Guide d'Algérie : Les personnalités célèbres : Algérie

Jeune algéroise sur une plage à Bab El-Oued.
Jeune algéroise sur une plage à Bab El-Oued.
LITTERATURE
Les précurseurs
Jean Amrouche

Né en 1906, l'écrivain kabyle chrétien fut l'un des précurseurs de la littérature algérienne de langue française. A lire : Jean El-Mouhoub Amrouche, l'Algérien universel, sa biographie par R. Le Baut chez Alteredit ; Cendres (1934) et Etoile secrète (1937), ses recueils de poèmes, mais aussi Chants berbères de Kabylie (1939) ou L'Eternel Jugurtha (1947). Tous ces livres sont réédités chez L'Harmattan.

Taos Amrouche

La soeur de Jean Amrouche et la fille de Fadhma Aït Mansour Amrouche, qui a écrit Histoire de ma vie, est née en 1913 à Tunis. Romancière algérienne de langue française, elle a défendu tout au long de sa vie la culture amazigh. Ses romans sont souvent l'expression de sa recherche d'identité, déchirée entre les deux cultures et deux religions, et l'exil forcé. Elle a publié Jacinthe noire (1947), Rue des tambourins (1960), Solitude ma mère, Le Grain magique (1966) et L'Amant imaginaire (1966). Egalement interprète de chansons kabyles qu'elle a collectées, elle est morte en 1976.

Albert Camus

Le prix Nobel de littérature 1957 est né en 1913 à Mondovi en Algérie. Orphelin de père, il passe son enfance dans le quartier algérois de Belcourt avec sa mère, femme de ménage. Au lycée Bugeaud, il découvre la philosophie qu'il décide de continuer à étudier. Au début des années 1930, il écrit avec des amis Révolte dans les Asturies, une pièce de théâtre interdite. En 1938, il entre comme journaliste au journal du Parti communiste et à Alger républicain. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il choisit la résistance à l'occupant nazi et publie, en 1942, L'Etranger et le Mythe de Sisyphe grâce à Jean Paulhan (Gallimard). En 1943, Albert Camus rencontre Jean-Paul Sartre et entre au journal Combat. Au début de la guerre d'Algérie, alors qu'il a déjà publié dans ce journal plusieurs chroniques (Chroniques algériennes 1939-1958, Gallimard, Folio) démontrant combien sa situation est difficile entre attachement à son pays dont il reconnaît la souffrance et convictions politiques, il décide de ne plus s'exprimer sur le sujet. En 1956, il publie La Chute, un livre pessimiste. Il est mort en 1960 dans un accident de voiture. A découvrir, entre autres, Noces (1939), Caligula (1944, théâtre), La Peste (1947), Les Justes (1950, théâtre), L'Homme Révolté (1951, essai). Dans le cadre de la célébration du 50e anniversaire de sa disparition en 2010, le président de la République Nicolas Sarkozy souhaitait que sa dépouille soit transférée au Panthéon, mais le projet a été compromis suite au refus de Jean Camus, son fils.

A lire : Camus à Oran, d'Abdelkader Djemaï (Michalon, 1995), Les Derniers jours de la vie de Camus, de José Lenzini (Coédition Barzakh - Actes Sud, 2009).

Edmond Charlot

Le grand homme de lettres qui n'a pourtant pas écrit est né en 1915 à Alger dans une famille installée en Algérie depuis 1830. Au lycée Bugeaud, il rencontre Albert Camus et Jean Grenier, un professeur de philosophie qui l'encourage à créer une librairie-maison d'édition-galerie qui porte le nom d'un roman de Giono (Les vraies richesses). Il publie très rapidement les premières oeuvres de Camus, René-Jean Clot, Max-Pol Fouchet, Jean Grenier, Roblès, Jules Roy ou Federico Garcia Lorca et défend la " nouvelle culture méditerranéenne ". C'est pendant la Seconde Guerre mondiale que sa maison d'édition prend véritablement de l'ampleur parce qu'elle est la seule à pouvoir publier les oeuvres de Gide, Kessel ou Vercors. Après la Libération, il fonde à Paris une autre maison d'édition et publie Jean Amrouche, Jules Roy, Henri Bosco ou, moins méditerranéenne, Virginia Woolf. Mais dans les années 1950, il fait faillite et retourne à Alger où il fonde Rivages tout en travaillant pour Radio-Alger. En 1980, après avoir dirigé le Centre culturel français d'Izmir (Turquie) puis celui de Tanger (Maroc), il s'installe à Pézenas (Hérault) et crée la librairie Le Haut Quartier (44, rue Conti 34120 Pézenas Tél : 04 67 98 27 41) et la bouquinerie Car Enfin (21, rue des Litanies 34120 Pézenas). Jules Roy disait de lui qu'il " était comme la porte généreuse par laquelle on entrait dans le monde de l'esprit ". Il meurt le 10 avril 2004 à Béziers.

A lire : Edmond Charlot, éditeur par Michel Puche, préface de Jules Roy. Domens Editions, Pézenas, 1995.

Mohamed Dib

L'écrivain algérien le plus prolifique, mort le 2 mai 2002, est né à Tlemcen en 1920, au sein d'une famille bourgeoise ruinée. Après des études à Tlemcen puis à Oujda au Maroc pendant lesquelles il se consacre déjà à la poésie, il devient instituteur, comptable, puis interprète anglais-français auprès des armées alliées. La Seconde Guerre mondiale terminée, il passe quelques années à dessiner des tapis avant de retrouver l'écriture dans le journal Alger républicain et de découvrir le militantisme à Liberté, journal du Parti communiste algérien.

En 1952, il publie son premier roman la Grande Maison, suivi par l'Incendie et le Métier à tisser (rééd. Le Seuil, 2001) sa célèbre trilogie. On le considérait déjà, à l'époque, comme le précurseur du roman national algérien. Aragon disait d'ailleurs que " l'audace de Mohamed Dib c'est d'avoir entrepris comme si tout était résolu, l'aventure du roman national de l'Algérie ". En décembre 1955, il signe avec deux cents Algériens et métropolitains le manifeste Fraternité algérienne qui espère un " rapprochement entre les deux populations ". En 1959, Mohamed Dib est expulsé de son pays après la parution d'Un été africain. Il s'installe alors à Mougins, la région d'origine de son épouse Colette Belissant. Après l'Indépendance, Mohamed Dib revient au surréalisme et à la mythologie sans cesser de se pencher sur le devenir de l'être humain. A découvrir parmi ses nombreux textes, recueils de poésie et pièces de théâtre publiés, les romans les plus récents tels Le Sommeil d'Eve (1989), Neiges de marbre (1990), l'Infante maure (1994), L'Arbre à dires (1998) et une oeuvre posthume accessible aux enfants : L'Histoire du chat qui boude, illustrée par Christophe Merlin (Albin Michel-Jeunesse, 2003). A découvrir également, une biographie de Naget Khadda : Mohammed Dib, cette intempestive voix recluse (Edisud) et La Trilogie Algérie (Ed.Barzakh, 2006).

Mouloud Feraoun

Assassiné par l'OAS en mars 1962, le romancier " du terroir kabyle " a été instituteur puis directeur d'école.

A lire : Le Fils du pauvre (roman, 1950, Le Seuil, 1995), La Terre et le sang (roman, 1953, Le Seuil, 1998), Jours de Kabylie (récits, 1954, Le Seuil, 1968), Les Chemins qui montent (roman, Le Seuil, 1957), Les Poèmes de Si Mohand (poésie, Les Editions de Minuit, 1960), L'Anniversaire (textes divers, Le Seuil, 1989) ainsi que son journal (Le Seuil, 2001) et des essais, et Mouloud Feraoun ou l'émergence d'une littérature de Robert Elbaz et Martine Mathieu-Job, Karthala.

