Guide du Cambodge : Arts et culture

Repères historiques

L'art khmer est un art religieux. Le canon et les attitudes employés tendent à dépasser l'apparence pour atteindre la spiritualité. La culture khmère ancienne s'inspire pour beaucoup des modèles indiens qui reçurent une adaptation locale. Le bouddhisme et l'hindouisme, originaires de l'Inde, coexistèrent au Cambodge. Brahma, Shiva et Vishnou représentent les trois divinités majeures de l'hindouisme. Dans la Trimurti indienne, Brahma est le créateur. On le représente avec quatre bras et quatre visages. Shiva est le destructeur des mondes. Un oeil vertical et un croissant de lune accroché à son haut chignon le caractérisent. Vishnou est le conservateur des mondes. Il est représenté avec la massue, la conque, le çakra et une boule symbolisant la terre. Les styles se définissent par les différences dans les costumes, les coiffures, les bijoux et le modelé des corps. Ceux-ci sont répartis en trois grandes périodes :

L'art pré-angkorien (du VIIe au IXe siècle) se caractérise par des attitudes souples et naturelles sans stylisation formelle excessive.

L'art classique (du IXe au XIIIe siècle) devient statique et stylisé, l'accent étant mis sur la majesté et la retenue.

L'art post-angkorien est influencé par celui des royaumes thaïs en pleine expansion. Les différences d'expression des visages dans les styles traduisent les ambitions et les personnalités des souverains de l'époque. Les visages méditatifs et concentrés du style du Bayon sous Jayavarman VII reflètent la religiosité de ce souverain.

Architecture
Architecture à Battambang.
Architecture à Battambang.

Aussi curieux que cela puisse paraître, en dehors des ruines des temples des périodes pré-angkorienne, angkorienne et post-Bayon, l'un des monuments les plus anciens du Cambodge est le pavillon Napoléon III à Phnom Penh qui servit à l'inauguration du canal de Suez et fut offert au roi Norodom par l'impératrice Eugénie. Les vieux bâtiments khmers étant construits en bois, peu ont survécu à l'épreuve du temps ou alors, ils sont quasiment impossible à dater. L'architecture cambodgienne est en fait une architecture essentiellement religieuse. Inspirés des architectures religieuses hindouistes, ces styles se sont développés au cours du temps et ont créé leurs propres apparences. Cela se voit particulièrement dans la décoration et la sculpture plus que dans l'art de la maçonnerie. Deux styles sont particulièrement développés. Le style montagne (Angkor Vat, le Bayon) et le style plat (Ta Prhom, Banteay Samre).

