Guide de Normandie : Histoire

Muséobase, aller au musée depuis chez soi !

Rien ne remplace la visite d'un musée, mais il faut se rendre à l'évidence : jamais aucun bâtiment ne disposera d'assez de place pour exposer toutes les oeuvres qu'il recèle. C'est pourquoi la mise en ligne de notices d'objets, photographies, vidéos et autres documents écrits - pour certains inconnus du grand public - peut se montrer un formidable moyen de développer vos connaissances en la matière. La Fabrique des patrimoines de Normandie a ainsi choisi de proposer cette interface, qui de plus est collaborative, chacun pouvant y laisser un avis, un souvenir, un commentaire divers. Si la fonctionnalité ne concerne pour le moment que l'ex Basse-Normandie, gageons que les ex-Haut-Normands bénéficieront, à terme, de la même offre.

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Antiquité

Des premières traces de l'occupation humaine en Normandie remonte au Paléolithique. On peut encore observer  aujourd'hui des abris sous roches du Néolithique et des "  pierres plantées  ", énormes rochers érigés par l'homme et dont la symbolique reste mystérieuse. Dès la seconde moitié du premier millénaire avant notre ère, les Celtes occupent le territoire avant de laisser la place aux tribus gauloises...

La Normandie gauloise. Les régions situées autour de la vallée de la Seine, axe commercial très ancien, furent peuplées par de nombreuses tribus gauloises qui privilégiaient les vallées et les côtes. Peu importantes, celles-ci coexistèrent plus ou moins  pacifiquement  jusqu'à l'arrivée des légions romaines de César. Les tribus gauloises étaient nombreuses sur les côtes normandes. Dans la Manche, on trouvait les Abrincates et les Unèles, respectivement dans le sud (Avranches) et le nord du département  ; dans l'Orne, les Diablinthes, les Esuviens et les Sagés (qui laissèrent leur nom à Sées) ; et dans le Calvados, les Lexovii autour de l'actuelle Lisieux, et les Baiocasses dans le Bessin. En Haute-Normandie, les Calètes occupaient la quasi-totalité de la Seine-Maritime, les Aulerques, les Eburovices et les Véliocasses choisissant de se partager l'actuel département de l'Eure. La Seine était déjà une grande voie de communication par où transitait l'étain, la matière première reine de l'époque.

La conquête romaine. Indépendantes et autarciques, ces tribus vont toutefois devoir se défendre contre les volontés hégémoniques de Rome. Et si les Gaulois étaient de bons laboureurs et de bons soldats, ils étaient également indisciplinés. Aunssi ne parvinrent-ils pas à tenir tête aux Romains. Rouen est la première ville à capituler, en 56 avant J.-C. Très vite le reste de la région est contrôlé, et les tribus gauloises sont incorporées à la province de la Lyonnaise. La Normandie pacifiée, les Romains vont fonder des cités, certaines sur d'anciennes implantations gauloises. En Basse-Normandie, Lisieux (Noviomagus) voit le jour sur l'ancien territoire des Lexovii. Mais c'est sur l'actuelle Haute-Normandie que se portera le plus gros des efforts romains (Ier siècle après J.-C.). Pas moins de quatre cités sont alors fondées : Caracotinum (Harfleur) au débouché de la Seine, Mediolanum (Evreux), Rotomagus (Rouen) et enfin Juliobona (Lillebonne), dont les Romains firent leur capitale. À travers la campagne, reliant les villes entre elles, des voies pavées sont construites. Par ailleurs, des temples, des amphithéâtres ou encore des thermes sont édifiés, gages d'un véritable essor économique. Parallèlement, la religion chrétienne se développe et Rouen devient, en 260, le siège du premier évêché de Normandie.

Moyen Âge

Les invasions barbares. La prospérité normande n'est pas sans faire des envieux... Entre 280 et 290, puis entre 360 et 370, les Saxons se lancent à l'assaut des côtes normandes, pillant les grands domaines agricoles alors que l'Empire romain, affaibli par de nombreuses invasions, s'écroule à l'aube du Ve siècle. Les Francs occupent alors les villes, et Clovis investit Rouen et Évreux. Le roi des Francs saliens fédère rapidement l'ensemble des Francs et instaure un vaste royaume incluant la Normandie. À sa mort, la Normandie échoit à l'un de ses fils, Clothaire, roi de Neustrie. Christianisés, les Francs se lancent à partir du VIe siècle dans la construction des premiers monastères.

Les abbayes. Toutefois, il faut attendre le VIIe siècle pour voir le monachisme durablement s'installer  : saint Wandrille parachève l'évangélisation de la région et les premières grandes abbayes sont fondées (Jumièges, en 634, Saint-Wandrille, en 649, et Montivilliers, en 682). Le Mont-Saint-Michel, lui, est fondé sur le mont Tombe au début du VIIIe siècle. Aubert, évêque d'Avranches, voit en effet en rêve saint Michel, qui lui ordonne de bâtir une église - qui deviendra un haut lieu de pèlerinage au Moyen Âge - en ces lieux. Seuls les raids vikings, à la fin du VIIIe siècle, mettront fin à la prospérité des abbayes normandes.

Les Vikings et la création du duché de Normandie. Sporadiques à la fin du VIIIe siècle, les incursions des hommes du nord s'intensifient au cours du IXe siècle. La Normandie est dévastée, ses abbayes pillées, ses villes prises d'assaut et brûlées. Charlemagne, qui a hérité de la Neustrie (la Normandie), réussit à contenir ces invasions. Mais à sa mort, plus rien ni personne n'arrive à arrêter les fougeux et cruels envahisseurs. Les Vikings envahissent le pays, pillant et tuant tout ce qui se trouve sur leur passage. Leur dénomination de " Vikings " signifie   : guerriers de la mer  ou  guerriers du nord , car ces envahisseurs venaient de là-haut, du nord et par les mers. Quant à la terminologie de " Normands ", il vient du même nom :  les gens du nord , les north men, déformé en Normands .

L'installation des Vikings. En 841, Rouen se trouve détruite par ces redoutables guerriers qui quelques années plus tard, en 845, s'attaquent à Paris. Repoussés en 885-886, les Vinkings s'installent à l'embouchure de la Seine en 896. Peu à peu, ces guerriers de la mer envahissent l'actuelle Basse-Normandie. Charles le Simple se trouve alors dans l'incapacité de les combattre. Aussi décide-t-il de ruser et propose-t-il un arrangement avec leur chef, un certain Rollon.

La naissance de la Normandie. Le traité de Saint-Clair-sur-Epte (911) cède la future Normandie aux Vikings en contrepartie d'une servitude totale au roi de France. Les Vikings se devaient de défendre leur territoire contre d'éventuels envahisseurs. Ils devaient de plus entrer dans la communauté chrétienne. Rollon devient ainsi le premier duc de Normandie et change le visage de son duché  : les pilleurs deviennent les heureux propriétaires d'une terre riche et noble dont ils seront les farouches défenseurs et à laquelle ils feront désormais tout pour s'intégrer. Les coutumes franques sont progressivement adoptées, les abbayes dévastées sont relevées, d'autres sont fondées en hommage à la nouvelle religion, et une administration très complète est mise en place. Lorsqu'un certain Guillaume, fils illégitime de Robert le Magnifique et de la fille d'un tanneur, Arlette, naît vers 1027, c'est dans un duché presque ruiné par la magnificence de ses constructions religieuses, mais doté d'une identité forte.

Guillaume le Conquérant. À la mort de son père en Terre sainte, Guillaume a 7 ans. Son statut de bâtard provoque une sanglante guerre de succession, qui durera 12 ans. Ce n'est donc qu'en 1047 que la victoire du Val-ès-Dunes, remportée grâce à l'aide du roi de France, Henri Ier, assoit la légitimité de Guillaume. Fin stratège, Guillaume envoie les fêlons à la conquête de l'Italie du Sud et en Sicile, étendant ainsi la puissance normande tout en assurant la stabilité de son règne. En 1051 ou 1053, il épouse, contre l'avis de l'Église, sa cousine Mathilde de Flandre. L'Église critique, en effet, la consanguinité entre les deux époux, mais relaye surtout les craintes du roi de France, qui craint une coalition entre les deux duchés. L'édification à Caen de l'abbaye aux Hommes et de l'abbaye aux Dames à partir de 1060 suffira à faire taire l'Église, et signera à nouveau l'importance du pouvoir militaire de Guillaume le Conquérant. C'est d'ailleurs à cette date qu'est construit le château de Caen, château fortifié qui demeure l'une des plus grandes enceintes castrales d'Europe.

