Guide d'Irlande : Histoire

Jusqu'à aujourd'hui encore, l'histoire de l'Irlande paraît, si l'on retient les événements les plus marquants, celle d'une longue relation conflictuelle et trop souvent douloureuse avec l'Angleterre... Relation dont la solution n'est toujours pas dessinée, surtout depuis le Brexit. Cependant, d'autres influences ont joué et marqué le tempérament et la culture de l'Irlande, à l'exception notable de l'Empire romain. L'Irlande est sans doute l'un des seuls pays d'Europe de l'ouest qui n'ait pas subi cette empreinte...

Grands noms de l’histoire irlandaise

Edmund Burke (1729-1797). Homme politique et écrivain, né à Dublin. Député à la Chambre des communes, il lutta brillamment pour l'émancipation des colonies américaines et contre la traite des Noirs. Il dénonça également les fondements du jacobinisme dans Réflexions sur la Révolution française, en 1790.

Theobald Wolfe Tone (1763-1798). Créateur, en 1791, de la Société des Irlandais unis, il tenta de négocier avec la France et obtint l'envoi des troupes de Hoche en Irlande, en 1796. L'expédition ayant échoué, il se suicida.

Daniel O'Connell (1775-1847). Grande figure de la résistance au gouvernement britannique, il fonda en 1823 l'Association catholique. Elu lord-maire de Dublin en 1841, il organisa de nombreux meetings pour réclamer l'indépendance. Traduit en justice, il fut finalement acquitté en 1844.

Edward Carson (1854-1935). Homme politique et avocat, né à Dublin. Il fut un grand acteur dans la résistance contre l'autonomie de l'Irlande puisqu'il réussit à mobiliser environ 100 000 hommes (Ulster Volunteers) qui luttèrent pour la mise en place de leur propre gouvernement en Irlande du Nord.

Douglas Hyde (1860-1949). Ecrivain et politicien (premier président de la République d'Irlande), il fonda la Ligue gaélique afin de promouvoir la culture et surtout la langue gaéliques.

Arthur Griffith (1872-1922). Journaliste et homme politique, il fut le premier président de l'Etat libre d'Irlande. Il créa le journal The United Irishman et fut un des fondateurs du Sinn Fein.

Terence McSweeney (1879-1920). Lord-maire de Cork, emprisonné pour opposition à la Couronne, il meurt en octobre 1920, après 74 jours de grève de la faim. Cette date marque le début de la révolte irlandaise.

Patrick Pearse (1879-1916). Connu sous son nom irlandais, Pádraig Pearse fut le président du gouvernement provisoire et le leader des Irish Volunteers pendant l'insurrection de Pâques 1916. Capturé, il fut exécuté.

Eamon De Valera (1882-1975). Né à New York. Figure emblématique de la lutte pour l'indépendance, il participa activement au soulèvement de Pâques 1916 et devint président du Sinn Fein en 1917. Il s'opposa fermement à la signature du traité en 1921 et fonda ainsi, en 1926, le Fianna Fail, premier parti d'opposition. Il fut élu président de la République d'Irlande en 1932 et resta au pouvoir jusqu'en 1948. Sa neutralité pendant la Seconde Guerre mondiale suscita de nombreuses controverses chez les grandes puissances alliées. Il fit son retour au pouvoir en 1952 et céda son poste de Premier ministre à Sean Lemass, puis fut réélu président en 1959. Eamon De Valera demeura jusqu'à sa mort un personnage clé dans la construction de la République d'Irlande.

Michael Collins (1890-1922). Né à Clonakilty. L'un des principaux acteurs de l'insurrection de Pâques 1916, à Dublin. Député du Parlement irlandais, puis ministre de l'Intérieur, il forma la célèbre Irish Republican Army. Il participa à la signature du traité de 1921, ce qui déplut aux membres de l'armée républicaine. Il mourut dans une embuscade tendue par l'IRA.

Terence O'Neill (1914-1990). Né à Belfast. Il fut Premier ministre d'Irlande du Nord en 1963, mais dut démissionner en 1969, après avoir proposé des réformes insatisfaisantes pour les catholiques.

Bobby Sands (1954-1981). Grande figure de la lutte nationaliste, il a fait partie des dix ayant trouvé la mort à la suite d'une grève de la faim en 1981. Ce drame prouva la détermination du gouvernement Thatcher face au conflit anglo-irlandais.

Chronologie
Chronologie

Préhistoire

7000 av. J.-C.> premières traces d'occupation en Irlande.

4000 av. J.-C.> nouveaux arrivants en provenance de Grande-Bretagne et de Méditerranée. Construction des premières tombes mégalithiques.

Evangélisation de l'Irlande

432> arrivée de saint Patrick en Irlande.

563> fondation du monastère d'Iona par saint Columba.

690> début de la mission de saint Columba.

Invasions vikings

795> arrivée des premiers Vikings en Irlande.

840> les Vikings s'installent sur la côte est.

988> fondation de Dyfflinn (Dublin).

1014> bataille de Clontarf.

Invasions anglo-normandes

1169> début de l'invasion anglo-normande.

1171> Strongbow devient roi de Leinster.

