Guide de Mayotte : Survol de Mayotte

Géographie
Choizil est l'un des sites les plus réputés au nord de Mayotte.
Choizil est l'un des sites les plus réputés au nord de Mayotte.

Situation. Située dans l'hémisphère Sud, entre l'Equateur et le tropique du Capricorne, l'île de Mayotte fait partie de l'archipel des Comores qui est composé de trois autres îles : Grande Comore, Mohéli et Anjouan. Mayotte se trouve dans la partie ouest de l'océan Indien entre l'Afrique et Madagascar à l'entrée nord du canal du Mozambique au niveau du 45° méridien et entre les 12° et 13° parallèles sud. L'île Hippocampe se trouve à 8 000 km de Paris, 1 500 km de La Réunion, 400 km de la côte est de l'Afrique et à 300 km de la côte occidentale de Madagascar.

Les trois îles forment désormais les Comores indépendantes, en un Etat nommé Union des Comores. Mayotte a, quant à elle, décidé de rester française en 1975 et est aujourd'hui un département de la République française. D'une superficie de 374 km2, Mayotte comprend deux îles principales et habitées, Petite-Terre et Grande-Terre, ainsi qu'une trentaine d'îlots épars.

Géologie. Comme les autres îles des Comores, " l'Hippocampe mahorais " est d'origine volcanique. Il a été formé par l'éruption de volcans sous-marins venus percer la surface des eaux. Explications : le plancher océanique se déplace, au gré de quelques millimètres par an ; en dessous, le magma forme par endroit des points chauds qui percent le plancher sous-marin en pointillés.

Le magma, masse de roches en fusion comme le basalte compact, noir et lourd, forme des montagnes sous-marines posées sur le fond des plaines abyssales, qui s'élèvent parfois plus haut que l'océan pour créer des îles.

Après leur naissance violente, éruptive, les volcans s'éteignent, puis meurent. Sous le poids des âges, ils commencent à s'affaisser, s'enfoncer, la dérive océanique les emportant. L'érosion du vent et de la mer les écroule, les montagnes volcaniques s'érodent et se parent rapidement de végétation.

Selon le niveau de maturité du volcanisme, l'île est passée par trois types d'activités volcaniques : de type hawaïen à laves basaltiques fluides, puis strombolien à cônes et projections de lapillis et, enfin, activité explosive avec lacs de cratère, dite ultra-vulcanienne ou phréato-magmatique. Ainsi, Mayotte possède quelques traces bien visibles de ces volcans désormais éteints comme le lac Dziani en Petite-Terre ou bien le mont Choungui au sud de Grande-Terre.

Ce point chaud de la tectonique des plaques a formé d'abord Mayotte, la plus ancienne, il y a huit millions d'années, puis a continué à se déplacer et à créer les autres îles comoriennes.

Mayotte, logiquement en tant que doyenne, est la plus érodée et la moins élevée des îles de l'archipel. Son relief est moins accentué que celui de ces soeurs comoriennes et a été soumis à un enfoncement important, son plateau s'étant progressivement effondré. Mayotte s'élève donc des profondeurs océaniques de plus de 3 000 m pour culminer à 660 m.

Elle possède un lagon, et quel lagon ! Avec plus de 1 100 km2, c'est un des plus grands et des plus riches du monde qui est enserré au milieu d'une barrière de corail de 160 km de long presque continue, coupée par une dizaine de passes. Il peut atteindre 70 m de profondeur. Les 374 km2 de terres émergées se répartissent entre Petite-Terre (16 km2) et Grande-Terre, pratiquement tout le reste, et quelques îlots parsemés alentour.

Petite-Terre est à l'extrême est, très proche de la fin du lagon et donc de l'océan, tandis que Grande-Terre est en plein milieu du lagon. Au point le plus proche de ces deux îles, un bras de mer (ou plutôt de lagon) de 2 km de large. Mayotte présente des reliefs doux, des plaines assez vastes et des plages de sable ocre, ainsi que des îlots de sable blanc corallien.

Comme toutes les îles volcaniques et tropicales, Mayotte vit une histoire qui n'excédera pas les 100 millions d'années en tout.

Eh oui, traces dérisoires à l'échelle du temps, ces îles sont mortelles et ne survivront pas, à l'inverse des continents. Mayotte, qui est la plus ancienne, en est encore à un stade intermédiaire, proche du stade qu'atteint Maurice.

Dans quelques millions d'années, ces récifs se couvriront de sable corallien, comme l'îlot de Sazilé, et feront tout le tour de l'île à l'image de Bora Bora en Polynésie. Pour l'instant, Mayotte présente plutôt la configuration, très rare, d'une île comme celle de Mangareva, en Polynésie, avec une petite terre émergée au milieu d'un immense lagon aux contours submergés. Plus tard encore, l'île centrale disparaîtra sous les eaux, ne laissant plus émerger qu'une couronne d'îlots de sable blanc : ce sera un atoll, comme on peut en voir aux Maldives, aux Seychelles, et dans tout le Pacifique... Enfin, la montagne s'enfoncera et l'ensemble disparaîtra sous la surface. L'île aura vécu.

Ça secoue à Mayotte

Depuis mai 2018, Mayotte s'agite mystérieusement : 1 600 tremblements de terre ont été comptabilisés en l'espace de dix mois. Un record absolu pour l'archipel jusqu'alors plutôt paisible. S'il n'y a pas encore lieu de s'inquiéter, la plupart des secousses étant de faible intensité, 29 d'entre elles ont atteint ou dépassé 5 sur l'échelle de Richter, fissurant certaines maisons et fragilisant des établissements scolaires, comme ce fut le cas au collège de Dembéni. Ce qui inquiète davantage les scientifiques, c'est l'affaissement observé de l'archipel, principalement sur sa façade est : en un an, Petite-Terre se serait enfoncée dans la mer de 8 à 12 cm ! Un phénomène naturel mais d'une rapidité déconcertante : habituellement l'île perd seulement 0,19 mm par année. Le coupable présumé est un volcan sous-marin situé à 50 km à l'est de Mayotte dont la chambre magmatique se vide depuis le début des événements. Coïncidence ? La mission scientifique volcanique " Tellus Mayotte ", coordonnée par le CNRS, a été lancée en février 2019 pour éclaircir ce mystère. Enquête à suivre !

Que faire en cas de séisme ? La plupart des séismes de Mayotte sont de faible magnitude et ne se manifestent que par un bruit rapide, similaire à celui d'un TGV qui passe à proximité. Toutefois, il est bon de connaître les réflexes à adopter en cas de séisme plus intense : si vous êtes à l'intérieur, le premier geste est de s'abriter sous un meuble ou une structure solide pour amortir un éventuel impact. Ensuite veiller à s'éloigner des fenêtres qui peuvent se briser et projeter des morceaux coupants. Si vous êtes à l'extérieur, éloignez-vous des bâtiments et fils électriques qui peuvent s'effondrer, ainsi que de l'eau dont le niveau peut monter brutalement. En voiture, il convient de s'arrêter dans une zone en sécurité et de rester à l'intérieur le temps de la secousse. Plus d'informations sur le site de la Préfecture de Mayotte.

Climat

Mayotte étant située dans l'hémisphère Sud, il convient de ne pas oublier que les hivers sont vos étés et vice versa... L'île est sous influence d'un climat tropical maritime à deux saisons bien marquées correspondant à l'été et à l'hiver austral. Les pluies sont assez variables selon la région pour une moyenne annuelle d'environ 1 000 à 2 000 mm selon les endroits. Les précipitations sont plus abondantes dans le nord que dans le sud.

Le climat de Mayotte est régi en été, soit d'octobre à mars, par le régime de la mousson venant du nord, c'est la saison des pluies, ou saison chaude et humide, avec des températures élevées (entre 29 et 34 °C) dans la journée et avec un taux d'humidité important (il peut frôler les 95 %). Cette saison d'été austral concentre la quasi-totalité des précipitations annuelles (environ 60 à 70 % de celles-ci), le taux d'humidité devient alors très important et les risques de belles averses tropicales sur les mois de février et jusqu'à la mi-mars sont très fréquents. C'est la saison des fruits comme les mangues, ananas, etc. C'est aussi la saison des cyclones ou de dépressions tropicales durant cette période, même si Mayotte est théoriquement protégée par Madagascar et son cap d'Ambre qui fait office de bouclier (" L'île-continent protège "). Cependant, en mars 2014, le cyclone Hellen a fait des dégâts en passant à moins de 200 kilomètres des côtes. Les jours sont assez longs (lever du jour à 5h et tombée de la nuit vers 19h).