Visite d'Harold. Régnant sur des territoires tournés vers la mer et les îles anglo-saxonnes, Guillaume tisse des liens étroits avec son cousin Edouard le Confesseur, roi d'Angleterre, qui, n'ayant pas d'héritier direct, le désigne comme son successeur. Harold de Wessex, beau-fils d'Edouard, est chargé d'annoncer la nouvelle à Guillaume. Arrivé en Normandie, celui-ci livre quelques batailles à ses côtés. Puis, après un serment de fidélité, il repart en Angleterre vers Edouard, qui meurt en 1066. La noblesse anglo-saxonne refuse de voir monter sur le trône un roi étranger. Harold est alors couronné roi d'Angleterre, malgré la promesse faite à Guillaume le Conquérant.

La conquête de l'Angleterre. Pour récupérer son héritage usurpé, Guillaume décide de se lancer à l'assaut des côtes anglaises. Durant l'été, il fait construire près de 500 navires, et le 14 octobre 1066, il vainc les armées anglaises lors de la bataille d'Hastings, au cours de laquelle le roi d'Angleterre, Harold II, est tué. Guillaume devient donc Conquérant à jamais. Et le 25 décembre, il se fait couronner roi d'Angleterre à Westminster. Sur les lieux de la bataille, il fera ériger une abbaye, Battle Abbey, dont on peut encore apercevoir les ruines. Ce n'est pourtant qu'en 1072 que la conquête est définitivement terminée, lorsqu'il envahit l'Écosse et force le roi Malcom III à lui rendre hommage. Enfin, en 1086, par le serment de Salisbury, tous les seigneurs lui jurent fidélité. Ce serment consacre le principe d'allégeance directe de chaque seigneur à la puissance royale. C'est ainsi que les tribunaux ecclésiastiques et séculiers sont séparés et que le pouvoir pontifical sur les affaires de l'Angleterre est largement limité. L'État anglo-normand devient alors l'un des plus puissants d'Europe.

La mort de Guillaume le Conquérant. En 1087, lors d'une campagne contre le roi de France Philippe Ier, Guillaume le Conquérant tombe de cheval. Il meurt à Rouen, le 9 septembre 1087, des suites de sa chute. Conformément à sa volonté, il est inhumé dans l'église abbatiale Saint-Etienne à Caen. À sa mort, après une période de trouble, le pouvoir passe aux mains de Henri Ier Beauclerc. Ce dernier laisse comme unique héritier une fille, Mathilde, qui, mariée à Geoffroy Plantagenêt, donne naissance au célèbre Henri II Plantagenêt. Devenu à son tour roi d'Angleterre et duc de Normandie, Henri II se retrouve propulsé par son mariage avec Aliénor d'Aquitaine, en 1152, à la tête d'un immense empire qui s'étend des îles anglo-saxonnes au Sud de la France. Le duc de Normandie est ainsi devenu bien plus puissant que le roi de France.

L'héritage d'un demi-siècle de règne. Un règne long de 52 ans en Normandie et de 21 ans en Angleterre ne peut que laisser un héritage profond. En Normandie, les deux abbayes et le château de Caen sont d'abord le témoignage architectural de la grandeur d'un duc devenu roi, preuves par la pierre que Guillaume a toujours su s'affranchir du pouvoir dominant pour suivre ses propres volontés. Son audace est communicative, puisque c'est grâce à lui que Sicile et Italie du Sud sont devenues des terres normandes. Quant à son ultime conquête, si elle a entamé une tissée longue histoire entre la Normandie et l'Angleterre, et tout à la fois réorganisé le régime féodal et administratif anglais, alors que le Domesday Book, sorte de registre cadastral, recense tous les domaines d'Angleterre. Le pouvoir pontifical sur l'Angleterre est lui largement affaibli par la séparation des tribunaux ecclésiastiques et séculiers, et cette faiblesse ouvre peut-être déjà la porte à un futur schisme...

La Normandie française. Les rois de France vont alors chercher à contrecarrer l'hégémonie anglo-normande. Vers 1190, le roi de France, Philippe-Auguste, tente de reprendre la Normandie abandonnée aux Normands près de trois siècles plus tôt par Charles le Simple. Le roi d'Angleterre, Richard Coeur de Lion, de retour de Terre Sainte, l'en empêche : c'est la victoire à la bataille de Fréteval. Richard Coeur de Lion consolide le système défensif de la Normandie en construisant le Château-Gaillard dans la vallée de la Seine (1196). Philippe-Auguste ne viendra pas à bout de cette forteresse, mais, profitant de la mort de Richard Coeur de Lion et de l'arrivée sur le trône d'Angleterre du faible Jean Sans Terre, il envahit une nouvelle fois la Normandie en 1202. En 1204, la Normandie est entièrement conquise. La province connaît alors, et ce jusqu'au milieu du XIVe siècle une période de prospérité et de paix. Mais les Anglais n'accepteront pas longtemps d'avoir perdu la Normandie  : puisqu'il leur faut reconquérir une région, pourquoi ne pas se laisser tenter par l'ambition, et viser le royaume de France  ?

La guerre de Cent Ans en Normandie. En 1337, le roi d'Angleterre Edouard III, écarté de la succession au trône de France, vient faire valoir ses droits. Il réclame son dû  : la Normandie. Le conflit éclate  qui durera un siècle. Durant cette guerre, la Normandie va passer tour à tour des mains des Français pour aller vers celles des Anglais, avant de redevenir française grâce à Du Guesclin, qui repousse les Anglais en 1360. Elle sera à nouveau anglaise en 1415 avec la perte de la bataille d'Azincourt par les Français. Le roi d'Angleterre, Henri V, monte sur le trône de France. Caen est conquis, puis Rouen en 1419, et la Normandie toute entière passe à l'ennemi. Une page de l'histoire normande semble être définitivement tournée, mais la Normandie a encore un rôle à jouer, et non des moindres...

Une pucelle à Rouen. Chacun connaît l'épopée de Jeanne d'Arc, dite la Pucelle d'Orléans. Écoutant les voix qui lui conseillent de fuir la misère de sa Lorraine natale pour chasser les Anglais de France et faire couronner Charles VII, Jeanne parvient à rencontrer le roi et à se laisser confier une armée. Elle libère Reims, fait sacrer le roi, mais échoue à reprendre Paris. Elle est faite prisonnière le 24 mai 1430, et ce sont, pour son malheur, les Anglais qui la rachètent au roi Jean de Luxembourg. Par vengeance, ceux-ci montent un procès, non pour trahison, mais pour sorcellerie. Car une femme sans aucune instruction militaire qui réussit là où tous les grands chefs échouent est forcément une sainte pour son camp et une sorcière pour ses adversaires. Jeanne sera enfermée à Rouen, dans le donjon du château de Philippe Auguste (encore visible à Rouen, ce vestige a d'ailleurs pris pour nom la "  tour Jeanne-d'Arc  " !), interrogée, menacée, puis déclarée relapse  : cette pucelle habillée en homme a d'abord accepté de porter des vêtements de femme, avant de remettre ses pantalons. Or, c'est justement de cette confusion des genres qu'elle est accusée  ! Retombée dans l'hérésie, elle est brûlée vive le 29 mai 1431, sur la place du Vieux-Marché à Rouen, où une croix lui rend hommage. Ses cendres seront jetées à la Seine.

