Guide de STOCKHOLM : Histoire

Grandes figures historiques

Birger Jarl (1210-1266). Parfois considéré comme le premier roi de Suède, Birger fut nommé Jarl (régent) par le roi Erik XI en 1248 et, après la mort du monarque, dirigea le royaume. Il mena plusieurs expéditions militaires (sauvetage de Lübeck contre les Danois et seconde croisade qui établit la domination suédoise en Finlande). Birger Jarl mentionna pour la première fois la ville de Stockholm dans l'une de ses lettres et reste ainsi comme le fondateur de la capitale, dont l'une des plus grandes artères porte son nom. Sa statue est visible sur l'îlot de Riddarholmem.

Stern Sture l'Aîné (1493-1520). Régent du royaume entre 1470 et 1497, puis entre 1501 et 1503, Stern Sture reste célèbre pour sa lutte incessante contre l'ennemi danois. Sa victoire à Brukenberg en 1471 inspira la célèbre sculpture de Saint Georges triomphant du dragon, visible dans la cathédrale de Stockholm et sur une place de la vieille ville, qui célèbre cette victoire. Il fut le grand oncle du roi Gustav Vasa Ier.

Gustav Vasa (1496-1560). Le père de la nation suédoise et premier roi du royaume. La vie de cet homme est une épopée : combattant contre les Danois dès son plus jeune âge, il fut fait prisonnier au château de Kalö au Danemark avant de s'échapper pour rallier Kalmar, puis de rejoindre la province de Dalécarnie pour y lever une armée. Elu régent par les masses paysannes de la région en 1520, il continue la lutte contre les Danois pour finalement les chasser de Stockholm et s'y faire couronner le 6 juin 1523, devenu fête nationale de Suède. Son règne fut marqué par une consolidation et une emprise de la monarchie sur le royaume, la fortification de Stockholm et de ses alentours et l'accélération de la Réformation.

Gustav III (1746-1792). Roi de Suède, il accéda au trône en 1771 après un coup d'Etat, alors que la noblesse contestait dans un climat révolutionnaire la monarchie suédoise. Grand admirateur des philosophes français et adepte des Lumières, Gustav III voyage à Versailles et en ramène de nouvelles influences : le style gustavien apparaît. Il est aussi amateur d'art et gagnera le surnom de " roi théâtre " en faisant construire notamment l'opéra de Stockholm. Son règne est marqué par une gestion avisée et humaniste du royaume, malgré le renforcement du pouvoir royal au détriment de celui de la noblesse. Il sera finalement assassiné à l'opéra par le noble Anckaström, meurtre qui inspira l'opéra de Verdi Un Ballo in maschera.

Jean-Baptiste Bernadotte (1763-1844). Etrange destin que celui de ce Palois devenu roi de Suède ! Il est maréchal de France dans l'armée de Napoléon lorsque le roi Charles XIII de Suède, qui n'a pas d'enfant pour lui succéder, le choisit pour assurer le rôle de régent du royaume. Cette étonnante nomination trouve son explication dans le fait que l'empire français est alors une puissance dont il est bon de se rapprocher. Bernadotte accepte et part pour Stockholm avec l'assentiment de Napoléon, qui voit là l'occasion de consolider ses alliances en Scandinavie. Bernadotte y devient prince héréditaire en 1810 et mène les troupes suédoises jusqu'en Allemagne pour y signer la paix de Kiel en 1814 avec les Danois, date depuis laquelle la Suède n'a plus guerroyé. En 1818, il est sacré roi de Suède et de Norvège sous le nom de Karl XIV Johan. Il renforce le royaume suédo-norvégien et impose la langue française à la Cour.

Chronologie
Statue équestre de Bernadotte, maréchal de France et roi de Suède.
Statue équestre de Bernadotte, maréchal de France et roi de Suède.
Chronologie

1252 > Le nom de Stockholm apparaît pour la première fois dans une lettre rédigée par le régent Birger Jarl. La ville se limite alors à Stadsholmen, emplacement de la vieille ville actuelle (Gamla Stan).

