Guide de DUBROVNIK : Histoire

Chronologie
Chronologie

900-800 avant J.-C.> Arrivée des Illyriens sur l'actuel territoire croate.

500-400 avant J.-C.> Arrivée des Grecs et des Celtes.

VIe siècle avant J.-C. > Fondation d'Épidaure (Cavtat) par les Grecs, qui s'installent aussi à Vela Luka puis Lumbarda (île de Korčula).

229 avant J.-C.> Début de la domination romaine en Croatie, Épidaure est reprise par les Romains.

285 après J.-C > L'empereur romain Dioclétien fait construire le palais fortifié de Split.

600-650> Venus du nord-est, les Croates s'installent.

VIIIe siècle > La population d'Épidaure (ancienne colonie gréco-romaine) fuit les invasions slaves et avares et édifie Raguse.

925> Couronnement de Tomislav, premier roi croate, qui réunifie le royaume croate (sans Dubrovnik).

1102> Union de la Croatie et de la Hongrie.

XIIe siècle > Dubrava et Raguse s'unissent pour former Dubrovnik. L'organisation sui generis de la République de Dubrovnik se met en place autour de la figure du recteur (Knež), mentionné pour la première fois en 1181.

1202 > Dubrovnik (et Zadar) sont envahis par les Vénitiens. Dubrovnik devient une cité-état sur le modèle de la Sérénissime.

1272 > Régulations assurant un développement urbain harmonieux à Dubrovnik.

1301> Les Anjous accèdent au trône hungaro-croate.

1358> Défaite des Vénitiens face à Charles d'Anjou (roi hongrois). La Dalmatie est rattachée à la couronne, Dubrovnik également tout en gardant une forte autonomie.

1358-1806 > République indépendante de Raguse.

Première moitié du XIVe siècle > Expansion territoriale significative de Dubrovnik (île de Lastovo, presqu'île de Pelješac, l'île de Mljet).

1420 - 1797 > L'île de Korčula est sous administration vénitienne.

XVe - XVIe siècle > Age d'or de Dubrovnik. Cité commerciale prospère, ville d'arts, de culture et de sciences (Humanisme - Renaissance). La marine ragusaine est la troisième au monde.

1481 > Raguse se met officiellement sous la protection du sultan ottoman.

1527 > Couronnement de Ferdinand Ier de Habsbourg qui accède ainsi au trône croate, Dubrovnik n'est pas encore concerné.

1667 > Un tremblement de terre détruit Dubrovnik aux trois quarts. La ville est reconstruite.

1684 > Dubrovnik se met sous la protection des Habsbourg, arguant du bon vieux traité d'alliance de 1358.

1699 > Pour se protéger de Venise, Dubrovnik remet une petite bande de littoral (Neum) à la Bosnie.

1797> Chute de la république de Venise.

1806> Les troupes de Napoléon envahissent Dubrovnik et sa région. La fin de la république de Raguse est proclamée deux ans plus tard.

1815 > Congrès de Vienne, Dubrovnik intègre l'empire austro-hongrois. Son futur est désormais lié à celui de la Croatie.

1848 > " La Renaissance croate " : influencés par la Révolution française, les intellectuels croates commencent à réveiller un sentiment national chez les paysans croates jusqu'alors fortement germanisés et italianisés.

1908> L'Autriche-Hongrie annexe la Bosnie-Herzégovine et contrarie du même coup les visées expansionnistes de la Serbie à l'égard de cette province.

1914 > L'attentat de Sarajevo, perpétré contre le prince héritier François-Ferdinand par le jeune nationaliste serbe Gavrilo Princip, déclenche la Première Guerre mondiale.

1915-1918> En exil, des hommes politiques slovènes, croates et serbes fondent le Comité yougoslave en vue de la création d'un Etat yougoslave commun, créé en 1918.

1920> Le traité de Rapallo attribue d'importants territoires croates à l'Italie : Istrie, Zadar et ses environs, les îles de Cres, Lošinj et Lastovo.

Avril 1941> Invasion allemande de la Yougoslavie et mise en place d'un gouvernement oustachi en Croatie - premier gouvernement croate sous la direction d'Ante Pavelić en collaboration avec les fascistes.

1945> La Croatie, dirigée par Tito, devient république fédérée de la République fédérale populaire de Yougoslavie, proclamée en 1946.

1971> " Printemps croate " : en réaction à la forte domination serbe au sein de la République fédérale populaire de Yougoslavie, des intellectuels croates réclament la formation d'une république croate plus autonome dans le cadre de la République populaire - Tito met brutalement fin à ce mouvement, une suite de grèves générales des ouvriers et étudiants.

1980 > Mort le 4 mai de Josip Broz, dit Tito.

1988-1990> La prise de pouvoir en Serbie de Milošević sera le début de la bataille pour la réalisation de la Grande Serbie. Par un véritable putsch Milošević abolit l'autonomie du Kosovo et de la Vojvodine et place ses partisans à la tête du Monténégro. Le bloc serbe paralyse ainsi le fonctionnement de la présidence collégiale yougoslave en contrôlant la moitié des huit représentants. En 1990, Franjo Tuđman, chef de la Communauté démocratique croate, est élu.

1991> La Croatie déclare son indépendance. Dès le printemps 1991, insurrections des terroristes serbes en Croatie soutenues par l'armée yougoslave, devenue l'armée serbe (régions de la Lika, Kordun, Banija et en Slavonie orientale). Début de la guerre contre les armées yougoslaves en Croatie depuis l'été 1991. Un quart du pays tombe aux mains des Serbes.

1er octobre 1991 - janvier 1992 > Siège de Dubrovnik.

1er octobre 1991 > La JNA envahit le Konavle et bombarde le mont Srđ à Dubrovnik.