La Charte aux Normands. En 1315, Louis le Hutin octroie à la Normandie la charte dite Charte aux Normands, qui fait écho à la Grande Charte des Anglais et qui sera considérée jusqu'en 1789 comme le symbole du particularisme normand. La Charte aux Normands de 1315, puis la seconde Charte aux Normands de 1339, leur garantissait le droit de n'être jamais cités devant une autre juridiction que celle de leur province. Lorsqu'une ordonnance royale en violait quelque disposition, la réserve expresse qu'on y ajoutait rappelait l'existence de ce droit, lors même qu'il était enfreint, selon la clause " Nonobstant clameur de haro et charte normande ". En 1450, lorsqu'il rentra en possession de la Normandie à l'issue de la guerre de Cent Ans, Charles VII, roi de France, confirma la Charte aux Normands, ce que Louis XI fera à son tour en 1461. Longtemps respectée, cette charte ne fut réellement abolie que sous Louis XIV. Alors que Rouen est délivrée par le roi Charles VII en personne en 1449, Cherbourg se rend en 1450. C'en est fini des prétentions anglaises sur la Normandie. En 1469, pour tuer toute velléité d'indépendance de la région, le roi Louis XI fait briser symboliquement l'anneau ducal porté par les ducs normands depuis Guillaume le Conquérant. La belle province n'est plus un duché.

De la Renaissance à la Révolution

La paix revenue, la Normandie voit ses villes et ses monuments rénovés et embellis. Bientôt le souffle de la Renaissance influence les artistes normands et leurs mécènes  : de somptueux hôtels de pierre voient le jour, des boiseries sculptées viennent embellir les façades des maisons bourgeoises... En 1515, l'Échiquier de Rouen devint Parlement de Normandie. En 1517, à l'initiative de François Ier, on crée dans l'estuaire de la Seine, un nouveau port, Le Havre, d'abord appelée Havre-de-Grâce, puis Françoise-de-Grâce.

L'aventure maritime. Le royaume s'intéresse fortement au Nouveau Monde. La découverte de Christophe Colomb trouve un formidable écho à Honfleur, Dieppe et Rouen, où la tradition de l'aventure maritime est fortement ancrée. De ces ports partent nombre d'expéditions vers les Amériques, financées entre autres par de puissantes familles locales à l'image de celle de Jehan Ango. De Dieppe, en 1523, Verrazano s'embarque au service de François 1er vers les côtes de la Nouvelle-Angleterre. En 1529, les frères Parmentier débarquent à Sumatra et à Madagascar.

Le Parlement de Normandie. Le Palais de Justice, ancien Échiquier de Normandie, fut bâti de 1499 à 1550 à l'emplacement de l'ancien quartier Juif rasé en 1306. La salle des Procureurs fut édifiée de 1499 à 1509, puis le Palais royal, financé par le roi, de 1510 à 1550. François Ier lui conféra en 1515 le nom de Parlement de Normandie. L'aile est fut ajoutée de 1696 à 1702.

Les guerres de Religion. Dès 1530, les guerres religieuses sévissent. La province est alors divisée en deux  : en 1542 sont créées les Généralités de Caen et de Rouen avec deux parlements, l'un protestant (à Caen) et l'autre catholique (à Rouen). À partir du milieu du XVIe siècle, la propagation de la Réforme luthérienne fait naître de nombreuses communautés huguenotes. Les heurts débutent en 1562. Pour soutenir l'effort de guerre des huguenots français, l'Angleterre dépêche au Havre des renforts militaires. Le pays de Caux est mis à feu et à sang. Face aux protestants minoritaires, les catholiques s'organisent au sein de la Ligue, qui à son tour fait régner la Terreur, allant jusqu'à refuser de reconnaître le roi Henri IV. Les batailles d'Arques en 1589 et d'Ivry en 1590 lui livrent en partie la province, mais Rouen lui résiste.

Les XVIIe et XVIIIe siècles. La promulgation de l'édit de Nantes (1598) ramènera enfin la paix et une cohabitation religieuse plus harmonieuse. La même année, Henri IV attaque et prend plusieurs villes ligueuses normandes. En 1603, le roi donne l'ordre de démanteler le château Gaillard. Pendant ce temps, l'aventure maritime continue puisqu'en 1608, Champlain et Dupont-Gravé débarquent au Québec. Sous Louis XIV, les protestants normands sont à nouveau persécutés et nombre d'entre eux choisissent de s'embarquer pour des terres plus tolérantes. C'est en 1655 que les États de Normandie siégèrent pour la dernière fois. Parallèlement, Le Havre, Dieppe et Cherbourg connaissent une période faste grâce au commerce avec les colonies. Le Havre abrite même le siège de la Compagnie des Indes Occidentales (1664). Et c'est Robert Cavelier de la Salle, né à Rouen en 1643, qui découvre l'Ohio et le Mississippi...

De la Révolution au XXIe siècle
Cimetière américain de Normandie, Colleville-sur-Mer.
Cimetière américain de Normandie, Colleville-sur-Mer.

Favorables aux Girondins, puis aux Chouans, les Normands ne savent plus où donner de la tête pendant la Révolution. Si Charlotte Corday, descendante de Pierre Corneille, décide de tuer Marat, responsable selon elle du régime de la Terreur, une autre femme, tout aussi célèbre, préfère rester dans sa crèmerie. Suivant les conseils culinaires d'un prêtre qu'elle héberge, elle (ré) invente le camembert... La douce Marie Harel gagne ainsi sa réputation aussi sûrement que Charlotte Corday  !

Napoléon. Passées les foudres révolutionnaires, ce sont à nouveau les Anglais qui s'attaquent à la Normandie. En 1811, pour contrer Napoléon, ceux-ci font subir aux Français un blocus qui ralentit grandement l'activité des ports normands. Privés de débouchés, les ports de commerce vont peu à peu dépérir. Et la province s'appauvrir. C'est à cette époque que Joséphine de Beauharnais, répudiée par son empereur d'époux, s'installe à Évreux dans le château de Navarre, dont il lui fait don.

La région artistique. La Normandie va devenir, au fil du XIXe siècle, le rendez-vous de la noblesse, puis celui des artistes français et étrangers. Peintres (Vernet, Boudin, Turner, Monet...), écrivains (Dumas, Karr, Maupassant...) fréquentent assidûment villes, campagnes et ports normands, alors que depuis le début du siècle, la mode des bains de mer bat son plein. C'est en 1806 que sont pris les premiers bains de mer. C'est très exactement à Dieppe que Mme de Boignes lance la mode de ces bains qui amorcent un nouvel essor de la région. Dieppe, Le Havre, Bagnoles-de-l'Orne : les stations balnéaires ou thermales, parfois créées de toutes pièces (comme Deauville, dont les villas néo-classiques datent de 1862), prospèrent. Pour encourager les Parisiens à venir se baigner, la première ligne de chemin de fer est inaugurée en 1843. Celle-ci, qui relie tout d'abord Paris à Rouen (140 km en 4 heures), sera rapidement étendue vers Le Havre.

La guerre de 1870 et la Première Guerre mondiale. La guerre de 1870 voit les troupes prussiennes occuper Rouen sans pour autant empêcher les artistes de peindre ou croquer la région. La Première Guerre mondiale menace la Normandie, mais le front se stabilise en Picardie, épargnant les villages de Seine-Inférieure (ancien nom de la Seine-Maritime) de la destruction.

La Seconde Guerre mondiale. En 1940, la Normandie est occupée par l'armée allemande. Après la tentative particulièrement meurtrière de débarquement allié sur Dieppe en 1942, les Allemands craignent une nouvelle opération et décident de fortifier les côtes normandes. Ce n'est cependant qu'en 1943 que la décision définitive d'un débarquement allié sur les plages normandes est prise  : c'est le plan "  Overlord  ", régi par le général Eisenhower. Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, 15 000 appareils, 10 000 sorties, 12 000 bombes, 7 000 bateaux et près de 200 000 hommes débarquent sur les plages de la Manche et du Calvados. Celles-ci sont divisées en cinq parties bien distinctes  : Utah, Omaha, Gold, Juno et Sword. Au soir du 6 juin, les objectifs fixés ne sont pas atteints, mais les Alliés ont réussi à installer une solide tête de pont en Normandie.

Gold Beach. Gold Beach, aujourd'hui mondialement célèbre, est le nom de la plage située au centre de la zone de débarquement  : 8 kilomètres de plage délimitée à l'est par le village de La Rivière et à l'ouest par celui du Hamel. Et c'est la 50th Infantery Division (britannique) qui est chargée de reconquérir le territoire qui relie Caen à Bayeux et d'assurer la jonction avec les troupes canadiennes débarquées à Juno. À 20h, la ville d'Arromanches est atteinte  ; à 21h, elle est investie. Bayeux sera libérée dès le lendemain. À la fin de la journée du 6 juin, les Britanniques ont débarqué quelque 25 000 hommes et enregistré 413 tués ou blessés. 89 péniches ont été coulées.