En hiver, soit d'avril à septembre, c'est la saison sèche et tempérée dominée par les vents alizés plus secs venant du sud-est. Les températures sont alors moins élevées, mais toujours très agréables entre 24 et 28 °C l'hiver (austral) et de 20 °C en minimale. Le taux d'humidité est moins fort et la pluie se fait rare. Les jours diminuent (lever du jour à 6h, tombée de la nuit à 18 h). Mayotte, même si elle est de petite taille, possède des microclimats. Sur le relief, l'amplitude thermique au cours d'une journée est plus accentuée et les précipitations y sont plus abondantes. Un ensoleillement variant de 6 heures à 7 heures 30 par jour, contre 5 heures à Paris. La température du lagon reste toujours agréable. Ainsi en hiver, elle tourne autour des 25 °C, tandis qu'en été, elle dépasse allègrement les 28 °C, voire plus...

Environnement / Écologie
Baie de Parouhani-Titi.
Baie de Parouhani-Titi.

Principaux enjeux. Le problème majeur est la population croissante, avec une densité globale proche de celle de la région parisienne, pour une première comparaison, et deux fois plus élevée qu'à La Réunion. Elle ne connaît pas encore les pollutions industrielles et les déchets toxiques que peuvent générer les grandes villes, comme à La Réunion ou en métropole, même si l'accès et la circulation de Mamoudzou connaît les embouteillages aux heures de pointe. Les problèmes y sont bien plus terre à terre, avec en premier lieu les déchets et la pollution des eaux, puis les menaces sur la faune.

Le problème des déchets semble peu à peu se résorber même s'il y a encore du travail à faire à ce sujet. Il faut songer à leur élimination et à la pollution des sols qu'ils engendrent. Pour cela, le syndicat de collecte et de traitement des déchets (SIDEVAM 976) créé en 2014 a pour mission la refonte du système, et d'évacuer les stocks historiques et les dépôts sauvages de déchets verts et de carcasses de voitures. A Mayotte, seuls 15 % des habitants sont raccordés à un système collectif, un tiers ne dispose d'aucun système d'assainissement. Depuis que l'île est devenue région ultrapériphérique (RUP), la Directive eaux résiduaires urbaines (DERU) impose désormais une mise en conformité de l'assainissement au regard du droit européen avec la réalisation d'importants travaux d'infrastructure qui devraient concerner dans un premier temps Petite-Terre, Chiconi, Ouangani, Koungou et Tsingoni. L'objectif à l'horizon 2020 est de créer cinq stations d'épuration, huit de plus d'ici 2027, un investissement estimé entre 130 et 300 millions d'euros pour les 15 ans à venir. L'assainissement à Mayotte fait partie des objectifs prioritaires de l'Union européenne et du contrat de plan Etat-Région. Depuis novembre 2015, Mayotte semble avoir trouvé une solution pour pallier le déficit de station grâce à la méthode d'épuration par les plantes et les graviers (filtres naturels). L'île a inauguré en novembre 2015, grâce à l'impulsion de la Société Immobilière de Mayotte, deux stations d'épuration écologiques à Combani. Une nouvelle station d'épuration écologique a été inaugurée à Bandrélé en janvier 2017, et peut traiter les eaux usées des deux villages du sud-est de l'île, Bandrélé et Nyambadao, soit environ 5 000 habitants concernés.

En l'absence de pluies abondantes, l'île est confrontée aux problèmes de déficit en eau potable, elle est essentiellement alimentée en eau par les retenues collinaires et les nappes phréatiques. Mayotte a aussi comme particularité écologique d'être une île avec un des plus vastes lagons du monde, un patrimoine naturel exceptionnel. Remarquable à l'échelle mondiale, il abrite de luxuriantes constructions coralliennes, qui restent toutefois très fragiles. Il doit être protégé des agressions diverses (espèces exogènes, pollution des rivières...). La directive cadre européenne sur l'eau (DCE) de 2000 fixe des objectifs de masse d'eau en bon état à l'ensemble des bassins français, l'ambition des Mahorais était d'atteindre 74 % en 2015, nous en sommes loin mais il faut être ambitieux. L'enjeu de cette protection est aussi la sauvegarde d'une faune marine d'une diversité extrême, avec les baleines, dauphins et tortues marines qui croissent dans ces eaux lagunaires. Cela passe par une régulation et un suivi des activités nautiques de tourisme et de loisir. À noter, en 2019, l'arrivée à Mayotte de l'association CÉTAMADA (Madagascar) qui oeuvre pour la connaissance et la conservation des mammifères marins de l'océan Indien. Celle-ci a élaboré un code de bonne conduite pour les protéger contre tout abus au niveau touristique et prône une sorte " d'écotourisme baleinier ". Le label HQWW a été ainsi proposé par le parc marin de Mayotte aux opérateurs, l'idée est de les accompagner dans leur approche des baleines.

Le Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) a été adopté par le préfet de Mayotte, ce plan de gestion définit pour une période de 6 ans (2016-2021) les grandes orientations pour une gestion équilibrée et durable de la ressource en eau ainsi que les objectifs de qualité et de quantité des eaux à atteindre à Mayotte. L'un des objectifs à tenir pour Mayotte est d'installer d'ici à 2020 l'assainissement dans les communes de plus de 10 000 habitants et en 2027 pour toutes les autres. Au boulot !

La réserve naturelle nationale de l'îlot M'Bouzi au nord-est de l'île, créée par décret ministériel en 2007, est gérée par l'association des Naturalistes de Mayotte. La particularité de cet îlot de 82 hectares est de posséder une partie terrestre et une partie marine, chose rare parmi les 348 réserves de métropole et d'outre-mer. Les enjeux de préservation sont importants, cette forêt sèche primaire endémique en voie de disparition abrite une faune terrestre conséquente, un oiseau endémique, et en voie de disparition, le foudi, et le paille-en-queue, unique oiseau marin nicheur de Mayotte. C'est aussi l'unique mangrove de baie fonctionnelle sur îlot du territoire. Côté flore, on dénombre une quinzaine de plantes remarquables et protégées telles que la vanille sauvage de Humblot (Vanilla humblotii), l'hibiscus des Comores (Hibiscus surattensis), des arbres emblématiques et protégés comme l'ébène des Comores (Diospyros comorensis), mais aussi le matiambelo (Comiphoraarafi), le chivundze ou phyllarthron des Comores (Equisetopsida, Lamiales), le baobab africain (Adansonia digitata), etc.

En 2015, deux nouvelles espèces marines ont été identifiées aux alentours de l'îlot M'Bouzi, le gobie nain du Mozambique (Pleurosicya mossambica) et un corallimorphaire (Paracorynactis hoplites), rare prédateur de l'étoile de mer acanthaster et de l'oursin.

Etat de la conscience écologique. Mayotte, grâce à l'importance de son lagon et de la richesse de son intérieur des terres, mais aussi de sa valeur touristique, a compris depuis quelques années que protéger la nature devient aussi important que d'autres grands axes de développement pour l'avenir de Maoré. Lois et associations écologiques ont permis, jusqu'à présent, à la faune marine d'être relativement protégée, ou du moins de limiter la casse. C'est une question de volonté autant que de moyens. Pour une grande partie de la population, l'écologie devient de moins en moins un concept abstrait, on tente ainsi de sensibiliser surtout les enfants dès leur plus jeune âge et de leur faire prendre conscience des beautés de l'île pour mieux les initier à la protection de leur environnement.