1199> Jean sans Terre devient seigneur d'Irlande.

1366> statuts de Kilkenny réaffirmant la colonisation de l'Irlande.

Domination anglaise

1536> le roi d'Angleterre devient chef de l'Eglise.

1541> Henry VII devient roi d'Irlande.

1599> Elisabeth Ire envoie une armée de 17 000 hommes pour asservir l'Irlande.

1605> des Ecossais s'implantent en Ulster.

1607> fuite des comtes.

1641> mécontentement des catholiques expulsés de leurs terres. Insurrection.

1649> Cromwell débarque en Irlande.

1689> bataille de la Boyne opposant Jacques II, catholique, et Guillaume d'Orange, protestant.

1691> lois pénales privant les catholiques de la plupart de leurs droits.

1775> Henry Grattan lutte pour abolir les lois pénales.

1778> Gardiner's Act supprimant les restrictions sur la propriété foncière, le droit à l'instruction et le statut d'électeur.

1782> création d'un Parlement à Dublin.

1790> échec de débarquement français à Killara.

1800> Acte d'Union.

1803> soulèvement dirigé par Robert Emmet.

1823> création de l'Association catholique.

1828> Daniel O'Connell est élu député du comté de Clare.

1829> Daniel O'Connell obtient du gouvernement anglais l'Acte d'émancipation supprimant toute loi visant à exclure les catholiques.

1845-1850> Grande Famine.

1853> fondation de l'Irish Republican Brotherhood.

1879> fondation de la Ligue agraire pour protéger les fermiers menacés d'expulsion.

1905> création du mouvement Sinn Féin.

Lutte et indépendance

1911> projet sur l'autonomie partielle de l'Irlande.

1916> grande insurrection à Dublin, proclamation de la République.

1918> victoire du Sinn Féin aux législatives.

1919-1921> conflit anglo-irlandais suivi de la ratification du traité anglo-irlandais.

1920> 21 novembre, premier Bloody Sunday, dans l'enceinte du stade de Croke Park à Dublin. L'armée britannique pénètre dans le stade lors de la finale de football gaélique, tire sur la foule et tue 13 personnes.

1922> naissance de l'État libre d'Irlande.

1922-1923> guerre civile.

1926> fondation du Fianna Fail par Eamon De Valera.

1932> De Valera devient président.

1937> nouvelle Constitution irlandaise.

1948> l'Irlande devient une république indépendante.

1968> premiers affrontements à Londonderry.

1973> l'Irlande devient membre de la CEE.

Les nouveaux enjeux

1990> Mary Robinson devient présidente d'Irlande.

1992> Dublin est proclamé capitale culturelle de l'Europe.

1995> légalisation du divorce.

1997> élection de Mary McAleese à la présidence de la République ; Bertie Ahern devient Premier ministre.

1999> l'euro est introduit en Irlande pour toutes les transactions en chèques, cartes bancaires, prélèvements automatiques.

1er janvier 2002> devenant monnaie officielle, l'euro remplace la livre irlandaise en Eire. La livre sterling demeure la monnaie de l'Irlande du Nord.

Octobre 2002> après avoir rejeté le traité de Nice en 2001, les Irlandais disent " oui " par voie référendaire à l'Europe des 25.

2004> du 1er janvier au 30 juin, l'Irlande préside l'Union européenne.

1er octobre 2004> Mary McAleese est réélue à la présidence de la République d'Irlande.

28 juillet 2005> l'IRA (Irish Republican Army) renonce officiellement à la lutte armée.

2008> la bulle immobilière éclate.

12 juin 2008> l'Irlande est le seul pays à se prononcer par voie référendaire sur le traité de Lisbonne, ersatz du traité établissant une Constitution pour l'Europe, abandonné en 2005. Le " non " l'emporte à 53,4 %.

Novembre 2010> plan d'aide financière du FMI et de l'Union européenne.

27 octobre 2011> élections présidentielles qui ont vu la nomination de Michael D. Higgins du Labour Party à la tête de l'Etat.

31 mai 2012> un référendum constitutionnel sur le Pacte budgétaire européen a réuni les Irlandais. Le " oui " l'emporte à 60 %.

2013> l'Irlande prend les rênes de l'Union européenne pour la septième fois. Aussi le quarantième anniversaire de son adhésion à l'UE.

Juin 2013> le sommet du G8 se tient près de la ville d'Enniskillen (Irlande du Nord).

Décembre 2013> sortie du programme d'aide de l'Union européenne et du FMI.

Avril 2014> visite historique du président irlandais Higgins à Elizabeth II.

Octobre 2014> grandes manifestations pour dénoncer la réforme qui met fin à la gratuité de l'eau courante en Irlande.

22 mai 2015> l'Irlande est le premier pays au monde à voter par référendum la légalisation du mariage homosexuel (avec 62 %).

26 février 2016> échec de la coalition sortante aux élections législatives.

Août 2016> Tim Cook, le patron d'Apple, doit rembourser 13 milliards d'euros d'avantages fiscaux au Trésor irlandais.

Septembre 2016> des milliers de personnes défilent à Dublin en faveur de l'avortement.

14 juin 2017> nomination de Léo Varadkar au poste de Premier ministre.

