Guide du SAINT-PÉTERSBOURG (САНКТ-ПЕТЕРБУРГ) : Histoire

Bataille de la Moskova, statue de soldats de l'Armée Rouge.
Bataille de la Moskova, statue de soldats de l'Armée Rouge.
Personnages historiques

Alexandre Kerenski (1881-1970)

Né à Simbirsk comme Lénine, il achève ses études à la faculté de droit de Saint-Pétersbourg et devient membre du Comité d'aide aux victimes du Dimanche rouge. Il joue un rôle de défenseur lors des procès politiques, comme celui des bolcheviks, membres de la quatrième Douma. Membre de la Douma, il devient populaire grâce à sa critique du gouvernement ; il considère la révolution comme un moyen de sauver l'Etat, et mène, au sein de la Douma, la lutte pour le rétablissement des droits démocratiques. Lors de la révolution de Février, il est l'adjoint du chef du conseil de Petrograd. Membre du Parti socialiste-révolutionnaire, il devient, au mois d'août, chef du gouvernement provisoire.

La révolution d'Octobre met fin à sa carrière politique. Kerenski quitte Petrograd, pour, à partir de 1918, vivre à l'étranger. Il meurt à New York, dans la misère, après avoir survécu à tous ses alliés et ennemis politiques.

Vladimir Lénine (1870-1924)

Pendant les années soviétiques, Saint-Pétersbourg (Leningrad) est appelée, avec raison, le berceau de la révolution russe. C'est ici qu'est né, le mouvement révolutionnaire terminé par la révolution d'Octobre. Organisateur du Parti bolchevik et fondateur de l'Etat soviétique, Lénine vit à Saint-Pétersbourg de 1893 à 1895. Durant cette période, il fonde l'Union de lutte pour la libération du prolétariat. Il y retourne en 1905 pour diriger la première révolution russe. En exil jusqu'en 1917, arrive à Petrograd en avril et prend la tête du coup d'Etat d'octobre. En mars 1918, la capitale de l'Etat est transférée à Moscou, il y déménage avec le Comité central du parti et le gouvernement soviétique.

Après sa mort, en 1924, Saint-Pétersbourg est rebaptisée Leningrad, la ville de Lénine. Le musée historique Lénine se trouve dans l'ancien institut Smolny, d'où il a dirigé le coup d'Etat.

Alexandre Menchikov (1673-1729)

Compagnon d'arme de Pierre le Grand. Prince, généralissime, grand homme d'Etat, chef militaire lors de la guerre du Nord, premier préfet de Saint-Pétersbourg. Favori de Catherine Ire, pendant son règne, il est le véritable gouverneur de la Russie. A l'avènement de l'empereur Pierre II, Menchikov, tombé en disgrâce, est exilé en Sibérie, à Berestov.

Pierre le Grand (1672-1725)

Nommé tsar à l'âge de 10 ans, il n'entre réellement en fonction qu'à partir de 1694, âgé alors de 22 ans. Géant légendaire de la Russie, il semble avoir adapté ses ambitions à sa taille et aux dimensions du pays, qu'il a rendu le plus puissant d'Europe. Partisan convaincu de l'expérimentation, il voyage dans les pays européens incognito (sous le nom de Pierre Mikhaïlov), s'enrôle dans sa propre armée comme seconde classe, avant de signer le décret le nommant officier. On dit qu'il arrache de ses mains les dents de ses proches, et qu'il a appris tant de métiers différents qu'il n'y a rien qu'il ne pouvait fabriquer seul. Ce souverain éclairé aux idées très modernistes est capable de nommer préfet de police un moussaillon, et son plus fidèle serviteur, Menchikov, avait été, dit-on, vendeur ambulant de pâtés. C'est lui qui réforme profondément l'administration et la société en l'occidentalisant (il aligne le calendrier russe sur le calendrier romain), fonde Saint-Pétersbourg en 1703 et gouverne tout au long de son règne, avec fermeté et esprit de réforme. Les historiens s'accordent pour voir en lui l'un des souverains européens les plus marquants de notre ère.

Grigori Raspoutine (1872-1916)

Fils du peuple, illettré mais intelligent et rusé, Raspoutine exerce, en tant que mage et guérisseur, une influence illimitée sur Nicolas II, son épouse Alexandra et leur entourage le plus proche. Fortement prédisposée au mysticisme, l'impératrice voit dans l'apparition de ce prophète une expression de la volonté divine. Raspoutine devient le seul guérisseur du tsarévitch Alexis - malade d'hémophilie - et ne manque pas de profiter de son pouvoir. Il est assassiné par un groupe de monarchistes, dont le prince Alexandre Youssoupov, tous ces nobles ayant décidé de sauver l'honneur de la famille impériale.

Anatoli Sobtchak (1937-2000)

Né à Tchita, l'ancien maire de Saint-Pétersbourg fait ses études à la faculté de droit de l'université de Leningrad. Il est élu maire de Saint-Pétersbourg aux élections municipales de 1991, mais battu cinq ans plus tard par son premier adjoint Yakovlev. Il est obligé de quitter la Russie pendant quelques années à la suite d'une campagne orchestrée contre lui par les médias. Après son exil en France, il rejoint, en fevrier 2000, le candidat Poutine, mais meurt le 20 février des suites d'un infarctus.

Galina Starovoïtova (1946-1998)

Née à Tcheliabinsk, elle habite Leningrad entre 1948 et 1987. Députée de la Douma, formée à l'université de Leningrad, elle est la conseillère du président pour des questions nationales. Spécialiste du Caucase, elle travaille avec Sakharov et prend part à l'élaboration de la nouvelle Constitution. Elle est assassinée le 20 novembre 1998 à l'entrée de son immeuble.

Piotr Stolypine (1862-1911)

Né d'une famille de vieille noblesse à laquelle appartient Lermontov, Stolypine est à 39 ans le plus jeune gouverneur de Russie. Il se distingue par ses dons oratoires, mais aussi par sa fermeté dans la répression des troubles de 1905. Son projet de réforme agraire, alors qu'il devient l'année suivante ministre de l'Intérieur, le rend célèbre. Mais il ne peut pas achever son oeuvre qui aurait pu créer la classe moyenne, dont la Russie avait tant besoin. Il est assassiné à Kiev par l'anarchiste et agent de l'Okhrana, Bogrov. Nicolas II ne l'aimait pas et n'assiste même pas à ses funérailles.

Légendes pétersbourgeoises

Autour de la création de la ville

Sachez tout d'abord que le nom de la ville n'est pas celui de Pierre le Grand. En réalité, bien avant la fondation de la ville, en 1697, lors de la prise d'Azov, Pierre a l'idée de fonder une forteresse en l'honneur de son patron céleste. Tout comme l'apôtre Pierre est le gardien de la clef du Paradis, la forteresse doit devenir la clef ouvrant la voie à la mer. Six années plus tard, après avoir perdu les territoires conquis sur la mer d'Azov au profit des Turcs, Pierre Ier fonde une forteresse au nord du pays et lui donne le nom de Saint-Pierre : Saint-Pétersbourg. Cela dit, les explications sur l'origine du nom même de la ville sont multiples : mot d'origine suédoise, toponyme, décision du tsar... Signe que la magie et le mystère de Saint-Pétersbourg sont aussi présents dans le mythe de sa fondation.

