Guide de Croatie : Arts et culture

Architecture
Mali Lošinj.
Mali Lošinj.

Partout dans le pays, des fortifications, murs d'enceinte, murailles, kastel, fortins et autres tours de guet traduisent un sentiment d'insécurité longtemps partagé. Face aux invasions barbaresques ou aux menaces ottomanes par la côte ou la terre, on a cherché à se protéger.

L'Empire romain. De nombreuses villes conservent des traces de l'architecture antique, comme à Zadar où l'on voit sur le même périmètre le tracé du premier cadastre, l'ancien forum romain, les églises des premiers chrétiens, la basilique byzantine. A Split, le palais fortifié de Dioclétien ou encore l'amphithéâtre de Pula, construit sous l'empereur Vespasien, compte parmi les plus importants sites romains de l'empire.

Le Haut Moyen Age a laissé en Croatie plusieurs monuments, dont les grandes basiliques à triple abside comme celle de Saint-Donat à Zadar, construite vers l'an 800, ou la Sainte-Trinité de Split qui date du IXe siècle. L'architecture romane est très présente avec des variations selon les régions. En Dalmatie notamment, on compte de nombreuses petites églises de plan cruciforme, des édifices de plan circulaire. Ainsi la cathédrale de Trogir ou celle de Split. A Zadar, toutes les époques historiques, bien conservées, cohabitent au centre-ville : la cathédrale y manifeste un goût toscan tandis que la basilique Saint-Chrysogone témoigne de l'influence lombarde.

La Renaissance s'illustre par l'école dalmate d'architecture qui prône des constructions n'utilisant qu'un seul type de pierre avec une technique d'assemblage ingénieuse sans mortier. La cathédrale de Šibenik, par exemple, fut bâtie sur ce modèle, mais c'est à Raguse (Dubrovnik) que se manifeste le plus brillamment le nouveau style gothique, influencé par l'Italie toscane toute proche.

Le baroque s'exprime davantage dans le nord-ouest du pays, influencé par la culture austro-hongroise, notamment dans les régions du Zagorje, de Varaždin.

L'art nouveau, de la Sécession au modernisme. Fin XIXe siècle, avec l'essor de l'urbanisation, les grandes villes du pays se lancent dans la construction de bâtiments typiques de l'historicisme, notamment à Zagreb, où l'on trouve les plus beaux exemples de ce type d'architecture. On remarque le style Sécession viennois dans le bâtiment des archives municipales, édifié par Rudolf Lubynski. Au tout début du XXe siècle, la culture moderne s'émancipe des partis académiques et commence à imprégner l'architecture croate. Viktor Kovacic, qui publie Modern architecture en 1900, en pose les bases, reprenant les principes d'Otto Wagner, architecte de l'Académie des beaux-arts de Vienne.

La génération reconstruction. L'architecture après la Seconde Guerre mondiale n'a pas laissé de souvenirs mémorables, trop bridée par des décennies de formalisme collectiviste. Le musée d'Art contemporain de Zagreb, de l'architecte Igor Franic (1954), fut l'un des rares grands projets publics réalisés ces années-là. Son implantation très excentrée suscita de nombreux débats. Ses dimensions et son expression monumentale et aérienne sont en accord avec le contexte. Il fallait affirmer le Novi Zagreb, une ville nouvelle développée à partir des années 1960 selon des ambitions modernistes, influencées par les principes corbuséens, repris comme une vérité architecturale.

Les visionnaires du XXIe siècle. Les architectes post-guerre d'indépendance doivent, pour des raisons politiques, exprimer le renouveau architectural par des monuments commémorant les héros du conflit. L'un des plus emblématiques, le pont de la Mémoire à Rijeka, fut la première réalisation majeure de la jeune agence 3LHD en 2001. Elle impressionna par son remarquable degré d'abstraction. Mais le début du XXIe siècle gardera pour l'histoire de l'architecture contemporaine croate le travail de l'architecte Nikola Bašić. Remarqué dès 1998 pour sa chapelle futuriste, puis pour le Champ de Croix (2010) sur l'île de Kornat (douze croix de pierres érigées à même le sol en hommage aux soldats tués), c'est à partir de 2005 qu'il acquière une notoriété internationale. A Zadar, sur la promenade de la mer, il a conçu deux installations urbaines uniques au monde. D'un côté, les Orgues maritime, qui fonctionnent avec la force hydraulique de la mer créant des sons harmonieux à l'intérieur de tubes logés sur des marches monumentales. De l'autre, le Salut au Soleil utilise l'énergie solaire pour animer un cercle au sol, de 22 m de diamètre. La nuit tombée, le cercle renvoie un jeu de faisceaux lumineux aux multiples couleurs. Un bel ouvrage chromatique et écologique !

A Pula, c'est Dean Skira, concepteur de lumières architecturales, qui a fait danser les grues géantes du chantier naval. A Pag, l'agence Log Urbis a imaginé la désormais célèbre Olive House, une maison privée entre terre et mer qui nous plonge dans un monde de science-fiction avec sa sphère blanche en terrasse. A Rijeka, Nenad Fabijanić se distingue pour la mise en valeur d'une zone archéologique alors que l'agence 3LHD s'affirme encore avec son aquarium d'eau douce quasi enfoui dans l'herbe (Karlovac), l'aménagement élégant du bord de mer à Rovinj ou son projet de reconstruction du mythique hôtel Belvédère de Dubrovnik.

Artisanat
Productions régionales traditionnelles

Coiffe de Lika

Broderies du Konavle en soie

Dentelle de l'île de Pag

Cravates, invention croate (la marque Croata)

Bijouterie traditionnelle dalmate avec filigranes en argent (Split, Dubrovnik)

Bijoux et objets du quotidien en pierre blanche de Brač

Cristal de Samobor

Colombes en céramique de Vučedol

Reproductions de verrerie antique, musée du verre ancien de Zadar

Hochets, clapets et décoration des oeufs pour les fêtes pascales

L'assemblage en bois et métal. Vivante en Dalmatie centrale et dans la région de Konavle, la fabrication des klepetaljke et des čegrtaljke donne des petits hochets et des clapets. Leur aspect change d'une région à l'autre. Ceux de l'île de Krk portent, à leur extrémité, une planche en bois de 30 cm (largeur d'une étagère pour livres environ). On attache ensemble ces tablettes en métal qui, en activant la planche, produisent un bruit fort, qui annonce la procession. Dans d'autres régions, les klepetaljke sont montées sur des petites roues attachées aux planches en bois et reliées à des pignons en métal ; une fois tiré, le dispositif laisse échapper un bruit de cliquetis.