Juno Beach. Juno Beach (entre Gray-sur-Mer et Saint-Aubin-sur-Mer) est une plage de 7 kilomètres attribuée aux Canadiens, en plein secteur britannique, entre Sword et Gold Beach. L'objectif de cette troisième division canadienne d'infanterie est d'atteindre la route de Caen-Bayeux et de s'emparer de l'aéroport de Caen-Carpiquet. Il s'agit aussi d'effectuer la liaison avec les troupes britanniques débarquées sur Gold et Sword. L'aéroport n'est pas pris ce jour-là, et la jonction avec Sword ne peut être réalisée. 3 200 véhicules et 2 500 tonnes de matériel ont été débarqués sur les plages canadiennes, et sur les 1 500 hommes débarqués, 1 074 furent tués ou blessés.

Omaha Beach. La portion de cette côte, appelée Omaha, est une plage de 6 km de long, bordée de chaque côté par des falaises d'une trentaine de mètres, et située entre Vierville-sur-Mer à l'ouest et Colleville-sur-Mer à l'est. C'est le secteur des Américains, la 1st Infantery Division et la 29th Infantery Division. L'objectif est de rejoindre la 47e Royal Marine Commando Britannique débarquée à Port-en-Bessin. L'attaque sur Omaha est une réussite malgré les très fortes pertes enregistrées. En effet, sur 2 400 tonnes prévues pour être débarquées, seules 100 le furent. Et sur les 34 000 hommes débarqués, près de 3 881 sont morts. D'où le triste nom donné à cette plage de  Bloody Omaha  (Omaha sanglant).

Sword Beach. Sword Beach fait partie des hauts lieux du Débarquement. Elle est la plage la plus à l'est. Elle s'étendait théoriquement de Langrune à Ouistreham, mais pour des raisons de stratégie militaire, le front d'attaque fut finalement plus étroit que prévu. La 3e division britannique du général Rennie a débarqué devant Hermanville au lieu-dit " La Brèche ". Elle était épaulée sur ses ailes par les " Bérets verts " de deux brigades spéciales de commandos : la première brigade de l'Écossais Lord Lovat (et son joueur de cornemuse) qui comptait dans ses rangs le Commando n°4 du lieutenant-colonel Dawson dont les 177 fusiliers-marins français du commandant Philippe Kieffer. Après la prise de Ouistreham et de son casino, à l'issue de combats de rues meurtriers, les ponts de Bénouville (Pegasus Bridge) et Ranville furent atteints et la jonction avec les parachutistes, effectuée. Le 70e anniversaire du Débarquement est, ainsi, l'occasion de longer la côte à la rencontre des plages du Débarquement, Utah, Omaha, Gold, Juno et Sword, donc. Plus particulièrement de s'attarder à Ouistreham, site choisi pour les commémorations internationales du 6 juin 2014.

Utah Beach. Utah Beach, dans la Manche, est pris d'assaut par les Américains qui doivent prendre le port de Cherbourg, et son immense rade, le plus rapidement possible. Malgré une erreur de 600 mètres dans le lieu de débarquement, les soldats progressent rapidement dans les terres, sans parvenir toutefois à respecter leur objectif. Au soir du 6 juin, 20 000 hommes et 1 700 véhicules étaient débarqués. On ne compte alors "  que  " 197 victimes.

Après le D-Day... Depuis les côtes conquises, les Alliés rayonnent dans la Basse-Normandie en direction de Caen, Bayeux et Cherbourg, qui est prise le 26 juin. Caen est libérée dans la première quinzaine de juillet, ainsi que Saint-Lô. Au milieu du mois d'août, l'armée allemande en retraite est enfermée dans la poche de Falaise et neutralisée  ; la route de Paris est désormais libre. Paris est libéré le 25 août, Rouen le 30. La résistance allemande en Normandie reste vive. Dans la ville du Havre, presque rayée de la carte par les bombardements alliés, les Allemands ne se rendent que le 13 septembre.

La fin du XXe siècle. La guerre a été particulièrement éprouvante pour la Normandie et ses principales agglomérations. La paix revenue, la région va se lancer dans un vaste programme de reconstruction. Caen, Le Havre, Rouen, massivement bombardées, sont relevées de leurs cendres. En 1968, la Normandie est coupée en deux : Basse à l'ouest, Haute à l'est. Personne ne comprend vraiment pourquoi, et ce sentiment ira grandissant avec les années, surtout lorsque chacune des deux régions sera comparée à l'éternelle rivale bretonne. De grands travaux de modernisation sont un peu plus tard engagés pour donner un coup de neuf à la région  : autoroute A13, pont de Tancarville (inauguré en 1959) et pont de Normandie (inauguré en 1995), centrales nucléaires...

Les débuts du XXIe siècle. La crise économique est diversement vécue en Normandie. Si les villes industrielles ont beaucoup souffert, les zones rurales, et leurs maillages de petites villes, ont mieux résisté. En parallèle, les infrastructures poursuivent leurs améliorations, routières notamment, tandis que, côté ferroviaire, le projet de TGV normand, un temps relancé pour permettre à la région de sortie d'une situation déplorable en la matière, semble désormais de nouveau au point mort. Côté industriel, c'est l'EPR de Flamanville, prototype de nouvelle centrale nucléaire, qui concentre la majeure partie de l'attention, et des critiques : sa mise en service aura plusieurs années de retard. Enfin, les années 2010 verront se concrétiser le rêve de bon nombre de Normands : la réunification. Depuis le 1er janvier 2016, dans le cadre de la réforme territoriale, et après près d'un demi-siècle de séparation, la Normandie redeviendra officiellement une et indivisible, comptant plus de 3,3 millions d'habitants. Une et enfin réunie, la Normandie présente aujourd'hui mille visages. Grande banlieue parisienne à l'extrême est, grande ruralité (pour ne pas dire isolement) dans les campagnes, territoires dynamiques, comme le Cotentin et le bassin de Caen, zones connaissant de lourdes difficultés. Mais la conscience d'être normand est bien présente !

De nos jours

La Normandie des années 2010 garde ses traditions, valorise son patrimoine, son histoire et son capital touristique tout en tentant de développer une industrie et une agriculture qui, comme ailleurs, sont touchées par la crise. La qualité de vie, l'environnement, la présence de la mer, des paysages grandioses, des sites remarquables sont toutefois très appréciés des Normands (ils sont aujourd'hui plus de 3,3 millions !) qui restent particulièrement attachés à leur terre. C'est que la Normandie abrite six sites ou traditions classés (ou inscrits) au patrimoine mondial de l'Unesco : le Mont-Saint-Michel, la tapisserie de Bayeux, la dentelle d'Alençon, l'île Tatihou et la ville du Havre. S'ajoutent des Villes et Pays d'Art et d'Histoire, quelques-uns des plus beaux Villages de France et même deux stations thermales. Aujourd'hui réunifiée, la Normandie présente toutefois des paysages bien différents : si la Seine-Maritime concentre l'immense majorité des industries lourdes de la région, le reste de la région est à dominante agricole et tertiaire.

L'activité industrielle reste importante aux environs du Havre et de Rouen, en raison des activités portuaires qui s'y trouvent, et donc de la facilité à acheminer les productions. Plus spécialisées, les industries du bassin d'emploi cherbourgeois (militaire, nucléaire et prochainement énergies renouvelables) apparaissent comme un autre pôle normand d'importance. L'industrie agroalimentaire, très liée à l'agriculture locale, est également présente, connaissant aujourd'hui de grands succès (maître laitiers du Cotentin, Isigny Sainte-Mère, par exemple). Enfin, les industries liées à l'automobile sont également présentes, qu'il s'agisse d'équipementiers de premier rang ou de PME de sous-traitance.