Au début du XVIIIe siècle, les boyards moscovites considèrent Pierre Ier comme l'hypostase de l'Antéchrist. Comment, en effet, expliquer autrement qu'il ait transféré la capitale à Saint-Pétersbourg, qu'il ait ordonné aux hommes de raser leur barbe et de porter des vêtements européens, qu'il ait fait appel à des étrangers et qu'il ait fait de roturiers ses favoris ? Sur son ordre, on interrompt tous les travaux de construction en pierre sur l'immense territoire de la Russie, et l'on va même jusqu'à démonter les fondations des églises, afin de bâtir la ville de l'Antéchrist.

Eudoxie Lopoukhina, première femme de Pierre, forcée par son mari à prendre le voile, prédit le proche déclin de la ville, prédiction qui figure dans les dossiers de l'enquête sur l'affaire du tsarévitch Alexis. Depuis sa fondation, les inondations ont menacé constamment Saint-Pétersbourg et, aujourd'hui encore, les éléments essayent de l'engloutir.

Les premières constructions font leur apparition dans ce qui est devenu le quartier de Petrogradskaya Storona, l'île Petrogradski. Le tsar fait bâtir son palais d'été dans le quartier de l'amirauté, à côté du chantier naval, afin d'inciter les habitants à venir aménager cette zone. Le bâtiment des Douze Collèges (l'université actuelle), qui, à l'origine devait être situé le long de la Neva, est paraît-il légèrement déplacé, pour faire de la place au palais de Menchikov, une impertinence qui vaut à ce dernier de se faire corriger par l'empereur. La façade du bâtiment des Douze Collèges donne à l'époque sur la place centrale et non pas sur la Neva, devenue assez tardivement l'un des axes principaux de la ville.

Autres légendes de Montferrand à nos jours

On dit que Montferrand, l'architecte de la célèbre cathédrale Saint-Isaac, est mort de chagrin un mois après la consécration de son ouvrage. Il a perdu la faveur de l'empereur Alexandre II, qui ne répond même plus à ses salutations. La raison en est plus qu'innocente : Montferrand s'est fait représenter dans la cathédrale tenant la maquette de son ouvrage entre les mains, la tête droite, et non inclinée vers saint Isaac. L'empereur a vu dans cette attitude un signe d'incorrection et l'absence de respect envers le pouvoir.

Mais on dit bien d'autres choses à propos de cette ville qui, décidément, excite les imaginations. Ainsi, on prétend qu'un Anglais, arrivé à Saint-Pétersbourg avec son voilier, a jeté l'ancre en face du palais d'été refusant de descendre à terre. Charmé par les " nuits blanches ", il décide de rester là en arguant que nulle part, il ne saurait voir quelque chose d'aussi beau.

La légende veut que la princesse Tarakanova, une prétendante au trône à l'époque d'Elizabeth Ie, soit morte noyée dans sa cellule, à la forteresse Pierre-et-Paul, lors de l'inondation de 1777. K. Flavitski s'est même inspiré de cette tragédie pour son tableau le plus célèbre. Cependant, si la princesse Tarakanova est bien morte dans cette forteresse, c'est deux ans avant la fameuse inondation.

Toujours selon la légende, Catherine II a donné un formidable festin dans la galerie sur Zimniaya Kanavka, afin de convaincre les mauvaises langues de la solidité de l'arche construite par Quarenghi.

On dit aussi que Falconet a rapporté à Paris des fragments du bloc de granit, ayant servi à sculpter le monument de Pierre le Grand pour les offrir à ses amis. La nouvelle mode parisienne voulait, paraît-il, que ces cailloux soient sertis et portés en guise de bijoux. Il est fort probable qu'à Paris, on n'ait jamais entendu parler de cette histoire, mais les habitants de Saint-Pétersbourg s'empressent de commander boutons de manchettes et pommeaux de canne, fidèlement sculptés dans ces mêmes cailloux.

Il paraît que la couleur du château Mikhaïlovski a pour modèle celle des gants de bal d'Anne Lopoukhina, envoyés par Paul Ier à l'architecte V. Brenna.

On dit aussi - mais on dit tant de choses - que la fille de Nicolas Ier a refusé d'habiter le palais Mariinski, croyant lire dans sa position par rapport au monument de Nicolas, le signe de la désaffection paternelle.

On utilise l'expression des " 40 martyrs ", nom donné au milieu du XIXe siècle, aux premiers omnibus de Saint-Pétersbourg, véritables carrosses publics. Aujourd'hui, où le nombre des martyrs d'un bus moderne dépasse largement quarante, l'expression reste d'actualité !

Les habitants de la ville essayeront de vous persuader qu'avant la révolution, un énorme lustre en or décorait le célèbre magasin Eliseev.

Une maison de la rue Rubinstein est appelée la larme du socialisme, en mémoire des martyrs de la lutte contre la routine du passé, pour la socialisation de la vie privée et du temps libre.

De nos jours, on appelle " prisonniers de la forteresse Pierre-et-Paul ", les courageux qui tentent inlassablement de se faire bronzer sous les murailles de la forteresse.

Sur la perspective Nevski, se trouvait jadis une prestigieuse maison de couture, rêve de nombreuses femmes. On la surnommait la " mort des maris ".

Pour en savoir plus

Petite bibliographie sélective d'ouvrages historiques de référence :

Berelowitch (Wladimir) et Medvedkova (Olga), Histoire de Saint-Pétersbourg, Fayard, 1996. La Bible des férus d'histoire pétersbourgeoise. Un excellent travail universitaire truffé de références et d'une lecture très agréable.

Collectif. Saint-Pétersbourg, Histoire, promenades, anthologie et dictionnaire, Robert Laffont " Bouquins ", 2003. Une collection de textes littéraires ou non, à feuilleter au gré de votre humeur et de vos centres d'intérêt.

Fedorovski (Vladimir), Le Roman de Saint-Pétersbourg, Editions du Rocher, 2003. L'auteur, longtemps diplomate en France, romance élégamment l'histoire de Saint-Pétersbourg.

Dominique Fernandez, La Magie blanche de Saint-Pétersbourg, Gallimard, coll. " Découvertes ", 1994. Romancier et essayiste, Dominique Fernandez connaît fort bien Saint-Pétersbourg. Il signe un texte sensible et subjectif, alliant références historiques et impressions personnelles. Généreuse et pertinente iconographie.

Fernandez (Dominique), Le Dictionnaire amoureux de la Russie, Plon, 2004. Dominique Fernandez est également l'auteur de ce passionnant et volumineux dictionnaire, dans lequel trois chapitres sont consacrés à Saint-Pétersbourg. Vous retrouverez également les personnages liés à l'histoire de cette ville.

Lo Gatto (Ettore), Le Mythe de Saint-Pétersbourg. Histoire, légende et poésie, Editions de l'Aube, coll. " Regards croisés ", 1995 (pour la traduction française). Ettore Lo Gatto est l'un des plus grands slavisants européens. Il décortique avec érudition le mythe fondateur de cette ville. Un régal.

Stépanoff (Charles), Saint-Pétersbourg, biographie d'une cité idéale, Editions Magellan, 2003. Une compilation des plus beaux textes des auteurs russes et français sur la beauté de Saint- Pétersbourg.