23 octobre > Premiers bombardements dans la vieille ville de Dubrovnik.

6 décembre> Les bombardements " de la Saint Nicolas ", visant la vieille ville sont les plus intenses.

19 novembre 1991 > Le plan Kouchner pour Dubrovnik requiert l'arrêt de l'avancement de la JNA à Mokošica. La Croix-Rouge évacue des milliers de personnes. La Serbie est sanctionnée par la Communauté européenne et internationale.

Janvier 1992> Reconnaissance de l'indépendance croate par les membres de l'UE (le Vatican étant le premier) ; dès l'été 1992, la Croatie fait partie de l'ONU.

1995 > Signature des accords de paix de Dayton, aux Etats-Unis. Le conflit a fait près de 15 000 morts et 50 000 blessés.

1997> Réélection de Franjo Tuđman.

1998> La Croatie monte sur la troisième place du podium à la Coupe du monde de football.

1999> L'Otan déclenche la " guerre du Kosovo ". Milošević est inculpé pour crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal international. Mort de Franjo Tuđman.

Janvier 2000> Victoire de la coalition d'opposition lors des élections législatives.

Février 2000> Stjepan Mesić est élu président de la République de Croatie.

30 novembre 2000 > La Croatie accède à l'OMC.

2001> Accord de coopération avec l'Union européenne.

2002> La Croatie est candidate pour entrer à l'Otan.

Octobre 2003> Zagreb remet à la Commission européenne le questionnaire d'évaluation de son adhésion.

Eté 2004> Les Français découvrent la Croatie et arrivent en masse sur ses plages. Dubrovnik devient la coqueluche des Français.

Janvier 2005 > Réélection de Stjepan Mesić.

2007> Réélection de Ivo Sanader, Premier ministre pour un mandat de quatre ans.

Juin-Juillet 2009 > Le Premier ministre Ivo Sanader quitte son poste, Jadranka Kosor lui succède et devient la première femme Premier ministre en Croatie.

2009 > Poursuite des négociations pour une entrée dans l'Union européenne en 2011.

2010 > Ivo Josipović est élu président de la République de Croatie ; l'objectif UE est maintenu, les tractations se poursuivent pour une entrée imminente.

1er juillet 2013 > La Croatie devient membre de l'UE à part entière.

11 janvier 2015> Élections présidentielles. La conservatrice Kolinda Grabar Kitarovic, qui bat Ivo Josipović avec 50,74% des voix, est élue à la tête du Gouvernement.

Février 2016 > Elections législatives. Le Premier Ministre croato-canadien Tihomir Orešković est élu.

Septembre 2016> Elections législatives anticipées après la chute du gouvernement de Tihomir Orešković en juin 2016. Le conservateur Andrej Plenković devient Premier Ministre.

Juillet 2018 > Lors de la Coupe du monde de 2018, la Croatie accède à la finale contre la France. C'est finalement la France qui remporte cette Coupe du monde le 16 juillet.

2019 > Négociations en cours en vue de l'adhésion à l'espace Schengen et à la zone euro (objectif visé en 2022) et préparation de la première présidence croate du Conseil de l'UE (premier semestre 2020).

2020 > Depuis son élection en octobre 2016, le gouvernement d'Andrej Plenković travaille sur quatre objectifs majeurs qu'il s'est fixés d'ici 2020 : une croissance économique stable et durable, la création de nouveaux emplois, un renouveau démographique et l'encouragement à rester en Croatie suite aux départs massifs vers l'étranger, notamment vers l'Allemagne.

D'Épidaure à Dubrovnik

A l'origine de Dubrovnik, il y a surtout Epidaure (devenu par la suite, Cavtat, dans le Konavle), une ancienne colonie grecque qui tomba aux mains des Romains en 228 avant J.-C. Au VIIe siècle après J.-C, la population d'Epidaure fuit les invasions Avar et slaves et se réfugie sur le promontoire rocheux de Laus (Dubrovnik actuel). Il y édifièrent une ville qu'ils nommèrent Ragusium et qu'ils placèrent sous la protection de Byzance suite aux attaques marines des Arabes aux VIIIe et IXe siècles. Raguse se dote alors de remparts. Elle s'unit, au XIIe siècle, à sa voisine d'en face : Dubrava (dont le nom renvoie aux forêts de chênes abondantes à l'époque dans la région), peuplée par des Slaves. Le minuscule bras de mer qui séparait Dubrava de Raguse est alors comblé, il donnera la rue principale de Dubrovnik : le Stradun. Dubrovnik était né ! La cité allait connaître un développement fulgurant.

Celtes ou Illyriens ?

Plusieurs théories coexistent quant à l'origine des Croates, l'une d'entre elles affirme que les Croates seraient de descendance illyrienne, une autre évoque des racines celtiques, mais les deux théories les plus acceptées sont les théories slave et persienne. La théorie slave prétend que les Croates sont venus de Croatie blanche (Pologne actuelle). La théorie perse a pour fondement deux inscriptions grecques découvertes au tournant du II-IIIe siècle, en Azove à l'embouchure du Don, où le nom propre que l'on pense iranien de Horoathos est mentionné. Après la guerre de 1991-1995, les Croates se sont éloignés de la théorie slave afin de se distancier de la Yougoslavie. Quoi qu'il en soit, les tribus croates font partie des peuples qui descendirent du nord des Carpates vers la Méditerranée aux VIe et VIIe siècles après J.-C. Ils s'installèrent dans l'ancienne Illyrie, qui correspondait alors à ce que nous appelons maintenant la Pannonie et la Dalmatie, avec l'accord de Byzance. Charlemagne (764-814) contrarie la domination byzantine sur la Croatie. En 812, par la paix d'Aix-la-Chapelle, l'Illyrie est intégrée à l'Empire franc à l'exception de trois villes (Zadar, Trogir et Split) et de quatre îles qui restent sous domination byzantine. Ces trois villes et ces quatre îles seront revendiquées par Venise, puis par l'Italie, en 1915 et en 1941. Le premier ban (chef du gouvernement en Croatie) dont l'histoire retient le nom est Višeslav, au tournant des VIIIe et XIe siècles, mais celui-ci est à la tête d'un pays encore morcelé. Son successeur est Mislav (aux alentours de 830-845). Il établit sa capitale à Split. Le premier véritable souverain indépendant de Croatie est en réalité Trpimir (845-864). En 925, Tomislav devient le premier roi de Croatie et fonde un puissant royaume uni. La fin de son règne marque le début d'une longue période de déchirements. Le sort de Dubrovnik rejoint en partie celui de la Croatie à partir du XIVe siècle seulement, pour lui être entièrement lié à partir du XVIIIe siècle.