1289 > Stockholm devient la plus grande ville de Suède.

1349 > La peste noire décime une grande partie de la population de la cité.

1419 > Stockholm devient capitale de la Suède, alors liée au Danemark par l'Union de Kalmar.

1520 > Kristian II, roi du Danemark, fait exécuter 88 notables suédois sur Stortorget, coeur de la ville. Cet épisode gardera le nom de " bain de sang " et provoquera le départ de Gustav Vasa pour la Dalécarnie.

6 juin 1523 > Gustav Vasa, après avoir chassé les Danois, se fait couronner à Stockholm et devient le premier roi de Suède.

1600 > La population de Stockholm atteint 10 000 habitants.

10 août 1628 > Le bateau de guerre royal Vasa, tout juste sorti de son chantier naval, coule dans la baie de Stockholm après avoir parcouru seulement 300 m.

1697 > Un grand incendie interrompt la construction du nouveau palais royal de style baroque. Celui-ci ne sera achevé qu'en 1760.

1700-1720 > Une partie de la ville est détruite durant la guerre du Nord qui oppose la Suède à la Russie, au Danemark et à la Saxe.

1770 > La population de la ville atteint 70 000 habitants.

1806 > Arrivée à Stockholm du premier moteur à vapeur.

1872 > Ouverture de la gare ferroviaire centrale, T-Centralen.

1890 > Près de 2 000 nouveaux immeubles sont bâtis dans la ville afin de répondre à la forte poussée démographique.

1901 > Le prix Nobel est remis pour la première fois.

1940 > La ville compte 590 000 habitants.

Août 1973 > Un braquage de banque tourne à la prise d'otage sur Norrmalmstorg. De cet épisode naîtra le terme de psychologie, le syndrome de Stockholm.

1986 > Assassinat du Premier ministre Olof Palme, dans Sveavägen.

1998 > Stockholm est élue " Capitale européenne de la culture ".

2010 > Stockholm devient la première " European Green Capital ", titre récompensant la ville la plus écologique d'Europe.

2011-2015 > Lancement de deux immenses chantiers urbains : transformation complète de Slussen, le noeud de communication reliant Gamla Stan à Södermalm ; percement d'un tunnel ferroviaire de 6 km sous le centre-ville et de deux nouvelles stations de train pour désengorger la gare centrale.

2015> La ministre des Affaires étrangères n'ayant pu prononcer son discours sur la situation des droits de l'Homme en Arabie saoudite, la Suède a mis fin à sa coopération militaire avec le royaume.

Janvier 2016 > La Suède durcit sa politique de migration, annonçant l'expulsion de 60 000 migrants (sur environ 163 000 demandes d'asile déposées en 2015).

2018> Greta Thunberg entame sa grève devant le parlement suédois et se fait connaître dans le monde entier sur ses prises de position en faveur du climat.

Origines et fondation (1000-1300)

Aux alentours des Xe et XIe siècles, la région du lac Mälaren était peuplée par des communautés vikings, établies sur plusieurs sites dont les plus fameux furent l'île de Birka (dont la ville originelle a aujourd'hui presque totalement disparu) et de Sigtuna. Les récits avancent que vers l'an 1100, des hommes se seraient installés sur une petite île entre la mer Baltique et le lac Mälaren afin d'y construire une place forte. À cette époque, la remontée des terres avait fait de ce lieu un parfait point de contrôle des navires et de leurs marchandises. Renforcer ce site permettait aussi de protéger les villes intérieures des invasions et d'attirer les marchands germaniques pour développer le commerce dans la région.
Ce n'est pourtant qu'en 1252 qu'apparaît pour la première fois Stockholm sur les registres officiels, citée dans une lettre du régent Birger Jarl, fondateur de la ville. L'îlot porte alors le nom de Stadsholmen (l'îlot de la ville). Une bourgade se développe autour des fortifications. L'île est à cette époque bien moins étendue qu'aujourd'hui, le niveau de l'eau étant alors plus haut d'environ trois mètres. Le commerce du fer est déjà important en cette période et l'arrivée de marchands allemands à la fin du XIIIe siècle joue un rôle crucial dans l'expansion de la ville, qui devient dès 1280 la plus grande cité de Suède. C'est le début de l'alliance entre les dirigeants suédois et la Ligue hanséatique, puissante association de marchands allemands et hollandais. Centre politique, militaire et résidence royale, Stockholm (stock signifie, en vieux suédois, " une multitude de ", et holm signifie " îlot ") devient très rapidement une ville de pouvoir étroitement liée à la Couronne. En 1289, une lettre adressée au pape mentionne Stockholm comme " s'étant peuplée plus que toute autre ville du pays en si peu de temps ".