La Normandie reste également l'une des toutes premières régions agricoles françaises, et quatre de ses cinq départements (Manche, Orne, Calvados, Eure) présentent des profils nettement plus agricoles. Si les produits laitiers et l'élevage sont les phares de la Normandie agricole d'aujourd'hui, elle fourmille de mille productions.

1967 : Val-de-Rueil, Paris en Normandie. Quant au projet de faire de la Normandie un dortoir de la région parisienne avec le projet de ville nouvelle (l'époque des projets urbanistiques des villes à la campagne) de Val-de-Rueil, la ville nouvelle a été construite de toutes pièces en 1967 pour 140 000 habitants, et elle en compte aujourd'hui à peine 13 500, un chiffre stable depuis une quinzaine d'années. Un demi-échec, et même un peu plus.

2016 : La réunification normande. Avec l'inauguration, en 1995, du pont de Normandie, symbole du rapprochement entre Haute et Basse-Normandie, on pouvait espérer une terre réunifiée, et puis non, ce trait d'union est resté pendant 20 ans le symbole d'une région divisée. Il a ainsi fallu la réforme territoriale, qui a ramené le 1er janvier 2016 le nombre de régions métropolitaines à 13, pour que la Normandie redevienne une et indivisible. Preuve de l'évidence de cette fusion, dès l'annonce de ces changements, avant même la publication des détails, personne ne doutait du retour des cinq départements en une seule région. Aujourd'hui, de Cherbourg à Évreux, ou de Dieppe au Mont-Saint-Michel, plus de 3,3 millions de Normands seront les habitants d'un seul ensemble.

Dossier spécial Débarquement
Les 75 feux de la Mémoire

2019 célèbre le 75e anniversaire du Débarquement du 6 juin 1944 et le D-Day Festival, sa 13e édition. Exceptionnel, le dimanche 9 juin, 75 feux d'artifice, visibles de toute la côte, depuis Sainte-Mère-Eglise (Manche) jusqu'à Ouistreham (Calvados) éclaireront le ciel d'une belle symphonie.

Chaque année, les commémorations du Débarquement des troupes alliées en Normandie ont lieu dans toute la région, principalement pour l'anniversaire du D-Day, de mi-mai à mi-juin. Reconstitutions, défilés militaires, parachutages, parades, expositions, rencontres, concerts, feux d'artifice, cérémonies officielles et dépôts de gerbes, sont organisées par les communes, les associations patriotiques et les offices de tourisme des plages historiques. Le D-Day Festival Normandy, ainsi nommé, est mis sur pied, à l'unisson, dans le respect de la mémoire de ceux qui ont payé de leur vie. Ces événements se déroulent, principalement, sur les plages et à l'intérieur des terres.

Autant, les Normands semblent vivre bien normalement, au quotidien, sur ces sites chargés de sang et de courage, autant ils savent que, tous les ans, des milliers de visiteurs viennent fouler ce sable avec une très grande émotion. A la mémoire des combattants et vétérans américains, britanniques, canadiens, chacun repart les larmes aux yeux, avec des grains de sable en souvenir.

De Utah à Sword, en passant par Omaha, Gold et Juno (Beaches), de Sainte-Mère-Eglise à Ouistreham en passant par Caen, Bayeux, Arromanches et l'intérieur des terres, vous ne pouvez passer à côté d'au moins une cérémonie où chacun peut prendre place.

Le point d'orgue du 9 juin 2019 (75 feux tirés au même instant, à 23h30) compte parmi d'autres rendez-vous ou expositions, plus intimes et discrets, mais non moins intenses. Vous êtes à la recherche d'autre chose, loin des clichés et des touristes ? Le Petit Futé vous donne quelques pistes. A prolonger, bien sûr, tout au long de l'année.

La mer n'effacera jamais sur le sable, les traces de tous les sangs versés pour LA LIBERTÉ

Pour mieux suivre

Des guides thématiques sont en bonne place dans tous les offices de tourisme de la Manche et du Calvados

Programme complet, en temps réel :

bayeux-bessin-tourisme.com/blog/event/d-day-festival

www.ot-baieducotentin.fr/d-day-1944 

www.facebook.com/DDayNormandy

Lexique futé : le débarquement de A à Z

A comme Arromanches : ville côtière qui accueille le premier musée construit pour commémorer le débarquement. Inauguré en 1954 par le président Coty, il doit prochainement subir un profond lifting.

B comme bombardements qui ont ciblé les villes normandes avant et après le débarquement faisant de nombreuses victimes. Un musée ouvert en 2017 à Falaise est consacré aux civils touchés par ces frappes.

C comme Courbet, nom d'un navire de la marine française sabordé le jour J au large d'Hermanville-sur-Mer pour servir de brise-lames. Un café-restaurant non loin de la plage porte son nom.

D comme D Day. Le débarquement initialement prévu le 5 juin a été retardé d'un jour en raison des mauvaises conditions météo sur la Manche.

E comme Eisenhower, le général américain a planifié le débarquement de Normandie et l'installation de la tête de pont en France.

F comme Fortitude, du nom d'une opération de déstabilisation destinée à faire croire aux Allemands que le débarquement en Normandie n'était qu'une diversion avant la véritable invasion dans le Pas-de-Calais.

G comme Gondrée, nom du café situé près de Pegasus Bridge, considéré peut-être à tort comme la première maison libérée le jour J.

H comme (pointe du) Hoc, théâtre de l'assaut mené par les Rangers américains pour neutraliser des pièces d'artillerie qui menaçaient les plages du débarquement.

I comme Isigny-sur-Mer. Après avoir débarqué à Courseulles-sur-Mer le 14 juin 1944 et prononcé un discours à Bayeux, le Général de Gaulle fit une étape dans cette ville.

J comme Juno, cette plage de Courseulles-sur-Mer avait été attribuée aux troupes canadiennes.

K comme Kieffer, nom du chef du seul commando français qui s'illustra le Jour J pour la prise du casino d'Ouistreham après avoir pris pied sur le sol français à Sword Beach.

L comme La Cambe, la ville entre Bayeux et Isigny qui abrite un cimetière allemand où sont disposées 21 300 tombes.

M pour Mulberry, nom de l'opération destinée à créer un port artificiel au large d'Arromanches. Ses vestiges des caissons Phoenix immergés dès le 8 juin 1944 sont encore visibles depuis la plage.

N comme Normandie et ses plages retenues finalement par les Alliés pour le débarquement en France.

O comme Overlord, nom de code de la plus importante force d'invasion de tous les temps

P comme Phoenix, nom des caissons immergés au large d'Arromanches qui ont constitué le port Winston.

Q comme QG. A Ranville le château de Rohan-Chabot sera le QG de la 5ème brigade et le château du Hom le QG de la 6ème division.

R comme Rommel, le Maréchal qui s'activa pour fortifier le mur de l'Atlantique avant le jour J.

S comme Sword Beach, ce secteur a vu débarquer la 3e division britannique et le commando Kieffer entre Lion-sur-Mer et Ouistreham.

T comme Tobrouk (Tobruk, en allemand) nom donné à ces dômes encore visibles sur le littoral et dans les terres et qui servaient d'abri à un mitrailleur.

U comme Utah Beach, nom de code de la seule plage hors du Calvados, dans le Cotentin, à Sainte-Marie-du-Mont, retenue au dernier moment par les alliés en plus des autres sites pour servir au débarquement.

V comme Ver-sur-Mer. Ce village n'est pas des plus emblématiques mais il va le devenir avec la construction d'un mémorial anglais, dédié aux 21 000 soldats de sa Majesté, morts entre le 6 juin (D-Day) et le 21 août 1944 (fermeture de la poche de Falaise). Le monument, entièrement financé par les Britanniques, sera inauguré le 6 juin 2019.

W comme WN, abréviation de Widerstandsnest, littéralement nid de résistance en allemand. Ces bunkers ont été essaimés le long du mur de l'Atlantique. Le plus sinistrement célèbre le WN 62 protégeait la plage d'Omaha Beach.

X comme inconnu sur l'issue de la bataille. Les Alliés avaient même pris la précaution de rédiger par avance un communiqué en cas d'échec du débarquement.

