alors que Venise rachète le reste du territoire.

1527 > Couronnement de Ferdinand Ier de Habsbourg qui accède ainsi au trône croate.

1664-1669 > Sous la menace d'une insurrection, les Habsbourg appellent les troupes françaises en renfort.

1667 > Un tremblement de terre détruit Dubrovnik.

1699 > La Croatie reconquiert la Slavonie, alors aux mains des Ottomans.

1797> Chute de la République de Venise. La Dalmatie et l'Istrie reviennent à l'Autriche.

1809-1815 > Napoléon s'empare des provinces illyriennes, dont il est dépossédé un peu plus tard.

1848 > " La Renaissance croate " : influencés par la Révolution française, les intellectuels croates commencent à réveiller un sentiment national chez les paysans croates jusqu'alors fortement germanisés et italianisés.

1908> L'Autriche-Hongrie annexe la Bosnie-Herzégovine et contrarie du même coup les visées expansionnistes de la Serbie à l'égard de cette province.

1914 > L'attentat de Sarajevo, perpétré contre le prince héritier François-Ferdinand par le jeune nationaliste serbe Gavrilo Princip, déclenche la Première Guerre mondiale.

1915-1918> En exil, des hommes politiques slovènes, croates et serbes fondent le Comité yougoslave en vue de la création d'un Etat yougoslave commun, créé en 1918.

1920> Le traité de Rapallo attribue d'importants territoires croates à l'Italie : Istrie, Zadar et ses environs, les îles de Cres, Lošinj et Lastovo.

Avril 1941> Invasion allemande de la Yougoslavie et mise en place d'un gouvernement oustachi en Croatie - premier gouvernement croate sous la direction d'Ante Pavelić en collaboration avec les fascistes.

1945> La Croatie, dirigée par Tito, devient république fédérée de la République fédérale populaire de Yougoslavie, proclamée en 1946.

1971> " Printemps croate " : en réaction à la forte domination serbe au sein de la République fédérale populaire de Yougoslavie, des intellectuels croates réclament la formation d'une république croate plus autonome dans le cadre de la République populaire. Tito met brutalement fin à ce mouvement, suite une série de grèves générales des ouvriers et étudiants.

1980 > Le 4 mai, mort de Josip Broz, dit Tito.

1988-1990> La prise de pouvoir en Serbie de Slobodan Milošević marque le début de la bataille pour la réalisation de la Grande Serbie. Par un véritable putsch, Milošević abolit l'autonomie du Kosovo et de la Vojvodine et place ses partisans à la tête du Monténégro. Le bloc serbe paralyse ainsi le fonctionnement de la présidence collégiale yougoslave en contrôlant la moitié des huit représentants. En 1990, Franjo Tuđman, chef de la Communauté démocratique croate, est élu.

1991> La Croatie déclare son indépendance. Dès le printemps 1991, insurrections des terroristes serbes en Croatie soutenues par l'armée yougoslave, devenue l'armée serbe (régions de la Lika, Kordun, Banija et en Slavonie orientale). Eté 1991, début de la guerre contre les armées yougoslaves en Croatie. Un quart du pays tombe aux mains des Serbes. En octobre, bombardement de Dubrovnik. En novembre, chute de Vukovar. La Serbie est sanctionnée par la Communauté européenne. En décembre, reconnaissance de l'indépendance croate par les membres de l'UE (le Vatican en premier).

1992> A l'été 1992, la Croatie fait partie de l'ONU.

1995 > Signature des accords de paix de Dayton aux Etats-Unis. Le conflit a fait près de 15 000 morts et 50 000 blessés.

1997> Réélection de Franjo Tuđman.

1998> La Croatie monte sur la troisième place du podium à la Coupe du monde de football suite à sa défaite en demi-finale face à l'équipe de France.

1999> L'Otan déclenche la " guerre du Kosovo ". Milošević est inculpé pour crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal international. Mort de Franjo Tuđman.

Janvier 2000> Victoire de la coalition d'opposition lors des élections législatives.

Février 2000 > Stjepan Mesić est élu président de la République de Croatie.

2001> Accord de coopération avec l'Union européenne.

2002> La Croatie est candidate pour entrer à l'Otan.

Octobre 2003> Zagreb remet à la Commission européenne le questionnaire d'évaluation de son adhésion.

Été 2004> Les Français découvrent la Croatie et arrivent en masse sur ses plages. Reprise active du tourisme en Croatie.

Janvier 2005 > Réélection de Stjepan Mesić.

2007 > Réélection d'Ivo Sanader, Premier ministre pour un mandat de quatre ans.

Juin-juillet 2009 > Le Premier ministre Ivo Sanader quitte son poste, Jadranka Kosor lui succède et devient la première femme Premier ministre en Croatie.

2009 > La Croatie en route pour son entrée dans l'Union européenne. Mise en place d'un organigramme de structures d'État en vue des négociations d'adhésion.