Naissance et prospérité de Raguse

Au tournant de l'an mille, le doge de Venise prend le contrôle de la côte adriatique croate : Raguse est obligée de reconnaître la souveraineté de facto de la Sérénissime, tout en continuant de flirter avec le pouvoir de Byzance et même avec les Normands, desquels elle récupérera, à la fin du XIIe siècle, de lucratifs marchés en Italie du Nord. L'organisation sui generis de la république de Dubrovnik (dont il n'est pas encore question à cette époque) se met déjà en place autour de la figure du recteur (knez), mentionné pour la première fois en 1181.

Venise prend le contrôle de Constantinople en 1204, ce qui met Dubrovnik à la merci de la Sérénissime. Raguse finit par lui appartenir : le doge place à la tête du rectorat la figure de son choix. Dubrovnik devient une cité-Etat élaborée sur le modèle vénitien. La régulation en termes de développement urbain et d'hygiène imposée par Venise (en 1272 notamment) sera conservée par la république de Raguse. Le commerce continue à fleurir et Venise se sert du port de Dubrovnik comme sa base dans l'Adriatique.

Expansions territoriales et début de la république de Raguse (XIVe siècle).

La première moitié du XIVe siècle est marquée par l'expansion territoriale de Dubrovnik. Toujours sous la tutelle de Venise, la cité entre en possession de l'île de Lastovo au début du siècle. En 1333, la cité obtient une concession sur la localité de Ston (presqu'île de Pelješac), lui donnant accès aux précieuses salines. Puis Dubrovnik acheta au roi de Bosnie une partie de la presqu'île de Pelješac et récupère également l'île de Mljet. La peste noire s'abat sur la ville en 1348.

En 1358, suite à la paix de Zadar, le roi hongrois Louis 1er d'Anjou règne également sur la Dalmatie : le doge est renvoyé chez lui et la ville de Dubrovnik accepte de faire partie du royaume hungaro-croate. En l'échange de quelques menues concessions (tribut annuel de 500 ducats, hommage rendu au roi et drapeau de la monarchie au vent lors de la venu du monarque...), Raguse put maintenir un pouvoir autonome, c'est le début de la république de Raguse qui survivra deux ans à l'arrivée des troupes napoléoniennes, en 1806.

Dubrovnik réussit une opération stratégique majeure en s'alliant à la couronne hongroise : les contributions attendues pèsent bien peu au regard de la large indépendance étatique, commerciale et territoriale dont elle jouit plusieurs siècles durant. Dubrovnik fut même autorisée à commercer avec la Serbie et Venise même lorsque le royaume hungaro-croate était en guerre contre ces deux puissances ! Raguse put de nouveau élire son recteur et prospérer comme jamais auparavant attirant ainsi de nombreuses populations : Grecs, Juifs, Allemands, Catalans, Italiens... tous furent tolérés et parvinrent même à se hisser jusqu'aux arcanes du pouvoir local. La population de Raguse était alors majoritairement slave.

Grâce à une maîtrise parfaite de la diplomatie et un savant jeu de balancier, Raguse étendit encore davantage sa zone d'influence. Elle acquit le reste de Pelješac (Primorje) en 1399 et en 1426, une grande partie du Konavle (dont la ville de Cavtat) lui revint. Elle signa de nombreux traités pour se protéger de Venise avec les villes d'Ancône, Ravenne et Pise. Charles VIII accorda à Raguse le droit de commercer dans les ports français, ce qui initie le début d'une relation privilégiée entre le Royaume de France et la cité de Dubrovnik. De nombreux Ragusains furent envoyés en France, nombre d'entre eux s'illustrèrent à la Sorbonne. La cité de Raguse se fit allié (et signa plusieurs traités consécutifs en 1430, 1458 puis 1481) du sultan Ottoman Sarhan, qui lui offrit de commercer sur le territoire turc. Alors que les puissances environnantes succombaient une à une à l'avancée ottomane vers l'ouest, Dubrovnik échangeait tranquillement avec la Sublime porte (contre 12 500 ducats annuels), bénéficiant ainsi d'un monopole sur la mer Noire que personne ne lui disputa jamais.

En 1481 : Raguse se mit officiellement sous la protection du sultan (autorité qu'elle reconnaîtra formellement jusqu'à la chute de la république de Raguse), une opération intelligente dont les bénéfices fut encore accrus en 1526, lorsqu'une bonne partie de la Hongrie est conquise par les Turcs (bataille de Mohács). Dubrovnik conserva une position neutre lors des conflits opposant la Chrétienté et l'empire ottoman, ce qui lui permit de commercer des deux côtés.