Des brigades " nature " rayonnent pour réprimander les braconniers. De nouvelles décharges vont voir le jour. L'interdiction des sachets plastiques a été une grande première pour Mayotte et personne n'aurait misé sur une telle avancée avant que cela ne se fasse. Côté océan, un parc marin est né en 2010 pour protéger le lagon. L'initiative française pour les récifs coralliens (IFRECOR) organise le concours Palme IFRECOR. Ce concours à destination des élus des collectivités d'Outre-mer a pour objectif de récompenser les actions mises en oeuvre pour la préservation et la gestion des récifs coralliens et de leurs écosystèmes (herbiers, mangroves...). En novembre 2014 le département de Mayotte s'est vu décerner une palme pour la mise en place d'un système de surveillance de l'Acanthaster planci, une étoile de mer tueuse de corail qui n'a pas encore sévit à Mayotte, et qui a déjà fait des dégâts à la Réunion ou à Madagascar. En 2012, Mamoudzou avait déjà remporté une palme pour son programme " connaître la mangrove pour mieux la protéger ensemble ", un programme qui sensibilise les élèves de primaire. Les services publics font aussi de l'éducation pour apprendre à la population les règles simples d'hygiène autant que d'écologie. Quasiment dans chaque village, il y a au moins une association de la protection de l'environnement, de grandes opérations de nettoyage sont mises en place avant la saison des pluies. Bref ! Beaucoup d'espoir, mais il y a encore du chemin à parcourir, mais Mayotte semble vouloir s'engager sur la bonne voie.

Nouveauté 2019. En juin est prévue l'arrivée des premières voitures électriques de l'île. Un projet de Electricité de Mayotte (EDM) qui s'inscrit dans la continuité des actions menées pour une transition énergétique de l'île d'ici 2030. A noter que, parmi les cinq objectifs de la " trajectoire 5.0 " annoncée en début d'année par Annick Girardin, ministre de l'Outre-mer, l'environnement occupe la place principale : zéro déchet, zéro carbone, zéro intrant chimique, zéro exclusion et zéro vulnérabilité.

Parc marin de Mayotte

Les sommets de la Terre organisés tous les dix ans depuis 1972, dont le cinquième a eu lieu pour la seconde fois à Rio de Janeiro en 2012, ont pour but de trouver les solutions pour protéger l'environnement marin à travers la conservation durable des ressources biologiques marines. Les Etats doivent conformément au droit international et sur la base d'informations scientifiques créer des zones marines protégées. Pour atteindre le quota international, la France a créé par décret le 28 septembre 2007 le parc naturel marin d'Iroise au large du Finistère, d'une superficie de 3 550 km². Le second créé en France est le parc marin de Mayotte, il a été officialisé le 21 janvier 2010. Il s'agit du premier parc naturel marin d'outre-mer ; il est destiné à préserver le lagon avec sa double barrière de corail. D'une surface de 1 100 km², il compte près de 200 km de récifs coralliens et 7 km² de mangrove et autant d'herbiers. 2 300 espèces marines dont 760 espèces de poissons, 300 variétés de coraux, 22 espèces de mammifères marins, et 2 espèces de tortues marines (tortue verte et tortue imbriquée) peuplent les eaux de Mayotte. Au-delà de la protection de l'environnement, il est également un outil utile en matière d'étude des écosystèmes marins tropicaux et de la mangrove de Mayotte. D'un point de vue touristique, cette nouvelle vitrine devrait profiter à l'île, le parc a élaboré un plan de gestion en décembre 2012 qui guide ses actions pour les 15 prochaines années. En 2014 la charte d'approche et d'observation respectueuse des mammifères marins est signée par 7 opérateurs touristiques du département. Parmi les mesures, l'arrêt des approches à partir de 14h et le respect d'une distance minimale d'approche à 100 mètres des animaux ainsi que l'arrêt de toute mise à l'eau.

Charte des opérateurs nautiques de Mayotte pour le respect des mammifères marins et de leurs habitats

Signée en août 2014, cette charte destinée aux opérateurs nautiques est complémentaire à la réglementation nationale et locale (arrêté préfectoral N°49/SEF/DAF du 13 juillet 2010 et arrêté ministériel du 1er juillet 2011). Elle a pour but de protéger les 24 espèces qui sont recensées dans les eaux de Mayotte, chiffre qui représente un quart de la diversité spécifique mondiale.

Article 1 - Adaptation de l'approche au comportement de l'animal

Observer l'animal à distance afin de comprendre son comportement et de prédire sa réaction à l'approche du bateau ou des nageurs.

L'approche en bateau ou à la nage doit être interrompue immédiatement si l'animal montre le moindre signe de perturbation.

La lutte contre tout comportement d'évitement des bateaux ou nageurs par l'animal doit être proscrite.

Article 2 - Modalités générales à respecter lors de l'approche d'un mammifère marin

Prendre toutes les précautions particulières lors de l'approche ou ne pas tenter l'approche des animaux dans les phases sensibles de leur cycle vital (adultes accompagnés de leurs petits ou juvéniles isolés).

Il est déconseillé d'approcher des animaux pour lesquelles une observation est déjà en cours et de pratiquer des observations répétées sur le même groupe au cours de la journée.

Chaque embarcation arrivant sur la zone doit veiller à rejoindre les embarcations déjà présentes du même côté des animaux et rester groupée afin d'éviter le phénomène d'encerclement des animaux.

Lorsque plusieurs bateaux sont sur le site, l'ordre d'arrivée des bateaux définit l'ordre de passage.

Les pilotes doivent coordonner leur déplacements par contact VHF ou téléphone.

Article 3 - Modalités d'approche à respecter dans la zone d'observation (300-100 m) pour toutes les espèces de cétacés

La zone d'observation est le périmètre délimité de 300 à 100 m de distance à l'animal le plus proche.

Le nombre d'embarcations dans la zone d'approche est limité à deux.

La durée de la présence dans la zone est limitée à 30 minutes et doit être réduite s'il y a d'autres bateaux en attente.

L'approche se fait par ¾ arrière des animaux, le suivi se fait parallèlement à leur trajectoire et l'éloignement se fait à vitesse réduite sans couper la trajectoire des animaux.

Ne jamais dépasser la vitesse maximale de 5 noeuds ou l'animal le plus lent du groupe en s'appuyant sur le principe du " no-wake speed ", c'est-à-dire une vitesse qui ne crée aucune vague.

Eviter tout changement brusque de vitesse et de direction.

Ne pas séparer les groupes d'animaux.

Ne pas pousser l'animal vers un obstacle ou le forcer à se déplacer ou changer sa direction.

Toute pratique incitant les animaux à s'activer ou changer leur comportement est à proscrire

(accélération brusque, navigation en cercles etc.).

Article 4 - Modalités à respecter dans la zone de prudence (à partir de 100 m) pour les delphinidés

Le nombre d'embarcations dans la zone d'approche est limité à deux.

La durée de la présence dans la zone est limitée à 30 minutes et doit être réduite s'il y a d'autres bateaux en attente.

Suivre les mêmes modalités d'approche que dans la zone d'observation.

Article 5 - Modalités à respecter dans la zone de prudence de 100 m autour des grands cétacés

Le nombre d'embarcations dans la zone est limité à deux.

Débrayer le moteur.

La durée maximale de présence dans la zone, limitée réglementairement à 30 minutes, doit être réduite s'il y a d'autres bateaux en attente.

L'approche à la rame ou à la dérive est envisageable sous réserve que le pilote du bateau ait les capacités et les moyens (non-motorisés) de maîtriser son embarcation.

Ne jamais approcher l'animal par l'avant ni par l'arrière.

Article 6 - Respect des horaires de quiétude pour les baleines à bosse

Restreindre l'approche des baleines à bosse au matin afin d'assurer le calme de ces animaux tous les jours à partir de 14h.

Article 7 - Modalités relatives à la mise à l'eau avec les mammifères marins

La présente charte déconseille fortement la nage avec les mammifères marins qui, malgré leur apparence paisible, restent des animaux sauvages potentiellement dangereux (prédateurs supérieurs, taille et force importante).

Ces règles restent théoriques et sont à adapter à la situation rencontrée sur le terrain : l'analyse préalable de la situation doit rester une étape essentielle avant chaque approche d'un animal sauvage dans son milieu naturel.