2010 > Ivo Josipović est élu président de la République de Croatie ; poursuite des négociations pour l'entrée dans l'UE.

2011 > Ante Godovina, général croate accusé de crime contre l'humanité, est condamné par le Tribunal pénal international. Pourtant, il est considéré comme un héros de guerre dans son pays.

L'adhésion de la Croatie à l'Union européenne est la priorité nationale. Le traité d'adhésion a été signé le 9 décembre à Bruxelles.

2012> Référendum sur l'adhésion le 22 janvier 2012, avec 66 % des suffrages exprimés en faveur de l'adhésion.

2013 > Jadranko Prlic, ancien président des Croates de Bosnie, condamné à 25 ans de prison par le TPI, pour soumission politique et militaire des musulmans de Bosnie et autres non-Croates en Herceg-Bosna.

1er juillet 2013 > Adhésion de la Croatie à l'Union Européenne. 28e Etat membre, elle dispose de 12 députés au Parlement européen.

2014 > Élections européennes du 25 mai. Les 25 % des votants croates ont élu 11 députés européens.

11 janvier 2015> Élections présidentielles. La conservatrice Kolinda Grabar Kitarovic, qui bat Ivo Josipović avec 50,74 % des voix, est élue à tête du Gouvernement. Zoran Milanović est Premier ministre depuis le 23 décembre 2011.

22 janvier 2016> La présidente nomme son nouveau Premier ministre, Tihomir Orešković, un homme d'affaires qui n'appartenait à aucun parti politique auparavant.

16 juin 2016> La Diète ayant adopté une motion de censure (125 voix pour, 15 contre et 2 abstentions) et moins de cinq mois après la prise de fonction du Premier ministre Tihomir Orešković, son cabinet est renversé.

19 octobre 2016> Orešković est remplacé par un nouveau premier ministre conservateur, Andrej Plenković. Celui-ci forme le 14e gouvernement, constitué et soutenu par une coalition de centre-droit entre l'Union démocratique croate (HDZ) et le Pont des listes indépendantes (Most).

Mai-juin 2017 > Andrej Plenković a d'abord gouverné en coalition avec le parti conservateur Most. Dans un contexte marqué par les débuts de la crise du géant agroalimentaire Agrokor (15 % du PIB croate), le HDZ remporte les élections locales et change de partenaire de coalition gouvernementale, en s'ouvrant au HNS (centre gauche).

2018> Le gouvernement Plenković bénéficie d'une embellie économique et de l'essor du tourisme. Cependant, il est confronté depuis le printemps 2017 à la gestion de la faillite financière du géant agroalimentaire Agrokor, à ses répercussions sur la vie économique et politique. Dans ce contexte intérieur complexe, le gouvernement Plenković est en constante recherche d'équilibre politique entre son aile la plus conservatrice et ses objectifs déclarés, comme la réforme de l'éducation nationale par exemple. En juillet, l'équipe de football croate se hisse jusqu'en finale de la Coupe du monde après un beau parcours, mais est battue par la France.

 

Grandes figures historiques

Dioclétien. En l'an 303 de notre ère, l'empereur romain Caïus Aurelius Valerius Diocles Diocletianus (Dioclétien), d'origine dalmate, se sent affaibli par la maladie. Il juge plus sage de se retirer de la politique et quitter l'empire décadent. C'est sur ses terres natales qu'il veut retourner, revoir sa province d'enfance et la ville où il est né : Solina, près de Split. Là, il retrouve la santé et vit encore neuf années. Pour sa retraite, il se fera construire un fameux palais face à l'Adriatique. Pourtant, on le presse de revenir au pouvoir. À ceux qui l'implorent de reprendre les commandes, l'homme transformé assure trouver plus de plaisir à cultiver son jardin qu'à " gouverner toute la terre ". Ces propos sont rapportés par Lactance, le célèbre théoricien et chroniqueur de l'époque. C'est ainsi que le despote Dioclétien, au crépuscule de sa vie, finit en philosophe accompli. Ce renoncement au pouvoir est d'ailleurs retenu comme la première abdication de tous les temps, celle que l'on cite en exemple aux dirigeants de ce monde.