Le tissage des branches. Les palmiers étaient difficiles à trouver sur la côte adriatique, aussi les gens utilisaient plutôt des rameaux d'olivier et de romarin. Les chroniques de la ville de Split rapportent que tous les habitants se réunissaient à Pâques autour du seul palmier de la ville, qui était planté dans un jardin privé. Les habitants de Brač, eux, amenaient par bateaux des palmes de l'île de Vis, où l'arbre exotique poussait en abondance, puis les distribuaient aux habitants. Les branches étaient décorées avec des croix ou des guirlandes fabriquées avec des rubans et des fleurs. Ce savoir-faire artisanal était tellement apprécié qu'une branche ainsi travaillée pouvait s'échanger contre le pain de Pâques et 20 oeufs colorés et décorés. Sur l'île de Korčula et dans les alentours de Šibenik, des branches d'olivier étaient tressées, alors qu'en Istrie les branches étaient tissées en guirlandes avec une croix.

La coloration des oeufs. Il existe plusieurs façons de décorer les oeufs de Pâques. La plus connue emploie de la cire liquide chaude et un crayon. Après la coloration, la cire est enlevée, laissant apparaître de splendides motifs décoratifs. Avant l'apparition de la pigmentation artificielle, les oeufs étaient colorés en les cuisinant dans l'eau avec de la peau d'oignons rouges, des noix, des racines et des herbes colorantes. Afin d'obtenir leur éclat, ils étaient polis avec de l'huile avant d'être placés dans le panier.

La deuxième manière vient de la Croatie continentale. On y décore les oeufs avec des dessins réalisés au couteau. Puis on les décore avec des rubans de soie et de laine. Une troisième technique consiste à utiliser de l'acide formique afin de laisser des traces sur les oeufs.

Dans le sud de la Croatie, les oeufs sont traditionnellement colorés en rouge et décorés d'une étoile ou d'une rosette blanche, alors que les dessins en forme de branches de pin, cercles, spirales et fleurs, viennent d'autres régions. Une coutume liée aux oeufs de Pâques (tuča) et pas des moindres, le combat des oeufs... durs ! Chacun choisit un oeuf dans le panier et le frappe contre l'oeuf de son adversaire. Le gagnant - très logiquement - est la personne dont l'oeuf est resté intact après le " combat ".

Cinéma

En Croatie, le premier film parlant (Lisinksi) date de l'immédiat après-guerre (1944). Des années 1950 à 1980, les contraintes de la censure imposées par le régime communiste n'ont pas facilité la création cinématographique. Le cinéma national est disparate. En 1970, la comédie musicale sociale de Kreso Golik Tko pjeva, zlo ne misli (Qui chante ne pense pas à mal), élu film du siècle en Croatie, est une adaptation du Journal du petit Petrica de Vjekoslav Majer, un écrivain zagrébois populaire de l'entre-deux-guerres. Les longs métrages de Krsto Papic, qui a fait plusieurs films, ceux de Nikola Tanhofer, Branko Schmidt ou d'Antun Vrdoljak s'apparentent tous à des chroniques dramatiques et sociales.

La dernière guerre, ses effets désastreux sur la société. A partir des années 1990, le 7e art en Croatie, comme dans les autres pays de l'ex-Yougoslavie, est fortement impacté par l'effondrement brutal de la fédération. Secoué mentalement, exsangue, influencé, il est marqué par l'enfermement des esprits, les troubles psychotiques, les drames familiaux. La destruction des infrastructures et la corruption le condamnent au silence. A quelques exceptions près : en 1996, Vinko Bresan ose l'humour noir dans sa comédie-dramatique, Kako je poceo rat na mom otoku (Comment la guerre a commencé sur mon île). La guerre vue par des pêcheurs de l'Adriatique. En 2006, Passeur d'espoir (Put Lubenica) de Branko Schmidt raconte l'histoire d'un passeur de réfugiés, aux mains de la mafia locale, à la frontière de la Bosnie-Herzégovine et de la Croatie. Le film de la Bosniaque Jasmila Žbanić (Sarajevo, mon amour) sorti la même année, remporte un vif succès.

Renouveau, distanciation et coproductions. A partir des années 2000, des cinéastes croates s'émancipent du traumatisme de la guerre et abordent la vie sociale avec plus d'humour et plus de distance. Ainsi My Beautiful Country, long métrage de Michaela Kezele, est une coproduction (Serbie/Croatie/Allemagne) de 2012. Sur fond de guerre au Kosovo, la romance impossible entre un soldat albanais et une veuve serbe prend une portée symbolique. Dans les films de Dalibor Matanic, Branko Schmidt ou Rajko Grlić, on note une ironie grinçante. Soleil de plomb, le dernier long métrage de Matanić (2016), revient sur les trois décennies passées (1991, 2001, 2011), avec l'histoire d'amour impossible entre deux jeunes de villages voisins, serbes et croates. Le plus drôle reste encore la Parade de Srdjan Dragojević (2012). Cette coproduction (Hongrie, Serbie, Croatie, Slovénie, Allemagne) raconte la virée tragi-comique d'une bande de mercenaires (serbes, bosniaques, albanais du Kosovo) et combattants croates. Tous se retrouvent aux côtés des militants homosexuels pour assurer la sécurité de la première gay pride à Belgrade.

Le plus gros succès au box-office croate depuis 1991, la comédie dramatique, Bonté divine (Svećenikova djeca) de Vink Brešan, est sorti en 2013 en Croatie et en 2015 en France. Un prêtre, envoyé sur une île de l'Adriatique, a son idée pour lutter contre la dénatalité insulaire : percer discrètement les préservatifs mis en vente ! Résultat, explosion des naissances, afflux de touristes en mal de procréation, émotions chez les habitants... La première version de l'affiche du film représentait l'homme d'église armé d'une grande épingle, prêt à s'attaquer au préservatif. Elle fut censurée.

Nouvelle génération et films de femmes. La jeune réalisatrice Andrea Štaka est née et vit en Suisse. De famille croate exilée, elle réalise plusieurs films où le passé de ses origines est très présent comme dans Hotel Belgrad, Yogodivas, Das Fräelen. Dans son dernier long métrage, Cure, la vie d'une autre (2014), le scénario est fondé sur un fait divers qui se serait passé à Dubrovnik.

Tatjana Božić, avec son film Happily ever after (2014), apporte aussi un vent de fraîcheur dans le paysage cinématographique. Son autofiction, sur le mode humoristico-philosophique, prend le rythme d'un road-movie avec la réalisatrice, qui se met en scène, part à la recherche de ses anciens amants, à Moscou, Zagreb, Londres et Hambourg. Katarina Zrinka Matijević, dans son premier long métrage, Trampolin (2016), saute à pieds joints sur les cicatrices émotionnelles du passé.

En 2017, dans le film Mort à Sarajevo, du Bosniaque Danis Tanović, libre adaptation d'une pièce écrite par Bernard-Henri Lévy, les souvenirs de la guerre et le manque de résilience sont toujours là : une équipe de télévision croate est confrontée à un ancien milicien serbe, alors qu'ils sont tous invités à une conférence de la paix en présence de diplomates internationaux.