Mouloud Mammeri

Né en 1917 et mort en 1989, le romancier, poète, sociologue, anthropologue et linguiste est devenu le symbole de la culture amazigh à laquelle il consacre des premiers écrits dès 1938. A lire la trilogie La Colline oubliée, Le Sommeil du juste et L'Opium et le Bâton (Plon) ou La Traversée (Plon, 1982). Dans les années 1970, il a produit une grammaire kabyle qui consacre le tamaâmrit, une forme de transcription du berbère.

Emmanuel Roblès

Il est né en 1914 à Oran. Dans les années 1930, il rencontre Albert Camus et Edmond Charlot, l'éditeur algérois qui a permis la publication des écrivains algériens d'expression française, qui lui font rencontrer d'autres jeunes écrivains dont René-Jean Clot, Max-Pol Fouchet ou Fréminville. Avant la Seconde Guerre mondiale à laquelle il participe en tant que correspondant de guerre, il publie L'Action et Travail d'homme (Grand Prix littéraire d'Algérie et Prix populiste). Après la guerre, il travaille à Radio-Algérie et crée la revue littéraire Forge. En 1948, il obtient le prix Fémina pour Les Hauteurs de la ville et publie Montserrat, une pièce de théâtre qui rencontre le succès. Par la suite, il crée la collection " Méditerranées " au Seuil qui promeut, entre autres, Mouloud Feraoun ou Mohamed Dib. En 1952, Emmanuel Roblès, tout en étant reporter et conférencier, publie Cela s'appelle l'aurore, le premier tome d'une trilogie d'inspiration italienne. En 1973, comme couronnement d'une oeuvre romanesque et théâtrale considérable, il est élu à l'académie Goncourt. Il est mort en 1995.

La littérature de la guerre
Kateb Yacine

Romancier, poète, dramaturge et chroniqueur, il est né en 1929 à Constantine. Alors qu'il est encore élève du lycée français, il participe à la manifestation du 8 mai 1945 à Sétif. Arrêté, il reste quatre mois en prison. Après un séjour en France, il revient en 1948 à Alger et entre au quotidien Alger républicain où il travaille jusqu'en 1951. De retour en France, il entame une série de voyages et publie un premier roman. Son roman le plus connu, Nedjma (Points roman, 1996), ne doit pas faire oublier ses chroniques regroupées dans Minuit passé de douze heures (Seuil, 1989) ou ses oeuvres théâtrales, composées par souci de se faire comprendre par la majorité de ses compatriotes pas toujours formés à la littérature. Mais qu'ils soient journalistiques ou littéraires, ses textes sont tous soutenus par l'idée de résistance qui n'a jamais quitté l' " un des plus grands écrivains de ce siècle " jusqu'à sa mort en 1989, quelques mois après les émeutes d'octobre 1988 qui l'ont très profondément bouleversé. Autres écrits : Le Cercle des représailles (Le Seuil, 1959), Le Polygone étoilé (Le Seuil, 1966), L'Homme aux sandales de caoutchouc (Le Seuil, 1970), L'oeuvre en fragments (Sindbad, 1986). Théâtre en arabe dialectal algérien : Mohamed prends ta valise (1971), Saout Ennisa (1972), La Guerre de 2 000 ans (1974), La Palestine trahie (1972-1982). Kateb Yacine écrivait ses romans en français, langue qu'il considérait comme " un butin de guerre ".

A lire également, sa biographie par M. Benamar : Kateb Yacine, un poète au coeur du monde, Aden.

Malek Haddad

Le grand mais méconnu écrivain algérien d'expression française, traduit dans quatorze langues, est né en juillet 1927 à Constantine. Pour lui, le français qu'il vit comme un exil peut être un " instrument qui exclut toute aliénation culturelle " : " Nous écrivons le français, nous n'écrivons pas en français ". Entre 1954 et 1962, il collabore aux revues Entretiens, Progrès, Confluents et Lettres françaises et commence à écrire des romans. Après 1962, de retour à Constantine, il travaille avec l'hebdomadaire Atlas et la revue Novembre et crée la revue Promesses avant de prendre la direction de la culture au ministère de l'Information entre 1968 et 1972. En 1974, Malek Haddad devient secrétaire de la Nouvelle union des écrivains algériens et cesse d'écrire. Il est mort en juin 1978 à Alger. Parmi ses oeuvres, difficiles à trouver aujourd'hui : Le Malheur en danger (poèmes, La Nef de Paris, 1956), La Dernière Impression (roman, Julliard, 1958), Je t'offrirai une gazelle (roman, 1959, réédition 10/18), L'Elève et la Leçon (roman, 1960, réédition 10/18), Le Quai aux Fleurs ne répond plus (roman, 1961, réédition 10/18), Les Zéros tournent en rond (essai, Maspéro, 1961), Ecoute et je t'appelle (poèmes, Maspéro, 1961) et quelques manuscrits inachevés.

A lire également sa biographie par Tahar Bekri : Malek Haddad, l'oeuvre romanesque, 1986.

Jean Sénac

L'écrivain non-conformiste, " poète, bâtard, pédéraste ", né en 1926 à Béni-Saf de père inconnu - ce qui marquera son oeuvre - est revenu en Algérie après l'Indépendance pour, entre autres, devenir conseiller du ministre de l'Education nationale. Il est mort en 1973 dans des circonstances douteuses peut-être liées à sa vie affective tourmentée. A lire : Jean Sénac, clandestin des deux rives de Jamel-Eddine Bencheikh et Christiane Chaulet-Achour, Seguier, 1999 ; Jean Sénac l'Algérien de Nicole Tuccelli et Emile Temine, Autrement, 2003 ; Albert Camus-Jean Sénac, correspondance 1947-1958, Paris Méditerranée, 2004. Parmi son oeuvre : Visages d'Algérie, écrits sur l'art, Paris Méditerranée, 2002 ; Jean Sénac pour une terre possible, poèmes et textes inédits, Marsa, 1999.

A Voir : Le Soleil assassiné, un film d'Abdelkrim Bahloul (2004) qui retrace la vie et le combat de Jean Sénac en Algérie dans les années post-indépendantes jusqu'à sa mort.

Jean Pélégri

Né en 1920, mort en septembre 2003. A lire dans le recueil Algérie, un rêve de fraternité (Omnibus), Les Oliviers de la justice, un magnifique récit très touchant publié en 1959 qui conte deux déchirements : la mort du père et l'abandon prévisible de la terre natale. En 1962, un film, dans lequel joue Pélégri, a été tiré de ce roman mais n'a jamais été diffusé en salle jusqu'en novembre 2004. A lire encore : Les Etés perdus, Le Seuil, 1999.

Jules Roy

Il est né en 1907 à Rovigo (Bougara) dans la Mitidja dans une famille de colons installés en Algérie depuis les débuts de la colonisation. Jeune homme, il entre au séminaire avant de choisir l'armée au sein de laquelle il participe aux premiers combats de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à ce que la flotte se saborde dans la rade de Mers El-Kebir en 1940. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il rallie Londres et s'engage dans la RAF. Il rompt définitivement avec l'armée en juin 1953, pendant la guerre d'Indochine, alors qu'il a déjà publié des textes où il exprime ses doutes et a rencontré Albert Camus. Pendant la guerre d'Algérie, il s'emploie à dénoncer la misère du peuple algérien et les méthodes militaires françaises mais c'est avec les six volumes des Chevaux du soleil (1967-1972, Grasset) qui racontent le parcours d'une famille de pieds-noirs qu'il trouve comment célébrer son pays. Retiré à Vézelay, haut lieu religieux, celui qui se disait " déchiré entre le ciel et la terre " est mort en juin 2000.