Dubrovnik connaît son âge d'or aux XVe et XVIe siècles, sa flotte était alors la troisième au monde (au XVIe siècle Dubrovnik mit une partie de sa marine marchande au service de l'Espagne). La prospérité de la cité était assurée par sa richesse en argent (mines serbes et bosniennes), en sel (Ston), ses nombreuses possessions territoriales et sa maîtrise sans faille de l'art naval et de la diplomatie (Raguse ouvrit de nombreux consulats à l'étranger).

La Renaissance fleurit à l'ombre de ses remparts, les grandes familles de la noblesse se firent alors mécènes : poètes, savants, architectes, peintres et sculpteurs renommés transforment la cité en perle de l'Adriatique. La langue croate acquit ses lettres de noblesse. L'école de Raguse (courant artistique) n'a alors rien à envier à ses équivalents florentin ou vénitien. Raguse donne naissance à des génies tels que Marin Držić (le Shakespeare croate), et plus tard à Ivan Gundulić ou encore à Ruđer Bošković (scientifique qui dirigea l'optique de la Marine de Paris à la fin du XVIIIe siècle).

La république de Dubrovnik, une cité-Etat maritime

Le terme de république de Dubrovnik désigne l'entité territoriale et politique bien particulière sous laquelle a été gouvernée la région de Dubrovnik pendant plusieurs siècles.

La république dura du 27 juin 1358 (traité de Zadar) au 31 janvier 1808 (prise de pouvoir par les troupes napoléoniennes). Deux précisions s'imposent tout de même : la mise en place du gouvernement de la république est préalable à son autonomie politique (les structures comme le grand et le petit conseils existaient déjà du temps de la domination vénitienne). D'autre part, si Dubrovnik s'est mise sous la protection de diverses entités (ottomane, hongroise, habsbourgeoise), elle ne leur remit jamais pour autant son autonomie qu'elle géra à travers un gouvernement propre.

Etendue géographique

En 1426, les frontières de la république suivent un tracé quasi définitif, l'autorité de la république s'étendait de l'île de Lastovo à la péninsule de Prevalka, en passant par Pelješac, le Konavle, l'île de Mjlet et les îles Elaphites. A son apogée (avant le tremblement de terre de 1667), la cité comptait 5 000 résidents au sein de la vieille ville pour 30 000 habitants au total.

Organisation politique et sociale

Pour éviter toute dérive tyrannique, Dubrovnik avait à sa tête un recteur (aussi appelé duc) au mandat strictement mensuel. Celui-ci - logé dans le palais du même nom - ne disposait d'aucun droit visite, ce afin de mieux se consacrer aux affaires de la cité-Etat ragusaine.

Purement aristocratique, la république de Dubrovnik était divisée en trois classes sociales : l'aristocratie, les artisans et les plébéiens. Le pouvoir était concentré entre les mains de la noblesse qui parlait italien et croate (la plèbe parlait, elle, le croate). Les artisans (mais aussi les marins, les marchands...) n'étaient consultés que sur certaines affaires et le reste de la population n'était pas représenté au sein de l'administration. Les mariages entre classes étaient rigoureusement interdits.

L'autorité de la république avait pour entités le grand conseil (organe suprême), le petit conseil (organe exécutif) - à partir de 1238 - et le sénat (instauré 1252). Le grand conseil était constitué par la noblesse. Le petit conseil (11 puis 7 membres), était élu par le recteur alors que le sénat (organe consultatif) comportait 45 membres, âgés de 40 ans et plus.

Si le gouvernement de la république était de fait élitiste, il demeura néanmoins plutôt libéral et juste : l'esclavage fut par exemple aboli dès 1418, une rareté au sein du continent européen. il fallait par contre être catholique pour pouvoir prétendre à la citoyenneté ragusaine.

La république a été dominée par une petite poignée de familles patriciennes telles que les Gozze, Bona, Caboga, Cerva, Gondola, Ghetaldi, Giorgi, Gradi, Pozza, Saraca, Sorgo, and Zamanya. Les mariages consanguins (au 3e et 4e degré) assuraient la conversation de rang de chacune des familles.

La république avait pour devise : Non bene pro toto libertas venditur auro, soit : " La liberté ne se vend pas, même pour tout l'or du monde ".

Début du déclin : la fin d'une cité-État

Le tremblement de terre de 1667, qui détruit les trois quarts de la ville - sans affecter les remparts - et emporta près de la moitié de la population de la cité (4 000 âmes) y compris le recteur de l'époque (Šišmundo Getaldić), marque le début d'un lent déclin.

La ville est reconstruite dans un style baroque épuré, c'en est fini des extravagances. L'essor du commerce atlantique porte un coup aux finances de la république de Raguse : la route des épices lui échappe. Et pour tenir tête à Venise qui menace ses côtes, Dubrovnik doit même céder des territoires aux Ottomans (notamment Neum, langue de terre qui appartient désormais à la Bosnie - Herzégovine et qui coupe le territoire croate).

Les nombreux revers essuyés par les Ottomans en Europe centrale (les troupes du sultan sont démises aux portes de Vienne en 1683, et chassées de Budapest en 1686), poussent Dubrovnik à changer de maître. En 1684, la cité s'en remet à la Vienne des Habsbourg, arguant du bon vieux traité d'alliance de 1358. En l'échange d'un tribut de 500 ducats par an, Dubrovnik assure sa sécurité, tout en continuant de reconnaître la souveraineté de l'empire ottoman... Raguse est démise dans son entreprise d'ouvrir un consulat à Zagreb, l'Autriche s'y opposant fermement : preuve que la cité n'est plus aussi puissante qu'auparavant.

A la fin du XVIIIe siècle, Dubrovnik fait le choix de remettre sa souveraineté à la France plutôt qu'à la Russie. En 1806, les troupes de Napoléon envahissent Dubrovnik, la fin de la république de Raguse est proclamée deux ans plus tard. La région de Dubrovnik est rattachée aux provinces illyriennes. En 1815, suite au Congrès de Vienne, Dubrovnik intègre l'empire austro-hongrois.