4 décembre 2017> accord entre Apple et Dublin sur la restitution des arriérés d'impôts.

25 mai 2018> légalisation de l'interruption volontaire de grossesse (avec 66,4 % d'approbation par référendum).

25-26 août 2018> visite du pape François en Irlande.

26 octobre 2018> élection présidentielle irlandaise, Michael D. Higgins est réélu.

2019> centenaire de la guerre d'indépendance (1919-1921). Nombreuses commémorations dans tout le pays.

Irlande préhistorique

Les archéologues datent l'apparition tardive de l'homme en Irlande aux environs de 7000 av. J.-C. (période mésolithique). Diverses populations provenant d'Ecosse s'installèrent au nord-est du pays, sur les rives du Lough Neagh et de la Bann où quelques silex taillés ont été retrouvés.

C'est au cours de la période néolithique (de 4000 à 2000 av. J.-C.) que de nouvelles populations provenant de Grande-Bretagne et de Méditerranée se mêlèrent aux premiers occupants et commencèrent à se sédentariser, en passant d'une économie de chasse à une économie de cueillette, d'agriculture, de production et de conservation. De la même période datent les tombes, mégalithiques, qu'il s'agisse des cairns à cour (Cleevykeel), des dolmens à portique (Browne's Hill) ou des grandes nécropoles (Carrowmore, Newgrange). Toutes ont en commun un rituel funéraire, une incinération souvent collective et, pour Newgrange, l'apparition de l'art avec des motifs sculptés sur certains monolithes (spirales, losanges, chevrons).

L'âge du bronze, de 2500 à 1200 av. J.-C., apporte les cercles de pierre (Beadhmore, Drombeg ou Kenmare), mais surtout des métaux et la fabrication d'outils raffinés en cuivre, ainsi que les premiers ornements en or, déjà exportés à cette époque vers le continent.

Irlande celtique

La datation de l'arrivée des Gaëls, peuple celtique, n'est pas vraiment établie. Selon certains archéologues et historiens, les Gaëls ne seraient arrivés en Irlande que 150 ans avant notre ère, pour se mélanger avec d'autres populations celtiques déjà présentes sur le territoire (fils de Partholon, fils de Nomed, Fir Bolg, Thuatha De Dannan).

D'autres pensent que l'arrivée des Gaëls daterait du XIIIe siècle av. J.-C., hypothèse que semblent venir conforter les similitudes entre l'art mégalithique et l'art celtique. L'Irlande n'ayant connu de conquêtes ni romaine ni germanique, les populations celtes ont pu y imposer leur culture et leurs institutions sans trop de difficultés, ainsi que les développer pendant plusieurs siècles. Des textes celtiques préservés par les moines irlandais nous apprennent qu'à cette époque (entre le IVe et le Ier siècles av. J.-C.) la société s'organisait autour de ces trois fonctions : sacerdotale, productrice et guerrière. Les druides, censés pouvoir communiquer avec l'au-delà, occupaient dans la société une place très importante puisqu'ils étaient considérés comme les intermédiaires entre le monde divin et les humains.

Au plan politique, l'île était divisée en 150 petits royaumes, les Thuatha, très hiérarchisés. Au sommet, un roi (ri), des nobles (dont les druides et les hommes de science), ensuite des hommes libres et des serfs. Certains rois parvinrent, mieux que d'autres, à s'imposer en tant que rois de province ; le titre de haut roi (ard ri) n'est apparu que plus tard. Les populations gaéliques ont su instaurer une culture qui restera prédominante jusqu'aux invasions scandinaves du IXe siècle.

Halloween

Les origines d'Halloween remontent à l'époque de la domination celte dans l'ouest de l'Europe (Ecosse, Irlande et même France). Il y a environ 3 000 ans, l'année celte se terminait non pas le 31 décembre mais le 31 octobre, à la fin des récoltes. Les Celtes vénéraient, cette nuit-là, Samhain, le dieu de la Mort. Les croyances voulaient que les fantômes profitent de cette soirée pour rendre visite aux vivants. Les Celtes s'attendaient alors à recevoir chez eux les esprits de leurs proches décédés. Ils éteignaient tous les feux dans les chaumières, un immense banquet était organisé où tous étaient conviés à y venir sous peine de mort et des sacrifices d'animaux étaient pratiqués. Ils chantaient et dansaient autour de grands feux de bois et célébraient le passage de la saison du soleil à la saison des ténèbres. Pour effrayer les esprits, les participants s'habillaient avec des costumes terrifiants et se maquillaient de façon affreuse. Ils avaient aussi pensé à laisser devant leur porte des offrandes pour apaiser les revenants. Les druides du village distribuaient le lendemain les braises du bûcher à chaque famille pour rallumer les feux éteints dans les maisons. Ces braises étaient censées éloigner les mauvais esprits toute l'année. La christianisation, au début du VIIe siècle, des peuplades celtes marqua l'arrêt de cette fête considérée comme païenne par les dirigeants de l'Eglise. Malgré tout, ces rites subsisteront. La migration de la fête aux Etats-Unis se fera en même temps que l'exode des Irlandais vers le nouveau monde au XIXe siècle.