Littérature contemporaine
Azouz Begag

L'écrivain, sociologue, économiste et ex-secrétaire d'Etat à l'égalité des chances du gouvernement Villepin, s'est fait connaître par son roman Le Gone du Châaba (1986, réédité chez Seuil poche en 2004), le récit de l'enfance d'un enfant d'immigrés adapté au cinéma. Il est né à Villeurbanne en 1957. Son écriture colorée, parfois crue mais souvent drôle, se lit avec régal. A lire également : Les Voleurs d'écriture et Les Tireurs d'étoiles (Seuil jeunesse, 2002), Béni ou le paradis privé (Seuil poche, 2001), Quand on est mort, c'est pour toute la vie (Gallimard), L'Intégration (Cavalier bleu, essai), Le Passeport (Seuil, 2000) qui raconte la descente aux enfers de policiers algérois " spéciaux ", Le Marteau pique-coeur (Seuil, 2004) ou Un Train pour chez nous avec Catherine Louis (Magnard, 2006) destiné aux enfants. En 2007, il publie Un mouton dans la baignoire (Fayard) dans lequel il revient sur sa participation, décevante, au gouvernement puis, en 2008, La Guerre des moutons. Depuis septembre 2013, il dirige l'Institut culturel français à Lisbonne, mission qui devrait durer trois ans. A la fin de cette mission, il devrait être muté dans la capitale brésilienne pour 3 ans également.

Maïssa Bey

Née en 1950 à Sidi-bel-Abbès où elle vit toujours, elle est notamment l'auteure de : Entendez-vous... dans les montagnes (Editions de l'Aube, 2002), Au commencement était la mer (Editions de l'Aube, 2003, d'abord publié par Littérature/Actions chez Marsa), Nouvelles d'Algérie (Grasset), Cette fille-là (Editions de l'Aube) et Surtout ne te retourne pas (Editions de l'Aube, 2005) qui revient sur le séisme de mai 2003. Sous le jasmin la nuit (Editions de l'Aube, 2006) est un recueil de onze magnifiques nouvelles. En 2007, le roman Bleu, blanc, vert (Points) relate le rejet du français après 1962. Dans Pierre, Sang, Papier ou Cendre (L'Aube, 2008), Maïssa Bey revient sur les 132 années de colonisation. En 2009, elle publie son autobiographie, L'une et l'autre, aux éditions de l'Aube. Son dernier roman, Puisque mon coeur est mort, publié en 2010 aux mêmes éditions, revient sur les douloureuses années post-terrorisme. Dans son livre Hizya (éditions L'Aube, 2015), elle raconte le quotidien d'une jeune femme à Alger, et montre à travers son héroïne la condition de la femme aujourd'hui et, plus globalement, celle de la jeunesse dans la société algérienne.

Anouar Benmalek

Né en 1956 à Casablanca. A lire : L'Amour loup (L'Harmattan, 1994) se passe entre Moscou et un camp de réfugiés palestiniens au Liban ; Les Amants désunis (Calmann Lévy, 1998) met en parallèle la barbarie de la guerre de libération et celle des années 1990 ; L'Enfant du peuple ancien (Fayard, juillet 2000) met en scène un Kabyle et une " communarde " qui refont leur vie en Australie autour d'un enfant, le dernier aborigène de Tasmanie. Ses plus récents ouvrages (Ma planète me monte à la tête, Historiettes à hue et à dia pour briser le coeur humain, Fayard, 2005, et L'Année de la putain, Fayard, 2006) confirment son talent de conteur. En 2006 toujours, O Maria raconte l'histoire poignante d'une Andalouse à la veille de l'expulsion des Morisques d'Espagne (Fayard). Le Rapt, publié aux Editions Fayard en 2009, évoque une Algérie sous l'emprise du terrorisme.

Rachid Boudjedra

Né en septembre 1941 à Aïn-Beida, il grandit en Tunisie avant de rejoindre le maquis en 1959 qu'il quitte après une blessure (cf. Fascination, 2003). Représentant du FLN en Espagne, il revient en Algérie en 1962 puis part suivre des études de philosophie en France où il présente un mémoire sur Céline. Enseignant dans le supérieur en Algérie et conseiller au ministère de l'Information et de la Culture (1977), il tient des chroniques littéraires dans la presse, milite au PCA puis au PAGS, est nommé secrétaire général de la Ligue des droits de l'homme (1989) et secrétaire général de l'Union des écrivains algériens (1990). S'il fallait le classer, on le situerait à la charnière de deux générations, les classiques et les contemporains, auxquelles il ne ressemble en rien tant son style est particulier. Le provocant La Répudiation (Folio Gallimard, 1969) est devenu un classique. A lire également : Topographie idéale pour une agression caractérisée (Denoël, 1975), FIS de la haine (Folio Gallimard, 1994), Peindre l'orient (Zulma, 1996), Timimoun (Gallimard, 1995) ou les Funérailles (Grasset, 2003) ainsi que L'Ecriture de Rachid Boudjedra : Poét (h) ique des deux rives de Mohammed-Salah Zeliche, Karthala, 2005. En 2007, Hôtel Saint-Georges (Editions Dar El-Gharb, Oran) raconte les désillusions d'un ébéniste français réduit à fabriquer des cercueils pour les morts de la guerre d'Algérie. En 2010, dans Les figuiers de Barbarie (Editions Barzakh), l'auteur revient sur la guerre de libération nationale. Dans son dernier ouvrage, Printemps (Editions Grasset, 2014), l'auteur raconte l'histoire du monde et de son pays à travers la romance de deux jeunes femmes.

Tahar Djaout

L'écrivain et journaliste est né en 1954 à Oulkhou, en Kabylie. Après des études à Alger et à Paris, il devient journaliste à El-Moudjahid et Algérie Actualité avant de fonder en janvier 1993 l'hebdomadaire Ruptures dans lequel il appelle au discernement quant à la nature de la crise qui secoue l'Algérie. Il est mort en juin 1993 des suites d'un attentat terroriste le visant, à Baïnem dans la banlieue ouest d'Alger. A lire (certains titres sont épuisés) : L'Exproprié (1981), Les Chercheurs d'os (Seuil poche, réédition 2001), L'Invention du désert (Seuil, 1996), Les Vigiles (Seuil, 1995), La Kabylie (avec Ali Marok, Paris Méditerranée, 1997), Pérennes (1993, poésies). Le dernier été de la raison (Seuil, 1999) a été écrit juste avant sa mort.

Assia Djebar

Fatma Zohra Imalayene, alias Assia Djebar, élue à l'Académie française en juin 2005, est née à Cherchell en 1936 et morte à Paris le 6 février 2015. Après des études à Blida et à Alger, elle entre à l'Ecole normale de Sèvres en France. Féministe, elle est historienne, critique d'art, dramaturge, cinéaste, poète et romancière. En 1957, elle publie La Soif, un premier roman remarqué par la critique parisienne qui la compare à Françoise Sagan. Depuis, elle a écrit Les Impatients (1958), Les Enfants du nouveau monde (1962), Les Alouettes naïves (1967), Femmes d'Alger dans leur appartement (1977), L'Amour, la Fantasia (1985, réédité 2001), Ombre sultane (1987), Loin de Médine (1991), Oran, langue morte (Actes Sud, 2001), Mon coeur est une prison (2002), La Femme sans sépulture et La Disparition de la langue française (Albin Michel, 2003), des romans ou nouvelles racontant souvent des destins tourmentés de femmes. L'écriture est dure, précise, parfois d'une violence tempérée par une grande poésie. Elle a également réalisé quelques films dont Nouba des femmes du mont Chenoua (1977). Assia Djebar, le corps invisible : voir sans être vue de Anna Rocca (Editions L'Harmattan, 2005) analyse les personnages féminins de ses romans. Dans Nulle part dans la maison de mon père (2007, Fayard), elle raconte son enfance et son adolescence.