Son avenir est désormais lié à celui de la Croatie dont elle fait pleinement partie. Quelques décennies plus tard, la Croatie est en pleine effervescence nationaliste et tente d'assouplir la mainmise de Vienne.

Les forces politiques croates élaborent à cette période leur programme, fondé sur l'abolition du régime féodal, l'unification des régions croates et l'élection d'une assemblée représentative. Josip Jelačić (1801-1859) promulgue le premier programme politique croate lors de la grande réunion de l'Assemblée nationale qui se tient à Zagreb en 1848. Le comte Janko Drašković, acteur du mouvement, réclame dans son oeuvre Dissertation, la réunification des territoires croates, la constitution d'un gouvernement autonome et l'adoption du croate comme langue officielle. Dans l'espoir de contrer ce mouvement, les Habsbourg le nomment nouveau ban (gouverneur de la Croatie). Il envoie alors l'armée croate combattre la révolution qui menace les Habsbourg en Hongrie. L'autorité des Habsbourg rétablit, ceux-ci font disparaître toute autonomie en Hongrie comme en Croatie dont ils suppriment les institutions qui ne seront rétablies qu'en 1860. Ce sont les revendications nationalistes qui poussent François-Joseph (1848-1916) à diviser le pays : tandis que l'Istrie et la Dalmatie restent sous autorité autrichienne, le reste de la Croatie passe sous autorité hongroise, avec un ban à sa tête.

L'accord croato-hongrois de 1868 établit un simulacre d'indépendance.

Dans le contexte d'un pays politiquement reconnu mais divisé, un certain nombre de partis politiques voient le jour après l'échec du mouvement illyrien. Ante Starčević crée le parti du droit dont le but est la constitution d'un Etat croate indépendant. L'évêque Strossmayer et son parti national réclament aussi l'union des Slaves du Sud. Apparaissent également des mouvements politiques qui ne sont pas favorables à la constitution d'un Etat croate. En particulier, en Serbie, certains commencent à réclamer le rattachement de la Dalmatie à la Serbie. En Dalmatie justement, les opposants à cette union avec la Croatie créent un mouvement autonomiste, qui met l'accent sur la parenté avec l'Italie. A la fin du XIXe siècle se constitue une coalition serbo-croate qui se rassemble autour de l'opposition à l'Autriche-Hongrie. Elle remporte les élections de 1906.

Korčula, une autre histoire...

Si l'ensemble des localités traitées dans ce guide ont suivi à peu de choses près la même histoire puisqu'elles furent administrées par la république de Dubrovnik pendant près de quatre siècles, ce n'est pas le cas de l'île de Korčula, dont le développement s'est effectué sous l'administration vénitienne de manière ininterrompue de 1426 à 1797.

L'île de Korčula, après avoir connu une courte période d'autorité byzantine, a été une des seules entités de la région à rejoindre l'Etat croate de Tomislav au Xe siècle. Mais, c'était sans compter sur Venise, qui conquit en partie l'île en l'an mille. Korčula appartiendra par la suite à la république de Gênes, à la couronne hungaro-croate, à la Bosnie, et à la république de Dubrovnik (mais 7 ans seulement, soit de 1413 à 1420), avant de repasser entre les mains de Venise au XVe siècle.

Suite au congrès de Vienne de 1815, Korčula rejoint la Dalmatie et l'Autriche-Hongrie. Korčula sera intégré au royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes, en 1921, après trois ans d'occupation italienne.

Dubrovnik au sein de la Yougoslavie

La Première Guerre mondiale bouleverse la carte de l'Europe, et notamment l'organisation étatique de la péninsule balkanique. La Serbie se trouvant du côté des vainqueurs, l'hégémonie serbe l'emporte sur la volonté croate de fonder un vaste Etat rassemblant de manière égalitaire les peuples slaves du Sud. Un royaume des Serbes, Croates et Slovènes, dominé par la Serbie, se constitue.

La Diète croate n'existe plus, et la Croatie perd son identité étatique. Belgrade exerce une pression policière sur le nouvel Etat. En 1928, Stjepan Radić, le président fondateur du parti paysan croate, qui s'exprime pour une orientation fédérale de l'Etat, est victime d'un attentat.

En 1929, le roi (serbe) Alexandre Karađorđević crée la Yougoslavie. C'est le début d'une période de dictature qui s'accompagne d'une intensification de la répression. Le roi est assassiné à Marseille en 1934 par un membre des Oustachis (Les Insurgés), mouvement révolutionnaire nationaliste croate fondé dans l'ombre par Ante Pavelić. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, un accord est signé entre Vlatko Maček, qui a succédé à Stjepan Radić et le régent Paul. Les Croates obtiennent l'autonomie pour la gestion des affaires intérieures sur un territoire qui rassemble à peu de choses près la totalité des terres historiques du pays.

La Seconde Guerre mondiale chamboule ce compromis. La Yougoslavie est démantelée au cours du printemps 1941 et subit l'invasion des troupes allemandes, italiennes, hongroises et bulgares.

Ante Pavelić, soutenu par les Italiens, devient le chef de l'Etat indépendant de Croatie, qui comprend, en fait, la Croatie et la Bosnie-Herzégovine, tandis que Pierre II et le gouvernement légal émigrent à Londres. A quelques territoires près, la Dalmatie devient italienne.

La résistance croate commence à s'organiser pendant l'été 1941. Deux mouvements principaux voient le jour : celui des tchetniks, royaliste, dirigé par le général serbe Draža Mihajlović et au début soutenu par les Anglais, et celui de Tito, secrétaire du parti communiste depuis 1937, " les partisans ".

