NÉCROPOLE ROYALE DE NAQSH-E ROSTAM
Ne pas manquer l’un des fleurons des sites archéologiques. Les plus anciennes et les plus belles sépultures achéménides dessinent de grandes croix sur la falaise, surplombant d’imposants bas-reliefs sassanides. A partir du règne de Darius apparaissent les tombeaux rupestres avec leurs admirables sculptures. C’est ici que sont creusés dans les falaises, voisins des vestiges du vieux culte élamite, les tombeaux de Darius et de trois de ses successeurs : Artaxerxès Ier, Artaxerxès II et Darius II. Le nom du site se réfère à Rostam, héros légendaire de la Perse antique. Naqsh-e Rostam compte aujourd’hui quatre caveaux antiques taillés par les Achéménides en forme de croix, à mi-hauteur dans la falaise, et dominant cinq superbes bas-reliefs sassanides réalisés un millénaire plus tard. Le portique horizontal est surmonté d’un tympan vertical et souligné par un soubassement. Face à ces tombeaux s’élève, à demi-enterré, un temple du feu zoroastrien, hypothèse vraisemblable retenue par un certain nombre d’historiens. Seul un des caveaux porte une inscription trilingue (en parthe, en sassanide et en grec) permettant de l’attribuer, sans nulle doute, à Darius Ier. Les autres caveaux sont en général attribués comme suit (de gauche à droite) : Darius Ier, Xerxès Ier, Artaxerxès Ier et Darius II. Sur la façade du caveau de Darius Ier, l’estrade royale est représentée surplombant une façade de palais à colonnes, portée par des personnifications des peuples de l’Empire, en armes donc libres. Le grand roi Darius, debout sur un podium face à l’autel du feu, lève la main droite en invoquant Ahura Mazda, figuré par un disque ailé d’où émerge un personnage barbu (le faravahar), dépeint avec les traits du roi. La célèbre inscription trilingue dit ceci : « Je suis Darius Ier, le grand Roi, Roi des rois, Roi des contrées, maître de peuples divers, Roi de cette grande et large terre, fils d’Hystaspes, l’Achéménide, un Perse, fils de Perse, un Aryen, de lignée aryenne. Par la grâce de Ahura Mazda, voici les provinces que j’ai conquises au loin. Je les ai gouvernées : elles m’ont payé tribut. Ce que j’ai commandé, elles l’ont fait ; la loi qui était la mienne leur fut imposée : la Médie, la Susiane, la Parthie, l’Arie, la Bactriane, la Sogdiane, la Khorazmie, la Drangiane, l’Arachosie, la Sattagydie, la Gandara, l’Inde, le pays des Scythes amirgiens, celui des Scythes à bonnets pointus, la Babylonie, l’Assyrie, l’Arabie, l’Egypte, l’Arménie, la Cappadoce, Sparda, l’Ionie, Skudra, le pays des Scythes éloignés de la mer, des Ioniens éloignés de la mer, des Africains, des Ethiopiens, des Maxyens et des Karkiens. Le Roi Darius dit : Ahura Mazda, quand il vit la terre en commotion, me la donna. Il me fit roi. Je suis Roi par la grâce d’Ahura Mazda. Si tu penses que les contrées dominées par Darius étaient peu nombreuses, alors, regarde l’image de ceux qui supportent mon trône. Alors tu les connaîtras, et tu sauras que la lance de l’homme perse a pénétré au loin ; alors tu sauras que le Perse a combattu au loin. » Surplombant les caveaux se détachent, sur le flanc du roc, de grands bas-reliefs, dont les registres inférieurs représentent des combats équestres :
L’investiture du roi Nestam (293-302 apr. J.-C.), couronné par la déesse des eaux, Anahita.
Shahpur Ier (241-272 apr. J.-C.), roi perse de la dynastie des Sassanides, dans son célèbre triomphe sur les Romains : le roi, à cheval, est distingué par l’empereur Philippe l’Arabe, qui plie le genou ; on voit derrière lui l’empereur Valérien fait prisonnier (en 262 de notre ère).
Deux reliefs superposés : en haut, Shahpur II (310-379 apr. J.-C.), en bas le roi Ormouz II (303-309) au combat, avec sa lance.
Face aux tombeaux voir la Kaaba de Zarathoustra (Kabe-ye Zardush), un édifice carré, à demi-enterré. Les historiens hésitent à se prononcer sur la fonction de l’édifice : une tour du feu achéménide ? un écrin pour l’Avesta, le livre sacré du zoroastrisme ? une morgue pour momifier les rois ? une chambre de gardien des tombeaux ? L’hypothèse la plus plausible serait celle d’un temple abritant le feu sacré des Achéménides. Un peu plus loin, en longeant la falaise, d’anciens ossuaires zoroastriens apparaissent, creusés à flanc de montagne. Les Zoroastriens n’exposaient jamais leurs morts sur la terre, jugée sacrée comme le feu et l’eau, mais déposaient ces derniers sur un roc dur… Ce rituel, à l’opposé de la pratique de l’incinération, courante dans l’Inde antique et moderne, visait à préserver le milieu ambiant de tout contact avec l’impureté d’une charogne. Une pratique qui explique peut-être la construction de tombeaux inaccessibles creusés à même la roche, comme pour les rois achéménides. A voir également, à l’extrémité de la falaise, un premier bas-relief sassanide retraçant l’investiture du premier roi sassanide Ardachir Ier (224-241 apr. J.-C.). A cheval, il reçoit la couronne de la main d’Ahura Mazda, également représenté sur sa monture. Sous les sabots de leurs chevaux respectifs, leurs ennemis Artaban V, dernier roi parthe, et Ahriman, le dieu du Mal, sont piétinés. Le second bas-relief évoque un roi sassanide, Bahram II (276-293 apr. J.-C.), entouré de membres de sa famille et de dignitaires. Ce bas-relief, d’une grande valeur, recouvre une gravure élamite beaucoup plus ancienne, dont il ne subsiste que les deux personnages figurant aux extrémités. C’est l’une des rares représentations élamites encore visibles, datant approximativement du IXe au VIIe siècle avant notre ère.
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