Les temples et les édifices religieux encore debout ont été généralement construits en pierres ou en briques. La brique fut le matériau le plus employé dès le VIIe siècle et ce jusqu'au XIIe siècle. Elle fut associée au grès, surtout dès le IXe siècle, et à la latérite, plus facile à découper pour la confection des murs d'enceintes. Les temples et les édifices religieux encore debout ont été généralement construits en pierres ou en briques. La brique fut le matériau le plus employé dès le VIIe siècle et ce jusqu'au XIIe siècle. Elle fut associée au grès, surtout dès le IXe siècle, et à la latérite, plus facile à découper pour la confection des murs d'enceintes. Inspirée de techniques architecturales nées en Inde, les styles khmers se sont développés au fur et à mesure de la construction de nouveaux temples. Le style Baphuon par exemple prédomine tout le XIe siècle alors que la conversion au bouddhisme du roi Jayavarman VII à la fin du XIIe siècle marquera l'avènement du style Bayon.
Les spécialistes distinguent en général deux types de temples : le temple plat, constitué d'une terrasse surélevée, ceinte de mur et où se trouvent plusieurs tours, construites en l'honneur de la famille royale à l'origine de sa construction. Le temple montagne est quant à lui une représentation symbolique du cosmos telle que l'Inde brahmanique l'avait pensé : le Mont Méru, centre de l'univers, entouré par les astres, six continents et sept mers, fermé par une barrière rocheuse. Angkor Wat est probablement le temple montagne le plus célèbre, avec ses tours pyramidales représentant le Mont Meru.
A de rares exceptions (comme Angkor Wat), tous les temples sont orientés sur un axe est-ouest, avec l'entrée faisant face au lever du soleil. Les prêtres délimitaient eux-mêmes grâce à de savants calculs astrologiques l'espace sacré, qui devait se trouver au centre de l'édifice religieux. Le sanctuaire lui-même, qui abrite l'idole, se trouve toujours au fond de la structure principale, sous système de voûte en encorbellement. Cette condition technique explique la volonté des architectes khmers de construire des structures en hauteur pour abriter le coeur de l'espace sacré. Au fil des siècles, les moyens de constructions s'améliorent (usage d'éléphants pour transporter les pierres, systèmes mécaniques de levage, gestion de la main d'oeuvre, etc). Les tours deviennent plus complexes, les gradins deviennent plus petits au fil de l'élévation de la tour, les bas-reliefs deviennent plus détaillés, donnant à l'ensemble cet aspect de pyramide si typique du style khmer.
Bâtisseurs des barray, ces réservoirs géants servant à l'irrigation et qui expliquent l'incroyable démographie de l'empire khmer, les souverains construisaient toujours des douves autour des temples, peut-être pour un aspect défensif mais surtout pour représenter le cosmos du Mont Meru. Afin de pouvoir les traverser et accéder à la structure centrale, de vastes chaussées d'accès en brique sont construites. Au IXe siècle, les chaussées sont surélevées grâce à d'ingénieux systèmes de dés et des balustrades en forme de naga sont sculptées. A partir du XIIe siècle, ces sculptures deviennent plus complexes, représentant le " Barattage de la mer de lait ", où dieux et démons font tourner le Mont Meru comme une toupie, à l'aide d'un naga géant, pour en extraire le nectar d'immortalité.
Pour aller plus loin dans l'étude de l'architecture khmère, nous vous invitons à consulter le site suivant : www.baudelet.net/voyage/cambodge/architecture-khmere.htm

Les maisons traditionnelles khmères, bâties en bois n'ont que très peu résisté au temps et les plus vieilles encore visibles et toujours habitées ne dépassent pas les soixante-dix ans d'âge. Elles sont posées habituellement sur de hauts pilotis, pour se prémunir des inondations et des animaux sauvages comme les serpents ou les scorpions. Elles s'élèvent en moyenne entre 1 et 1,5 mètre au-dessus du sol. Cet espace sous la demeure est utilisé comme lieu de stockage, ou alors comme refuge pour de petits animaux de ferme. Lors de sa construction, la maison khmère obéit toujours aux mêmes règles. La façade doit faire face à l'Est, la porte principale ou l'escalier ne doit jamais donner sur le Sud ou à l'Ouest. De plus, la maison est toujours construite autour d'un petit terrain, elles ne sont jamais collées à une autre maison. A l'intérieur, on retrouve quel que soit le style ou la situation géographique, trois espaces bien définis. Le salon, la pièce la plus importante, celle qui sert à recevoir des invités. L'espace de couchage, celui des parents, et enfin, à l'arrière, un autre couchage ou la cuisine. Les sanitaires ne se trouvent pas dans la demeure principale, mais plutôt à l'arrière de la propriété, au fond du jardin.

Artisanat
Fabrication artisanale de nouilles de riz à Battambang.
Fabrication artisanale de nouilles de riz à Battambang.

L'artisanat cambodgien, exclusivement familial et traditionnel, n'est souvent rien d'autre qu'une occupation secondaire pour les populations rurales lors de la morte saison du calendrier agricole. Il n'est activité principale que dans les régions à sol très pauvre et à forte densité de population. C'est ainsi que l'économie de nombreux villages des provinces de Kandal, Kompong Speu et Kampot est essentiellement basée sur la récolte du suc de palme et la fabrication artisanale du sucre. Il convient de distinguer l'artisanat " de luxe ", destiné à la vente dans les villes, de l'artisanat courant destiné aux besoins propres des populations rurales.