Chronologie
La Russie avant Moscou

862 > appel au prince varègue Rurik.

882 > Oleg fait de Kiev la capitale de sa principauté.

988 > baptême de la Russie, sur décision du prince Vladimir Ier, dit le Saint.

1113-1125 > Vladimir règne toujours à Kiev, mais inquiet de la puissance de Novgorod, il regarde vers le nord-est. Fondation de la ville de Vladimir.

1136 > Novgorod devient autonome suite à la destitution de son prince.

1147 > Moscou est mentionnée pour la première fois dans les chroniques. Iouri Dolgorouki, prince de Vladimir aurait remarqué le site. Subjugué, il décide d'y faire construire une forteresse (kremlin) en bois.

1223 > bataille contre les Mongols sur les bords de la Kalka. L'armée russe est défaite.

1236 > invasion du mongol Baty, petit-fils de Genghis Kahn.

1238 > la Horde d'Or tataro-mongole déferle des steppes centre-asiatiques.

1240 > l'armée de Baty s'empare de Kiev.

1242 > " Bataille des glaces " sur la Neva et sur le lac de Pskov ou de Tchoud : Alexandre Nevski défait les chevaliers Porte-Glaive.

1252-1263 > Alexandre Nevski est grand prince de Vladimir.

L'émergence d'une nation

1325-1340 > Ivan Kalita est prince de Moscou.

1328 > le métropolite Pierre transfère à Moscou son siège de Vladimir.

1350 > le monastère de La Trinité est fondé par Serge de Radonège. La ville développée autour de ce monastère a retrouvé aujourd'hui son nom, Serguiev Possad.

1359-1389 > Dimitri Donskoï est grand prince de Moscou.

1380 > bataille du Koulikovo Polé (le Champ-des-Bécasses). Le prince de Moscou Dimitri écrase les armées tataro-mongoles.

1448 > l'Eglise russe devient autocéphale.

1462-1505 > début du règne d'Ivan III (né en 1440).

1478 > Ivan III soumet Novgorod.

1480 > fin du joug mongol. Ivan III refuse de payer le tribut.

1485 > rattachement de Tver à Moscou.

La Russie des tsars

1547 > Ivan IV le Terrible (1530-1584) est couronné tsar de Moscou.

1552 > Conquête de Kazan.

1555-1560 > édification de la cathédrale Basile-le-Bienheureux, en mémoire de la prise de Kazan.

1558 > début de la guerre de Livonie.

1570 > Ivan le Terrible met à sac Novgorod.

1571 > le khan Devlet livre Moscou aux flammes.

1582 > fin de la guerre de Livonie. Moscou perd toutes ses conquêtes sur le territoire livonien. Début de la conquête de la Sibérie.

1584 > fondation d'Arkhanguelsk. Mort d'Ivan IV. Début des luttes de succession et de la période dite " des troubles ".

1591 > mort mystérieuse de tsarévitch Dimitri, fils d'Ivan le Terrible, à l'âge de 8 ans, à Ouglitch.

1598 > mort du tsar Fiodor.

1598-1605 > le Conseil élit tsar Boris Godounov.

1605 > un faux Dimitri est couronné à Moscou (1605-1613).

1606 > assassinat du faux Dimitri par les boyards. Basile Chouïski est élu tsar.

1609 > Smolensk est assiégée par l'armée polonaise de Sigismond.

1610 > Basile Chouïski est renversé et l'héritier de Pologne, Ladislas, est élu par les boyards sur le trône de Russie. Les Polonais s'installent au Kremlin.

1611 > prise de Novgorod par les Suédois. Création de l'armée populaire (opoltchénié) russe.

1613 > l'armée populaire russe libère Moscou. Michel Romanov est élu tsar.

1645-1676 > le tsar Alexis Mikhaïlovitch succède à son père, Mikhail.

1652-1666 > patriarcat de Nikon. Ses prises de positions modernistes, approuvées par le concile de 1654 provoquent un schisme au sein de l'Eglise russe.

1654 > l'Ukraine fait allégeance à Moscou.

1666-1667 > deux conciles condamnent le Schisme et destituent Nikon.

1672 > le 6 juin, naissance de Pierre le Grand.

1682 > Pierre succède à son frère Fiodor III et est élu tsar sur la Grande Place de 1682-1689 : régence de la princesse puis de la tsarine Sophie.

1689 > Pierre Ier (1672-1725) écarte Sophie du pouvoir.

1699 > rénovation du calendrier par Pierre Ier.

1700 > la Russie s'engage dans la Guerre du Nord. Défaite de Narva.

L'ère pétersbourgeoise

1703 > Pierre le Grand fonde Saint-Pétersbourg sur les bords de la Baltique.

1705-1711 > révolte des Bachkirs.

1709 > victoire de Poltava.

1712 > la capitale est transférée à Saint-Pétersbourg.

1721 > fin de la Guerre du Nord. Paix de Nystad. Pierre prend le titre d'empereur (imperator) en créant l'Empire russe.

1722 > instauration de la " Table des Rangs ".

1725 > mort de Pierre Ier.

1762 > révolte de palais. La garde place Catherine II (1729-1796) sur le trône.

1768-1774 > première guerre contre la Turquie.

1772 > premier partage de la Pologne.

1773-1774 > révolte d'Emelian Pougatchev.

1783 > rattachement de la Crimée. Le servage est étendu à l'Ukraine. Le roi Héraclius II de Géorgie fait allégeance à la Russie.

1787-1791 > deuxième guerre contre la Turquie.

1793 > second partage de la Pologne.

1795 > troisième partage de la Pologne.

L'apogée de l'Empire

1796-1801 > règne de Paul Ier.

1799 > campagne de Souvorov en Italie.

1801 > révolte de palais. Paul Ier est assassiné, Alexandre Ier (1777-1825) monte sur le trône.

1807 > paix de Tilsit.

1809 > rattachement de la Finlande après la victoire sur la Suède.

1812 > les troupes de Napoléon Ier entrent en Russie.

1814-1815 > Congrès de Vienne.

1815 > la Sainte-Alliance. Rattachement du grand-duché de Varsovie à la Russie, sous le nom de tsarat de Pologne.

1819 > création de l'université de Saint-Pétersbourg.

1822 > Moscou est reconstruite en dur, presque intégralement.

1825 > la révolte des décembristes à Saint-Pétersbourg. L'armée russe est défaite en Crimée (1854-1856) par les Français et les Anglais.

1833 > édition du Code des Lois.

1855 > Alexandre II (1818-1861) monte sur le trône.

1856 > paix de Paris.

1858 > paix d'Aigun. La Russie annexe la région de l'Amour.

1859 > conquête du Caucase oriental.

1860 > le Conseil de Moscou, sorte de gouvernement autonome, est élu.

1861 > abolition du servage par le tsar Alexandre II.

1881 > assassinat d'Alexandre II à Saint-Pétersbourg. Alexandre III (1845-1894) monte sur le trône.

1891 > début de la construction du Transsibérien.

La chute de l'Empire

1894 > Nicolas II (1868-1918), le dernier tsar de Russie, succède à son père.

1901 > naissance du parti socialiste révolutionnaire.

1903 > création de deux groupes rivaux, les bolcheviks et les mencheviks.

1904 > attaque de Port-Arthur.

1904-1905 > première révolution russe.

1905 > traité de Portsmouth.