En 2018, différents festivals ont programmé les films Maison d'été (Ljetnikovac) de Damir Čučić, Les Hommes, ça ne pleure pas (Muškarci ne plaču) d'Alen Drljević, Quiet People et Les Parents de Tomitza d'Ognjen Svilicić. Le docu-fiction de Nebojša Slijepčević (Srbenka) évoque la mort d'une civile serbe, lynchée à Zagreb. Un quart de siècle plus tard, une jeune troupe de théâtre tente de reconstituer le drame. Dans Chris The Swiss, la réalisatrice Anja Kofmel livre elle une enquête originale sur un reporter de guerre suisse assassiné lors des conflits avec des images d'archives ponctuées de séquences en animation.

L'école du dessin animé de Zagreb. Les films d'animation de l'école de Zagreb ont connu leur heure de gloire dans le monde entier dès les années 1950. L'un des fondateurs de l'école, Dušan Vukotić (1927-1998), fut le premier étranger à être récompensé par un Oscar en 1961, dans la catégorie dessins animés, pour son film Surogat (Ersatz, Le Substitut). Le festival international du film animé de Zagreb programme nombre de productions contemporaines réalisées dans les studios de la capitale. On peut citer le dessin animé long format Čarobnjakov šešir (Le Chapeau du magicien), réalisé en 1990 avec la collaboration de la société de production croate United Film et la société américaine Fantasy Forest. Les dessinateurs les plus connus sont Zdenko Gašparović, qui s'illustre avec son chef-d'oeuvre Satiemanija (1978), Dunja Jankovic ou encore Igor Hofbauer, célèbre pour ses affiches et flyers du légendaire club Mocvara à Zagreb.

À lire, l'ouvrage de Matthieu Dhennin Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, mises en scène (Espaces & Signes 2016) et la rubrique Penser Futé/S'informer/Filmographie de ce guide.

La Croatie séduit les producteurs

Si Winnetou, la trilogie télévisée des années 1960, avait déjà braqué les projecteurs sur les parcs nationaux de Krka et Plitvice, c'est bien la série Game of Thrones qui a rendu mondialement célèbres les imposants remparts de Dubrovnik et Lokrum, sa petite île en face, mais aussi le romantique arboretum de Trsteno, les soubassements du palais de Dioclétien à Split, la forteresse de Knin. Les raisons d'un tel attrait ? La valorisation exemplaire du patrimoine historique croate. Le soin apporté à la restauration architecturale de ces ensembles médiévaux et Renaissance, peu soumis au parasitage visuel de notre modernité, sont au coeur d'un domaine piéton sauvegardé. Parfait pour l'ambiance chevaleresque ! En mars 2016, c'est la saga Star Wars qui investit les remparts de la perle de l'Adriatique. On y a vu Ray, Finn et le petit robot BB-8 déambuler entre les murs anciens, comme dans le thriller indien Fan, avec l'acteur Shah Ruth Khan. Les paysages naturels, entre mer et montagne, inspirent aussi les cinéastes... Luc Besson a " craqué " pour The Lake, sa dernière grosse production ! Plusieurs scènes ont été tournées à Zagreb, au hameau de Hum en Istrie, près du lac Lokve dans la région du Parc naturel de Risnjak (Gorski Kotar). En 2016 encore, le biopic sur la vie du commandant Cousteau, avec Lambert Wilson et Audrey Tautou, nous plonge dans l'histoire du célèbre océanographe, avec des scènes filmées au large des îles de Hvar, à Vis. On ne quitte pas l'Adriatique avec la série européenne Crossing Lines, dont une partie de la 3e saison a élu domicile en Istrie (Opatija, Riyeka et Rovinj). En 2017, la fiction En amont du fleuve, de la Belge, Marion Hänsel, nous fait remonter la rivière Krka avec Olivier Gourmet, Sergi Lopez, John Lynch, 3 hommes à la recherche d'un père disparu. La beauté du décor naturel dans le parc national se mêlent à l'aventure.

L'office de tourisme croate a édité un livret gratuit reprenant l'histoire des films tournés dans la capitale.

www.croatie.hr/

Danse
Danses traditionnelles.
Danses traditionnelles.

Les danses traditionnelles croates restent un patrimoine culturel vivant que l'on transmet aux enfants et aux jeunes gens. Si dans les montagnes et l'arrière-pays dalmate (sphère culturelle dinarique), la ronde muette (nijemo kolo) ou ronde dite de Vrlika, Lika ou Sinj est la danse typique avec pas, sautillements et sans musique apparaît un peu austère, dans le nord-ouest et le centre de la Croatie, le drmeš s'exécute en couple ou en petites rondes, accompagné d'un petit orchestre d'instruments à cordeaux (guci). La danse populaire caractéristique de la Slavonie et de la Baranja utilise aussi la ronde (kolo) pour les mouvements de groupe sur les accords de la cornemuse (gajde) puis de la tamboura, une sorte de luth. En Istrie, comme dans la région du Primorje, on sort les bombardes pour donner le tempo aux chants et danses de groupe, que l'on nomme balun et tanac des sopele (roženice). En Dalmatie, les danses villageoises (linđo, poskočica) étaient accompagnées par l'instrument à trois cordes (lijerica), alors qu'en ville c'est la guitare ou la mandoline qui rythment les danses citadines (šotić, kvadrilja). Suivez ces troupes dans les festivals folkloriques qui émaillent toute la saison estivale, dans des lieux dédiés comme au Lazareti de Dubrovnik, les représentations de l'ensemble folklorique Lindo, créé en 1964, mais aussi au village de Čilipi, en Dalmatie du Sud, tous les dimanches matins.

Danse contemporaine. Les amateurs ne manqueront pas le festival international de la danse contemporaine, qui a lieu chaque année, fin juin, à Zagreb. Fondée en 1982, cette véritable plate-forme d'artistes propose une programmation éclectique autour des diverses visions chorégraphiques actuelles. Aux côtés de personnalités de renommée internationale, les spectacles de talents émergents ou confirmés du pays, on retrouve des femmes surtout, Ivana Muller, Andreja Bozic, Irma Omerzo, Marija Scekic, Marjana Krajac ou encore Barbara Matijević qui a travaillé avec l'auteur dramaturge Saša Božić, pour un spectacle plus performé que dansé (Compass). C'est aussi la démarche de BADco. Depuis les années 2000, ce collectif d'artistes, basé à Zagreb, combine les performances de chorégraphes/danseurs, de dramaturges et d'un philosophe.

www.danceweekfestival.com

Littérature
Statue du poète Marko Marulic.
Statue du poète Marko Marulic.

La première écriture slave glagolitique est créée au IXe siècle par deux moines grecs, Saint-Cyrille et son frère Saint-Méthode. La traduction des Saintes Ecritures en slavon croate a incité les prêtres à créer une littérature religieuse dans cette langue vernaculaire, ainsi que des romans populaires, des chroniques, des textes apocryphes ou publics, dont le plus célèbre, la Plaque de Baška, remonte au XIe siècle. Cependant, l'évangélisation de la Croatie fut surtout l'oeuvre des clergés franc et italien. C'est donc le latin qui s'imposa comme la langue de culture.

La Renaissance, début de la littérature. La première oeuvre est celle de Marko Marulić (1450-1525), un humaniste originaire de Split considéré comme le père de la littérature croate. Ses traités, écrits en latin, connurent un succès européen et son oeuvre la plus réputée est une épopée religieuse Judita (1501).