Outillage

L'artisanat prend toute son importance dans la fabrication de l'outillage agricole et des objets d'usage courant. Depuis une époque immémoriale, la grande majorité des paysans cambodgiens fabriquent eux-mêmes leurs charrues, leurs norias, leurs faucilles, bref tout l'outillage nécessaire aux cultures. Dans tous les villages de rizière existent un ou plusieurs spécialistes de la construction des charrettes, et dans tous les villages de pêcheurs, il existe au moins un maître d'oeuvre capable de superviser la construction collective des barques.

Poterie

La presque totalité des poteries à usage domestique (chhnang) utilisées dans les régions rurales est produite dans la région de Kompong Chnang suivant une technique des plus rudimentaires puisque les femmes qui la pratiquent ignorent le tour. Elles les façonnent à l'aide d'un ustensile en bois en tournant littéralement autour du pot. Ensuite, elles ne les cuisent pas au four, mais les passent simplement à la flamme. Dans cette même province, plusieurs ateliers se consacrent à la fabrication de grandes poteries vernissées et d'une faïence rustique présentant parfois un certain cachet artistique. Mais les plus belles poteries cambodgiennes sont produites dans la province de Ratanakiri sur les berges de la rivière Sé San. Très célèbres localement, ces superbes jarres vernissées sont presque toutes achetées par les Laotiens.

Tissage de la soie

Le tissage des sampots de soie appartient à la grande et antique tradition artisanale khmère. Il existe une très grande variété dans la richesse et les coloris de ces tissus suivant qu'il s'agit des somptueux sampots des danseuses royales, des sampots de cérémonie, du batik ou des écharpes arachnéennes. Le métier à tisser cambodgien (à un ou plusieurs rangs de lisses), sensiblement de même type que le métier occidental, est généralement installé entre les pilotis de l'habitation et utilisé par la maîtresse de maison pendant ses loisirs. C'est dans les régions de Kandal, Kompong Cham et Takéo que l'on en trouve le plus grand nombre. Le marché russe, marché central, les artisans d'Angkor et la boutique Artisans of Angkor, à Siem Reap, sont les endroits où l'on peut trouver le plus grand choix de soies.

La soie khmère

La tradition artisanale khmère de tissage de la soie remonte aux temps fastueux des grandes constructions monumentales d'Angkor. Celle-ci s'est transmise de génération en génération pour parvenir jusqu'à nos jours. Cependant, la période trouble des années 1970, marquée par la guerre, a contraint les artisans aux travaux des champs. Le métier de tisserand avait beaucoup perdu de ses pratiques. On distingue six catégories de tissus : le plus sophistiqué est le hol, une pièce de soie décorée de dessins préparés sur les fils de trame à l'aide de ligatures, résultat d'un procédé de tissage sergé d'ikat. Les dessins des motifs sont souvent végétaux ou géométriques. Le hol surpasse en effet de beaucoup tous les autres tissus de soie au Cambodge par son aspect chatoyant, par l'harmonie de ses couleurs. Le second groupe de tissu est le phamung, qui se caractérise par la coloration unie des tissus sans motifs décoratifs. Traditionnellement le hol et le phamung sont portés lors des occasions officielles ou des cérémonies. Le troisième groupe est appelé anlunh. C'est une pièce de soie à rayures transversales multicolores. Le lboeuk est broché, orné de fleurettes. Quant au chorabap dont les décors sont donnés par des lisses de façonnage, c'est un tissu lamé de fils d'or ou d'argent. Le dernier groupe de tissu est destiné à une utilisation plus ordinaire comme le sarong ou le krama, en coton ou en soie ou parfois un mélange de soie et de coton. La technique de teinture de la soie khmère augmente la résistance de fibres et permet d'obtenir des teintures très stables. La gamme des couleurs des tissus est constituée à partir de combinaisons de jaune, de rouge ou de noir, donnant des bruns, du bleu outremer ou du violet. Les couleurs ainsi combinées sur la trame et sur la chaîne scintillent et offrent un jeu de miroitements et de reflets des plus séduisants. La renaissance des traditions et des activités artisanales contribue non seulement à développer l'art et l'économie villageois, mais également à valoriser la culture khmère à travers tout le Cambodge.