Y comme York nom d'une batterie d'artillerie, édifiée à Querqueville, à l'ouest de Cherbourg qui participa à un duel d'artillerie avec la flotte d'invasion

Z comme Zanuck, Darryl F, un des coréalisateurs du film Le jour le plus long, sorti sur les écrans en 1962, d'après le livre éponyme de Cornelius Ryan

Un musée plutôt qu’un autre

Les plages du débarquement, on n'en fera jamais le tour. Au coeur des lieux historiques des événements de 1944, passionnés ou non, jeunes ou moins jeunes, à force de visites, les musées institutionnels et leurs kilomètres d'écritures semblent rébarbatifs. Si vous êtes, absolument, à la recherche d'autres choses à faire, alors, on vous emmène sur nos idées futées. Rencontres humaines et découvertes insoupçonnées, parfois confidentielles, lieux étonnants où dénicher trouvailles ou anecdotes insolites du jour J et de la Bataille de Normandie.

- Dans Le CALVADOS (14)

Arromanches et le port artificiel (Gold Beach)

Le musée. Ses maquettes animées expliquent la construction du port artificiel et son articulation. A marée basse, la visite des vestiges du port est saisissante d'émotions.

Colleville-sur-Mer (Omaha Beach)

Big Red One Museum. Un endroit singulier... Un grand enfant de même pas 40 ans et une collection unique. Depuis tout petit, Pierre-Louis fouille, déniche et identifie des pièces et objets de la première division d'infanterie américaine, enfouis dans le sable d'Omaha Beach.

Overlord Museum ; Nicolas Leloup honore la mémoire de son père, Michel, et met en valeur la collection, minutieusement constituée in situ, pendant près d'un demi-siècle. Une collection de 10 000 pièces et objets et de 35 véhicules.

Courseulles-sur-Mer (Juno Beach)

Centre Juno Beach. Intelligemment conçu pour la famille, le musée met un coup de projecteur sur l'engagement civil et militaire de la population canadienne qui perdit 45 000 des siens dont plus de 6 000 durant la Bataille de Normandie et le 6 juin 1944.

Douvres-la-Délivrande (dans les terres au sud de Juno Beach)

Musée Radar 1944. Edifiée par la Luftwaffe, cette station, unique en son genre, retrace la vie des Allemands dans les bunkers, l'histoire et l'évolution technologique des radars. Fort instructif, à l'heure de la géolocalisation tous azimuts.

Merville-Franceville (Sword Beach)

Musée de la Batterie-Dakota C-47. Batterie allemande chargée de défendre l'estuaire de l'Orne pour empêcher une incursion alliée dans l'arrière-pays et de tenir sous son feu les plages à l'ouest de Ouistreham. A l'entrée, le Dakota C-47 est classé Monument historique.

Ouistreham (Sword Beach)

Musée n° 4 commando. Il est le seul consacré à la participation des Français aux événements du 6 juin 1944. Ses 177 fusiliers marins furent intégrés aux forces britanniques

Le Grand Bunker-Musée du mur de l'Atlantique se trouve à l'intérieur de l'ancien quartier général allemand qui commandait les batteries de l'Estuaire de l'Orne. Cette tour de béton de 17 mètres est classée au titre des Monuments historiques.

Port-en-Bessin-Hupain (entre Gold Beach et Omaha Beach).

Musée des épaves. 25 ans d'exploration sous-marine ont permis la remontée d'épaves, de vestiges et d'objets de tous ordres trouvés dans les navires de guerre.

Saint-Laurent-sur-Mer

Musée Mémorial d'Omaha. Scènes vivantes pour ce musée qui fête ses 25 ans. Au fil des années, il est au plus près du réel. Un char Sherman ainsi qu'un canon américain " Long Tom " en gardent l'entrée. Vous qui pensiez avoir tout vu !

Saint-Martin-des-Besaces (près de Vire)

Musée 44 - La Percée du Bocage. Une pépite qui met à l'honneur les troupes britanniques de l'Opération Bluecoat, déterminante dans la Bataille de Normandie avec l'encerclement de l'armée allemande dans la Poche de Falaise.

Ver-sur-Mer (Gold Beach)

Musée America-Gold Beach. Composé de deux histoires différentes, le musée retrace, d'un côté, les 42 heures du 1er vol aéropostal entre les Etats-Unis et la France. De l'autre côté, la préparation du Débarquement par les Britanniques et l'assaut victorieux des troupes de la 69e brigade de la 50e division.

Vierville (Omaha Beach)

Musée D-Day Omaha. Ils sont, là, juste devant vous ! Des verres trouvés dans le bunker d'Hitler. A vous donner des frissons ! Sur les hauteurs d'Omaha Beach, voici le " hangar-musée " d'un collectionneur passionné.

Tilly-sur-Seulles (dans les terres au sud de Bayeux)

Musée de la Bataille de Tilly. Pris et repris 23 fois avant sa libération finale, le bourg fut pratiquement rayé de la carte. Le musée, aménagé dans l'ancienne chapelle du 13e siècle, rassemble de poignants témoignages.

- Dans la MANCHE (50)

Catz

Normandy Victory Museum. Situé là où se situait une piste d'atterrissage provisoire, il propose des simulateurs de vols, des sauts en parachute en saison, et de nombreuses évocations de la bataille des haies, quand les soldats se sont battu parcelle après parcelle.

Cherbourg-en-Cotentin - 50

Musée de la libération / Fort du Roule : situé à 117 mètre de hauteur, sur une petite montagne qui vous offre un panorama à couper de souffle sur la vaste ville, ce musée évoque la libération de la ville, stratégique pour l'approvisionnement des alliés. Entièrement rénové pour le 75e anniversaire, il ouvrira de nouveau ses portes le 3 mai 2019.

Cité de la Mer. L'immense complexe proposera dès avril un film dédié à la libération de la ville.

Sainte-Mère-Eglise -

Airborne Museum. L'un des plus vastes et des plus connus. Inauguré en 1964 dans la première cité libérée de France, son bâtiment original est en forme de parachute ouvert. Au fur et à mesure du temps, il s'est considérablement étendu, et compte également un centre de conférences.

Sainte-Marie-du-Mont (Utah Beach)

Musée du débarquement. Seul, face à l'immensité de la plage, il a été entièrement repensé il y a cinq ans, et propose une muséographie impressionnante laissant la part belle à la pédagogie. Dernièrement, une véritable barge Higgins, immense, a été installée au sein d'un mémorial dédié.

- Dans l'ORNE (61)

Le Mémorial de Montormel : Le musée a pour vocation d'expliquer le déroulement des combats devant les baies vitrées panoramiques qui surplombent le champ de bataille. Impressionnant. La maquette animée, la collection de photos et d'objets, les films et documentaires sont autant de supports pour mieux appréhender le déroulement de ces heures cruelles.

Pourquoi Omaha, Utah, Gold, Juno, Sword ?


D'où vient le nom de chaque plage du débarquement ? Vous êtes-vous déjà posé la question, au moins une fois ? Non ! Votre visite commencera, donc, par combler cette lacune.

Omaha et Utah tirent leur nom de la ville et de l'État dont sont originaires des commandants américains participant aux opérations sur ces plages.

Gold et Sword sont les diminutifs de goldfish et swordfish (respectivement poisson rouge et espadon) que voulait, initialement, leur donner le général anglais Montgomery.

Juno devait s'appeler Jellyfish (méduse), avec pour diminutif, Jelly (gelée). Finalement, un Canadien coupa la poire en deux et proposa Juno, du nom de son épouse.

Un site plutôt qu'un autre

Beaucoup de sites se visitent à pied ou à vélo. Ils méritent qu'on s'y attarde. La côte et les plages sont parsemées de stigmates du D-Day. Souvent, le long des routes ou à l'entrée des villages, un char, un monument aux morts, une stèle symbolique est là pour nous rafraîchir la mémoire. Plus visibles et impressionnants, les bunkers allemands désaffectés et les batteries aménagées en musées, au-dessus desquels résonnent, encore, le fracas des bombes et le hurlement des sirènes.

Bénouville-Ranville-Pegasus-Bridge (Sword Beach) - 14

Nuit du 5 au 6 juin 1944. Les planeurs Horsa de la 6e division aéroportée britannique se posent à hauteur de l'Orne. Un Totem indique le lieu précis de l'atterrissage

Le café Gondrée, un incontournable. C'est selon la légende, la première maison libérée de France.