1905 > le cuirassé Potemkine. Les marins du Potemkine se mutinent à Odessa.

1906 > insurrection armée à Moscou.

1912 > parution du premier numéro de La Pravda le 23 avril.

1914 > Première Guerre mondiale.

1917 > Révolution en février. Nicolas II abdique le 3 mars, et un gouvernement dirigé par Kerensky se forme dans la capitale.Le parti de Lénine prend le pouvoir en octobre à Petrograd.

1918 > Création de l'Armée Rouge. Signature de la paix de Brest-Litovsk. Lénine transfère le gouvernement soviétique de Petrograd à Moscou qui devient capitale de la Russie bolchévique. En juillet, la Constitution de RSFSR (République soviétique fédérative socialiste de Russie) conclut formellement l'histoire de l'Empire russe. Le 16, c'est la fin des Romanov. Nicolas II, sa femme et ses cinq enfants sont exécutés.

L'URSS : de Lénine à Staline

1921 > mise en place de la NEP.

1922 > Staline devient Secrétaire général du parti communiste.

1924 > mort de Lénine.

1927 > Trotski est écarté du pouvoir.

1928-1932 > premier plan quinquennal.

1936-1938 > purges staliniennes.

1936-1938 > procès de Moscou.

Mars 1939 > pacte germano-soviétique.

22 juin 1941 > les troupes nazies attaquent l'URSS (22 juin).

1941-1943 > Blocus de Saint Pétersbourg par les troupes nazies, plus de 1 million de morts.

1944 > Les troupes soviétiques brisent le blocus qui durait depuis 876 jours.

1943 > reddition de l'armée allemande à Stalingrad (janvier).

1945 > Prise de Berlin, fin du troisième Reich.

5 mars 1953 > mort de Staline.

De la déstalinisation à la détente

1953 > Khroutchev succède à Staline. Mise au point de la bombe H.

1956 > le XXe Congrès donne le coup d'envoi de la déstalinisation. L'URSS teste sa bombe H.

1961 > Gagarine dans l'espace. Rupture sino-soviétique et construction du mur de Berlin.

1963 > mise en place du téléphone rouge.

1964 > Khroutchev est destitué : lui succède une direction collégiale présidée par Brejnev.

1979 > intervention en Afghanistan.

1982-1985 > Brejnev, Andropov, Tchernenko disparaissent tour à tour. Election de Mikhail Gorbatchev au poste de secrétaire général du PCUS.

La perestroïka

1986 > catastrophe de Tchernobyl (26 avril).

1986-1988 > Boris Eltsine est chef du parti communiste de Moscou jusqu'à sa destitution par ses pairs du Politburo.

1988 > fin de la campagne d'Afghanistan.

1989 > premières élections à Moscou.

1990 > l'URSS se dote d'un régime présidentiel. Mikhaïl Gorbatchev est élu président de l'URSS par le congrès.

1991 > Gorbatchev obtient le prix Nobel de la paix.

12 juin 1991 > Boris Eltsine gagne les élections présidentielles de la république de Russie le 12 juin. Putsch manqué des conservateurs en août. Conférence d'Alma-Aty le 21 décembre : l'URSS est dissoute. Gorbatchev démissionne. Le 25 décembre, Moscou remplace le drapeau de l'URSS par celui de la Russie sur le Kremlin.

La Fédération de Russie

Décembre 1992 > Eltsine se sépare de son Premier ministre libéral, Egor Gaïdar.

25 avril 1993 > c'est par un da (oui) majoritaire que les Russes ont renouvelé leur confiance à Boris Eltsine.

1995 > élection des membres de la Douma.

1996 > 2e élection présidentielle. Boris Eltsine est élu pour la 2e fois président de Russie. Iouri Loujkov est réélu maire de Moscou.

1996 > la Russie devient membre du Conseil de l'Europe.

1997 > Fin de la première guerre de Tchétchénie. Moscou fête en grande pompe son 850e anniversaire, qui est l'occasion d'une vaste campagne de restauration des monuments de la capitale.

1998 > Crise économique russe. Le Premier ministre Tchernomyrdine est renvoyé. Evguéni Primakov est nommé à la tête du gouvernement russe.

1999 > Eltsine limoge Primakov et nomme Vladimir Poutine à sa place. Début de la deuxième guerre de Tchétchénie. Eltsine démissionne le 31 décembre et désigne Poutine comme dauphin.

Les années 2000

2000 > Poutine est élu deuxième président de la Russie dès le premier tour, avec 52 % des voix.

2002 > en octobre, attentat à Moscou contre le théâtre Doubrovna à Moscou.

2003 > Saint-Pétersbourg fête son tricentenaire en grandes pompes. La ville bénéficie de très importantes rénovations et développement d'infrastructures.

2004 > prise d'otages le 1er septembre par un commando indépendantiste tchétchène dans une école en Ossétie du Nord. Près de 350 personnes, dont une majorité d'enfants, meurent.

2005 > assassinat du président indépendantiste tchétchène, Aslan Maskhadov, par les forces de sécurité russes. L'oligarque Mikhaïl Khodorkovski est transféré dans une prison de Sibérie. Le 14 novembre 2005, signature du traité d'alliance Russie-Ouzbékistan d'après lequel une attaque contre un des deux pays sera considérée comme une agression contre les deux parties.

2006 > assassinat de la journaliste Anna Politkovskaïa alors qu'elle était sur le point de publier un article accusateur sur les atrocités en Tchétchénie.

2007 > le club de foot de Saint-Pétersbourg, le " Zenit " remporte le championnat russe, après plus de 15 ans de domination des clubs moscovites. Le Zenit sera sacré en 2010, 2012 et 2015. En décembre, Medvedev est nommé par Poutine comme son successeur et candidat aux élections présidentielles de 2008.

2008 > Dmitri Medvedev remporte les élections présidentielles de mars avec une majorité de 70,28 % des suffrages exprimés, il entre en fonction le 7 mai 2008. Vladimir Poutine, conserve un rôle clef dans la politique russe, en étant promu chef du parti Russie Unie, majoritaire au parlement, et redevient Premier ministre. En août, la Russie remporte une guerre éclair contre la Géorgie au sujet de l'Ossétie du Nord, et renforce sa position dans le Caucase.

2010 > signature à Prague du New START entre la Russie et les Etats-Unis qui conviennent de se défaire d'1/3 de leur arsenal nucléaire d'ici 2021. Le 7e forum économique de Saint Pétersbourg accueille tous les grands chefs d'Etats européens et marque la nouvelle force de la Russie sur la scène internationale.

2011 > Georgy Poltavchenko devient le 3e gouverneur de Saint-Pétersbourg. Les élections législatives donnent une large victoire au parti Russie Unie (formation de Vladimir Poutine). C'est le début d'importants mouvements de protestation qui se poursuivront toute l'année 2012.

2012 > le groupe punk féministe Pussy Riot entonne une chanson anti-Poutine dans la principale cathédrale de Moscou. Deux de ses membres passeront près de deux ans derrière les barreaux pour hooliganisme et incitation à la haine religieuse. Vladimir Poutine remporte les élections présidentielles avec 70,5 % des suffrages exprimés. Résultats encore une fois contestés par l'opposition dont les manifestations reprennent de plus belle. En mai suivant, Poutine est investi et attaque son troisième mandat. Dmitri Medvedev redevient son Premier ministre.