Le Moyen Âge (1300-1522)

L'Union de Kalmar, signée en 1397 entre la Suède, la Norvège et le Danemark, fait de Stockholm l'objet de toutes les convoitises, tant sa position stratégique et son développement accéléré sont cruciaux pour la gouvernance du nouveau royaume. Différentes factions suédoises et danoises se disputent alors la cité, se livrant de violents conflits. En 1471, le Suédois Stern Sture l'Aîné gagne la ville en battant le roi danois Christian Ier à Brunkeberg, mais la perd vingt-six ans plus tard contre Hans de Danemark. Sten Sture le Jeune reprend la ville en 1501 mais, en 1520, le roi danois Christian II entre de nouveau dans l'île si convoitée. Se déroule alors sur Stortorget, la grande place de Gamla Stan, l'épisode du " bain de sang ", lors duquel plus de quatre-vingts notables et dirigeants suédois sont exécutés par Christian II, dit le Tyran. Le jeune Gustave Vasa, fervent adversaire des ennemis de son peuple, se réfugie en Dalécarlie, dans le centre du pays, où il mobilise les forces du peuple suédois et marche de nouveau vers la capitale.

L’époque de Gustave Vasa (1523-1617)

En 1523, Gustav Vasa marche sur Stockholm, appuyé par la ville hanséatique allemande de Lübeck, se fait sacrer roi à Strängnäs, à une centaine de kilomètres de Stockholm, et chasse les Danois. Il met ainsi un terme à l'Union de Kalmar. Désormais, les marchands hanséatiques ne paieront plus de taxe de péage sur les marchandises commercées en Suède, en contrepartie de leur soutien à Vasa.
En ces temps, environ 10 000 habitants peuplent Stadsholmen et parmi eux d'importantes populations allemandes et finlandaises, qui forment une puissante élite politique et économique. Stockholm est un important centre d'échanges. Järntorget (la place du Fer) et Kornhamnstoget (la place des Céréales) voient chaque jour les navires venus du lac Mälaren décharger leurs marchandises pour emplir les cales des bateaux allemands ou hollandais. Les artisans vivent autour de Stortorget et dans les rues Köpmansgatan ou Skomakargatan (rue des Marchands et rue des Sabotiers). Depuis le château qui porte désormais le nom de Tre Kronor (Trois Couronnes), le roi Vasa accentue son emprise sur la politique et le commerce de la ville : il nomme lui-même les magistrats, les échevins, multiplie le nombre de fonctionnaires royaux pour surperviser les échanges. Il mandate un représentant royal au conseil municipal de la ville. Puis il nomme le protestant Olaus Petri secrétaire de Stockholm pour accélerer la Réforme : bientôt, le latin est aboli dans l'Église et les monastères et édifices religieux catholiques sont rasés.
Durant cette période (1540-1560), le roi décide de renforcer les fortifications par crainte d'attaques extérieures et dote le côté ouest de la ville (Riddarholmen) de remparts et de tours. Puis il fait bâtir le fort de Vaxholm, dans l'archipel, pour contrôler plus étroitement l'entrée de la Baltique. À l'intérieur de la ville, les populations pauvres sont repoussées en dehors de Stadsholmen, sur les rives des autres îles et notamment de Södermalm, afin de prévenir les risques créés par la surpopulation : incendies, maladies, mais aussi foyers révolutionnaires.

