Guide de Mayotte : Arts et culture

Danses et chants par un groupe de femmes.
Danses et chants par un groupe de femmes.
Architecture

Les maisons traditionnelles en torchis, soit les cases " Trotro ", en raphia ou en feuilles de cocotier, soit les cases " Mtsévé ", ont quasiment disparu à Mayotte. Les maisons ainsi que la disposition des lits étaient souvent orientées au nord vers La Mecque, l'entrée principale se situant à l'est pour le lever de soleil. Elles sont constituées de plusieurs bâtiments (chambres, toilettes, grenier) disposés autour d'une cour fermée par une clôture végétale, ou bien se trouvant dans la même enceinte mais à quelques mètres d'une autre maison, celle d'une des soeurs (n'oublions pas que le père est tenu de construire une maison pour chacune de ses filles et, lors de leur mariage, elles en prennent possession). Le corps principal (nyumba) de la maison compte en général deux chambres (fuko) et deux vérandas (baraza). La chambre, qui s'ouvre sur la véranda donnant sur la rue ou le passage, est dite " chambre de l'homme " (fuko la watru bada), tandis que celle dite " chambre de la femme " (fuko la watru mama) avec les enfants s'ouvre sur la véranda intérieure, dans la cour, " la courouni ", généralement fermée par une clôture de " mtsévé " de végétaux séchés (feuille de cocotiers, bambous...). On trouve dans cette cour différentes dépendances : le coin toilette (mraba wa sho), à ciel ouvert, dont les cloisons de séparation sont de la même constitution que la clôture.

Le grenier ou garde-manger (kanya) et le poulailler (trundru la kahu) sont l'un comme l'autre montés sur pilotis pour qu'ils soient protégés des nuisances. Souvent constitués de murs en terre, ils sont aujourd'hui parfois remplacés par de la tôle ou du filao soutenu par des structures végétales telles que le bambou ou le bois. Le toit de la case est en matières végétales, en mtsévé (feuilles tressées de cocotier), tandis que le sol est en terre battue afin de voir plus aisément les insectes arriver. Ces maisons végétales ou en torchis ont quasiment disparu et le ciment et la tôle ont remplacé le torchis et le raphia.

Bangas. Les seules maisons de type traditionnel encore visibles sur Mayotte sont les bangas habitées par les adolescents. Ces cases, faites toujours en une seule et même pièce de manière traditionnelle, sont souvent situées en dehors de l'enclos familial et le plus souvent en bordure du village, permettant ainsi aux jeunes habitants de recevoir leurs buledi (copines) sans être inquiétés par les parents. Si toutefois ils devaient arriver, ils prévoient en général beaucoup de fenêtres pour une même pièce afin de permettre aux copines de quitter le banga sans être aperçues.

La SIM (Société immobilière de Mayotte) est un organisme qui a été créé dans les années 1970 afin de faire disparaître au fur et à mesure cet habitat très rudimentaire pour proposer ensuite aux Mahorais un habitat social salubre et permettre d'accéder à la propriété grâce à ces maisons deux pièces, les cases SIM.

Il est facile de les reconnaître de nos jours, car elles sont présentes dans chaque village, à l'architecture très simple rectangulaire, aux couleurs toujours très vives (bleu, rose, vert, jaune, etc.) selon le choix du propriétaire parmi la centaine de nuances proposées. Les propriétaires selon leurs revenus ne payaient qu'une partie de la maison en numéraire ou bien en amenant certains produits de construction, le reste étant financé par l'Etat. Ce type de logement social ne fut proposé qu'après avoir étudié la façon de vivre locale afin de proposer un concept adapté.

Ainsi, la conclusion fut simple : il fallait absolument proposer une maisonnette plutôt que des immeubles, car ils ont besoin, tout comme dans leur habitat traditionnel, d'avoir un espace clos par du m'tsévé pour couper la visibilité. Au fur et à mesure des années, ces cases SIM ont été évolutives afin de permettre de rajouter une ou plusieurs pièces supplémentaires (salle de bains, W.-C., etc.) à cette base initiale.

Ce vaste programme de logement social avec ses 17 000 " cases SIM " disparaît, et la SIM met en place les LATS (Logement en accession très sociale), qui sont désormais équipés d'une cuisine et destinés aux familles dont les revenus sont très faibles.

Pour les familles plus aisées de l'île, ils construisent désormais une grande maison avec de nombreuses pièces, le nec plus ultra étant d'avoir un premier étage.

Les mosquées à Mayotte étaient jusqu'à présent très souvent assez étroites et parfois même construites comme les cases traditionnelles. Depuis quelque temps, on constate que toutes ces mosquées sont démolies pour en construire de plus grandes et plus spacieuses, et avec un minaret. Ainsi, elles possèdent parfois de très belles portes ouvragées où le bois a été ciselé, saigné.

Mayotte possède peu de vieux bâtiments chargés d'Histoire. Il est possible de trouver quelques vestiges des anciens grands domaines sucriers, mais à l'état de ruine. Le seul endroit où subsistent quelques bâtiments remontant au temps de la colonie se situe sur Petite-Terre et plus précisément au Rocher avec sa résidence, dont les plans sont de Gustave Eiffel, et qui n'était autre que la demeure du gouverneur, puis des préfets...

Tradition et modernité. L'économie est galopante à Mayotte et particulièrement en matière de bâtiment ; elle a connu ses heures de gloire qui devraient repointer. Des entreprises ont apporté leur savoir-faire et introduit ainsi de manière croissante de nouveaux matériaux tels que le ciment, la pierre, la brique, la tôle...

A Mayotte, la population vit essentiellement regroupée dans des villages, avec une place publique et à proximité la mosquée mais aussi la nouvelle mairie. Il n'y a quasi aucune habitation isolée sur l'île, car vivre en communauté dans son village fait vraiment partie intégrante de la tradition. Autour des villages, la brousse s'étale avec ses plantations de bananiers maniocs bien souvent peu délimitées par des clôtures... Leur implantation correspond à des faits historiques (invasions sur les côtes), à des besoins climatiques (prévention contre les cyclones) et économiques (laisser un maximum de terres cultivables pour les agriculteurs et proximité du lagon pour les pêcheurs). De plus, les Mahorais sont très sociables.

Les habitants demandent conseils auprès du fundi astrologue pour l'orientation de la maison et la date à laquelle les travaux doivent commencer. Les villages n'ont donc aucun plan bien défini. Les agents du cadastre en savent quelque chose !