Mohamed Fellag

Comédien, humoriste tendre et cruel et poète surréaliste, il est né en mars 1950 à Azzefoun (Kabylie). Il suit les cours de l'Institut d'art dramatique et chorégraphique de Bordj El-Kiffan et fonde une troupe qui ne produira qu'une seule pièce (Es-Soussa, " la vermine "). Fellag quitte l'Algérie et revient en 1985 pour entrer au TNA. Après le succès des Aventures de Tchop, un clown, et après octobre 1988, Fellag trouve sa voie et se met en scène dans Cocktail Khorotov, une galerie de portraits au vitriol qui illustrent l'Algérie d'alors (hittistes, flics, femmes rejetées, hommes politiques, etc.), diffusée sur la chaîne nationale en 1989 qui sera brocardée un an après dans SOS Labès (" au secours, tout va bien "). En 1991, il règle ses comptes avec sa jeunesse dans Babor l'Australie (" un bateau pour l'Australie ") ; en 1994, Délirium, après un bref passage au TN de Bejaïa ; en 1995, il crée en France Djurdjurassique Bled (Lattès) dans laquelle il propose une explication de la situation qui s'aggrave dans son pays. Autres livres : Rue des petites daurades (Lattès, 2001), C'est à Alger (Lattès, 2002), Comment réussir un bon petit couscous (Lattès, 2003), Le Dernier chameau et autres histoires (Lattès, 2004). L'Allumeur de rêves berbères (Lattès, 2007) est son roman le plus récent. En 2010, il partage la scène avec Marianne Epin, sa compagne, au théâtre des Bouffes-Parisiens, dans son spectacle Tous les Algériens sont des mécaniciens. En 2012, il est sur scène au Théâtre du Rond-Point dans Petits Chocs des Civilisations. Dans cette nouvelle pièce, il parodie avec beaucoup d'humour les préjugés entre Français et Algériens.

En 2016, il est à nouveau sur scène dans Bled Runner de Marianne Epin, il y dresse comme à son habitude un portrait satirique de la société algérienne.

Yasmina Khadra

Sous ce pseudo féminin " emprunté " à son épouse se cache Mohamed Moulessehoul, né en 1955. Entré à l'âge de neuf ans à l'école des cadets d'El-Mechouar, il est devenu officier supérieur de l'armée algérienne avant de se consacrer à l'écriture. Après avoir beaucoup reproché à son pays son manque de reconnaissance, il a cependant été nommé directeur du Centre culturel algérien à Paris. Souvent durs, ses romans racontent l'Algérie actuelle et s'élargissent au monde arabe en général : A quoi rêvent les loups (1999), Les Agneaux du seigneur (1998), l'inégale trilogie policière du commissaire Llob (Morituri, Double blanc et L'Automne des chimères), L'Ecrivain (2001), Les Hirondelles de Kaboul (2002) ou Cousine K (2003). L'Attentat (Julliard, 2005), qui met en scène un médecin israélien d'origine palestinienne dont l'épouse est soupçonnée d'être à l'origine d'un attentat-suicide, remporte un succès retentissant. En 2006, c'est l'Irak et l'invasion américaine qu'il met en scène dans Les Sirènes de Bagdad (Julliard). En 2007, il est nommé directeur du Centre culturel algérien à Paris. En 2008, il publie Ce que le jour doit à la nuit, un roman poignant peignant l'Algérie du XXe siècle à travers le personnage attachant de Younès. Puis, en janvier 2010, il sort L'Olympe des infortunes (Julliard) : cette fois-ci l'auteur explore à travers un voyage philosophique les méandres du mensonge et de la culpabilité. En 2014, il publie Qu'attendent les Singes (Editions Julliard) où il dresse un portrait sombre et déliquescent de son pays. En 2016, il publie Dieu n'habite pas La Havane (Julliard) dresse le portrait d'une jeunesse cubaine en perte de repères dans une société à la fin de l'ère castriste mais qui croit tout de même en des lendemains heureux.

Rachid Mimouni

L'un des écrivains algériens les plus connus est né en 1945 à Boudouaou. A lire : le Fleuve détourné (1982), Tombeza (1984), l'Honneur de la tribu (1989), la Ceinture de l'ogresse (1999), Chroniques de Tanger (Stock, 1995), le Printemps n'en sera que plus beau (Stock, 1995), la Malédiction (Stock, 1993), Une peine à vivre (Stock, 1991). Il est mort en 1995 à Paris.

Malika Mokeddem

Elle est née en 1949 à Kenadsa et vit à Montpellier depuis 1979. Néphrologue de formation, elle se consacre uniquement à l'écriture depuis 1985. A lire : le Siècle des sauterelles (Ramsay, 1992), L'Interdite (Grasset, 1993), Des rêves et des assassins (Grasset, 1995), les Hommes qui marchent (Grasset, 1997), la Nuit de la lézarde (Grasset, 1998), la Transe des insoumis (Grasset, 2003), Mes hommes (Grasset, 2005) et Je dois tout à ton oubli (Grasset, 2008).

Noureddine Saadi

Il enseigne à l'université d'Artois. A lire : Dieu-le-fit (Albin Michel, 1996, prix Kateb Yacine), la Maison de lumière (Albin Michel, 1999) qui raconte la construction d'Alger à travers les siècles et les livres qu'il a écrits sur les peintres algériens : Denis Martinez (Le Bec En l'Air, 2003) et Koraïchi. Son dernier roman, La Nuit des origines (Editions de l'Aube, 2005) voyage entre les puces de Saint-Ouen et la médina de Constantine, sa ville d'origine.

Boualem Sansal

Né en 1949, il vit aujourd'hui à Boumerdès mais il a déclaré début 2008 qu'il comptait quitter l'Algérie. Il avoue volontiers que c'est grâce à son ami Rachid Mimouni qu'il est entré en littérature après plusieurs expériences dont ingénieur, enseignant ou fonctionnaire. Son premier roman, le Serment des barbares (Gallimard, 1999), salué par le prix du Premier roman, raconte de façon amère et désenchantée le retour au pays, à Rouiba, d'un ouvrier agricole. A lire également pour découvrir une riche et belle langue : Harraga (2005), L'Enfant fou de l'arbre creux (2002) ou Dis-moi le paradis (2003), tous publiés chez Gallimard. Mais Boualem Sansal est également connu pour ses positions franches sur la situation de l'Algérie, notamment sur l'arabisation, l'islamisation, la perte d'identité... Des thèmes largement développés dans son dernier ouvrage Poste restante : Alger - Lettre de colère et d'espoir à mes compatriotes (2006) ainsi qu'au travers d'extraits d'intéressants entretiens sur dzlit.free.fr/serbar.html. Son dernier livre, Le Village de l'Allemand : ou le journal des frères Schiller (Gallimard, 2008), s'inspire de l'histoire d'un ancien officier nazi devenu figure de la lutte algérienne pour l'indépendance, d'où certains parallèles entre l'islamisme et le nazisme, d'où censure en Algérie et menaces à l'encontre de l'auteur (qu'évidemment peu ont pu lire)...

En 2015, il remporte le Grand Prix de l'Académie Française avec son ouvrage 2084, la fin du monde (Gallimard) directement inspiré du roman d'anticipation 1984 de George Orwell. Il y dépeint un régime totalitaire régi par une religion rigoriste qui s'apparenterait à l'islamisme.