Aux XVe et XVIe siècles, des poètes dalmates, de Dubrovnik écrivaient aussi en langue slave, sous l'influence du pétrarquisme. Parmi eux, Džore Držić (1461-1501) et Šiško Menčetić (1457-1527). Au XVIe siècle, le poète majeur, Dinko Ranjina (1536-1607), qui rédige ses vers en italien. Petar Zoranić (1508-1569), citoyen de Zadar, est connu pour avoir publié en 1536 le premier roman en croate, Planine (Montagne), imprimé à Venise en 1569. Enfin, Marin Držić (1508-1567) écrit à cette même période des pièces de théâtre dont Adonis ou Skup, encore jouées aujourd'hui.

Les classiques, entre poésie épique et Illyriens. Pour le XVIIe siècle, il faut citer Ivan Gundulić (1589-1638) et son long poème épique Osman (1638) ainsi que son Ode à Dubrovnik Dubravka (1628). Dans le nord de la Croatie, Petar Zrinski (1620-1671) et Fran Krsto Frankopan (1643-1671) laissent des essais de grande valeur. Le mouvement illyrien donne une impulsion à la littérature de la région. Parmi les auteurs qui adoptent le dialecte chtokavien, figurent Stanko Vraz (1810-1851), Petar Preradović (1818-1872) et surtout Ivan Mažuranić (1814-1890).

Le XIXe siècle, l'ère des romans historiques. Pour la première partie du XIXe siècle, retenons les noms d'August Šenoa (1838-1881) avec L'Or de l'orfèvre (1871) et La Révolte des paysans (1877), ceux d'Eugen Kumičić (1850-1904), Ante Kovačić (1854-1889) et Ksaver Šandor Ðalski (1852-1935). Dans la seconde moitié du XIXe siècle, parmi les plus célèbres écrivains, le poète religieux Silvije Strahimir Kranjčević (1865-1908), avec son Moïse et le dernier Adam, ainsi qu'Ivo Vojnović (1873-1914), un auteur de pièces de théâtre originaire de Dubrovnik. L'anticonformiste Antun Gustav Matoš (1873-1914) est entré dans la légende. Ce poète zagrébois, critique littéraire fameux, polémiste, a eu une vie de bohème libertaire, a vécu en Serbie, quelques mois à Paris, et publié trois recueils, Copeaux (1899), Nouveaux copeaux (1900) et Récits de lassitude (1909).

Dans le clan des poètes " modernes ". Le naturaliste Tin Ujević (1891-1955) a écrit La Lamentation du serf, Le collier. D'autres noms comme Antun Branko Šimić (1898-1925), Dobriša Cesarić (1902-1980) et toujours la place essentielle des poètes romanciers, avec Janko Polić Kamov (1886-1910), grand marcheur qui a fait la route de Zagreb à Paris, auteur notamment de L'Insulte et Le Papier chiffonné. Toujours disponible, King Gordogan, traduit en anglais, la pièce surréaliste écrite en 1943 par le poète Radovan Ivšić. Chez Vesna Parun, la poétesse antinationaliste, libertaire et féministe, l'une des plus connues d'ex-Yougoslavie, lire Aubes et tempêtes (1947) et L'Olivier noir (1955).

L'oeuvre de Radovan Ivšić, le poète et dramaturge surréaliste, se trouve chez Gallimard. Annie Lebrun, dans son beau-livre illustré R.I. et la forêt insoumise, livre en 2015 une biographie inspirée sur l'auteur de Zagreb mort à Paris en décembre 2009.

On peut retrouver un panorama de cette littérature classique et de ces poésies dans l'étude universitaire de H. Gelez et N. Džigurski, Introduction aux littératures bosniaque, croate, monténégrine et serbe, du romantisme à la modernité (éd. de la Sorbonne-Paris IV, 2015). Le PDF est disponible gratuitement sur Internet.

Voir aussi les textes de Zoran Ferić (Anđeo u ofsajdu), Robert Perišić (Užas i veliki troškovi), Boris Dežulović (Christkind), Alyn Marc, Poésie croate d'aujourd'hui (Charleville, La Grive, 1970) ou Mihalić Slavsko et Kušan Ivan, La Poésie croate des origines à nos jours (Paris, Seghers, 1972).

Anthologie d'auteurs contemporains. En 2016, la maison d'édition zagreboise Durieux, en coédition avec la plateforme artistique parisienne Theatroom, a publié une revue littéraire assez exhaustive sur les auteurs croates d'aujourd'hui. En plus des extraits d'oeuvres de 71 auteurs (essais, études, nouvelles, romans, théâtre, poésie, oeuvres graphiques), on pourra y lire la traduction française du roman de Vladan Desnica (Les Printemps d'Ivan Galeb). Disponible sur le portail d'informations : www.courrierdesbalkans.fr/Anthologie-auteurs-croates-contemporains-Le-fantome-de-la-liberte

Pour les enfants, rien ne vaut les contes pour raconter un peuple. Axelle Hutchings et Vlatka Valentic ont réuni une dizaine d'histoires populaires, où l'on savoure des scènes de la vie quotidienne souvent cocasses (Contes de Croatie, Actes Sud Junior). Idem pour Ivana Brlic-Mazuranic, qui publie Croatie, le voyage de Potik et autres contes (Elytis éd., 2013).


Sélection de romans et récits contemporains

Velibor Čolić, Les Bosniaques : Hommes, villes, barbelés (Le Serpent à Plumes, 1994)

Miroslav Krleza, Le Retour de Philippe Laninovicz, 1re éd. en 1932, traduction Calmann Lévy (1994)

Predrag Matvejević, Bréviaire méditerranéen (1992) ou Epistolaire de l'autre Europe (1993)

Miljenko Jergović, Le Jardin de Sarajevo (2002), Freelander (2009), Ruta Tannenbaum (2012) ou Volga, Volga, (2015) tous traduits chez Actes Sud

Dubravka Ugresić, Le Musée des redditions sans condition (2005), Le Ministère de la douleur (2010), Grasset

Emmanuel Carrère, Limonov (Renaudot 2011), P.O.L.

Ivana Bodrožić-Simić, Hotel Zagorje (2012) Actes Sud

Marica Bodrožić, Tito est mort (2004), éd. de l'Olivier

Nataša Dragnić, Chaque jour, chaque heure (2013) Flammarion

Jean Echenoz, Des éclairs (2013), éd. de Minuit

Mathias Enard, Zone ; avec Pierre Marquès, Tout sera oublié (2013), Actes Sud

Aline Apostolska, L'Île noire de Marco Polo (2015), Gallimard

Sara Nović, La Jeune fille et la guerre (2016), Fayard

Renato Baretić, Le Huitième envoyé (2016), Gaïa éd.