2013 > Face aux pressions interventionnistes des grandes puissances occidentales et du Golfe pour destituer Bachar el-Assad, la Russie remporte une victoire diplomatique et se pose en conciliateur entre l'ONU et le régime syrien. Une série d'attentats suicide revendiqués par des rebelles islamistes du Caucase russe font plusieurs dizaines de morts.

2014 > les Jeux Olympiques d'hiver se déroulent à Sotchi. C'est un succès populaire et d'organisation mais le coût historique de sa préparation interpelle. En mars, suite au référendum en République autonome de Crimée qui demande son rattachement à la Russie, Vladimir Poutine finalise l'annexion de la Crimée en signant la loi créant deux nouvelles entités administratives russes : la Crimée et la ville portuaire de Sébastopol. Les régions de Lugansk et Donetsk tentent de faire sécession en mai mais l'Ukraine envoie son armée : la région sombre dans la guerre civile. Le 29 juillet, l'UE vote d'importantes sanctions économiques contre la Russie.

2015 > Boris Nemtsov, ancien ministre de l'Energie sous Boris Eltsine et opposant farouche Vladimir Poutine, est abattu au pied du Kremlin. Les deux camps dénoncent un complot. Le 9 mai, la Russie célèbre en grande pompe les 70 ans de la fin de la Grande Guerre patriotique. Aucun des principaux chefs de gouvernement occidentaux n'est présent. L'UE vote la prolongation des sanctions économiques jusqu'au 31 janvier 2016, puis jusqu'au 31 juillet 2016. La Russie intervient militairement en Syrie pour soutenir le pouvoir en place contre les différentes factions rebelles. Fin octobre, un avion de tourisme Airbus A321 de la compagnie aérienne russe Metrojet s'écrase en Egypte dans le Sinaï en raison d'une acte terroriste. 224 personnes décèdent dans le crash. L'Etat islamique revendique l'attentat. Fin novembre, c'est l'armée turque qui abat un avion militaire russe. Le 24 novembre, l'ambassadeur russe en Turquie est assassiné par un djihadiste.

2016 > les bombardements russes permettent aux forces loyalistes de reconquérir petit à petit les territoires aux mains des rebelles, à commencer par Palmyre. A l'été, début de l'enquête du FBI sur d'éventuelles interférences russes durant la campagne électorale américaine. En septembre, la Russie bombarde Alep en soutien aux troupes de Bachar al-Assad qui reprennent l'est de la ville après quatre ans de combats acharnés.

2017 > les relations entre la Russie et les États-Unis se dégradent fortement en avril. A la suite d'une attaque par arme chimique imputée au gouvernement syrien, la marine américaine lance une frappe de missiles sur la base aérienne d'al-Chaayrate. Le scandale sur les liens entre l'équipe de campagne de Trump et la Russie atteint son apogée. Certains de ses anciens collaborateurs sont accusés de trahison. Au prétexte du "dopage systématique" des athlètes olympiques russes à Sotchi, le CIO interdit au pays de participer aux JO d'hiver de Pyeongchang en 2018. Le 6 décembre, Vladimir Poutine annonce être candidat à sa succession aux élections présidentielles de 2018.

2018 > la Russie organise la Coupe du Monde de Football en juin-juillet, les matchs ont lieu dans 11 villes-hôtes, situées pour la plupart dans la partie européenne du pays. Saint-Pétersbourg est bien sûr l'une d'entre elles.

Les origines

La région de Saint-Pétersbourg, peuplée de Slaves, de peuples finno-ougriens et d'autres groupes ethniques, appartient à la zone d'influence de l'Ancienne Russie depuis le IXe siècle de notre ère. En effet, c'est à cette époque qu'elle est intégrée par la principauté de Novgorod, située à 200 km au sud. Cette ville médiévale est un important centre de commerce avec le nord et l'ouest de l'Europe. Plus tard, elle commercera activement avec les villes de la Ligue hanséatique. La Neva et le lac Ladoga sont des voies de transport privilégiées dans ces échanges. En 1240, alors que la Russie centrale et méridionale est tout entière occupée à tenter d'arrêter l'invasion mongole déferlant des steppes orientales, les Suédois en profitent pour s'installer sur les bords de la Neva et couper ainsi la route aux Russes. Les troupes novgorodiennes du prince Alexandre repoussent ces ennemis du Nord lors de la Bataille de la Neva qui devient un véritable symbole de la lutte pour l'indépendance et donne au prince Alexandre Nevski son surnom " Alexandre de la Neva ". Son courage lors de cette bataille qui semblait perdue d'avance, du fait de la modernité de l'armée suédoise et de l'occupation par la majorité des effectifs russes du front de l'Est, le fera consacrer saint de l'Eglise orthodoxe au XVIIIe siècle. C'est presque naturellement qu'il devient aussi le saint patron de Saint-Pétersbourg.

La menace suédoise refait surface au début du XVIIe siècle, à la faveur de l'affaiblissement du pouvoir moscovite, consécutif à la fin de la dynastie des Riourikides. Son dernier représentant, le tsar Fiodor Iovanovitch, fils d'Ivan le Terrible ne laisse aucun héritier. S'ouvre alors pour la Russie une ère d'instabilité politique connue sous le nom de Temps des Troubles. L'armée suédoise s'installe sur une grande partie du nord-ouest, et les frontières sont définitivement et officiellement fixées par le traité de Stolbovo en 1617. La Russie est désormais coupée de la Baltique, importante zone de commerce maritime. C'est Pierre Le Grand, hériter des Romanov, dynastie cousine du dernier tsar Iovanovitch qui accède au pouvoir à l'issue du Temps des troubles. Il souhaite, d'une part, retrouver un accès à la Baltique et à ses précieux échanges commerciaux et, d'autre part, orienter nettement la Russie vers l'Europe. Pendant plus de vingt ans, de 1700 à 1721, les troupes russes tentent de repousser l'ennemi suédois toujours plus au Nord. En 1703, les troupes du tsar reprennent le contrôle de la Neva, et la ville de Saint-Pétersbourg est fondée le 27 mai.

La fondation par Pierre le Grand

Lors de la Guerre du Nord, les forces russes prennent le fort suédois de Nienchanz après un siège de huit jours. Pour protéger ces nouvelles conquêtes, Pierre le Grand a une forteresse, mais Nienchanz est de petite dimension... et est sérieusement endommagée. Il se met à la recherche d'un lieu stratégique pour ériger la future forteresse Pierre-et-Paul et jette son dévolu sur l'île Enisaari, aussitôt rebaptisée île Zayatchi (île aux Lièvres).