Leïla Sebbar

Née en 1941 à Aflou d'un père algérien et d'une mère française, elle vit maintenant en France où elle publie des romans et des essais traitant de la condition des femmes et des immigrés en général. Parmi ses nombreux livres, dont des romans pour enfants, à lire : Les Algériens au café (Al Manar, 2003, textes d'écrivains algériens et dessins), Le Baiser (Hachette jeunesse, 1997), Le Chinois vert d'Afrique (Eden, rééd. 2002), Une enfance algérienne (Gallimard, 1997), J'étais enfant en Algérie, juin 1962 (Sorbier, 1997), Je ne parle pas la langue de mon père (Julliard, 2003), La Seine était rouge (Thierry Magnier, 2003) ou La Jeune fille au balcon (Seuil, 1996). Mes Algéries en France (Bleu Autour, 2004) est un carnet de voyage ou plutôt un carnet de mémoires. En 2008, elle publie aux éditions Elyzad Mon cher fils, un roman sur l'exil et l'incompréhension entre les générations et, aux Editions Bleu Autour, Voyage en Algéries autour de ma chambre, un abécédaire autobiographique et collectif offrant une perception particulière de la colonisation et des liens Algérie-France.

Amin Zaoui

L'écrivain qui est revenu en Algérie pour être nommé directeur de la Bibliothèque nationale est né près de Maghnia en 1956. A lire parmi ses romans et nouvelles féroces mais d'une grande poésie : Haras de femmes (Serpent à Plumes, 2002), la Culture du sang en Algérie et dans le monde arabe (Serpent à Plumes, 2002), la Razzia (Serpent à Plumes, 1999), Sommeil du mimosa (Serpent à Plumes, 1999), l'Empire de la peur (Huguet Jean-Pierre, 1999), la Soumission (Serpent à Plumes, 2001), les Gens du parfum (Serpent à Plumes, 2003). Festin de mensonges (Fayard, 2007) évoque l'arrivée des Frères musulmans appelés pour arabiser l'Algérie indépendante. La chambre de la vierge impure (Fayard, 2009) est un roman dans lequel il démontre la singularité d'une famille algérienne aux prises avec les contradictions de ce début de siècle. La même année, il publie également la nouvelle Irruption d'une chair dormante (El Beyt, 2009).

Chawki Amari

Géologue de formation, Chawki Amari est journaliste-reporter, chroniqueur, caricaturiste. Il est notamment connu pour ses chroniques impertinentes dans le quotidien El Watan. Il est également l'auteur de nouvelles et romans au style particulier où s'impose souvent l'absurde.

A lire : De bonnes nouvelles d'Algérie (Baleine, 1998), Après-demain (Chihab, 2006), Le Faiseur de trous (Barzakh, 2007). A trois degrès, vers l'Est (Chihab, 2008) est un recueil de nouvelles.

YB

Le journaliste Yassir Benlimoud, dit YB, s'est fait connaître par ses chroniques satiriques acides quotidiennes dans le journal El Watan qui lui ont valu l'exil et réunies sous le titre Comme il a dit lui (Lattès, 1998). A lire également Explication (Lattès, 1999) et Allah Superstar, un roman décapant (Grasset, 2003), dont le personnage principal, Kamel Léon, cherche la voie de la renommée : " faire peur ou faire rire ". En 2008, il sort Commissaire Krim (Grasset & Fasquelle).

ECOLOGIE
Pierre Rabhi

Né à Kenadsa près de Béchar, fondateur de l'association Terre et Humanisme, pionnier de l'agriculture écologique et de la lutte contre la désertification, Pierre Rabhi appelle à l' " insurrection des consciences " pour fédérer ce que l'humanité a de meilleur et cesser de faire de notre planète-paradis un enfer de souffrances et de destructions. Il a notamment écrit Du Sahara aux Cévennes (Albin Michel) et Paroles de terre, une initiation africaine (préface de Yehudi Menuhin, Albin Michel, 2002). Le Gardien du feu (Albin Michel, 2003) raconte une enfance aux limites du désert. Il a aussi collaboré à plusieurs ouvrages publiés par Nicolas Hulot dont Graines de possibles : Regards croisés sur l'écologie (Calmann-Lévy, 2005).

HISTOIRE
Mohamed Arkoun

Franco-Algérien né en 1928 à Taourirt-Mimoun, village de Kabylie, et mort en 2010 à Paris. Agrégé en langue et littérature arabe en 1956, puis docteur en philosophie en 1968, il est une sommité en islamologie. Ses recherches sur les textes coraniques et l'étude critique de la raison islamique en font un spécialiste incontournable de la pensée musulmane. Professeur à l'université de la Sorbonne, ses séminaires furent très recherchés. Invité par les universités les plus prestigieuses, il a formé des générations de spécialistes de l'islam que l'on voit sur les plateaux de télévision aujourd'hui. Voici quelques-unes de ses publications : L'humanisme Arabe au Xe siècle (Vrin, 1982), Lectures du Coran (Maisonneuve et Larose, 1982), L'Islam, morale et politique (Desclée de Brouwer, 1986).

Mohammed Harbi

Né à El Harrouch en Algérie en 1933, Mohammed Harbi est un historien, spécialiste de la vie politique et de l'histoire d'Algérie. Ancien membre du FLN, il participa aux négociations des accords d'Evian et fut conseillé du président Ben Bella. Après le coup d'Etat de Boumédiène en 1965, il est arrêté et mis en prison jusqu'en 1968, puis en résidence surveillée en 1971 à Skikda. En 1973, il quitte clandestinement l'Algérie et s'installe à Paris où il poursuit son parcours par une brillante carrière de professeur de sociologie et d'histoire à l'université Paris VIII. Il est l'auteur de nombreux ouvrages : Archives de la révolution algérienne (Jeune Afrique, 1981), Le FLN, mirage et réalité (Jeune Afrique, 1980 et 1984), L'Islamisme dans tous ces états (sous sa direction), 1991 ; Le nouvel ordre international (Arcantères, 1992), L'Algérie et son destin (Arcantères, 1992), 1954, la guerre commence en Algérie (Complexe, 1998), Une vie debout, vol.1 (La découverte, 2001), Aux origines du FLN-la scission du PPA MTLD (Bouchène, 2003), La Guerre d'Algérie, 1954-2004. La Fin de l'amnésie (Robert Laffont, 2004), sous sa direction et celle de Benjamin Stora.

Benjamin Stora

Historien et professeur de la décolonisation, d'abord de celle du pays où il est né en 1950 (Constantine). oeuvres concernant l'Algérie : Messali Hadj, pionnier du nationalisme algérien (1986), Dictionnaire biographique des militants nationalistes algériens (1985), Nationalistes algériens et révolutionnaires français au temps du Front populaire (1987), Les Sources du nationalisme algérien (1988), La Gangrène et l'Oubli, La mémoire de la guerre d'Algérie, Histoire de l'Algérie coloniale (1830-1954) et Histoire de la guerre d'Algérie (1954-1962), 1991, La France en guerre d'Algérie et 200 hommes de pouvoir en Algérie (codirection), Ils venaient d'Algérie, l'immigration algérienne en France (1912-1992) et Aide-mémoire de l'immigration algérienne (1992), Histoire de l'Algérie depuis l'indépendance (1962-1994), 1994, Ferhat Abbas, une utopie algérienne (en coll.) et L'Algérie en 1995 (1995), Dictionnaire des livres de la guerre d'Algérie (1996), La Guerre d'Algérie à l'écran (codirection), Imaginaires de guerre, Algérie-Vietnam, Appelés en guerre d'Algérie (1997), Le Transfert d'une mémoire, de l'Algérie française au racisme anti-arabe (1999), La Guerre invisible. Algérie, années 90 (2001). Documentaires : Les Années algériennes, 1954-1962 (1991), Algérie, les années d'espoir, de cendres, 1962-1994 (1995), Les Massacres de Sétif (1995). Coscénariste du film Là-Bas, mon pays (2000). En 2009, son essai Le mystère de Gaulle. Son choix pour l'Algérie (Editions Robert Laffont) nous entraîne dans un récit sur les choix qui ont conduit de Gaulle à donner l'indépendance aux Algériens.