Le temps du Grand Pouvoir (1618-1772)

Stockholm est, au début du XVIIe siècle, une ville médiévale, puante et sujette à de nombreux incendies. Les dirigeants hésitent donc à y inviter des souverains étrangers. Ils entreprennent des projets ambitieux de construction et de réorganisation de la ville. En 1625, un grand incendie ravage la partie sud-ouest de Gamla Stan. Certaines des nouvelles intentions urbaines peuvent être appliquées : les rues jumelles Stora et Nyagatan sont tracées, bien plus larges et rectilignes que les vieilles ruelles médiévales. En 1633, la reine Christine fait construire Drottningatan, la longue artère royale qui étire la ville au-delà des rives nord et crée la colonne vertébrale du quartier de Klara (Norrmalm aujourd'hui). Les remparts de l'est de la ville sont rasés pour y créer de grandes esplanades au bord de l'eau (Skeppsbron).
C'est alors le temps d'un incroyable développement économique et démographique (de 10 000 à 50 000 habitants entre 1600 et 1670). La ville augmente considérablement ses revenus et en réinvestit une grande partie dans les constructions. Les privilèges commerciaux accordés par la Couronne permettent à Stockholm de devenir une escale de choix. Six postes de douane réglementent le transit des marchandises entre le lac Mälaren et la mer Baltique. Les Allemands viennent jusqu'ici pour chercher du fer, du cuivre, du beurre, et fournissent à la capitale du vin, du sel et des produits de luxe pour la Cour.
En 1697, un grand incendie ravage le château. La famille royale est relogée sur Riddarholmen et l'architecte Nicodemus Tessin, largement influencé par le style baroque, se met au travail pour bâtir un édifice à la hauteur du prestige de ce grand royaume. La guerre du Nord, ses dépenses et sa fin tragique (le royaume perd la plupart de ses possessions d'outre-mer) mettent un terme à ces temps de grandeur. Le château est toutefois achevé en 1760 mais la population est misérable. Le chômage est galopant, les excès d'alcool rongent une partie de la société, les grandes pertes humaines liées à la guerre ralentissent le développement démographique. En ces temps, plusieurs incendies détruisent des quartiers entiers de la ville. Face à une royauté considérablement affaiblie par le dénouement catastrophique de la guerre du Nord, la noblesse prend plus d'importance et le Riksdag se pose comme un contrepoids à la monarchie. Deux partis politiques sont créés : les " bonnets de nuit " et les " chapeaux ". Des temps de prospérité et de croissance économiques précèdent deux guerres contre la Russie et la Prusse qui replongent le pays dans une grave crise financière et sociale.

L’ère gustavienne (1772-1809)

Gustave III, sentant l'anarchie naissante, reprend le pouvoir à la noblesse par un coup d'État en 1772. Son règne marque une rupture importante. Monarque éclairé, il est à l'origine de l'abolition de la torture, de la réorganisation de la justice et des finances. Sous son règne, Stockholm prend un nouveau visage. Gustave III a séjourné à Versailles et a été séduit par le style baroque, qu'il impose à la capitale. Le style gustavien fait son apparition : la place Gustav Adolf et l'opéra sont créés, la construction du pont du Nord (Norrbron) s'accélère pour permettre à la ville de sortir de son enceinte médiévale et de se déplacer vers le nord. Les rives extérieures à Gamla Stan se peuplent rapidement : au nord les riches, au sud les pauvres. La perte du pouvoir par son fils Gustave IV en 1809 marque la fin de cette période.