Philip Kerr, La Dame de Zagreb (2016), éd. du Masque

Marie-Diane Meissirel, Huit mois pour te perdre (2016), éd. Daphnis et Chloé

Médias locaux

Sous les présidences de Tito et de Franjo Tuđman, la presse était sous la coupe du gouvernement. Pendant la guerre, les chaînes de télévision et les radios publiques étaient utilisées comme moyens de propagande. Depuis la fin des conflits et suite aux changements de régimes, après les élections de 2000, les médias sont devenus plus autonomes et indépendants.

Presse écrite. Chaque région possède son quotidien régional : Slobodna Dalmacija pour la Dalmatie, Novi list pour le Kvarner, les autres - Jutarnji list et Večernji list - sont publiés à Zagreb. En plus des journaux locaux, on trouve facilement dans les villes touristiques la plupart des journaux étrangers... avec quelques jours de retard.

Radios. Plusieurs programmes quotidiens d'informations sont diffusés en langues étrangères durant la saison touristique. Par exemple, sur la radio croate HRT1 (92.1 FM), des flashes en anglais arrivent chaque jour. Sur HRT2 (98.5 FM), du 1er juin au 20 septembre, les actualités en croate sont suivies de rapports du HAK (circulation routière) en anglais, allemand et italien, en simultané avec les programmes de la radio bavaroise et de la radio autrichienne, de la RAI 1, de la radio britannique Virgin. Plusieurs fois par jour également, des infos pour les plaisanciers, des flashs d'actualités et l'agenda des sorties.

Télévision. Les trois chaînes publiques diffusent de nombreux programmes étrangers. Les films sont souvent des productions internationales en version originale sous-titrée en croate. Les bouquets numériques de la télévision par câble augmentent l'offre.

Internet. Ces dernières années, de nombreux organismes publics ou privés, des agences de communication, touristiques et culturelles ainsi que des particuliers tenant un blog, des érudits locaux et les réseaux sociaux ont investi sur le Web. Notre sélection non exhaustive apporte un panorama assez large sur l'information et la communication spécialisées qui circulent en Croatie. L'utilisation quasi généralisée des smartphones et tablettes incite de nombreux sites à changer la construction de leurs pages. Ils s'adaptent aux nouveaux formats de ces petits ordinateurs, aux nouveaux modes de lecture avec plus de sons et d'images. Souvent, les bars et restaurants utilisent volontiers Facebook pour présenter leur actualité.

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Musique
Vieil homme jouant de la musique devant la grande fontaine d'Onofrio.
Vieil homme jouant de la musique devant la grande fontaine d'Onofrio.

Musique et danses traditionnelles. Différentes influences se sont exprimées sur cette aire culturelle, entre Europe centrale, Turquie et Méditerranée. En témoigne le tamboura d'Osijek, d'origine ottomane, percussion traditionnelle la plus répandue en Croatie et dans la diaspora. Cet instrument à cordes, qui accompagne les chants de Slavonie et des groupes, comme le Tambura Band Svita, membres de l'orchestre de Zlato Farszky qui participent à de nombreux concerts et festivals. S'ajoute le lirica, sorte de violon que l'on pose sur ses genoux, typique de la Dalmatie et le sopila, hautbois de l'Istrie. Les musiciens accompagnent les danses traditionnelles qui débutent par des mouvements lents et des chants qui s'interrompent au fur et à mesure que la danse s'accélère. La ronde initiale peut se séparer pour laisser les couples se former et exécuter des figures classiques.

Klapa, les choeurs d'hommes et de femmes. Des groupes, généralement masculins, interprètent a cappella, parfois accompagnés d'un seul harmonium, des chants religieux, des chansons d'amour. Un pur héritage dalmate, un peu comme les polyphonies corses ou les chants basques, que les Klapa Ikson ou Klapa Cakulone (7 femmes) perpétuent. Dans les versions actuelles, les chants sont dilués dans une orchestration omniprésente et de lourds arrangements. Ainsi chantent Tomislav Bralic & Klapa Intrade ou encore Klapa S Mora, le jeune groupe représentant la Croatie à l'Eurovision 2013.

Musique classique. Le groupe de musique ancienne le plus connu, l'Ensemble Vocal Dialogos, fut fondé à Paris en 1996 sous la direction de Katarina Livljanić. Son répertoire liturgique et ses chants dalmates médiévaux sont souvent donnés dans les églises, à Saint-Donat de Zadar, basilique à l'acoustique parfaite, au festival de musique baroque de Korcula ou festival de musique de chambre de Dubrovnik (saison estivale).

En lyrique, le jeune Max Emanuel Cenčić s'est produit en public pour la première fois à l'âge de 6 ans et resta membre des Petits chanteurs de Vienne pendant 5 ans. Il est aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs contre-ténors.

Les Solistes de Zagreb ont commencé leur carrière en 1953 comme ensemble de la radio télévision zagréboise, sous la direction artistique du violoncelliste et chef d'orchestre italien Antonio Janigro. Cet orchestre de chambre, l'un des plus remarquables sur la scène internationale a collaboré avec les maîtres de concerts, Dragutin Hrdoljak, Tonko Ninić, Andelko Krpan, Borivoj Martinić-Jerčić et Sreten Krstić. Depuis mars 2012, le violoncelliste français Marc Coppey est leur directeur artistique. Avec plus de 70 albums studios à leur actif, il conservent un large répertoire classique tout en s'intéressant au contemporain, à la jeune génération. Ainsi, les 2 Cellos, avec qui il collaborent régulièrement. Classiques de formation, les deux frères violoncellistes jouent aussi bien du Bach que du AC/DC ! A voir sur Internet, leur reprise de Smooth Criminal de Michael Jackson ou Thunderstruck. Dans la catégorie virtuose, il y a aussi le pianiste Maksim Mrvica. Maîtrisant l'instrument à l'école de musique de Šibenik, il est depuis devenu un phénomène. Son interprétation du difficile morceau de Rimsky-Korsakov (Vol), à 16 notes par seconde, montre l'ampleur de la performance au clavier. Il existe même un concours annuel qui porte son nom, où les pianistes amateurs essaient de battre son record du monde ; sans succès jusqu'à présent. Autre prodige, le jeune pianiste Ivan Krpan, lors du prestigieux concours de piano italien (Busoni 2017), a remporté le premier prix avec le Concerto pour piano n°5 de Beethoven. Parmi les anciens lauréats figurent Martha Argerich ou encore Garrick Ohlsson.

Scène jazz. Il y a peu de représentations musicales croates en France (à quand un institut culturel à Paris ?). C'est le festival Jazzycolors (FICEP) qui nous a fait découvrir une formation de jazz progressif, le trio d'Elvis Penava, un guitariste plusieurs fois récompensé. Autre champion de la guitare, Zoran Scekic, qui a joué avec Renza Bô et le quartet jazz pop New Gondoliners, s'est fait connaître hors des frontières.