Par un mécanisme qui n'est pas propre à l'histoire du parti communiste en Croatie, c'est la résistance qui va conduire les communistes au pouvoir. Les deux mouvements de résistance, d'abord unis, entrent bientôt en opposition.

Les partisans de Tito, en Bosnie, repoussent des offensives allemandes avec beaucoup de succès, appuyés par les tchetniks.

En 1942, un conseil antifasciste de libération nationale (AVNOJ) se constitue et, en 1943, les Alliés qui soutenaient Mihajlović dans la première partie de la guerre apportent leur soutien à Tito. Celui-ci prend la tête du gouvernement en mars 1945 et constitue un gouvernement dont plusieurs ministres en exil sont membres.

La Croatie communiste au sein de la fédération yougoslave.

Les élections du 11 novembre 1945 à l'Assemblée constituante, les premières depuis la Libération, sont favorables au front populaire que domine le parti communiste. Le 29 novembre, l'Assemblée proclame la république avec Tito comme président. Une fédération de six républiques (Slovénie, Croatie, Serbie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro et Macédoine) et de deux régions autonomes (Kosovo et Voïvodine) est constituée.

La Constitution du 31 janvier 1946 organise la seconde Yougoslavie en un Etat totalitaire sur le modèle soviétique. Un régime de parti unique s'établit, dominé par la personnalité de Tito. Un processus de planification et de nationalisation est mis en place.

La rupture avec l'Union soviétique en 1948 entraîne des difficultés économiques, mais la Yougoslavie n'abandonne pas le titisme, fondé sur l'autogestion, la décentralisation économique et l'assouplissement de la collectivisation et de la planification. Les institutions stratégiques sont progressivement dominées par les Serbes, de loin le peuple dominant dans le nouvel Etat.

Le régime suit une évolution démocratique entérinée par la Constitution de 1963 qui donne plus de poids à la démocratie directe, renforce l'autonomie des fédérations et laisse une place à l'économie de marché. En 1970, le parti communiste croate condamne l'unitarisme, mais le " printemps croate " de 1971 est un échec : le mouvement d'indépendance anti-yougoslave est réprimé dans le sang, et Tito dissout la section procroate du parti communiste de Croatie (KPH). Des dissidents politiques sont condamnés à des peines de prison.

En 1981, Franjo Tuđman, ancien général de l'armée des partisans, historien militaire, est condamné à trois ans de prison avec interdiction de s'exprimer en public pendant cinq ans.

Il y a quand même un changement de Constitution en 1974, qui instaure à peu de chose près une Yougoslavie confédérale. Après la mort de Tito en 1980, les fonctions présidentielles sont exercées collégialement. Cependant, ce n'est pas le changement de Constitution qui résout les problèmes nationaux ni les difficultés économiques et politiques. Les changements de président ainsi que plusieurs scandales économiques nourrissent le mécontentement de la population.

Schématiquement, on peut dire que la Slovénie et la Croatie, les moteurs économiques de la Yougoslavie, revendiquent une participation aux assemblées qui se tiennent à Belgrade où sont prises les grandes décisions économiques et politiques, tandis que le gouvernement de Belgrade, de son côté, se concentre essentiellement sur la répression des revendications nationalistes qui fleurissent au Kosovo à partir de 1983 et sur le maintien de son autorité.

Les ombres dans la biographie de Tito

La biographie officielle de Tito comporte des zones d'ombre et renferme bon nombre d'énigmes. Les années 1912-1926 sont particulièrement floues. Josip Broz s'est-il engagé dans l'armée autrichienne en 1912 comme volontaire ou en 1913 comme mobilisé ? Où a-t-il acquis le goût du luxe et les bonnes manières (il jouait du piano et pratiquait l'escrime, occupations peu communes au sein de la petite paysannerie) ? Dans une école de sous-officiers à Zagreb ou plutôt dans une école de contre-espionnage en Hongrie ? Josip Broz était-il en Croatie ou en Russie entre 1921 et 1925 ? Tito était-il croate, allemand de Hongrie, hongrois, tchèque ?

En 1926, il parlait un croate et un russe approximatifs, mais un allemand parfait ; pourquoi ? Etait-il vraiment Josip Broz ? Si oui, pourquoi parlait-il si mal sa langue maternelle et pourquoi ne rendit-il pas visite à sa mère entre 1912 et 1945 ? Quand, en 1945, il se rendit à Kumrovec pour la première fois depuis trente-trois ans, sa mère ne le reconnut pas ; elle mourut trois mois après. Ce que l'on sait de Tito en tout cas, en se tenant à la version officielle, c'est qu'il est né en 1892 dans le petit village de Kumrovec dans les environs de Zagreb. Il est fils d'un Croate et d'une Slovène. Tito a travaillé tout d'abord comme ouvrier métallurgiste avant d'embrasser une carrière dans l'armée. C'est en 1920 qu'il entre au parti communiste où il soutient les idées révolutionnaires. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se retrouve à la tête des résistants.

En 1953, il est élu président de la République et incarne l'unité du pays dans la lutte contre l'ennemi. Il est le symbole de l'indépendance, de l'autonomie et de la fierté du pays. Il décède en 1980 et demeure un personnage controversé au sein des pays de l'ex-Yougoslavie.

Le siège de Dubrovnik

Alors qu'en 1989, Milošević part en croisade pour anéantir l'autonomie du Kosovo et de la Voïvodine et cherche à contrôler les autorités yougoslaves, en Croatie, on instaure le pluripartisme.

Les élections croates d'avril et mai 1990, les premières élections libres pluripartites, sont remportées par le HDZ (Union démocratique croate) de Franjo Tuđman.

Trois mois plus tard, on assiste au début de la rébellion des Serbes de Krajina (une république serbe autonome avec pour capitale la ville de Knin est proclamée à Krajina).