Un bol d'... Eire !

D'où vient le nom gaélique de l'Irlande ? Pour comprendre, il faut remonter à l'arrivée des Celtes sur l'île, qui rencontrèrent des difficultés face aux épaisses forêts, aux zones peu cultivables et aux marécages. Leur apparaissent alors trois déesses : Fodla, Banba et Eriu, chacune proposant d'aider le peuple celtique à coloniser l'île. La proposition d'Eriu fut retenue ; en échange, les Celtes donnèrent le nom de cette déesse à leur royaume.

Évangélisation de l’Irlande

Selon la tradition, saint Patrick, grand pasteur de l'Irlande, débarqua sur l'île en 432 et lui donna ainsi, en une trentaine d'années, son identité chrétienne. Capturé par des pirates irlandais, aux environs de 430, saint Patrick garda des moutons, pendant plusieurs années dans le comté d'Antrim. Après son évasion, une vision le poussa à aller évangéliser les habitants. Il réussit, dit-on, à convertir plusieurs rois. Cependant saint Patrick lui-même, dans sa confession, ne se présente pas comme étant l'unique apôtre de l'Irlande. Et, de fait, convertir au christianisme un tel pays n'était pas chose aisée puisque les populations autochtones avaient leurs propres croyances et cultes. Pourtant, elles firent preuve de curiosité et d'ouverture, et le christianisme s'y accommoda de pratiques plus anciennes. Saint Patrick serait en fait parvenu à convertir une petite partie du nord de l'île, le reste de la population ayant été influencé par des évêques et savants provenant du continent. Au cours des invasions barbares en Gaule, ceux-ci auraient fui vers des régions plus isolées afin d'y diffuser leur savoir.

Saint Patrick

" Parmi les peuples, je ne cesse d'exulter et de magnifier ton nom, où que je puisse me trouver et pas seulement quand tout va bien, mais aussi dans les difficultés. " (Profession de foi de saint Patrick, fin du IVe siècle.)

Maewyn Succat, plus connu sous le nom de saint Patrick, serait né en 385 en Écosse. C'est en son honneur que les Irlandais, où qu'ils soient, célèbrent son nom le 17 mars, date d'anniversaire de sa mort (en 461). Très symbolique et populaire, ce jour férié depuis 1903 en Irlande est l'occasion de célébrer l'évangélisateur de l'île Verte et de porter une feuille de trèfle à la boutonnière.

Invasions vikings

Mais cette christianisation de l'Irlande s'était faite sans organisation politique centralisatrice, si bien que les Vikings, au VIIIe siècle, mieux armés et plus aptes au combat, réussirent en plusieurs attaques successives à soumettre la population et à s'installer sur plusieurs sites stratégiques. Dès 840, ils fondaient des campements fortifiés qui allaient connaître un long avenir : Dublin, Wexford, Waterford, Cork, Limerick... Dublin fut fondé en 841 par les Norvégiens, qui l'appelèrent Dubh Linn (" mare noire "), en raison de la couleur sombre de son fleuve, la Liffey. Ces villes, qui constituaient de hauts lieux stratégiques pour les Vikings, favorisèrent le développement du commerce de l'île.

Les IXe et Xe siècles furent marqués par des combats incessants contre l'envahisseur viking, qui pillait les richesses des sites monastiques. C'est à cette époque que furent érigées les fameuses tours rondes à fonction défensive. En 1014, Brian Boru, chef ambitieux et légendaire, prenait le titre de haut roi et réussissait à vaincre les Vikings à Clontarf, où il perdit la vie. Cette bataille marqua la fin des conquêtes scandinaves et la reprise d'influence de l'Eglise chrétienne.

Invasions anglo-normandes

L'Irlande restait cependant toujours très désunie et sujette à des conflits internes. Pendant les 150 années qui suivirent la bataille de Clontarf, le pays fut ravagé, tandis que trois familles rivales se disputaient la haute royauté : les O'Brien de Munster (qui descendaient de Brian Boru), les O'Neill d'Ulster et les O'Connor de Connaught (Connacht). Fort de ce désordre politique, le roi d'Angleterre Henry II (1133-1189), avec l'appui du pape Adrien IV, se décida à coloniser le pays avec l'aide des barons normands en quête de terres et d'aventures. Parmi eux se trouvait le fameux Richard de Clare, comte de Pembroke (plus connu sous le nom de " Strongbow "), qui devint comte de Leinster.

Cette invasion des barons normands, inachevée d'une certaine façon, fut source de civilisation : administration, châteaux, abbayes, développement et construction de villes, tandis que le roi d'Angleterre tentait de contenir la voracité de ces alliés gourmands.

Finalement, en 1182, Henry II, bien décidé à ne pas tolérer les velléités d'indépendance de ses barons, traversa la mer jusqu'en Irlande, à la tête d'une puissante armée. Il instaura une suzeraineté d'Irlande qui devait durer près de 400 ans.

Rory O'Connor, qui régna de 1166 à 1183, fut le dernier roi d'Irlande. En 1199, c'est Jean sans Terre, fils d'Henry II, qui devint roi d'Angleterre et seigneur d'Irlande. Ignorant tout de la situation complexe du monde celtique, il se conduit de façon méprisante et offensante. Jean réussit l'exploit d'unir contre lui les trois rois locaux pourtant ennemis mortels.