Chanson croate et variété. Très prisées, les chansons romantiques croates ont de tout temps inondé les ondes. Arsen Dedić, né en 1938, mort en 2015 a joué un rôle important sur la scène musicale yougoslave. Auteur et interprète, célèbre poète (l'un des plus vendus en ex-Yougoslavie), il compose aussi des musiques de film. Les chansons d'Ibrica Jusić sont inspirées de ses nombreux voyages ; il a sorti, entre autres, un album en français en souvenir de son séjour à Paris. Mladen Grdović lui célèbre la Dalmatie. Oliver Dragojević, véritable star en Croatie, après plus de 40 ans de scène, attire toujours les foules (toutes générations confondues) à ses concerts. Ayant débuté dans un groupe de heavy metal, Gibonni, très apprécié également, a bifurqué vers la pop. Auteur-compositeur-interprète, il écrit ses chansons et pour d'autres artistes, notamment Natalie Dizdar, jeune chanteuse croate.

Pop rock, punk, new-wave et musiques actuelles. Contrairement à leurs voisins du bloc soviétique, les musiciens croates comme ceux de la fédération yougoslave étaient tolérés par le pouvoir socialiste. Avec deux capitales émergentes, Belgrade et Zagreb, le rock puis le punk des " Slaves du Sud " avaient quartiers libres et large public, dans la sphère serbe, bosniaque, roumaine ou même bulgare. Crée en 1947, Jugoton était la plus grande maison de disques de l'ex-Yougoslavie. Basé à Zagreb, le label a édité quantité d'artistes pop rock. Véritable entreprise d'Etat, il possédait ses studios, sa radio, sa propre usine de pressage, son réseau de magasins. Au début du processus de dissolution de la Yougoslavie, la société a pris le nom de Croatia Records en 1990. Un album hommage à l'ancienne scène rock yougoslave (Yugoton) est sorti 2001 (BMG Poland). La dernière guerre a fait éclater l'audience de ce grand creuset. À écouter : un podcast d'Armaury Chardeau qui revient sur cette dynamique scène des Eighties yougoslaves : www.franceculture.fr/emissions/metronomique/yougoslavie-1980-la-musique-comme-etendard/

Les artistes croates contemporains, en dehors de leur frontière ont du mal à faire entendre leur différence. ladno Pivo (bière froide) est l'un des groupes de heavy rock les plus connus. Marko Perković dans sa dérive rock d'extrême-droite lui vaut d'être qualifié de fasciste... mais il est tout de même très populaire. Engagé dans la guerre en 1991, armé d'un fusil Thompson, il s'est fait connaître avec sa chanson 'Bojna Čavoglave, qui redonnait le moral aux soldats. Symbole de la lutte croate pour l'indépendance, ce fervent catholique chante l'amour pour Dieu, la famille et la patrie avec outrance. Tout le contraire de Darko Rundek, qui après avoir été le leader du célèbre groupe new-wave Haustor, se réfugie en France pendant la guerre. Il y fonde un groupe de fusion world aux accents reggae, latinos, balkaniques (Rundek Cargo Orkestar), qui enregistre des albums et fait des tournées en Europe. Sur la scène rock, The Bambi Molesters, Urban ou encore Žen sont les groupes phares de la scène rock indé. Il y a aussi le sulfureux Goran Bare i Majke, rock-star torturée.

Rap, hip hop, reggae. The Beat Fleet a débuté à Split en 1992 en enregistrant 3 titres dans leur garage ; les radios locales ont suivi. En 1997, ils sortent leur 1er album et sont depuis une référence dans le milieu hip hop croate. Au nord, c'est le collectif Zagreb Elemental, composé de 7 membres, qui joue un rôle important. Plus détendu, le reggae est défendu par So ! Mazgoon, un petit groupe écolo, qui met en avant les riddims et percussions tropicales, l'amour de la mer et la terre, alors que Zinedin Zidan (c'est leur vrai nom !) célèbrent le roots made in Split. Les Zaprešić Boys, eux se sont imposés comme un groupe de rock-rap supporter du Dinamo de Zagreb. Ils sont le symbole d'un patriotisme ultra-transposé dans le football. Bien plus cool, Edo Maajka, le rappeur de la capitale, est lui ouvertement anti-fasciste.

Culture DJ. Le phénomène clubbing a bien pris en Croatie. Dans les années 1990, divers genres, ont éclos, eurodance, musique électronique, house, techno et trance avec Vanna, Vesna Pisarović, E.T. et Colonia. Parallèlement, le rap trouvait son public avec The Ugly Leaders, The Beat Fleet (TBF), Tram 11 et Stoka. Edo Maajka, Shorty Elemental. Avec la présence d'une production locale (Petar Dundov, Colonia, Severina) et de plus en plus de beach bars et de clubs organisateurs de soirées, avec des festivals tout l'été sur des plages entièrement dédiées à la dance culture (EMD), la Croatie séduit les DJ internationaux et les jeunes touristes. On peut même parler de tourisme festif exclusif.

Peinture et arts graphiques

L'histoire de la peinture en Croatie commence au Haut Moyen Age. Il est fort probable que l'art pictural remonte à des périodes antérieures mais l'histoire de l'art préhistorique, le catalogage systématique de l'art rupestre et antique restent à faire. A partir d'anciens inventaires, on a pu répertorier les oeuvres déposées dans les tombes et les églises, comme ces manuscrits enluminés du musée sacré de Zadar, les évangéliaires de la cathédrale de Split, qui datent du VIe et VIIe siècles.

Les premières fresques, bois peints et manuscrits. En Istrie, les fresques dans l'église de Saint-Jérôme (Hum), de style byzantin, celles de l'église Sainte Foška près de Peroj, de style roman, suivant les modèles français, datent du XIIe siècle. Le crucifix de bois sculpté et peint du monastère de Saint-François à Zadar est le plus ancien que l'on ait découvert. On remarque une nouvelle expressivité sur les visages qui s'éloigne des représentations iconiques byzantines et marque le début de l'art roman.

Au XIIIe siècle, les peintres et les ateliers se multiplient, la personnalité du maître d'oeuvre s'affirme tout comme le rayonnement de son influence.

Au XVe siècle, en plein gothique international, l'école Dalmate s'illustre à Trogir ou Korčula, avec les oeuvres de Blaž Jurjev notamment. Son polyptyque sur bois de l'église de Tous les Saints (autour de 1439), parfaitement restauré, témoigne de l'influence italienne. La peinture enlumine aussi les manuscrits, de manière sophistiquée. Le plus fameux, l'Evangéliaire de Trogir (1231-1250).

La Renaissance, de nouvelles perspectives. L'avènement du nouveau style trouve un terrain favorable à Raguse (Dubrovnik), où les sculpteurs et les peintres collaborent, s'inspirant des artistes italiens du Quattrocento sans oublier les leçons du gothique. Au milieu du XVe siècle, Lovro Dobričević fait, le premier, entrer la tridimensionnalité dans la représentation de ses personnages. Il cherche à individualiser leur physionomie mais un conservatisme tenace modère ses avancées. Il faudra attendre le XVIe siècle, avec les peintres Mihajlo Hamzic ou Nicola Bozidarevic, pour s'émanciper des structures traditionnelles, des aplats de dorure et dégager l'espace derrière les figures.