La première pierre de cet édifice militaire est posée le 16 mai 1703, date anniversaire de la naissance de la ville. Quelques jours plus tard, non loin du chantier, on construira la première habitation de la ville : la résidence du tsar, c'est-à-dire, une simple cabane en bois. De nombreux visiteurs étrangers, diplomates ou commerçants restent sans voix, lorsqu'ils apprennent que le " tsar de toutes les Russies " vit aussi modestement. C'est que Pierre le Grand a fort à faire : il lui faut construire une forteresse en toute urgence (la guerre pour les territoires du Nord se poursuit) et surveiller, de plus près, tous les travaux. L'édification de la forteresse, dans une zone marécageuse, balayée par les vents de la Baltique, et difficile à ravitailler, coûte la vie à des milliers de soldats et de paysans, enrôlés de force dans cette aventure. " La parole du tsar anime les pierres, mais c'est en tuant les hommes ", écrira le marquis de Custine. Les nouveaux habitants de ce lieu inhabitable se font surprendre, en août 1703, par un des fléaux de la future ville : une gigantesque inondation. La stratégie militaire exige pourtant que les Russes s'installent durablement à cet endroit. Ce qu'ils font, alors que la situation les pousse à fuir. Les premières années, cette installation contrainte se résume à un petit bourg concentré autour de la forteresse, mais en 1712 il avait suffisamment grossi et la petite ville qu'il était devenu est déclarée capitale de l'Empire. Une des plus grandes bizarreries de la ville est que la forteresse ne prit jamais part à un quelconque combat !

Sur l'autre rive du fleuve, Pierre érige le complexe de l'amirauté, vaste chantier naval reflétant la passion du tsar, très peu russe, pour la marine. Les vaisseaux qui en sortent contribuent largement à la victoire russe dans la guerre du Nord. Encore aujourd'hui, de nombreux noms de rue font écho à cette industrie navale, la première de Saint-Pétersbourg : la perspective Litieïni rend hommage à la fonderie, le quartier de Smolny au goudron... Bien que rompu à un mode de vie spartiate, le tsar ne s'en fait pas moins construire un palais d'été sur les bords de la Neva et, plus tard, un palais d'hiver. Comme il n'y a pas encore de pont, les habitants circulent d'une île à l'autre en barque, ce qui donne à la ville son surnom de Venise du Nord.

Le centre historique, situé entre la forteresse et la cabane de Pierre, est rapidement agrémenté d'une église, l'église de la Sainte-Trinité où le tsar aime aller chanter en revenant du chantier et où sont célébrées toutes les cérémonies majeures de l'Empire. La place, dont il ne reste aujourd'hui plus rien, est alors entourée de galeries marchandes, de tavernes et d'auberges. Les événements importants prennent place soit dans les jardins d'été, soit dans le somptueux palais du prince Menchikov, sur l'île Vassilievski. Il reste, hélas, peu d'exemples architecturaux du XVIIIe siècle. Outre le palais Menchikov, les Douze collèges et la maison Kikine voisins restent parmi les rares témoins de l'allure de la ville à cette époque.

L'empreinte des impératrices

Après la mort du tsar fondateur en 1725, sa femme Catherine ne parvient pas réellement à prendre les rênes du pouvoir. Les prétendants au trône intriguent et la cour doit momentanément déménager à Moscou. De nombreux fonctionnaires sont ravis de quitter ces marécages isolés et de retrouver les fastes moscovites. La ville redevient capitale à l'avènement d'Elizabeth, la fille de Pierre le Grand, en 1741. Durant son règne, Saint-Pétersbourg devient une capitale européenne de 150 000 habitants, rivalisant de luxe et de majesté avec ses consoeurs occidentales.

La splendeur voulue par l'impératrice se développe principalement dans les alentours de la ville. Peterhof est revu et corrigé par l'architecte italien Bartolomeo Rastrelli, également concepteur de la cathédrale Smolny et du palais d'Hiver. Le Grand Palais et les fontaines sont recouverts d'or, de pierres précieuses et de statues reflétant à merveille les goûts décadents et le caractère très dépensier d'Elizabeth. A Tsarskoïe Selo, le palais de Catherine, est transformé en résidence royale débordante de luxe et agrémenté de jardins baroques. Soucieuse de poursuivre les objectifs politiques de son père, elle met cependant un point d'honneur à confier les postes les plus importants de l'Etat à des Russes et non à des étrangers. Autre leitmotiv de son règne : devenir la patronne des arts russes. Elle crée ainsi la première Académie des arts russe. Jouant les relations publiques avant l'heure, elle redonne à la vie mondaine toute son intensité et sa démesure. La ville vit au rythme des bals, des réceptions et des feux d'artifice donnés par l'impératrice.

Cette femme généreuse et dispendieuse, à la limite de la mégalomanie a pourtant un fils bien falot, Pierre III, qui épouse une jeune et ambitieuse princesse germanique : la future Catherine II. C'est sous son règne que la magnificence de Saint-Pétersbourg prend toute son ampleur. Arrivée au pouvoir en 1762 après un coup d'Etat fomenté contre son époux, elle ne rencontre pratiquement aucun obstacle politique. Alors que les élites détestent Pierre III, elles apprécient vivement la culture et les liens avec les élites européennes de la Grande Catherine. Femme cultivée, appréciant les philosophes des Lumières, Catherine n'en est pas moins une bonne vivante. Elle aime s'entourer d'un luxe inouï et est le premier monarque à emménager dans le palais d'Hiver qui vient juste d'être enfin terminé. Passionnée d'art, elle entreprend une collection qui atteint rapidement des dimensions telles qu'il faut construire de nouveaux bâtiments sur les bords de la Neva. Cette collection est à l'origine de celle de l'Ermitage, l'une des plus riches du monde.

C'est également sous le règne de Catherine que les quais adjacents, régulièrement inondés par la Neva sont rehaussés de blocs de granit rose, à la fois efficaces contre les inondations et d'une rare élégance. Comme Pierre le Grand, Catherine a l'obsession de la construction. Elle fait bâtir nombre de nouveaux édifices : l'Académie des sciences, l'Académie des beaux-arts, la première bibliothèque publique de Russie, Gostiny Dvor (une gigantesque galerie marchande) et un nombre incroyable d'institutions d'enseignement. Catherine marque, elle aussi, de son empreinte Tsarskoïe Selo : elle fait construire des pavillons dans le parc et fait aménager la somptueuse galerie Cameron. Mais l'impératrice ne se contente pas de donner à Saint-Pétersbourg les artifices d'un luxe démesuré. Femme de pouvoir, sensible aux idées des Lumières, elle entreprend une réforme de l'administration de la ville. La fonction de maire est créée en 1766 et, en 1774, c'est l'organisation de conseils municipaux qui deviendront, douze ans plus tard, les doumas municipales.

Retour à l'ordre

L'ère des fastes et des projets pharaoniques, de réformes politiques et de l'influence européenne prend fin en 1796 avec la mort de la Grande Catherine. Son fils Paul Ier opère un virage à 180 degrés. Ultra-conservateur, il met fin à la liberté politique des nouvelles institutions municipales et transforme tout le pays en une vaste entreprise bureaucratique. Celle-ci fleurit sous le règne d'Alexandre Ier, qui restructure complètement le gouvernement et crée en 1802 un système de ministères dans lequel les ministres font leur rapport directement au monarque. En 1810, il institue le Conseil d'Etat. Saint-Pétersbourg devient une ville d'ordre, habitée par une foule de fonctionnaires. Militaire dans l'âme, Alexandre repousse les troupes napoléoniennes jusqu'à Paris de 1812 à 1814. Les étendards pris à l'armée française sont exposés dans un nouvel édifice, la cathédrale de Kazan où le commandant des Armées, le célèbre Koutouzov, est enterré en 1813.

