Conflit entre Église monténégrine et Église serbe
Séparée de l'Église catholique romaine depuis le grand schisme d'Orient (1054), l'Église orthodoxe compte aujourd'hui près de 200 millions de fidèles dans le monde. Au Monténégro, ils dépendent de l'Église orthodoxe serbe (fondée en 1219). Depuis des années et d'autant plus depuis l'indépendance du pays, l'Église orthodoxe serbe lutte contre l'Église orthodoxe du Monténégro, autoproclamée autocéphale (c'est-à-dire ne dépendant plus de l'Église d'un autre pays). Restaurée dans les années 1990 comme un projet politique autant que spirituel, cette scission se fonde sur l'autonomie dont elle jouissait jusqu'en 1921, à l'époque turque. Lorsque le Monténégro, conduit par ses princes-évêques, résistait seul contre la menace ottomane. S'estimant spoliée par l'Église orthodoxe serbe, qui dispose juridiquement des églises du pays, elle s'est naturellement prononcée en faveur de l'indépendance et fait appel à l'État pour le rétablissement de ses droits sur le patrimoine religieux orthodoxe du pays.
Le Monténégro : une terre de monastères
Le Monténégro possède une vingtaine de monastères à visiter, dont le plus réputé est de loin celui d'Ostrog. C'est un haut lieu de spiritualité et de pèlerinage des chrétiens orthodoxes dans tous les Balkans. C'est un "Lourdes" local où les fidèles viennent chercher la guérison et de nombreux touristes viennent admirer sa beauté architecturale du XVIIe siècle. Dédié au saint Vasilije Ostroški (saint Basile d'Ostrog), ce monastère abrite les reliques de ses ossements dans une chapelle veillée par un moine en permanence. On raconte que le corps du saint a été retrouvé intact sur les hauteurs de ces montagnes sept ans après son décès, c'est pourquoi on lui attribue des pouvoirs de guérisseur et de faiseur de miracles. Sa visite est précédée d'un baise-main traditionnel au moine !
Citons également le monastère de Cetinje, érigé au XVIIIe siècle sur les ruines de celui de Crnojević, détruit par les Turcs en 1692. Il est considéré comme le centre historique de la spiritualité monténégrine. Le monastère de Morača, qui est l'un des plus vieux du pays, a été édifié en 1252. Il est situé entre Podgorica et Kolašin, à 300 m d'altitude, sur les bords de la rivière éponyme et a aussi une importance spirituelle.
La prière du cœur, une prière orthodoxe avec du vin
La prière du cœur utilisée dans la tradition orthodoxe orientale vise à aider les croyants à se concentrer sur leur relation avec Dieu et à atteindre un état de paix intérieure. La prière du cœur est simple : elle consiste à répéter mentalement ou à voix basse une courte phrase : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. » En serbe : Господе Исусе Христе, Сине Божији, помилуј ме грешног.
Bien que la prière elle-même ne soit pas directement associée au vin, il existe une pratique liée à la communion orthodoxe qui implique de boire du vin, car il symbolise le sang de Jésus-Christ. Il est considéré comme l'offrande ultime de Dieu à l'humanité. Dans le catholicisme, le pain consacré est considéré comme le corps du Christ dans la communion. Les fidèles catholiques ne reçoivent donc pas le vin pendant la messe, bien que le prêtre le boive pendant la célébration. Dans l'orthodoxie, les fidèles orthodoxes reçoivent à la fois le pain et le vin consacrés pendant la messe de la communion.
La religion musulmane, héritage ottoman
Pendant quatre siècles, les Ottomans ont occupé le Monténégro, apportant avec leur culture la religion islamique, comme dans tous les Balkans. À partir de 1496, les Ottomans s'emparent de la région. La Mosquée de l'Empereur d'Ulcinj est l'une des plus importantes du pays. À l'origine érigée comme église pendant la domination vénitienne en 1510, elle est transformée en mosquée après la conquête d'Ulcinj par les Ottomans en 1571. On peut citer la plus grande mosquée du pays, celle de Podgorica, la capitale, édifiée au XVIIe siècle. Mais aussi des édifices anciens comme l'imposante mosquée de Rožaje, au nord-est du pays qui compte 85 % de musulmans, bâtie en 1450 par le Sultan Murat II, la Vieille Mosquée de Plav, construite en 1471 par le Sultan Abdul Hamid et la Mosquée Husein-paša à Pljevlja, construite par les Ottomans entre 1573 et 1594.
Un pays de légendes
La légende de la naissance de la ville de Podgorica. Selon la tradition orale, la ville de Podgorica, la capitale du Monténégro, a été fondée par le roi serbe Nemanja au XIIe siècle. Il aurait ordonné la construction d'un pont sur la rivière Morača et aurait dit « Pod gorica » (sous la montagne) pour désigner l'endroit où le pont a été construit. Le nom de la ville est donc dérivé de cette phrase.
La légende du lac Skadar. Ce lac est le plus grand des Balkans. Il est considéré comme un joyau naturel du Monténégro. Selon la légende, il a été créé à partir des larmes des fées qui pleuraient la disparition de leur pays magique. Leur royaume aurait été submergé par les eaux lors d'une grande inondation.
Le mythe de la bataille de Krusi. La bataille de Krusi est considérée comme l'un des événements les plus importants de l'histoire du Monténégro. La légende raconte qu'en 1796, les troupes monténégrines ont vaincu l'armée ottomane à Krusi, grâce à l'intervention de la Vierge Marie, qui aurait fait tomber une avalanche sur les Ottomans.