Découvrez Saint-Barthélemy : Les enjeux actuels

Soleil, plages, maisons de rêve, économie galopante… Saint-Barth, un bijou convoité ? Sans aucun doute, mais l’île le doit à plusieurs facteurs, notamment à son histoire ainsi qu’à ses changements de statut. En devenant une collectivité, elle a bénéficié d'une situation financière confortable qui lui a permis de se lancer dans des projets de développement du territoire, contribuant ainsi à l'attractivité de la destination et à l'amélioration du cadre de vie de ses habitants. Sur les 5 707 entreprises recensées par l’INSEE en 2014, 63,1 % exerçaient une activité de services marchands, 13,7 % de BTP, 15,5 % de commerce. Elle s’oriente vers le respect de son environnement et le perfectionnement de sa qualité d’accueil déjà élitiste, tout en prenant aussi conscience de ses fragilités (comme sa petite superficie et son manque d’espaces). Politique, citoyens et touristes, tous se réclament de « l’esprit Saint-Barth ».

Yachts dans le port de Gustavia (c) NAPA - shutterstock.com.jpg

Une émancipation réussie

La loi organique du 21 février 2007 crée deux nouvelles collectivités : Saint-Martin et Saint-Barthélemy qui étaient, jusqu’à cette date, des communes du département de la Guadeloupe (depuis la loi du 19 mars 1946 relative à la départementalisation). Chaque collectivité se substitue dorénavant au département. Cette institution est dotée d’une autonomie et d’un régime législatif avec des exceptions relevant de la spécialité législative. Avant 2007, Saint-Barth avait un statut politique de commune française. Après le référendum du 7 décembre 2003, l’île a massivement confirmé (95,51 % avec un taux de 21,92 % d’abstention) le projet de loi visant à la transformer en Collectivité d’outre-mer à part entière (COM), tout en ayant la possibilité de conserver ses avantages fiscaux. Saint-Barthélemy se voit désormais conférer l’ensemble des compétences préalablement dévolues aux communes, au département et à la région de la Guadeloupe, ainsi que celles que l’État lui a transférées. Ce nouveau statut permet à l’île d’adapter, si besoin, des lois et dispositions appliquées en métropole. Cette possibilité ne concerne pas les domaines comme la sécurité, la défense, les affaires étrangères, la monnaie et la justice qui continueront à rester du ressort de l’État français. Elle a su adapter les lois et règlements en vigueur localement et fixer des règles dans certaines matières comme les impôts, la circulation routière, la voirie ou le tourisme.

Le tourisme : pilier de l’économie de Saint-Barthélemy !

Principalement tourné vers un tourisme haut de gamme qui privilégie la sécurité et le calme, son positionnement touristique diffère de celui de la Guadeloupe et de l’espace Caraïbe. Petite île aride, elle ne peut accueillir ni cultures agricoles ni industries. Longtemps isolés et pauvres, les Saints-Barths ont trouvé depuis une vingtaine d’années une source inattendue de revenus avec le développement du tourisme. Contrairement à la grande majorité des autres îles de la Caraïbe, qui ont attiré un tourisme de masse, son accès difficile (aucun long-courrier ne peut y atterrir) a attiré une clientèle très aisée. Même si le tourisme tend aujourd’hui à s’y démocratiser. Le premier hôtel qui ouvre la voie est l’Eden Rock, héritage du coup de foudre de Rémy de Haënen pour le site.

Séduite par la beauté du site, sa quiétude, sa sécurité et le développement harmonieux de son urbanisme (qui commence à se modifier dangereusement), une clientèle fortunée et désireuse de trouver une certaine tranquillité vient fidèlement à Saint-Barth depuis les années 1950.

De ce fait, les retombées touristiques ont considérablement amélioré la situation économique des habitants de l’île (pour preuve le PIB/habitant de 38 994 € en 2014, contre 35 893 € en 2011, soit une croissance annuelle moyenne de 2,8 %). La fréquentation touristique était en hausse jusqu'au passage d'Irma (cyclone en septembre 2017) qui a ralenti considérablement le flux. On ne trouve pas à Saint-Barth de cas de surendettement, comme il est fréquent de constater en Guadeloupe, en Martinique ou à Saint-Martin. De même, le chômage semble avoir épargné l’île et la collectivité se félicite de l’absence de besoins en logements sociaux.

En 2020, le nombre de touristes a augmenté de 20 % par rapport à 2016. L'estimation de l'offre est actuellement 2 100 chambres en villas et 550 en hôtels. La quantité de touristes est actuellement agréable, équilibrée et suffisante pour soutenir l’économie actuelle de la collectivité. La crise sanitaire a bouleversé cette économie, mais la fréquentation retrouve peu à peu ses niveaux habituels.

L’envers du décor : paradis pour les locaux ?

Pas évident de vivre, de travailler et surtout se loger dans cette île de rêve ! La collectivité manque cruellement de logements pour les locaux et ils sont nombreux à devoir choisir la colocation (renforcée après Irma). La grosse problématique de l'île, c'est la difficulté pour les saisonniers et habitants de trouver un logement, car la priorité de la construction a longtemps été accordée aux investisseurs et promoteurs de villas de luxe. On espère toutefois voir un ralentissement des nouvelles constructions pour une population fortunée au profit de la population locale. Lors de notre venue, la difficulté de trouver un logement restait inchangée et de nombreuses personnes peuvent déménager jusqu'à 4 fois par an, souvent dans des colocations. Les difficultés que doivent affronter les Saint-Barths en raison de leur insularité sont réelles. Le coût de la vie est plus cher du fait de l’éloignement et de l’obligation d’importer des produits par rapport à une île comme la Guadeloupe. Certaines contraintes spécifiques à Saint-Barth (absence d’eau potable, coût élevé de la construction…) contribuent également à alourdir les charges supportées par les habitants. On estime le différentiel de coût de la vie entre Saint-Barthélemy et la Guadeloupe à environ 25 % (rappelons que la Guadeloupe subit, déjà pour sa part, un surcoût de 30 % par rapport à la métropole).

L'immobilier : une manne très lucrative qui a pourtant ses limites

Nous pourrions presque comparer la gestion de Saint-Barth à la gestion d'une entreprise. Certes, la collectivité se félicite de l'équilibre financier de son île, d'autant qu'elle ne reçoit aucune aide financière de la France. Il existerait environ 5 000 entreprises pour moins de 10 000 habitants (beaucoup de micro-entreprises). Mais l'une des principales activités lucratives de l'île est sans aucun doute l'immobilier. La rareté des terrains constructibles explique aussi leur prix (1 000 à 5 000 euros le mètre carré). À titre d'exemple, une villa bien située se négocie entre 5 et 10 millions d'euros ! En 2017, les autorités ont voté une hausse considérable de la taxe sur les plus-values immobilières. Elle passe alors à 35 % si le vendeur occupe son bien depuis moins de cinq ans, au lieu de 20 % en cas d'occupation antérieure. À savoir que la plupart des résidences ne sont que très peu occupées par leurs propriétaires : elles sont un pur investissement ou un moyen de défiscaliser. Nombreux sont ceux qui confient leurs biens à des agences de locations comme la renommée Sibarth Villa Rentals qui se chargent de les louer.

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