Le baroque du Nord au Sud. À partir du XVIIe et jusqu'au XVIIIe siècle, le baroque se développe au nord du pays dans les églises jésuites et les demeures privées (Zagreb, Varaždin, Trški Vrh, près de Krapina, les châteaux de Hrvatsko Zagorje), où l'on assiste à l'apparition de la peinture illusionniste. Architecture, sculpture, peinture participent ensemble à l'effet visuel. Les trompe-l'oeil et les stucs peints prennent appui sur les moulures dorées de la voûte maçonnée... c'est tout l'esprit du baroque ! Sur la côte adriatique, les échanges avec Venise seront bénéfiques aux peintres, Federico Benković (1677-1733) notamment, sera influent dans toute l'Europe centrale. D'autres peintres ragusiens, Stay et Matejević-Matteï, choisissent Rome ou Naples pour se former.

Le symbolisme, la Sécession, l'Art nouveau. Vlaho Bukovac (1855-1922), né à Cavtat, au sud de Dubrovnik, vit de son art comme dessinateur et portraitiste avant de partir pour San Francisco et de prendre des cours de peinture. De retour à Dubrovnik, l'évêque Strossmayer lui offre une bourse pour aller à Paris où il fréquente les ateliers de Tcheramok et de Cabanel. On assiste chez lui à l'apparition de la peinture symbolique. Il retourne à Zagreb avant d'être nommé professeur à Prague. À Cavtat, sa maison familiale est devenue un atelier-musée avec nombre de ses peintures exposées, qui représentent ces nouvelles tendances de la Zagrebačka šarena škola et influencent la formation du mouvement sécessionniste en Croatie, avec Josip Račić, Bela Čikoš-Sesija, Crnčić.

La fin du XIXe siècle en Croatie sera marquée par les mouvements révolutionnaires actifs en Europe. Inspirés par la Sécession autrichienne et allemande, les peintres entrent de plain-pied dans l'Art nouveau, qui se dresse contre le traditionalisme en art. Les arts graphiques deviennent un mode d'expression autonome grâce au développement des techniques de la lithographie (Tomislav Krizman), de l'affiche, du papier peint, du lettrisme...

Le modernisme et les pressions socialistes. Au début du XXe siècle, la Croatie suit la mode artistique européenne du paysage sur le motif (impressionnisme) tout en développant une thématique identitaire liée au renouveau de la conscience nationale (Quiquerez, Mašić, Iveković). Les modernistes croates ont fait leur école à Paris ou Munich (Josip Račić Kraljević, Becić). Pendant l'entre-deux-guerres, la Croatie connaît aussi les modes picturaux expressionnistes, cubistes, abstraits (Tartaglia, Šulentić, Gecan) mais les dogmes du réalisme socialiste des années 1950 ont freiné les développements de l'avant-garde.

Parallèlement, avant et après la Seconde guerre mondiale, une école d'art naïf est fondée à Koprivnica, un bourg à la frontière hongroise. La Galerie Hlebine et le musée dédié à Zagreb présentent l'histoire de ces artistes ruraux, les pionniers Ivan Generalić, Franjo Mraz, Mirko Virius, la seconde génération, Dragan Gazi, Ivan Vecenaj, Mijo Kovacic, Franjo Filipovic, Martin Mehke, Krsto Hegedusic, et le grand Ivan Generalić. Toute une tradition de peintres populaires qui ont créé un art régional, imagé, original.

L'art contemporain. Au début des années 1960, débute l'époque de la " seconde avant-garde " avec ses bouleversements conceptuels, ses questionnements sur la matière, le sens de l'art comme sur la scène internationale. Les arts plastiques croates suivent les tendances mondiales. L'abstraction lyrique de Edo Murtić, les aplats colorés et craquelés de Drazen Grubišić, la peinture brute de Zlatko Keser, les installations avec sérigraphies de Antun Maračić ou les nouvelles technologies du multimédia interrogent la place de l'art dans les galeries, le rôle de l'artiste dans la société. Peu, parmi eux, ont réussi à percer sur le marché international, excepté Zoran Musič ou Andrea Andriya Filipovic. Gageons que l'entrée dans l'Europe augmentera les échanges avec les artistes croates et donnera à voir cette création encore peu connue.

La bande dessinée. Le festival de la BD de Zagreb, qui se tient en octobre, montre la vivacité de cet art contemporain, issu d'une tradition forte d'auteurs-dessinateurs. Depuis les planches de Maurović ou Neugebauer, la mythique revue Stripoteka des années 1970 jusqu'aux récents artistes Danijel Žeželj, Frano Pétruša, Igor Kordey, Gradimir Smudja. L'un des derniers noms dont on parle de Rijeka à Zagreb en passant par Paris, c'est Miroslav Sekulic-Struja. Ses albums, Pelote dans la fumée I (Actes Sud 2013) et II (Actes Sud 2016) traduits en français tracent le portrait d'une jeunesse des bas-fonds, entre misère, violence et humour grinçant. Radovan Popović, de la mouvance des Non aligned Cosmics, s'est lui fait connaître par des voies plus alternatives, au festival marseillais de fanzines en 2016. L'Association éd. a sorti, elle, le roman graphique d'Igor Hofbauer, Mister morgen, qui réinterprète les sept péchés capitaux dans l'ère titiste. Un dessin expressionniste au service de l'histoire.

Le street art. Si la capitale compte de superbes murs signés Lunar ou OKO, c'est bien Rijeka qui étonne par l'inventivité et l'originalité de ses artistes. Morka, Dengan Skor, Mosk, Pejac, tous sont bien placés pour colorer la ville, capitale européenne de la culture en 2020.

Photographie

Dès l'arrivée du daguerréotype, importé de France au XIXe siècle, l'histoire de la photographie croate est particulièrement intéressante. C'est à Zagreb en 1939 que fut créé le premier département de la photographie au Musée des Arts appliqués. La naissance de la Zagreb School a entériné l'engagement artistique et poétique des photographes tels que Bella Csikos Sessia ou Franjo Mosinger. Professionnels et amateurs, soutenus par l'action du Museum of Arts and Crafts à Zagreb, se sont rencontrés lors d'expositions internationales au même titre que les peintres et les sculpteurs. Duro Janekovic (1912-1989) ou Tošo Dabac (1907-1970) inaugurent un âge d'or du photo reportage pour la presse écrite. Les magazines étrangers, Life, Stern, Match, Elle, Tempo and Gente ont engagé des photographes croates. Tošo Dabac, Frank Horvat, Mladen Tudor, August Fratjić fournissent des scènes multiples, au noir et blanc magnifiques.

Depuis 1970, le musée d'Art contemporain de Zagreb conserve un important fonds de photographies remontant aux années 1920. Aujourd'hui, le dynamisme de la photographie croate ne se dément pas. Elle s'illustre par le regard d'artistes contemporains comme Ivan Faktor, artiste multimédia, Antun Maračić, Boris Cvjetanović, Petar Dabac, Marija Brant, Ivan Posavec, Mio Vesović, Jasenko Rasol, Ana Opalić et Marko Ercegović. Tous poursuivent cette volonté de montrer au monde une certaine réalité croate. Les instantanés de Pavo Urban, mort sous les bombes à Dubrovnik en 1991, alors qu'il exerçait son métier de reporter, sont particulièrement émouvants.