Ivan Meštrović. Fierté nationale, cité parmi les grands hommes de l'histoire croate, ce sculpteur est né en 1883 à Vrpolje. En 1901, il entre à l'Académie des beaux-arts de Vienne, et participe aux expositions de la Sécession, dont il devient membre en 1906. En 1908, il s'installe à Paris, où il fréquente le milieu artistique. Rodin remarque ses oeuvres au Salon d'Automne de la même année. À cette époque, les travaux du jeune Slavon témoignent de l'influence décisive du maître français, auquel on le compare souvent. On retrouve ce goût commun pour la matière brute, la statuaire monumentale, le modelage expressionniste, le rendu réaliste des corps. Son style évoluera vers une représentation héroïque et puissante, très stylisée, qui reflète son engagement politique. Avec la Première Guerre mondiale et la découverte des avant-gardes non-figuratives, Meštrović se tourne vers des thèmes mystiques et adopte un formalisme plus épuré. En 1922, l'artiste expatrié revient s'installer en Croatie, où il réalise de nombreuses oeuvres plus ou moins officielles. Statues, bustes et hauts reliefs sont exposés aux États-Unis et en Europe. Mais en 1942, la Seconde Guerre mondiale l'oblige à nouveau à quitter la Croatie. En 1947, il s'installe définitivement aux États-Unis, où il séjourne jusqu'à la fin de sa vie en 1962, tout en restant attaché à son pays, auquel il lègue une grosse partie de son oeuvre.

Nikola Tesla. Né le 10 juillet 1856 à Smiljan, près de Gospić, cet inventeur d'origine serbe est unanimement reconnu comme un visionnaire. Les premiers moteurs à induction à courant alternatif, le radar, la découverte du caractère ondulatoire de l'électromagnétisme, autant d'avancées majeures dans le domaine électrique que l'on doit à son génie. Aujourd'hui, une société suisse (Plaque SwissTesla) commercialise des plaques en aluminium qui, par leur composition chimique et leurs champs magnétiques pulsés, donneraient de l'énergie (à vérifier !). Personnage discret, qui est mort dans le plus grand anonymat, il habite l'imaginaire croate. On peut découvrir l'importance de ses travaux dans son mémorial (à Gospić), dans celui d'un autre scientifique, Faust Vrančić (sur l'île de Prvić) et aux musées Nikola Tesla (ex-Technicki Muzej) de Zagreb et de Belgrade.

Josip Broz Tito. Né le 7 mai 1892 à Kumrovec, dans le Hrvatsko Zagorje, au nord-ouest de la Croatie, Tito demeura jusqu'à sa mort en 1980 l'homme fort de la Yougoslavie, celui qui maintenait en paix relative des états membres au sein d'une fédération. Durant l'entre-deux-guerres, Tito entre au Parti communiste yougoslave clandestin, puis travaille pour le compte du Komintern (IC) pour finir chef du parti Durant la Seconde Guerre mondiale, il prend la tête de la résistance partisane et, au bout de quatre années de conflits interethniques sanglants, parvient avec ses troupes à battre ses adversaires, notamment les Oustachis, alliés à l'Axe. La lutte des Partisans, aussi appelée Guerre de libération nationale durera de 1941 à 1945. Elle fait office de " mythe fondateur " du régime titiste. Fin 1944, avec l'aide des Soviétiques, il s'empare du territoire serbe puis s'assure rapidement le monopole du pouvoir. Officiellement abolie, la monarchie laisse place à un régime centralisateur, la République fédérative socialiste de Yougoslavie, qui siège à Belgrade. Jusqu'à sa mort, en tant que chef de gouvernement puis chef d'État, Tito cumule les titres officiels : maréchal de Yougoslavie, président du Conseil exécutif (chef du gouvernement), président de la République, puis président à vie à partir de 1974. Pendant la Guerre froide, il opte pour une politique de neutralité, entretient de bonnes relations avec l'Ouest, devient l'un des fondateurs du mouvement des non-alignés. A ce titre, il attire et anime une vie mondaine internationale très active sur son île privée de l'archipel de Brioni (Istrie).

Constitution du royaume

Les premiers peuples croates ne descendraient pas des Slaves. Mais dans leur migration vers l'Europe, ces tribus auraient pris la langue d'une ethnie slave en conservant leur nom. Quoi qu'il en soit, ces peuples venus du nord des Carpates s'établirent vers la Méditerranée aux VIe et VIIe siècles. Ils s'installèrent, avec l'accord de Byzance, dans l'ancienne Illyrie, qui correspondait alors à ce que nous appelons aujourd'hui la Pannonie et la Dalmatie.

Charlemagne (764-814) contrarie la domination byzantine sur la Croatie. En 812, par la paix d'Aix-la-Chapelle, l'Illyrie est intégrée à l'Empire franc à l'exception de trois villes (Zadar, Trogir et Split) et de quatre îles, qui restent sous domination byzantine. Ces sept fiefs seront revendiqués par Venise, puis par l'Italie en 1915 et en 1941.

Au tournant des VIIIe et XIe siècles, Višeslav, le premier ban et chef du gouvernement en Croatie, est à la tête d'un pays encore morcelé. Son successeur, Mislav (autour de 830-845), établit la capitale à Split. Mais le premier véritable souverain indépendant de Croatie se nommait Trpimir (845-864). En 925, Tomislav devient le premier roi de Croatie et fonde un puissant royaume uni. La fin de son règne marque le début d'une longue période de déchirements interrégionaux.