Faune et flore
Mayotte est également appelée l'île aux parfums.
Mayotte est également appelée l'île aux parfums.
Les différents écosystèmes

Le milieu océanique. Au large des îles, au-dessus des profondeurs abyssales de l'océan (3 000 m), c'est le domaine des grands prédateurs et des mammifères marins. Marlins, espadons, voiliers, daurades, carangues, requins croissent et permettent aux pêcheurs de s'y donner à coeur joie.

Le lagon. Ce milieu est riche mais fragile. Formé par l'accumulation pendant des millions d'années du squelette d'un petit animal, le polype, le corail forme une barrière au large, protégeant un lagon calme à 27 °C où la vie est exubérante. Il est délimité par un récif barrière d'environ 160 km de long et qui ceinture tout Mayotte selon les endroits. Cette ceinture corallienne est entrecoupée en certains endroits de passes permettant l'accès à l'intérieur du lagon pour les bateaux. Il se différencie des autres lagons par la présence au sud d'une double barrière de récifs de 18 km de long que l'on ne peut voir que dans deux autres endroits dans le monde (Nouvelle-Calédonie et les îles Fidji). Le long de ses côtes, Mayotte est bordée par le récif frangeant qui permet, de la plage ou de la mangrove, d'avoir un premier tombant où poissons multicolores et coraux rivalisent de couleurs. Différentes espèces de dauphins viennent jouer autour des proues des bateaux et aiment à nager dans ses eaux chaudes. La cerise sur le gâteau reste l'arrivée des baleines à bosse qui, de la mi-juillet à la mi-octobre, se regroupent pour mettre bas ! Le lagon devient alors une pouponnière pour quelques mois. Il est même possible de partir au quotidien à la découverte de tous ces mammifères marins, en respectant bien sûr une charte d'approche stricte. Une vingtaine d'îlots offre l'embarras du choix quant aux multiples plages de sable aux reflets colorés à découvrir, avec des patates de corail de toute beauté pour s'immerger et se ravir de la vie sous-marine allant de poissons tropicaux multicolores qui habitent les fonds des lagons et se présentent en nombre près des passes et le long du tombant ; aux différentes espèces de coraux. Bref, de quoi faire rougir de plaisir tous les plongeurs avec ces nombreux spots de plongée qui entourent l'île, mais aussi les amateurs de snorkeling qui se régalent du spectacle vivant de cet aquarium géant. Plusieurs sites de plongée de toute beauté n'ont rien à envier aux grandes destinations du monde. Quelques dugongs croissent dans le lagon, entre mangroves et herbiers. De plus, les tortues marines, comme la tortue carette " à écaille " ou la grosse tortue verte, se plaisent dans cet espace et ont même décidé pour certaines de s'y sédentariser. Il est d'ailleurs possible en certains lieux d'avoir la chance de nager à leurs côtés. Si la baraka est au rendez-vous, on peut même assister dans la nuit au moment magique de leur ponte ou à l'éclosion des oeufs enfouis pour une cavalcade effrénée vers l'océan Indien.

Les passes. D'une profondeur de 60 à 80 m, ces courants peuvent être puissants lors des périodes de grandes marées et attirent la faune. Les plongées commencent dans la passe et finissent sur la pente externe de la barrière. Outre la petite faune de poissons et coraux, on y trouve de plus gros poissons : barracudas, raies léopard, loches, requins, dauphins et tortues. La passe en " S " ou passe Longogori est la plus connue, mais aussi la plus fréquentée et la plus proche de la ville et donc des centres de plongée. Il y aussi, au sud, les passes de Bandrélé et Sazilé, ainsi que leurs îlots, au nord la passe de M'tsamboro.

La marée. La marée à Mayotte revêt la forme d'une onde qui se déplace : elle prend naissance dans l'immensité océanique et va ensuite toucher toutes les côtes de l'océan Indien. Selon la configuration des fonds marins et du littoral, le niveau de la mer varie plus ou moins. Cette variation du niveau de la mer s'appelle amplitude de la marée ou marnage. Le marnage peut atteindre 4 m lors des grandes marées, ce qui est beaucoup par rapport aux autres îles de la région. Cette onde effectue un va-et-vient qui dure un peu plus de 12 heures en moyenne, soit 6 heures pour l'aller (marée montante) et 6 heures pour le retour pour la marée descendante. Entre ces deux moments, on observe un bref laps de temps baptisé l'étal correspondant à l'inversion de la marée. En une journée, on assiste à deux marées et, d'un jour à l'autre, chaque marée prend environ 50 minutes de retard.

Le corail. Le polype corallien, la partie animale du corail abrite de petites algues unicellulaires microscopiques appelées les zooxanthelles qui sont des végétaux. Cette symbiose et cette association obligatoires permettent de transformer la matière dissoute dans l'eau en un squelette calcaire constructeur du récif. L'édifice corallien s'accroît d'années en années (de 1 à 15 cm/an selon les coraux). Imaginez le temps qu'il a donc fallu pour construire la barrière corallienne de Mayotte !

Le polype profite de l'oxygène et des sucres produits par les algues pour se développer, ce qui explique la proximité des formations coralliennes de la surface de l'eau. Quant aux algues, elles profitent de la protection et du dioxyde de carbone produit par le polype. Ainsi, les tissus du polype abritent de 1 à 5 millions d'algues microscopiques au cm2.

Le jour, le polype tire son énergie de ses micro-algues par la photosynthèse, tandis que la nuit, il devient carnivore étalant ses tentacules pour capter le plancton animal grâce à de minuscules harpons venimeux (les cnidoblastes).

Certains polypes sont mâles et/ou femelles, la reproduction peut être sexuée une fois par an. La ponte des oeufs s'opère quasi en même temps dans tout le lagon pour plus d'efficacité. L'union d'un ovule et d'un spermatozoïde donne un oeuf puis une larve (planula) qui donnera le polype une fois fixé. Sinon, la reproduction peut être asexuée et elle donnera de nouveaux individus par bourgeonnement comme les plantes.

Chaque polype est un individu, c'est le rapprochement entre eux qui constituent les différentes colonies dont les formes varient selon les familles : en tables avec les acropores tabulaires, en arbustes avec les gorgones, en feuilles avec les montipores ou en boule pour les porites...

Environ 254 espèces de coraux durs sont identifiées sur Mayotte. Ils fournissent abri et nourriture pour une grande quantité d'espèces. Les respecter, c'est protéger l'ensemble de la vie marine. Aussi, il est recommandé d'éviter tout piétinement, de casser... et il est interdit de prélever, transporter ou bien vendre du corail, qu'il soit vivant ou mort.

La mangrove
La mangrove et ses palétuviers.
La mangrove et ses palétuviers.

La mangrove recouvre quasi les trois quarts du rivage mahorais. Elle constitue désormais un domaine protégé, car indispensable à l'écosystème de l'île... Sans elle, il y aurait de grands risques que le lagon ne soit plus de ce monde. Lors des fortes pluies, elle arrête et freine l'envasement et évite l'asphyxie du corail. Composée de sept espèces de palétuviers différents, elle fait office de filtre pour le lagon et joue aussi le rôle de nurserie. Plus de 70 % des poissons viennent mettre leurs alevins à l'abri des prédateurs dans la mangrove. La vie y est riche d'enseignements... Certains palétuviers réussissent à toujours s'oxygéner même à marée haute grâce à leurs racines aériennes ou pneumatophores tournées vers le ciel. Des crabes, quelques huîtres y sont présents. On y trouve aussi le fameux périophtalme, poisson atypique capable de respirer en dehors de l'eau et qui utilise ses nageoires pour avancer sur la terre ferme, car il ne peut pas rester plus de 10 minutes sous l'eau.

La région littorale. Elle est bordée de mangroves ou de belles plages aux couleurs nuancées de l'ocre blond au noir volcanique avec cocotiers ou baobabs massifs. En arrière-plan se trouve très souvent une forêt de cocotiers. La grande majorité des villages est implantée le long de côtes. La côte nord de Mayotte est plus découpée avec des caps et des falaises assez abruptes, et quelques plages isolées, tandis que le sud propose de plus grandes plages ou baies. Les activités humaines se consacrent principalement à la culture de bananes, du manioc.