Colleville-Montgomery (Sword Beach) - 14

Bill Millin, joueur de Cornemuse. La statue est érigée à l'endroit exact de Sword Beach où les commandos de Lord Lovat débarquèrent le 6 juin 1944.

Site fortifié Hillman. Ce réseau de galeries dont les Britanniques avaient sous-estimé la capacité de résistance empêcha la libération de Caen, le 6 juin au soir. Ce n'est que six semaines plus tard que la " capitale normande " fut entièrement libérée, soit le 20 juillet. Le site est entretenu et géré par des bénévoles.

Courseulles-sur-Mer (Juno Beach) - 14

Croix de Lorraine. A la limite des communes de Graye-sur Mer et de Courseulles, au lieu, dit, " La Brèche de Graye ", elle se dresse à l'emplacement où le Général de Gaulle mit le pied en terre libérée, le 14 juin 1944. On peut y voir le char Charlie, utilisé le 6 juin 1944, pour le débarquement.

Grandcamp-Maisy (Omaha-Utah) - 14

Statue de la Paix. A l'entrée de la commune, étincelante de lumière, cette oeuvre en acier est une réalisation de l'artiste chinois Yuo Yuan.

Pointe du Hoc. Incontournable, entre Omaha et Utah, ce promontoire rocheux, pris d'assaut, le matin du 6 juin compte parmi les batailles les plus dangereuses et meurtrières du débarquement. Il est le symbole du sacrifice des GI's.

Longues sur Mer (Gold Beach) -14

Batterie allemande. Ce charmant petit village perché sur de hautes falaises était propice à recevoir des canons. Les Allemands ne s'y sont pas trompés en y installant à une redoutable batterie. Le site est en accès libre et gratuit toute l'année.

Saint-Pierre du Jonquet (près de Troarn) - 14

Le rond-point des fusillés. Ce monument rend hommage aux 28 civils, résistants, exécutés par les nazis, en juillet 1944, pour avoir recueilli et caché des parachutistes, largués dans les marais de la Dives lors de la prise de Pegasus-Bridge, le 6 juin. Il furent fusillés et ensevelis dans une fosse commune. Parmi les corps retrouvés onze n'ont pas pu être identifiés.

Sainte-Mère-Eglise - 50

Sur l'église subsiste un mannequin accroché à son parachute. Il représente John Steele, un GI qui est resté coincé ici pendant les combat. Simulant la mort avec succès, il n'a pas été abattu par les allemands, et est resté ici de longues heures avant d'être descendu - vivant - une fois la zone sécurisée.

Plaine de Caen - 14

Opérations Epsom, Goodwood et Charnwood. C'est ici que se sont jouées les plus grandes batailles de chars dont les objectifs étaient d'atteindre Falaise. Les secteurs de Bourguébus (sud-est de Caen) ainsi que d'Esquay-Notre-Dame avec la célèbre Côte 112 (sud-ouest de Caen) seront le théâtre de furieux combats. Dans les villages, stèles et monuments rappellent ces épisodes tragiques, coûteux en hommes et matériels.

BOUCLER LA BOUCLE

Montormel-Coudehard dans l'Orne -61

La Poche de Falaise et le couloir de la mort Musée. Près d'Argentan, le Mémorial de Montormel retrace les combats acharnés qui opposèrent les Alliés aux soldats de la VIIe armée allemande, encerclés dans la poche de Falaise-Chambois. Pour comprendre la chronologie des événements, un conseil : parcourir, avant ou après la visite du mémorial, le circuit " Août 1944 " dans la vallée de la Dives.

Où dénicher l'objet rare ?

Arromanches-Militaria

Sans être un passionné d'objets militaires, ni un ardent collectionneur, on peut repartir avec un souvenir lié au débarquement, un de ces objets que l'on trouvait dans le paquetage des soldats alliés qui ont débarqué. Une belle adresse qui (paradoxalement) apporte de la fraîcheur à l'Histoire. 11, boulevard Gilbert-Longuet, Arromanches-les-Bains - www.arromanchesmilitaria.com

D-Day Box Office de tourisme, Mémorial de Caen et dans les boutiques des musées du Débarquement.

Vraiment futée, on peut l'utiliser à volonté sur l'ensemble des plages et musées du débarquement. Dotée d'un audioguide, (français, anglais, néerlandais...), elle raconte les événements du 6 juin 1944. Le fameux cricket des soldats de la 101e Division aéroportée américaine fait partie du package.

Dans la Manche existent de très nombreuses boutiques, parmi lesquelles "Utah-Beach Militaria" à Sainte-Marie-du-Mont, "La Petite Musette" à Carentan-les-Marais ou encore "Le Blockhaus" à Sainte-Mère-Eglise.

Sur terre ou dans les airs : d’une plage à l’autre

Entre expéditions et explorations, à pied, à vélo, en quad, en 2 CV, en jeep et même en hélico, l'histoire s'offre sous de multiples facettes et regards différents. Le 75e anniversaire est l'occasion de balayer du regard et de localiser ces lieux chargés d'Histoire, mosaïque de paysages entre Bessin et Pays d'Auge, entre marais et longues étendues de sable. C'est le moment opportun de se représenter ces lieux où se sont déroulés les événements les plus tragiques de l'opération Overlord, la plus incroyable opération amphibie et aéroportée de tous les temps.

En hélico : le Jour J vu du ciel

Embarquez à bord d'un hélicoptère pour un vol au-dessus des plages du débarquement et des lieux de mémoire du 6 juin 1944. Un voyage rouge sang entre le bleu du ciel et le blanc des nuages où résonne le souvenir des combats.
www.helievenements.com. Contact : 02 35 80 94 16.

En quad : un peu sportif

Une halte énergique pour amateurs d'évasion particulière. La visite est accompagnée de sensations un peu sportives, la mémoire de l'histoire n'empêchant pas le bien-être du corps et de la tête.
www.goldbeachevasion.com. Contact : [email protected] Tél : 02 31 22 75 80

En 2 CV : nostalgique

" Deuche ", " Deudeuche ", " Deux pattes " : drôle et coquine à la fois, la plus légendaire des voitures populaires reprend la route. Entre Pointe du Hoc, Bayeux, Omaha Beach, Port-en-Bessin et Arromanches, c'est vous au volant.
www.balades-2cv-normandie.com - mail : [email protected]

Tél : 02 31 65 20 79 - 06 81 38 73 08 - 06 80 92 22 90.

A vélo

Idéale et verte ! La véloroute qui relie les plages du débarquement au Mont-Saint-Michel, c'est le rêve. En quelques tours de pédales, le long ruban relie les plages du Débarquement au Mont Saint-Michel. Trois points de départ : Arromanches-les-Bains, Port-en-Bessin-Huppain pour le Calvados (200 km) ou Utah-Beach pour la Manche (230 km). Des étapes de 40-50 km, jalonnées d'offices de tourisme, loueurs de vélos, visites (tapisserie de Bayeux, caramels d'Isigny, marais du Cotentin...), haltes (hôtel, campings). Vous ne vous sentirez jamais seuls. Vous pourrez également suivre la "Véloscénie", cet itinéraire de près de 450 kilomètres de vélo entre Paris et le Mont-Saint-Michel. En arrivant dans le sud de la Manche, vous traverserez d'ancienne zones de combats, les dernières avant que les alliés ne filent vers la Bretagne.
Infos et téléchargements sur www.bessin-normandie.com/tourisme/loisirs/randonnees/a-velo.

Et aussi : Office de tourisme Bayeux-Bessin-Tourisme - 02 31 51 28 28

www.bayeux-bessin-tourisme.com - [email protected]

www.veloscenie.com

A retenir

Et à retenir...

" Les courants de la Liberté ", du 14 au 16 juin. Créés en 1988 pour impliquer toutes les générations dans l'hommage rendu aux hommes du D-Day, " Les Courants de la Liberté, Normandy Running Festival " auront une connotation toute particulière en ce 75e anniversaire. 30 000 participants et liesse populaire sont attendus sur l'ensemble des épreuves, à Caen et le long des plages de Juno et Sword, entre Courseulles-sur-Mer et Ouistreham en passant par Pegasus Bridge à Bénouville.