Vannerie

Les nattes de jonc fabriquées dans les provinces de Kompong Chnang, Kandal et Prey Veng sont célèbres pour leur finesse et la richesse de leurs coloris. Elles trouvent leur place non seulement dans les habitations traditionnelles mais également dans la décoration intérieure des maisons des expatriés. En raison de leur taille et de leur volume, une fois pliées, ces nattes ne peuvent guère intéresser les touristes, si ce n'est pour se faire bronzer sur la plage de Sihanoukville. Notons tout de même qu'il en existe quelques versions " de voyage " moins encombrantes. La vannerie d'art ainsi que la fabrication de mobilier, d'objets décoratifs ou utilitaires, en rotin ou en bambou, se sont bien redéveloppées depuis la guerre. On trouve de nombreux magasins spécialisés dans le sud de Phnom Penh, sur le boulevard Sothéaros, au coin des boulevards Norodom et Mao Tse Toung.

Que rapporter de son voyage ?

Indubitablement, on optera en premier lieu pour un krama. Cette écharpe traditionnelle en coton à carreaux rouge et blanc est un accessoire indispensable aux Cambodgiens qu'elle accompagne dans tous les moments de la vie quotidienne. Un krama sert à tout : on le porte chez soi, autour des reins pour se sentir à l'aise, on l'utilise comme cache-sexe pour prendre sa douche en plein air ou se baigner dans la rivière, il devient turban quand on effectue des travaux pénibles en plein soleil, les mamans s'en servent pour transporter bébé sur leur dos, lui faire des couches ou un hamac, les enfants l'utilisent comme épuisette quand ils vont à la pêche, il remplace aussi souvent les poches pour transporter les bricoles dont on a sans cesse besoin. Il peut même servir à remorquer des mobylette en panne. Quand il est en soie, le krama devient un objet d'ornement que l'on porte volontiers lors des fêtes religieuses à la pagode. La popularité du krama a malheureusement été entachée par l'utilisation qu'en ont faite les Khmers rouges, qui eux aussi le portaient volontiers sur leur pyjama noir et s'en servaient pour attacher leurs futures victimes et leur bander les yeux. Il en existe de multiples variétés ; ils peuvent être de toutes les couleurs, en coton ou en soie, avec ou sans franges. On les trouve sur tous les marchés et dans des magasins spécialisés.

Cinéma

Avant-guerre, le Cambodge avait sa propre production et ses propres studios. Le prince Sihanouk n'était d'ailleurs pas en reste dans ce domaine puisqu'il réalisa de nombreux films où il tenait (comme il se doit) le premier rôle. On les découvrira avec beaucoup de plaisir dans la mesure où ils sont souvent charmants (très fleur bleue) et où ils donnent l'image d'un Cambodge irréel et fort éloigné de ce qu'il est devenu.

Quelques titres parmi d'autres : Apsara, La Forêt enchantée, Le Petit Prince du peuple, Ombre sur Angkor, Crépuscule, Revoir Angkor... et mourir, Rose de Bokor...

L'excellent film de Pierre Schoendoerffer, La 317e Section, fut tourné entièrement au Cambodge (avec Bruno Cremer et Jacques Perrin) dans la province de Mondolkiri ; il relate avec beaucoup de réalisme et de psychologie les tout derniers moments (mai 1954) de la guerre d'Indochine. Une section mixte franco-cambodgienne tente de se replier du nord de la province de Ratanakiri vers la ville de Kratie pour échapper à l'offensive finale du viêt-minh.

En ce qui concerne le cinéma contemporain, La Déchirure (The Killing Fields), de Roland Joffé est incontournable, de même que le très beau Un soir après la guerre, du cinéaste cambodgien Rithy Pann, peinture triste et émouvante de deux jeunes amants cambodgiens (lui est un ancien soldat et elle, une entraîneuse de discothèque) qui, en dépit de tous leurs efforts, ne peuvent trouver leur place dans la ploutocratie cambodgienne du début des années 1990. Un soir après la guerre marque un progrès majeur par rapport aux Gens de la rizière, premier film important du cinéaste qui péchait par une noirceur excessive. Plus nuancé maintenant, son travail a beaucoup gagné en efficacité et en poésie. Son dernier film, L'Image Manquante, a ainsi été primé dans la catégorie Un Certain Regard du festival de Cannes 2013. Il s'est par ailleurs attaché à la documentation de la machine génocidaire des Khmers rouges au travers de deux longs-métrages qui feront date : l'un consacré à la prison de Tuol Sleng (S21, La Machine de mort Khmère rouge) et l'autre à Duch (Duch, le Maître des forges de l'Enfer), patron énigmatique mais sanguinaire de S21.