Les régions intérieures. La forêt dense et épaisse occupe l'intérieur de l'île parant les plus hauts sommets de tapis de verdure. Les makis y logent ainsi que des chauves-souris. Quelques villages se trouvent dans les terres ; le centre de l'île est le grenier de Mayotte, car la plus grosse partie de la production agricole y est présente. C'est là aussi que se situent les plantations d'ylang-ylang, forêts de canneliers...

Faune terrestre
On entend beaucoup crier les makis !
On entend beaucoup crier les makis !

Le maki. Le Eulemur Fulvus Mayottensis a très probablement été apporté de Madagascar, qui est un sanctuaire pour lémuriens. En effet, la Grande Île s'est détachée du continent indien avant l'apparition de cette lignée, il y a 65 millions d'années. Une découverte de 2001 montre aussi qu'il vient d'Asie, et les lémuriens ne sont présents que dans les régions où il n'y a pas de singes.

Espiègle et malicieux, ce cousin éloigné du singe se déplace par de drôles de bonds et a la particularité d'enterrer ses morts ! Très agile et très intelligent, c'est un animal génial !

On le reconnaît à ses yeux jaunes, son pelage brun et sa longue queue. Il vient parfois chiper des bananes dans les hôtels, et on l'entend crier dans les forêts. Il n'est pas méchant et se plaira à venir réclamer quelques bananes avec ses petites mains.

Il suffit qu'il y ait de grands arbres pour que normalement les makis soient présents. Ils vivent dans des clans d'une dizaine d'individus, dans un petit territoire de moins de quelques kilomètres carrés à travers lequel ils se déplacent bondissant d'arbre en arbre ou parfois marchant sur les fils électriques ! Dans la journée, ils passent la plupart de leur temps à dormir, se reposer, ils évitent ainsi les heures chaudes du jour. Ils deviennent plus actifs quand il fait meilleur. Quand l'un d'entre eux meurt, ils le mettent dans une fosse, le recouvrent de feuilles et lâchent une sorte de pleurnichement.

La maman maki transporte son petit sur son dos les trois premiers mois, lui apprenant à se nourrir, en se servant de l'index et du pouce pour éplucher les fruits. Ce n'est qu'à la première quinzaine d'octobre que les mamans accouchent de leurs bébés, car elles ont un cycle de reproduction où elles ne sont fertiles qu'à une période très précise de l'année.

Zébu ou vaches qui broutent au bord des routes, cabris qui courent dans les villages, quelques chiens mais peu, comme dans tous les pays musulmans. A peu près autant de chats.

Le margouillat qui regroupe deux espèces deux geckos, un gecko vert d'un beau vert brillant avec des taches rouges et bleues bien vives, et le gecko gris quasi tout translucide. Ils séjournent dans les maisons et vivent souvent collés au plafond. Ils ont la bonne habitude de manger tous les moustiques.

Le tenrec (ou tangue) pèse de 400 à 1 500 grammes et, à cause de ses poils épais et piquants, fait penser à un hérisson. Il est très friand des vers et autres insectes, et a l'habitude d'hiberner (ce qui est rare en climat tropical) lorsque la nourriture se raréfie. Les jeunes adolescents mahorais adorent partir à la chasse des tenrecs, mais désormais cette chasse est réglementée et n'est possible que du 21 février à fin avril afin de permettre aux bébés hérissons de grandir.

Le caméléon appelé Furcifer Polleni par les savants est une espèce endémique et protégée à Mayotte par la convention de Washington. Il se confond avec la nature, sauf la nuit où, au hasard d'un rayon de lumière, il se détache dans la pénombre. Le caméléon fait partie de cette faune exceptionnelle que Mayotte protège, car il est en voie de disparition.

La scolopendre

La scolopendre, de la famille des invertébrés chilopodes (mille pattes) qu'on rencontre à Mayotte, mesure couramment plus de vingt centimètres (de 3 à 8 cm en métropole) et représente la seule menace du monde animal. La scolopendre est capable de courir vite sur de très courtes distances, elle se cache dans les buissons et sous les pierres des pays chauds et tempérés. Elle s'alimente de gros insectes et de petits vertébrés (souris, rats, mulots...). Même si elle déteste l'eau, elle vit dans l'humidité, son aspect et son agilité la rendent particulièrement repoussante, le mot est faible ! Ses deux pattes avant se transforment en mandibule et les deux arrière en crochets tout à fait inoffensifs. Les scolopendres provoquent de graves inflammations ; si sa morsure est douloureuse et l'action du venin est longue, ce n'est pas mortel, mais mieux vaut être prudent avec les enfants. Pour calmer l'effet, un choc thermique après la morsure (bougie ou cigarette) suivi de glaçons est conseillé ; autrement, il reste la solution antalgique, cortisone et repos.

Par Gabriel Boschero, 9 ans.

Faune aviaire

L'île abrite environ 130 espèces (recensées aujourd'hui), celles-ci se cachent dans la forêt ou la mangrove et peuvent pêcher dans le lagon : 10 espèces de hérons dont deux menacées au niveau mondial, le héron humblot et le crabier blanc, 11 rapaces dont 2 nocturnes, 9 espèces de sternes, 25 échassiers limicoles, autour de 30 espèces nicheuses, 70 espèces migratrices et 14 oiseaux endémiques de Mayotte ou des Comores que l'on rencontre le long des arbustes fleuris comme l'alamanda ou l'hibiscus ; il n'est pas rare de voir les souimangas aux couleurs très vives se déplaçant souvent en couple et butinant les fleurs. Ils ressemblent à s'y méprendre au colibri d'Amérique du Sud, cependant ils ne volent pas aussi vite. Les yeux de maquignons peuvent apercevoir les pluviers de Leschenault et argenté, aigrettes, martins-pêcheurs, colibris, inséparables verts, pailles-en-queue et chouettes effraies. Mais Hippocampe, autre petit nom donné à l'île en raison de sa forme, qui s'apparente sans conteste à celle du célèbre cheval de mer, recèle beaucoup d'autres espèces endémiques. Ainsi le drongo (Dicrurus waldenii), que l'on rencontre dans la brousse, ou le souimanga (Nectarinia coquereli), sorte de petit colibri local nectarivore, viennent à parfaire cette image idyllique de nature encore préservée. L'oiseau lunette (Zosterops maderaspatana mayottensis), un petit passereau à cercle orbital blanc et à ventre jaune vif est présent sur chaque île des Comores ; celui de Mayotte est une espèce à part entière. Il sera possible de croiser également le petit rapace, le vautour malgache à l'aspect très élancé... Dernièrement deux nouvelles espèces ont été observées : au lac Karihani d'abord le dendrocygne fauve (Dendrocygna bicolor), un anatidé roux (famille des oies, cygnes et canards), et à Chembényoumba un coucou didric (Chrysococcyx caprius), cette espèce de coucou africain blanc n'avait jamais été observée auparavant dans l'océan Indien.

Celle que vous croiserez forcément dans le ciel mahorais n'est pas un oiseau, mais un mammifère : la chauve-souris. On l'appelle aussi " Fanny ", en référence à la Fanny malgache, ou tout simplement " roussette ". On la trouve sur tout le territoire mahorais à proximité ou suspendue aux grands arbres tels que les fromagers ou manguiers... Ce mammifère frugivore affectionne tout particulièrement les fruits et il assure entre autres la pollinisation du baobab et permet la régénération de la forêt. Il lui arrive parfois de chipoter un fruit avec un maki. C'est dans ce cas un concert de cris des plus incroyables auquel vous aurez droit.

Faune marine
Des dauphins peuvent croiser votre route....
Des dauphins peuvent croiser votre route....

Mayotte a une faune aviaire et terrestre riche pour des îles, et a encore plus de richesses à faire découvrir sous les eaux. Et là encore, ce sont les mammifères qui vous épateront le plus. Mayotte, grâce à son lagon, est particulièrement fréquentée par les cétacés. C'est une des îles au monde où vous pourrez le mieux les observer.