Le 22 décembre de la même année, le Parlement proclame Franjo Tuđman président de la Croatie, avec une nouvelle Constitution. Le 19 mai 1991, un référendum autorise les dirigeants croates à continuer les pourparlers de confédération avec la Yougoslavie ou, en cas d'échec, à proclamer l'indépendance de la Croatie.

Le 13 juin 1991, l'armée yougoslave attaque la Croatie et, huit jours plus tard, le Parlement déclare la souveraineté et l'indépendance du pays. La Croatie est envahie, Dubrovnik le sera aussi.

Le siège de Dubrovnik. La propagande s'enflamme au Monténégro. L'armée yougoslave, la JNA, lance une mobilisation ayant pour but de préparer l'invasion de Dubrovnik, devenue une nécessité aux yeux des dirigeants monténégrins afin de protéger l'intégrité du Monténégro (et de la Yougoslavie) face à la menace croate sécessionniste. Le premier ministre monténégrin Djukanovic lance alors " les autorités croates ont voulu la guerre, ils vont l'avoir ! ". Le 1er octobre 1991 le Konavle est envahi à l'aube par l'armée du JNA et une poignée de réservistes monténégrins. Alors que les troupes avancent vers la ville de Dubrovnik en suivant plusieurs axes géographique (le Konavle, le Primoje, et la Rijeka Dubrovačka), le Premier ministre serbe Dragutin Zelenovic envoie une lettre aux autorités croates, accusant la Croatie de préparer une attaque sur la Bosnie-Herzégovine et les bouches de Kotor (Monténégro). A l'époque, les autorités du Monténégro et la Serbie faisaient circuler le message que Dubrovnik était armé jusqu'aux dents et que 30 000 oustashis, aidés de mercenaires turcs menaçaient d'envahir la région de Kotor. En réalité Dubrovnik et ses environs étaient très faiblement militarisés depuis plus de trente ans et donc particulièrement vulnérables...

Le siège de Dubrovnik allait commencer. La pression exercée par la communauté internationale, frappée par les destructions et la brutalité des attaques dans une ville aussi touristique que Dubrovnik, a fait que les troupes ennemies n'ont pas osé prendre directement la vieille ville d'assaut, de même à Cavtat, où la population des villages du Konavle s'était réfugiée en grand nombre dans la ville. Ce qui n'a pas empêché les bombardements et la disparition de dizaines de civils.

Le 1er octobre, la JNA bombarde le mont Srđ, dans les hauteurs de Raguse. Deux jours plus tard des bombes ravagent l'hôtel Belvedere à l'est de la vieille ville. Le 5 octobre, la localité portuaire de Slano, au nord de Dubrovnik, tombe aux mains de la JNA (coupant Dubrovnik du reste de la Croatie), il en va de même pour Cavtat, Mlini, Kupari (riviera sud), le 23 octobre. Le même jour, la vieille ville connaîtra ses premiers bombardements. Le palais Sponza, l'église jésuite, la Tour de l'horloge sont touchés. La population locale se réfugie massivement dans les hôtels de Lapad et Babin Kuk.

Le 30 octobre, la JNA reprend ses tirs, la vieille ville est à nouveau endommagée (et un civil, tué), et vise aussi les complexes hôteliers de l'ouest de la ville. Le 9 novembre, Lapad, Gruž et le fort impérial de Srđ sont bombardés. Le 19 novembre, le plan Kouchner pour Dubrovnik requiert l'arrêt de l'avancement de la JNA à Mokošica. Le 6 décembre, les bombardements de la Saint Nicolas, visant la vieille ville sont les plus intenses. Il faudra attendre janvier 1992 pour qu'un cessez-le-feu négocié en partie par les Nations unies entre en vigueur et plusieurs mois pour que les localités de la région soient entièrement libérées. Le siège de Dubrovnik aura provoqué la mort d'une centaine de civils et la destruction (partielle) de près de 70 % des édifices de la vieille ville, sans parler des hôtels en ruine...

Durant les combats et bombardements, électricité et eau seront coupées (du 1er octobre jusqu'à fin décembre pour certains foyers), une partie de la population trouva refuge dans les grands hôtels ou les fortifications de la vieille ville - qui n'avaient guère servi depuis des siècles. Plusieurs bateaux ont également permis l'évacuation d'une bonne dizaine de milliers de Dubrovnikois par la mer. De nombreux villages, monastères, églises... ont été pillés.

Vers une résolution du conflit croate et début de la guerre de Bosnie. Finalement, au début de l'année 1992, l'indépendance de la Croatie est reconnue par la communauté internationale, en même temps que celle de la Slovénie. L'armée yougoslave (JNA), dont l'état-major est désormais constitué uniquement de Serbes, se fixe alors pour mission le salut de l'Etat yougoslave. La guerre commence. En Croatie, les combats qui opposent les Serbes aux Croates ont notamment pour enjeu la ville de Vukovar et la Krajina. Le conflit gagne ensuite la Bosnie-Herzégovine, opposant Croates, Serbes et Bosniaques.

Le retour de la paix. La libération du territoire croate est entamée au cours de l'été 1995 et dure jusqu'au début de 1998. La Croatie signe en 1995 les accords de Dayton avec les Serbes et les Bosniaques qui garantissent les conditions de la paix en Bosnie-Herzégovine.

Quand l'Otan lance au printemps de 1999 des représailles aériennes contre la Serbie en raison du nettoyage ethnique opéré contre les Albanais du Kosovo, le gouvernement croate apporte son soutien politique et logistique. Milošević est inculpé pour crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal international. En juin de la même année, la Croatie participe à l'inauguration du pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-Est. Franjo Tuđman meurt d'un cancer le 12 décembre 1999.