Seules les constructions récentes (logement social et cases SIM de la Société immobilière de Mayotte) sont plus ordonnées et alignées. L'habitat traditionnel tend à disparaître pour de nouvelles constructions faites en dur. Cependant, la disposition de la maison correspond toujours au même plan indiqué original, avec deux pièces correspondant l'une à la chambre de l'homme ou au salon avec la télévision et le câble donnant côté rue avec une varangue, et l'autre à la chambre donnant sur la courouni, considérée comme une pièce à part entière. Cet enclos reste toujours fermé par une clôture pour être à l'abri des regards indiscrets et permet aux enfants de s'amuser et aux femmes de continuer à faire la cuisine à l'extérieur avec un petit brasero. Dans cet espace, avec un sol en terre battue, on y trouve souvent quelques pieds de canne à sucre, un papayer ou du manioc afin d'avoir sous la main les indispensables à la cuisine mahoraise. Le jardinet avait une fonction très pratique. Depuis peu, certains d'entre eux deviennent purement décoratifs et d'agrément avec quelques fleurs comme le frangipanier ou l'hibiscus, le bougainvillée.

L'architecture des nouvelles maisons sur l'île voit apparaître des pièces avec une salle de bains et W.-C. en intérieur, voire même une cuisine intérieure. La vente d'abonnement pour les bouteilles de gaz explose sur l'île, ainsi, de plus en plus de Mahoraises cuisinent désormais à l'intérieur de leurs maisons et non plus tout le temps à l'extérieur comme autrefois. Plus de 60 % des foyers ont désormais la télévision. Le réfrigérateur est situé en 2e position dans les biens d'équipement des foyers mahorais.

En revanche, la tradition de laver le linge à la rivière ou au lavoir reste vivace... Les Mahorais sont plus nombreux à avoir le câble que la machine à laver ! N'oublions pas que les femmes restent attachées au lavage du linge au lavoir afin d'avoir ainsi le temps de se retrouver hors de la maison et de pouvoir discuter en toute liberté !

Les tobés

Loin du village, on rencontrait souvent des constructions sommaires isolées qui servaient d'abris temporaires pour la période des travaux aux champs. Appelés " gratte ", ce sont des tobés. Mais la généralisation des routes goudronnées dans tous les villages et l'usage des véhicules automobiles ont rendu les déplacements plus aisés et fait disparaître ces villages saisonniers. On peut cependant voir encore quelques tobés vers Bouyouni.

Artisanat
L'école d'artisanat créée par Bibop.
L'école d'artisanat créée par Bibop.

L'artisanat se développe de plus en plus, mais en général les boutiques et les marchés sont fréquemment approvisionnés en artisanat malgache. Pourtant, l'artisanat local est diversifié et recouvre essentiellement la broderie, la poterie, le travail du bois, la vannerie, la couture et surtout la bijouterie, et une certaine réputation pour l'orfèvrerie. Les femmes mariées ne se voient pas offrir une alliance à leur mariage, mais un trousseau traditionnel constitué de chaînes et colliers en or pour le cou, de bracelets pour les bras et les chevilles, et d'une boucle de narine. Tout ceci correspondant à la dot. Avec un développement lié au tourisme, et grâce à l'encouragement des pouvoirs publics et à la valorisation du patrimoine, l'artisanat commence à apparaître et les produits sont vendus dans les dizaines de magasins que compte l'île mais également sur les marchés. Celui de Coconi est incontournable pour les amateurs de produits alimentaires artisanaux, il a lieu tous les premiers samedis du mois. Le travail des artisans mahorais concernant l'orfèvrerie est souvent effectué par des hommes tandis que les confections de broderies, confitures, concernent plus souvent les Mahoraises.

Que rapporter de son voyage ?

Ces dernières années, Mayotte s'est fait une réputation dans le travail de l'or et de l'argent filigrané qui n'est pas usurpée. Un véritable travail d'orfèvre, fin et minutieux, pour réaliser bijoux et parures, par des artisans aux doigts de fée. Vous trouverez de nombreux bijoutiers dans la rue du Commerce à Mamoudzou. De nombreux artisans, souvent regroupés sous forme d'association, exposent et commercialisent dans les villages. Il est possible d'obtenir ce que l'on désire en matière d'artisanat ou de créations artistiques qu'il s'agisse de la maquette d'un boutre, d'un bijou ou d'une peinture. Toutefois, il faut savoir avec précision ce que l'on recherche et le commander suffisamment à l'avance. Quelques stands sur les marchés incontournables de Mamoudzou et de Coconi exposent de l'artisanat local.

Bijoux. L'or et l'argent sont travaillés un peu partout dans l'île, mais plus particulièrement dans le village de Sada. La fleur d'ylang reste le motif le plus recherché.

Bois ou bambous sculptés. Le bois sculpté est une technique importée de l'île voisine, Anjouan. De petits objets tels que coffrets, boutres, pirogues, ustensiles de cuisine, aux sculptures imposantes, telles que meubles ou encore portes imposantes, les artisans affichent une palette de savoir-faire. L'entreprise artisanale de fabrication d'objets Touch du Bois qui est spécialisée dans les stylos se trouve à Tsingoni.

Peinture sur porcelaine. Une vaisselle revisitée et décorée à la sauce mahoraise, une idée cadeau originale, contacter Moon Creations à Mamoudzou (Les Hauts-Vallons).

Broderie. Introduite par des religieuses à Madagascar avant d'arriver à Mayotte, le terme Récélé est la contraction créole du mot Richelieu, correspondant au point Richelieu. Les femmes mahoraises réalisent de belles nappes, serviettes, rideaux pour décorer les intérieurs.

Vanneries. En fibres de palmier, en liane, en bambou ou en raphia, la vannerie mahoraise se décline sous forme de paniers, mais aussi de chapeaux ou de natte (élément indispensable pour farnienter à la plage). Le chapeau de Sada, idéal et efficace pour se protéger du soleil, est l'accessoire typique de Mayotte.

Jeu de M'raha. Cette planche de jeu est taillée et sculptée dans un beau bois lourd (bois rouge). Le jeu se compose d'un boîtier en deux parties reliées par des charnières creusées de 16 trous chacune et de 64 graines de M'so.

Epices, confitures et sauces piquantes. Amateur de poutou, d'achards et d'épices, on trouve son bonheur sur le marché couvert de Mamoudzou où les Bouénis étalent leurs bouteilles en plastique remplies du breuvage sacré. Côté épices, une myriade de couleurs et de senteurs illuminent les stands, le poivre est particulièrement goûtu.