L'Académie d'arts dramatiques de Zagreb a instauré une maîtrise en photographie, ce qui encourage la jeune génération à se former techniquement. La photographie croate se professionnalise, et les vocations se créent de plus en plus tôt. Les concours annuels, comme le Rovinj Photodays, les photoclubs mais aussi l'arrivée massive du numérique contribuent à l'émergence de nouveaux talents, comme ceux de Bojan Mrdenović, Luka Kedzo, Davor Konjikusić ou encore Sinisa Glogoski.

Sculpture

Une imposante civilisation antique. Les premières sculptures apparaissent sur le sol croate au Néolithique et à l'âge de cuivre. Au IVe siècle avant J.-C., la Croatie développe des liens forts avec les cultures méditerranéennes grecques, sur les îles de Vis, Hvar et Korčula. Au large de l'île de Losinj en 1996, des plongeurs ont remonté un bronze antique, haut de 2 mètres, en parfait état de conservation. C'était l'Apoxyomène de la période hellénistique, l'exceptionnelle statue d'un athlète nu à sa toilette, qui a été restaurée à Zagreb et devrait bientôt devenir la pièce maîtresse du musée archéologique de Veli Lošinj.

Pendant l'Empire romain, la Dalmatie possède ses ateliers de sculpture. C'est une province prospère, avec Split (Salona) comme centre administratif, qui aime la statuaire. Le buste en marbre blanc de l'empereur Auguste, découvert à Nin, est remarquable d'expressivité sereine.

Après la chute de l'Empire, la Dalmatie tombe sous l'influence byzantine. Les reliefs du baptistère et les sarcophages de la basilique de Split ou les mosaïques de la basilique de Poreč datent de cette époque paléochrétienne.

Un Moyen Age influent. Du VIIIe au Xe siècle, un courant indépendant croate prend forme. Pendant le haut Moyen Age, époque carolingienne, les petites églises, souvent de plans oval ou cruciforme et surmontées d'un dôme, se distinguent par une savante décoration de la pierre, des ornements en forme d'entrelacs, que l'on nomme pleter croate.

Pendant l'époque romane, les basiliques à plusieurs nefs avec absides comme à Rab, Zadar et Trogir, possèdent des portails très ouvragés de bas-reliefs et sculptures, relatant les épisodes de la Bible. Ainsi, le portail de la cathédrale de Split, dont la porte en bois est signée de l'atelier du Maître Buvina, celui de Trogir, au tympan ouest, sculpté par Maître Radovan en 1240.

Du XIIIe au XVe siècle, le style gothique est présent au nord de la Croatie (cathédrale de Zagreb). En Dalmatie, le développement du style gothique rayonnant et flamboyant voit émerger la signature de l'architecte et sculpteur, Juraj Dalmatinac, qui a fait ses écoles à Venise. Cet artiste complet a travaillé à Split, Dubrovnik, Zadar, mais c'est dans la cathédrale de Šibenik, classée par l'Unesco au patrimoine mondial, que l'on a trouvé son mystérieux baptistère (1443), décoré de structures réticulaires et de sculptures en forme de stalactites... comme dans une grotte.

Une Renaissance cosmopolite. A Raguse (Dubrovnik), la riche et libre cité-Etat, on a construit des palais, des hôtels, des fontaines, dans un style novateur gothico-renaissance. Des sculptures et des peintures viennent magnifier l'ensemble. Les villes du littoral adriatique accueillent favorablement cet élégant esprit décoratif des bâtiments religieux et privés.

L'âge d'or du baroque. A partir du XVIIe et jusqu'au XVIIIe siècle, le baroque se développe au nord du pays, à Zagreb, Varaždin, en Slavonie dans les châteaux de Hrvatsko Zagorje. On assiste à l'apparition de la peinture illusionniste sur des murs où s'accrochent dorures et moulures, personnages en apensanteur, angelots virevoltants.

Le classicisme, la Sécession et l'art monumental. Au début du classicisme (XIXe siècle), l'apparition de meubles et objets de décoration bidermajer se réfère au style de l'Empire austro-hongrois. Les sculpteurs Robert Frangeš-Mihanović et Rudolph Valdec développent des thèmes funéraires et symboliques propres au style Sécession. A cette époque, le sculpteur Ivan Meštrović, celui que l'on nomme le Rodin croate, toujours très monumental, veut s'émanciper de ses modèles étrangers pour développer un style expressionniste personnel et créer ainsi un art national slave du Sud.

La création moderne et contemporaine. L'ère du réalisme socialiste des années 1950-1960 voit s'ériger nombre de statues de figures illustres ou populaires partout dans le pays. Ces personnages, souvent en bronze, habitent les places, l'angle d'un carrefour, le secteur piéton. Ils se tiennent en haut des marches, dans les parcs, sur un banc, attablés au café. Ils rappellent par leur présence ou attitude leur rôle historique dans la commune.

Les grands formats conceptuels annoncent les nouveaux enjeux actuels de l'art contemporain. Les artistes croates suivent la tendance internationale, du monumental abstrait dans les sculptures de Dusan Džamonja, de Jagoda Buić, de la matière brute chez Branko Ružic aux figures filiformes chez Kažimir Hraste. Sans oublier la dose d'humour qu'on retrouve avec les nains de jardin de željko Kipke qu'on achète au marché !

Traditions

Avec l'Espagne, la Croatie est le pays européen qui compte le plus grand nombre de biens patrimoniaux inscrits sur la liste représentative de l'Unesco, dans la catégorie culture immatérielle de l'humanité. C'est dire l'importance des traditions vivantes, formées au cours des siècles à la confluence des apports méditerranéens, d'Europe centrale, des Balkans, de l'Orient. Des cultures régionales spécifiques sont nées (pannonienne, dinarique et adriatique), qui subsistent aujourd'hui dans son étonnante diversité :

la dentellerie (Pag, Lepoglava, Hvar) ;

le chant à deux voix à intervalles restreints d'Istrie et du Primorje ;

la fête de Saint-Blaise, saint patron de Dubrovnik (3 février) ;

la procession de printemps des ljelje ou kraljice (reines) de Gorjani ;

la marche des sonneurs de cloches du carnaval annuel de la région de Kastav ;

la procession du chemin de croix (Za križen) sur l'île de Hvar (durant la Semaine sainte) ;

la fabrication traditionnelle de jouets en bois pour enfants dans le Hrvatsko Zagorje ;

la joute chevaleresque Sinjska alka, à Sinj ;

l'art du pain d'épices en Croatie du Nord ;

le bećarac, pratique du chant et de la musique de Slavonie, Baranja et Syrmie ;

le Nijemo kolo, ronde dansée silencieuse de l'arrière-pays dalmate ;

le chant polyphonique des klapa dalmates ;

le chant Ojkanje ;

le Vendredi saint, procession de toutes les confréries religieuses à Korčula.

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