Strongbow à la conquête normande de l'Irlande

Surnommé Strongbow (" arc vigoureux "), Richard de Clare (1130-1176) prit en 1148 la succession du comté de Pembroke, région du sud du Pays de Galles envahie par les Normands.

Comme de nombreux jeunes comtes anglo-normands, il part en Irlande, espérant conquérir de nouvelles terres. Il y fit alliance avec le roi irlandais Dermot MacMurrough contre les rivaux de ce dernier. Le mariage de Strongbow et d'Aoife, fille de Dermot, et la promesse de succession au royaume de Leinster scellèrent cette alliance.

Strongbow débarqua à Waterford en août 1170 avec 200 chevaliers et 700 hommes. Il s'empara de Dublin dans le courant de l'année et accéda au trône de Leinster à la mort de Dermot en 1171, mais dut se soumettre à l'autorité supérieure du roi Henry II en octobre 1171. Ces événements marquèrent le début des interventions anglaises en Irlande.

Domination anglaise

En 1536, le roi d'Angleterre devint chef de l'Eglise d'Angleterre et, en 1541, Henry VIII ajouta à son titre de roi d'Angleterre celui de roi d'Irlande. Ses tentatives de destruction de la culture irlandaise provoquèrent de nombreux mécontentements au sein de la population soumise. De plus, les Irlandais refusaient de renoncer à leur religion catholique pour adopter la religion anglicane après le schisme. Elisabeth Ire consolida encore la domination anglaise, et ce, malgré les révoltes des chefs locaux. En 1594, le comte Hugh O'Neill se révolta. Ce conflit avec l'Angleterre dura 9 ans et les Irlandais remportèrent plusieurs batailles. A cette époque, l'Irlande était liée à l'Espagne, catholique et ennemie de l'Angleterre. En 1601, 4 000 Espagnols furent rejoints à Kinsale par les troupes de O'Neill. Mais les Anglais l'emportèrent et une ère de cruelle domination anglaise s'ouvrit alors. Les terres des vaincus étaient distribuées aux vainqueurs. Dès 1605, des Ecossais s'implantaient comme chez eux en Ulster, annonçant les problèmes futurs encore non résolus.

En 1607, O'Neill quitta l'Irlande pour le continent (peut-être pour chercher de l'aide) avec une centaine de partisans, c'est la Fuite des comtes. O'Neill et O'Donnell furent inculpés de haute trahison et leurs biens saisis par le pouvoir anglais. Dès lors, colons écossais et anglais s'installèrent dans tout le nord du pays (Derry devint Londonderry...), transformant cette terre en une colonie anglo-saxonne de confession anglicane ou presbytérienne. Mais les catholiques spoliés, expulsés de leur terre, s'unirent et se retournèrent contre les colons protestants : ce fut l'insurrection de 1641. 10 000 colons anglo-écossais furent massacrés. En Angleterre même, la situation était au plus haut point de confusion : Charles Ier, après avoir perdu la guerre civile, fut décapité par Oliver Cromwell en 1649. Cette même année, Cromwell, dans un esprit de vengeance, débarqua en Irlande avec 12 000 hommes. A Drogheda, les soldats tuèrent 3 000 personnes et, peu à peu, éliminaient le tiers de la population catholique d'Irlande.

Persécutions

En 1691, des lois pénales draconiennes furent promulguées et les catholiques ne disposèrent plus que d'un septième du territoire. Les Irlandais se virent interdits de porter des armes et d'instruire leurs enfants ; les prêtres furent bannis.

En 1704, des lois encore plus sévères ôtèrent le droit de vote aux Irlandais ainsi que tout accès à la fonction publique. Ainsi, la société Gaël était en voie d'extermination. Seuls les lettrés, dans les Hedges Schools (" écoles le long des haies ", dans les granges), transmettaient encore des éléments de culture irlandaise tels que mythes et légendes... Alors que d'autres Irlandais (des presbytériens en majorité) émigraient vers le Nouveau Monde.

Début d’espoir

A la suite de diverses menaces, dès 1775, un parti patriote protestant se dessinait sous la conduite de Henry Grattan (1746-1820), figure du parlementarisme irlandais. Il revendiquait notamment la libération du commerce et l'atténuation des lois pénales. Intimidé par l'importance de ce parti, le gouvernement britannique vota, en 1778, le Gardiner's Act, qui supprimait les restrictions sur la propriété foncière, sur le droit à l'instruction et sur le statut d'électeur. La vie quotidienne des catholiques en fut améliorée.

En 1782, fort d'une armée de 80 000 volontaires irlandais, Grattan obtint de Londres la création d'un Parlement à Dublin, un Parlement protestant dans un pays aux trois quarts catholique. Grattan, peu suivi par ses pairs, était prêt à des conciliations avec les catholiques tandis que les échos de la Révolution française activaient les espoirs.

