Quand on arrive à Païlin, on est agréablement surpris de découvrir un ravissant moutonnement de collines verdoyantes en dépit de tout ce que l'on avait pu lire sur la déforestation de l'endroit... La ville elle-même n'est pas une " ville rue " comme Poïpet et tant d'autres bourgades proches de la frontière. Ses rues sont larges et certaines goudronnées. La circulation n'y est pas anarchique. En somme, on s'attend à trouver " l'antichambre de l'enfer " et on découvre une paisible ville de campagne nichée au milieu de montagnes luxuriantes.

Histoire

Ancienne place forte khmère rouge, ravagée par des années de guerre et d'exploitation forestière et minière, on ignore souvent que Païlin est aussi une des villes cambodgiennes les plus récentes. Elle fut en effet créée en 1875 par une poignée de mineurs birmans employés sur le gisement de rubis de Bonovon non loin de Chantaboun en Thaïlande. Avec des sites majeurs tels que Mogok et bien d'autres encore, les Birmans étaient alors considérés comme les grands spécialistes de l'extraction minière de pierres précieuses. C'est en cette qualité que les Thaïs les embauchèrent et qu'ils se mirent à inventorier les richesses d'une province alors totalement assujettie au Siam. La légende locale veut qu'un jour, après avoir traversé une forêt particulièrement dense et hostile, des prospecteurs birmans arrivent à un village où les enfants cambodgiens jouent avec des billes d'une couleur et d'un éclat particulier... des saphirs. Les villageois avouèrent bien volontiers que ces cailloux étaient fort communs dans les environs et qu'on marchait dessus en allant à la pêche ou bien à la chasse. Ces paroles innocentes eurent tôt fait de déclencher une ruée qui dure encore. Jusque dans les années 1930, les Shan de Birmanie représentaient 60 % des habitants de la région et leur prééminence donnait un cachet particulier à Païlin : pagode, rites religieux et fêtes, langue et costumes étaient différents de ce qu'on voit ailleurs au Cambodge. Les hommes avaient les cuisses et le torse tatoués, les femmes portaient une coiffure spéciale et s'habillaient d'un sarong droit serré et d'une sorte de boléro à manches larges.

Les Cambodgiens comptaient alors pour 25 % de la population, le reste des habitants étant composé de Laotiens, de Chinois du Sud et de Siamois. Païlin était alors une ville minière semblable à toutes les autres de par le monde : une sorte de chantier permanent avec des jeux, des rixes et une insécurité constante qui lui fut fort dommageable puisque bon nombre de ses habitants émigrèrent en 1940 vers le village de Bokéo à Ratanakiri (où l'on découvrit un gisement de zircons en 1925 et qui comptait déjà 5 000 puits en 1937) ainsi qu'au Laos Nord ; il faut dire que l'épuisement de la plupart des filons avait déjà poussé beaucoup de Birmans à repartir au pays.

Dans les années 1960, on vit la création d'une vaste plantation (plus de 1 000 hectares) de café par la Compagnie française du Cambodge, qui entraîna une nette amélioration des conditions de vie tant sur le plan de la sécurité que sur le plan sanitaire.

Les événements de 1970 augmentèrent la population de quelque 15 000 à près de 100 000 habitants en 1974. Les Birmans devinrent alors fortement minoritaires face aux Khmers et aux Chinois. L'exploitation minière ne s'arrêta cependant jamais et connut son " apogée " sous la férule des Khmers rouges qui laissèrent la voie libre aux bulldozers et autres tractopelles siamois qui eurent tôt fait de transformer la province en gruyère et de liquider ce qui restait de pierres précieuses. Cette situation dura jusqu'en 1996, l'exploitation des gisements, devenue industrielle, était laissée à une trentaine de compagnies thaïes qui reversaient des royalties (8 800 $ chacune par mois) aux Khmers rouges. Mais tout cela fait maintenant partie de l'histoire et, à la faveur de son ralliement au gouvernement cambodgien, Païlin est devenue la première province autonome du royaume du Cambodge. Après la fin de la guérilla des Khmers rouges dans la région, de nombreux leaders du Kampuchéa démocratique s'étaient réfugiés dans la province de Païlin. En septembre 2007, Khieu Samphan and Nuon Chea, deux des plus importants chefs de l'Angkar, y ont été arrêtés. Certains vivent toujours parmi la population. Autre conséquence de la guerre civile, les nombreuses mines qui se trouvent toujours dans la région. Avant de sortir des sentiers battus, il vaut mieux donc se renseigner avant !

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