Depuis août 2014, il dirige la Cité nationale de l'histoire de l'immigration.

www.univ-paris13.fr/benjaminstora.

MUSIQUE
Alla

Mohamed Abdellah, " Alla ", est né à Kenadza, près de Béchar. Après 20 ans de prestations locales et d'enregistrements pirates, la première cassette d'oud d'Alla sort en 1992, bientôt suivie par un CD produit à Paris en 1994 et l'album Taghit qu'on trouve sous le nom de Fondou de Béchar. Sa musique mélange les influences africaines et arabes, à partir des chants des mineurs de Kenadza dont son père faisait partie. Son album le plus récent, Zahra, est sorti chez Night&Day en 2002.

Baly Othmani

Le poète, auteur-compositeur et joueur de tindé et d'oud, n'était il n'y a pas si longtemps, que la gloire locale de Djanet et du sud algérien. Né en 1953 à Ouballou, près de Djanet, il a appris auprès de sa mère, une joueuse réputée de tindé, la musique et la poésie tamachek qu'il interprète sur deux disques publiés par Triloka/Safar, Al Sur : Assouf (" la nostalgie ") et Assarouf (" le pardon "), enregistrés avec Steve Shehan, un percussionniste-bassiste américain qui vit à Paris, et les membres de sa famille, tous musiciens ou choristes. Loin des rythmes algériens qu'on connaît et plus qu'une musique africaine, les mélodies et la voix de Baly ont tant de charme qu'on se demande encore pourquoi il n'a pas rencontré plus de succès en Europe. Mais, la voix de Djanet s'est éteinte le 16 juin 2005, emportée par les eaux de l'oued en crue, frappant de stupeur ceux qui connaissaient l'homme.

Elie « Lili » Boniche

Le chanteur de chaâbi est né en 1922 à Alger. Ce descendant de juifs expulsés d'Espagne au XVe siècle a commencé sa carrière très jeune dans les boîtes de nuit où il mettait à la " sauce chaâbi " des danses alors à la mode. Il abandonne la scène dans les années 1950, rentre en France, se lance avec succès dans les affaires et revient sur scène à plus de 70 ans : triomphe ! Il est mort le 6 mars 2008.

El-Hachemi Guerouabi

Né à El-Mouradia (Alger) en 1936, Guerouabi a marqué le chaâbi en lui apportant une touche très personnelle, notamment un ton plus moderne et une nouvelle forme poétique. Sa mort survenue le 17 juillet 2006 a soulevé une grande émotion dans le pays tant, après celui de El-Anka, son nom est indissociable de cette forme musicale si algérienne.

Cheb Hasni

Hasni Chakroune est né le 1er février 1968 dans le quartier Gambetta à Oran. Il apprend le chant lorsqu'il intègre la chorale de son école, arrête tôt ses études pour devenir footballeur. A seize ans, il se produit dans des soirées et des fêtes où il reprend, entre autres, les succès de Cheb Khaled. En 1986, après avoir été remarqué par un producteur, il chante Barraka m'ranka en duo avec Zahounia, une chanteuse déjà célèbre, et commence une carrière prometteuse dans le pop raï. Ses tubes (Tal ghiabekya ghzali, Malabki ma îgouli hada makîoubi, Visa, Ki mtfakar, Khalitlek Amana ou Gaâ N'sa) évoquent les difficultés de vivre des jeunes Algériens, déchirés entre le poids des traditions et la modernité. Celui qu'on appelait le prince du raï ou le Julio Iglesias oranais, tant pour son charisme que pour le nombre de ses succès, a connu la fin tragique d'un conte de méchantes fées. En 1991, il chante Ils ont dit que Hasni est mort (Gallou Hasni mat) après la mort d'un chanteur portant le même nom que lui, trois petites années avant que des balles intégristes l'assassinent, le 29 septembre 1994, en bas de chez lui à Oran.

Idir

Hamid Cheriet, le plus célèbre représentant de la chanson kabyle, est né à Aït-Lahcène, près de Béni Yenni au sud de Tizi-0uzou. Il rencontre très tôt le succès avec A Vava Inouva (" Mon petit papa "), une berceuse composée initialement pour la chanteuse Nouara, mais qui sera finalement interprétée par Idir et la chanteuse Mila. L'album du même nom sort en 1976, le succès est immédiat et mondial. C'est le premier grand tube d'Afrique du Nord.

Pendant les sept années qui suivent, il enchaîne les concerts tant en Algérie qu'en Europe et produit un nouvel album Ay Arrac Neg en 1979 avant de se retirer par goût de la discrétion. Il continue cependant à écrire en France des musiques de films et des chansons pour les enfants et participe aux productions d'autres chanteurs. Il relance sa carrière au début des années 1990 avec le ré-enregistrement d'anciens titres. Aujourd'hui, il est sur le devant de la scène World, grâce à la sortie de son album en 2007, La France des couleurs, dans lequel il collabore avec des artistes comme Tiken Jah Fakoly, Yannick Noah ou Zaho...

En 2013, il sort un nouvel album Adrar Inu qui est un retour aux sources pour le chanteur.

Amazigh Kateb et Gnawa Diffusion

Le fils de l'écrivain Kateb Yacine est l'un des créateurs, au début des années 1990, de Gnawa Diffusion, un groupe qui mélange allègrement les genres entre reggae, ragamuffin, chaâbi, rythmes gnawas ou rap, sur des textes en arabe et en français. A écouter : Le Blues des 1001 nuits (auto-production, 1993), Algéria (GDO Records/Mélodie, 1997), Bab el Oued Kingston (GDO Records/Musisoft, 1999) et Souk system (D'jamaz/Warner Jazz France, 2003). Fucking Cowboys : Live in Paris (Uncivilized World, 2007) est l'enregistrement d'un concert à l'Elysée-Montmartre. Depuis 2007, Amazigh Kateb se consacre à des projets plus personnels et sort son premier album en solo, Marchez noir, à une date symbolique, le 17 octobre 2009, en souvenir du massacre d'Algériens perpétré par le préfet de police Maurice Papon à Paris en 1961.

Khaled

Khaled Hadj Brahim est né en février 1960 à Sidi El-Houari, l'ancien quartier espagnol d'Oran. Il apprend le banjo et monte très tôt un premier groupe avec lequel il se produit dans les cabarets d'Oran où il rencontre des maîtres qui l'initient à toutes formes musicales. En 1976, il sort un premier disque qui contient Trig el lici (" le chemin du lycée "), un titre empreint de rythmes raï enregistré sur un petit magnétophone. Au tout début des années 1980, il rencontre déjà un certain succès avec El babor qelaâ puis El Mersem, Ya loulid, Roh ya wahran et Essada, et travaille avec Safi Boutella, l'un des " rénovateurs " du raï. En 1986, il est invité en France au premier festival de raï de Bobigny en région parisienne et fait sortir cette forme musicale de son pays. Il s'installe en France en 1989 pour ne pas effectuer son service militaire en Algérie et enregistre ses premiers albums, dont Way Way et Ha Rai. Il commence une carrière internationale mais ne reviendra en Algérie qu'en janvier 1992. C'est après ce voyage qu'il sort Didi, le tube qui l'a fait connaître auprès d'un grand public qui n'avait pas encore eu accès au raï. En 1994, il obtient même un César pour la musique qu'il a composée pour Un, deux, trois soleil, le film de Bertand Blier. Son dernier tube C'est la vie en 2012 est repris en 2013 par la star de la salsa Marc Anthony et donne un autre tube international intitulé Vivir mi vida, en espagnol cette fois.