Et puis, victime probablement d'une certaine forme d'hérédité familiale, le prince Ranariddh, fils du roi Norodom Sihanouk avec Raja Bori (La Cité du Prince), met en scène une jeune danseuse khmère et un guide des temples d'Angkor qui, par amour l'un de l'autre et aussi de leur culture khmère, vont s'opposer à des trafiquants d'oeuvres d'art. Un premier film encourageant et sans temps mort.

Parmi les films les plus récents, citons d'abord le meilleur : City of Ghosts de Matt Dillon, une peinture très réaliste et amusante du Cambodge des années 1990, avec Gérard Depardieu. En revanche, Tomb Raider avec la plantureuse Angelina Jolie est assez navrant, de même que les Deux Frères de Jean-Jacques Annaud, qui nous avait habitués à bien mieux... Dernièrement, c'est le film de Guido Freddi Retour à la vie, récompensé par de nombreux prix à travers le monde, sorti en France en mars 2015, qui a enchanté les rares personnes qui l'ont vu. Une jeune photographe parisienne rencontre trois jeunes filles au Cambodge qui vont boulverser sa vie.

L'Empire du Tigre, téléfilm en deux parties tourné par TF1 dans la région de Kep avec Bernard Giraudeau est, lui, plutôt réussi dans son genre. Et puis il y a Holy Lola, de Bertrand Tavernier, un récit particulièrement bien senti sur le parcours du combattant que doivent effectuer les couples candidats à l'adoption au Cambodge.

Le cinéma cambodgien a quant à lui mis du temps à se remettre des folies du roi Sihanouk et de la destruction de la culture contemporaine par les Khmers rouges. Mais en 2016, l'excellent Diamond Island a redonné au 7e art cambodgien ses lettres de noblesse. Prix de la critique au Festival de Cannes cette même année, le film raconte l'histoire d'un jeune Cambodgien qui doit quitter sa campagne natale pour trouver du travail en ville. De nombreuses problématiques du quotidien y sont abordées : la pudeur et les relations amoureuses, l'arrivée d'internet (qui a bouleversé les habitudes de consommation et de communication même au pays du sourire), l'urbanisation massive et l'exploitation des ouvriers de la construction. Un film à voir pour comprendre le Cambodge d'aujourd'hui.

Enfin, parmi les documentaires, citons le passionnant A River Changes Course, du réalisateur américano-cambodgien Kalyanee Mam. Traitant du fleuve Tonlé Sap et de son cours qui s'inverse deux fois par an, il a été récompensé du Grand Prix du Jury au festival de Sundance 2013. En février 2017, Angélina Jolie a présenté sur le site d'Angkor son dernier film, D'abord ils ont tué mon père, (titre original : First they killed my father) une adaptation du livre de Loung Ung, dans lequel cette militante des droits de l'Homme témoigne des horreurs du régime des Khmers rouges, entre 1975 et 1979. Co-réalisé et produit par le cinéaste et écrivain Rithy Panh, ce film est diffusé sur Netflix en 2017.

Kulikar Sotho : réalisatrice à succès

Kulikar Sotho est l'une des réalisatrices féminines les plus connues du Cambodge. Née au Cambodge en 1973, elle a survécu au génocide des Khmers rouges et a grandi avec les films indiens et russes, seuls autorisés sous le régime communiste cambodgien des années 1980.