Danse

Le dahira. Le dahira est une danse typiquement masculine qui se pratique aussi bien à l'intérieur d'une mosquée qu'à l'extérieur sous une bâche tendue entre des poteaux de bambous.

Au départ, les hommes sont assis et divisés en deux rangées qui se font face. On parle de petit dahira à moins d'une cinquantaine de personnes, alors que lors d'un grand dahira, on peut aller jusqu'à 300 personnes ! Vêtus du kandzu, les hommes réalisent le dahira après avoir adressé la prière du wadifa à Allah. Une personne donne un signal et tout le monde se lève pour une danse ponctuée de sauts en chantant une même onomatopée " Aaah ! "

La danse finit généralement très tard dans la nuit. Très physique par l'endurance qu'elle nécessite, le dahira se traduit généralement par une fatigue et une soif importante. Selon l'âge des participants, les cris peuvent être plus ou moins élevés et la danse plus ou moins rythmée. L'officiant qui est au centre du carré formé par les participants accélère volontairement le rythme lorsqu'il ressent un certain ralentissement.

Le dahira provient de doctrines soufies. Il est destiné à montrer l'unité religieuse de l'île et à consolider les cultes des confréries musulmanes.

Le debbah. Le debbah est tout d'abord une danse religieuse pratiquée par les femmes uniquement et provient de la confrérie rifayi. Chaque village possède plusieurs chorales de jeunes filles, rattachées à des madrassati (écoles coraniques) qui pratiquent le debbah. Au cours de cette cérémonie, les femmes chantent et font des gestes lentement.

Les chants rendent hommage au Prophète tandis que la gestuelle associée mime les invocations à Dieu et au Prophète sur un rythme volontairement très lent.

Lors de grands debbah, des groupes de plusieurs villages se rassemblent pour s'affronter dans de véritables joutes.

Les vêtements, qui habillent les femmes, sont si colorés, que le spectacle offert est d'autant plus intense. Elles sont revêtues de leurs plus beaux bijoux et de fleurs. Les debbah constituent de véritables spectacles qui attirent la foule de tous les villages alentour.

Les filles qui ont bien chanté se voient remettre des bonbons attachés à leurs vêtements par une épingle à nourrice. La touche qu'apportent les emballages de ces sucreries ajoute une touche de couleur à la fête déjà très colorée.

Le m'biwi. Le m'biwi est le nom donné à ces deux bâtons de bambou que l'on frappe ensemble pour émettre un son. Ce mot a donné le nom de la danse au cours de laquelle on utilise ces baguettes. Cette cérémonie est très courante lors du Grand Mariage.

C'est le plus souvent par cette danse que les célébrations du Grand Mariage s'achèvent. Elle marque ainsi la fin des danses. Mais elle peut être pratiquée lors d'autres cérémonies. Des femmes, assises par terre, frappent l'un contre l'autre les deux bâtons de bambou donnant un rythme à la danse.

D'autres femmes se détachent du cercle formé par les chanteuses et font de très petits pas en roulant leurs hanches. C'est ce que l'on appelle le maguta, qui est exécutée en duo, face à face. La bonne danseuse est celle qui possède un rythme rapide dans ses petits pas, martelant ainsi le sol, roule bien ses hanches et se balance en harmonie à l'aide de ses bras.

Le m'guru. C'est une cérémonie en perte de vitesse de moins en moins pratiquée de nos jours dans les villages de Mayotte. Habituellement, elle était pratiquée lors de grandes sécheresses qui s'abattaient sur l'île. Dans ce cas, la population s'adressait aux forces occultes pour faire tomber la pluie. Avec la construction de deux retenues d'eau, Mayotte ne subit plus, comme par le passé, de grandes sécheresses. Ce qui peut expliquer la disparition progressive de cette pratique.

Les villageois, après avoir fait tremper dans l'eau froide des lianes pendant deux jours, formaient deux équipes avec d'un côté les hommes, et de l'autre, les femmes. Chacune des deux équipes s'emparait de l'une des extrémités de la liane et tentait de déséquilibrer l'autre en chantant : " Coco oula mroni na mahujué, coco, avouna ndrévuizalé " (Grand-mère, tu es allée à la rivière avec tes calebasses, grand-mère a coupé toute sa barbe). La barbe dont il est question n'est autre que la pluie, qui devait s'abattre deux jours après la cérémonie.

Le m'rengué. Les danses de combat sont très pratiquées en Afrique noire. A Mayotte, il s'agit du m'rengué qui se pratique la nuit uniquement et réservé aux hommes. Il s'apparente à la capoeira brésilienne et au moringue réunionnais. Une foule regarde le spectacle, dominée par la gente féminine.

Des tambours doivent battre toute la nuit, sans jamais s'arrêter. Pendant ce temps, deux hommes s'avancent et paradent dans le cercle formé par la foule. C'est d'abord un jeu de séduction et de frime la plus totale.

Alors vêtus d'une chemise ou d'un tee-shirt, les hommes retirent violemment leur vêtement pour montrer leur torse, qui le plus souvent, est assez musclé. Tel un défilé de mode, chacun se montre devant la foule, et certains tentent d'impressionner l'adversaire en bombant leur torse et en contractant leurs pectoraux.

Une fois la parade bien amorcée, les deux hommes se lancent l'un contre l'autre dans une lutte à mains nues. Il n'existe aucune protection, mais une seule règle : ne pas donner de coups au-dessous de la ceinture. Autrement, tous les coups sont permis, dans la tête, sur la poitrine, etc.

La violence des coups est assez impressionnante, car ils partent avec une rapidité réelle. Chacun défend ainsi d'une part son honneur devant les jeunes filles qui regardent, mais aussi son village.

Généralement, ce sont les jeunes qui participent à ce genre de combat, mais il est ouvert à tous. Des arbitres équilibrent le combat afin que deux personnes de carrure trop différentes ne s'affrontent pas. Ainsi, les frimeurs sont vite écartés lorsque les arbitres jugent qu'ils ne sont pas capables de se battre. Il arrive que des combats se passent avec des enfants de 8 à 15 ans. Le rôle des arbitres est alors capital pour eux.

Malgré la violence des coups, il n'y a généralement aucun accident grave, grâce aux arbitres qui séparent les combattants en cas de saignement. En revanche, il arrive plus souvent que l'un des participants saigne du nez ou reparte avec un oeil au beurre noir !