En 1790, le patriote irlandais Theobald Wolfe Tone, pourtant protestant, réclamait la liberté pour les catholiques et dénonçait l'Angleterre comme ennemie de l'Irlande. Inspiré par les idées de la Révolution française, il forma un club politique : la Société des Irlandais unis. Sous les coups de la répression, ce club se transforma en société secrète et militaire qui réclamait l'établissement d'un gouvernement républicain. Theobald Wolfe Tone prit alors contact avec le gouvernement français et finit par convaincre les ministres d'organiser une expédition en Irlande. En 1798, une petite armée dirigée par le général français Humbert débarqua à Killala. Mais, après 3 semaines de combat, elle dut se rendre.

Après ces événements, la répression s'abattit à nouveau sur l'Irlande. Wolfe Tone, se croyant capturé, préféra se trancher la gorge. Le Premier ministre anglais, William Pitt, considérant ces soulèvements et ces tentatives de libération, préféra défaire, non sans manoeuvres frauduleuses, le Parlement irlandais de Dublin, malgré les talents oratoires de Grattan.

Des 300 députés, seuls 100 iront à Londres dans un esprit d'association avec l'Angleterre... A la suite de l'échec du Parlement de Henry Grattan, en 1800, l'Angleterre vota l'Acte d'Union qui rétablissait son contrôle direct sur l'île. Cette nouvelle étape ne fut pas considérée comme un échec par tous les catholiques, certains pensant que l'alliance avec l'Angleterre ne pouvait être que bénéfique.

Le libérateur

Cependant cette association avec l'Angleterre ne satisfaisait pas grand monde, et certainement pas le nationaliste irlandais Robert Emmet qui, en 1803, tenta d'organiser un soulèvement avec l'aide de Napoléon, alors préoccupé par l'Egypte. Il voulut, avec quelques hommes, s'emparer du château de Dublin mais, après une bagarre de rue, fut fait prisonnier et condamné à mort.

En 1828, O'Connell fut élu député du comté de Clare et revendiqua encore l'émancipation des catholiques. Il l'obtint en 1829 grâce à sa notoriété. Roi sans couronne, il n'arrêta point là son combat puisqu'il exigea du Parlement l'abrogation de la loi de l'Union et l'abolition de la dîme. Ses meetings attiraient une foule grandissante, ce qui inquiétait le pouvoir anglais. En 1843, 250 000 personnes étaient venues l'écouter à la colline de Tara... Cette même année, il annonça un meeting tout près de Dublin, sur le site de Clontarf, là où Brian Boru l'avait autrefois emporté sur les Vikings. On y attendait un million d'auditeurs ! Mais l'autorité britannique, s'avisant du danger, interdit ce rassemblement. O'Connell, partisan de la non-violence et respectueux de la légalité, céda et annula la réunion, qui aurait pu être décisive. Après quelque temps passé en prison, il songeait à d'autres actions lorsque survint l'une des plus grandes tragédies de l'histoire de l'Irlande.

La Grande Famine

En 1845, l'Irlande comptait environ 8 millions d'habitants. En 50 ans, la population avait presque doublé. Or les paysans, cultivant les terres de plus en plus morcelées, ne profitaient pas de leurs récoltes de céréales alors destinées à l'exportation (elles servaient à payer le fermage). En 1845, le mildiou, un champignon, détruisit une première récolte de pommes de terre. En 1846, le même champignon ravageait à nouveau cet aliment essentiel. Ce fut la Grande Famine : un million de personnes mourut de faim pendant que, pas un instant, le gouvernement anglais ne songea à modifier le système économique qui demandait aux paysans de payer leur fermage.

Expulsés, errants, un million d'Irlandais périrent alors qu'un autre million tentait d'émigrer vers les Etats-Unis.

Cependant, aux Etats-Unis, au contact d'autres exilés politiques, les Irlandais émigrés fondèrent une société qui, en 1853, se baptisa Irish Republican Brotherhood, plus connue sous le nom de Mouvement fénian, en mémoire de Finn McCoole, un guerrier gaélique.

En 1863, James Stephen, chef de l'organisation, fonda à Dublin le journal Irish People, tandis que des hommes endurcis par la guerre de Sécession s'enrôlaient en grand nombre. Tous étaient décidés à passer à l'action pour obtenir l'indépendance de l'Irlande. Seule une suite de contretemps empêcha le mouvement d'aller au bout de l'insurrection et, en 1867, les autorités anglaises démantelèrent le réseau. Mais l'essence du terrorisme était née.

Réformes

Un homme en Angleterre saisit l'étendue et la gravité du problème irlandais. C'était le Premier ministre libéral William Gladstone qui réussit à imposer quelques réformes : séparation de l'Eglise protestante et de l'Etat en 1869, réforme agraire en 1870. De son côté, Charles Parnell, député protestant d'Irlande, entravait le travail parlementaire par d'interminables discours destinés à attirer l'attention des députés sur la question irlandaise. Par ailleurs, Michael Davitt, ancien Fénian, fondait, en 1879, la Ligue agraire, qui se donnait comme but de protéger les fermiers des expulsions, et demandait à Parnell d'en être le président. Cette ligue allait s'avérer d'une grande efficacité. Elle inventa de nouvelles méthodes de défense, tel le boycott, du nom d'un capitaine qui fut mis en quarantaine parce qu'il maltraitait ses fermiers.