La Croatie des rois de Hongrie (1102-1526)

Après les deux courts règnes de Trpimir II (928-935) et de Krešimir Ier (935-945), l'indépendance de la Croatie se maintient. Cependant, les problèmes de succession entraînent une guerre civile et profitent à Venise et à Byzance, qui reprennent possession de certaines villes du littoral. Quand le roi Zvonimir est tué en 1088, sa veuve fait appel à son beau-frère, Ladislas Koloman, souverain de Hongrie. Les Croates acceptent celui-ci comme roi de Croatie à condition qu'il garantisse l'autonomie du pays. C'est l'objet du traité Pacta Conventa, signé en 1102, qui place la Croatie sous la tutelle des rois de Hongrie tout en lui garantissant, en principe, son autonomie.

Jusqu'en 1301, c'est la dynastie Arpad des rois hongrois qui règne sur la Croatie. De 1301 à 1409, les rois d'Anjou de Naples sont rois de Hongrie et de Croatie. Enfin, de 1409 à 1528, se succèdent des rois de diverses maisons royales comme les Jagellon de Pologne. Cette période se caractérise en Croatie par la fin du système des tribus et le début du système féodal, en somme par un alignement sur le modèle hongrois. La période est aussi marquée par la guerre contre les Ottomans à partir de 1389.

Les Vénitiens, les Ottomans et la Croatie des Habsbourg (1526-1918)

A partir de 1493 et jusqu'en 1526, les armées croates sont vaincues à Krbava par les armées turques. La Croatie perd plusieurs villes et se rétrécit progressivement. Après la bataille de Mohač en 1526 et face à l'anarchie qui règne en Hongrie, les seigneurs croates choisissent Ferdinand de Habsbourg comme nouveau roi. La dynastie des Habsbourg régnera sur la Croatie jusqu'en 1918. La lutte contre les Ottomans ne s'interrompt pas pour autant. Malgré la construction de nombreuses fortifications et la constitution d'une " frontière militaire ", les Turcs pénètrent plusieurs fois en Croatie. La ville de Zagreb cependant n'est jamais envahie. La Diète de Croatie, le Sabor, s'y installe en 1557, puis le vice-roi (le ban).

Pendant ce temps, les relations entre les empires austro-hongrois et vénitiens se passent presque sans accroc. Surgit alors la " guerre des Uskoks ", du nom des guerriers croates protégés par Vienne qui, fuyant la conquête turque, se sont installés à Senj en 1537. Les raids qu'ils lancèrent, sept décennies durant, d'abord contre les Ottomans puis contre la flotte commerçante vénitienne, furent la principale cause du conflit. Dans le pacte de cessez-le-feu, signé en 1617, les Habsbourg s'engagent à disperser les Uskoks dans l'intérieur des terres. La paix de 1664 signée entre Vienne et Istanbul laisse le champ libre à l'Empire ottoman sur un certain nombre de territoires croates.

Dans ce contexte, Petar Zrinski, ban de Croatie, prépare une insurrection contre les Habsbourg. Il se rend à Vienne avec un autre noble croate nommé Fran Krsto Frankopan pour soutenir leur cause. Tous deux seront décapités le 30 avril 1671. Après l'échec du siège de Vienne, l'armée turque jette les armes et accepte le traité de paix de Karlowitz en 1699. Grâce à celui-ci, Vienne récupère les territoires croates perdus en 1664. Cette paix marque alors pour la Croatie le début d'une longue lutte contre la Hongrie.

Napoléon et le nationalisme croate

L'épisode napoléonien bouleverse la structure du pays. Tandis que l'Empereur cède à l'Autriche les possessions du sud de l'Adriatique, il fonde, en 1809, les provinces d'Illyrie qui regroupent l'Istrie, le Kvarner, la Dalmatie et la baie du Kotor. Au congrès de Vienne en 1815, l'Autriche récupère l'Istrie et la Dalmatie pour cent ans. C'est à cette époque qu'un certain nombre de ports de l'Adriatique, comme celui de Pula, se développe, les Autrichiens construisant des chantiers navals pour leur marine de guerre. Des routes sont construites pour relier ces ports à l'arrière-pays, à Vienne et à Budapest. Parallèlement à l'essor économique de la région, on assiste à une politique de germanisation et d'italianisation de la région par le régime austro-hongrois.

La première manifestation d'un sentiment national date du début du XIXe siècle. Dans le contexte occidental du problème de langues posé par le mouvement des Lumières, l'évêque de Zagreb recommande aux Croates d'utiliser davantage la lingua illyrica. C'est Ljudevit Gaj (1809-1872) qui va diriger la nouvelle génération d'intellectuels portés par le mouvement de renaissance nationale en proposant une langue littéraire commune. En 1842, la Matica hrvatska (Institut croate des sciences et de la culture) est fondée à Zagreb, qui devient le centre culturel et politique du pays.