Le m'rengué aurait deux origines principales : la première proviendrait d'une origine malgache sakalave et renverrait au défi que se lançaient les jeunes de villages différents pour régler leurs conflits. Dans la seconde, d'autres racontent qu'il aurait été introduit par les colons qui y envoyaient leurs domestiques pour se mesurer à ceux des domaines voisins pendant la période du ramadan.

Le mapuka. Le mapuka est une danse très suggestive... Elle se pratique de manière très rapprochée, corps à corps. La gestuelle est très sensuelle, voire à connotation sexuelle. C'est en quelque sorte un hymne à l'amour au cours duquel un couple (généralement, un homme et une femme, mais on trouve parfois des couples d'hommes ou de femmes) danse en public, et habillé, bien entendu, avec les gestes de la fusion... Danse exclusivement pratiquée par les jeunes, souvent non marié(e) s et célibataires, elle permet notamment d'apaiser certains fantasmes.

Le m'godro. Le m'godro est une danse très populaire à Mayotte. Elle est pratiquée par toute la population, plutôt jeune bien entendu, mais aussi des moins jeunes, en soirée ou simplement chez soi, sur fond de musique.

Plusieurs auteurs mahorais proposent de telles chansons comme Babadi, Chakires, Baco, M'toro Chamou, Diho ou Mikidache par exemple.

Le shigoma. Danse très populaire à Mayotte, le shigoma est une danse masculine au cours de laquelle la seule participation féminine se résume à des encouragements en " you you ".

Il peut être organisé lors d'un Grand Mariage ou simplement par pur divertissement. Les villages de Tsingoni, Mtsangamouji et Moinatrindri sont réputés pour avoir les meilleurs " shigomiens " de Mayotte.

Cette danse se déroule généralement en cours d'après-midi, mais ne peut s'achever que tard dans la nuit. Des musiciens s'occupent de frapper des tambours au centre du cercle formé par les danseurs qui chantent de manière improvisée. Les hommes qui pratiquent cette danse ont tous les âges et lient ainsi toutes les générations des habitants d'un village.

Le wadaha. Le wadaha, ou danse du pilon, est organisé en saison sèche uniquement. Cette tradition découle d'un rituel agraire célébrant l'entraide, la musada, qui était de rigueur lors de la cueillette du riz et du pilage du paddy, auquel toute la communauté villageoise participe. Il y a au minimum trois groupes de femmes.

Le premier chante, toutes alignées, accompagnées d'un orchestre avec tambours et instruments. Les deux autres sont au centre du terrain et tournent autour du mortier en chantant et en rattrapant le pilon à tour de rôle en le lançant très haut. Pendant qu'un groupe de trois ou quatre femmes est autour du mortier, l'autre groupe tourne autour du premier pour récupérer ensuite le pilon et se placer, à son tour, autour du mortier.

La danse urbaine. Le mouvement hip hop fait beaucoup d'adeptes parmi la jeunesse mahoraise. La danse est pratiquée généreusement sur l'île et le niveau des danseurs ne cesse d'augmenter. Derrière cette dynamique, l'association Hip Hop Evolution, en collaboration avec les affaires culturelles de Mayotte, développe la dimension création. Cet enrichissement du mouvement sur Mayotte ouvre la voie de la professionnalisation pour les jeunes. D'ailleurs, le 4 mars 2016, Bboy Demez membre du vagabond Crew et originaire de Chiconi a remporté avec son équipe le titre mondial lors de la grande finale internationale de Battle Of The Year (BOTY) à Montpellier.

Littérature

Les auteurs mahorais existent, parmi les plus populaires citons Nassur Attoumani, Abdou Salam Baco, Nassuf Djailani et Alain-Kamal Martial, mais leurs ouvrages sont peu connus. D'ailleurs, pour le salon du Livre 2014 à Paris, une seule auteure mahoraise, Théodora Chastagnol, avec l'ouvrage pour enfant, Zaïna la petite Mahoraise, était présente sur le stand des éditeurs ultramarins qui englobe les auteurs et éditeurs des océans Atlantique, Indien et Pacifique. En revanche, depuis 2011, le vice-rectorat organise le " Printemps des Poètes " à Mayotte. En 2012, le jeune poète Nassuf Djailani originaire de Chiconi a été élevé au grade de Chevalier des Arts et des Lettres, en hommage à son oeuvre Roucoulements qui a remporté le grand prix littéraire de l'océan Indien en 2006 et pour saluer son brillant parcours en tant qu'écrivain, poète, auteur dramaturge et journaliste. En 2017, Mayotte a organisé son tout premier Salon du livre régional avec conférences, expositions et animations pour faire connaître la littérature mahoraise et ses acteurs. L'événement accueillait également des auteurs de Madagascar, de La Réunion, de Tanzanie, du Mozambique et des Comores.

Histoire et société

Mobilisation pour Mayotte, Soulaimana Noussoura, 2017. Syndicaliste engagé et président du

Conseil Représentatif des Français de l'Outre-mer, il dresse un bilan dans cet ouvrage autobiographique d'une vie faite d'espoirs et de déceptions.

Patrimoines de Mayotte ", Thierry Mesas & collaborateurs, Ed. Couleurs métisses, 2015. Trois ans de travail et de recherche, un ouvrage de 496 pages, généreusement illustré, des reproductions de cartes anciennes, dessins et photographies de la période coloniale, des documents sur l'histoire, l'économie, l'archéologie, la botanique, la végétation, la faune, les langues et la culture mahoraises. Prix du Salon Insulaire d'Ouessant dans la catégorie Beaux Livres.

L'ouverture régionale de Mayotte : une nécessité économique et sociale. Saïd Ahamadi, Ed. Menaibuc, 2014. Cet ouvrage procède à une réflexion sur les enjeux du développement économique et social de Mayotte et tend à démontrer que l'ouverture régionale de Mayotte est une nécessité de progrès malgré les oppositions de certains élus locaux conservateurs.

Mayotte, le 101e département français, Et après ? Madi Abdou N'Tro. Actualité sociale et politique océan indien, 2012. Une lecture dialectique de la période écoulée réalisée par le directeur de la publication de l'hebdomadaire Le Mawana. Madi est aussi chargé de la communication interne du conseil général.

Mayotte à l'heure de la départementalisation. Wilfrid Bertile, Ed. L'Harmattan, 2012, 221 pages. Ce livre présente l'histoire, la géographie, l'économie et la situation sociale de Mayotte et les défis actuels.

La course de pneu, Mayotte, Jack Passe, Ed. du Baobab, 2008. L'ouvrage retrace l'épopée de cette course unique au monde et déjantée, qui a fêté son 30e anniversaire en 2013.