Dans ce contexte, la capitale impériale se doit de refléter l'ordre voulu par les tsars. C'est à cette époque que l'architecture prend un tour nettement classique, pour ne pas dire ultra-classique. L'amirauté est rénovée dans cet esprit de 1806 à 1823, les colonnes rostrales et la Bourse font leur apparition sur l'île Vassilievski. L'architecte italien Carlo Rossi conçoit le palais Mikhaïlovski et, en 1818, commence la construction de l'imposante cathédrale Saint-Isaac. Alexandre, ne supportant plus la charge du pouvoir, prend la fuite pour la Sibérie en 1825. Il meurt en route, dans la ville de Taganrog. Au mois de décembre de la même année, un groupe de jeunes officiers, appelés plus tard Décembristes, profite de cette période de flou politique pour se révolter. Ils demandent à Nicolas Ier, le frère d'Alexandre Ier, d'adopter une Constitution. Cette initiative, non violente, est réprimée dans le sang et la déportation. En réaction, le nouveau tsar adopte une politique dure et conservatrice.

Saint-Pétersbourg prend des airs de garnison. Tout devait être rectiligne, ordonné et devait décourager les esprits séditieux. Paradoxalement, ce régime d'oppression n'empêche pas la vie culturelle de se développer. C'est l'époque du grand Pouchkine, du compositeur Glinka et de Dostoïevski. Sur le plan économique, les résultats de la Russie sont moins brillants. Sur le plan technique, la Russie s'avère très en retard sur les pays européens, comme en atteste la cuisante défaite de la guerre de Crimée (1853-1856). Toujours est-il que la capitale impériale est à nouveau l'objet de toutes les attentions architecturales et urbanistiques. La place du Palais est agrémentée du bâtiment de la Garde royale en 1843. Entre 1839 et 1844, le tsar fait construire le théâtre Mariinski pour sa fille préférée Marie. La cathédrale Saint-Isaac est achevée, après quelques remaniements, en 1858, après l'accession au pouvoir d'Alexandre II, le fils de Nicolas Ier.

Sur la voie du capitalisme

Son début de règne reste marqué par l'humiliante défaite en Crimée contre la coalition anglo-franco-ottomane. Il faut donner un coup de fouet à l'économie et assurer enfin la stabilité politique du régime. Alexandre II procède à une série de réformes dont la plus symbolique reste l'émancipation des serfs en 1861. Symbolique, parce que cette décision ne libère pas complètement la paysannerie russe, encore obligée de louer la terre qu'elle travaille alors qu'elle ne possède aucun capital...

Le tsar poursuit ses réformes avec l'introduction des jurys dans les tribunaux et une nouvelle réforme de l'administration de la ville de Saint-Pétersbourg, donnant à cette dernière plus d'autonomie.

Bien que cette série de réformes tranche avec le conservatisme de Nicolas Ier, certains révolutionnaires considèrent que ce n'est pas encore assez. Alexandre est assassiné le 1er mars 1881. La cathédrale du Sauveur-sur-le-Sang-Versé (1883-1907) est construite en sa mémoire à l'endroit même où il a été mortellement blessé. Cette fin tragique fait tourner court l'élan réformateur de la Russie. D'autres réformes et une véritable Constitution, prête à être signée, attendent le nouveau tsar, Alexandre III. Mais ce dernier préfère le conservatisme et la répression.

" Rien n'est impossible en Russie, sauf les réformes ", écrit Oscar Wilde...

Cela n'empêche pas Saint-Pétersbourg de devenir une ville capitaliste, où la bourgeoisie commence à se développer. La ville se peuple de fabriques russes et étrangères, la Nevsky voit s'ouvrir une multitude de banques d'affaires. Dans les années 1890, la ville connaît un boom de l'immobilier : des immeubles d'habitations à plusieurs étages poussent comme des champignons.

Le tournant du siècle

Cette période est certainement l'une des plus passionnantes de l'histoire de Saint-Pétersbourg, aussi trouble que brillante. Elle commence par les somptueuses cérémonies du couronnement de Nicolas II et se termine par la Première Guerre mondiale.

Le début du siècle coïncide avec une vague de commémorations, censées renforcer l'unité nationale derrière le tsar. En 1902, on fête le centième anniversaire des réformes d'Alexandre II. En 1903, la ville a 200 ans, et c'est l'occasion d'inaugurer le nouveau pont Troïtski ainsi que l'église de la place du Sénat. Mais ces célébrations ne parviennent pas à apaiser la grogne. En janvier 1905, la troupe ouvre le feu sur une manifestation d'ouvriers. Quelques mois plus tard, Nicolas est contraint d'adopter un manifeste, proclamant une série de droits civils et instituant un nouveau parlement.

L'ouverture de cette nouvelle Douma, en 1906, redonne espoir aux centaines de libéraux de l'intelligentsia. L'obstruction aux réformes du pouvoir tsariste, qui permet formellement un début d'émancipation politique (mais lui refuse tout moyen d'intervenir) et la première guerre industrielle de l'histoire mettent fin à l'expérience. A la veille de la révolution de 1917, Saint-Pétersbourg connaît un renouveau culturel connu sous le nom d'Age d'Argent, en référence à l'Age d'Or des lettres russes. La vie littéraire est animée par les plus grands poètes du siècle : Anna Akhmatova, Alexandre Blok, Serge Essenine, Nicolas Goumiliov, Marina Tsvetayeva, Boris Pasternak, Daniil Kharms, Velimir Khlebnikov... Tous seront bientôt persécutés.

De Petrograd à Leningrad

Lorsqu'en août 1914 la guerre éclate, la capitale abandonne son nom à consonance germanique pour être rebaptisée Petrograd (la ville de Pierre). Toute l'industrie de la ville est consacrée à l'économie de guerre. Même le palais d'Hiver fait office d'hôpital. La situation des troupes russes sur le front discrédite le pouvoir, et les tensions politiques se font plus exacerbées. La population se sent à bout quand le ravitaillement se détériore à la fin de 1916. L'hiver est une rude épreuve pour les Pétersbourgeois.

En février 1917, devant la déconfiture militaire et la grogne sociale, Nicolas II abdique. S'ensuit une période de flou politique et de statu quo économique : le peuple, malgré l'abdication de son autocrate, ne perçoit aucun changement. Le 25 octobre, les canons du croiseur Aurore donnent le départ de la Révolution et de 75 ans de régime communiste.

Cette prise de pouvoir par Vladimir Lénine n'est pas suivie de lendemains radieux, mais de trois années de guerre civile, lançant les soldats de la nouvelle Garde Rouge sur les routes du pays, jusqu'au fin fond de la Sibérie. Les habitants de Saint-Pétersbourg, affamés, quittent massivement la ville pour la campagne toute proche. La population passe de 2,3 millions à 722 000 personnes en 1920. Dépeuplée, menacée par l'avancée des troupes allemandes, la ville perd le statut de capitale au profit de sa rivale, Moscou. Monuments et statues révolutionnaires s'empressent de marquer la ville du sceau du nouveau pouvoir et les rues changent de nom.

Pourtant, la Nouvelle économie politique (NEP) qui permet quelques survivances bourgeoises au nom de la transition vers l'économie socialiste (et aussi parce que le pays est exsangue), offre à Saint-Pétersbourg un véritable bol d'air. Après la mort de Vladimir Lénine, en 1924, Petrograd devient Leningrad (la ville de Lénine) officiellement à la demande de la population.