En 2000, Kulikar Sotho fonde la société Hanuman Films qui fut choisie pour devenir le partenaire exclusif de la Paramount Pictures pour le tournage au Cambodge de la superproduction hollywoodienne Lara Croft : Tomb Raider avec entre autres les acteurs Angelina Jolie et Daniel Craig. Viendront ensuite d'autres films dont Les Deux Frères de Jean-Jacques Annaud. En parallèle, Hanuman Films s'est développé dans toute la région du Mékong et a élargi ses compétences dans la publicité, le documentaire et le photo-shooting. La société est aujourd'hui la plus expérimentée des sociétés de services à la production cinématographique du Cambodge avec plus de 100 tournages cinématographiques et télévisuelles internationaux. Hanuman Films produit également ses propres longs métrages comme Ruin en 2013 récompensé par le prix spécial Orizzonti au Festival International du Film de Venise et The Last Reel en 2014, récompensé par le prix Esprit d'Asie au Festival International du Film de Tokyo. The Last Reel est l'un des premiers longs métrages réalisé par une femme cambodgienne et entièrement tourné au Cambodge et a remporté plusieurs prix internationaux en Italie, en Malaisie et aux Etats-Unis. C'est surement ce long métrage qui est le plus représentatif de son style, elle qui durant toute son enfance a cherché à découvrir l'histoire de son père qu'elle a perdu quand elle avait trois ans, sans jamais oser demander à sa mère qui il était. Quelques années auparavant, en 2004, elle réalise un documentaire pour la BBC, sur les derniers responsables khmers rouges responsables du génocide. Ce travail la bouleverse et elle se met en tête de provoquer le dialogue entres les générations de ceux qui ont connu l'horreur et ceux qui cherchent à comprendre pourquoi, pour qu'enfin les Cambodgiens sortent du silence dans lequel ils se sont emmurés.

En 2016, Kulikar Sotho a réalisé Beyond the Bridge pour le projet " Miroir Asiatique à trois plis 2016 : Réflexions ", projet qui réunit trois réalisateurs mondialement acclamés pour co-créer des courts-métrages sous le thème Vivre ensemble en Asie. Beyond the Bridge a été présenté au Festival International du Film de Tokyo 2016 et dans plusieurs autres festivals internationaux.

Aujourd'hui, Kulikar Sotho continue de collaborer sur des films de productions internationales et travaille sur un certain nombre de nouveaux projets pour 2017-2018.

Danse
Danseuses apsara.
Danseuses apsara.
Ballet classique khmer

Si l'on en croit les légendes antiques, les Apsara, nymphes célestes du paradis d'Indra, révélèrent aux Khmers les secrets de la chorégraphie divine. Les historiens ont encore du mal à dater cette période avec précision, il est cependant communément admis que la danse khmère classique avait déjà acquis ses traits principaux sous le règne de Jayavarman II (802-850). A la lumière des pas, des attitudes, des gestes, des costumes, des sujets interprétés, il apparaît que cette manifestation artistique, étroitement liée aux rituels angkoriens, a subi de profondes influences, indiennes d'abord, javanaises et birmanes ensuite, thaïes enfin, à l'époque moderne. Toutefois, s'il est incontestable que la tradition chorégraphique thaïlandaise est authentiquement d'inspiration khmère, il est plus difficile de discerner ce que la danse khmère doit à la danse javanaise et réciproquement. La danse classique khmère était, à ses origines, un hommage aux dieux, aux héros et aux rois dont elle faisait revivre les grandes épopées. Après l'abandon définitif d'Angkor, elle perdit beaucoup de son caractère sacré ou, plus exactement, la séparation devint plus floue entre le service religieux et la création esthétique. La cour royale s'attacha cependant à maintenir la pureté de cet art et les grands thèmes traditionnels, en tête desquels se place le Ramayana. Suivre parfaitement le déroulement d'une légende antique interprétée par le corps de Ballet royal requiert une longue initiation. Chaque rôle ou chaque groupe de rôles a un costume et des bijoux qui lui sont propres  ; les rôles masculins portent, en outre, un masque caractérisant le personnage mythique interprété. Les danseuses sont véritablement cousues dans leurs vêtements et l'habillage demande plusieurs heures. Leur maquillage est immuable : visage abondamment poudré de poudre de riz blanche, lèvres rougies, sourcils noircis au noir de fumée, yeux faits au kohl, bras et mains frottés de safran.