Les cétacés. Les baleines, qui restent tout l'été austral dans les eaux de l'Antarctique à se nourrir de krill, ces minuscules crevettes, entament ensuite une longue migration, l'hiver austral venu, vers les eaux chaudes et tropicales. Elles trouvent le lagon de Mayotte, chaud et protégé pour y mettre bas, lors d'une escale sur la route qui passe par le canal de Mozambique. C'est entre juillet et octobre que vous aurez le plus de chances de les voir.

Bien avant les hommes, les baleines avaient déjà découvert l'intérêt stratégique de Mayotte sur cette voie maritime !

Elles auraient même inventé l'Internet avant nous, grâce à leurs chants mélodieux qui permet de communiquer à des milliers de kilomètres, paraît-il jusque de l'autre côté de la Terre. Les baleines à bosse, qui mesurent 15 m et pèsent jusqu'à 40 tonnes, accouchent d'un baleineau d'une tonne qui doit être l'attention de tous les instants, notamment des requins qui voient en lui une proie facile. Durant toute cette période, la maman baleine ne se nourrira pas et pourra perdre jusqu'à 40 % de sa masse, à l'inverse du baleineau qui peut prendre, grâce au lait maternel ultra riche, jusqu'à 90 kilos par jour ! Si la baleine est la star, il y a aussi le dauphin qui est un grand acteur dans ce spectacle sous-marin. Joueur, il s'amuse toute l'année dans le lagon mahorais et vient participer aux jeux des enfants sur les plages. L'espèce la moins craintive de l'homme est le Grand Dauphin (Tursiops truncatus), qui aime notamment surfer sur l'étrave des bateaux. Le dauphin à long bec (Stenelle longirostris), lui, aime surtout se donner en spectacle en faisant des vrilles et des sauts hors de l'eau. Ses cousins qui fréquentent le lagon mahorais sont le dauphin tacheté (Stenelle attenuata), le dauphin à bosse (Souza chinensis), le dauphin de Fraser (Langenodelphis hosei), le dauphin d'Electre (Peponiocephala electra).

Le spectacle continue ! Dans le " monde du silence " vit également un personnage mystérieux, le dugong. Sorte de " vache de mer " que l'on croyait disparue, ce cétacé au corps massif mesure entre 2 et 3 mètres et pèse de 250 à 900 kg. C'est un mammifère marin herbivore de l'ordre des siréniens, qui se compose en seulement deux sous-familles, celle des lamantins et des dugongs. Animal mythique, il a été redécouvert récemment dans le lagon de Mayotte et, pendant l'été 2010, une femelle a même donné naissance à un petit.

Les tortues. Présentes dans toute la région de l'océan Indien, les tortues reviennent toujours sur la plage où elles sont nées. Environ 250 millions d'années avant notre ère, les reptiles ont conquis des terres émergées, mais les hasards de l'évolution ont conduit certaines espèces de tortues, alors terrestres, à retourner à la mer pour y vivre.

Elles ont conservé une phase terrestre pour l'incubation des oeufs. Ainsi, depuis la nuit des temps, les tortues viennent à marée haute et à la nuit tombée creuser leur nid pour y pondre. Une tortue femelle revient pondre sur la plage de sa naissance et peut nager des milliers de kilomètres pour la retrouver.

Sur les huit espèces de tortues marines existant actuellement dans le monde, cinq sont présentes dans le sud-ouest de l'océan Indien, dont deux fréquentent les eaux du lagon mahorais : la tortue verte (chelonia mydas) et la tortue à écailles ou tortue imbriquée (eretmochelys imbricata).

Vous pourrez facilement les reconnaître. La tortue verte est la plus grande (108 cm de moyenne) et la plus lourde de 130 à 250 kg avec un bec rond, tandis que la tortue à écailles a un bec crochu, mesure environ 80 cm et pèse dans les 80 à 130 kg. La tortue verte est ainsi nommée, car elle est herbivore (dès un an), tandis que la tortue imbriquée est plutôt carnivore.

L'idéal pour observer une ponte est d'avoir une marée haute à 19h avec la pleine lune au même moment. La tortue creuse avec ses quatre pattes un premier trou appelé la cavité corporelle, leurre afin de tromper les éventuels prédateurs. Elle s'y installe ensuite pour creuser un second trou avec ses deux pattes postérieures : c'est le " puits de ponte ", tunnel sous le premier trou afin de pondre ses oeufs. Cette cavité peut faire un mètre de profondeur.

Elle y pond une centaine d'oeufs de la taille d'une balle de ping-pong, les recouvre et s'en retourne à l'eau souvent épuisée.

Selon la température du sable, les bébés tortues deviendront soit des femelles soit des mâles.

Les bébés tortues, avec leurs petites palmes, resteront environ une soixantaine de jours dans le sable pour ensuite remonter à la surface pour découvrir qu'ils sont nés sur une plage.

Ceux qui rejoindront la mer auront plus de chances de devenir adultes, mais on estime que seul un bébé sur cent qui deviendra une tortue adulte. Les autres se feront avaler par des oiseaux prédateurs, crabes, etc. D'où l'importance de les protéger et de les préserver.

Les poissons. Plus mystérieux mais moins spectaculaires, les coelacanthes (Latimeria chalumnae) sont les derniers survivants d'une lignée qui a connu son apogée il y a 240 millions d'années et qui serait l'ancêtre des vertébrés, avant qu'ils ne commencent à conquérir la terre ferme. Le spectacle ne serait pas complet sans les poissons exotiques et les coraux multicolores, qui joueraient presque un rôle de figuration parmi le show de la grosse faune. Poissons-papillons à trois bandes (Chaetodon trifasciatus), poissons-ballons à taches blanches (Arothron hispidus), vieille de corail (Cephalopholis miniata), poissons-clowns, mérous célestes, perroquets, anges royaux... vous saluent en un festival de couleurs, où l'abondance de coraux, éponges, anémones, gorgones de toutes formes et de toutes sortes montrent qu'on n'a pas lésiné sur les décors ! La flore de la passe en " S " est particulièrement superbe à Mayotte.

Les raies mantas. Les raies mantas (Manta birostris), que l'on surnomme aussi " diables des mers ", apprécient les eaux chaudes du lagon de Mayotte lors des grandes migrations, souvent en petits groupes, et elles font le bonheur des touristes chanceux lors des excursions nautiques. Elles peuvent atteindre jusqu'à sept mètres d'envergure et peser deux tonnes ! Les membres de l'association ATOLL de Bouéni avait permis un recensement et une étude approfondie sur leur présence dans le lagon, espèce jusqu'alors inconnue à Mayotte. A ce jour, ils ont répertorié une petite trentaine d'individus, et leur première conférence sur les raies mantas en juillet 2015 a permis de sensibiliser la population sur l'importance de les préserver du braconnage et des approches agressives. En mars 2016, une étude publiée dans le Journal of Ethology a montré que l'un des plus grands poissons au monde serait le premier poisson observé à posséder la capacité cognitive à se reconnaître dans un miroir ! Faciles à observer lors des grands marnages, elles effectuent des loopings autour d'un même spot pour se nourrir. Il suffit alors de se poster à proximité et d'observer. Très affairée, la raie oublie sa timidité et n'hésite pas à frôler le spectateur s'il est sur sa voie, tout en évitant soigneusement de le toucher.

Consignes d'observation des tortues marines de Mayotte

L'observation est soumise à des conditions ; veuillez-vous adresser aux gardes (présents surtout à Moya actuellement) ou privilégiez l'observation encadrée par un guide, afin de ne pas porter atteinte à leur intégrité physique, ni à leur tranquillité. Ainsi, en respectant ces consignes, vous contribuez à protéger les tortues marines et leurs sites de pontes.

Avant la sortie de l'eau. Les tortues sont sensibles aux mouvements et à la lumière. Il faut donc être très discret, sinon elles ne monteront pas. Portez des vêtements sombres, ne marchez pas au bord de l'eau et n'utilisez pas d'éclairage (lampes torches, feu). Il faut être silencieux, calme et surtout patient !

A la sortie de l'eau. Il s'agit d'une période critique, car au moindre dérangement (lumière, mouvement, bruit), la tortue peut retourner précipitamment à l'eau. Il ne faut surtout pas bouger et attendre patiemment.

