Découvrez le Mozambique : Les dhows, bateaux de l'océan indien

Il s’érige fier quand il part au vent, puis se couche harassé sur les bancs de sable quand la marée descend. Le dhow fait partie de la carte postale mozambicaine. Né du commerce entre la péninsule arabique, la côte indienne et africaine suivant des routes maritimes ancestrales, ce boutre d'origine arabe demeure l’incontournable embarcation des pêcheurs de l’océan Indien sur toute la côte swahilie est-africaines. Au Mozambique, tantôt tirant les filets au large, tantôt en retour de pêche, le dhow se distingue par sa silhouette dessinée par sa voile en triangle et son mat composé de deux pièces. Une structure provenant des forêts d’Afrique, en bois d’acajou, teck, tiama ou chafunta… Des essences parfois exportées depuis Pemba pour la construction de dhows chez le voisin tanzanien. Les artisans découpent de fins copeaux à la pioche avec une dextérité incroyable, façonnent des poutres parfaitement calibrées. Un savoir-faire ancestral.

Des boutres millénaires

Le dhow se compose d’une longue et large coque surélevée à la proue pointue. La plupart du temps, vous verrez ces bateaux appelés baggalas par les Arabes du XIXe siècle peints en bleu, rouge et blanc s’accorder délicieusement avec le paysage. Une véritable charpente flottante au-dessus de laquelle vient s’ériger au vent une unique grande voile triangulaire, parfois complétée par une autre voile identique, mais plus petite et qui peut se montrer utile lors de conditions difficiles en mer. Décrit par l’explorateur et voyageur marocain Ibn Battuta en 1331, dans son fameux livre Voyages, le monde des dhows est celui des commerçants arabes, des pêcheurs et des contrebandiers de tout l’océan Indien. Depuis des siècles, ces embarcations aux lignes particulièrement élancées ont transporté, entre autres cargaisons, toutes celles qui arrivaient par les caravanes sur la côte d’Afrique de l’Est, en particulier les esclaves capturés par les tribus alliées des Arabes. Leur rôle est comparable à celui joué par les caravanes arabes et les méharis touaregs sur la terre ferme : convoyer voyageurs et marchandises en traversant les mers. Entre l’Inde, la Perse, la péninsule arabique, la Somalie, Zanzibar et le nord du Mozambique, il y a eu bien entendu quelques variantes dans les embarcations. Mais la technique de construction, observable sur quelques petits chantiers navals artisanaux des côtes swahilies de l'ancien royaume de Zanj centré sur l'île de Zanzibar, reste la même partout. Ne confondez pas, bien entendu, les dhows avec les petits ngalawas, de jolies barques à balancier creusées dans des troncs de manguier pour pêcher les crevettes.

Un savoir-faire de charpentier des mers

Autrefois, les voiles étaient tissées en feuilles de palmier, plus tard en coton et en tissus Merikani. Les tailles des dhows varient, de petites à d’immenses embarcations. La taille se mesure au poids. En moyenne, ce type de bateau pèse entre 2,5 et 5 t.
Les bordages sont posés sur une forme, puis les membres, en branches coudées, souvent en palétuvier, si possible d’un seul tenant, réajustés avec précision à l’aide d’une herminette et calés à l’intérieur. Avec une perceuse à archet, des trous sont ensuite forés pour mettre en place des clous de forgeron dont on recourbe les extrémités à l’intérieur et qui, à l’époque des Portugais, remplacèrent les coutures en fibre de noix de coco. Des planches du même bois dur sont alors posées, presque parfaitement jointes, pour former toute la coque. Les interstices sont bouchés avec des mèches de coton imbibées de matières grasses végétales ou de résine de copal, et la coque est pontée. La cargaison sera souvent protégée du soleil et des embruns par un toit de makuti comparable à celui de bien des habitations terrestres : des lames de palmes fixées sur une armature de manguier. Le navire ainsi obtenu peut dépasser les 40 tonneaux. L’étambot (pièce arrière de la carène) est normalement en tableau. L’étrave droite et la poupe en plateau sont des caractéristiques locales, héritées sans doute du passage des Portugais. La plupart de ces embarcations n’ont pas de moteur, et des petites rames (hauri) en forme de fers de lance servent à approcher la côte. Le gouvernail est de type indien et la voile, du moins actuellement, n’est pas latine mais arabe (ce sont les Arabes qui l’inventèrent au VIIIe siècle), car elle présente une petite chute à l’avant ; elle permet de progresser vent debout dans la mousson.

Un bateau de pêche au quotidien

L’art et la beauté du voyage traditionnel sous la voile est aujourd’hui le gagne-pain quotidien des pêcheurs mozambicains. à Inhambane comme à Vilankulo, les pêcheurs quittent la plage le matin pour pêcher au large. À leur retour en fin d’après-midi, la criée s’organise au marché aux poissons, souvent à même le sable ou au centre des villages, construit sous forme d'étals en plein air. Hommes et femmes s’attroupent autour des butins, billets à la main. Sardines, barracudas, calamars, merlus… les lots sont évalués, appréciés et même vidés sur place, à même le sable. Les femmes sont particulièrement expérimentées et ont des gestes très précis, surtout quand il s’agit de poissons qui peuvent être venimeux. Les enfants ont aussi des victuailles à vendre pêchées à marée basse entre les rochers : poulpes, cigales de mer, coquillages en tous genres… Les meticais s’échangent et les bassines se remplissent. Non loin de la plage, l’expérience du dhow se vit d’une autre façon : la croisière vers les dunes rouges voisines, une curiosité géologique au nord de Vilankulo que l’on grimpe à l’heure du coucher de soleil. L’archipel de Bazaruto se joint, lui, en bateau à moteur puissant car les distances sont grandes.

Une excursion touristique exotique

Bien souvent des sunset dhows sont organisés pour profiter d'une courte balade en voilier en bordure de côte devant le soleil rougeoyant, un verre à la main. C’est un voyage au fil de l’eau, lent et décontracté qui a conservé toute sa magie lorsque les marins déploient sa grande voile pour la hisser haut dans le ciel. Pour s’immerger et comprendre l’histoire du dhow, il n’y a pas de meilleur moyen que de monter à bord ! Certains en font l’expérience directement avec les pêcheurs pour de courtes traversées vers des îles toutes proches ou simplement faire un petit tour, l’occasion en général de lézarder au soleil sur le pont. À Maputo, on vous proposera d’aller en dhow uniquement vers les îles toutes proches de Xefina Grande et Xefina Pequena. L’île d’Inhaca se rejoint en bateau à moteur plus rapide car elle est lointaine. À Tofo, l’océan est trop agité pour les dhows, en revanche la baie d’Inhambane est le théâtre des dhows de pêcheurs. Lorsqu'on part plus loin en dhow, le bateau est plus imposant, il dispose d’un moteur et d’une voile en cas de manque de vent. Attention aux bateaux de pêcheurs abîmés, sans gilets de sauvetage pour des sorties en haute mer qu’a priori personne ne propose dans les tours classiques, c’est bien trop long : il faut 3 à 4 heures par exemple pour atteindre Bazaruto depuis Vilankulo eb dhow contre 45 minutes en bateau à moteur ! Mieux vaut essayer de l’organiser avec une agence dans ce cas pour de meilleures conditions de sécurité et de confort.

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