Le mouvement illyrien est encouragé par les révolutions qui secouent l'Europe en 1848. Il est en partie dû à la présence française dans les provinces illyriennes qui aurait contribué à la diffusion des idées révolutionnaires.

À cette période, les forces politiques croates élaborent leur programme, fondé sur l'abolition du régime féodal, l'unification des régions et l'élection d'une assemblée représentative. À Zagreb, le ban Josip Jelačić (1801-1859) promulgue le premier programme politique croate lors de la grande réunion de l'Assemblée nationale en 1848. Le comte Janko Drašković, acteur du mouvement, réclame, dans son manifeste Dissertation, la réunification des territoires croates, la constitution d'un gouvernement autonome et l'adoption du croate comme langue officielle.

Dans l'espoir de contrer ce mouvement, les Habsbourg le nomment nouveau ban. L'autorité des Habsbourg rétablie, ceux-ci imposent leur autorité sur la Hongrie comme sur la Croatie dont ils suppriment les institutions qui ne seront rétablies qu'en 1860.

Ce sont les revendications nationalistes qui poussent François-Joseph (1848-1916) à diviser le pays : tandis que l'Istrie et la Dalmatie restent sous autorité autrichienne, le reste de la Croatie passe sous autorité hongroise, avec un ban à sa tête. L'accord croato-hongrois de 1868 établit un simulacre d'indépendance.

Dans ce pays politiquement reconnu mais divisé, un certain nombre d'activistes s'organisent après l'échec du mouvement illyrien. Ante Starčević crée le parti du droit dont le but est la constitution d'un Etat croate indépendant. L'évêque Strossmayer et son parti national réclament aussi l'union des Slaves du Sud. Apparaissent également des mouvements qui ne sont pas favorables à la constitution d'un Etat croate. En particulier, en Serbie, certains commencent à réclamer le rattachement de la Serbie à la Dalmatie. Dans cette région adriatique, les opposants à cette union créent un mouvement autonomiste, qui met l'accent sur la parenté avec l'Italie. A la fin du XIXe siècle se constitue une coalition serbo-croate qui se rassemble autour de l'opposition à l'Autriche-Hongrie. Elle remporte les élections de 1906.

La création de la Yougoslavie

La Première Guerre mondiale bouleverse la carte de l'Europe, et notamment l'organisation étatique des Balkans. Le sort de la région est dicté par le fait que la Serbie se trouve du côté des vainqueurs. L'hégémonie serbe l'emporte sur la volonté croate de fonder un vaste Etat rassemblant de manière égalitaire les peuples slaves du Sud. Un royaume des Serbes, Croates et Slovènes, dominé par la Serbie, se constitue. La Diète croate n'existe plus et la Croatie perd son identité étatique.

Belgrade exerce une pression policière sur le nouvel Etat. En 1928, Stjepan Radić, le président fondateur du parti paysan croate, qui s'exprime pour une orientation fédérale de l'Etat, est victime d'un attentat. En 1929, le roi Alexandre Karađorđević crée la Yougoslavie. C'est le début d'une période de dictature qui s'accompagne d'une intensification de la répression. Le roi est assassiné à Marseille en 1934 par un membre des Oustachis (" Insurgés "), un mouvement révolutionnaire nationaliste fondé dans l'ombre par Ante Pavelić. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, un accord est signé entre Vlatko Maček, qui a succédé à Stjepan Radić et le régent Paul. Les Croates obtiennent l'autonomie pour les affaires intérieures sur un territoire qui rassemble à peu de choses près la totalité des terres historiques du pays.

La Seconde Guerre mondiale

La Seconde Guerre mondiale bouleverse ce compromis. La Yougoslavie est démantelée pendant le printemps 1941 et subit l'invasion des troupes allemandes, italiennes, hongroises et bulgares. Ante Pavelić, soutenu par les Italiens, devient le chef de l'Etat indépendant de Croatie, qui comprend la Croatie et la Bosnie-Herzégovine, tandis que Pierre II et le gouvernement légal émigrent à Londres. A quelques territoires près, la Dalmatie devient italienne. La résistance croate commence à s'organiser pendant l'été 1941. Deux mouvements principaux voient le jour, celui des tchetniks, royaliste, dirigés par le général serbe Draža Mihajlović et soutenus au début par les Anglais, et celui de Tito, secrétaire du parti communiste depuis 1937. Par un mécanisme qui n'est pas propre à l'histoire du parti communiste en Croatie, c'est la résistance des " partisans " qui va conduire les communistes au pouvoir. Les deux mouvements de résistance, d'abord unis, entrent bientôt en opposition. En Bosnie, les partisans de Tito repoussent des offensives allemandes avec beaucoup de succès, appuyées par les tchetniks. En 1942, un conseil antifasciste de libération nationale (AVNOJ) se constitue. En 1943, les Alliés qui soutenaient Mihajlović dans la première partie de la guerre apportent leur soutien à Tito. Celui-ci prend la tête du parti en mars 1945 et constitue un gouvernement, avec plusieurs ministres membres en exil.