Pendant la préparation du nid. La recherche du lieu de ponte et la préparation du nid peuvent durer plus d'une heure pendant laquelle s'entendent des projections de sable. La tortue creuse 2 trous : une cavité corporelle (fortes projections de sable) et ensuite un puits de ponte (faibles projections). Pendant ces 2 phases, il ne faut surtout pas s'approcher de face, ni éclairer, mais rester derrière à plus de 5 m, car la tortue peut retourner à la mer. C'est seulement à la fin du creusement du puits que vous pourrez vous approcher discrètement et uniquement lorsque vous n'entendrez plus de faibles projections de sable pendant au moins 5 minutes.

Pendant la ponte. Le début de la ponte est encore une période délicate. C'est la phase la plus spectaculaire. En silence, vous pourrez approcher par l'arrière et observer la ponte en éclairant très discrètement avec une lampe à lumière rouge. N'essayez jamais de toucher les oeufs, ni la tortue.

Pendant le recouvrement et le retour à la mer. Même si elle a fini de pondre, la tortue reste sensible à la présence de l'homme. Restez discret et derrière elle pendant le recouvrement du nid et pendant le retour à la mer. Là encore, n'utilisez pas les torches ou le flash qui risquent d'effrayer d'autres tortues susceptibles de sortir de l'eau.

La naissance des petits et l'émergence. Si vous avez la chance d'observer ce moment magique, sachez que vous pouvez compromettre la capacité des petites tortues à trouver le chemin de l'océan. Ne les prenez pas dans vos mains, car le frottement du sable sur leur ventre est nécessaire à leur survie. Placez-vous derrière elles, sans source de lumière (elles sont très sensibles) pour ne pas les désorienter.

Il est interdit

De perturber, toucher, capturer, mutiler, détruire, utiliser, détenir, colporter, vendre ou acheter des tortues marines (qu'elles soient vivantes ou mortes, sous l'eau et sur terre).

De détruire les nids ou prélever les oeufs (pas de fouille du sable).

Recommandations

La réglementation actuelle s'efforce de diminuer les pressions exercées sur les tortues et leur environnement (braconnage, urbanisation du littoral, envasement des herbiers et pollution du milieu).

Une fréquentation inadaptée des plages peut également porter atteinte aux animaux et modifier leurs comportements. Les visiteurs doivent donc appliquer quelques recommandations pour protéger les tortues marines et leurs sites de ponte.

Ne pas couper de bois afin de préserver la végétation d'arrière-plage et le camouflage naturel des sites recherchés par les tortues.

Ne pas faire de feu sur la plage ou dans les bois. Utiliser les emplacements prévus à cet effet (barbecue).

Prévenir l'observatoire des tortues marines (Conseil Départemental) pour observer en groupe à Moya, évitant ainsi de concentrer les visiteurs sur une même plage et permettant d'évaluer la fréquentation sur le site.

Ramener tous les déchets en prévoyant un sac pour les ramasser.

Les animaux de compagnie sont formellement interdits, car ils peuvent déranger ou blesser les tortues et déterrer les oeufs.

Dans l'eau, ne pas les poursuivre, les toucher ou les manipuler.

Prévenir le REMMAT (06 39 69 41 41) en cas de découverte de tortue braconnée, en détresse ou morte (le transport en est strictement interdit). Ce réseau s'occupe également des dauphins et dugongs.

Flore
Mayotte est également appelée l'île aux parfums.
Mayotte est également appelée l'île aux parfums.

Île tropicale, ses montagnes sont couvertes de verdure. Île aux parfums, ses senteurs embaument les vallées. Île cultivée, ses arbres croulent de fruits. Mayotte est recouverte d'un tapis vert étincelant qui épouse ces doux reliefs qui dévalent les côtes des sommets à la mangrove littorale.

Plus aride vers le sud ou sur certains endroits dans le nord, elle présente parfois des faces dénudées, ou padzas, où l'érosion a fait son travail et où il est désormais très difficile de replanter, car le sol a été lessivé et nettoyé de sa terre. Cela devient un véritable désert minéral.

Au centre des terres, Mayotte possède une forêt primaire où de nombreuses orchidées, bambous se plaisent à pousser, c'est le paradis des héliconias, roses de porcelaine...

La forêt est parsemée de tulipiers du Gabon, baobabs, bois noir, takamaka, tamarins, fromager, manguier, bananier, corossols, pommes cannelles, litchis, ananas, arbre à pain... Ils foisonnent sur l'île.

Les cascades de fleurs que l'on peut trouver dans d'autres îles sont moins fréquentes sur Mayotte. Elle offre une multitude de nuances de vert, mais est moins colorée que ces voisines de La Réunion ou de Maurice.

L'intérieur de l'île brille souvent par sa virginité, de vert franc et uniforme qui tranche avec le bleu de la mer, et reste comme l'ont découverte les explorateurs.

Arbre à pain. Très répandu à Mayotte, cet arbre à latex à larges feuilles vertes donne de gros fruits ronds et granuleux, qui se mangent cuits, bouillis... On en fait aussi des frites comme avec les pommes de terre. Il peut atteindre jusqu'à 20 m de hauteur. Sa pulpe crème, dont le goût rappelle celui de la pomme de terre, est blanche, fibreuse et riche en amidon. Le fruit de l'arbre à pain peut être grillé, frit, bouilli ou réduit en purée pour remplacer les pommes de terre ; il est très riche en fécule. Son contenu en hydrates de carbone est élevé, vitamines A, B, C. Par ailleurs, l'île abonde en cocotiers, largement utilisés dans la cuisine, l'artisanat et la construction.

Banane. La principale production sur Mayotte est la banane, elle est quasi omniprésente (environ 10 000 hectares plantés). Le fruit y est consommé vert et cuisiné essentiellement comme légume. Ainsi, on dénombre plus de 34 variétés différentes sur Maoré. Un travail d'identification et de conservation des variétés spécifiques est mené par la Direction de l'agriculture et de la forêt.

Manioc. C'est la deuxième culture vivrière de l'île, on le retrouve principalement en association de culture avec la banane. Plus de dix variétés de maniocs doux sont cultivées traditionnellement. Deux variétés, Bakompira et Réunion, représentent à elles seules plus de 80 % des superficies. Les racines sont consommées bouillies ou frites alors que les jeunes feuilles ou brèdes sont utilisées pour la préparation du célèbre mataba. Ces produits sont essentiellement d'autoconsommation et ils sont intimement liés aux traditions mahoraises.

Badamier est un arbre qui est très apprécié des Mahorais et on le trouve ainsi très fréquemment sur les places publiques du village, car il offre de l'ombre grâce à sa taille et à la disposition de ses branches par étages avec ses grandes feuilles lisses.

Baobab est un arbre originaire de l'océan Indien, son nom vient de l'arabe " bu-hibab " (fruit qui donne beaucoup de graines) en référence à ses gros fruits secs, les " pains de singes ", qui contiennent des graines très appréciées des enfants comme friandises. D'après les botanistes, leurs rondeurs avantageuses leur permettent de stocker le maximum d'eau à l'abri de l'évaporation et d'être ainsi adaptés aux régions les plus sèches. Une curiosité : ses fleurs blanches sont fécondées par les chauves-souris roussettes qui les aspergent de pollen avec leurs ailes. Deux espèces de baobabs sont présentes à Mayotte : le baobab africain et le baobab malgache. Ils se différencient par leurs fleurs (blanches pour l'africain, rouges pour le malgache) et leurs fruits (forme longue et ovale pour l'africain, petite et ronde pour le malgache). Enfin, le baobab malgache peut avoir un tronc en forme de bouteille ou cylindrique.

Canne à sucre (Saccharum officinarum), autrefois principale ressource de l'île, est depuis un siècle remplacée par les plantes à parfum, la vanille et les épices, qui ont donné à l'île le nom d' " île aux parfums ".

Cannelier. Le cannelier (Cinnamomum zeylanicum B) appartient à la famille des lauriers. Il est originaire du Sri Lanka. On le trouve près des sols sableux et là où il y a beaucoup d'eau.

L'arbuste peut atteindre 10 m de haut, les feuilles exhalent une forte odeur de girofle quand on les froisse. L'écorce, récoltée toute l'année, et dont la meilleure est celle des branches, sera moulue pour donner la cannelle, très appréciée en confiserie.