En 1881, Gladstone soumit au Parlement une loi visant à garantir certains droits aux propriétaires terriens, tandis que Parnell (après quelque temps passé en prison) défendit avec virulence un projet de Home Rule (autonomie de l'Irlande dans l'Empire britannique) dès 1885. En 1886, Gladstone défendit ce même projet face à la colère croissante des protestants de l'Ulster, prêts à se battre pour conserver leur attachement à l'Angleterre. En 1889, le scandale de sa liaison avec Kitty O'Shea discrédita Parnell. Passé dans l'opposition, Gladstone continua jusqu'à sa mort (en 1892) à défendre son projet de Home Rule, mais sans réussir à forcer la résistance des protestants de l'Ulster.

Monsieur Boycott

Ancien officier britannique devenu intendant chez un comte irlandais du comté de Mayo en Irlande, Charles Cunningham Boycott (1832-1897) maltraitait ses fermiers en leur refusant de baisser les loyers. Ceux-ci décidèrent de le cloisonner chez lui en le privant d'approvisionnement, de visites et de courrier pendant l'automne 1880. Première victime de cette action de révolte, il lui laissa son nom. Depuis, le boycott a plusieurs fois changé le cours de l'histoire. Gandhi y a eu recours. Le boycott a également été la forme de protestation de la communauté noire en lutte contre le racisme aux Etats-Unis et en Afrique du Sud. Le phénomène est également devenu un moyen de pression des consommateurs.

Renouveau

Vers 1900 était créé le mouvement Sinn Féin (" nous seuls "), qui revendiquait l'indépendance d'une République irlandaise unie. La lutte du Home Rule allait reprendre de plus belle jusqu'à s'enflammer dangereusement. En 1911, un projet déposé au Parlement proposait l'autonomie partielle de l'Irlande. Après bien des débats, il fut accepté par la Chambre des communes et devait prendre effet à partir de 1914. Mais les protestants de l'Ulster ne l'entendirent pas de cette oreille, et se groupèrent, s'armèrent (via l'Allemagne) en un seul corps de 100 000 Ulster Volunteers prêts à l'attaque. En 1913, les Irish Volunteers républicains donnaient la réponse : le pays était en situation de guerre civile... Mais alors que le Home Rule était ratifié, la Première Guerre mondiale éclata, ce qui en reporta l'application.

Le 24 avril 1916 (Easter 1916, voir le poème éponyme de W. B. Yeats), 1 200 membres des Irish Volunteers sous la direction de Patrick Pearse et l'Irish Citizen Army, conduite par James Connolly, s'emparaient de la poste centrale de Dublin et de divers bâtiments officiels anglais, et proclamèrent la République irlandaise. La population de la ville leur était, en majorité, défavorable. Les insurgés résistèrent désespérément pendant une semaine, tandis que la ville était en état de siège et savamment bombardée par les Anglais. Plus de 200 civils furent victimes de cette répression éclair.

Pearse et Connolly furent capturés, exécutés et allaient ainsi entrer dans la légende et peu à peu faire l'objet d'un mouvement d'adhésion et d'admiration populaire.

Lutte

En 1918, le Sinn Féin obtint la majorité aux élections et les députés du parti refusèrent de siéger au Parlement de Londres. En 1919, ils convoquèrent un Parlement irlandais à Dublin, la Dàil Eireann, qui ratifia l'instauration de la République irlandaise et élit De Valera à sa tête. Les Irish Volunteers devinrent l'IRA (Irish Republican Army) qui engagea une politique de guérilla contre la police anglaise, tandis que le gouvernement britannique proscrit le Sinn Féin et envoya des troupes spéciales, les Black and Tans (vestes noires et pantalons kaki, force paramilitaire), réprimer tout désordre. A chaque attaque de l'IRA contre les intérêts anglais, les Black and Tans répondaient par de cruelles représailles, comme celle de Croke Park, qui tua 13 personnes lors de la finale de football gaélique. C'est le premier Bloody Sunday de l'histoire irlandaise. Cette terrible guerre civile dura plus de 2 ans. En 1920, l'Angleterre, n'en pouvant plus, proposa une loi qui divisait l'Irlande en deux parties : d'un côté, l'Irlande du Nord (l'Ulster moins trois comtés à majorité catholique) ; de l'autre, l'Irlande du Sud et ses vingt-six comtés. Un armistice fut signé qui conduisit à de longues négociations à l'issue desquelles De Valera céda sa représentation à Arthur Griffith et Michael Collins. Le 5 décembre 1921 fut signé le traité de Londres. L'Irlande devint l'Irish Free State (l'Etat libre d'Irlande), sous condition de ne pas intervenir en Irlande du Nord. La situation contemporaine était scellée...