Franjo Tuđman

Franjo Tuđman est né le 14 mai 1922 dans un village de la région de Zagreb, dans une famille de paysans aisés. Il fait une carrière militaire jusqu'au grade de général et quitte l'armée en 1961 pour se consacrer à la recherche historique. Ses travaux le font emprisonner en 1972 et en 1981, et il commence alors à être perçu comme un véritable opposant au régime. Il fonde l'Union démocratique croate en 1989 pour réclamer l'indépendance du pays. Leader du HDZ (l'Union démocratique croate), il est élu président de la République lors des premières élections d'avril 1990, puis réélu en 1995. Il meurt à la fin de l'année 1999. Le pont de Gruž à Dubrovnik porte son nom.

Objectif Union européenne

Depuis son indépendance, la Republika Hrvatska (HR) est une république parlementaire démocratique qui s'appuie sur la Constitution du 22 décembre 1990, inspirée de la Ve République française.

Le pouvoir exécutif est assumé conjointement par le président de la République (élu au suffrage universel direct pour cinq ans et rééligible une fois.) et le gouvernement, avec à sa tête le Premier ministre (nommé par le président de la République en respect avec la coloration politique de la majorité du parlement croate). Jusqu'en 2001, le Sabor (parlement croate) comprenait une Chambre des députés et une Chambre des comitats (régions) qui possédaient des pouvoirs distincts. Il devient monocaméral le 28 février 2001.

Depuis l'an 2000, la Croatie cherche à se mettre en avant sur la scène internationale et a visé l'Union européenne.

Stjepan Mesić, leader de l'opposition, a été élu président de la République de Croatie en février 2000, remplaçant Franjo Tuđman, nommé président en 1990 (élu à la fin de la guerre). Son mouvement politique a rassemblé six partis du centre gauche. Les élections législatives avaient vu la victoire, avec plus de 56 % des suffrages, de la coalition d'opposition rassemblant six partis autour du SPD et du HSLS. Le HDZ sortant n'avait guère récolté que 27 % des voix.

L'équipe de Mesić a axé son programme sur l'intégration de la Croatie au sein de l'Union européenne. Stjepan Mesić est reconduit dans ses fonctions de président lors des élections de 2005, il a assuré les fonctions de président de la République de Croatie jusqu'au 18 février 2010.

En 2010, c'est Ivo Josipović qui a été élu président de la République de Croatie avec 60,26 % de voix. C'est le troisième président de la Croatie depuis l'indépendance. Sa politique est basée sur la lutte pour la justice en Croatie, afin de faciliter son entrée dans l'UE. Ivo Sanader, à la tête du HDZ, le parti libéral de Franjo Tuđman aujourd'hui réformé, a été nommé Premier ministre le 23 décembre 2003. Auparavant, la coalition de centre-gauche avait à sa tête Ivica Račan (le Premier ministre de février 2000 au 23 décembre 2003). Elle a perdu les élections législatives de décembre 2003.

Ivo Sanader a été le premier chef du gouvernement à être originaire de Dalmatie.

Entre juin 2009 et décembre 2011, suite à la démission d'Ivo Sanader, le Premier ministre de la Croatie est, pour la première fois dans son histoire, une femme, Jadranka Kosor. Des élections anticipées ont lieu en décembre 2011, suite à la dissolution du parlement croate. Celles-ci portent les socialistes du SDP au pouvoir : Zorán Milanović devient Premier ministre.

En juin 2004, le Conseil européen ouvre la voie en octroyant à la Croatie le statut de pays candidat à l'adhésion. Le gouvernement croate souhaite alors conclure un accord avec Bruxelles pour 2007. Zagreb devra se conformer aux exigences européennes : coopération avec le Tribunal pénal international, bonnes relations avec ses voisins (Slovénie, Bosnie-Herzégovine, Serbie), lutte contre la corruption, réforme judiciaire, etc. En 2006 les réformes vont bon train en Croatie pour remplir les critères d'adhésion. Les négociations ont longtemps buté sur quelques points importants tels que la lutte contre la corruption, le retour des réfugiés et le soutien sans faille à l'action du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. La Croatie avait néanmoins toutes les raisons d'espérer une adhésion à l'horizon 2008/2009. Cependant, le rejet du traité de Lisbonne par les Irlandais le 12 juin 2008 donne un sérieux coup d'arrêt aux négociations, répandant l'idée qu'il ne peut y avoir d'autres élargissements sans traité de Lisbonne. En 2009, à cause de la crise institutionnelle en Europe, l'entrée de la Croatie est reportée.

En 2010, il restait encore quelques chapitres de négociation non clos comme celui de la concurrence, du développement rural et agricole, de la justice ainsi que le dossier environnement, ainsi que la lutte contre la corruption. La même année, le nouveau président de la République Ivo Josipović commence une politique de lutte contre la corruption. Son slogan est " la lutte pour une Croatie meilleure et plus juste ".

Suite à un référendum positif à 66 % en Croatie (en janvier 2012), le pays est devenu le 28membre de l'UE au 1er juillet 2013.

Aujourd'hui, la Croatie poursuit les négociations en vue de l'adhésion à l'espace Schengen et à la zone euro (objectif visé en 2022). Le pays prépare également la première présidence croate du Conseil de l'UE (premier semestre 2020).

Vous avez dit croate ?

Ce sont les Romains qui ont donné le nom de " croate " aux tribus qui vivaient en Croatie à l'époque des conquêtes romaines. L'explication porte à sourire : ces tribus, lorsqu'elles envahissaient les camps des Romains, criaient toujours : " Huraa ! Huraa ! U rat " (Huraaaa ! Huraa ! En guerre !). Les Romains les ont nommés tout d'abord " Hurati ", mais du fait de l'absence de son H en latin, ils ont fini par les appeler " Kroati ".

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