Les canneliers sont particulièrement nombreux dans les régions de Vahibé et de Combani, là où l'altitude reste faible et le degré d'humidité élevé.

Frangipanier (Plumeria) fait partie des plus beaux arbres tropicaux avec ses fleurs blanches, parfumées et médicinales. En Asie orientale, il a la réputation d'être immortel, car on raconte qu'il continue à donner des fleurs et des feuilles alors même qu'il est arraché. Son nom vient d'une légende : au XIIe siècle, l'Italien Frangipani fabriqua un parfum apprécié ; quatre siècles plus tard, des voyageurs européens découvrirent aux Caraïbes cet arbre au parfum similaire.

Giroflier. Le giroflier (Eugenia caryophyllata) est originaire des Moluques (archipel à l'est de l'Indonésie). Cet arbre ne prospère qu'au voisinage de la mer et peut atteindre 20 m de haut. Son écorce et ses feuilles contiennent une huile très odorante.

Les clous de girofle produisent une huile utilisée en parfumerie, mais surtout en pharmacie pour ses propriétés stimulantes, excitantes, digestives et légèrement analgésiques, bactéricides et insecticides. Quelques clous de girofle chauffés à sec dans une poêle permettent de parfumer une pièce en la désinfectant par fumigation. Mâcher un clou de girofle permet de calmer une douleur dentaire. Les girofliers fleurissent toute l'année. Les boutons floraux sont récoltés lorsqu'ils deviennent rouges. Ce n'est qu'après leur séchage au soleil qu'ils prennent une couleur brune.

Jacquier (Artocarpus integrifolia L) est lui aussi très répandu sur l'île sauf en juillet et août. Arbre à latex de 10 à 15 mètres, il est facilement reconnaissable à ses fruits verts énormes, verruqueux pendant sur le tronc même. Son fruit, le jacque, peut peser jusqu'à 15 kilos. Originaire de l'Inde, il est consommé cru comme un fruit ou bien cuit.

Muscade. La muscade (Myristica fragans) toujours originaire des Moluques se développe en climat tropical et l'arbre peut atteindre 8 m de haut. Ses feuilles, très odorantes, sont différentes selon qu'elles sont mâles (minuscules) ou femelles.

Le fruit, rond ou en poire, est savoureux et renferme une noix, la muscade, entourée d'une chair écarlate, l'arille ou macis. C'est la noix qui fournit une huile essentielle connue pour ses vertus stimulantes. La muscade est aussi utilisée en charcuterie et en pharmacie (elle est anti-rhumatismale).

La noix de muscade et le macis sont séchés séparément, la noix devant être blanchie à la chaux pour la protéger des vers et des insectes, le macis est aplati.

La qualité se note à la quantité d'huile produite par les fruits. Les récoltes ont lieu plusieurs fois par an. Un muscadier peut produire plusieurs milliers de fruits, et ce, jusqu'à l'âge de 70 ans.

Vanille. Une cinquantaine d'espèces d'orchidées est présente sur l'île, dont la vanille qui est la deuxième source de revenus. De la famille des orchidacées (Vanilla fragans ou Planifolia), la vanille vient du Mexique où les Aztèques semblent avoir été les premiers à l'apprécier en parfumant leur chocolat.

L'histoire retiendra qu'en offrant un chocolat vanillé dans un bol en or aux conquistadores, le roi aztèque signa la perte de son royaume. Aujourd'hui, la vanille de synthèse remplace la vanille naturelle dans les produits de consommation courante. Celle de Mayotte est un produit haut de gamme, dont le label " vanille biologique " garantit la qualité supérieure.

Le vanillier, une plante épiphylle à tige grimpante, pousse dans des conditions climatiques humides et tropicales particulières. La liane donne des fleurs éphémères qui s'épanouissent en grappes et doivent être fécondées une à une pour donner leurs fruits.

Au Mexique, l'accouplement entre le sexe mâle et le sexe femelle de la fleur est rendu possible par l'intervention d'un insecte. Dans l'océan Indien, cet insecte n'existant pas, le travail de fécondation, qui consiste à enlever la membrane qui sépare les deux sexes, est fait à la main.

C'est à un enfant de 12 ans, esclave de La Réunion, nommé Edmond Albius, que l'on doit la découverte au XIXe siècle de la technique de fécondation. Il faut sept mois aux fruits pour arriver à maturité et atteindre jusqu'à 18 cm de long. Verts et durs, ils deviendront noirs et souples au bout de six à huit mois d'étuvage et de séchage au soleil et à l'ombre en alternance, sous le contrôle du préparateur. Des gousses est extraite la vanilline, recherchée en parfumerie et en pâtisserie.

Ylang-ylang. L'ylang-ylang (Cananga odorata) appartient à la famille des anonacées, atteint souvent 30 m et couvre des forêts entières qui embaument toute une vallée. Cet arbre originaire d'Asie est arrivé à Mayotte avec les autres plantes à parfums et épices dans le début des années 1900. Pour obtenir l'arbre tel que vu dans les plantations, les cultivateurs l'étêtent et mettent des poids sur les branches afin d'éviter qu'il ne grandisse trop et qu'il soit à hauteur d'homme pour faciliter la cueillette de ses fleurs jaunes à six pétales. Ainsi, il a toujours un aspect assez torturé.

L'exploitation n'intervient que dans la quatrième, voire la cinquième année. La floraison, avec son parfum très caractéristique, a lieu toute l'année, mais elle est surtout abondante au début et à la fin de l'été. Les grandes fleurs d'aspect étoilé, quand elles ne sont pas ramassées, donnent des baies allongées d'un vert foncé.

Un pied peut vivre 50 ans, mais il perd de sa productivité vers 25-30 ans. C'est à partir de la distillation des fleurs que l'on extrait l'huile essentielle d'ylang-ylang et ses différentes qualités. C'est plus précisément son extra, sa meilleure qualité qui est recherchée en parfumerie. En plus de donner son propre parfum, très envoûtant, l'huile essentielle d'ylang-ylang possède les mêmes vertus que le géranium rosa de La Réunion. Elle permet de mieux fixer le parfum sur lequel on peut ainsi accrocher d'autres odeurs et fabriquer des fragrances plus complexes.

La distillation peut durer jusqu'à douze heures, mais c'est pendant les deux premières heures que les meilleures fractions sont recueillies. D'après les naturopathes, l'huile essentielle d'ylang-ylang est antiseptique, cicatrisante, revitalisante, équilibrante cutanée, calmante et décontractante, baisse la tension et facilite le sommeil.

Mayotte et son centre de l'île sont parsemés de champs et d'alambics, assez artisanaux, pour distiller l'essence. Mayotte est parmi l'une des plus grandes exportatrices d'ylang-ylang au monde. Guerlain a fait la réputation de Mayotte, car il y possédait une plantation.

L'exploitation de la canne à sucre

" Les premiers colons européens arrivèrent à Mayotte vers le milieu du XIXe siècle. Forts des exemples de Bourbon et des Antilles, la canne à sucre apparaissait comme une culture idéale au même titre que le café et la vanille. On utilisait la mélasse résiduaire pour faire un rhum fameux. De grandes concessions virent alors le jour : Dzoumogné, Combani, Kawéni, Dembéni, Soulou ou Hajungua. Au plus fort de l'exploitation sucrière à Mayotte, on compta plus d'une dizaine d'usines. Mais les résultats ne furent pas ceux espérés : concurrence des Antilles et de la betterave, maladies de la canne à sucre, chute du prix du sucre, cyclone en 1898...

Ainsi, au début du XXe siècle, seules deux concessions fonctionnaient encore : Dzoumogné et Combani. Peu à peu, la canne à sucre fut abandonnée au profit d'autres cultures (ylang ylang, vanille...). La dernière usine à Dzoumongé vit sa cheminée s'éteindre en 1955. Des vestiges sont encore visibles à Combani, Soulou, et Hajungua. A Dzoumogné, il reste une ancienne locomotive qui est exposée devant le collège. "

Extrait du topo-guide L'Île de Mayotte à pied.

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