Grands thèmes de la danse khmère : le Ramayana est la grande épopée indienne qui eut le plus important retentissement au Cambodge comme dans tout le Sud-Est asiatique. Cependant, les épisodes en sont trop nombreux et trop enchevêtrés pour qu'il soit possible de le représenter dans son intégralité. C'est pourquoi on se contente en général de l'interprétation des scènes les plus connues : enlèvement de Sita par Ravana, séduction de la sirène Sovann Mechcha par Hanuman, tristesse de Sita captive à Lanka, grand combat de Rama contre Ravana et lutte de l'armée des géants contre celle des singes, alliés de Rama.

La pop khmère fait fureur

La danse au Cambodge est une véritable institution. mais elle ne se résume pas uniquement à la pratique de l'Apsara. Depuis quelques années, la pop khmère, délurée, dont les paroles n'ont pas vraiment d'importance, connait un véritable essor et les vidéos qui fleurissent sur Youtube dépassent allègrement les millions de visionnages, comme par exemple celles de Preap Sovath, Aok Sokunkanha ou encore Chan David. Influencé dans un premier temps par la pop venant la Thaïlande, le Cambodge a su peu à peu à s'émanciper de sa grande voisine pour trouver son propre style, le blek soy. Ce phénomène underground qui mixe musique, danse, drogue douce et boisson alcoolisée prend de plus en plus d'importance auprès de la jeunesse cambodgienne.

Les danseurs sacrés d'Angkor

La chute de l'empire khmer, le protectorat français et surtout le génocide des Khmers rouges ont presque fait disparaître l'art complexe de la danse sacrée des temples d'Angkor. Mais grâce à la volonté et la patience de plusieurs membres de la famille royale, un ballet suivant à la lettre les traditions anciennes a ressuscité ces pas de danse oubliés. Ce n'est pas moins de 4 500 gestes de mains que doivent maîtriser les danseuses, dignes des Apsaras que l'on retrouve sculptées sur les temples de l'ancienne capitale des Khmers. Avec 40 danseurs et plus de 60 tableaux, ce sont toutes les légendes épiques du Mahabharata et du Ramayana qui reprennent vie. Les costumes sont particulièrement réussis. Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, ce spectacle hors du temps est une des principales attractions de Siem Reap.

Médias locaux

La presse cambodgienne est décrite comme florissante et sans censure selon le gouvernement actuel. La vérité semble être tout autre. Reporters sans frontières l'a placée parmi les dernières dans son classement mondial. En amont des élections législatives de 2018, une trentaine de radios ont été fermées. Le Cambodia Daily, quotidien historique des libéraux khmers, a été réduit au silence. Le Phnom Penh Post, considéré comme un des derniers bastions de l'opposition à Hun Sen a été racheté par un riche homme d'affaire malaisien, considéré proche du gouvernement. De plus, ici comme dans de nombreux lieux de pouvoir au Cambodge, la corruption a pris une telle ampleur que les journalistes recevant des pots-de-vin ne les considèrent même plus comme tels. Tous les grands médias sont affiliés à un parti, et bien évidemment le plus grand nombre au parti au pouvoir. Selon Licadho, une ONG cambodgienne pour les droits humains, " les médias sont contrôlés par la politique, l'argent et la peur ". Près d'un journaliste sur deux a déjà subi des menaces, plusieurs ont été incarcérés pour désinformation, d'autres ont été assassinés sans que jamais les coupables n'aient été retrouvés.

Musique
Tambours fabriqués artisanalement.
Tambours fabriqués artisanalement.

Pas plus que les premiers explorateurs de la péninsule indochinoise (Francis Garnier et Henri Mouhot évoquent avec horreur les moments où la coutume locale les obligeait à assister à des représentations de musique asiatique traditionnelle...), nous n'avons pu nous habituer à la musique cambodgienne. Barbares que nous sommes, nous n'y avons vu qu'une atroce cacophonie. Nostra maxima culpa... Quelques éléments tout de même :

Musique traditionnelle jouée par un orchestre Pinpeat : elle accompagne les danses royales et les pagodes. On la retrouve dans les spectacles des théâtres d'ombres, les fameux Sbek Thom et le Reamker, théâtre masqué de la version khmère du Ramayana.