Enrico Macias

Gaston Ghrenassia est né le 11 décembre 1938 à Constantine dans une famille juive. Son père, violoniste dans le plus célèbre ensemble de maalouf dirigé par Raymond Leyris, le fait entrer à 15 ans dans l'orchestre. Quelques années plus tard, Gaston épouse la fille de Cheikh Raymond à qui il a rendu hommage au Printemps de Bourges 1999 (disque indispensable disponible chez Trema/Sony Music). Dernier album : La Vie populaire, 2006.

Matoub Lounés

Né en 1956 à Tawnirt Moussa, près de Béni Douala au sud de Tizi-Ouzou, celui dont la mort est devenue le symbole de la cause berbère a commencé sa carrière sous le regard d'Idir qui lui a permis de sortir son premier album en 1978 (Agraw). Il écrit en kabyle des textes engagés, très critiques, inspirés par ce qu'il observe et qu'il chante sur un rythme proche du chaâbi. Militant actif au sein du Mouvement culturel berbère (MCB), il participe aux manifestations dont il parle dans ses chansons. En 1994, il sort un album qui revient sur les manifestations du 20 avril 1980 et sur les émeutes sanglantes du 5 octobre 1988. L'un des titres de cet album, Kenza, porte le nom de la fille de Tahar Djaout, l'un des premiers intellectuels poètes assassinés par ces " monstres qui éteignent les étoiles ". Quelques mois plus tard, le 10 octobre 1994, il est enlevé par un groupe armé. Libéré, il écrit un livre qui raconte son kidnapping (Rebelle, Stock) mais son étoile s'éteint sur une route de Kabylie, à proximité de sa ville natale, lors d'une embuscade tendue en 1998.

Cheb Mami

Mohamed Khelifati est né en juillet 1966 à Saïda, au sud d'Oran. Son pseudonyme Mami peut dériver de Mohamed mais signifie également " le môme " en dialecte oranais, et c'est vrai qu'il a toujours l'air d'un gamin, peut-être en souvenir de ses débuts dans des fêtes familiales à l'âge de 12 ans. Précédé d'une déjà bonne réputation, il apparaît pour la première fois à la télévision algérienne en 1982 où il chante El-Marsam (" le refuge "), un classique oranais des années 1920. On le découvre en France en même temps que le raï juste avant qu'il ne rentre au pays pour effectuer son service militaire. En 1989, de retour à Paris, il se produit à l'Olympia mais il ne rencontre pas encore le même succès auprès des médias français qui trouvent sa musique un peu trop " algérienne ". En 1991, il enregistre Let me raï à Los Angeles mais c'est avec Saïda, produit en 1994, qu'il se fait plus largement connaître. Cette même année, il s'installe en Europe. Sa consécration arrive en janvier 2001 lorsqu'il ouvre en compagnie de Sting la finale du Superbowl américain. Du Sud au Nord permet de découvrir 13 de ses meilleurs titres, en duo avec Sting, Idir, Aswad, etc. Ses démêlés avec la justice qui l'accuse d'avoir séquestré et maltraité une photographe française ont terni la sortie de l'album Layali (2006) qui aurait dû le ramener sur le devant de la scène. Un tribunal français le condamne à 5 ans de prison en 2009 pour les violences contre son ex-compagne.

Souad Massi

On la qualifie de chanteuse folk mais les chansons qu'elle interprète en arabe, en tamazigh et en français, pourraient appartenir à tout le monde. A la première écoute, le timbre et les mélodies de Souad Massi se rapprocheraient même quelquefois de ceux du groupe portugais Madredeus. La chanteuse est née à Alger et dès son arrivée à Paris en 1999, invitée et aidée par les organisateurs du festival Femmes d'Algérie du Cabaret Sauvage, elle joue en première partie de l'Orchestre National de Barbès, de Geoffrey Oryema ou d'Idir. A écouter : Raoui et Deb (Island/Universal), Mesk Elil (" chèvrefeuille ") sorti en octobre 2005, le live acoustique qu'elle enregistre en 2007, et le single Houria, sorti en 2010. Souad Massi revient en 2015 avec un album aux sonorités très musiques du monde, son " folk rock algérien " se mêle aux musiques africaines, bossa et traditionnel algérois... Ses textes sont issus de poètes arabes, parmi lesquels le libanais Abou Madi, le tunisien Abou El Kacem El Chabi, l'irakien El Moutanabi... Elle a reçu la Victoire du meilleur album de musique du monde en 2006.

Aït Menguellet

Le symbole de la revendication identitaire berbère est né à Ighil Bouammas en Haute Kabylie. Il a commencé à chanter en 1967 et participe à de premières éditions de TV. Ses chansons, des poèmes souvent nostalgiques, évoquent alternativement la sentimentalité de l'individu, les problèmes sociaux et politiques, ses frères et soeurs kabyles.

Cheikh El Hasnaoui

Né en 1910 en Kabylie, Cheikh El Hasnaoui s'impose comme chanteur de chaâbi dès les années 1930. Il chante l'exil et il est notamment connu pour sa célèbre chanson La Maison Blanche. Son style influencera des chanteurs, comme Matoub, Takfarinas et Kamel Messaoudi...

Cheikh Raymond

Raymond Leyris est né en juillet 1912 d'une mère bretonne et d'un père juif séfarade et a été adopté par une famille juive. Formé par les maîtres Abdelkrim Bestandji et Omar Chakleb, il a contribué à la popularisation du maalouf, cette musique arabo-andalouse jouée par des orchestres composés de musiciens juifs et arabes de Constantine. Le symbole du mariage, parfois mis à mal, entre cultures juives et arabes, est mort le 22 juin 1961, assassiné quasiment en bas de chez lui.

Reinette l’Oranaise

Reinette Sultana Daoud est née en 1915 dans une famille juive d'origine marocaine. Devenue aveugle à l'âge de deux ans, son avenir est sombre mais c'est sa mère qui la fait initier à la musique arabo-andalouse. Elle intègre à 13 ans l'orchestre de Saoud l'Oranais qui lui donne son nom et enregistre un premier disque en même temps qu'elle apprend à jouer de plusieurs instruments (derbouka et oud). Dans les années 1940, elle quitte Oran pour Alger où elle se fait connaître en animant une émission de radio et des soirées. Par la suite, elle enregistre de nombreux disques et devient l'une des voix les plus connues de la musique arabo-andalouse. Elle est morte en novembre 1998 à Paris.

Cheikha Rimitti

Saâdia Bediaf est née le 8 mai 1923 à Bouni, près de Sidi-Bel-Abbès. Elle commence à danser, chanter et jouer du bendir (tambourin) sous le nom de El-Ghilizania, " celle de Relizane ", dans les mariages et les fêtes populaires et suit des troupes de musiciens au hasard de leurs galas dans l'Oranais (" Je participais aux fêtes en l'honneur des saints, entre Relizane, Oran et Alger. On invitait les plus grandes chanteuses, comme Oum Keltoum ou Cheikha Fadela la Grande, je montais à cheval lors de la fantasia, avec un fusil dans chaque main et je tirais ", racontait-elle). A la source du raï, elle chantait le statut de la femme, l'amour ou le plaisir charnel, s'attirant une réputation sulfureuse. Son premier disque est enregistré en 1936 chez Pathé mais elle doit attendre 1954 pour rencontrer le succès avec un titre osé qui dénonce le tabou de la virginité (Charak, guetaâ, " Déchire, lacère "). Ses chansons sont même censurées par le FLN après l'Indépendance ! La future Cheikha (" maîtresse ") adopte le surnom de Rimitti à cette époque : voulant offrir une tournée à des admirateurs, elle lance un soir " Remettez, remettez " au patron du bar, ce qui sonne " Rimitti " avec l'accent...