Droit du sol, Charles Masson, Ed. Casterman, 2009. Une étude sociologique en bande dessinée où l'on croise les destins d'une clandestine malgache, d'une comorienne enceinte et d'un Mzungu.

Zakia Madi, la chatouilleuse, Alain-Kamal Martial, Théâtre des cinq continents, 2004. Le poète ressuscite ses femmes qui ont pris d'assaut en 1969 la jetée de Mamoudzou alors qu'elles infligent aux gendarmes qui leur font barrage un vrai rire de mule en les chatouillant. Zakia Madi est assassinée et enterrée aussitôt.

La Rupture de la chair, Alain-Kamal Martial, Théâtre des cinq continents, 2004. Cet ouvrage, c'est la révolte des fils contre les pères, l'auteur y aborde des thèmes universels : pouvoir et guerre, amour et liberté. Dans une écriture incisive, il interroge un demi-siècle de silence sur une île de soumission.

Faisons de l'histoire à Mayotte et Découvrons Mayotte, Hatier. Deux livres pour les élèves de cours élémentaire. Montre comment l'histoire de la région est mêlée à l'histoire de France.

Mayotte la Française, Pierre Pujo. Ed. B'WI. Comment Mayotte est devenue française.

Mayotte et la France de 1841 à 1912, Saïd Ahamadi. Ed. du Baobab. La colonisation de Mayotte ou le tremplin de l'expansion française dans l'océan Indien occidental.

Mayotte et les Comores, Escales sur la route des Indes, Henri Liszkowski, Ed. du Baobab, 1999.

La Vie quotidienne à Mayotte, Collection Repères pour Madagascar et l'océan Indien. Ed. L'Harmattan. Une thèse d'ethnologie sur Mayotte.

Coutumes culinaires, arts et traditions populaires à Mayotte, Imprimah, 1999. Pas seulement un livre de recettes, ce petit livret " intègre la cuisine dans son contexte culturel et socio-économique ".

L'Histoire des îles de l'archipel des Comores, ça va beaucoup mieux en la lisant ! Hervé Eveillard. Ed. Menaibuc. Chroniques des Comores contées par un jeune Mahorais en 2025. Hervé a été pigiste au Petit Futé pour l'océan Indien et l'Océanie.

Contes, romans, nouvelles

Des voeux dans l'océan, Mhz Saba, Ed. La Ripost, 2016. Le premier roman d'un jeune auteur mahorais qui écrit depuis l'âge de 12 ans. Le livre traite des derniers événements de la politique migratoire, les relations entre Mayotte et les Comores, le mal-être, et des lueurs d'espoir aussi.

Tropique de la Violence, Natacha Appanah, Ed Gallimard, 2016. Une plongée dans l'enfer d'une jeunesse livrée à elle-même sur l'île de Mayotte. Cinq destins vont se croiser et nous révéler la violence de leur quotidien. Prix Femina des lycéens et prix Médicis ! Un petit chef-d'oeuvre. Une adaptation BD est parue en 2019, dessinée par Gaël Henry.

Les Bouénis, Tome 1 : sur la route de la Bouénification, Tome 2 : un vent de révolte ; Tome 3 : la reprise du travail, Cyrille Le Corre, Ed. Kouleur Afrik. Les bandes dessinées Les Bouénis étaient présentées dans Flash info et Mayotte hebdo, elles se retrouvent compilées dans trois tomes, c'est hilarant et très bien fait.

Les anachronismes de Mayotte, Nassur Attoumani, Ed. NDZ, 2012. Recueil de nouvelles et chronique romancée d'un Mahorais nommé Lodosomono, humour en prime.

Odes à l'homme perverti, Manou Mansour, Edilivre, 2009. Ecrites avec la plume mais surtout avec le coeur, ces lettres révèlent l'attachement profond de l'auteur pour sa terre natale.

L'Auberge Mahoraise, Manou Mansour, Jets d'encre, 2009. L'auteur décrit son expérience de jeune bachelier mahorais venu suivre ses études en métropole.

Requiem pour un margouillat, Joëlle Herry, Ed. du Baobab, 2002.

Un M'zungu à Mamoudzou, Chronique mahoraise, Janine et Jean-Claude Fourrier, Ed. L'Harmattan, 2001, 240 pages. Une chronique qui permet de se plonger dans Mayotte d'aujourd'hui, avec ses us et coutumes.

Parfum de mangrove, Shenda, Ed. du Baobab, 2001, 114 p.

Le Turban et la capote, Nassur Attoumani, Grand Océan Editions, 1997. La deuxième pièce du même auteur.

Mwalimu Boro, Cahiers archives orales, n° 1 à 11. Ed. du Baobab, 1997. Cette collection regroupe, à travers de petits cahiers, des témoignages recueillis auprès de Mahorais pour que demeure la mémoire des anciens.

La Belle du jour, Nouvelles de Abdou S. Baco. Grand Océan Editions, 1996.

La Maison de ma mère : contes de l'île de Mayotte, Zaharia Soilihi et Sophie Blanchy, Ed.L'Harmattan, 1993.

Dans un cri silencieux, Abdou S. Baco, Ed. L'Harmattan, 1993.

La Fille du polygame, Nassur Attoumani, Ed. L'Harmattan, 1992. La première pièce de théâtre écrite par un Mahorais.

Furunkombe et autres contes de Mayotte, Zaharia Soilihi, Ed. Caribéennes, 1991. Rien de tel que la lecture de ces contes pour approfondir ses connaissances sur l'île aux parfums.

Brûlante est ma terre, Abdou S. Baco, Ed. L'Harmattan, 1991.

Sciences, faune, flore

Mayotte, entre ciel et océan, Michel Foret et Faïssoili Maliki. Margouillat Prod, 104 pages, 2014. La rencontre entre un photographe passionné et un poète. Ouvrage-album avec un court préambule, quelques poèmes et de superbes photos.

Mayotte, une île et des hommes, Bruno de Villeneuve, Ed. Ylang Images, 2011. Superbe livre généraliste qui présente les beautés de l'île et la vie des hommes.

Les oiseaux de Mayotte, ouvrage de Michel Clément, Philippe de Grissac et Robin Rolland. Ed. Delachaux et Niestlé, 2008.

Mayotte et son lagon, Bruno de Villeneuve, Ed. Ylang Images, 2008.