Musique traditionnelle jouée par un orchestre Mohori : elle s'entend principalement lors des cérémonies religieuses. Contrairement au Pinpeat qui utilise beaucoup d'instruments différents, xylophones, tambours, hautbois, cymbales, le Mohori n'utilise que des instruments à cordes.

Musique folklorique, le phleng khmer est une musique jouée lors des mariages.

Dans son contexte de boîte de nuit, la variété khmère (une voix suraiguë s'égosillant sur des mélodies sirupeuses) peut trouver grâce à nos oreilles, mais n'en demandez pas trop.

Sculpture
Visage sculpté du temple Bayon, Angkor.
Visage sculpté du temple Bayon, Angkor.

La sculpture et la statuaire khmères sont des arts religieux dont l'inspiration est essentiellement d'origine indienne. Les plus anciennes sculptures khmères retrouvées datent du VIIe siècle, mais il est certain que la sculpture sur bois est bien antérieure à cette période. Les statues sont toujours datées par comparaison avec les sculptures des temples, qui portent souvent des inscriptions et dont on connaît avec précision la datation historique. Les différents styles de l'art khmer sont généralement définis par rapport aux différences qui apparaissent dans le costume, la coiffure, les bijoux et la forme du corps des sujets traités. Les premières formes de l'art furent souvent très conformes aux modèles indiens, mais elles évoluèrent vite vers une interprétation proprement khmère de cet héritage.

Statuaire khmère en pierre et en bois. L'art de la statuaire en pierre et en bois remonte aux temps glorieux de l'empire khmer et de ses constructions monumentales. Nombre de ces oeuvres sont parvenues jusqu'à nous plus ou moins intactes. Les sculptures en bois ont notablement moins bien résisté au temps que celles qui sont en pierre  ; elles sont globalement de facture plus récente et moins nombreuses. Les statues en grès sont parfois incomplètes : subsistent de la pièce originale des parties morcelées comme des torses, des bustes ou des mains. La tradition de la taille sur pierre et de la sculpture sur bois s'est depuis transmise de génération en génération avec cependant une coupure brutale lors de la guerre civile des années 1970 qui interrompit la plupart des métiers artisanaux en contraignant les artisans aux travaux des champs.

Théâtre d'ombres

On raconte volontiers qu'à l'époque d'Angkor, le sol des parties habitées des palais était recouvert de peaux de buffle qui rendaient la marche plus confortable. Un beau jour, un serviteur zélé, remarquant l'état d'usure avancé d'un de ces tapis, décida de le remplacer. Une fois la peau de buffle enlevée, notre esthète remarqua qu'à contre-jour, les trous faisaient des images amusantes ressemblant parfois à des personnages. L'idée lui vint donc de confectionner lui-même des marionnettes tirées de L'Odyssée du Réamker, le Ramayana khmer. De cet incident ménager naquit le théâtre d'ombres cambodgien...

Le sbeïk thom est la version originale du théâtre d'ombres, celle qui met en scène le Réamker au moyen de grandes marionnettes de cuir travaillé, manoeuvrées par des guides de bambous  ; mais au fil du temps s'est développée une version plus populaire du théâtre d'ombres, connue sous le nom d'ayan. Les thèmes évoqués dans ce théâtre sont ceux de la vie de tous les jours dans les campagnes kmères, amour, méchanceté, jalousie... Le tout traité sur le mode de la comédie. Le théâtre d'ombres a malheureusement beaucoup pâti de l'apparition de la vidéo et des séries thaïlandaises à la télévision. Les compagnies de théâtre voyaient leur nombre rétrécir comme peau de chagrin, jusqu'à ce qu'une jeune Française, Delphine Kassem, vienne un temps à la rescousse de cet art moribond avec Sovanna Phum (à Phnom Penh, au 166 de la rue 99), une vraie troupe cambodgienne. Des tournées partout au Cambodge et même en Europe ont su redonner ses lettres de noblesse à un art qui le mérite amplement.

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