Scellée mais non acceptée. De Valera et l'IRA refusaient le traité et voulaient une Irlande unie. Une nouvelle guerre civile éclata dès 1922, les Anglais armant les forces de l'Irish Force State qui avaient ratifié le traité. Enfin, en 1923, Eamon De Valera accepta de déposer les armes. En 1925, il fondait un nouveau parti, le Fianna Fail (les Soldats du destin), et acceptait de siéger au Dail (le Parlement). La minorité qui refusa de le suivre, et qui devint par là même clandestine, préfigurait l'actuelle situation de l'IRA. En 1932, De Valera accédait au pouvoir et renonçait aussitôt au serment d'allégeance à la Couronne, tout en s'engageant dans une économie nationaliste. Le Fianna Fail allait rester au pouvoir pendant 16 ans.

En 1937, De Valera fit voter une nouvelle Constitution dans laquelle l'Irlande, sous son nouveau patronyme d'Eire, se reconnaissait souveraine, indépendante et démocratique.

L’attente

Durant la Seconde Guerre mondiale, l'Eire resta neutre (même si 70 000 Irlandais étaient engagés dans l'armée anglaise).

En 1948, le Fianna Fail perdit les élections au profit du parti Fine Gael. Un gouvernement de coalition dirigea le pays. En 1949, l'Eire devenait la Republic of Ireland et quittait le Commonwealth, tandis que l'Irlande du Nord demeurait rattachée au Royaume-Uni. En 1955, la République adhérait aux Nations unies et cherchait à attirer des capitaux étrangers pour relancer une économie défaillante. Les actions de l'IRA rappelaient cependant que le conflit entre les nationalistes et les unionistes était loin d'être réglé.

C'est à cette époque qu'a eu lieu le fameux Bloody Sunday. Les rangs de l'IRA se gonflèrent après ce massacre. Le 21 juillet 1972, 22 bombes explosaient à Belfast faisant 16 morts. L'Irlande du Nord s'enfonçait dans la guerre, avec un engrenage d'attentats et représailles entre les camps en présence. L'IRA, outre des attentats perpétrés en Irlande du Nord, posait également des bombes sur le sol britannique. Les protestants, quant à eux, créèrent des brigades paramilitaires, et les violences étaient permanentes.

En 1981, des détenus catholiques souhaitant obtenir le statut de prisonniers politiques entamaient une grève de la faim. Dix d'entre eux en mourront. Le début des années 1980 fut aussi marqué par une inquiétante croissance du chômage (plus de 10 %), non sans relation avec l'extrême jeunesse du pays. Le mécontentement de la population face à ces nouveaux problèmes contribua à l'émergence de nouveaux partis. En 1982, le Sinn Féin devint le Worker's Party et, en 1986, certains membres du Fianna Fail créèrent un nouveau parti de droite, les Progressive Democrats. Enfin, la fin des années 1980 vit le développement de mouvements écologistes, comme The Green Alliance, qui remportèrent un siège au Parlement en 1989.

D'un millénaire à l'autre, paix et modernité

En 1990, l'élection de Mary Robinson à la présidence de l'Irlande fut très encourageante, aussi bien pour les relations avec l'Irlande du Nord que pour l'identité de la République. En 1997 une seconde femme, Mary MacAleese, est élue à la présidence de la République avec des positions plus conservatrices.

En 1998, un processus de paix durable bien que fragile semble s'amorcer. Un accord dit du " Vendredi saint " est signé à Belfast entre les différents partis ; il est approuvé par référendum en Irlande du Nord et en République d'Irlande. Le jeudi 28 juillet 2005, l'Armée républicaine irlandaise annonce qu'elle renonce à la lutte armée et qu'elle chercherait désormais à atteindre ses objectifs par la voie politique. Après plus de 30 ans de lutte armée, une page historique semble se tourner entre les républicains et les unionistes, encore sceptiques. 2007 voit finalement les accords du Vendredi saint se concrétiser lorsque Ian Paisley, leader charismatique du Parti unioniste démocrate (DUP), anti-catholique et farouchement opposé au processus du Vendredi saint, accepte (sous la pression britannique) de négocier la mise en place d'un gouvernement d'union nationale et d'en prendre la tête en devenant Premier ministre d'Irlande du Nord. Il gouverne alors avec ses pires ennemis d'hier, flanqué d'un vice-premier ministre émanant du Sinn Féin, Martin McGuinness, ancien dirigeant de l'armée républicaine irlandaise !

Les années 1990 sont synonymes de réussite économique en Irlande. Puis vint la crise... Banques en piteux état, échec du gouvernement, économie en faillite : le pays fait face pour rétablir sa viabilité budgétaire.

Le retour du tigre celtique ?

De 2008 à 2013, la situation irlandaise est catastrophique : le déficit public atteint 32 % du PIB, la dette publique 82 % et le chômage 14 %. Face à la crise, les Irlandais ont affiché un très large consensus pour préserver le modèle de développement économique national. Le FMI sauvera le pays in extremis en lui accordant un emprunt de près de 85 milliards d'euros.

Depuis 2014, la reprise est amorcée et l'Irlande connaît un rebond économique spectaculaire, mais au prix d'une sévère politique d'austérité du gouvernement d'Enda Kenny. Redevenue l'économie la plus dynamique de l'Union européenne en 2015, l'Irlande s'inquiète désormais des conséquences du Brexit. L'idée de rétablir une frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande risque de réveiller les vieux fantômes du conflit nord-irlandais.

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