La Faune terrestre de Mayotte, Annales sciences zoologiques, Musée royal de l'Afrique centrale et Direction de l'agriculture et de la forêt (DAF), Vol. 284, Rédacteur : Michel Louette, 1999, 248 pages. Ces annales sont bien plus qu'un simple inventaire des espèces animales rencontrées à Mayotte. On y trouve des cartes de répartition des espèces, des tableaux et de belles photos.

Visites géologiques de Mayotte, Pierrick Graviou et Jean Philippe Rancou, Editions du Baobab, BRGM Editions.

Ylang-Ylang, Mayotte l'île ylang, Marie-Céline et Yves Moatty, Les Deux Océans. La fabuleuse épopée de cet arbre mystérieux.

La Vie autour des coraux, Fany Seguin, Editions du Baobab. Le guide pour être incollable sur le monde sous-marin à Mayotte.

Paru dans la même collection : Les Oiseaux, La Vie autour des coraux, Pêche du large et du lagon, petits guides fort instructifs et ludiques, idéaux pour découvrir avec les enfants.

Randonnée

Carte IGN TOP 25 n° 4410 MT - Mamoudzou, Mayotte Nord et Petite Terre.

Carte IGN TOP 25 n° 4411 MT - Mayotte Sud, zones de Mlima Bénara et Mlima Choungui. Carte de randonnée avec des courbes de niveau distantes de 10 m et indication des chemins de randonnée (GR inclus).

L'Ile de Mayotte à pied, Le topo-guide de la Fédération française de la randonnée pédestre (FFRP) chez Broché, 2007. Les 12 étapes du GR y sont décrites en détail dans les 112 pages de cet ouvrage.

47 balades et randonnées à Mayotte, Marie-Céline Moatty, Editions Orphie.

Encyclo-Guide touristique & culturel de Mayotte, Gilles Nourault & François Perrin, Editions Orphie.

Guide des curiosités géologiques de Mayotte, Pierre Graviou & J.-P. Rançon, BRGM Editions.

Enseignement

Dictionnaire mahorais-français et français-mahorais, Sophie Blanchy, Editions L'Harmattan, 2000, 232 pages. Ouvrage indispensable pour celui qui souhaite apprendre le mahorais et retrouver facilement comment se dit tel ou tel mot en mahorais. A double sens, ce dictionnaire est une référence.

Parlons shimaore, Ousseni Maandhui, Editions du Baobab, 1999, 64 pages. Par le même auteur que Wano, ce petit livre donne beaucoup de vocabulaire au lecteur. Classées par thème (barge, boutique, santé, corps...), ces petites conversations permettent de traiter les points de grammaire les plus importants.

Photographies

Rencontres, Bruno de Villeneuve, Editions Ylang Images. Le tout premier " beau livre " de l'île sur le patrimoine culturel et humain, illustré de plus de 200 photos inédites.

Histoire de plonger à Mayotte, Marc Allaria. Broché, 1996. Entre récits de plongées et photographies sous-marines, l'un des plus beaux lagons se dévoile enfin...

L'Océan Indien en 1 000 Photos - Madagascar, La Réunion, Maurice, Les Seychelles, Mayotte, Matthieu Prier. Broché, 1996. Les îles de l'océan Indien sont des destinations touristiques de plus en plus prisées. Si elles appartiennent à la même...

Mayotte, l'Afrique Bleue, Marc Allaria. Relié, 2014. Un classement de 50 sites de plongée à Mayotte avec fiche technique à l'appui et des photos somptueuses.

Poissons de Mayotte, Marc Allaria. Shinsho broché, 2016. C'est le premier index de poissons destiné du lagon mahorais. Un travail de grande qualité réalisé par le plongeur-photographe de l'île. 420 espèces de poissons recensées et illustrées dans cet ouvrage de 388 pages.

Médias locaux

Presse. Les points presse se trouvent à Mamoudzou et Petite-Terre et dans quelques boutiques sur toute l'île. La presse internationale et les journaux nationaux comme Libération, Le Monde, L'Equipe et surtout Charlie Hebdo ne sont pas faciles à trouver, ou alors avec plusieurs jours de retard et beaucoup plus chers. Un journal hebdomadaire, Mayotte Hebdo, du groupe Somapresse, diffuse l'information tous les vendredis. Fondée en mars 2000, la Société mahoraise de Presse est le plus ancien groupe de presse généraliste de l'île. Ses supports, également relayés quotidiennement sur internet, sont aujourd'hui considérés par IPSOS comme " incontournables " à Mayotte. Mayotte Hebdo est l'hebdomadaire généraliste le plus connu sur l'île avec 15 000 lecteurs par semaine, il propose trois suppléments gratuits, Mayotte Eco, Mayotte Sport et Tounda Mag, ce dernier étant un agenda culturel. France Mayotte Matin du groupe Kwézi FM est l'unique quotidien papier disponible. Kwézi Télévision propose aux abonnés un journal au format Pdf et des informations actualisées au quotidien sur son site Internet. Télé Banga, pour les programmes télé, est un magazine hebdomadaire dans l'esprit de Télé-Loisirs, il reflète la vie culturelle et " people " mahoraise. Dernièrement un très beau support est apparu, le magasine Glitter offre du contenu qualifié sur Mayotte, sur la France métropolitaine, et ailleurs dans le monde : mode, beauté, sorties, évasion, lifestyle, c'est un support chic et trendy.

Radio. Mayotte 1ère n'est pas la seule radio à émettre sur les ondes mahoraises, des stations comme Kwézi Fm 106.9 ou Exo Fm 99.6 (qui remplace désormais Ylang Fm) proposent des émissions plus jeunes et modernes, cette dernière est en baisse d'audience constante. On retrouve France Inter 101.0 Fm. Après 14 ans d'absence NRJ est revenu à Mayotte en 2012 sur les fréquences 95.5 et 97.4 Fm. Il y a d'autres petites radios comme RMJ 90.6 Fm sur le créneau de la musique africaine, Caribou Fm 107.5, Tsingoni Fm sur 106.5, Radio Dzani sur 104.8, Radio Carrefour 100.6 et Yao Fm 106.2. Depuis novembre 2012, Kwézi Fm est disponible sur le canal 216 de Parabole Mayotte, tout l'océan Indien peut écouter la première radio privée du département.

Web. Le Journal de Mayotte (JDM) est le premier journal en ligne à Mayotte. Par ailleurs il existe également Flash Infos et les Nouvelles de Mayotte, journaux diffusées sur Internet exclusivement.