Des insurgés croates dans le maquis français

Le 17 septembre 1943, quelque 500 soldats croates et bosniaques, enrôlés de force dans les unités SS au sein du 13e bataillon de la 13e division de l'armée allemande, sont envoyés en France, dans l'Aveyron (Villefranche-de-Rouergue), pour des manoeuvres d'entraînement. Ils se révoltent, éliminent le commandement d'occupation, rejoignent le maquis français et parviennent à prendre le contrôle de la petite ville. Mais ils se retrouvent vite cernés par les armées du Reich qui arrivent de Rodez avec le soutien des blindés. La grande majorité des insurgés est tuée lors des combats ou capturée, quelques-uns parvenant à fuir. Les prisonniers seront envoyés sur le front russe ou directement en camps de concentration. Plus d'une centaine de soldats tués pendant l'opération sont enterrés à l'entrée de la ville dans un lieu désormais connu comme le " champ des martyrs croates ". Cette première rébellion armée au sein de l'armée allemande fut glorifiée par Radio Londres. Tous les ans, une cérémonie de commémoration officielle se déroule au lieu-dit, situé à l'entrée de la commune, aux abords de l'avenue des Croates.

Bibliographie : Louis Érignac, La Révolte des Croates de Villefranche-de-Rouergue, éd. Villefranche 1980 ; Michel Poux, Aveyron Croatie, la nuit, L'Harmattan, 2011.

La Croatie communiste au sein de la fédération yougoslave

Les élections du 11 novembre 1945 à l'Assemblée constituante, les premières depuis la libération, sont favorables au front populaire que domine le parti communiste. Le 29 novembre, l'Assemblée proclame la république avec Tito comme président. Une fédération de six républiques (Slovénie, Croatie, Serbie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro et Macédoine) et deux régions autonomes (Kosovo et Vojvodine) est instituée. La Constitution du 31 janvier 1946 organise la seconde Yougoslavie en un Etat totalitaire sur le modèle soviétique. Un régime de parti unique s'établit, dominé par la personnalité du chef de l'État fédéral.

Un processus de planification et de nationalisation est mis en place. La rupture avec l'Union soviétique en 1948 entraîne des difficultés économiques, mais la Yougoslavie n'abandonne pas le titisme, fondé sur l'autogestion, la décentralisation économique et l'assouplissement de la collectivisation et de la planification. Les institutions stratégiques sont progressivement dominées par les Serbes, de loin le peuple le plus nombreux dans le nouvel Etat. Le régime suit une évolution démocratique entérinée par la Constitution de 1963 qui donne plus de poids à la démocratie directe, renforce l'autonomie des fédérations et laisse une place à l'économie de marché.

Le Printemps croate

En 1970, le parti communiste croate commence à critiquer ouvertement l'unitarisme. Il réclame davantage de réformes étatiques, de libertés démocratiques. Etudiants et ouvriers déclenchent une grève générale dans tout le pays mais Tito répond par une purge sévère. Il dissout la section procroate du PC (KPH), limoge la direction réformatrice, stoppant ainsi la contestation populaire. Le mouvement d'indépendance anti-yougoslave, dit Printemps croate, de 1971 est réprimé violemment. Des dissidents politiques, de nombreux intellectuels, étudiants ou journalistes, sont condamnés à de lourdes peines de prison. Franjo Tuđman, ancien général de l'armée des partisans, historien militaire, est emprisonné trois ans avec interdiction de s'exprimer en public pendant cinq ans. Seule concession, un changement de Constitution en 1974 dessine à peu de chose près les contours d'une Yougoslavie confédérale. Vingt ans plus tard, lorsque la Croatie accède à l'indépendance, le sentiment nationaliste, anti-fédéral, reviendra sur le devant de la scène politique.

Fin de l'ère titiste

Après la mort de Tito, en 1980, les fonctions présidentielles sont exercées collégialement. Cependant, le changement de Constitution ne résout ni les problèmes nationaux ni les difficultés économiques et politiques. Les changements de président ainsi que plusieurs scandales économiques nourrissent le mécontentement social. Schématiquement, on peut dire que la Slovénie et la Croatie, moteurs économiques de la Yougoslavie, revendiquent une participation aux assemblées qui se tiennent à Belgrade, là où sont prises les grandes décisions économiques et politiques. Le gouvernement de Serbie, de son côté, exerce ses répressions sur les revendications nationalistes qui fleurissent au Kosovo à partir de 1983 et sur le maintien de son autorité.

La guerre patriotique et l’indépendance

En Serbie, en 1989, Milošević part en croisade pour anéantir l'autonomie du Kosovo, de la Vojvodine. Il cherche à contrôler les autorités yougoslaves. En Croatie, on instaure le pluripartisme. Les élections croates d'avril et mai 1990 - premières élections libres avec plusieurs partis - sont remportées par le HDZ (Union démocratique croate) de Franjo Tuđman.