L’arrivée de Bernadotte (1810-1849)

Charles XIII n'a pas d'enfants et est contraint de choisir un successeur extérieur. Pour des raisons stratégiques et politiques, c'est un maréchal de l'armée de Napoléon, le Palois Jean-Baptiste Bernadotte, qui est choisi comme prince héritier de la Couronne de Suède. Il échange la Poméranie contre la Norvège avec les Danois et signe la paix de Kiel en 1814, date depuis laquelle le royaume n'a plus participé à un conflit armé. Sacré roi en 1818, Bernadotte inaugure une dynastie qui dure jusqu'à aujourd'hui avec le présent monarque Charles XVI-Gustave. Les années 1830 voient des restrictions de la liberté de la presse mais des réformes fondamentales naissent, ouvrant la voie à une ère de développement capitaliste et industriel.

L’âge industriel (1850-1910)

À partir de 1850, Stockholm regagne son influence perdue un temps au profit des villes provinciales de Norrköping et Göteborg. Les moteurs à vapeur arrivés en ville en 1806 accélèrent les plans de construction et, entre 1850 et 1870, pas moins de 800 nouveaux édifices sont bâtis. Le pavage des rues s'accélère, les réseaux d'eau et de gaz se développent, l'ouverture de la gare centrale en 1871 permet aux lignes de chemin de fer de rapprocher Stockholm de l'Europe continentale. Dans l'archipel, de nombreuses résidences secondaires sont bâties depuis que les navires à vapeur permettent de rallier facilement les îles proches.
À cette période, le style néo-Renaissance marque de son empreinte les bâtiments de la ville. Les pics et tours de Mariaberget sont caractéristiques de ce style qui a façonné l'horizon de Stockholm. En 1866, l'architecte Albert Linghagen, grand admirateur du travail du baron Haussmann, propose de nouveaux plans pour Norrmalm. Il imagine une avenue longue et large inspirée par les Champs-Élysées parisiens : elle deviendra Sveavägen. En 1880, 2 000 nouveaux immeubles sont construits mais leur hauteur est très réglementée, tout comme la largeur des artères : il est alors important que la ville reste homogène. Dès 1890, l'électricité et le téléphone sont des technologies courantes à Stockholm. Le style néobaroque accouche de bâtiments comme le Parlement (Riksdag), bâti sur l'îlot reliant Gamla Stan à Norrmalm, et l'hôtel de ville (Stadshus) à Kungsholmen. Pourtant, la crise de la fin du XIXe siécle, liée à la baisse générale des prix des céréales, contraint plus de 320 000 Suédois à émigrer vers les États-Unis.

Le XXe siècle

Durant la Première Guerre mondiale, la Suède adopte une attitude de neutralité vis-à-vis des belligérants et reste ainsi en dehors du conflit. Ces années-là marquent surout une période d'extrême pauvreté parmi la population et plusieurs centaines de milliers de Suédois quittent le pays pour s'établir, pour la plupart, aux États-Unis. Dans les années 1920, l'instabilité politique est grande, les gouvernements se succèdent rapidement et la tension sociale grandit. Les émeutes d'Ådalen, en 1931, au cours desquelles l'armée tire sur des grévistes manifestants, conduiront les sociaux-démocrates au pouvoir. Avec l'appui du Parti agrarien, un vaste programme anticrise de travaux publics et d'avancées sociales est mis au point (loi sur les deux semaines de congés payés pour tous et signature de l'accord de Saltjöbaden en 1938 fixant les règles qui s'appliquent aujourd'hui aux partenaires et définit leurs rôles respectifs). La Seconde Guerre mondiale, l'invasion nazie de la Norvège et son alliance avec la Finlande n'ébranlent pas la neutralité suédoise. Toutefois, la Suède est contrainte de laisser l'armée allemande utiliser son réseau ferroviaire pour transporter des armes et des soldats, et commercera tant avec les Alliés qu'avec l'Axe durant toute la durée du conflit. Durant cette période, la partie de Stockholm située au nord de Gamla Stan fait l'objet de profonds bouleversements et l'ancien quartier de Klara disparaît presque entièrement, remplacé par un centre d'affaires moderne, City, vivement critiqué pour son manque d'esthétique et son fonctionnalisme qui gomme tout caractère historique de cette partie de la capitale (la Cour européenne décidera même, en 1982, de condamner Stockholm pour l'expropriation de biens et de terrains durant cette révolution urbaine). En 1965, un vaste plan de construction, le plan Million, vise à construire un million d'appartements pour satisfaire les exigences démographiques et loger les milliers de nouveaux arrivants en provenance de Grèce, d'Italie, d'Europe centrale et d'Amérique latine. Des cités poussent au milieu des champs alors que Stockholm se spécialise, peu à peu, dans les secteurs des nouvelles technologies et se dote d'infrastructures modernes.