Télévision. La télévision tient une place de plus en plus importante dans les ménages mahorais, où elle est un signe extérieur de richesse, et qui sait, les rues se videront-elles après 20h comme c'est déjà le cas à La Réunion ? La chaîne de télévision Mayotte 1ère (groupe FranceTv), retransmet quelques émissions des différentes chaînes françaises. Un journal local en français puis en shimaore est diffusé tous les soirs. Le JT de métropole est quant à lui diffusé en direct à 21h ou 22h (selon l'heure d'été ou d'hiver en métropole). On peut aussi capter Canal Satellite ou Parabole Réunion. Les paraboles fleurissent sur les toits des maisons de Mayotte, de plus en plus de Mahorais possèdent le câble.

Le paysage audiovisuel local s'est élargi un peu à Mayotte avec la création de deux nouvelles chaînes. Telemante nouvelle chaîne locale et la chaîne Kwezi Télé sur la TNT Mayotte (chaîne 9), sur Parabole Océan Indien (chaîne 45) que l'on peut suivre aux Comores, à la Réunion, à Madagascar, sur la Live Box Oi et la Neuf Box Oi. Elle répond aux exigences du CSA, puisque 50 % du temps d'antenne global est consacré aux émissions ancrées dans la réalité sociale, économique et culturelle de Mayotte et de sa région, les diffusions ou rediffusions s'effectuent entre 6h et 20h.

Musique

A Mayotte, comme partout en Afrique, la musique rythme la vie de tous les jours et ne peut être dissociée des danses qui l'accompagnent. La musique mahoraise prend ses racines dans de multiples influences : bantoue, persanes, arabes, mais aussi celles apportées par les immigrants indiens, les colons occidentaux et aujourd'hui, par les ondes, du reggae et des musiques occidentales.

Les musiques traditionnelles sont interprétées lors des nombreuses cérémonies marquant les étapes de la vie, de la naissance à la mort. A la naissance de l'enfant, on chante le " himbiya ikosa " une berceuse destinée à soulager la femme qui accouche ; à la mort, c'est le " idumbiyo " qui joue le rôle de chanson funèbre.

Le " bora " est un chant de fête que l'on joue lors du Grand Mariage. Comme la musique actuelle, il est porteur de messages sociaux.

A l'image du maloya réunionnais, " l'ikwadou ", autrefois chanté par les esclaves, raconte la misère de leur condition, et le " biyaya " fait la satire de la société. Un chanteur des années 1910, Ibesi Boungala, déporté à Madagascar par le sultan, raconte ainsi les souffrances de la condition de déporté sous l'administration coloniale.

Avec l'arrivée de la radio dans les années 1960, le métier de chansonnier disparaît. Dans les années 1960 apparaît le genre " twarab ", à l'origine arabe, qui conquiert l'archipel. Il est intégré aux cérémonies du Grand Mariage et peu à peu chanté en comorien.

C'est un ensemble constitué d'hommes, de femmes et d'instruments tel que la cithare, le luth arabe, la flûte et le darbouka. On utilise aussi le tzendzen, un instrument à trois cordes avec une calebasse pour caisse de résonance, et le kayemba, issu du kayamb créole, une calebasse remplie de graines que l'on secoue en rythme.

Dans les années 1970, elle sera influencée par les musiques occidentales, mais aussi antillaises (zouk avec la référence locale Bédja Soilihi, de Mohéli) et jamaïcaines (reggae). Depuis ces dernières années, des groupes de rap commencent à apparaître surtout sur Mamoudzou.

En 2002, le premier festival interculturel de Mayotte est programmé et chaque année désormais, il accueille les différents artistes mahorais mais aussi de la Zone océan Indien.

Les origines de la musique à Mayotte. Mayotte est animée de rythmes d'autrefois qui résonnent encore lors des fêtes traditionnelles et agricoles. Bercée par les traditions orales, l'île a gardé intacts les chants et les danses d'antan, témoins de son passé. Entre la côte est africaine et Madagascar, Mayotte possède une tradition musicale ancestrale, résultat de métissages culturels propres à toute île.

L'influence du monde bantou et swahili de la côte orientale de l'Afrique s'est opérée ici à travers des échanges séculaires. Déjà au XIe siècle, bien avant l'islam, les Arabes connaissaient cette route entre les deux côtes de l'océan Indien, l'Afrique et l'Asie mineure. Installés le long de la côte africaine, ils partaient ensuite vers les îles avoisinantes. Jusqu'à l'époque récente de la colonisation, Mayotte a eu des contacts constants avec l'Afrique, d'où l'origine de la plupart des instruments traditionnels. Si la tradition est garante de l'histoire à travers ses us et coutumes, ce sont les instruments qui ont véhiculé des dunes de chants et des danses jusqu'à nos jours. A Mayotte, la musique est issue de la tradition orale. Un trait saillant de cette culture musicale est, sans doute, l'utilisation d'instruments communs à d'autres îles et archipels de l'océan Indien occidental. Ces instruments, dont on conserve encore l'art de la fabrication, ont eu la particularité de se transformer et de s'adapter d'un pays à l'autre, d'un rythme à l'autre, ce qui rend difficile la détermination précise de la provenance. A Mayotte, les instruments, ainsi que les danses, sont essentiellement d'origine africaine.

Toutefois, des similitudes avec les instruments malgaches laissent penser que l'île a reçu l'influence musicale de Madagascar. C'est le cas du dzendzé, assimilé au valiha de Madagascar, mais que les anciens affirment avoir vu pour la première fois au début du XXe siècle, à l'arrivée des " travailleurs engagés " de l'Afrique orientale. Ce sont donc ces Africains, employés dans les exploitations sucrières de l'île, que les anciens Mahorais appellent encore " daddy laï " (grand-père), qui auraient importé les instruments et certaines danses pratiquées encore aujourd'hui. Ces instruments traditionnels constituent des témoins incontestables d'un passé autrement effacé... Ils occupent une place fondamentale au cours de toutes les manifestations traditionnelles. Leur fabrication est confiée au savoir-faire des fundis, ces maîtres garants de la perpétuité de la tradition. Grâce à ces artisans, il est encore possible de retrouver toute une panoplie d'instruments musicaux originaux, qui vont sûrement disparaître si la transmission de ce savoir n'est pas assurée.

Par Tiziana Marone de RFO, sources : www.malango.net

Musique traditionnelle

Parmi les instruments musicaux traditionnels, il y a le gabossa et dzindzé : les maîtres Jimmy et Colo Hassani en sont d'excellents ambassadeurs.