Trois mois plus tard, on assiste au début de la rébellion des Serbes de Croatie, qui s'autoproclament à l'est du pays " République autonome de Krajina " et prend la ville de Knin pour capitale. Le 30 mai 1990, Tuđman est élu président de la République croate, le Parlement vote la modification de la Constitution. Le 19 mai 1991, un référendum autorise les dirigeants croates à continuer les pourparlers de confédération avec la Yougoslavie ou, en cas d'échec, à proclamer l'indépendance de la Croatie.

Le 13 juin, l'armée yougoslave (JNA), dont l'état-major est désormais constitué uniquement de Serbes, attaque la Croatie. Huit jours plus tard, le Parlement croate déclare la souveraineté et l'indépendance du pays. La Croatie est alors envahie. La vieille ville de Dubrovnik est bombardée. Finalement, au début de l'année 1992, l'indépendance de la Croatie est reconnue par la communauté internationale, en même temps que celle de la Slovénie.

L'armée yougoslave se fixe pour mission de salut de maintenir l'Etat fédéral yougoslave. En Croatie, les combats qui opposent les Serbes aux Croates ont notamment pour enjeu la ville de Vukovar et la région de Krajina. Le conflit gagne ensuite la Bosnie-Herzégovine, opposant Croates, Serbes et Bosniaques, ces derniers étant appuyés dans leurs stratégies par des milices djihadistes venues de l'étranger. L'Istrie et le golfe du Kvarner n'ont pas été directement touchés par les combats, tandis que Zadar, Šibenik et Dubrovnik ont subi des tirs de roquettes, des bombardements. La libération du territoire est entamée au cours de l'été 1995 et dure jusqu'au début de 1998.

En 1995, la Croatie signe les accords de Dayton avec les Serbes et les Bosniaques qui garantissent les conditions de la paix en Bosnie-Herzégovine. Au printemps 1999, l'Otan lance des représailles aériennes contre la Serbie en raison du nettoyage ethnique qu'elle pratique contre les Albanais du Kosovo ; le gouvernement croate apporte son soutien politique et logistique.

En juin 1999, Slobodan Milošević est accusé auprès du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie de La Haye pour crimes de guerre, crime contre l'humanité et génocide. Il meurt pendant la cinquième année de son procès, d'un infarctus du myocarde sans qu'aucun jugement n'ait été rendu, sa mort entraînant l'arrêt du procès. Franjo Tuđman meurt lui d'un cancer le 12 décembre 1999. Les chefs de gouvernement, le Serbe, Milošević, et le Croate Tuđman furent les principaux artisans de la disparition de la Yougoslavie et du renouveau du nationalisme.

Ratko Mladic, le chef militaire des Serbes de Bosnie pendant la guerre, fut arrêté le 26 mai 2011, après quinze ans de cavale. Il est extradé vers La Haye afin de comparaître devant le TPIY. Celui que l'on appelait le Boucher des Balkans est condamné à la prison à perpétuité par la Cour pénale internationale, reconnu coupable de génocide et de crime contre l'humanité. Autre procès retentissant, celui du Croate de Serbie, le général Slobodan Praljak, jugé pour crimes de guerre par le TPIY. Mais, en pleine audience, le 29 novembre 2017, il se suicide après avoir ingéré le liquide d'une fiole de poison.

Le tribunal est dissous le 31 décembre 2017 sans avoir pu réconcilier les Serbes, Monténégrins, Croates, Bosniaques et Albanais. Depuis juin 1999, la Croatie participe à l'inauguration du pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-Est.

Alternance politique et Europe toute

Depuis l'an 2000, la Croatie cherchait à se mettre en avant sur la scène internationale. Stjepan Mesić, leader de l'opposition, avait été élu président de la République en février 2000, menant ainsi au pouvoir son mouvement politique de centre gauche (SPD et HSLS). L'Union démocratique croate (HDZ) sortante, droite conservatrice, n'avait récolté que 27 % des voix.

Le nouveau gouvernement s'efforce alors de rentrer dans l'Union européenne et Stjepan Mesić est reconduit dans ses fonctions présidentielles en 2005. En 2010, c'est Ivo Josipović, du Parti social-démocrate, qui est élu à la présidence. Sa politique, basée sur la lutte contre la corruption, a facilité l'adhésion puis l'entrée de son pays dans l'UE, officialisée le 5 juillet 2013. Mais début 2015, lors du second tour, Kolinda Grabar-Kitarović, membre du HDZ, l'emporte avec une très courte avance. Pour la première fois une femme est élue à ce poste présidentiel au suffrage universel direct. Cette ancienne diplomate, en poste auparavant au Canada et revenue au pays, s'est montrée elle aussi très europhile.