A la fin des années 1920, le panorama de la ville est marqué par la construction de logements bon marché pour ouvriers. Les grands et somptueux appartements de l'ancien régime sont transformés en appartements communautaires logeant plusieurs familles. Parallèlement, les autorités se lancent dans un programme de construction de bâtiments culturels. Ces palais de la culture offrent à la population des distractions jusqu'alors réservées aux élites (théâtre, opéra, concert...) et lui permettent également de pratiquer un art, via l'un des innombrables clubs ou cercles de la ville.

Le blocus de Leningrad

Le siège de Leningrad, blokada en russe, est sans contexte l'événement le plus tragique et le plus douloureux de Saint-Pétersbourg. Symbole d'héroïsme et de résistance, il reste aujourd'hui très présent dans la mémoire des Pétersbourgeois et de tous les Russes.

Deux mois et demi après le début de l'attaque de l'armée nazie, les troupes allemandes sont déjà aux portes de la ville. Le 8 septembre 1941, Leningrad est encerclée et coupée du monde extérieur.

Le siège dure 900 jours, du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944, trois années pendant lesquelles l'immense majorité des 3 millions d'habitants refuse de se rendre et endure le pire : la faim extrême et des hivers exceptionnellement rigoureux. Des témoignages de survivants évoquent des cas d'anthropophagie. Rapidement, dès le premier hiver, il n'y a plus ni chauffage, ni eau, ni électricité et très peu de nourriture. Bref, la ville est livrée à elle-même : des bâtiments, des hommes et rien de plus. En seulement deux mois (janvier et février 1942), 200 000 personnes périssent de faim et de froid.

Des milliers d'habitants choisissent le départ par l'unique et dangereuse route de la vie, seul lien avec l'extérieur. En été, on traverse le lac Ladoga à la rame, et en hiver en camion, sous les tirs de l'artillerie ennemie. La vie culturelle de Leningrad, malgré ce contexte cauchemardesque, ne s'arrête pas pour autant. Les trésors de l'Ermitage sont mis à l'abri dans les caves du musée et de la cathédrale Saint-Isaac.

Les étudiants continuent à se rendre à l'université, au péril de leur vie, et un public affamé remplit chaque soir les salles de spectacle. La Septième Symphonie de Chostakovitch est jouée pour la première fois en plein bombardement. De nombreux poètes et écrivains de renom refusent de quitter leur ville : leur place, selon eux, est plus que jamais à Leningrad. Les estimations sur le nombre de morts durant ce siège varient de 650 000 à 1 million, selon les historiens ; 500 000 d'entre eux reposent dans les fosses communes du cimetière de Piskariovskoye. Unique dans l'histoire mondiale, ce siège fera dire à Cioran que : " La Russie ne s'est jamais contentée de malheurs médiocres. "

Cette résistance exemplaire est évidemment récupérée par le pouvoir stalinien, mais elle est d'abord un acte de courage apolitique et collectif, un élan de fierté. Aujourd'hui encore, en discutant avec des Pétersbourgeois, vous découvrirez vite leur attachement viscéral à cette ville et à la mémoire de ce tragique événement.

De Leningrad à Saint-Pétersbourg

La guerre finie, Leningrad met un point d'honneur à retrouver une allure normale, le plus vite possible. Il s'agit d'accueillir dans de bonnes conditions les soldats de retour du front et aussi d'oublier les horreurs récentes. Sur les façades meurtries, on tend des toiles représentant les façades originales. Une crise du logement sans précédent entasse les familles dans des appartements communautaires.

Chaque mètre carré compte, et il y a même un de ces appartements dans la forteresse Pierre-et-Paul ! Contrairement à beaucoup de villes soviétiques, l'architecture de Leningrad ne subit pas les assauts du modernisme, mais est entièrement restaurée.

Les années 1970 et 1980, même si la liberté d'expression n'est pas au programme, sont empreintes d'une stabilité politique et d'une relative prospérité. Tout le monde mange à sa faim, part en vacances, et acquérir une voiture est certes compliqué, mais possible.

Pendant la perestroïka (littéralement, la reconstruction), cette stabilité politique chancelle rapidement, et le peuple va bientôt se retrouver propulsé dans une expérience aussi exotique que nouvelle : l'économie de marché. Après la chute de l'URSS, un référendum municipal redonne l'ancien nom de Saint-Pétersbourg à la ville.

Aujourd'hui encore, la ville connaît une période de transition. Deuxième centre économique du pays, elle laisse pourtant une grande partie de la population en marge de son développement.

Des modèles de voitures de luxe qui ne sont pas encore commercialisées en Europe côtoient la misère de petites gens. La nouvelle génération s'accommode plus vite de ces changements et maîtrise désormais les rouages de l'économie capitaliste. Certains réussissent même très bien.

Vous verrez peut-être beaucoup de gens flamber à Saint-Pétersbourg, flamber d'autant plus vite qu'ils ne savent pas de quoi le lendemain sera fait. En 2003, la ville a fêté ses 300 ans avec moult réjouissances (défilés, feux d'artifices, spectacles en plein air...) et un vaste programme de rénovation qui s'est limité dans un premier temps à un toilettage cosmétique. Il fallait se donner fière allure pour recevoir des milliers d'hôtes étrangers. Elle a reçu notamment en juillet 2006 le premier sommet du G8 jamais organisé en Russie. Par ailleurs l'origine pétersbourgeoise des dirigeants actuels de la Russie (Vladimir Poutine, Dmitri Medvedev, ou Alexeï Miller, le patron de Gazprom), fait que la ville est le sujet de toutes les attentions.

Depuis 2008, un festival de films, une fashion week, des sommets économiques régionaux (CEI) et internationaux sont organisés dans la deuxième capitale russe. Des événements qui renforcent encore l'importance et le glamour de la ville. Considérée jusqu'il y a peu comme la ville la plus gay-friendly de Russie (ou disons la moins homophobe), Saint-Pétersbourg ne se démarque plus des autres régions russes par sa relative tolérance. En 2012, la région de Saint-Pétersbourg a été l'une des premières à adopter une loi interdisant " la propagande homosexuelle et pédophile auprès des enfants ", aujourd'hui en vigueur dans toute la Fédération. Dans les faits, cependant, de nombreux nightclubs gay rythment toujours la nuit pétersbourgeoise.

Depuis le tournant des années 2010, Saint-Pétersbourg connaît un vrai dynamisme économique et culturel qui contribue à la rendre de plus en plus attractive sur la scène internationale : construction du grand quartier d'affaires Lakhta Center, grand projet de rénovation urbaine de l'île de Nouvelle-Hollande (à deux pas du Mariinsky) transformé en éco-quartier culturel contemporain, ouverture du Musée des Chemins de Fer ou du plus grand Planétarium du monde en 2017. La ville s'est d'ailleurs vue décerner le World Travel Awards 2017 de la meilleure destination européenne. Saint-Pétersbourg est l'une des villes-phares de la Coupe du Monde de Football 2018 en Russie. Elle accueille de nombreux matches, dont la demi-finale du 10 juillet. Avec ses 69 500 places face au Golfe de Finlande et sa conception en vaisseau spatial fantasmé par l'architecte japonais Kisho Kurokawa, le flambant neuf stade Krestovski est à la hauteur de l'événement.

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