Monsieur Langa est un personnage atypique et certainement le plus influent avec son gabossa ; il est non-voyant et sa musique vous transporte à travers les générations des années 1960 aux influences Hip Hop contemporaines.

Bob Kira est le grand défendeur de M'godro avec son grand frère Lathéral.

Enfin Baco, le pilier de la musique mahoraise, avec plus de 20 ans de carrière où l'afro-jazz se mêle au Chigoma, au M'godjo et aux multiples rythmes de " l'île aux tortues ". Ses titres, tirés de l'album Mashaka, nous montrent à quel point une richesse musicale traditionnelle peut devenir moderne, voire avant-gardiste.

Parmi les autres artistes, citons Ragnao Djôby (Discographie : Ralilo, Azovy Mahéry, Azovy Tsiressy), Karibu (Discographie : Unu mwandro, Shandza Hari, Misiki Zatru, Madjirani), J-R Cudza (Discographie : Balahé M'limba, Tchopo), Chakirès (Discographie : M'karakara), Nidou (auteur/compositeur et musicien).

Musique moderne

Bob Dahilou. Une figure de Mayotte qui a importé le reggae. Il a même une rue qui porte son nom. Les musiciens sont très reconnaissants pour son implication personnelle dans le développement et la reconnaissance de la musique mahoraise. Il fait partie de l'association des musiciens.

Collectif MayMad. L'instigateur Del Zid est un biologiste artiste qui a su fédérer les talents de différents artistes mahorais et malgaches avec Abou Chihabi. Le collectif compte également sur les rythmes de Zama Colo, Mémé du groupe Rabaz, Surgi du groupe Vilon'Androy et Monja du groupe Manintsindava. Del a lancé l'incontournable festival annuel de musique Milatsika.

Mikidache. Découverte RFI 99, elle s'inspire du folklore malgache et de musiques traditionnelles d'Afrique. Les titres tirés de l'album KAULI sont autant de mélodies pures, soutenues par un large éventail de rythmes pêchés dans une eau qui s'étend de l'océan Indien aux rivages de la vieille Europe.

Babadi. Révélation comorienne en 1997 et défenseur d'un M'godro moderne, aux textes engagés, il s'impose quant à lui sur la scène mahoraise avec son troisième album Résistance où se mêlent le M'godro et un reggae afro-mahorais scandé par une grosse caisse qui rappelle le kwassa d'Afrique centrale teinté du seggae de l'île Maurice, survolé de chants aux mélodies typiquement mahoraises.

Diho, artiste mahorais basé à Marseille, est l'inventeur d'un style musical : l'afro-chigoma. Premier prix du concours " Défi Rock " 1994 avec son groupe " AKARA ". Les titres tirés de l'album Saphir sont un voyage au travers de sonorités diverses (Biaya, Chacacha, M'godjo...) et d'harmonies bien dosées.

Chakires. Chanteur multi-instrumentistes, il a commencé sa carrière aux Comores (participation aux découvertes RFI 88, troisième prix du lauréat national des Comores en 1990). Les titres sont tirés de l'album " AL CAMAR " d'inspiration afro-comorienne, aux mélodies douces, sur des rythmes traditionnels et modernes délivrant des messages de tolérance et de respect de la nature. Ils ont été enregistrés à Moroni avec la participation de Salim Ali Amir et de Maalesh.

M'toro Chamou. Artiste engagé, Chamou navigue entre Mayotte, La Réunion et la France où il puise cette formidable énergie qu'il nous livre sur ces 2 titres. Acteur du renouveau de la musique mahoraise, il a su intégrer des arrangements modernes aux rythmes de son île.

Les Verres Vides. Groupe qui dépeint la vie mahoraise vue et chantée par des M'zungus.

Wubani Spirit. Il fait partie actuellement des artistes de reggae locaux qui tournent le plus souvent sur les grandes et petites scènes de Mayotte.

Vous pouvez retrouver une grande partie de ces artistes sur la compilation Couleurs Mayotte - La compilation mahoraise 2002.

Abdourahim Malihana. Aka NIXO, bien connu en France, rappeur parisien originaire de Cavani, est considéré comme le prince de l'afro-trap, nouveau style musical qui mélange le rap classique et les sonorités africaines (coupé-décalé).

Peinture et arts graphiques

L'art figuratif a peu de place dans la société musulmane et la peinture n'existe pas traditionnellement. Cependant, l'art plastique se développe de plus en plus. Les artistes mahorais se démarquent par leur talent : Soula, l'artiste de Petite-Terre, expose dans son atelier à Labattoir, Fatima Abassie, danseuse et peintre, sillonne les différents lieux d'exposition de Mayotte comme Marcel Séjour qui réalise des petites et grandes peintures réalistes. On découvre sur les murs de Cavani et un peu partout sur l'île quelques-unes des compositions de l'artiste graffeur rasta Papajan, il a même créé en 2001 l'association " Utamaduni " afin que chacun puisse accéder à l'art. Vous pouvez admirer des tableaux abstraits ou des paysages de Mayotte peints par Maandhui Gwénaële, des acryliques sur toile de Baba M'Baye. Découvrez les lieux d'expositions : le Comité du Tourisme, la galerie Arabesque à Mtsapéré de Gil Renaud, l'atelier de Bernard Dartois en face de l'hôtel Maharajah, la maison des livres de Mamoudzou, la bibliothèque de Cavani, et les différents restaurants de l'île tels que : Le Caribou, Le Rocher, Mbiwi Café.

Mayotte continue aussi à accueillir des artistes de passage qui laissent des traces dans l'île comme des cartes postales, des timbres ou des livrets.

Sculpture

Peu de référence dans la matière, cependant un jeune et talentueux Mahorais travaille différentes espèces d'arbres comme les manguiers, bambous cocotiers, badamiers et jacquiers. Pour le trouver rendez-vous au petit village d'Iloni, au bout d'une ruelle étroite se trouve l'atelier de Bacari Mouhamadi.

Traditions
Les traditions mahoraises sont très présentes.
Les traditions mahoraises sont très présentes.

La place publique. Les moments privilégiés d'éducation sont la veillée nocturne sur le chandza hari et les champs à l'occasion des travaux de récolte. Les anciens profitent de ces regroupements pour communiquer leur savoir aux autres. Cette sagesse est reconnue dans les domaines aussi étendus que les techniques manuelles, les tours d'esprit, les contes et légendes (ngano, hale, washa), la généalogie de la famille, la spiritualité ou la moralité...

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