De nos jours

La ville est entrée dans le XXIe siècle en se mesurant à des défis capitaux avec adresse et flegme. De grands travaux, indispensables au bon fonctionnement et à la capacité d'accueil d'une agglomération qui se veut capitale de la Scandinavie, ont été lancés à la fin de la première décennie. Un tunnel monumental traversera le centre-ville en 2017 en passant sous le lac Mälaren afin de fluidifier le trafic ferroviaire et de réduire les temps de trajet pour les habitants. Deux stations souterraines sont creusées. Le grand noeud urbain de Slussen sera métamorphosé au cours des années à venir, toujours dans une volonté de gérer les transports et les flux sur cette topographie très particulière. De grands hôtels et une salle de conférence gigantesques ont poussé aux abords de la gare centrale, des nouveaux quartiers éco fleurissent le long des rives du lac, bâtis sur d'anciennes friches industrielles.

Stockholm est plus que jamais le coeur économique et politique du pays, brassant des touristes de plus en plus nombreux, abritant dans sa région la majorité des sièges des grandes entreprises nationales et internationales.

La crise de 2009 a pourtant affecté tous les secteurs de l'économie, asphyxié la Couronne, mené à la reconduite des forces libérales au pouvoir et à l'entrée au Parlement des démocrates suédois (extrême droite), la frange la plus ultra du paysage politique. Stockholm a vécu les éléctions de 2010 comme un réveil brutal. L'antre de la social-démocratie et de l'art du compromis, sujette à une montée nationaliste et xénophobe ? 4,17 % de votes à l'échelle du comté peuvent laisser songeur, et même soucieux. Signe fort, de grandes manifestations populaires ont réuni des milliers de personnes à l'automne 2010 pour protester contre le racisme et contester l'entrée au Riksdag des DS. Les rues de Stockholm ont connu une ferveur rare durant quelques jours, flamme retombée rapidement face au soufflet implacable de la démocratie et du droit.

Au printemps 2013, des émeutes ont agité les quartiers périphériques de la ville, semant le doute sur la gestion politique des banlieues menée dans le pays et tirant à la hausse le nombre de sympathisants des partis extrêmes.

Comme souvent dans leur histoire, les Stockholmois se retrouvent face à eux-mêmes, avec dans leur sursaut une patience et un goût du compromis si propres aux peuples du Nord.

D'ailleurs, en 2014, en vue de se relever de la crise économique, l'État est parvenu à faire un accord baptisé Decemberöverenskommelsen (accord de décembre) avec les six grands partis de l'Alliance. Il stipule que durant les huit prochaines années, les six partis ne voteront pas contre un budget proposé par un gouvernement. Dissout six mois plus tard, il reste en vigueur dans la pratique et devrait l'être jusqu'à l'élection générale de 2022.

En attendant, on peut dire que la politique fait des siennes à Stockholm. Lors des dernières élections, la coalition de droite, Alliansen, s'est effondrée devant la victoire du parti social-démocrate de gauche. Cependant, ce dernier n'a pas obtenu assez de voix pour construire un gouvernement majoritaire et devait donc collaborer avec un ou plusieurs autres partis. Tous les partis voulant exclure le Sverigedemokraterna (plus ou moins l'extrême droite), les vainqueurs de l'élection ont donc choisi entre Vänsterpartiet (à gauche) et les partis des Alliansen. Et c'est ainsi, pour exclure le Sverigedemokraterna, que les Alliansen se sont effondrés, deux des partis voulant entrer dans le gouvernement et collaborer avec Socialdemokraterna.

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