Après une longue carrière exigeante qui s'est poursuivie en France, elle s'est éteinte le 15 mai 2006, quelques heures après s'être produite au Zénith de Paris au côté de Khaled. Elle a été enterrée au cimetière d'Aïn El Beïda près d'Oran. Celle qui fut la " mamie du raï " - elle se plaignait d'ailleurs d'avoir été pillée - se produisait régulièrement en public, dans des soirées privées comme dans de grandes salles et avait sorti un nouveau disque fin 2005 (N'Ta Goudami, " toi, face à moi ", Because Music).

Rachid Taha

L'ancien meneur du groupe Carte de séjour, très connu dans les années 1980, surtout après la reprise de Douce France de Charles Trénet encouragée par l'auteur, est né à Oran en 1958 et est arrivé en France, à Lyon, à l'âge de 10 ans. En 1990, il sort Barbès, son premier album en solo sur lequel il chante en français et en arabe et qui contient le maintenant célèbre Ya rayah (" le voyageur "), une chanson qu'il a extraite du répertoire de Dahmane El-Harrachi, une référence chaâbi, qu'il célèbre encore avec El Hadj el-Anka, Khelifi Ahmed et Farid El-Atrache sur ses albums Diwan (Barclay, 1998) et Diwan 2. Sur son album, Tékitoi ? (Barclay, 2004), il reprend avec bonheur Rock in The Casbah des Clash, duquel il tirera le titre de son autobiographie sortie en 2008 (Flammarion). En 2013 sort son neuvième album solo, Zoom, où il rend notamment hommage à Elvis Presley et Oum Kalsoum.

Takfarinas

Issu d'une famille berbère de musiciens, Takfarinas est né à Tiksraine (banlieue d'Alger). Il commence par s'intéresser au chaâbi et enregistre son premier album en France en 1979. En 1986, son double album Weithelha (" qu'elle est belle ") et Arrach (" les jeunes ") se vend à près de deux millions d'exemplaires et quelques-unes de ses chansons, qu'il chante en tamazight, adaptées en arabe par d'autres interprètes. En 1994, son album Romane atteint la 4e place au classement des World Music Europe Charts. La musique jouée sur un mandole (guitare à double manche) est variée, ses textes forts et engagés. Autres albums : Salamet (1996), Zaama Zaama en collaboration avec le groupe Sixun, Quartier Tixeraïne (RCA, 2001), Honneur aux dames (RCA, 2004). Son dernier album, Lwaldine, est sorti en 2011.

Orchestre National de Barbès

L'ONB réunit une douzaine de musiciens français, marocains et algériens qui mélangent leurs styles. Drôle, dynamique, l'Orchestre est également à l'origine de manifestations multiculturelles. A écouter : Youcef (Virgin, 1994), Poulina (1998) et Alik (Wagram, 2008).

Warda El-Djazaïria

" L'Algérienne ". La cantatrice est née à Puteaux en 1940 et a commencé sa carrière au TamTam, le cabaret de son père, avant que sa famille quitte la France en 1958 pour le Liban, en interprétant des chansons de Mohamed Abdelwahab ou de Farid El-Atrache. Sa chanson Djemila est un hymne aux résistantes algériennes.

DESSIN
Ali Dilem

Incontournable parce qu'il met en scène depuis plus de 20 ans l'actualité algérienne et mondiale mais aussi parce que condamné si souvent par la justice algérienne pour ses dessins, il est malgré lui devenu l'emblème des journalistes opprimés. Sa notoriété a dépassé le cercle algérien ou celui des lecteurs avertis et son travail s'est vu récompensé par plusieurs prix internationaux. Et pourtant, en mai 2003, c'est son nom qui a été attribué ironiquement par ses confrères à un amendement au Code civil qui prévoit une série de mesures allant jusqu'à la peine de prison ferme − ce à quoi il a été condamné plusieurs fois − contre les journalistes se risquant à offenser de quelque manière le président de la République ou les corps constitués. Ses hilarantes caricatures sont à découvrir chaque jour dans le quotidien Liberté.

Jacques Ferrandez

Né en 1955 à Alger. Après des études à l'école des arts décoratifs de Nice, il se tourne vers l'illustration et la bande dessinée. Dans son oeuvre, nous intéressent particulièrement les albums de la série " Carnets d'Orient " qui retracent la fin de la période coloniale : Retours à Alger, La Fille du Djebel Amour, Rue de la Bombe, La Guerre fantôme, Le Cimetière des princesses ou L'Année de feu, tous publiés chez Casterman (bd.casterman.com/bio/ferrandezja).

Mazari Mohamed

Plus connu sous son nom de signature, " Maz ". Né le 12 août 1946 à Dellys, ce précurseur de la bande dessinée algérienne devient vite un incontournable bédéiste du pays. Il participe à des expositions collectives, travaille comme dessinateur pour les journaux M'Quidech, El Watan, El Manchar, sort l'album Le Lion de la mer, et réalise le conte pour enfants, Le Lion et le Rat... En 1982, il remporte avec le collectif algérien le " Premio Caran d'ache " de la bande dessinée du salon international de Lucca en Italie (collectif). Erudit et intarissable, il aime croquer la société politique ; sympathique et attachant, il laissera une trace indélébile dans le paysage de la bande dessinée.

SPORT
Zinedine Zidane

Le footballeur aux trois Ballons d'or, sacré trois fois meilleur joueur du monde, est toujours dans le coeur des Français et des Algériens. Bien que né à Marseille le 23 juin 1972, le dieu du foot est d'origine algérienne. Après un passage au Creps à Aix-en-Provence, il entre en 1985 au centre de formation de Cannes. A 16 ans, il débute en première division avec Cannes avant de rejoindre, en 1991, Bordeaux, entraîné alors par Roland Courbis. En 1994, les Girondins arrivent en finale de la coupe d'Europe des champions - ils seront battus par le Bayern de Munich -, Zidane est sélectionné pour la première fois en équipe de France la même année. En 1996, il part jouer à la Juventus de Turin. C'est en 1998 que son sacre arrive avec une très bonne saison à la Juve et la Coupe du monde dont personne ne peut oublier le résultat. Lors de l'Euro 2000 qui voit la victoire de l'équipe de France, les spécialistes admettent qu'il est à son meilleur niveau. " C'est un des grands maîtres du contrôle, et il a une vision du jeu qui ne cesse de s'affiner lui permettant d'organiser le jeu d'une équipe en attaque de manière quasiment parfaite. " En 2006, il termine une belle carrière au Real de Madrid, a tout gagné et surtout les coeurs, tristes à l'idée qu'après la Coupe du monde en Allemagne il ne jouera plus dans une équipe de France à qui il manquera réellement... Pendant cette Coupe du monde 2006, il a été critiqué, raillé, traité de " vieux ", encensé après un incroyable match contre le Brésil puis quasi sanctifié après un " coup de boule " désormais légendaire dans une finale perdue face à l'Italie... Depuis juin 2014, il est l'entraîneur du Real de Madrid. En 2016, il fête son 100e match comme entraîneur.

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