Exposition " Dans leurs pas " sur la côte de Nacre (Juno Beach).

Cette exposition extérieure de structure cubique rend hommage aux témoins du Débarquement, soldats et civils, à travers leurs témoignages et leurs biographies. Elle se présente sous les formes d'un " circuit fil rouge " historique et mémoriel sur les communes du secteur Juno Beach : Courseulles-sur-Mer, Bernières-sur-Mer, Saint-Aubin-sur-Mer, Langrune-sur-Mer, Luc-sur-Mer, Reviers, Douvres-la-Délivrande.
Certains ont débarqué sur Juno Beach, d'autres habitaient sur la Côte de Nacre et attendaient les Alliés, depuis de longs mois. Ils racontent ce qu'ils ont vécu et révèlent les images qui, à jamais, sont restée ancrées dans leur mémoire... La peur, l'angoisse, le bruit, la bataille sanglante, l'arrivée des soldats canadiens, avec leur drôle d'accent et, enfin, la joie d'être libérés. Jusqu'au 11 novembre 2019. Gratuit.

Les cimetières militaires de l'été 1944

Près de 100 000 soldats, environ 40 000 Alliés et 60 000 Allemands sont morts en Normandie au cours des combats de l'été 1944. Tous n'ont pas été rapatriés dans leur pays d'origine. La grande majorité repose en terre normande dans 27 cimetières dont 23 dans le Calvados (17 britanniques, 2 canadiens, 1 américain, 1 polonais, 2 allemands). Visite libre et gratuite tous les jours (sauf exception).

DANS LE CALVADOS
Cimetière Américain

Colleville-sur-Mer : 9 387 tombes. Du 15 avril au 15 septembre : 9h-18h. Du 16 septembre au 14 avril : 9h-17h.

Cimetières Canadiens

Bretteville-sur-Laize-Cintheaux : 2 958 tombes. Entre Caen et Falaise, à la sortie du bourg, accès par la RN 158.

Bény-sur-Mer/Reviers : 2 049 tombes. Près de Courseulles-sur-Mer. Sur la D 35 à la sortie du bourg.

Cimetières Britanniques

Bayeux : 4 648 tombes + 1 801 noms de disparus, sur le mémorial. Ce cimetière militaire est situé à proximité du Musée mémorial de la Bataille de Normandie.

Banneville-la-Campagne/Sannerville : 2 175 tombes. Entre Caen et Troarn au bord de la N 175, sur la droite avant d'entrer dans Démouville‐Sannerville en venant de Caen.

Bazenville-Ryes : 979 tombes. Sur la D87 entre Bayeux et Arromanches.

Brouay : 377 tombes. Entre Caen et Bayeux, au coeur du village à côté de l'église.

Cambes-en-plaine : 224 tombes. Entre Caen et Courseulles-sur-Mer, fléché à la sortie du village

Chouain : 47 tombes. Sur la D6, entre Bayeux et Tilly-sur-Seulles. Le plus petit cimetière britannique en France. Une simple clôture sépare le cimetière de la ferme voisine.

Douvres-la-Délivrande : 1 132 tombes. Entre Caen et Luc-sur-Mer, à l'entrée sud de la ville (fléché). L'entrée du cimetière est immédiatement identifiable par son pavillon carré au toit pointu couvert en pierre et entouré de pergolas.

Fontenay-le-Pesnel : 520 tombes. Entre Caen et Caumont-l'Éventé au sud de la commune (fléché). Ce cimetière est situé sur les lieux mêmes des combats entre la 49th West Riding Division et les formations allemandes les 25, 26 et 27 juin 1944.

Hermanville-sur-Mer : 1 005 tombes. Sur la côte après Colleville-Montgomery, sur la D60 (fléché). Ce cimetière accueille également des tombes de commandos français tombés le 6 juin à Ouistreham et Colleville-Montgomery.

Hottot-les-Bagues : 1 137 tombes. Entre Caen et Caumont-l'Éventé. Sur la D 9 à l 'est de la commune. La majorité des soldats inhumés dans ce cimetière provient de cimetières provisoires établis pendant les combats.

Ranville : 2 562 tombes. Non loin de Pegasus Bridge. Dans le centre de la commune près de l'église, voisin du cimetière paroissial. Ce cimetière militaire est, après celui de Bayeux, le plus important en nombre de tombes.

Saint-Manvieu-Norrey : 2 183 tombes. Entre Caen et Caumont-l'Éventé. Sur la D9 (fléché). Une petite allée gazonnée conduit à l'entrée du cimetière encadrée par deux colonnes.

Secqueville-en-Bessin : 117 tombes. Ce petit cimetière est en pleine campagne sur la D126 entre Bray et Secqueville-en-Bessin (suivre le fléchage). Parmi les soldats se trouvent 18 allemands séparés des britanniques par la Croix du Sacrifice.

Tilly-sur-Seulles : 1 222 tombes. Entre Caen et Balleroy sur la D13 à la sortie ouest du bourg (fléché). En saison, des rosiers fleurissent au pied des stèles et colorent ce lieu de repos.

Saint-Charles-de-Percy : 789 tombes. Près de Beny-Bocage à 14 km au nord de Vire. On y enterre, aujourd'hui encore, les dépouilles des soldats retrouvés dans la campagne normande, notamment celles d'aviateurs.

Saint-Désir-de-Lisieux : 598 tombes. Ce cimetière situé le long de la Nationale 13 à la sortie de Lisieux en direction de Caen, jouxte le cimetière voisin où reposent 3 735 soldats allemands.

Tourgéville : 295 tombes. Ce petit cimetière a été créé lors de la Première Guerre mondiale en 1918. Sur les 295 tombes, 105 liées à la bataille de Normandie. Suivre les panneaux à partir de Deauville, le cimetière est situé près du golf club Barrière.

Cimetières Allemands

La Cambe : 21 222 tombes. Entre Bayeux et Isigny-sur-Mer. Cette impressionnante nécropole rassemble les corps des soldats allemands tombés lors des combats de 1944. Chapelle-mémorial à l'entrée, jardin de la Paix avec 1 220 érables, symboles vivants de la paix entre les nations. Haute saison (1er avril au 15 octobre) : ouvert de 8h à 19h. Samedi et dimanche : ouvert à 9h. Basse saison (16 octobre au 31 décembre et 1er janvier au 31 mars) : ouvert de 8h à 17h. Samedi et dimanche : ouvert à 9h.

Saint-Désir-de-Lisieux : 3 735 tombes. Ce cimetière situé le long de la Nationale 13 à la sortie de Lisieux en direction de Caen jouxte le cimetière voisin où reposent 598 soldats dont 569 britanniques. À travers les allées on découvre, d'ailleurs, deux lieux très différents dans leur conception. L'allée de la Paix qui relie les deux cimetières a été inaugurée le 5 août 2006.

Cimetière Polonais

Grainville-Langannerie‐Urville : 615 tombes. Entre Caen et Falaise, sur la RN 158. Il est le seul cimetière polonais en France. La plupart des soldats ont appartenu à la 1re Division Blindée Polonaise du général Maczek.

DANS LA MANCHE

Cimetière américain

Montjoie-Saint-Martin : Il compte 4 410 stèles de soldats américains, et un mur comportant les oms de centaines de disparus. Il s'agit du second plus vaste cimetière américain de la région.

Cimetière britannique

Cherbourg-en-Cotentin : le petit cimetière de la duché, dans un espace retiré du centre ville, compte 86 d'aviateurs britanniques.

Cimetières allemand

Huisnes-sur-mer : Ce vaste mausolée de près d'une cinquantaine de mètres de large compte pas moins de 68 cryptes sur deux niveaux. 11 956 soldats, mais aussi des femmes et des enfants allemands, pour beaucoup venus de départements alentours, reposent ici.

La Chapelle-en-Juger / Thereval : Inauguré dans les années 1960, dû au regroupement de soldats allemands jusque là enterrés un peu partout dans les environs, il recense 11 619 soldats.

Orglandes : Dans le Cotentin, les soldats allemands de ce cimetière sont regroupés par 4 ou 6 sous une même croix. Le cimetière, qui présente un vaste espace en pente douce, recense 10 652 tombes.

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