L'Union démocratique croate (HDZ, droite nationaliste), qui est arrivée en tête des élections législatives de novembre 2015, forme une coalition avec un parti d'élus locaux indépendants, nommé Most (" le pont "). Le poste de Premier ministre est donné à Tihomir Oreskovic, un Canado-Croate, ancien cadre de l'industrie pharmaceutique, alors que Tomislav Karamarko, président du HDZ et vice-Premier ministre, défenseur de l'héritage patriotique de Franjo Tudjman, devient l'homme fort du pouvoir.

Son gouvernement, qui ne durera que six mois, tombe en juin 2016, usé par les dissensions internes, les polémiques à répétition et achevé par un scandale politico-financier.

En septembre 2016, moins de cinq mois après son institution, l'équipe au pouvoir de Tomislav Karamarko est destituée par des élections législatives anticipées, qui ramènent au Parlement les conservateurs centristes.

Le 19 octobre 2016, Andrej Plenković est nommé nouveau Premier ministre de la Croatie. Moins clivant que son prédécesseur, " pro-européen ", il ramène le calme sur la scène gouvernementale, même si la population croate reste fortement divisée sur le plan politique.

L'Europe, un nouveau souffle ?

Membre de l'ONU, du FMI, de la Banque mondiale et de la BERD, le 28e État membre de l'Union européenne (depuis le 1er juillet 2013) poursuit les négociations en vue de son adhésion à l'espace Schengen et à la zone euro (prévue pour 2022). L'adhésion européenne, qui a ouvert l'espoir de voir plus de capitaux étrangers investir, doit permettre d'aligner la législation croate sur les normes communes, créant ainsi un climat plus propice aux affaires. Mais l'attractivité du pays reste encore contrainte par les lourdeurs administratives tandis que la corruption et le clientélisme demeurent problématiques.

La croissance des dernières années provient surtout du dynamisme du secteur touristique et d'une reprise de la consommation des ménages, auparavant en baisse. Ces deux tendances devraient se poursuivre pour 2019. Cependant, la crise de 2008 a mis en évidence les limites du modèle croate, qui dépend de la consommation de biens, d'une économie peu diversifiée et du contexte économique de l'Europe. Le gouvernement est sommé par l'Europe de lutter contre une certaine " inertie en matière de réformes ". Alléger et redynamiser le secteur public apparaît aussi comme l'une des priorités.

Élément stabilisateur dans la région. La Croatie participe au processus de coopération du Sud-Est européen, dont elle a exercé la présidence, jusqu'en mai 2007 pour un accord de libre-échange centre-européen.

Le gouvernement prépare la première présidence croate du Conseil de l'UE (premier semestre 2020). Sur le terrain de la coopération régionale, il soutient les pays candidats à l'Union et à l'Alliance atlantique. L'avenir européen de la Bosnie-Herzégovine et d'autres pays des Balkans occidentaux apparaissent comme l'un des objectifs majeurs de politique étrangère. Avec la Serbie, le processus de normalisation des relations se poursuit, la coopération économique passant par un futur européen commun, des projets transfrontaliers avec le concours de crédits européens.

La gestion de la crise migratoire. À l'automne 2015, le passage des migrants-réfugiés, qui massivement souhaitaient se rendre en Europe du Nord, a ouvert une période de tensions avec les pays voisins. La Serbie, la Hongrie, l'Autriche et la Slovénie, chacun cherchait les meilleures solutions pour son propre territoire. Au final, les membres de l'UE se sont entendus sur la prolongation de l'accord avec la Turquie, ainsi que sur un renforcement des protections aux frontières. D'après la Cour de justice européenne, si un État membre a le droit d'autoriser l'arrivée sur son territoire pour des motifs humanitaires, sans respecter les règles habituelles d'entrée, il ne peut le faire que pour son propre territoire et non pour le territoire des autres États membres. On ne peut pas renvoyer un demandeur d'asile vers un pays où il existe un risque réel que l'intéressé subisse des traitements inhumains et dégradants. L'Autriche et la Slovénie pouvaient donc légitimement renvoyer en Croatie les demandeurs d'asile qui, au plus fort de la crise migratoire, sont arrivés illégalement sur leur territoire. Le ministre de l'Intérieur croate, Vlaho Orepić, s'est montré rassurant. Arguant que la Croatie possédait les ressources nécessaires pour accueillir les migrants, le gouvernement a mis en place un projet-pilote, qui visait à intégrer 150 réfugiés alors que la société civile à Zadar a montré un bel exemple de solidarité, en fournissant logements et travail. Mais selon le rapport de l'ONG Amnesty International (2017-2018), la Croatie n'a accepté que 10 % des réfugiés et demandeurs d'asile sur les 1 600 qu'elle s'était engagée à relocaliser et à réinstaller au titre des programmes de l'UE.

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